Red Pulse [Partie 1]

Red Pulse [Partie 1]
Gif: Project K - Mikoto Suoh
Si vous ne connaissez pas le manga, lisez ça d'abord.

 

Une rafale de balles. Blessée à plusieurs endroits, je continuais de courir, en ignorant la douleur qu'avaient provoqué les projectiles de métal brûlant lorsqu'ils avaient transpercé ma chair. Cachée sous la capuche de mon sweat noir, je courais, lorsque je passais près d'un bar.
 
Je n'aurais jamais pensé qu'un simple bar provoquerait autant de choses.
 
Je me cachais, dos contre le mur de la ruelle près de celui-ci. Je ne pouvais rien faire à part fuir, sans arme et blessée. Mais même hors de leur vue, ils se postèrent en ligne et tirèrent sur le bar. Je me tenais le bras gauche, blessée, essoufflée.
 
Fait chier.
 
Un bruit me fit m'intéresser à la violente scène qui se tenait près de moi, dans la rue principale. Une explosion. Les bruits de coups de feu cessèrent soudainement et une incroyable giclée de flammes apparue alors, sur plusieurs mètres, que ce soit en longueur ou hauteur. Mon regard était littéralement captivé par ce qu'il voyait. Des flammes d'un rouge fascinant, m'hypnotisant presque. Elles étaient tout simplement magnifiques.
 
Je finis par me reprendre et profitais alors du chaos pour filer. Cependant, j'avais à peine repris ma fuite qu'un mur de flammes se dressa devant moi, mais ce n'était pas les mêmes qu'avant. Je me retournais et vis des yakuzas. Je ne pouvais vraiment pas me battre dans mon état actuel, alors la seule solution qui me traversa l'esprit fut de me jeter dans les flammes, quitte à avoir des brûlures ou bien même y rester. Mais, coupée dans mon élan, l'un d'eux me mit au sol, face contre terre. Je ne pouvais même pas me débattre. Fait chier.
 
J'avais été faite comme une bleue.
 
Ils me ramenèrent à l'intérieur du bar, faisant bien évidemment l'impasse sur la douceur. Je constatais alors qu'il n'avait rien de japonais, mais semblait plutôt anglais. Enfin, j'étais pas là pour admirer la déco.
 
-Non mais je vous jure, ils peuvent bien nous qualifier de barbares, mais ils sont pas mieux ces bleus à débarquer comme ça en tirant partout. Heureusement que Mikoto en a fini rapidement, mon bar n'a pas une seule égratignure, déclara un blond que je devinais être le barman en essuyant un verre.
 
Il était grand et fin, blond aux yeux noisettes, portant des lunettes de soleil, un foulard rouge autour du cou et une chemise blanche retroussée au coude.
 
-En parlant du chef, on a un p'tit truc pour lui ! Dit alors le yakuza qui me tenait en me plaquant la tête au sol.
 
Je sentais que mes plaies n'allaient pas tarder à se rouvrir si ça continuait. Elles venaient à peine d'arrêter de saigner.
 
-Doucement les gars avec mon tapis, soupira le blond. Mikoto, tu peux venir un instant s'il te plait ?
 
Une poignée de secondes silencieuse passa. Puis, un bruit de porte se fit entendre, suivit de bruit de pas. Il était venu de la pièce à droite du bar, mais je ne pouvais pas encore le voir complétement. Le mec qui me tenait m'agrippa alors le cou et me releva la tête brutalement, à genoux, pour faire face à leur chef.
 
-Qu'est-ce qu'il a, Izumo ? Demanda simplement le concerné.
 
Son interlocuteur ne jeta qu'un vague regard dans ma direction, j'entendis l'autre soupirer, puis s'avancer vers moi.
 
-Regardez ce qu'on vous a ramené dans une ruelle près du bar, chef ! Sûrement un espion voulant profiter du bordel de ces chiens de bleus pour s'infiltrer chez nous et foutre la merde ! S'exclama l'un des voyous à côté de moi.
 
Un ado avec un bonnet couvrant ses cheveux châtains et un casque autour du cou, des vêtements larges et un skate, le style rappeur quoi. Je savais même pas que ce « style » existait encore.
 
 -Ton langage Yata-kun, le réprimanda le barman.
 
Il s'excusa alors. Je ne comprenais pas, c'était assez bizarre comme agissements venant d'eux.
 
-Bref ! On en fait quoi, chef ?
 
Le chef en question se mit face à moi. Je décidais alors de le regarder aussi, alors que jusque-là, je détournais le regard. Je découvris donc à qui j'avais à faire. Un homme, la vingtaine, ne portant qu'un jean noir, au regard doré perçant. Sa musculature n'était pas spécialement prononcée mais il imposait une telle présence que c'était tout comme. Il était visiblement en sueur, et passa une main dans ses cheveux courts, rouges profond, tirant sur le magenta, deux fines mèches lui tombant devant le visage.
 
-T'as une preuve que c'est un bleu ? Demanda Mikoto de sa voix grave.
 
Le garçon rappeur me pris alors violement le poignet et releva ma manche, laissant apparaitre une marque bleue en forme d'épée ornée de fleurs.
 
-Ils ont vraiment mauvais goût en matière de tatouage ! Se moqua-t-il
 
Le chef soupira. Mon visage était toujours caché par ma capuche, et cela énerva le fameux « Yata ».
 
-On montre son visage devant Mikoto Suoh !! S'exclama-t-il en enlevant brutalement ma capuche.
 
Mes longs cheveux blancs tombèrent alors en cascade dans mon dos, mon visage laissant apparaitre des égratignures multiples. Je jetais un regard noir à leur fameux chef, fixant de mes grands yeux magenta l'homme en face de moi.
 
On aurait dit que cette révélation avait figé le temps durant une poignée de secondes, puisque ce ne fut que l'instant d'après que je me rendis compte du malaise présent chez les yakuzas, et en particulier chez Yata. Il était devenu cramoisie et après avoir été figé de gêne, lâcha ma capuche et mon poignet pour se mettre à plusieurs mètres de moi.
 
-U-Une fille ?!
 
J'entendis alors un bruit de verre brisé. Même le barman en avait lâché son verre visiblement. Tous me regardaient maintenant d'un air effaré.
Enfin, mes blessures n'avaient pas disparues.
 
-O-On va te détacher... Bégaya Yata, rouge.
-Yata, elle est des bleus, ne l'oublie pas.
-Mais Izumo... C'est une fille—
 
Tout ça commençait sérieusement à m'énerver.
 
-Oui, je suis une fille et alors ?! T'en a jamais vu ?! M'énervais-je en prononçant mes premiers mots depuis que j'étais ici.
 
Mon regard se redéposa sur l'homme en face de moi qui reprit son air impassible qu'il avait perdu l'espace d'une seconde. Il s'était reprit dès qu'il avait croisé mon regard noir.
 
-Qu'est-ce que vous me voulez ? Demandais-je avec une extrême froideur.
 
Tous reprirent à leur tour leur sérieux en entendant ma question adressée droit dans les yeux de leur chef.
 
-Tu te prends pour qui à nous parler comme ça, petite garce ?!
 
Un des yakuzas m'attrapa violemment les cheveux, me soulevant du sol. J'avais mal. Je sentais mon sang couler. Mais je n'avais toujours pas dévié mon regard, redressant la tête comme je pouvais. Mon regard était en feu. Je ne pouvais pas y rester comme ça, pas d'une façon aussi minable, pas tuée par ces enfoirés !
 
Mais visiblement, l'action du mec figea une nouvelle fois les autres. Mais le chef avait encore son regard sérieux. Une goutte de sang coula alors le long de mon bras gauche, allant s'écraser sur le sol. Puis d'autres la suivirent. Ça voulait sûrement dire que je ne pouvais plus cacher mes blessures. Dommage.
 
Pendant une fraction de seconde, les pupilles dorées du rouge se contractèrent. En un éclair, il envoya une attaque enflammée sur celui qui me tenait, le faisant s'écraser contre le mur le plus proche. Je crus alors percuter le sol de plein fouet, mais ce ne fut pas le cas. Après avoir lancé son attaque, il m'avait retenu sur son bras droit. Mais le choc fit s'appuyer brutalement ma blessure au thorax contre son bras, provoquant un cracha de sang et un filet coulant du coin de mes lèvres.
 
Yata était parti « défoncer » celui qui m'avait tenu, mais Mikoto parla.
 
-Tire-toi avant que j'te bute, le menaça-t-il, le mitraillant de son regard perçant.
-Un mec comme toi déshonore les rouges ! Rajouta Yata.
 
Le mec, prit de peur, s'enfuit à toutes jambes.
 
-Il faut la soigner, et vite ! Intervint Izumo.
 
Je ne comprenais pas, ils me considéraient comme une ennemie depuis le début, alors pourquoi ne pas vouloir m'achever ?! Juste parce que j'étais une fille ?! Pathétique.
 
Mais je n'avais plus de force. J'avais perdu trop de sang et j'étais complétement à leur merci. Minable.
 
Le chef me déposa sur l'un des canapés de la pièce, Izumo appelant le médecin du gang. Le rouge ne dû prendre conscience de mon état que lorsqu'il ne me tenait plus. Il avait regardé sa main avec laquelle il me soutenait, l'air légèrement effaré. Elle était couverte de sang. 
 
Je ne disais rien. Je ne pouvais rien dire.
 
Il s'assit dans le canapé en face de celui où j'étais allongée après avoir nettoyé sa paume, en soupirant. La seule chose que je remarquais était qu'ils n'avaient pas défait mes liens. Je compris alors qu'ils comptaient sûrement me garder en otage pour manipuler les bleus, ou un truc du genre. Enfin se servir de moi d'une quelconque manière. C'est alors que je me rappelais de leur réaction lorsqu'ils comprirent que j'étais une fille. J'imaginais alors le pire en tant que telle. Je préférais encore mourir que de me faire salir de cette manière. Si seulement j'en avais la force.
 
Le médecin arriva avec Izumo, toujours autant paniqué. Il se mit près de moi, enlevant mon sweat qui laissa visible un débardeur noir. Et mes plaies aussi.
 
Il me demanda comment je m'étais fait ça en installant son matériel. Mais énervée d'être aussi faible et captive, je ne répondis rien et tournai la tête dans la direction opposée.
 
L'intérêt du rouge sembla sollicité, puisque je sentis son regard peser sur moi durant toute la durée des soins. Le médecin avait nettoyé les plaies, puis enlevé les balles qui étaient restée avant de bander mon épaule droite, mon bras gauche et mon torse. J'avais à peine bronché, je n'avais pas assez d'énergie pour pleurnicher de toute façon. Il ne me garantissait pas une cicatrisation parfaite, mais je m'en fichais. Une cicatrice de plus ou de moins ne ferait pas la différence...
 
Une fois les soins effectués, une petite fille s'approcha de moi, même si les autres y étaient retissant. Ce qui me marqua le plus ne fut pas sa tenue gothique, mais sa couleur de cheveux. C'était la même que la mienne, une couleur plutôt rare donc. Je n'avais jamais croisé de personne avec la même. Elle passa un bon moment à me regarder avant de partir sans avoir dit un seul mot. Elle se mit contre le rouge, serrant son bras contre elle alors qu'il ne réagissait pas plus que ça. Le rouge soupira encore, me regardant de nouveau après avoir posé les yeux sur la fillette.
 
Izumo apporta un plateau où était posé un repas, puis le posa sur la table basse séparant les deux canapés.
 
-Il faut que tu reprennes des forces. On verra le reste après.
 
Je mis alors en évidence mes liens, histoire de lui rappeler non seulement que je ne pouvais pas manger toute seule mais surtout mon statut vis-à-vis d'eux. J'étais une ennemie, alors qu'ils me foutent un peu la paix !
 
-Anna, interpella le chef, accompagné d'un signe de tête dans ma direction.
 
Elle sembla comprendre immédiatement et se leva pour revenir près de moi.
 
-Elle va t'aider à manger. Comme je l'ai dit, le reste attendra, finit Izumo.
 
Je n'eus donc pas le choix et acceptai son aide. Le rouge n'avait toujours pas bougé, et son regard si particulier non plus. Je pensai avoir compris, une chose confirmait mes hypothèses précédentes. Si le chef en personne restait là, devant moi, en ne lâchant pas son regard depuis qu'il l'avait posé sur moi, il n'y avait qu'une raison plausible. Ils ne comptaient pas m'achever, et me retenaient captive, moi, une membre de leurs ennemis jurés. C'était pas si étonnant qu'il soit là. Mais s'ils pensaient réellement se servir de moi pour manipuler les bleus, ils étaient mal barrés.
 
Une fois que j'eus fini, je balançais ma tête contre l'accoudoir en poussant un profond soupire. Comment j'allais me sortir de là ? Le rouge attendit que la petite parte pour ranger le plateau, puis se leva, venant à son tour près de moi. J'étais si basse et faible que son regard, de haut, en plus de sa carrure, m'impressionnaient. Mais je refusais de baisser le mien, et plantai pour la seconde fois mes pupilles magenta dans ses dorées. Si je devais mourir ou être salit après ça, je ne baisserai pas le regard avant, ni jamais.
 
Je me suis laissée faire beaucoup trop longtemps.
 
Il n'y avait que nous dans la pièce, le chef ayant demandé de nous laisser seuls. Cette angoisse qui me rongeait était horrible. J'avais peur, et je ne le concevais pas. Si ce que je pensais allait vraiment se passer, alors je voulais qu'une seule chose avant.
 
 -Pourquoi ? Demandais-je sérieusement.
 
Le rouge eut un air étonné.
 
-Pourquoi vous ne m'avez pas achevé ?! M'énervais-je alors, désirant une autre réponse que celle que j'imaginais.
 
Le rouge, après un temps de silence, avança une main vers moi. La peur fut plus forte, et dans un réflexe insoupçonné, je fermis les yeux. Mais depuis quand je montrais explicitement ma peur ?! Je crois bien que c'était la première fois.
 
Les secondes passèrent, lentement, sans un bruit. Rien. Je les rouvris alors, et découvris que mes liens avaient disparu. Une légère odeur que je reconnus immédiatement flottait dans l'air.
 
Il était maintenant de dos, à quelques mètres. Il tourna la tête vers moi.
 
-Ton regard n'est pas celui d'une bleue. 
 
Il ne m'avait rien fait. Il avait brûlé mes liens. C'est tout. Izumo rentra alors dans la pièce, étonné de me voir détachée, il questionna vivement celui qui les avait fait disparaitre. Mais il ne répondit rien. Il ajouta simplement qu'il voulait que je réponde à ses questions quand je serais un minimum remise. Mais moi aussi j'avais des questions. Mais je me doutais bien qu'elles passeraient après les siennes.
 
Je me levais sous le regard encore étonné du blond. En le voyant comme ça, le rouge se retourna une nouvelle fois pour comprendre ce qui l'étonnait.
 
-Je suis parfaitement remise, balance tes questions, ordonnais-je presque au chef.
 
Il ne répondit rien, et regagna le canapé qu'il avait quitté quelques minutes plus tôt, disant à Izumo qu'il gérait (insinuant donc qu'il devait nous laisser de nouveau seuls). Je fis la même chose, me frottant les poignets. Ils y allaient pas de mains mortes. Mon regard s'attarda sur l'un d'eux, je pestais.
 
-Ton nom.
-Lassia.
-Ton nom complet.
 
Je me mordis la lèvre inférieure.
 
-Mon prénom suffira, j'ignore mon nom de famille, mentis-je.
-Je vois. Origines.
 
Il ne voulait savoir que des trucs que je ne voulais pas divulguer ou quoi ?!
 
-Européenne.
 
Je savais bien qu'avec ma couleur de cheveux, dire que j'étais japonaise n'était pas crédible.
 
-Spécialités.
-Pardon ?
-Tu te bats comment, si tu préfères.
-Katana.
 
Tout le long de ses questions, il me regardait droit dans les yeux, et ne manquait pas le moindre de mes gestes. Soutenant également mon regard, je remarquais alors son étonnement lorsqu'il entendit ma dernière réponse.
 
Il se leva pour la deuxième fois, s'approchant encore de moi. Il prit mon poignet marqué et me leva vivement.
 
-Quitte les bleus, et intègre les rouges.
 
Je restais stoïque devant sa proposition qui ressemblait plus à un ordre. Je ne comprenais pas. Moi, une des leurs ? C'était insensé ! Ce fut la première fois que ses pupilles dorées me fascinaient tant, semblant lire jusque dans mon âme.
 
La porte s'ouvrit dans un grand fracas, Izumo et la bande débarquant. Ils avaient sans doute entendu leur chef dire ses mots incompréhensibles.
 
-On fait pleinement confiance à ton instinct redoutable Mikoto, mais quand même ! Pense un peu aux conséquences ! Intervint Izumo.
-Il a raison chef ! Renchérit l'un d'eux.
 
Mon regard se rabaissa tandis que celui du chef se dirigea vers eux. Quitter les bleus, pour intégrer les rouges ? Pendant un instant, cette proposition avait apaisé mon c½ur rien qu'en l'imaginant se réaliser. Mais ils avaient raison.
 
-C'est impossible, tu l'as bien entendu, Mikoto. Je suis une bleue. Croyais-je conclure, le regard toujours bas.
 
Le rouge reposa ses yeux sur moi, écarquillés cette fois. J'avais complètement oublié qu'appeler les gens par leur prénom au Japon avait une toute autre signification qu'en Europe.
 
Il resserra mon poignet, le levant alors.
 
-Si c'est cette marque qui t'en empêche, alors je la réduirais en cendres. Tu n'es pas une bleue. Tu n'as pas à jouer ce rôle qui ne te convient pas. Rejoins-nous, Lassia.
 
Il ne savait rien, et pourtant il m'avait cerné si facilement ? Ses mots me firent relever la tête, révélant des yeux écarquillés à mon tour.
 
-Tu ne sais rien ! Comment tu pourrais faire confiance à une bleue ?! A une ennemie jurée ?! Comment ?! Me débâtais-je alors, le c½ur lourd.
 
Une énième pression de sa main me figea.
 
-Je te l'ai déjà dit. Ton regard n'as rien à voir avec celui d'une bleue. Prends la place qui te revient !
-Lâche-moi, ordonnais en tremblant légèrement, le regard sombre.
-J'avoue ne rien savoir de toi, mais cette preuve est la plus irréfutable qu'il puisse avoir. Personne ne peut faire mentir son regard. Je ne laisserai pas les bleus te récupérer de toute façon.
 
Les autres n'étaient pas intervenus. Ils devaient se douter qu'il avait raison sur toute la ligne.
 
-Lassia, c'est ça ? Comme je l'ai dit, nous faisons confiance à l'instinct de Mikoto, mais explique-nous ce que tu faisais près du bar. Cela nous aiderait à comprendre la situation. Déclara Izumo en se rapprochant.
 
Je me repris alors, relevant légèrement la tête. Je soupirais.
 
-Lâche-moi, je ne m'enfuirais pas.
 
C'était sans doute pour cette raison qu'il ne m'avait pas lâché jusque-là, à cause de mon agitation. Il s'exécuta.
 
-La vérité est que les bleus me pourchassent. Ce sont leurs tirs qui m'ont fait ces blessures. Le fait que je sois ici n'est qu'une pure coïncidence. Je suis d'ailleurs désolée de les avoir guidé sans le vouloir jusqu'à votre bar.
-Ah mais tout s'explique ! T'inquiète, Mikoto s'est vite chargé de les déglinguer avec son feu ! Le bar n'a pas une égratignure ! Répliqua Yata.
 
Je tournais rapidement la tête vers le concerné.
 
-Ce feu... C'était toi ?
-Mh ? Il faut bien s'occuper de latter des bleus quand ils se croient tout permis. Ça n'a rien d'étonnant.
 
Ce feu incroyable, hypnotique, incandescent... Il venait de lui. Impressionnant.
 
-La classe, hein ? Souri Yata.
 
Izumo toussa pour signaler que nous nous égarions.
 
-Pour en revenir au sujet, il y a un détail que tu as omis. Pourquoi les bleus te pourchassent, alors que tu es l'une des leurs ? Demanda Izumo.
-Parce que... je les ai trahis.
-Quoi... ? Fit Yata, devenant pâle.
 
Il avait quitté sa posture détendue pour laisser ses bras le long du corps.
 
-C'est ce qu'ils disent, mais la vérité est loin d'être aussi simple. Finis-je en me retournant vers le rouge. Alors, toujours envie d'une traîtresse dans ton clan ? D'une potentielle espionne racontant n'importe quoi  pour vous convaincre ?
 
Je le provoquais consciemment pour qu'il lâche l'affaire. Mais étonnamment, il se contenta de croiser les bras.
 
-Parce que tu crois vraiment que je voudrais d'une personne comme ça chez moi ?
 
Ça voulait tout dire. Il ne me croyait pas une seule seconde alors que ce que je disais était à moitié vrai. Quelle tête de mule. La petite fille vint alors vers moi.
 
-Mikoto ne se trompe jamais les rares fois où il recrute lui-même les membres tu sais. Si j'ai bien compris, tu ne fais plus partie des bleus et ils sont contre toi. Ils nous détestent déjà et on leur rend bien, alors pourquoi ne pas les combattre ensemble ? Tu seras ici chez toi, comme nous !
-Anna... soupira Izumo. On ne peut pas la forcer.
 
Mais quelque chose avait retenu mon attention.
 
-« Les...Combattre »... ? Répétais-je à voix basse.
-Il est vrai que nos relations avec les bleus se sont clairement envenimées ces derniers temps. Ta présence ne changera rien à ça, si ça peut te rassurer, déclara le blond.
 
Visiblement mes explications avaient convaincu Izumo.
 
-Non mais ya que moi que ça dérange ?! Je ne veux pas d'elle dans le clan, on a pas besoin d'une traîtresse ! S'exclama-t-il en me pointant du doigt. Je ne sais même pas ce qui me dégoûte le plus, que tu les aies trahi ou qu'ils essaient de te tuer alors que t'es une des leurs. Mais dans un sens, tu n'as que ce que tu mérites !
 
Yata c'était énervé d'un coup, jusque-là silencieux. Mon sang ne fit qu'un tour et ma main agrippa toute seule son col, mon regard noir le mitraillant.
 
-Tu te crois dans quel monde exactement ? Tu crois que tous les rois se préoccupent de leurs subordonnés comme Mikoto ? Tu n'en sais rien, abruti ! Chez les bleus, ils te méprisent, tu ne vaux rien, et c'est encore pire quand tu es une fille. Si tu oses dire la moindre chose contre leur système, remettre en cause leurs ordres, t'es mort ou maltraité dans le meilleur des cas. Alors la ferme, pigé ?
 
Dès que je l'avais soulevé du sol, ma blessure au bras s'était rouverte, tachant de rouge le bandage blanc. Je le lâchais, ne tenant plus.
 
-Mais j'imagine que tu ne me croiras pas sans preuve.
 
Je dirigeais alors ma main sur cette blessure sanguinolente, voulant défaire le bandage. J'étais sur le point de l'enlever lorsqu'une main se posa sur mon épaule.
 
-Yata, excuse-toi, ordonna Mikoto.
 
Je tournais la tête dans sa direction, étonnée.
 
-...Désolé Lassia. En fait, ya un mec du clan qui nous a lâché et c'était un de mes meilleurs amis. Alors entendre ça m'a fait péter un câble.
 
Des excuses ? Pour si peu ? Je me demandais si Mikoto était au courant que son comportement était vraiment particulier. On aurait dit une famille. Cette pensée me pinça le c½ur, mais Mikoto le dissipa vite.
 
-Personne ne t'obligera à quoi que ce soit, ici, tu es libre.
-Dit-il en m'obligeant à intégrer son clan, le provoquais-je une nouvelle fois, sourire aux lèvres.
-Je ne t'oblige à rien, tu peux partir...commença-t-il en s'avançant vers ses hommes. Si tu arrives à m'égratigner dans un combat, finit-il, un sourire en coin, pour la première fois.
 
Ce défi, étonnamment, me plut beaucoup. Dos à lui, un sourire apparu une nouvelle fois.
 
-Ça marche, c'est où ma chambre ?
 
Tout le monde ria face à ma réaction surprenante, Anna se précipitant vers moi. Elle me prit la main et m'emmena à l'étage.
 
Voilà comment débuta ma vie en tant que membre temporaire des rouges. J'avais bien compris que son défi n'avait pour but que de me forcer à me rétablir ici, mais je comptais bien le relever.
 
Cette nuit-là, je m'endormis tard dans la nuit. Moi, une rouge ? Moi, libre ? Ce serait vraiment génial, mais peu probable. Mon regard se posa sur ma marque au poignet, que je cachais aussitôt. « Si c'est cette marque qui t'en empêche, alors je la réduirais en cendres. » Parlait-il au sens littéral ou de ce qu'elle représentait ? Qu'allais-je faire si j'arrivais à le toucher, à partir ? J'allais me faire encore canarder, peut-être même mourir cette fois-ci. Je ne m'en rendis compte que maintenant, mais j'avais une dette envers eux, envers Mikoto. Même si je n'avais rien demander.
 
La veille du fameux jour arriva plus vite que je ne l'aurais crus. Personne ne m'avait posé de questions gênantes, et je m'entendais bien avec tout le monde, même si j'étais la seule fille avec Anna. Enfin, j'étais habituée, même si là c'était radicalement différent. Je me sentais étrangement à ma place.
 
En soirée, je m'asseyais au comptoir.
 
-Oh, c'est rare de te voir assise ici, que puis-je pour toi Lassia ? Me demanda Izumo.
-Un mojito framboise s'il te plait. Pour une fois que Mikoto n'est pas là pour me surveiller. C'est dingue ça ! J'ai jamais le droit à une goutte d'alcool ! Pas que j'y tienne mais quand même.
-C'est étrange, déclara-t-il en préparant ma commande.
-J'ai 18ans, qu'il se détende, soupirais-je alors.
-Mais tu sais, la majorité ici est à 20ans. Mais je ne pense pas que ce soit à cause de ça, déclara-t-il pensif. Enfin, il veut probablement écarter tout risque de te voir saoule, et je peux le comprendre, my sweet angel.
 
Il déposa mon verre devant moi. Ses derniers mots m'avaient beaucoup agacé.
 
-Stop trying to be clever just 'cause you speak three shits of English, stupid blond, répliquais-je alors, buvant cul-sec.
(NDA: "Arrête de faire le malin juste parce que tu sais parler 3 pauvres mots d'anglais, stupide blond")
 
Les quelques membres présents rirent de ma réplique qui avait bien calmé le barman. Mais la porte s'ouvrit soudainement, stoppant les rires. L'alcool ingurgité trop vite ajouté à l'énervement allait me faire péter un câble, surtout face à la personne qui venait d'entrer.
 
-Je savais que les rouges avaient recruté une fille, mais on ne m'avait pas prévenu qu'il s'agissait d'une bombe pareille !
 
Je sentis son regard lourd traîner sur moi de haut en bas, lentement, scrutant mon corps habillé de noir. Je me levais, puis fis face à cet intrus. Lorsqu'il me reconnut, il se figea, ahurit.
 
-L-Lassia ?!
 
Malheureusement, je le reconnu aussi. Brun, yeux bleus comme son uniforme, encadrés de lunettes noires. 
 
-Qu'est-ce que tu veux Fushimi ? Demanda froidement Izumo qui avait quitté son bar pour s'interposer.
 
Ils se connaissaient donc.
 
-J'étais venu jeter un ½il à votre « petite nouvelle ». L'info a vite fait le tour des clans vous savez, surtout une comme ça. Mais je n'aurais jamais pensé que tu serais toujours vivante, ma chère Lassia.
-Dégage d'ici, ordonnais-je avec une extrême froideur, coupant Izumo dans son élan.
-Ne soit pas si froide voyons, répliqua-t-il toujours de sa voix suave.
-Je ne le répéterais pas Fushimi.
 
Voyant que le concerné ne m'adressa qu'un sourire narquois, je m'approchais de lui le regard sombre.
 
-Je suis sûr que tu n'as pas envie d'entamer un combat ici, Lassia.
 
Je passais à côté de lui et le saisit par le dos de sa veste, le trainant en dehors du HOMRA.
 
-Ne vous en mêlez pas les gars, ordonnais-je aux rouges qui nous avaient suivis.
 
Devant le bar, dos à la devanture, tous les membres regardèrent la scène.
 
-Si tu veux que l'on soit seul à seul, il faudrait aller dans un endroit plus discret tu ne crois pas ?
-La ferme, dis-je froidement, serrant les poings.
-Oh ? C'est vraiment un combat que tu veux ?
 
Cette fois, je cédais à mon impulsivité.
 
-Je t'ai dit de la fermer ! Criais-je en fonçant sur lui, envoyant mon poing droit.
-Je t'ai toujours battu au corps à corps, et ça n'a pas changé, se moqua-t-il en l'arrêtant avec sa main.
 
J'envoyais une série de coups rapides, qu'il contra à chaque fois avec son fourreau.
De longues minutes s'écoulèrent ainsi, me faisant de plus en plus rager tout en me fatiguant inutilement.
Je n'écoutais plus ma raison. Essoufflée, à quelques mètres de lui, les autres voulurent intervenir.
 
-Je vous interdis d'approcher c'est clair ?!
-Mais Lassia ! S'opposa Yata.
-Ce n'est pas votre combat ! Criais-je en saisissant une barre de métal non loin de là, tout en refonçant sur lui.
 
Il dégaina alors, sourire aux lèvres. Ma furie fut plus forte que tout. Lors du contact des métaux, une lumière magenta brilla intensément. Puis un grand bruit, et enfin un nuage de poussière sombre.
 
Fushimi avait volé contre un mur, s'écroulant sous l'impact violent. Il se releva, égratigné.
 
-Tu as de la chance, je réfléchissais à ce que j'allais faire. Te ramener, ou te tuer ?
-Ni l'un ni l'autre.
 
De gigantesques flammes apparurent alors, nous séparant par un mur de feu. Celui qui était la source de ce feu plaqua la tête du brun contre un mur, l'écrasant contre celui-ci. Puis il le lâcha, tombant au sol.
 
-Va-t'en.
 
Le bleu paniqua et fit ce qu'il lui avait ordonné. Il s'approcha de moi, cessant sa production de flammes. Mes pupilles étaient contractées aux maximum, la barre de métal à moitié fondue dans les mains et le souffle court, j'haletais, incapable de réfléchir. J'étais choquée. Mes mains produisaient encore une lueur magenta.
 
Mikoto jeta alors la barre à quelques mètres de moi, puis passa un bras derrière mon cou, me calant contre son épaule droite tout en prenant mes mains dans sa gauche.
 
-C'est pour ça que je t'interdisais de toucher à l'alcool, idiote.
 
Un moment passa. Mon souffle redevint peu à peu normal et la lueur s'estompa progressivement.
 
Mes yeux de nouveau normaux, je me rendis compte de la situation.
 
-...Su...oh... ?
-Lassia ! Mikoto ! Tout va bien ?! Se précipita Izumo accompagné des autres.
 
Mais je n'eus pas le temps de poser plus de questions que je me rendis compte de l'état de mon corps, qui lâcha la seconde d'après, m'évanouissant.
 
 
Une légère sensation de brûlure. Mes yeux s'ouvrirent difficilement. Ces meubles simples en bois sombre, ces murs couleur crème et ce sol en parquet clair... Ma chambre ? Je me redressais.
 
-Elle est réveillée ! S'exclama Anna, sortant en trombe de la chambre.
 
Mes yeux se posèrent sur mes mains, bandées. J'essayais de me souvenir. En vain. Je commençais à défaire mes bandages, intriguée car ne me rappelant pas mettre blessée là. Mais j'avais à peine enlevé une bande que la sensation s'intensifia d'un coup, devenant insupportable et laissant s'échapper des flammes magenta.
 
-Mais c'est quoi ce bordel ?! Criais-je, ahuris de voir ce feu jaillir.
 
Mikoto débarqua alors. Voyant les flammes, dans un geste vif, il me prit les mains sans que je puisse faire quoi que ce soit. Elles disparurent et la douleur avec, puis il resserra mon bandage.
 
-N'y touche pas pour l'instant.
-Mikoto, qu'est-ce qu'il m'arrive ? Demandais-je, perturbée.
-Tu fais ce qu'on appelle un embrasement spontané temporaire, et c'est très rare. C'est même la première fois que j'en vois un de mes propres yeux, expliqua Izumo qui venait d'arriver.
-Mais comment ça se fait ?!
-Je l'ignore, mais le fait que tu puisses produire nos flammes sans être affiliée à notre clan est plus qu'étrange, puisque c'est le roi qui donne ses pouvoirs au clan. Normalement, chaque membre du clan se fait poser une marque symbolique et tant qu'on la possède, utiliser ce pouvoir n'est pas douloureux.
-Mais avec ta marque des bleus, ça a décuplé la douleur. Alors j'ai absorbé tes flammes incontrôlables pour que ton corps ne subisse pas trop de dégâts, mais c'était tout juste. Les bandages que tu as servent à les sceller tant que tu ne peux pas les contrôler, à une douleur supportable, finit Mikoto.
-Et cette histoire d'alcool dans tout ça Mikoto ? Demanda Izumo.
-C'était justement pour éviter ça. Plus les pouvoirs sont puissants, plus l'alcool te laissera aller à ton impulsivité.
-Pourquoi tu m'as rien dit ?! S'énerva le blond.
-Tu sais très bien ce que j'ai fait le peu de fois où j'ai bu. Que des conneries. Je te pensais au courant, soupira le rouge.
 
Le blond soupira à son tour.
 
-Si j'avais compris plus tôt... Excuse-moi Lassia.
-C'est pas grave, mais comment je m'en débarrasse ?
 
Izumo et Mikoto se regardèrent.
 
-Et bien... le seul moyen de résoudre un tant soit peu le problème semble être de posséder notre marque.
-Autrement dit, de véritablement vous rejoindre.
-Enfin, tu peux toujours vivre avec ces bandages, dit Mikoto en croisant les bras.
-Mikoto ! S'opposa le barman.
-Quoi ? Je lui ai dit que je ne la forcerais à rien et je ne reviendrais pas dessus. Elle me touche dans un combat officiel, elle peut partir. C'est cet aprèm, mais si t'as besoin de repos on peut repousser.
-Tu plaisantes ? Depuis le temps que j'attends ce jour, rêve pas trop ! Hâte de te montrer de quoi je suis capable, dis-je, sourire en coin.
-Tu comptes vraiment la laisser gagner ? Demanda Izumo à voix basse, croyant que je n'avais pas entendu.
 
Mes sourcils se froncèrent.
 
-A quoi ça servirait de la laisser gagner ? Autant la menacer de la tuer et de la tatouer de force, ça reviendrait au même, répondit-il à haute voix. 15h, arrière-cour, déclara-t-il avant de sortir, suivit d'Izumo.
 
Pour résumer, Mikoto m'avait pour la deuxième fois sauvé la vie et il était sincère en me proposant ce combat à la loyale. Quel homme étrange...
 
Je décidais d'aller m'entrainer une dernière fois. Mes bras étaient fin prêts. Mon mental aussi.
 
14h50. Je me dirigeais vers la petite cour, et croisai Yata et Izumo sur le chemin. Croyant qu'ils allaient vouloir me dissuader d'y aller, je fus surprise lorsqu'ils me demandèrent simplement de ne pas trop forcer. Je leur avais dit que j'essaierais, ne garantissant rien.
 
15h. La cour était plutôt spacieuse en temps normal, mais là, les membres avaient envahi tous les côtés, laissant un espace libre au centre. Je m'avançais sur le sol gris pavé, faisant maintenant face à mon fameux adversaire, Mikoto Suoh, le roi rouge. Il portait simplement un t-shirt blanc et un jean noir.
 
-Prêt à te faire humilier devant tes hommes ? Le provoquais-je, un sourire aux lèvres.
-Probablement autant que tu dois l'être à partir d'ici, me répondit-il, arborant le même sourire.
 
Izumo fit le décompte. Jamais je n'avais eu autant envie de participer à un combat.
 
Une fois arrivé au 0, je l'agressais sans ménagement avec une série de coups qu'il para de justesse. C'est vrai qu'il ignorait qu'à par ma force dans les bras, mon plus grand atout était ma vitesse. Mais il contre-attaqua. J'esquivai ses attaques enflammées agilement. Il ne déconnait pas non plus. Ces échanges où aucun de nous deux ne voulait lâcher l'affaire durèrent pendant de longues minutes, finissant par nous essouffler l'un l'autre. Mais plus il résistait, et plus j'avais envie de gagner, de me donner à fond, de le combattre lui, et personne d'autre, cet homme si particulier sur bien des points. Soudain, il m'enferma dans un cercle de flammes. Ces flammes si particulières. Mes mains me brûlaient de plus en plus. Il pouvait venir de tous les côtés. Je devais garder mon calme. Mon regard se posa alors sur une arme de fortune, semblable à celle de la veille. Je la ramassais et me concentrais, fermant les yeux.
 
Je devais gagner. Je me devais de gagner. Je gagnerais !
 
Je rouvris les yeux, et en un éclair sautai à travers les flammes. J'entendis des cris de stupéfactions. Encore dans les airs, je me rabattis sur Mikoto, figé tellement la surprise fut grande. En effet, non seulement j'avais sauté à travers son feu, mais j'avais arraché mes bandages, mes flammes couvrant le métal. Oui, j'avais fait le choix de m'en servir, malgré la douleur qu'elles provoquaient. Maintenant derrière le rouge, je me retournais, attendant sa réaction. Il se retourna quelques instants plus tard.
 
-Bien joué, lâcha-t-il en enlevant sa main de sa joue droite, laissant une légère entaille visible.
 
-J'ai gagné...? J'ai gagné ! M'exclamais-je en lâchant la barre.
 
Mais la douleur revint vite me rappeler les choses, me faisant crisper les yeux, et disparaître mon sourire. Mikoto s'approcha alors, et pour la troisième fois, les prit pour me soulager. Après un long moment de silence, il parla.
 
-Alors, tu vas vraiment partir ?
 
Il l'avait dit sur le même ton que d'habitude. Et pourtant, je crus sentir une légère tristesse dans sa voix. Mon sourire perdu revint alors.
 
-Tu m'as bien dis que si je gagnais, j'étais libre, non ?
-Oui, c'est ce que j'ai dit, répondit-il sans me regarder.
 
Il ne m'avait pas lâché, faut dire que j'avais plus mes bandages avec tout ça.
Le silence régnait tout autour de nous. Ils étaient...tristes ?
 
-Alors si je peux enfin faire ce que je veux... Je veux votre marque.
 
Il remonta instantanément ses yeux d'ambre vers moi. Il ne s'attendait pas à ça.
 
-Si c'est à cause de ton problème, on peut te donner des bandages, tu n'es pas obligée de—
-Sur l'épaule droite, de ta main.
 
Il ne répondit rien, encore plus surpris de ma détermination.
 
-Mais il est hors de question que je sois une simple subordonnée. Je veux intégrer le clan du roi rouge et combattre les bleus en tant qu'alliée et pas autrement. Je ne me soumettrais plus jamais à qui que ce soit, lui dis-je droit dans les yeux, serrant une de ses mains.
 
Après un moment, le sourire qu'il avait perdu revint. Il baissa son regard une nouvelle fois sur nos mains.
 
-Ça marche, lâcha-t-il avec un sourire en coin.
 
Tous sautèrent de joie, criant leur réjouissance face à cette fin de combat peu ordinaire. Je réalisais alors que nous étions tous les deux égratignés de partout. Oui, je voulais rester, je me sentais chez moi ici. Nous rentrâmes, Mikoto gardant mes mains dans l'une des siennes, m'emmenant vers l'infirmerie du clan. Le fait que nous marchions comme ça n'avait rien d'étrange puisque s'il m'avait lâché, les flammes seraient revenues. Mais c'était assez perturbant quand même.
 
Une fois arrivés dans la pièce blanche, il m'appliqua lui-même de nouveaux bandages en attendant d'avoir leur marque. Une fois fini, il fixa un moment ce qu'il avait soigné.
 
-Tu peux me lâcher maintenant, je ne vais pas m'envoler. Je n'en ai plus envie.
 
Ses yeux remontèrent sur mon poignet, sur cette marque honteuse, méprisable, et haïssable. Comprenant ce qu'il regardait, je la cachais.
 
-Je ne suis pas une espionne Mikoto... dis-je en baissant la tête.
 
Finalement mes provocations avaient peut-être joués en ma défaveur.
 
-Je sais.
 
Une goutte de sang tomba devant mes yeux, les faisant se relever. L'entaille que j'avais provoquée laissait s'échapper un filet de sang, tachant sa joue. Sans que sache pourquoi, voir son sang me fit faire un bond. Je me levais donc de ma chaise, abandonnant de force les mains de Mikoto pour chercher activement de quoi le soigner dans les placards de la pièce, sous son regard intrigué. Une fois trouvé, je revins devant lui avec ce qu'il fallait, restant debout puisqu'il l'était. Du haut de mes 1m62, je tandis le bras pour atteindre sa joue. C'est qu'il faisait bien 1m85 le rouge ! Je désinfectais donc la plaie, munie d'une gaze imbibée de produit. Surpris de mon geste, je crus voir ses joues se colorer.
 
-Désolée de t'avoir causé autant de problèmes...et pour ça aussi.
-C'est rien.
 
Il me laissa finir, lui appliquant un pansement blanc. J'allais retirer ma main mais il saisit mon poignet.
 
-Pourquoi ? Tu avais le choix. Demanda-t-il alors soudainement, ses pupilles dorées encrées dans les miennes magentas.
-C'est justement grâce à cette liberté que j'ai fait ce choix. Concernant la raison, il y aurait beaucoup de choses à dire... Mais la plus importante serait sûrement... La sensation que j'ai eu en me battant contre toi, et que je n'avais jamais ressenti avant. Et je suis convaincue que me battre à tes côtés ne sera que mieux, surtout si c'est pour éclater du bleu. Je m'en sens capable maintenant. Capable de les combattre, capable de vous aider, de t'aider toi. Maintenant que tout a tant changé...
 
Ma dernière phrase fut dite à voix basse et en détournant le regard. Il me lâcha.
 
-Tu dis vouloir ne pas être considérée comme une simple subordonnée. Mais... quelqu'un arrivant à me faire face comme tu l'as fait ne pourrait jamais l'être.
 
Il commença à se diriger vers la sortie. Voyant que je ne le suivais pas, figée par ses mots, il m'interpella.
 
-Ton tatouage va pas se faire tout seul, Lassia.
 
Je le suivais alors, souriante en l'entendant prononcer mon prénom. C'était si rare. Ne me posant pas plus de questions sur le pourquoi j'aimais l'entendre m'appeler comme ça, je le suivis à travers quelques couloirs avant d'entrer dans une autre pièce. Là où se faisait tatouer les membres. A peine entrés, le tatoueur m'interpella.
 
« -Alors, on a décidé d'intégrer officiellement les rouges ? Me demanda-t-il, assit sur sa chaise de bureau tandis que Mikoto s'était directement dirigé vers un placard.
 
Il avait oublié mes conditions ?!
 
-Faut croire, répondis-je d'un ton neutre.
-C'est une bonne chose. Installe-toi, je te le fais où ?
 
Il s'était tourné vers son bureau, inspectant ses outils tout en me désignant du doigt un fauteuil blanc, incliné au milieu de la pièce carrelée de noir. Un bruit se fit entendre, Mikoto se redressa.
 
-Je m'en occupe cette fois.
-Mais chef, vous l'avez pas fait vous-même depuis—
-Je sais, ne discute pas mes ordres. Sort.
 
Le tatoueur obéit aux ordres de son chef et sortit. En y réfléchissant, il ne m'avait jamais parlé comme ça. Enfin, il n'avait pas oublié, ça me soulageait. Je ne voulais montrer ça qu'à lui. Je n'attendis pas son signal et m'assis alors qu'il préparait son matériel.
 
Voyant que j'hésitais à enlever mon t-shirt, il comprit et se retourna. Je l'enlevais donc et me mis sur le ventre, ma main gauche sur mon épaule droite. Il revint vers moi à mon signal.
 
-Ça va ? Les bleus font sûrement pas comme nous pour les tatouages.
 
C'était bien la première fois qu'il s'inquiétait pour moi. En tout cas explicitement.
 
-Je me fiche de la douleur si c'est ce que tu veux savoir. Dis... Tu te rappelles de ce que j'ai dit à Yata quand je suis « arrivée » ?
 
Vu sa réaction, il s'en souvint. Je détournais le regard.
 
-Prends ton temps, dit-il en s'asseyant près de moi.
 
Je soufflais un grand coup, prenant sur moi. Je plantai légèrement mes ongles dans mon épaule de rage, puis la retirai. Il se figea en découvrant la cicatrice transversale couvrant mon épaule droite.
 
-Je sais c'est moche. C'est pour ça que je voulais la marque là et –
 
Il posa ses doigts sur cette cicatrice, ce que je considérais comme de plus honteux, symbole de ma faiblesse. Je n'osais même plus bouger un muscle à son contact.
 
-Quand j'aurais fini ta marque... Quand tu seras officiellement une rouge, un seul bleu te touche, et je le tue.
 
Son regard perçant exprimait...de la colère ? Je n'avais jamais vu ce sentiment dans son regard habituellement calme.
 
Il fit alors le nécessaire sur ma peau, et commença mon tatouage, bien qu'il parut une seconde étonné pour une raison que j'ignorais.
 
-Au fait... Ça te dérange que je t'appelle par ton prénom ?
-Depuis le temps que tu le fais, non. Pourquoi ?
-Juste parce que je sais qu'au Japon, ça a une signification spéciale de s'appeler comme ça, alors je me posais la question...
-C'est vrai que même Izumo le fait pas. La première fois m'a étonné, mais j'ai pris l'habitude. Te prends pas la tête pour si peu, appelle moi comme tu veux.
-Ok, mais ne compte pas sur moi pour t'appeler « chef » ! Riais-je alors.
-J'y compte bien, souri-t-il.
 
Je passais mon temps à regarder ses yeux d'ambre. J'avais tout le temps de le regarder, même si ça paraissait étrange. Mais ses yeux me fascinaient, et la couleur de ses cheveux me rappelait celle de ses flammes.
 
-Tes flammes... commençais-je en ayant tourné la tête, pensive.
-Hm ?
-J'aime tes flammes.
 
Il s'était stoppé quelques instants, surpris.
 
-On a tous les mêmes tu sais.
-C'est faux. Dis-je en le regardant dans les yeux. Tes flammes sont...d'un rouge hypnotique.
-N'exagère rien.
-C'est simplement mon ressenti. Comme ce jour où des flammes sont sorties de nulle part... Pourquoi je n'arrive pas à me souvenir de ce qu'il s'est passé ce jour-là ?
-Tu as été bien choquée en plus d'avoir bu, c'est pas étonnant. Mais je peux te raconter si tu veux.
-J'apprécierais... Mais je n'étais pas saoule. Même si je sais que c'est pas le problème.
-Ben... D'après ce que m'a dit Izumo, après avoir bu et vu Fushimi, tu l'as mis dehors. Mais sous l'effet de l'alcool, tu as répondu à ses provocations et a fini par te battre contre lui. Il a dégainé après une de tes attaques, et c'est là où je suis intervenu, revenant au bar. Je l'ai calmé et renvoyé chez lui avant de m'occuper de toi. Mais ton corps avait déjà subi trop de dégâts, et tu t'es évanouie.
-Je vois... Tu m'as donc vraiment aidé deux fois de suite...
-Ça te pose problème ?
-Non, pas vraiment...
 
Un léger silence s'installa, mais il le brisa quelques instants plus tard.
 
-Enfin bref, ton tatouage est fini. 
 
Je contemplais alors son ½uvre. Une magnifique flamme écarlate et triballe, décorait maintenant mon épaule droite, faisant disparaître ma cicatrice. Tel un renouveau incandescent.
 
Il m'appliqua un bandage, le temps que ma peau cicatrise, puis je remis mon t-shirt noir. Nous sortîmes de la pièce, nous dirigeant vers le salon. Nous étions sur le point de rejoindre Izumo et les autres, lorsqu'il m'arrêta.
 
-Tu sais ce fameux jour...
-Euh, oui ?
-Merci d'avoir protégé le bar et mes hommes. Izumo aurait été probablement assez fort pour tenir tête à Fushimi, mais il y aurait eu de la casse. Tu as fait du bon boulot, alors que rien t'y obligeait.
 
Surprise de ce soudain élan de ce qui me semblait être de la gentillesse explicite, je ne répondis rien instantanément.
 
-C'est normal, pas besoin de dire des choses pareilles, lui dis-je en détournant le regard.
 
Un sourire en coin se dessina sur ses lèvres. Nous entrâmes enfin au salon, accueilli joyeusement par toute la troupe.
 
-Izumo a quelque chose pour toi, me dit-il avant de sortir dehors.
 
J'allais donc voir le blond alors que tout le monde faisait la fête en buvant.
 
-Izumo, qu'est-ce qu'il a Mikoto ? Demanda Anna, assise sur le canapé, un jus d'orange entre les mains, la tête relevée pour regarder Izumo qui lui était debout.
-Je crois que notre roi est perturbé, ria le blond.
-Pourquoi ça ? Demandais-je intriguée.
-Oh Lassia. Pour rien, ne t'en fais pas.
-Très bien... Mikoto m'a dit que tu avais quelque chose pour moi.
-Ah, oui ! S'exclama-t-il en se retournant, farfouillant dans un placard avant d'en ressortir un long carton.
-Qu'est-ce que c'est ?
-Considère ça comme ton cadeau d'accueil chez les rouges, souri-t-il en me le tendant.
-Je n'ai pas besoin de cadeau, refusais-je alors.
-Allez, regarde au moins de ce que c'est.
 
Mes yeux se posèrent sur le carton. Après quelques secondes de réflexion, je le pris.  Je laissais passer encore quelques secondes, puis l'ouvrit. Un magnifique katana au fourreau de bois couleur bordeaux et à la garde finement travaillé se trouvait à l'intérieur.
 
-M-Mais... ! Je ne peux pas accepter une arme pareille !
-Après tout ce qu'il a fait pour l'avoir, ce serait dommage.
-Comment ça ?
-Ne le répète pas, mais la raison pour laquelle Mikoto était parti la dernière fois, c'était pour aller te chercher ce katana. Il ne prévoyait ni sa potentielle victoire ni ta vraie adhésion à notre clan. Il voulait simplement t'armer, et ce pas n'importe comment. Crois-moi, une arme pareille, on en fait plus. Alors porte là à ta ceinture, d'accord ?
 
Il m'adressa un nouveau sourire. Pourquoi ? Pourquoi Mikoto faisait tout ça ?!
 
Je soupirais.
 
-C'est dingue de voir à quel point sa réputation raconte tout le contraire de ce qu'il est, dis-je en m'asseyant sur le canapé en face d'Anna.
-Alors tu as compris, répliqua le barman en s'asseyant à côté d'Anna.
-Mikoto, il a quoi sur la joue ? Intervint la petite blanche.
-Ben, un pansement, pourquoi ? Répondis-je, surprise.
-Comment dire... Mikoto n'est pas du genre à en avoir. C'est même la première fois que je le vois avec ça ! Plaisanta le blond.
-Alors « monsieur le roi rouge » préfère laisser ses plaies à l'air libre, comme un « homme viril » ? Blaguais-je à mon tour.
-C'est un peu ça, ria-t-il. Enfin...soupira le blond. Je l'ai rarement vu dans un état pareil.
-Comment ça ? Demandais-je en arquant un sourcil.
-Tu n'as pas remarqué quelque chose durant votre combat ? Quelque chose que vous deux aviez tout le long de votre affrontement.
-Quelque chose...
 
Soudain je compris.
 
-Son sourire ?
-Oui, vous aviez le même ! Je n'ai jamais vu Mikoto sourire comme ça, à vrai dire. C'est déjà assez rare lorsque ça lui arrive, mais pendant un combat... D'ailleurs...Commença-t-il avec un air suspicieux. Tu l'appelles par son prénom, tu te comportes comme personne n'avait osé le faire avec lui, et lui est très différent avec toi qu'avec tous les autres...
-Je n'aime pas trop ce que tu insinues, Izumo, l'arrêtais-je en me levant. Je le respecte, et je pense que c'est réciproque. Je l'appelle par son prénom, simple habitude européenne. Quant à son comportement,  je n'y suis pour rien. Alors je t'interdis de faire des conclusions si hâtives, Izumo.
 
Je mis mon katana à ma ceinture est sortis à mon tour. Constatant la présence de quelques étoiles dans le ciel maintenant que la nuit était tombée, je m'adossais à un mur, soupirant.
 
Il insinuait quoi ? Moi, amoureuse de lui ? N'importe quoi. Et puis, ce n'était pas moi qui avait changé de comportement vis-à-vis de lui, mais lui vis-à-vis de moi, alors si ça se trouve... A quoi je pensais moi ?!
 
Il était le roi rouge. Il était imposant, important, populaire et puissant. Je n'étais rien à côté de lui. Il devait se faire n'importe qu'elle fille facilement. Je ne voyais pas ce que je faisais là-dedans...
 
-C'est ridicule ! Criais-je en voulant mettre un coup dans le mur contre lequel j'étais.
-Hey, te blesses pas stupidement, m'arrêta Mikoto en saisissant mon poignet à quelques millimètres du mur.
 
C'est vrai, il était sorti prendre l'air aussi. Je soupirai, puis enlevai doucement mon poignet.
 
-Mikoto...
-Hm ? Fit-il en s'adossant à son tour au mur.
 
Je me mis à côté de lui, puis dégainai.
 
-Cette lame que tu m'as offerte... Je l'utiliserai pour protéger le clan, et toi. Je serais ta lame et ton bouclier. Je me battrais à tes côtés, je t'en fais le serment, Mikoto Suoh.
 
Je l'avais regardé dans les yeux, prouvant ma détermination. Il ne fut pas étonné, et un sourire en coin apparu. Il reposa ses doigts sur mon poignet marqué.
 
-Si tu as une telle détermination, autant faire disparaitre définitivement cette marque, même partiellement.
 
Il ne vit pas d'hésitation dans mes yeux.
 
-Je garantis pas que ce sera sans douleur.
 
Je rengainais, ne lâchant pas mon regard, lui rappelant bien que je m'en fichais éperdument. Comprenant, je sentis mon poignet devenir de plus en plus chaud. Petit à petit, la marque des bleus devint de plus en plus couleur chair, bien que le contour était encore un peu visible, puisque c'était semblable à une brûlure. Mais je n'avais pas vraiment eu mal. Il attendit quelques instants, puis tout en regardant ce qu'il avait fait, m'adressa encore quelques mots.
 
-C'est étonnant qu'une ancienne bleue se batte avec un katana au lieu d'une épée comme tout le reste du clan.
-Je ne suis pas faite pour ce genre de lame peu puissante.
 
Un silence s'installa dans cette cour où nous nous étions si férocement battu il y a quelques heures, maintenant déserte et sombre. Quelques lumières l'éclairaient, laissant visible les parterres verdoyants qui tachetaient cette cour au sol pavé de pierres grises.
 
C'était si calme et reposant. Une brise de vent tiède bouscula mes cheveux de neige. C'est vrai que nous étions déjà à la fin du printemps. Mais celui qui, une fois de plus, tardait à me lâcher, bien que cela ne me gênait pas vraiment, descendit sa main pour tenir vraiment la mienne pour la première fois.
 
Mon regard se baladant auparavant sur la voûte étoilée se redirigea vers le rouge suite à son action. Je sentis malgré moi mes joues chauffer à cause de la surprise de son geste, heureusement dissimulé par l'obscurité.
 
Il finit par parler, regardant à son tour le ciel.
 
-Content de te compter parmi nous, Lassia.
 
Quelques secondes après, j'acquiesçais, serrant sa main à mon tour.
 
Si seulement ce moment pouvais durer toujours... Je me sens si bien quand j'ai cette sensation... Cette sensation ?
Les mots d'Izumo me revinrent. Il fallait que j'arrête mes conneries !
 
J'enlevais vivement mes mains, disant froidement que je rentrais, le regard sombre, mais l'esprit perdu avant de faire ce que j'avais dit, laissant un Mikoto décontenancé.
 
Pourquoi je ressentais ça ?! Bordel, c'était impossible que juste parce qu'il m'a aidé sans rien vouloir en retour... Juste parce qu'il avait fait ce qu'aucun n'avait fait ?!
Ça faisait presque deux mois que j'étais ici, à parler à Mikoto normalement alors que je voyais bien que dans la rue, et partout ailleurs, on le craignait. Il avait l'air de s'en foutre, mais en même temps, il est toujours si impassible.
 
Je montais l'escalier pour rejoindre ma chambre, me résonnant. C'est rien, reprends ton calme, ça passera. Tu l'admires sûrement sans le vouloir, après tout ce qu'il a fait. Et puis, même si t'étais amoureuse de lui, c'est pas comme si t'avais une chance, il peut avoir beaucoup mieux super facilement et mettre n'importe qu'elle fille dans son lit, c'était évident. Et pourtant, je n'avais pas vu une seule fois une autre fille qu'Anna ou moi au HOMRA. Mais pourquoi cette simple pensée me crevait le c½ur ?!
 
Reprends ton masque Lassia. Arrête de laisser cours à tes émotions comme ça. Contrôle-toi un peu, merde !
 
-Ben, tu n'es pas avec Mikoto ?
 
Je relevais la tête. Izumo était dans le couloir, une serviette à la main et... torse-nu.
 
-Je vois pas en quoi ça te regarde. Je vais me coucher, qu'on me dérange pas, dis-je en rentrant dans ma chambre, claquant la porte.
 
Je m'effondrais au sol. Plus j'y pensais, plus ça semblait évident, et pourtant invraisemblable.
 
Pour la première fois, je m'effondrais car désarmée face à ce sentiment nouveau qui me torturait. Oui, je m'effondrais, et je n'avais même pas la force de me relever, encore. Je sentis les larmes monter. Mais pourquoi ? C'était insensé !
 
On toqua.
 
-Lassia, t'es sûre que tout va bien ? Tu peux m'en parler tu sais.
-Comme si je pouvais dire quoi que ce soit à un mec dans ton genre !
 
Non, j'exagère. Izumo est un mec bien, même s'il est un peu dragueur sur les bords. Mais pas méchant.
 
Je me recroquevillais. Fait chier. Ce sentiment que je trouvais si agréable est un vrai supplice maintenant.
 
La porte s'ouvrit. Je me remis en position assise.
 
-Qu'est-ce qui t'arrive enfin Lassia ?
-Laisse-moi tranquille Izumo.
-Lassia...
-Laisse-moi tranquille je t'ai dit !
 
Malgré mes avertissements, la porte s'ouvrit. Il était entré, puis avait baissé son regard vers moi. Il soupira avant de me tenir par les épaules pour me faire asseoir sur le lit. Enfin, il prit une chaise et se mit en face de moi.
 
-Allez, explique, demanda-t-il sur un ton rassurant.
 
Je soupirais à mon tour, m'en voulant de lui avoir adressé des mots si injustes.
Des minutes passèrent, mais il ne sembla pas agacé. Il n'avait pas bougé, me regardant avec ses yeux noisette, essayant de comprendre quelque chose. Mais les miens étaient cachés par mes cheveux, la tête baissée.
Je laissais encore quelques minutes défiler.
 
-C'est... C'est Mikoto...
-Mikoto a fait quelque chose qui t'as déplu ? S'étonna-t-il.
-Non... Non, il n'a rien fait de mal... Je comprends rien...
 
Je posais ma main là où je ressentais quelque chose qui m'était inconnu jusqu'alors. Sur mon c½ur.
 
-Hm... Tu es bien avec lui, et tu apprécies sa présence ? Il n'y a qu'à lui que tu veux parler de certaines choses ? Tu veux combattre à ses côtés et pourrais tuer quiconque le blesserait ? Tu donnerais ta vie pour lui sans hésiter ? Tu ressens quelque chose de si puissant que pour lui, tu te sentirais capable de faire n'importe quoi ?
 
Mes yeux se posèrent sur le blond, étonnée. Il comprit que je répondais à ses questions par l'affirmative.
 
-Je vois... Et tu n'as aucune idée de ce que peut être ce sentiment, Lassia ?
 
Je rabaissais le regard.
 
-C'est la première fois... Mais... C'est impossible...que tu aies raison !
 
Je faisais référence à ce qu'il avait supposé un peu plus tôt. Il se leva, et récupéra le katana resté au sol pour revenir et me le tendre horizontalement devant moi.
 
-Dis-moi, que veux-tu faire de cette arme ? Demanda-t-il très sérieusement.
-Protéger Mikoto, toi, et tous les autres, répondis-je du tac au tac en la saisissant.
 
Je sortis un peu la lame tranchante, toujours horizontalement, regardant mon reflet.
 
-Mais comment protéger un homme comme lui ? Il est si fort, si puissant, si...incroyable. C'est ridicule, je ne lui serais jamais d'aucune utilité ! M'exclamais-je en replaçant la lame correctement dans un tintement métallique provoqué par mon action.
-Ne fait pas cette tête, my sweet angel, dit-il en me relevant la tête, m'offrant un doux sourire. Depuis que tu es là, tu n'imagines pas à quel point il va mieux. Ce sourire lors de votre combat, je ne l'avais pas vu l'afficher depuis...
 
Il me lâcha, tournant un peu la tête.
 
-Lassia, dis-moi... ton tatouage, c'est vraiment Mikoto qui te l'a fait ?
-Oui, pourquoi ?
 
Il me regarda à nouveau, étonné.
 
-Il s'est passé quelque chose de grave dans votre clan, je me trompe ? Demandais-je sérieusement, m'étant de côté mes sentiments.
 
Il baissa la tête avant de se rasseoir.
 
-Tu es vraiment maline... Un membre fondateur du HOMRA a été tué il y a des mois de ça, et depuis, Mikoto a changé, même si ceux qui ne le connaissent pas comme moi je le connais ne l'ont probablement pas remarqué. Nous recherchons toujours son tueur, mais nous n'avons toujours rien pour le moment.
 
Il soupira avant de continuer.
 
-Il s'appelait Totsuka Tatara. Mikoto et moi nous connaissons depuis le collège. Totsuka, avait à peine 14ans, et était déterminé à devenir le vassal de Mikoto, même s'il avait déjà reçu des coups à cause de cette détermination. Il avait tellement insisté qu'au bout du compte, Mikoto l'avait laissé faire. Le plus amusant dans tout ça, c'est qu'il était parfaitement inoffensif, incapable de se battre. Au final, il se démarquait beaucoup des autres mais avait parfaitement trouvé sa place ici, un peu comme toi. Tu dois lui rappeler des souvenirs, mais tes aptitudes au combat doivent le rassurer, et il n'est pas le seul. En réalité, il était devenu vraiment important pour Mikoto, et sa mort l'a vraiment affecté, encore plus que les autres. Il n'a plus jamais été le même, avant aujourd'hui.
-Je vois, c'était lui sur cette photo à côté du bar... Il devait avoir tatoué ce garçon, et ne l'avait plus jamais fait après ça.
-Alors tu avais remarqué. Mais c'est ça. Comment le sais-tu ?
-Le tatoueur a failli le dire, mais Mikoto l'a coupé dans sa phrase. Il a vraiment pris sur lui pour remplir mes conditions d'adhésion... J'ai été égoïste sur toute la ligne... Il a accepté sans se soucier de ce qu'il devrait supporter... Soupirais-je en posant ma main sur mon bandage, m'en voulant atrocement.
 
Quand je pensais à la douleur qu'il avait dû endurer juste pour ce tatouage, j'eus les larmes aux yeux. L'imaginer souffrir m'était insupportable.
 
-Ne t'en fais pas, Mikoto n'est pas du genre à s'encombrer de choses qu'il n'a pas envie de faire. Mais le fait est qu'il tient beaucoup à toi, d'une manière ou d'une autre, me rassura-t-il en posant une main sur ma tête.
-Si tu le dis...
 
Il se leva, supposant qu'il s'en allait.
 
-Désolée de t'avoir parlé comme ça, je ne le pensais pas Izumo.
 
Il sourit.
 
-Je le sais bien. Je suis sûr que tu feras de ton amour envers lui une vraie force, lâcha-t-il en m'ébouriffant les cheveux, tout sourire.
 
L'entendre le dire m'avait figé. C'était radicalement différent que lorsqu'on le pense juste. Ça rend les choses beaucoup plus concrètes. Et vraies. Mes joues en prirent un bon coup, ce qui l'amusa.
 
-Merci beaucoup, maintenant tu peux aller prendre ta douche avant que je te tranche, espèce de pervers ! Lui ordonnais-je, faussement énervée, mon semblant de larme maintenant disparu.
-Oui, oui, bonne nuit~ ! Dit-il avant de filer, content de lui.
 
J'étais maintenant seule dans cette chambre sombre. Je pris ma tête dans mes mains.
 
-Alors je suis... vraiment tombée amoureuse de lui... ?
 
J'entendis une porte claquer violemment, me faisant presque sursauter. J'étais intriguée, pourquoi quelqu'un avait-il fait ça ? Tout se passait bien en bas, à ce que je savais en tout cas.
 
Je remarquais alors une boîte posée à l'extrémité du lit. Avec tout ça, je n'avais pas dû faire attention à sa présence. Je la pris, et, curieuse, soulevai le couvercle de carton blanc. J'y découvris une tenue noire. Enfin, une veste noire sans manche avec une sorte de symbole tribal magenta décorant le devant, avec un haut blanc en dessous, le col remontant un peu au niveau du cou. Il y avait aussi des sortes de manches noires, se fixant par une boucle en haut des bras. Ça laissait assez de place pour que mon tatouage soit visible. Pour le bas, un jean noir avec une large ceinture marron à plusieurs sangles me permettaient aisément de fixer mon arme. Pour finir, j'avais droit à des boots noires très pratiques et assorties à la tenue. Le tout était parsemé de décorations métalliques dorées.
 
C'était encore un coup de Mikoto, c'était certain.

 

Red Pulse [Partie 1]
Je n'ai pas grand chose à dire sur cette première partie, mis à part que je n'ai pas trop décrit le bar en question du HOMRA. Mais un bar reste un bar, vous savez. Rendez-vous à la partie 2 !
Je ne demande que des commentaires constructifs! Késako?

 

 

Red Pulse [Partie 1]

Tags : red pulse - Project K

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Comments :

  • Les-ecrits-de-Lassia

    01/11/2016

    Poesies13 wrote: "Ah mais il y a des tas de points positifs va as croire mdr
    j'adore la phrase en anglais placée à un moment, ça envoie du pâté de ouf ce chapitre XD
    L'histoire est excellente et j'adore l'humour qui y est présent. En fait souvent, tu écris tout très bien, les défauts te viennent uniquement de quelques tournures de français, de fautes d'orthographes très très rares. J'ai hâte de lire le chapitre 2 mais plus tard car là moi allez à Sainte Croix ^^
    "

    d'accord pas de souci, merci pour tes compliments :'3 prend ton temps!

  • Les-ecrits-de-Lassia

    01/11/2016

    Poesies13 wrote: "Voilà j'ai commencé et l'histoire me plaît. Quelques répétitions comme le mot "mais" qui revient beaucoup trop et parfois sur deux phrases d'affilées, et certaines tournures un peu lourdes qui pourraient être allégées comme "devant moi, en ne lâchant pas son regard depuis qu'il l'avait posé sur moi" qui fait un peu étrange et qu'on pourrait remplacer directement par "devant moi, ne me quittant pas des yeux" par exemple. Quelques fautes de conjugaisons aussi mdr genre sache que "je fermis les yeux" n'existe malheureusement pas XD à la limite "mes yeux se fermèrent" 8D et il y a quelques inversions qui feraient plus beau comme "ferme la" plutôt que "la ferme" ou "où est ma chambre ?" au lieu de "c'est où ma chambre ?"."

    ahah mais il date REd Pulse, il est vraiment pas parfait, un jour je le réécrirais sûrement xD merci pour tes remarques, sache que je ne fais plus de telles erreurs maintenant :3

  • Poesies13

    01/11/2016

    Ah mais il y a des tas de points positifs va as croire mdr
    j'adore la phrase en anglais placée à un moment, ça envoie du pâté de ouf ce chapitre XD
    L'histoire est excellente et j'adore l'humour qui y est présent. En fait souvent, tu écris tout très bien, les défauts te viennent uniquement de quelques tournures de français, de fautes d'orthographes très très rares. J'ai hâte de lire le chapitre 2 mais plus tard car là moi allez à Sainte Croix ^^

  • Poesies13

    01/11/2016

    Voilà j'ai commencé et l'histoire me plaît. Quelques répétitions comme le mot "mais" qui revient beaucoup trop et parfois sur deux phrases d'affilées, et certaines tournures un peu lourdes qui pourraient être allégées comme "devant moi, en ne lâchant pas son regard depuis qu'il l'avait posé sur moi" qui fait un peu étrange et qu'on pourrait remplacer directement par "devant moi, ne me quittant pas des yeux" par exemple. Quelques fautes de conjugaisons aussi mdr genre sache que "je fermis les yeux" n'existe malheureusement pas XD à la limite "mes yeux se fermèrent" 8D et il y a quelques inversions qui feraient plus beau comme "ferme la" plutôt que "la ferme" ou "où est ma chambre ?" au lieu de "c'est où ma chambre ?".

  • Poesies13

    01/11/2016

    allez j'entame Red Pulse on va faire dans l'ordre

  • Poesies13

    01/11/2016

    mdr ton avis : un bar reste un bar ! ^^

  • Xxrepertoire-de-fictionX

    25/09/2015

    Coucou

    Ta fiction est en ligne
    http://xxrepertoire-de-fictionx.skyrock.com/3261049654-Red-Pulse.html
    Désolée du retard! ^^
    N'oublie pas de donner un avis sur l'une des fictions de mon répertoire! :-)
    à bientôt

    TiteOshun

  • Registrexnippon

    14/08/2015

    http://registrexnippon.skyrock.com/3257313410-Fiction-n-53-les-ecrits-de-lassia.html
    INSCRITE *^*

    N'oublie pas la bannière du blog :)

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