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Blog en reconstruction 01/12/2017

 


Bonjour ou bonsoir, cela dépendra de l'heure à laquelle tu liras ces quelques lignes.
Si tu es déjà venu sur mon blog, tu te souviens peut-être qu'il s'agissait plus d'un endroit où je listais une tonne d'écrits prévus, qui n'ont finalement jamais vu le jour après une très -trop- longue absence.

J'hésite à repartir sur un WordPress pour mes fictions, mais je préfère rester ici, car je sais que malgré la case dans laquelle est rangé Skyrock (adoprépubère) il existe des auteur(e)s et lectrice(eur)s adorables et matures sur cette plateforme.
 
Aussi, je laisserai évidemment tous mes écrits présentement terminés, cependant, je vais supprimer mon "planning" que je n'ai jamais su tenir.
 
Ceux ayant lu les premiers chapitres de ma fic sur Nana seront rassurés, je la reprendrai juste après celle que je compte réaliser pour la réouverture du blog:
 
Une fanfiction sur Food Wars, coécrite par un ami cher à mon coeur, Ely.
Il s'agira d'une adaptation d'un long RP que j'affectionne énormément. Et j'espère réussir à retranscrire, avec son aide, les sentiments de nos chers personnages j'ai nommé : 
Ma Lassou préférée, évidemment, ainsi que ... Akira Hamaya!
Notre bel indien préféré un peu oublié de Food Wars!
 
J'espère que vous serez au rendez-vous, j'ajouterai le synopsis en temps voulu. N'hésitez pas à partager votre enthousiasme pour Spice and Chocolate, la fiction tournant autour de l'amour, de la vie, et de la cuisine! :)

Sommaire 08/01/2015

Je n'écris que de l'hétéro avec OC(s) !
Sommaire
Note: J'utilise la plupart du temps mon OC, qui garde aussi souvent le même physique (cheveux blancs/yeux magentas en gros) au caractère similaire bien qu'il y a des variantes selon  les écrits.

 


                                                                  Par fandom                                                            

 

Amour Sucré   -   Deadman Wonderland   -   Fairy Tail   -   Inventé   -   One Piece   -   Project K

 

 

𝕊𝕙𝕠𝕥𝕤...

 

| One Shots |

 

Ce qu'il faut savoir sur: Amour Sucré l Réécriture: I'll always be there  
Amour Sucré ~ One Shot ~ Romance, OCs, Drame, Amitié. Suspense ~ Oc x Castiel

Lassia n'avait jamais eu la vie facile, surtout avec sa famille. Mais elle avait tenu bon, elle avait trouvé sa place dans ce lycée, dans cette ville. Ces mêmes lieux où elle avait pour la première fois trouvé l'amour, un certain rebelle aux cheveux rouges.

Mais alors qu'elle pensait avoir enfin tourné la page la plus sombre de son existence, la vie l'a rappela brutalement à la réalité.

 

 

Inventé (RP) ~ [Petit One Shot] ~ Drame, School Life ~ Lassia x Aoi

Lassia et Aoi étaient deux êtres opposés. En tant normal, ils n'auraient jamais du se rencontrer, à peine se voir dans leur salle de cours. Cependant, Aoi en avait décidé autrement, et son but premier étant de la faire chier, se transforma petit à petit en amour, que les deux ne s'étaient jamais avoué. Lassia avait décidé de garder le silence car elle devait bientôt partir, et Aoi ne pensait pas une seconde ses sentiments réciproques. Voilà comment ces deux êtres se retrouvèrent dans une situation plus que dramatique et complexe.

 

 

 Fairy Tail ~ [Petit One Shot] ~ Romance, OC, Drame, OOC ~ OC x Natsu Dragnir | Répertoire

Lassia Arkhis vivait depuis presque un an une romance parfaite avec son dragon slayeur de feu. Cependant, un jour, Reby lui demande de ranger un livre à la bibliothèque. Elle apprendra alors quelque chose qui chamboulera sa vie et son couple, découlant de sa décision qui s'en suivi...

 

 

Project K ~ Romance, Drame, OC, Lemon & Violence, OOC(?) ~ OC x Mikoto Suoh

 
Mikoto Suoh avait toujours eu tout ce qu'il voulait. Pouvoir, argent, femmes... A la tête d'un des plus puissants clans de Tokyo, le clan des rouges, le Roi Écarlate trouvait parfois sa vie... ennuyeuse.
 
L'amour, il ne connaissait pas. Jusque-là, il n'avait jamais couché que pour assouvir ses besoins primitifs. Et puis, pourquoi se fatiguer à aimer pour coucher, alors qu'il n'avait même pas besoin de dire quoi que ce soit pour avoir une femme dans son lit ?
 
Mais ça le pesait, même s'il ne laissait rien paraître. Bien qu'à un moment, cette situation l'avait amusé, plus jeune, plus con. Finalement, il avait réalisé qu'aucune femme ne le voyait tel qu'il était. Car le roi rouge était loin d'être méchant, il était même un peu trop gentil. C'est pour ça qu'il ne refusait pas à qui voulait être dans son lit, puisqu'elles ne demandaient que ça.

Jusqu'à l'arrivée de cette fille qui changea vraisemblablement sa vie.
 

 

 

| Two Shots |

 

I'll always be there  
Amour Sucré Romance, OCs, Drame, Amitié. Suspense ~ OC x Castiel

Lassia n'avait jamais eu la vie facile, surtout avec sa famille. Mais elle avait tenu bon, elle avait trouvé sa place dans ce lycée, dans cette ville. Ces mêmes lieux où elle avait pour la première fois trouvé l'amour, un certain rebelle aux cheveux rouges.

Mais alors qu'elle pensait avoir enfin tourné la page la plus sombre de son existence, la vie l'a rappela brutalement à la réalité.
 

 

 

| Three Shots |

 

Red Pulse 
Project K Romance, Action, Drame, OC ~ OC x Mikoto Suoh

Tokyo. Cette ville mondialement connue aurait pu se limiter à sa réputation et n'avoir rien de plus que les autres grandes villes de la planète. Les citoyens normaux ignorent tout de son véritable visage. Des clans et des rois, régissant la ville, s'étaient établis depuis bien longtemps. Roi bleu, Munakata Reisi, roi vert, roi jaune puis roi argenté et roi doré, ce dernier étant plus puissant que le dirigeant même du Japon. Et puis le septième roi, celui incolore, mystérieux et inconnu. Mais celui qui faisait le plus parler de lui était le roi rouge, Mikoto Suoh. Réputation de destructeur barbare à la tête d'un clan que tout le monde qualifiait de yakuza, il était le plus craint, car étant le plus violent.

Mais je pris conscience de sa force d'une toute autre manière que les autres, à priori.

 

 

 Dove and Raven
Ce qu'il faut savoir sur: Deadman Wonderland l Répertoires
Deadman Wonderland ~ [épilogue+bonus] ~ Romance, OC, Action, Surnaturel, Horreur ~ OC x Senji Kiyomasa
(Attention ! Présence de sang, mais pas de gore, et langage très vulgaire par moment)

Deadman Wonderland est une prison privée aux faux airs de parc d'attraction sordide, que les gens peuvent visiter, et assister à des combats sanglants. Dans ce milieu sombre où la mort est omniprésente, il existe un mystérieux pouvoir appelé "L'arbre de Sang", donnant la possibilité à ceux qui le détiennent de modeler leur sang pour s'en servir pour combattre, entre eux la plupart du temps. Ceux-ci sont réunis dans le secteur G, officiellement inexistant selon les services de la prison. Les combats font partis du quotidien des prisonniers, puisque seules les victoires leurs permettent d'obtenir le précieux antipoison à consommer tout les trois jours pour ne pas mourir de la substance toxique libérée par le collier que portent les détenus.

C'est donc dans ce milieu sordide, glauque et oppressant que deux oiseaux vont se rencontrer, et trouver un nouveau visage au monde qu'ils pensaient uniquement teinté de ténèbres. 

 

 


 


ℂ𝕚𝕥𝕒𝕥𝕚𝕠𝕟𝕤...

 


 

 © Originales ©

 

♫ De chansons

 

D'animes

 

  Autre 

 

 

𝔸𝕦𝕥𝕣𝕖𝕤...

 

 

 

 

 

© Par propriété exclusive de l'auteur. La copie et les utilisations partielles ou totales de son travail sont interdites; conformément aux articles L.111-1 et L.123-1 du code de la propriété intellectuelle. Tous Droits Réservés.

 

Sommaire

 

Tags : sommaire

Prévenu(e)s 11/01/2015

Prévenu(e)s

 

Pour être prévenu(e) de ce que vous voulez, c'est ici.
 Place illimitées

 

 

                  T  e  x  t  e  s   &   C  i  t  a  t  i  o  n  s               
Note: Tout est en blog public
Prévenu(e)s

m
-Et toi?
m
m

 

 

Prévenu(e)s

                  L  a    t  o  t  a  l  e                                          Prévenus pour tout
m
-Et toi? 
m
m
m

 

 

Prévenu(e)s

 

 

Pour être noté dans les prévenus, être dans les VIP et donc pouvoir accéder aux chapitres des fanfictions,

 

Je ne demande que deux choses:
- Laissez un commentaire de 4 lignes minimum dans un délai de 2 semaines.
(pas de minimum pour les citations)

 


Vous pouvez raconter n'importe quoi en rapport avec le chapitre, ce que vous avez aimé ou pas, vos réactions, impressions... 

 

Je veux juste un retour concret de ce que j'écris, c'est tout !

 


Si vous vous en sentez capable, vous êtes accueilli à bras ouverts. En étant noté dans les prévenus, vous vous engagez donc à ce qui a été dit plus haut, Aussi, pour être dans les "règles", prévenez moi de la moindre absence ou retard que vous pourriez avoir, je ne suis pas méchante, je vous assure ♥ 

 


Mais si au bout de 2 semaines, sans m'avoir avertie,
je n'ai rien de votre part, je vous retire.

Tags : prévenus

Réglement 11/01/2015

 

 Sont autorisés : 
                 -kiffs
                -commentaires constructifs de minimum 4 lignes et critiques CONSTRUCTIVES
                 -bavardages en rapport avec l'article sur lequel il a lieu
                 -délires (même recommandés)
                 -les prévenus, sur un des chapitres, ou ici et respectant les règles
                 -bonne humeur ! (par contre ça c'est plutôt exigé)
                 -de venir discuter avec moi ^-^
                 -pub uniquement ici
                 -les tags
 
Sont refusés :
                 -plagiat (signalement direct)
                 -rageurs, drageurs, racistes, homophobes...
                 -insultes
                 -commentaires non conformes et critiques NON CONSTRUCTIVES
                 -prévenus ne respectant pas les règles
                 -pubs sauf ici
                 -de demander des trucs persos
                 -la mauvaise humeur gratuite

 

Si vous êtes l'un des rares a avoir lu le règlement, dites patate en commentaire!

Tags : réglement

My life is a lie 24/02/2015

My life is a lie
Gif: Sukitte ii na yo - Tachibana Mei

 

Réécriture: I'll always be there
Si vous ne connaissez pas le manga, lisez ça d'abord.

 

Cela faisait quelques mois que j'étais dans cette nouvelle ville. Ouais, j'avais déménagé, fraîchement émancipée à 16ans. J'avais fait ça suite à tout ce qui m'était arrivé. Entre harcèlement de mon beau père, l'absence de soutient de ma mère, un père inexistant et des insultes récurrentes jusqu'au collège, ma vie commençait pas vraiment bien. Mais j'avais rencontré des gens géniaux, notamment Castiel, qui restera toujours spécial pour moi. On avait pas vécu que des trucs faciles, loin de là, mais ça nous avait rapproché, je pense. Je lui avais tout raconté à propos de mon passé merdique, et m'avait toujours soutenu à sa manière, je ne pourrais que le remercier pour tout ce qu'il a fait pour moi.

Mais c'était trop tard.

Après avoir réglé le problème de Moka et Nathaniel, je croyais que nous pourrions enfin souffler un peu. Je ne savais pas encore que je n'avais pas fini de subir cette vie de merde.
Je pensais que mon passé était derrière moi. Je pensais que j'avais réussi à le fuir pour de bon. Je le pensais vraiment.

C'était un soir où je sortais du lycée, pour une fois plus tôt grâce à une absence de prof inattendue. J'avais donc le sourire aux lèvres en envoyant un SMS à mon petit ami (soit disant) rebelle pour l'en informer. Il devait encore sécher l'espagnol et glander dehors, on le refera jamais celui-là.

Je passais les grilles de métal noir, et mon sourire disparu en une fraction de seconde. Je rangeais mon téléphone dans ma poche sans me préoccuper de la réception d'une potentielle réponse de la part du rouge. Mon regard avait changé du tout au tout. Mais je ne m'attardais pas sur l'objet qui provoquait ce changement et commençais à marcher vers mon appartement. Cependant, celui-ci ne fut pas d'avis de me laisser tranquille et scanda mon prénom plusieurs fois avant de me saisir le poignet face à mon indifférence.

« -Lassia ça suffit maintenant !
-Lâchez-moi. Ordonnais-je sur un ton glacial.
-Il en est parfaitement hors de question, tu vas m'écoutez sale--

L'homme qui se tenait en face de moi se retint de finir sa phrase et soupira. Il passa une main dans ses cheveux bruns. Son costume noir était impeccable et il portait très bien les quelques rides marquant sa quarantaine.

-Que me voulez-vous ?
-Je suis venu te chercher, Lassia.

Mon air impassible se fissura.

-Pardon ? Je n'ai plus rien à voir avec vous !
-C'est ce que je t'ai laissé croire. Mais pour l'heure, je dois te punir.

Il m'envoya alors son poing droit en plein visage. Sachant que je ne pouvais pas répliquer, j'avais à peine bougé, mon regard fut encore plus sombre.

-Tu n'es pas sans savoir que je suis devenu le premier leader mondial de pétrole, tout le monde le sait, tout le monde en a parlé !

Il ria et envoya un nouveau coup au même endroit. Je n'avais toujours pas bougé. Ma rage bouillonnait dans tout mon être. Il renchérit avec un coup dans l'estomac, puis prit mon visage entre ses doigts, affichant un sourire ravi.

-Voilà ce qu'il en coûte de me déshonorer. Reprend-toi encore une seule heure de colle et tu ne t'en sortiras pas aussi bien.

Je le mitraillais du regard, du sang coulant légèrement de mes lèvres. Comment ? Pourquoi ? Trop de questions se bousculèrent dans ma tête.

-Tout ce que tu as pu vivre... Tout était sous mon contrôle !

Il me lâcha et porta un regard accusateur sur moi.

-Quoi ?
-Tu as bien entendu. Du harcèlement de ton beau-père et de la non réaction de ta mère, en passant par la maltraitance morale de tes camarades durant ton parcours scolaire à ton émancipation, tout, TOUT était sous mon contrôle ! La pseudo liberté que tu aimais tant et non seulement finie, mais elle n'a surtout jamais, au grand JAMAIS existée !

Je me pétrifiais. Qu'est-ce qu'il racontait ? C'était impossible ! Tout ce que j'avais vécu... Tout...

-Tu ne me crois pas ? Demanda-t-il, un sourire narquois aux lèvres. Tu crois que tu pouvais tout avoir grâce à ton émancipation ? C'est uniquement parce que j'étais là, moi et mon argent, que tu le pouvais ! Toute ta vie... est un mensonge.

Je n'arrivais plus à penser correctement. Et Castiel, dans tout ça ?!

-Il en va sans dire que ton lycée ne fait pas exception. Ni ton soi-disant petit ami d'ailleurs.

Là, c'était trop.

-Arrêtez de dire n'importe quoi, père ! Vous pouvez contrôlez ce que vous voulez avec votre argent, mais les sentiments humains ne s'achètent pas !
-Ne me tient pas tête, sale batarde.

Il voulut remettre un coup, mais quelqu'un l'arrêta. Je le reconnus immédiatement.

-Tu t'prends pour qui enfoiré ?!
-Allons bon, qui c'est encore celui-là ?

Quoi, il ne le savait pas ?

-Son mec, connard ! Lança-t-il en lui envoyant un fulgurant coup de poing dans le visage.
-Arrête Castiel !

Je lui tins le bras pour qu'il ne recommence pas, mais en voyant mon état il ne fut qu'encore plus furieux.
 
-Comment tu--
-Ça ne te concerne pas, Castiel, dis-je en regardant l'homme qui se relevait en se tenant la joue droite.
-Dans une semaine, nous repartirons aux Etats-Unis, je te reprends sous mon autorité et annule ton émancipation.
-Dans tes rêves !!
-Ce n'était pas une proposition, Lassia White.

Je devinais le regard interloqué de mon petit ami face à cette appellation. Je ne tenais plus. Je me ravançais devant le rouge pour faire face à mon père.

-Ne m'appelle pas comme ça ! Hurlais-je, exaspérée. Tu ne peux pas te ramener comme ça et faire ce que bon te semble, père ! Ce n'est pas toi qui décideras de ma vie !
-C'est pourtant ce que j'ai fait depuis ta naissance. Ta vie... est un mensonge. Tout ce que tu as pu croire est faux. Et je te le répète. Ton pseudo petit ami ne fait pas exception.

Je sentis que Castiel voulu répliquer, mais je le fis à sa place.

-La ferme et dégage de ma vie ! Barre-toi comme tu l'as fait à mes 3 ans. Espèce de--

Il fit un bond et me prit par les cheveux.

-Espèce de quoi ? N'oublie pas à qui tu t'adresses ! Je t'ai laissé jouer assez longtemps crois-moi. Maintenant que tu as 17ans, tu vas te marier avec le garçon que j'aurais choisi pour me rendre encore plus riche. Et tu n'as pas intérêt à te rebeller. C'est d'autant plus dans ton intérêt, que pour celui que tu crois aimer...

Il avait prononcé sa dernière phrase en faisant en sorte que Castiel ne l'entende pas. Il finit par me lâcher.

-Et fait quelque chose pour tes cheveux. Fait comme ta mère, teins les dans une couleur normale. Tu m'as assez fait honte comme ça. Ah oui d'ailleurs. Ta mère et ta s½ur sont mortes dans un accident de voiture. Heureusement que ton beau-père s'en est réchappé, il peut toujours être utile celui-là.

Il poussa un rire strident avant de remonter dans sa voiture de luxe noire. Il finit par partir en me rappelant que je n'avais que jusqu'à la fin de la semaine pour me préparer.

Je tombais à genoux, dévastée par tout ce que je venais d'entendre. J'étais complétement perdue. Mais Castiel ne tarda pas à me relever et à me prendre dans ses bras.

-Je le laisserais pas faire. T'as pas à t'inquiéter. Tenta-t-il de me rassurer en caressant ma joue droite meurtrie. Mais pour l'instant, il faut te soigner.
-C'est rien, c'est que des égratignures.

Je me défaisais de ses bras. C'était hors de question que lui soit mêlé à toute cette histoire.

-Je sais que t'es solide mais quand même. Et pourquoi t'as pas répliqué ?!
-Je ne peux pas Castiel.

J'étais inquiète suite au coup de poing que Castiel lui avait infligé. Mais si j'obtempérais, il ne tenterait sûrement rien.

-Comment ça tu peux pas ?! Sous prétexte qu'il est friqué et que c'est ton père tu vas le laissé faire ?!
-Tu ne peux pas comprendre. Ce ne sont pas tes affaires Castiel, déclarais-je sur un ton glacial.
-Arrête ça.
-Arrêter quoi ?

Mon regard était tout aussi froid.

-De te comporter comme ça. Joue pas à ça avec moi.
-Parce que tu crois vraiment que c'est un jeu ?! Ça ne te concerne pas je t'ai dit ! C'est à moi de régler ça alors ne t'en mêle pas, un point c'est tout !

Il me reprit dans ses bras sans que je puisse résister et me serra volontairement trop fort.

-C'est con... J'ai pour principe de ne jamais écouter ce qu'on me dit.
-Castiel... »

Je connaissais son caractère mais j'étais d'autant plus têtue. Je ne voulais définitivement pas le mêler à ça. Le mêler à mon passé qui était un véritable problème.

Il m'avait donc ramené chez moi, n'habitant pas très loin du lycée et connaissant le chemin. Il m'avait porté et je n'avais pas eu la force de l'en empêcher. Il me déposa sur le canapé et partit chercher de quoi me soigner.

Je repensais à tout ce qu'il avait dit. Ma mère et ma s½ur étaient mortes ? Au fond, ça ne me touchait pas plus que ça, aussi monstrueux que ça puisse paraitre. Mais maintenant que je savais qu'elle et mon beau-père se faisaient manipuler avec des simples bouts de papier dont l'humain avait donné de la valeur, ils me faisaient simplement pitié.

Une mèche de cheveux me tomba devant les yeux. Cette couleur que je croyais porter seule depuis des années, je savais maintenant que je la tenais de ma mère. Cette couleur... Cette affreuse couleur dont tout le monde s'était servait servi pour se liguer contre moi et me faire vivre un enfer.

Furieuse contre cette maudite couleur, je ne me contrôlais plus et sorti un couteau. J'étais sur le point de couper l'objet de mon malheur durant des années quand l'arme m'échappa des mains.

-Ça va pas non ?! S'exclama-t-il en éloignant la lame.
-Laisse-moi ! Laisse-moi paraitre normale pour une fois dans ma vie en me débarrassant de cette maudite couleur !!

Castiel, inhabitué à me voir dans un état pareil, fut désemparé.

-Je pensais pas que ça que ça te rongeait à ce point... Avoua-t-il en posant sa main sur ma tête. Tu as les cheveux blancs naturellement, et alors ? Tu sais ce que j'en pense moi, de tes cheveux ?

Je fis signe évidemment que non. Il posa alors son front contre le mien.

-Ils me rappellent la neige. Tout le monde aime la neige. C'est pour ça que personne ne te trouve bizarre et que tu es appréciée partout où tu vas, même si tu le remarques pas. Tu peux t'entendre avec n'importe qui, sauf les crétins. Et puis... Tu as beau dire que tu les déteste, tes cheveux, tu n'as jamais cherché à les cacher. Tu restes fidèle à toi-même, même si t'en souffre. Tu dis que t'es pas « normale ». Ben tu sais quoi ? Ouais, tu l'es pas. Si t'étais « normal » je t'aurais probablement jamais remarqué d'ailleurs. Alors c'est mieux comme ça, non ?

Il afficha un grand sourire. Ce sourire. Ce sourire qui pouvait me réchauffer le c½ur même si il était en miettes. Je savais très bien que ce n'était pas dans ses habitudes de parler comme ça. Autant que ce n'était pas dans les miennes de perdre autant mon sang froid.

Il me fit rassoir sur le canapé et me soigna, le grand habitué des bastons savait y faire. Je restais encore silencieuse. Cette histoire de mariage à la con me rendait malade. Mais comment lutter contre un homme si puissant ?!

-Je savais pas que t'étais américaine, t'as toujours détesté l'anglais et dit que t'étais nulle dans cette langue.

Je sentais bien qu'il était mal de ne pas l'avoir su plus tôt rien que dans l'intonation de sa voix. Je tournais la tête vers lui, puis la rabaissa.

-Enfin, c'est rien. Je comprends que t'ai pas envie d'en parler.
-La vérité... C'est que je parle couramment anglais, mais que j'ai honte de mes origines. Alors en disant que j'étais une bûche dans cette langue y avait peu de chance qu'on me pose des questions. Puis tant qu'on est à parler de ça... Comme tu l'as entendu mon ancien nom était « White » mais j'ai changé après mon émancipation pour effacer toutes traces de mon passé. Mais ça n'a visiblement pas suffit pour le faire disparaitre...

Ma dernière phrase fut accompagnée d'un sourire triste.

-Hey... M'interpela-t-il. Enlève-moi ce sourire triste de ton visage, je t'ai dit que je le laisserais pas faire ce qu'il veut. Tout ira bien, tu verras. »

Je serrais les poings. J'étais déchirée par l'envie de le croire et de le laisser m'aider et celle de l'éloigner de tout ça. Pour la première fois de ma vie je ne savais absolument pas quoi faire.

Castiel resta l'après-midi, histoire de me changer les idées. Il y était partiellement parvenu, aidé de Kyu qui jusque-là était restée discrète. Ma petite renarde qui était venu squatter mon appartement peu après mon arrivé était précieuse pour moi. Le soir venu, j'avais réussi à convaincre Castiel de repartir chez lui. Que j'irais bien. Mais la réalité était toute autre. J'avais à peine refermée ma porte que je m'écroulais, fondant en larmes. Je voulais montrer une image forte aux autres. C'est pourquoi je ne lui avais jamais montré mes larmes versées à cause de mes problèmes. Je n'avais pas honte de pleurer pour ceux que j'aimais, mais pour moi, c'était différent.

Le lendemain, je m'étais reprise et voulu afficher le visage habituel de la Lassia que tout le monde connaissait. Mais j'avais à peine passé le pas de la porte qu'on m'interpella.

« -Hey ! Lassia !

Mon regard se posa sur la personne qui avait prononcé mon nom. Un garçon, la vingtaine, brun aux yeux noisette et habillé avec classe.

-On se connait ?
-Bien sûr que oui. Ça fait longtemps, mais tout de même ! S'exclama-t-il en riant.

Mon regard s'attarda sur lui, mais je n'arrivais pas à me souvenir. Il s'en rendit compte.

-Secondaire, Chicago. Toujours rien ?

Mes yeux s'écarquillèrent en comprenant.

-J-Jason ?!
-Ah ben j'ai failli attendre ! Free Hug comme au bon vieux temps ? Demanda-t-il sourire aux lèvres en écartant les bras.
-C'est-à-dire que... Commençais-je, gênée.
-Tu nous présentes ?

Castiel venait d'arriver et se mit à côté de moi, les bras croisés. Il était sans doute venu me chercher pour aller au lycée.

-Oh mais je peux le faire moi-même. Jason Collins, ami proche de la mignonne petite Lassia ici présente.
-Je vois. Fit-il d'un air suspicieux.
-Et toi ?
-Moi ? Rien de plus... Commença-t-il avant de m'embrasser subitement. Que son petit ami.

Il m'avait embrassé si furtivement que je n'avais pas eu le temps de réagir. Enfin, mes joues avaient rosies sous la surprise.

-Je vois. Déclara-t-il en arquant un sourcil. Je n'aurais jamais pensé que tu sortirais avec un autre garçon. Pas après ce qu'il s'était passé aux Etats-Unis.
-De quoi tu parles ? Et puis, tu exagères en disant que tu es un ami proche ! Ça fait au moins trois ans qu'on s'est pas vu !
-Et quelque chose à changer entre nous pendant tout ce temps ? Demanda-t-il avec un air provocateur.

Castiel allait intervenir mais je pris les devants avant qu'il ne dise quoi que ce soit.

-Ecoute je ne sais pas ce que tu es venu faire ici mais arrête ça tout de suite. J'ai bien vu que t'avais changé, mais si c'est en mal c'était pas la peine de venir. Sur ce, j'ai cours.

Je pris alors le chemin du lycée, toujours accompagnée de mon petit ami, laissant en plan le brun.

-Manquait plus que ça, me plaignais-je en soupirant.
-Tu m'expliques ?
-C'est un ami avec qui je trainais pendant le secondaire, l'équivalent du collège ici. Les rumeurs disaient qu'on était ensemble, mais il s'est jamais rien passé.
-Ok, et de quoi il parlait ? Ya eu quelque chose au final ?
-Puisque je te dis que non. Il ne s'est strictement rien passé. Il a dit ça pour provoquer, crois-moi. Enfin... J'espère que sa venue n'a rien à voir avec celle de mon père.
-On verra bien. De toute façon, il est hors de question que tu partes d'ici. »

Je n'avais rien répondu. Cependant je lui avais demandé de garder tout ça secret et que l'on prétexterait que mes blessures seraient dues à ma maladresse. Ça ne lui plaisait pas de mentir mais je ne tenais pas à ce que tout le monde soit au courant de mes problèmes.

La journée passa normalement, profitant peut-être de mes derniers bons moments, même si Castiel s'obstinait à m'affirmer le contraire. Le soir venu, j'étais rentrée chez moi, quittant mon petit ami avec le sourire. Je ne voulais pas qu'il s'inquiète. Mais je devais trouver une solution pour la fin de la semaine. J'avançais vers mon appartement quand je vis quelqu'un assis sur les marches. C'était Jason.

« -T'es resté là toute la journée ?
-Ben c'est pas comme si j'avais d'autres endroits que je connaissais.

Je soupirais face à tant de bêtises.

-Et puis, je voulais m'excuser aussi.

Je ne répondis rien et ouvris la porte.

-C'est vrai que ça fait un bail qu'on s'est pas vu alors j'étais anxieux. Puis t'as beaucoup changé. En bien hein ! Enfin pas que tu étais pas bien avant mais... !
-C'est bon Jason. Entre, tu me fais pitié.
-Euh...merci ? »

Je lui fis un sourire pour le rassurer. Au fond, il avait pas changé. Il découvrit donc mon appartement qui n'était pas vraiment personnalisé. Les murs étaient beiges et blancs, sans décoration. Le seul endroit où il y avait un élément personnel était ma chambre qui comportait mon véritable katana. Kyu n'était pas venue, sûrement intimidée de voir quelqu'un d'autre que Castiel et moi ici. Quand j'y repense, Kyu avait tout de suite accepté Castiel et su qu'il était gentil. Finalement, j'avais beaucoup de points communs avec cette petite renarde.
 
Je l'invitais à s'asseoir pour parler de nos années durant le secondaire. C'est vrai que ça faisait du bien de le revoir après tout ce temps. Il commençait à se faire tard, et ne voulant pas inquiéter Castiel en le laissant dormir ici, je lui proposais d'aller à l'hôtel. Je l'avais donc raccompagné sur le pas de la porte.

« -Au fait Jason, pourquoi est-ce que tu es venu ? Et comment t'as trouvé mon adresse ?
-Je voulais simplement te voir. J'avais terminé mes études alors je me suis dit que je pouvais bien faire un petit tour en France. Concernant les infos, j'ai simplement des relations, ni plus ni moins.
-Je vois... Ecoute... Je ne serais probablement plus là à la fin de la semaine.
-Comment ça ? Demanda-t-il, l'air étonné.
-J'ai... Commençais-je en soupirant. Je dois partir. Je dois retourner aux Etats-Unis.

Il resta silencieux. Oui, je devais partir. C'était la meilleure solution pour tout le monde. Si je n'avais jamais goûté à la liberté, ça ne me changerait pas tant que ça au final. Castiel s'en remettra... Oui, il s'en remettra.

-Et ton petit ami ?
-Je... Il... Il s'en remettra.
-Je me remettrais de quoi ?

Castiel apparut de nulle part et fronça les sourcils.

-De son retour aux Etats-Unis, répondit Jason.
-De quoi tu parles ? Lassia n'a jamais accepté ça.
-Il faut croire que si.

Castiel me regarda, effaré.

-Tu dis n'importe quoi ! Lassia dit quelque chose ! Me supplia-t-il en me prenant par les épaules.
-Fous-lui la paix, c'est pas tes affaires.
-Ta gueule toi ! Cria-t-il en le prenant par le col et en le menaçant du poing.
-Tu veux vraiment montrer une image aussi violente de toi devant elle ? »

Castiel pesta. Je ne savais pas quoi faire. J'essayais de me convaincre que Castiel s'en remettrait. Après tout je n'étais pas sa première copine, pourquoi je serais différente de toutes celles qu'il a eu ? Ça n'avait aucun sens. Castiel me regarda, essayant désespérément de comprendre quelque chose. Je ne pouvais plus supporter tout ça. Sans les regarder, je courus pour m'enfuir. Je courus encore et encore, ignorant les appels de Castiel et Jason. Castiel avait essayé de me rattraper mais en vain.

Après ma course effrénée, je cherchais un hôtel en disant de mettre la note sur celle de mon père. Je pris une douche pour me calmer. Je jetais un ½il à mon portable. J'avais un bon nombre de sms et d'appels manqués de Castiel. Je l'éteignis en soupirant puis m'assis sur le lit. Qu'est-ce que je devrais faire ? Je n'avais vraiment pas d'autre choix que de partir ? Cette pensée me brisait le c½ur mais ça valait mieux pour tout le monde. Mais pourquoi tous les bons moments avec lui me revenaient maintenant ? Pourquoi je n'arrivais pas à retrouver ce c½ur qui ne ressentait rien ? Pourquoi... y a-t-il fallut que la vie s'acharne comme ça ? J'avais fait quoi de mal bon sang ?!

Je serrais les poings. Je décidais de réfléchir à une solution jusqu'à la fin de la semaine et de ne pas aller en cours. J'avais 5 jours pour trouver quoi faire. Peut-être que tout espoir n'était pas perdu en fin de comptes ?

Le lendemain, je fis une recherche sur le net. Je découvris alors la vérité. Oui, l'un des parents pouvait bien annuler une émancipation s'il se montrait apte à garder son enfant mineur. Je fis face à la seule solution qui existait. Malheureusement, c'était impossible. Une telle chose n'arriverait jamais. Tout était perdu, mon père avait finalement gagné. Il avait raison, il avait toujours tout contrôlé. Cette fois-ci ne faisait pas exception. Rien n'avait changé. Depuis le début... Depuis le début, il avait obtenu ce qu'il voulait.

Des perles salées roulèrent sur mes joues. Ça semblait irréel tellement la situation me paraissait sans espoir.

N'ayant pas d'ordinateur, j'avais fait ma recherche sur mon téléphone. Celui-ci se mit alors à sonner. Par reflexe je décrochais.

« -Bon sang Lassia mais qu'est-ce que tu fous ?! T'es où ?!
-Castiel... Murmurais-je en éloignant l'appareil.
-Ne pense même pas à raccrocher ! Lassia t'es pas obligée de partir ! Je ne l'ai déjà dit, je--
-Arrête Castiel. Ça suffit maintenant, déclarais-je d'un ton sec et froid.
-Quoi...?
-Je m'en vais. Il n'y a pas d'autre solution. Je vais partir et tu ne pourras rien faire contre ça. Ce n'est pas si horrible que ça, quand on y pense tu sais. J'étais destinée à ça d'une certaine manière. Mon père a toujours tout contrôlé, comme tu as pu l'entendre. Je ne peux pas lutter, ni toi, ni personne. C'est comme ça. Si ma vie n'a jamais été plus qu'un mensonge... Je te remercie du fond du c½ur. Pour tout. Tu auras été la meilleure chose qui me soit arrivée. Merci de m'avoir aimé pour ce que je suis et de m'avoir toujours soutenu à ta manière. Les gens avaient beau dire le contraire, tu m'as prouvé que tu m'aimais vraiment. Tu es mon premier amour Castiel, et je sais au fond de moi que je ne pourrais jamais retomber amoureuse d'un autre. Mais toi, je t'en supplie, oublie-moi. Je ne suis qu'une parmis tant d'autres après tout. S'il te plait, c'est le mieux pour tout le monde. Tu as déjà assez subit avec toutes mes erreurs. C'est vrai, je n'ai jamais eu de relation avant toi, alors j'imagine que toutes les erreurs habituelles que l'ont fait normalement se sont concentrées sur toi. J'en suis désolée. Ça aura été bien le temps que ça aura duré. Tu m'as rendu heureuse, pour la première fois de ma vie, et fait ressentir des choses alors que je pensais en être incapable. Encore une fois, merci, Castiel. Je ne t'oublierais jamais.

Je marquais une pause pour ne pas qu'il m'entende pleurer. Je savais que s'il ne m'avait pas interrompu, c'était parce que mes mots l'avaient abasourdi. Je lâchais mes derniers mots.

-Je t'aime Castiel. Adieu.
-Lassia, att--»

Je raccrochais et laissais mes larmes envahir mon visage. Il ne comprenait pas que je faisais ça pour son bien, et pour le bien de tout le monde. Je devais retrouver mon c½ur de glace. Je devais y arriver. Mais après tant de chaleur et d'amour, comment j'étais censée y parvenir ? Le retour en arrière était donc impossible ? C'est vrai que dès que j'avais mis les pieds dans ce nouveau lycée, tout avait changé. Dès le début, je n'arrivais pas à garder la neutralité que j'avais d'habitude. C'était encore plus flagrant dès l'instant où j'ai vu Castiel. Il avait changé depuis d'ailleurs. J'avais réussi à le faire arrêter de fumer. Ça avait été une grande victoire ce jour-là.

J'eus un sourire nostalgique.

« -Et si tout ça... n'avait été qu'un rêve ? Oui c'est ça... C'était un merveilleux rêve, mais maintenant, je dois me réveiller... »

Le jour qui suivit, je me réveillais par un bruit. On toquait à ma porte. Je me fis vite présentable et ouvris la porte. C'était l'un des hommes de mains de mon père qui venait m'amener un paquet. C'était la tenue que je devais porter dimanche. Je pris le paquet et referma la porte après avoir remercié tristement l'homme. Un minimum curieuse, je déballais le contenu du paquet, enfermé dans un papier argenté. Je découvris alors une robe au haut violet lavande avec un léger décolleté et en bas, une jupe à volants rose. La robe avait une seule bretelle rose en diagonale et était accompagnée d'une paire de ballerines et d'un n½ud papillon pour attacher mes cheveux de la même couleur de la jupe ainsi que des mitaines en voile, toujours rose. J'avais donc droit au vêtement que je détestais le plus de la couleur que je détestais le plus. Je soupirais. Je n'avais même plus la force de m'en plaindre.

On retoqua à la porte, mais plus frénétiquement cette fois. Pensant que c'était encore l'homme de main de mon père, j'ouvris la porte agacée.

« -Quoi encore ?
-Lassia ! Nan mais ça va pas ?! Qu'est-ce qui t'es passé par la tête bon sang ?!

J'étais stupéfaite par la personne qui se trouvait en face de moi. C'était Rosalya, visiblement morte d'inquiétude.

-Qu'est-ce que tu fais ici Rosalya ? Demandais-je froidement.
-Ah nan hein ! Tu crois que y'a que Castiel qui voit à travers ton petit manège de la froideur ?! Et bien détrompe toi !

Je soupirais encore une fois.

-Ok, mais alors réponds-moi, comment tu m'as retrouvé ?
-Tu veux vraiment en parler dans le couloir ?

Je ne répondis rien et la laissa entrer. Mon téléphone bipa alors. Encore Castiel, évidemment. Je l'éteignis pour la seconde fois.

-Castiel m'a dit que qu'il n'avait plus de tes nouvelles depuis mardi, enfin jusqu'hier où tu as daigné décrocher. Il ne m'a pas tout raconté, il m'a simplement demandé de te retrouver, sachant que mon père est officier de police. Il a pu retracer la provenance de ton appel ici. Voilà comment j'ai fait.

Je n'avais pas pu m'empêcher de tiquer lorsqu'elle avait parlé de son père. Evidemment, elle le remarqua. Rien n'échappait à Rosalya.

-Lassia, tout le monde s'inquiète, et je n'ai jamais vu Castiel dans un état pareil. S'il te plait, explique-moi, je peux t'aider ! M'affirma-t-elle en posant ses mains sur mes épaules.

Je me mordis la lèvre inférieure pour me contenir.

-C'est si grave que ça... ?

Je finis par lui faire part de la situation, sachant que rien ne changerait de toute façon. Je l'informais également de la seule solution envisageable mais impossible. Après crises de nerfs et colère de la part de la blanche, celle-ci planta ses yeux dorés dans les miens.
 
-Je suis certaine que Castiel a déjà dû te répéter maintes fois qu'il arrangerait la situation, mais tu ne l'acceptes pas... En même temps, vu ce que tu m'as dit, je peux te comprendre... Enfin, ce que je te dirais ne servirait probablement à rien mais bon... Ecoute Lassia, ne perds pas espoir. Il y a forcément quelque chose à faire pour empêcher ça, ok ? Tenta-t-elle de me rassurer.

-Rosa, je sais très bien que non... Il n'y a plus rien à faire, et c'est mieux comme ça. En restant, je vous mettrais en danger, vous et Castiel. Vous êtes les seuls à m'avoir accepté comme je suis, je ne me pardonnerais pas si il faisait quelque chose contre vous. C'est rien de grave, vous allez vous en remettre, vous m'oublierez vite, tu verras.
-Qu'est-ce que tu peux m'agacer quand tu parles comme ça ! Ce que je te dis tombe vraiment dans l'oreille d'une sourde ma parole !

Je baissais la tête, elle ne comprenait pas ce que je voulais faire.

-J'ai compris. Ce n'est pas moi qui suis en mesure de te faire comprendre à ton tour. Mais je sais qui en est capable. Tu verras, il y a plus tête de mule que toi sur cette Terre ! »

Elle partit comme elle était arrivée. Je ne savais pas ce qu'elle voulait tenter, mais c'était en vain de toute manière alors je ne m'attardai pas sur la question. Enfin, ça m'aura fait plaisir de la voir une dernière fois, et bizarre aussi d'avoir tout déballé comme ça, moi qui ne parlais jamais de mes problèmes à personne. Enfin, presque... Un sourire triste se dessina sur mes lèvres en pensant à cette fameuse personne.

Le sombre jour arriva alors. Lorsque je sorti dehors, il faisait pourtant doux et le soleil rayonnait tranquillement dans le ciel bleu tacheté de nuages blancs. Et pourtant, tout me semblait morne et sans couleur. Mon regard n'était même plus triste, mais vide. Même ma tenue colorée et inhabituelle pour moi ne me gênait même plus alors que d'habitude je n'aurais pas supporté d'être en robe.

Je me rendais donc à l'aéroport en m'empêchant de réfléchir et de me souvenir de quoi que ce soit. Cette ville qui m'avait accueilli pendant ces quelques mois allait terriblement me manquer, elle et ses merveilleux habitants...

Arrivée devant le bâtiment moderne où mon avion m'attendait, mon père m'interpella.

« -Au moins, tu n'es pas en retard.

Il me défigura de haut en bas.

-Tes cheveux ressemblent un peu plus à quelque chose comme ça, c'est déjà ça. Enfin, ça t'intéresserait de voir qui est ton futur mari ?

Mon regard se posa légèrement sur mon géniteur, mais je ne répondis rien pour autant.

-Aller, viens !

Une silhouette s'avança alors. Mes yeux s'écarquillèrent alors et quittèrent leur état inexpressif. Je n'y croyais pas.

-Impossible... Pas toi...

Je ne rêvais pourtant pas. L'homme qui se tenait devant moi était bien Jason Collins, le même qui m'avait parlé normalement il y a à peine quelques jours. Il s'avança vers moi, détournant un peu le regard. Honteux ? Il y avait de quoi !

-Vu ta réaction, tu le connais bien. Je ne m'étais donc pas trompé. Jason est un excellent parti tu sais, sa famille possède la plupart des terres qui contiennent des gisements de pétrole aux Etats-Unis. En te mariant avec lui, j'aurais l'entière coopération de sa famille et pourrais profiter de ces gisements comme bon me semble !

Je mitraillais le brun du regard. Comment avait-il pu me faire ça ?!

-Tu as vraiment changé en 3ans, Jason, déclarais-je tel un reproche.
-N'est-ce pas ? Il est devenu si beau garçon ! Tu n'as vraiment pas à te plaindre, si tu savais le succès qu'il a à Chicago ! Tu vois que je ne suis pas si monstrueux que ça, finalement.

Il affichait toujours son sourire narquois. Je m'étais résolue à partir, mais pas à me marier avec lui ! Tout ce que nous avions vécu à Chicago était aussi faux ? Il avait profité de ma confiance à ce point ?!

-Aller Jason, prouve-lui ce que je dis.

Jason s'avança alors encore plus vers moi, jusqu'à être vraiment près de moi. Je ne pouvais pas m'enfuir ni faire grand-chose dans une tenue pareille. Il me prit alors dans ses bras. J'avais envie de lui en mettre une, mais je ne pouvais pas ! Ce sentiment d'impuissance me rendait folle.

-Est-ce que tu sais d'où venaient ces rumeurs comme quoi nous étions en couple durant le secondaire, Lassia ?

Il parlait assez bas pour que mon père n'entende pas.

-Oh, je me doute que tout ça est de toi, juste pour m'emmerder encore plus.
-Non, pas du tout. C'est simplement que je n'arrivais pas à cacher que j'étais amoureux de toi, même si je ne disais rien, m'avoua-t-il en me regardant dans les yeux. Je ne veux pas te faire de mal, mais je ne pouvais pas te dire la vérité lorsque nous nous sommes vus la dernière fois.
-Ne joue pas les gentils maintenant Jason, je ne te crois pas. Tu m'as trahi alors que tu étais la dernière personne de mon passé à qui j'accordais encore de la confiance. Tu me dégoutes.

Je vis dans son regard que mes paroles l'avaient blessé. Mais je n'étais pas encore assez stupide pour m'en vouloir.

-Ecoute... Prends-ça, dit-il en glissant une lettre dans ma poche. C'est une lettre de ta mère, qui t'expliquera certaines choses. J'étais resté en contact avec elle mais puisque tu avais coupé les ponts, tu ne le savais pas.
-Bon alors ça vient ! On ne partira pas d'ici tant que tu ne l'auras pas fait tu sais ! S'impatienta mon père.
-De quoi il parle ?

Jason passa une main sur ma joue. Il ne me répondit pas, même après une interpellation de ma part. Il se rapprocha. Je compris donc qu'il allait m'embrasser. Une vague de panique m'envahit. Je n'avais jamais connu d'autres lèvres que celles de Castiel, et je ne voulais pas en faire l'expérience. Même si je ne pouvais plus être avec lui, je ne comptais pas faire quoi que ce soit avec qui ce que soit !

-Non... Non, non et non ! J'ai jamais été d'accord avec ça !!

Mes réflexes avaient repris le dessus, et je lui avais envoyé mon poing droit dans l'estomac. Sous la surprise, il me lâcha, étonné.

-J'accepte de partir pour protéger ceux que j'aime, mais pas de renier mes sentiments !!
-Bien parler !

Je me retournais.Cette voix, je la connaissais bien. Castiel était à plusieurs mètres, sur le même trottoir que nous. Les bras croisés, son habituel sourire en coin n'avait pas quitté ses lèvres. Son apparition me semblait surréaliste.

-Mais... Qu'est-ce que ce que tu fais là... ?

Il fronça les sourcils, énervé sans doute de devoir répondre à une question si évidente.

-Je suis venu récupérer ma fiancée, quelle question !! S'exclama-t-il en parcourant en un éclair les mètres nous séparant et en me serrant contre lui.

Ses mots m'avaient cloué sur place, et il n'y avait pas que moi.

-E-Enfin, si tu le veux bien, évidemment... Bafouilla-t-il les joues rouges.

Je n'eus pas le temps de dire quoi que ce soit que mon père, en furie, explosa.

-Pour qui tu te prends toi ?! Tu te crois en position de faire une chose pareille peut-être ?!
-La ferme toi, sale chien. Non en fait tu mérites même pas que je t'insulte de ça, Démon vaut largement mieux que toi.

Je n'avais toujours rien dit, j'étais beaucoup trop sous le choc pour dire quoi que ce soit.

-Rosalya m'a expliqué ce qu'était cette dernière solution que tu trouvais impensable. Ecoute, je dis pas que je suis le mec le plus parfait du monde mais... Enfin j'ai fait plein de bourdes aussi mais... Bref, j'ai 18ans donc mon émancipation ne compte même plus. Je peux te prendre en charge avec ma majorité, mais cet enfoiré ne te lâchera pas sans engagement de notre part, même si je sais que c'est vraiment tôt et qu'on en a jamais parlé. Alors je... Je te le demande... Est-ce que tu voudrais bien être... Etre ma fiancée ?

Cette fois, Castiel était devenu aussi rouge que ses cheveux. Jusque-là, je n'avais pas bougé un seul muscle, me demandant si cette situation était vraiment réelle ou si je rêvais éveillée. Le silence était donc présent depuis une poignée de secondes, ce qui ne manqua pas de stresser au plus haut point le rouge. Lentement, je relevais la tête. Je pus alors constater que Castiel ne m'avait pas lâché du regard et attendait encore plus impatiemment ma réponse maintenant que j'avais bougé.

-Vous êtes ridicule ! Si tu fais ça, tu n'auras plus rien ! Ton appartement, tout ce que tu as pu avoir ! Tu perdras absolument tout en plus d'être sans argent !
-Je t'ai dit de la fermer ! Je serais capable de l'aider, de prendre soin d'elle, de la rendre heureuse ! Je ferais tout pour ça et je m'en donnerais les moyens, et je réparerais tout le mal que tu as causé.

Le regard noir qu'il lui lança le fit se taire.

-Alors, t'en pense quoi ? Redemanda-t-il sur un ton plus sérieux et posé que la fois précédente, reportant son regard sur moi.
-Evidemment que j'accepte ! M'exclamais-je alors que j'essuyais mes yeux qui étaient sur le point de laisser couler des larmes. Cependant, je ne voulais toujours pas qu'il les voit.

Il me resserra encore plus fort contre lui.

-Idiote. Tu n'as pas à retenir tes larmes maintenant. Tu as le droit de pleurer, Lassia. Ce n'est pas une honte. Tu n'as pas à être forte maintenant. Tu as bien le droit à un peu de repos pour une fois.

Je n'avais jamais entendu de telles paroles. J'avais le droit... de pleurer ? J'avais vraiment le droit... ? Personne n'avait jamais vu les larmes que j'avais versées pour moi, si ce n'est Kyu. Je me laissais donc aller, pour la première fois, en le serrant de toutes mes forces, sans un bruit. Je n'y croyais pas. Alors toute cette histoire était vraiment réglée ?

-Non mais oh ! Rendez-moi ma fille !
-L'appelle pas comme ça raclure. Tu mérites pas de l'avoir comme descendance !

Ce n'était pas la voix de Castiel. Non, c'était celle de Rosalya. Puis plusieurs autres que je connaissais bien. J'ouvris les yeux, maintenant rouges. Je pouvais apercevoir Rosa, Kentin, Moka, Nathaniel, Armin, Sun, Lysandre, Chiharu et plein d'autres se dresser entre Castiel, moi, mon père et Jason. Il y avait aussi Violette, Kim, Iris et même ceux à qui je ne parlais pas souvent.

-Ta place est ici, Lassia. Elle n'est ni aux Etats-Unis, ni ailleurs. Tu m'as bien dit que nous avions été les premiers à t'accepter, non ? Et puis, tu n'as plus aucune raison de partir maintenant ! Déclara Rosalya, un immense sourire aux lèvres.
-Rosalya...

Tous approuvèrent et fusillèrent du regard les deux autres. Mon père eut un mouvement de recul face à tant de monde et jura. Jason, quant à lui, était complétement paumé.

-Je t'avais pourtant dit que je ne le laisserais pas faire, tête de mule, dit-il avant de poser sa main droite derrière ma tête pour m'enlacer encore plus.
-Désolée... Mais qu'est-ce qu'ils font tous ici ?
-Ils sont venu d'eux -même quand on leur a expliqué qu'on te forçait à partir. Je te l'avais dit. Tu es comme la neige, tout le monde t'apprécie. Sauf les crétins. Enfin, je dois régler une dernière chose et on pourra partir.

Il me lâcha alors en me confiant à Kentin, mon grand frère de c½ur. Avant, il ne pouvait pas s'empêcher d'être jaloux de lui, alors venant de sa part, ça m'avait vraiment surprise. Il devait avoir accepté notre relation fraternelle, comme lui avec Moka.

Il traversa la petite foule que formaient tous nos camarades et se dirigea d'un pas furieux vers le brun. J'avais rarement vu son regard aussi noir. Il lui envoya une fulgurante droite sans que Jason n'ai pu faire quoi que ce soit pour le contrer. Il devait l'avoir accepté, dans un sens.

-Approche-toi d'elle encore une seule fois, et tu t'en sortiras pas juste avec un coup de poing dans la gueule. J'espère que c'est assez clair. Quand à toi, espèce de sous merde...

Il s'avança vers mon père, qui, pétrifié de peur, tomba à terre et trembla de tout son être. Il était tellement pathétique que ça en était risible.

-Je me rabaisserais pas à te frapper. La merde, ça salit. Mais réapparait encore et tu repartiras pas autrement que dans un sac plastique, c'est vu ?

Mon père s'enfuit alors, et Castiel revint vers moi, sourire en coin. Je quittais Kentin pour reprendre le rouge dans mes bras, le serrant aussi fort que je le pouvais.

-Hey ! Pas si fort sinon tu vas m'étouffer !

Le rire se répandit dans le groupe suite à la plainte de Castiel. Il en profita alors pour m'embrasser. Il ne m'avait jamais embrassé comme ça, je pouvais très bien sentir toute l'angoisse et le soulagement qu'il ressentait de pouvoir m'embrasser comme ça.

-Ne me refais plus jamais une peur pareille, c'est compris ?
-Promis, lui jurais-je en souriant. »

Sur le chemin qui menait à son appartement, tout le monde plaisantait sur ce qu'avait fait Castiel et la tête des deux autres. Il faut dire que Castiel était effrayant quand il était énervé. Une fois arrivé, tout le monde parti en lâchant des mots gentils et des félicitations pour nos fiançailles, ce qui ne manqua pas de me faire rougir, et il n'y avait pas que moi. Moka avait les larmes aux yeux, ne pensant pas que son grand frère chéri arrêterait de faire n'importe quoi, ce qui, évidemment, énerva le rouge. Tout le monde ria de bon c½ur, moi aussi, même si j'étais fatiguée de tout ça. Castiel le remarqua et dit qu'il valait mieux que l'on se repose pour aujourd'hui. Tout le monde fut d'accord et le petit groupe parti peu à peu. Moka fut la dernière à partir avec Nathaniel, prenant son air vicieux en conseillant à Castiel de ne pas faire trop de bêtises ce soir. Moka était vraiment la seule capable de mettre Castiel dans tous ses états avant de filer en ricanant sournoisement. Un vrai numéro celle-là, mais elle arrivait à me faire sourire avec ses bêtises.

Nous finîmes par rentrer. Mais quelle ne fut pas ma surprise lorsque sur le point de faire demi-tour, Kyu me sauta dessus, accompagnée de Démon. Je voulais aller la chercher, mais visiblement, il y en avait un qui s'en était occupé avant moi.

« -Kyu ! Qu'est-ce que tu fais ici ? Demandais-je en caressant les deux boules de poils.
-Ben... Quand tu me répondais plus, j'ai fini par aller à ton appartement. Kyu était là, dans le même état que moi. Alors je l'ai ramené chez moi. T'aurais dû voir ça, elle a tout de suite sauté sur Démon, et l'a pas lâché depuis.
-Ça me rappelle personne... Répondis-je ironiquement le sourire aux lèvres.
-Ouais, moi non plus... Ajouta-t-il tout autant ironique. Au fait... Continua-t-il alors que mon regard interrogateur se posa sur lui. Tu vois que t'es bien en robe.

Il arborait un magnifique sourire provocateur, celui qu'il montrait le plus souvent, alors qu'il m'avait fait rougir. Je pensais qu'il allait ignorer ma tenue avec tout ça, mais son envie de me taquiner maintenant que tout était réglé devait être trop forte.

-Mais va te changer, cette couleur que tu détestes tant te vas pas vraiment. Vu le nombre de fois où tu as squatté, je dois bien avoir quelques fringues à toi ici.

Il m'embrassa sur le front avant d'aller dans la cuisine. Je partis donc faire ce qu'il m'avait conseillé de faire. Il savait pertinemment que je n'étais pas à l'aise dans une tenue pareille. Je détachais mes cheveux aussi. Comme il l'avait si bien supposé, je trouvais rapidement de quoi me changer, bien que je lui empruntais un de ses t-shirts pour le plaisir. Je redescendis et sentis une douce odeur. J'arrivais dans la cuisine, Castiel m'interpellant. Il avait fait des crêpes. J'en étais encore médusée. Je ne lui avais montré qu'une fois pourtant, alors que lui mangeait principalement des sandwiches et plats tout prêts quand il n'allait pas au MacDo. Agacé de me voir si surprise, il finit par s'asseoir à table et commença à manger. Je riais doucement et fis la même chose. Je ne pouvais pas être plus heureuse que maintenant.

Je savais enfin où ma vie allait. Et je savais que cette fois, c'était moi qui allait la contrôler, et personne d'autre.

 


My life is a lie

 

Durant les jours qui suivirent, j'avais déménagé chez Castiel. Je n'avais pas grand-chose à emporter, alors ça avait été rapide. Castiel avait informé ses parents de notre décision. Malgré mon appréhension face à leur réaction, tout se passa bien. Sa mère pleura de joie au téléphone ce qui ne manqua pas d'embarrasser fortement le rouge. Elle exigea de me rencontrer dès leur retour. Son père était aussi content qu'il se soit enfin posé. Visiblement, ils faisaient confiance à leur fils, ce qui me soulagea grandement. Cela faisait donc déjà 2 semaines que nous vivions ensemble, et tout se passait à merveille. Moka squattait toujours de temps en temps, ce qui ne me dérangeait pas le moins du monde.

Un jour où nous recevions le journal, Castiel m'avait appelé à travers tout l'appartement, le papier à la main. J'étais tranquillement en train de trainer sur le net lorsqu'il me mit l'objet de son état devant les yeux. La Une du journal me laissait effectivement sans voix. On pouvait y lire clairement que mon père ainsi que mon beau-père s'étaient fait arrêtés suite à une magouille foireuse des deux associés. Les deux étaient donc condamnés à la prison. Ils avaient également retiré la fortune de mon père et une décision sur ce que tout cet argent allait devenir était en cours. Je n'avais donc plus à me soucier de quoi que ce soit les concernant pour un bon bout de temps.

Les vacances étaient enfin arrivées. Ses parents étaient censés venir nous rendre visite au cours de ces deux semaines. Castiel m'avait prévenu qu'ils pouvaient débarquer à l'improviste n'importe quand, alors je devais me mettre sur mon 31 tous les jours, au cas où, même s'il me répétait que ce n'était pas la peine. Un jour, on sonna à la porte. J'allais donc ouvrir, pensant que c'était ses parents. Je l'aurais laissé volontiers faire, mais Castiel prenait sa douche et je ne pouvais pas les laisser sur le pas de la porte.

Mon visage se décomposa en constatant que ce n'était pas ses parents qui avaient sonné, mais Jason qui était revenu. En le voyant, je voulus refermer immédiatement la porte, cependant, il ne me laissa pas faire.

« -Lassia attends ! Je ne suis pas là pour te causer du tort crois-moi !
-Tais-toi et dégage de ma vue. Je ne veux plus jamais te revoir c'est compris ?!

Castiel, m'entendant m'énerver et étant visiblement sorti de la douche, me demanda de loin qui c'était. Je lui avais crié que c'était un vendeur qui faisait du porte-à-porte un peu trop insistant. Je refaisais alors face à Jason qui n'avait pas bougé en lui ordonnant de partir plus calmement.

-Je suis désolé, mais je ne peux pas. Il faut que je te parle !
-Je n'ai pas envie de te parler moi, alors pour la dernière fois, va-t'en !

Il insista et entra à moitié dans l'appartement. Castiel, m'entendant perdre mon calme pour la deuxième fois, descendit torse-nu et pris alors conscience de la situation. Sans que je puisse le retenir, il prit Jason par le col et le plaqua contre le mur.

-Je t'avais pourtant dit de ne jamais revenir, sale enflure !
-Castiel, c'est ça ? Ecoute, tu peux me frapper si ça peut te défouler, je l'accepterais. Mais il faut vraiment que je parle à Lassia. Je m'effacerais de sa vie après ça, comme vous le vouliez. Mais je ne peux pas le faire avant de lui avoir parlé.

Castiel resta silencieux pendant un moment, puis pesta avant de le lâcher en lui jetant un regard noir. Mais le mien était plus que sombre.

-Lassia, je--

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que je lui avais mis le plus puissant coup de poing que je pouvais.

-Je ne t'ai pas pardonné. Mais tu as l'air sincère en disant que tu as quelque chose de primordial à me dire, sinon tu n'aurais pas pris le risque de revenir. Je t'écoute.

Les deux garçons avaient les yeux écarquillés. Ils devaient être étonnés que je puisse envoyer un coup comme celui-ci, alors que jusque-là je n'avais fait que me défendre grâce à mes techniques d'arts martiaux. J'avais rarement donné de coups. Mais ce que Castiel ne savait pas, c'est que j'avais commencé à prendre des cours de boxe suite à toute cette histoire. Jason se tenait la joue que j'avais frappé et se reprit quelques instants plus tard.

-B-Bon... Je vais essayer de faire vite. Tu as jeté un ½il à la lettre que je t'avais donné ?

Je fus étonnée. C'est vrai que je n'y avais pas pensé une seule seconde avec tout ça. J'expliquais ce que je savais à propos de cette lettre à Castiel qui était étonné d'en entendre si soudainement parler avant d'aller la chercher.

-Au cas où tu ne me croirais pas concernant ce que je t'ai dit, tu peux toujours regarder au dos.

Je la retournais. On pouvait clairement lire le nom de ma mère écrit délicatement à l'encre noire. J'ouvris donc l'enveloppe, un peu stressée. Je parcourus le contenu de la lettre et tremblai légèrement.

-C'est... C'est une blague... ?

Castiel posa sa main sur mon épaule et jeta un ½il à ce qui me mettait dans cet état.

-Alors c'était ça...
-Oui. Ta mère n'avait jamais eu le choix. Si elle ne faisait pas ce que ton père voulait, il la menaçait de te faire du mal ou pire encore. Elle ne voulait pas t'enlever la liberté que tu avais enfin acquise. Même si ton père en était responsable, tout ce que tu as vécu dès ton arrivé dans cette ville n'est pas dû à ton père. Il ne faut pas que tu crois une seule seconde ce qu'il t'a dit.
-Et comment tu sais tout ça, monsieur le génie ?
-Je n'ai jamais perdu le contact avec la mère de Lassia, mais c'était resté secret. Ça aurait été trop dangereux sinon. Elle m'expliquait toujours la situation. Voilà comment je suis au courant de tout. Concernant mon « association » avec ton père... Comme je te l'ai dit, je n'ai jamais voulu te faire de mal... Je pensais simplement qu'en faisant semblant d'être de son côté, il aurait été plus simple d'agir. Je suis vraiment désolé.

Il s'inclina, prouvant qu'il était sincère.

-Et... Ce que tu m'as dit après m'avoir donné la lettre, c'était aussi un mensonge pour me manipuler ?
-N-Non... C'était... La pure vérité. Enfin, ça n'a plus aucune importance maintenant, déclara-t-il en s'attardant sur la bague habillant mon annulaire gauche..

Castiel resta silencieux, ne posant pas plus de question.

-Je vois... C'est tout ce que tu avais à me dire ?
-Non. J'imagine que tu es au courant pour ton père. Il a été emprisonné et on lui a retiré sa fortune. Mais ce que tu ne sais peut-être pas, c'est que les experts ont découvert qu'il était responsable de l'accident de voiture de ta mère et de ta s½ur. Etant américain, il a été rapatrié aux Etats-Unis. Et tu sais ce qu'encourt un criminel responsable d'un double homicide volontaire aux Etats-Unis n'est-ce pas ?
-La peine de mort...
-Exactement. Etant donné l'importance de sa fortune, ils ont dû beaucoup réfléchir à ce qu'ils devaient faire de cet argent. Mais quand ils ont découvert le fond de l'histoire, ils l'ont vite pris. Il va mourir, et donc, ce qu'il avait amassé te revient de droit Lassia. Tu es la seule famille qu'il lui restait, alors ils ont vite tranché. Tu es donc riche, Lassia. Tu n'as même pas besoin de continuer tes études, tu peux faire ce que tu veux !
-Tu crois vraiment que je veux de ton argent sale ?! Je n'en ai pas besoin, je n'en veux pas !!
-Je comprends ta réaction Lassia, mais prend la peine d'y réfléchir. Pense à tout ce que tu pourrais faire avec ça. Et puis... Commença-t-il en regardant Castiel qui était stupéfait de la nouvelle. Ça ne concerne plus uniquement toi, maintenant. Enfin... c'est tout ce que j'avais à te dire. Je sors de ta vie, mais sache que si tu as besoin de quoi que ce soit, tu pourras toujours compter sur moi. Si je peux me faire pardonner d'une quelconque manière, je le ferais avec joie, finit-il en me donnant un papier avec son numéro de téléphone.

Il allait donc repartir, aux Etats-Unis, sans doute. Castiel me laissa lui dire au revoir seule, dehors, ayant eu la preuve que je pouvais me défendre toute seule.

-Jason. Tu m'as bien dit que... Si tu pouvais faire quoi que ce soit pour te faire pardonner, tu le ferais sans hésiter, c'est bien ça ?
-Oui, c'est bien ce que j'ai dit. Pourquoi, tu as une idée ?
-On peut dire ça. Tu sais, même en étant riche, je compte bien avoir mon bac et rester ici. Ma place est ici, avec Castiel, et mes amis. Je ne partirais pas et je travaillerais comme tout le monde. Je garderai cet argent pour le futur. Je ne l'utiliserais pas. Je n'aurais besoin de rien en faisant comme ça. Je n'aurais besoin de rien tant que je serais avec Castiel.

Je tâtais la bague dorée qu'il m'avait offerte pour officialiser les choses. Elle n'avait peut-être pas énormément de valeur précieuse, mais pour moi elle valait plus que tout l'or du monde.

-Et donc... La seule et unique chose que je te demande... C'est de rester mon ami, Jason. Tu m'as beaucoup aidé durant le secondaire. Et même après tout ça, je ne te déteste pas. Je ne veux plus détester personne. Je ne veux plus que mon passé m'entrave. Alors je n'y penserais plus. Mais toi, qui as toujours cherché à m'aider, même si tu as été assez maladroit... Je pense être capable de te pardonner, alors... Restons en contact, d'accord ?

Je lui fis un sourire, et il me prit dans ses bras. Cette fois, je répondis à son étreinte. Je le sentis trembler, puis pleurer. Il s'excusa encore pendant de longues secondes. Il finit par me lâcher, et essuya ses yeux. Il me promit de garder le contact. J'étais sur le point de rentrer, quand il m'interpella une dernière fois.

-Lassia... Merci, infiniment. »

Il me sourit. Je lui rendis. Il se retourna puis continua son chemin, tandis que je passais le pas de la porte. Castiel m'attendait. Je lui expliquais alors ce que je comptais faire. Ma vie n'avait peut-être pas démarré de la meilleure des manières, mais je comptais bien arranger les choses. A ses côtés, je m'en sentais pleinement capable.

Le destin existe peut-être bien, mais nous le contrôlons toujours, même si nous n'en prenons conscience que plus tard. Oui, chacun peut avoir un impact sur sa vie. Il suffit juste d'avoir le courage de s'en rendre compte.
 
THE END

 

My life is a lie
Alors déjà, je voudrais vous remercier d'avoir tout lu! Ceci est mon premier One Shot, soyez indulgents! ;_; Je sais bien que c'est une histoire plutôt prévisible et banale, mais j'avais vraiment envie d'écrire ce One Shot. Alors j'espère qu'il vous aura plu malgré tout! Ensuite, si vous êtes des habitués du jeu, vous aurez pu remarquer que Moka, Sun et Chiharu ne sont pas des personnages du jeu. En effet, ce sont d'anciennes amies de RPs sur Amour Sucré. 
Je ne demande que des commentaires constructifs! Késako?

 

My life is a lie

Tags : Amour Sucré

Mère? Laisse-moi rire 23/03/2015

 

Un soir, une adolescente reçoit un appel. Elle décroche. C'est un hôpital. La femme au téléphone lui demande la confirmation de son nom. Le ton de la femme change une fois cela fait, et devient grave. Cette femme appellait pour lui annoncer la mort de sa mère, avec qui elle ne vivait plus depuis quelques mois. 
 
La jeune fille raccroche au bout de quelques minutes. 
 
Quelques jours plus tard se tient l'enterrement. Un jour de pluie. La famille et les amis de la mère sont tous en larmes. La jeune fille se contente de regarder le cercueil, en silence, sans une larme.
 
Après la cérémonie, tous se réunirrent autour de la jeune fille, stupéfaits et en colère de la voir si inexpressive face à la mort de sa propre mère.
 
"-Tu n'as pas pleuré une seule larme, tu te rends compte un peu?! Ta mère, la femme qui t'as donné la vie, est morte!
-Oui, je m'en rends compte. Mais je ne pleurerais pas. J'ai assez versé de  larmes à cause d'elle de son vivant."
 
La jeune fille partit alors, coupant les ponts avec le reste de sa famille qu'elle ne considèrait pas comme telle. 
 
Cela vous parait cruel, horrible, monstreux? Alors vous n'avez pas compris la définition de "mère" ou bien même de "famille".
 
Une mère, cela se contente-t-il de donner la vie? Mère n'est pas une fonction, on n'obtient pas ce titre simplement pour avoir donné la vie. C'est un comportement de tout les jours, qui fait que vos enfants vous aiment.
 
Or, ici, la jeune fille avait dû subir bon nombre de choses à cause de cette pseudo "mère". Lorsque votre "mère" ne vous défend pas lorsque vous souffrez, est la source même de vos larmes, vous trahit, crache sur vos rêves et menace de vous empêcher de les réaliser, vous abandonne lâchement, sans se remettre en question, en vous accusant d'être "différente" depuis que vous avez enfin rencontré l'homme de votre vie, alors que vous n'êtes différente qu'à cause de toute la souffrance que vous avez enduré à cause de cette personne qui vous à donné la vie, peut-on vraiment dire qu'il s'agit là d'une mère?
 
Je ne dis pas qu'une telle personne ne doit pas faire d'erreurs. Tout le monde en fait. Cependant, les reconnaitre est important. Or, ici, ce n'est et n'a jamais été le cas. 
 
La jeune fille, qui jusqu'à ses 16ans, n'avait plus que sa mère, qui avait toute sa confiance, tout son amour, a été brisé par cette même mère. Lorsque cela se produit, lorsque la confiance est brisée, et piétinée, et qu'il n'en reste rien, et encore moins de l'amour, il est impossible d'éprouver quoi que ce soit lors de la mort d'une telle personne. Puisque pour la jeune fille, ce n'était plus personne pour elle.
 
Elle l'avait fait assez souffrir comme ça. A chaque fois qu'elle c'était dit que les choses avaient changé, que ce n'était plus comme avant, que la jeune fille se sentait prête à la pardonner, sa "mère" confirmait ses angoisses par des reproches sournois : ce n'était pas le cas.
 
Lorsque l'on se comporte comme cela, lorsqu'on ne fait pas l'effort de comprendre les êtres auxquels, effectivement, on a donné vie, mais que la seule chose que l'on sait d'eux, est ce lien, alors on ne peut pas appeller cela des parents.
 
La jeune fille se fichait de son appellation de fille "sans coeur" ou de "monstre". 
 
Après tout, qui est le monstre entre ces soi-disant parents,
et une jeune fille brisée? 
A vous de voir.

Tags : souffrance - parents