Red Pulse [Partie 2]

 

Red Pulse [Partie 2]
Gif: Project K - Mikoto Suoh

 

Trois semaines plus tard, mon tatouage avait complètement cicatrisé. Dès que je m'en étais rendu compte, c'est-à-dire dans la soirée, j'avais enfilé la tenue que j'attendais de porter une fois mon tatouage parfait, permettant de le mettre en valeur. Je mis donc cette tenue qui je l'avoue, me plaisait bien. Elle me laissait assez d'aisance pour combattre comme je le voulais avec le côté classe en plus. Mais ce que j'aimais par-dessus tout, c'était vraiment qu'on pouvait bien voir mon tatouage. Moi qui avant cachais par tous les moyens mon épaule droite, je la m'étais maintenant en évidence, fière d'appartenir à ce clan et prête à tout pour protéger son roi et ses membres.
 
Mais la première fois que les autres m'ont vu la porter, ce n'est pas vraiment passé inaperçu. J'avais à peine commencé à descendre les escaliers que tous les regards se dirigèrent vers moi. Je finis de les descendre, détournant le regard, un peu rouge puisque inhabituée à être le centre d'attention et n'aimant pas ça.
 
Izumo vint alors me voir.
 
« -Eh bien ! Cette tenue te va à merveilles, tu ne trouves pas Mikoto ? S'exclama-t-il en montrant Mikoto assis au bar, de dos.
 
Izumo je te déteste.
 
-Je pense pas que les fringues l'intéressent beauco—
 
Il se leva et se tourna vers nous, me coupant dans ma phrase de surprise. Il passa à côté de moi.
 
-Content de voir qu'elle te va bien, lâcha-t-il sur un ton neutre, remontant les escaliers.
 
Je ne sais pas ce qui me perturba le plus. Sa froideur ou son compliment ? Je baissais la tête. C'était sûrement à cause de la veille où je l'avais planté dehors sans aucune raison apparente.
 
-Ben, qu'est-ce qu'il a aujourd'hui ? S'étonna Yata qui nous avait rejoints.
-Il s'est passé quelque chose ? Intervint le blond.
 
J'allais m'asseoir au bar, posant ma tête sur le bois, déprimant.
 
-C'est sûrement à cause de la dernière fois. Quelle conne.
-R-Raconte ! Bégaya le châtain, rouge d'avance.
-Calme-toi Yata il s'est rien passé de ce que tu peux imaginer.
 
J'entendis qu'on posait quelque chose à côté de ma tête. Je rouvris les yeux que j'avais fermés de déprime et me redressais.
 
-Tiens, c'est cadeau. Allez, dis-moi tout.
 
Le blond était retourné derrière son bar et avait posé un grand verre contenant un milkshake à la vanille. Mon préféré.
 
-Tu me connais bien on dirait.
-Qu'est-ce que tu crois ? Souri-t-il en essuyant un verre.
-Bon, alors, il s'est passé quoi ? Redemanda Yata qui s'était assis à côté de moi, buvant son coca.
 
En repensant à nos mains qui se tenaient, et ce à de nombreuses reprises, mes joues rosirent, alors qu'avant que je comprenne que j'étais amoureuse de lui, ça ne me faisait rien.
 
-C'est bon je vous laisse parler, s'enfuit Yata rouge pivoine.
-Celui-là alors, il est trop sensible. Enfin, je t'écoute.
-Désolée de t'embêter encore avec ça, déjà avec l'autre jour...
-Si je te demande de m'en parler c'est que ça ne me dérange pas tu sais.
-Comme tu voudras... Soupirais-je avant de boire quelques gorgées de ma boisson.
Le soir de notre combat, quand je suis sortie... Mikoto m'a partiellement effacé mon ancienne marque.
-Et ?
-Et... Il ne m'a pas lâché les mains avant que je le fasse. Puisqu'avant de remonter, je suis partie un peu... comme une voleuse en le plantant là après... avoir répondu à son étreinte de main.
 
J'aurais rougit au maximum si je n'étais pas attristée de mon geste.
 
-Je suis débile, mais en même temps je suis assez perdue avec tout ça. Et ces derniers temps, on a pas vraiment parlé !
-Ahlala... Ce que je te conseille, surtout, c'est de ne rien changer à ton comportement envers lui si tu ne veux pas le blesser. Je pense que l'éviter ou être froide avec lui le rendra de plus en plus comme il l'a fait aujourd'hui.
 
Mes yeux magenta fixèrent le blond, précédemment ancrés dans ma boisson lactée.
 
-Tu as raison. Je vais aller lui parler.
-C'est une bonne idée, souri-t-il à nouveau.
 
Je finis mon milkshake cul-sec et le remerciais une nouvelle fois avant de filer. Heureusement qu'il était là Izumo.
 
Je remontais alors les marches que j'avais à peine descendues d'un pas déterminé.
 
J'étais arrivée dans le couloir. Personne. Il devait être dans sa chambre. Je fis alors face à sa porte, celle au fond du couloir, la plus mis en valeur. Celle qui comportait le nom « Mikoto Suoh » en lettres rouges.
 
-Mikoto... Murmurais-je en effleurant les lettres gravées du bout des doigts.
 
Ma main forma, quelques secondes plus tard, un poing. Puis je toquai.
 
Une certaine angoisse m'envahit alors. Mais il était hors de question de reculer maintenant ! J'avais connu pire...non ?
 
Il finit par ouvrir la porte, quittant son air impassible une fraction de seconde en me voyant. Il s'appuya sur le côté gauche de l'encadrement de la porte, lâchant un léger soupire.
 
-Il faut que je te parle.
-Parler de quoi ?
 
Il était froid, ce qui était déjà bizarre vis-à-vis de moi. Mais il y avait autre chose, je le sentais.
Mais comment lui dire ça ?! Je tournais la tête.
 
-De...nous, lâchais-je enfin.
 
Ça voulait tout et rien dire en même temps, alors pourquoi j'étais dans un état pareil ?!
 
-Entre.
 
Il ne l'avait pas dit comme un ordre, je l'avais bien senti. Mon angoisse avait décuplé. Pourquoi le simple fait de comprendre que je l'aimais me rendait comme ça ?
Je pris une inspiration discrète et le suivi. Il referma la porte derrière moi.
 
Sa chambre était vraiment grande, aux murs sable et absolument pas en désordre. Lorsque j'avais passé le pas de la porte, il y a avait un grand lit double bien fait, une commode en bois laqué sur le côté, disposés à ma gauche. En face de moi, un large tapis bordeaux couvrait le parquet brun, accueillant deux fauteuils l'un en face de l'autre, séparés par une table basse de verre. C'est alors que je remarquais un verre à moitié vide, contenant un liquide translucide.
 
Il s'assit dans le fauteuil qui trônait près du verre. Je fis la même chose dans l'autre.
 
-Je t'écoute, dit-il les coudes sur les genoux, me regardant de ses yeux d'ambre intenses.
 
J'avais l'impression de faire face à un tout autre Mikoto. C'était vraiment déstabilisant.
 
-Je... Je voulais te présenter mes excuses pour la dernière fois. Je t'ai laissé en plan sans raison et --
 
Lorsqu'il avait compris de quoi je parlais, il avait pris un léger air surpris. Puis, il me coupa dans ma phrase.
 
-C'est oublié.
-Mais tu ne veux pas savoir pourquoi ? Fis-je, surprise.
 
Il tourna la tête.
 
-Non, c'est bon.
 
Un silence pesant s'installa. Je ne savais plus quoi dire. Je ne comptais pas me déclarer maintenant !
 
-Lassia, m'interpella-t-il, brisant le silence.
-O-Oui ?
-Tu es vraiment belle comme ça.
 
J'avais rêvé ou... Ou il m'adressait enfin ce sourire semblable aux premiers qu'il m'avait adressé ? Ce sourire qui m'avait tant manqué, me procurant une chaleur indescriptible dans mon c½ur. Ce sourire. Celui de Mikoto. Je n'en aimais aucun autre.
Je sentis mes joues en prendre un coup, détournant le regard.
 
-M-Merci, dis-je gênée.
 
Mon état me rappelai comment Izumo m'avait aidé avec toute cette histoire. Et je me rendis compte que je ne connaissais toujours pas son prénom. Dans le but de changer de sujet et en espérant pouvoir discuter avec Mikoto sans aborder « nous », je lui demandais.
 
-Sinon... Je me rends compte que je ne connais pas encore le nom de famille d'Izumo, qu'est-ce que c'est ? Souriais-je, toujours un peu gênée.
 
Il perdit instantanément son sourire. Je rêvais où ma question l'agaçait ? Voire...l'énervait ? Un long moment passa. Je ne pensais pas le mettre de mauvaise humeur en lui posant cette question. J'étais sur le point de mettre un terme à ce moment gênant en me levant pour partir, mais il parla.
 
-Kusanagi, lâcha-t-il soudainement.
 
Devant mon visage incompréhensif, il répéta.
 
-Son nom de famille, c'est Kusanagi, répéta-t-il, semblant frustré.
-D'accord, merci pour l'info. Bon je vais... te laisser tranquille, hein.
 
Il n'était pas dans son état normal. C'était définitivement l'impression que j'avais. Je me levais et me dirigeai vers la porte.
 
-Attends.
 
Je me retournais vers lui, m'étant figée en entendant ce simple mot. Il finit alors son verre cul-sec, puis se leva.
 
-M-Mikoto ?
 
Grâce à son pouvoir, il se téléporta en une seconde devant moi, et soudain, sans que je le vois arriver, me plaqua contre le mur, ses mains tenant mes avant-bras.
 
J'étais figée. Je n'osais pas bouger, ni parler. A peine respirer.
 
Ses yeux d'ambre scrutèrent mon visage, avant de plaquer autoritairement ses lèvres sur les miennes. Je ne comprenais pas la situation. Mikoto était vraiment... en train de m'embrasser ?! Mais ses lèvres étaient...si...douces. Mon c½ur battait la chamade.
Mais ce fut là où je m'en rendis compte. Il puait l'alcool !!
 
J'aurais voulu qu'il m'embrasse. Je l'aurais vraiment voulu, mais pas comme ça !
Pas comme ça !!
 
Les larmes montèrent, et une fila sur ma joue, le regard sombre. Il la senti, et surpris, relâcha la pression qu'il exerçait sur moi. Je profitais de cette ouverture pour, dans un ultime coup furtif, me dégager, et m'enfuir.
 
Je n'en revenais pas. Mon premier baiser...avait été pris par l'homme que j'aimais, mais qui était saoul, et qui ne s'en souviendrait sûrement jamais !
 
Ça n'avait aucune signification pour lui ! Mais qu'est-ce qu'il voulait à la fin ?!
 
Je courus jusqu'à ma chambre, tremblant toute entière. Je n'avais jamais été dans un état pareil.
 
Mais je m'étais trompée de chambre, tombant sur un Izumo tranquillement installé dans son fauteuil en train de lire. Lorsqu'il me vit, pleurant et paniquée, ses yeux noisette s'écarquillèrent tout entier en lâchant son livre. Il se précipita vers moi et lorsqu'il fut presque à portée, je me jetais dans ses bras.
 
Ne posant aucune question, il se contenta de refermer ses bras sur moi, essayant de me calmer, le regard triste et perdu de me voir dans un état pareil.
 
J'agrippais sa chemise, pleurant en silence pendant de longues minutes, le regard sombre. Mon amour, une force? Laisse-moi rire, il ne faisait que me torturer depuis que j'en avais pris conscience !
Izumo, au bout d'un moment, passa doucement son pousse au coin de mes yeux.
 
-Calme-toi Lassia, ça s'est mal passé avec Mikoto ?
 
Je me figeais.
 
-Il a bu.
 
Ce fut à son tour de se figer, crispant ses mains maintenant sur mes épaules.
 
-Et il a osé te faire quelque chose ? Demanda-t-il froidement.
 
Mes doigts passèrent machinalement sur mes lèvres, deux larmes de plus dégringolant sur mes joues.
 
Il comprit. Son regard s'assombrit. Je baissais la tête. Il me reprit dans ses bras, tout en s'excusant. Je le comprenais, il ne savait plus quoi faire, et s'en voulait sûrement puisqu'il m'avait vivement conseillé d'aller le voir. Mais moi je ne lui en voulais pas.
 
Il se leva, le regard sombre, puis parti en me disant qu'il allait essayer de régler ça.
 
 
 
Le barman sorti de la pièce, le regard sombre, se dirigeant d'un pas vif vers la chambre de son roi, mais surtout de son ami, Mikoto Suoh.
 
Il fit alors face à la porte de la chambre du rouge. Au moment de frapper, il remarqua quelque chose d'inhabituel. La porte n'était pas fermée, mais entre-ouverte. Chose qui n'arrivait jamais.
 
Il entra sans avertir de sa présence.
 
-Mikoto !! L'interpella-t-il, énervé.
 
Le concerné faisait face à un des murs de sa chambre. Une trace sombre tâchait le papier peint sable. Du verre brisé au pied du mur.
 
Son ami lui lança un regard noir. Le barman reconnu immédiatement l'odeur de la vodka en se rapprochant. La blanche qu'il avait vu pleurer avait effectivement raison. Mikoto Suoh avait bu.
 
-Qu'est-c'que tu m'veux, Izumo ? Demanda-t-il froidement, la voix légèrement déformée par l'alcool.
 
Il était bel et bien saoul.
 
-Mais enfin... Il t'arrive quoi ces derniers temps ?! Tu crois que Lassia est du même genre que les filles que t'as mis dans ton lit ?! Arrête de la faire souffrir comme ça, c'est une fille bien !
-Oh...
 
Il tourna la tête vers le blond, son regard furieux.
 
-Tu oses me dire ça à moi, Izumo ?
-Qu'est-ce que tu veux dire ? Demanda-t-il, les sourcils froncés.
-Tu te crois permis de me faire la morale alors que tu la dragues à moitié à poil, et que t'en es si proche, enfoiré ?!
 
Il envoya son poing de feu vers son ami. Mais le blond savait pertinemment que même sous l'alcool, il ne le frapperait pas. Et il avait raison.
Mais Izumo en avait conclu qu'il les avait vus.
 
Mikoto, résigné, envoya son poing dans le mur.
 
-Tu t'en veux, c'est ça ?
 
Il pesta. Il prit ça comme un oui.
 
-Va dormir, et ne touche plus à l'alcool. Tu l'as dit toi-même : quand tu bois, tu fais que des conneries, déclara Izumo en prenant la bouteille de vodka.
 
Le blond allait partir, mais le rouge se frappa la tête contre le mur.
 
-Tu es désespérant des fois, Mikoto...Soupira-t-il.
 
Le roi se laissa tomber au sol, à moitié conscient. Le barman s'en rendit compte, posa la bouteille au sol, et épaula son ami jusqu'à son lit, le laissant se reposer tout en se demandant si toute cette histoire se finirait bien, et si son ami, qui ne s'était jamais posé jusqu'alors, ne serait pas, finalement, tombé sous le charme de la blanche.
 
 
Je regardais le parquet, agenouillée par terre. J'essuyais les quelques larmes qui roulaient encore. Je ne me faisais pas d'illusion. Il ne se souviendrait pas. Ça n'avait pas d'importance pour lui. Mais pourquoi avait-il tant changé ? Ça, je ne le comprenais pas.
 
-Lassia, ça va aller ?
 
Le blond était revenu, posant une bouteille sur son bureau. Je me relevais.
 
-Ouais... Désolée pour tout ça.
-Arrête de t'excuser, ce serait plutôt à Mikoto de le faire...
 
Il soupira.
 
-Mais... il a des problèmes ? Je veux dire, il a bien dit qu'il ne buvait jamais...
 
Il me regarda, surpris. Un petit sourire apparu.
 
-Tu es vraiment une gentille personne Lassia. On va dire... Qu'être roi n'est pas de tout repos, mais quand même, il ne craque jamais comme ça. Enfin, c'est la première fois qu'une fille, autre qu'Anna je veux dire, fait partie du clan, aussi.
-Juste... Une fille, hein...
 
Izumo compris ce que j'insinuais. Juste une fille en âge de le faire, quoi. Une simple fille...
 
-Lassia, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire...
-Je sais, Izumo, me repris-je. Enfin, je ne suis pas du genre à me laisser abattre même si je peux avoir mes moments de faiblesse. Peu importe ce qu'il pense, je tiendrais ma promesse. A demain Izumo.
 
Je passais le pas de la porte, rejoignant la mienne cette fois. Je sentais que nous étions plus proches. Pas proche comme je le voulais avec Mikoto, mais plus proche que les autres membres, fraternellement. Il m'avait épaulé bien des fois, alors bon...
 
Le lendemain, Mikoto m'évitait clairement. Et semblait faire de même avec Izumo. Il était en colère ? Mais ce serait à moi de l'être ! Il détournait le regard à chaque fois que le mien croisait le sien. Pas croyable.
 
Assise au bar, je pris mon arme, me levais, et excédée, partis faire un tour.
Mais j'avais oublié que le rouge m'avait devancé, et j'étais à peine sortie que je vis Mikoto, adossé à un mur, semblant perdu dans ses pensées. Quand il me vit, il voulut retourner à l'intérieur. Je lui bloquais le chemin avec mon arme.

 

-C'est quoi ton problème à la fin ?!
-Laisse-moi passer, ordonna-t-il froidement.
-Je t'interdis de me traiter comme une de tes subordonnés, Mikoto !
 
Il soupira, puis planta ses yeux d'ambre dans les miens. Il semblait...triste ? Perdu ? Mais pourquoi ?!
 
-Tu peux m'en parler si tu as un problème, mais arrête de faire n'importe quoi enfin !
 
J'étais incapable de lui en vouloir, même après hier. Après tout, il n'était pas dans son état normal. Mais voulant m'en assurer, je lui posais la question fatidique.
 
-Tu te souviens d'hier soir ?
-Hier soir ?
 
Je vis dans ses yeux qu'il ne comprenait pas de quoi je parlais. Je soupirais. Il ne s'en souvenait vraiment pas, alors. Pourtant la douce chaleur de ses lèvres était restée gravée sur les miennes.
 
-Tu inquiètes tout le monde, moi y compris, et Izumo aussi...
 
Je le sentis se figer. Il saisit mon fourreau qui lui bloquait le passage, le regard sombre, et l'écarta brutalement. Mais alors qu'il aurait pu me faire mal en étant brutal jusqu'au bout, il s'arrêta au dernier moment pour que ça n'arrive pas, soupirant. Enfin, il le lâcha, puis rentra, sous mon regard incompréhensif.
 
Sobre, il ne voulait pas me faire de mal, c'était évident.
 
Je soupirais une nouvelle fois, remettant mon arme en place. Quelques secondes plus tard, une femme voulu passer. Trouvant suspect qu'une femme veuille entrer au HOMRA, surtout qu'elle n'avait pas l'air de venir pour le bar, je dégainais ma lame pour lui bloquer le chemin. Elle était habillée d'une longue robe bleue ciel sexy chique.
 
-Qui êtes-vous ? Demandais-je froidement.
-Oh... Une petite nouvelle ?
 
Elle regarda avec insistance mon tatouage.
 
-Oui, et alors ? Répondez à ma question.
 
Elle passa ses mains parfaitement manucurées dans ses longs cheveux noirs soyeux avant de me regarder avec dédain.
 
-Tu ne dois pas être au courant, ma petite. Je suis une « grande amie » de Mikoto, si je puis dire. Laisse-moi passer, c'est lui-même qui m'a demandé de venir, n'importe qui pourra te le confirmer au HOMRA.
 
Je n'aimais pas ce qu'elle insinuait. Je n'aimais pas qu'elle l'appelle par son prénom. Je n'aimais pas son attitude supérieure. Mais je ne pouvais pas l'empêcher de passer, sachant que de toute manière elle serait vite mis à terre si elle osait foutre la merde. De ma main, où de celle de quelqu'un d'autre.
 
Je rangeais mon arme, toujours le regard noir. Elle passa à côté de moi.
 
-Lâche l'affaire avec Mikoto, tu n'es qu'une gamine, qu'est-ce que tu veux qu'un homme comme lui fasse de toi ? A part s'amuser, évidemment. Enfin, si tu avais quelque chose pour plaire.
 
Ces mots m'avaient cloué sur place. Sale garce, qu'est-ce qu'elle voulait à Mikoto ?! C'était lui qui l'avait demandé, en plus ?!
 
Je ne pouvais pas m'empêcher d'être jalouse, et blessée. C'est vrai, j'étais sûrement qu'une gamine. Peut-être même que... Hier soir... Il m'avait bien dit que l'alcool faisait céder plus facilement à l'impulsivité ceux ayant un pouvoir puissant. Alors, hier soir, avant qu'il se lève, c'était le verre de trop, et il ne s'est plus contrôlé. Juste parce que j'étais la seule fille... « mature »... Il a eu une pulsion, c'est tout. Ça aurait pu arriver avec n'importe qu'elle autre fille « mature ».
Il ne s'en souvenait pas, de toute façon, ça ne servait à rien de se torturer ! Alors, si tout ça n'était dû qu'à l'alcool, et en rien à un quelconque sentiment... Le fait qu'il ait été si gentil au début n'était sûrement rien de plus que de la gentillesse fraternelle. Mon c½ur se serra. Je ne représentais rien pour lui, une gamine de 18ans, même pas majeure dans son pays, ou peut-être sa petite s½ur de c½ur à la limite, mais c'est tout.
 
Rien. Qu'une gamine. Face à un homme de 24ans possédant autant la force, le pouvoir, et les femmes.
 
Je ne pouvais rien lui apporter. Rien, à part un amour à sens unique, et un bouclier et une lame inutiles.
 
Je n'avais plus aucune idée de quoi faire de cet amour vain...
 
Je fis une longue patrouille sous le ciel obstrué. Puis, de nouveau devant le bar, je pensais rejoindre ma chambre. Peut-être pour essayer de me convaincre d'abandonner cet amour, ce premier amour, et je le savais, dernier. Je n'étais jamais tombée amoureuse d'un autre avant. Ce n'était sûrement pas pour rien. Mais je n'étais sûrement pas la seule fille étant tombée sous son charme. C'était ridicule d'imaginer que j'avais la moindre chance, moi, une simple gamine qu'il avait aidée à gagner sa liberté.
 
Je n'étais rien d'autre.
 
Je remontais dans le couloir, devant ma chambre, mais cette porte me séparant de l'homme que j'aimais, je ne pouvais pas m'empêcher de la fixer.
Rien qu'une fois. Je vais lui parler une dernière fois. Et voyant ce que ça donne, j'abandonnerais ou non.
Mais la dernière fois.
 
Je toquais donc, une dernière fois, attendant devant cette porte. La plupart m'aurait pris pour une folle, mais c'était plus fort de moi.
J'entendis des bruits, qui m'inquiétèrent. Et je crois que je ne pouvais pas imaginer pire. Mais refusant de comprendre de quoi il s'agissait, je restais plantée là, à attendre, tête baissée, stressant.
 
Il finit par ouvrir la porte. Mais sa tenue...confirma mes craintes. Je me figeais, mes pupilles se contractant, en voyant qu'il ne portait qu'un drap blanc autour de la taille, des perles de sueurs sur le corps. Ma tête remonta difficilement pour faire face à son visage médusé.
 
En effet, il ne fut pas dans un meilleur état lorsqu'il se rendit compte que c'était moi. Et il ne savait visiblement pas quoi dire. Ou alors, il n'y arrivait pas. Tout comme moi.
 
Parfaitement sobre.
 
Mais une voix se fit entendre. Une voix de femme. Une voix que j'avais déjà entendue.
 
-Mikoto chéri, qui est-ce qui vient nous déranger après un moment si intime ?
 
Cette voix suave appartenait bien... à la femme que j'avais vue quelques temps avant, nue, se collant contre l'homme que j'aimais.
Mon c½ur se brisa en mille morceaux, serrant les poings, je me retournais. Je commençais à marcher, le regard sombre.
 
-L-Lassia, attends !
-Laisse-la, Mikoto chéri~ Ce n'est qu'une gamine~
-La ferme et arrête de m'appeler comme ça ! Lâche-moi Minerva ! LASSIA !
 
Je courrais, pleurant, encore. Mais je pleurais comme jamais je n'avais pleuré. Passant devant Izumo, devant Yata, devant tout le monde, mes cheveux cachant mes yeux, finissant par ressortir du bar. Je courrais aussi vite que je le pouvais, même si les garçons m'appelaient et essayaient de me suivre.
 
Une pluie diluvienne s'abattait sur la ville de Tokyo. Une pluie comparable à ma peine, comparable à mes larmes.
 
Pourquoi ?! Pourquoi y avait-il fallu que je l'aime lui ?! Que j'aime cet homme inaccessible, cet homme pour qui je ne représentais rien ?!
 
J'avais mal, je lui en voulais. Alors qu'il n'y avait aucune raison. Il ne me devait rien, et pourtant, me prendre la réalité en pleine face était horriblement insupportable.
 
Je voulais partir, loin, loin de ce lieu que, pourtant, j'aimais. J'aimais ce roi rouge. J'aimais ce clan rouge. J'aimais tout chez eux, je me sentais chez moi là-bas, mais mon c½ur ne pouvait plus en supporter davantage.
 
C'était trop pour moi, cette fois. Je voulais le protéger. Je voulais vraiment, par-dessus tout, le protéger. Mais non seulement il n'en avait pas besoin, mais en plus, j'étais inutile. Sur tout la ligne. Depuis le début, je n'avais servi à rien.
 
A RIEN SUR TOUTE LA LIGNE, PUTAIN !
 
Je finis par m'arrêter, trempée jusqu'aux os, regardant ce ciel sombre. Que faire ? Me laisser mourir ?
 
C'était pas mal comme idée, ça.
 
-Tiens donc... Mais ne serait-ce pas ma chère Lassia ?
 
Cette voix...
 
Je regardais celui qui se tenait en face de moi.
 
-Qu'est-ce que tu veux encore Fushimi ? Demandais-je, blasée, regardant de nouveau le ciel.
 
Il arqua un sourcil.
 
-Eh bien, ça n'a pas l'air d'être la grande forme dis-moi.
-Va te faire foutre.
 
Il ria, et se rapprocha de moi, me tendant la main.
 
-Allez, fini les conneries. Rentre, je plaiderais en ta faveur pour qu'on ne te tue pas.
 
Mon regard se posa de nouveau sur cette main tendue.
 
« Rentrer »... ?
 
Mais je n'eus pas vraiment le temps de faire mon choix que je sentis une vive douleur dans la nuque. Fushimi avait profité de mon moment de faiblesse pour m'assommer.
 
 
Cet incident avait eu lieu il y a maintenant deux semaines. Deux semaines où le roi rouge et son clan n'avaient pas trouvé une seule trace de la blanche et s'inquiétaient énormément pour elle. Surtout Izumo Kusanagi, qui était le seul au courant de l'amour que portait la jeune fille pour Mikoto Suoh. Le roi rouge avait vraiment merdé sur ce coup-là, et il le savait très bien.
 
La jeune fille l'avait vu comme ça, juste après avoir fait l'amour avec cette Minerva, qu'il appelait lorsqu'il avait besoin d'assouvir ses pulsions. Elle aimait ça, mais lui n'y prenait aucun plaisir. Il n'y avait aucun amour là-dedans.
Mais lorsqu'il s'était retrouvé face à Lassia après avoir accompli cet acte, l'expression qu'elle eut ce soir-là, il ne pourrait pas l'oublier. Elle avait été émotionnellement brisée. Et il en était le fautif. Et ça le rendait fou. Fou non seulement d'avoir fait ça, mais en plus de ne pas comprendre pourquoi ça le mettait dans cet état. C'était loin d'être la première fois, mais là c'était différent, et il aurait dû le savoir.
 
Ce soir-là, il renvoya Minerva en précisant bien qu'il n'aurait plus jamais besoin d'elle. Il ne voulait plus blesser personne. Et surtout pas Lassia qui, il espérait, reviendrait vite.
 
Mais cela faisait maintenant deux semaines qu'il attendait. Qu'il l'attendait, pour pouvoir lui parler, pour pouvoir faire quelque chose, pour pouvoir la revoir.
 
Puis vint le jour où les bleus cherchèrent de nouveaux des ennuis aux rouges. Le roi rouge, se contenant depuis longtemps de se défouler, puisqu'il savait très bien qu'utiliser son pouvoir comme ça m'était sa vie en danger, s'embrasa pour tout calciner.
 
Mais sachant qu'il n'arriverait pas à se calmer, il se laissa capturer par ce clan ennemi, préservant ses hommes au passage par le biais d'un accord de non-agression.
 
Pendant des jours, qu'il ne comptait plus, Mikoto Suoh, mains liées par de solides chaînes, passait son temps allongé sur ce qui lui servait de lit qui n'était rien d'autre qu'une simple planche en bois, regardant le mur de pierre lui faisant face. Ses journées se résumaient à réfléchir, dormir, et se faire maltraiter sans broncher.
 
Lassia. Il ne pouvait pas se l'enlever de la tête. Il voulait savoir ce qu'elle faisait, où elle était. Il voulait, pour la première fois, partager quelque chose d'autre qu'un pauvre plan cul avec une fille, bien que ce n'était jamais lui qui avait été cherché les autres.
 
Mais ce jour-là, il s'assit sur cette planche, sentant que quelque chose se passait.
Ce jour-là, il entendit quelque chose qui le fit réagir après tout ce temps resté passif.
Ce jour-là, il entendit une conversation entre deux bleus.
 
-Alors, elle est enfin prête pour le bal de ce soir ?
-Ouaiiiiis ! Il en aura fallu du temps, mais c'est aujourd'hui ! Cette traîtresse va enfin être docile !
 
Un rire sordide résonna.
 
-Cette fille... Je suis sûr qu'elle va enfin se laisser faire maintenant.
-Je te rappelle qu'elle est réservée à Fushimi !
-Ouais, enfin... Je suis certain qu'il nous laissera nous amusé un peu avec !
-T'as raison, Lassia va enfin comprendre sa douleur, si tu vois c'que j'veux dire !
 
Un nouveau rire sordide.
 
Mikoto Suoh avait le regard sombre. Il se leva. Et dans un coup sec, rompit ses chaines d'un simple geste de bras. Puis, il fit fondre les barreaux qui le gardait prisonnier, et envoya s'encastrer ses mecs qui avait osé insulter la fille qu'aimait le roi rouge, même si ça, il ne l'avait pas encore compris.
 
Il sortit de cette prison, les poings en feu, faisant face à ses ennemis les bleus.
Mais la peur qu'il provoquait grâce à son regard rougeoyant fut telle qu'ils le laissèrent passer sans résister.
 
Ce jour était le jour où il allait chercher cette fille qui était devenue si importante pour lui.
Le jour où tout allait rentrer enfin dans l'ordre.
 
Il prit alors un téléphone à un des bleus, et tapa ce simple message avant de l'envoyer à son bras-droit:
 
« Ce soir, QG des bleus. On va chercher Lassia. »
 
Puis il fit fondre l'appareil pour qu'ils n'aient pas le numéro d'Izumo, avant de partir en direction du QG en question.
 
 
Le calme était toujours présent dans la grande salle de bal du roi bleu, une douce musique orchestrale en fond. Des tables nappées de blanc proposaient tout un tas d'amuse-gueules et de boissons sur un carrelage doré étincelant. Au fond de cette salle jouaient des musiciens qui excellaient dans leur domaine sur une petite scène en bois sombre.
 
Un homme se démarquait des autres de par la personne qui lui tenait compagnie, tenant machinalement son bras : la seule fille de la salle. Une jeune fille aux longs cheveux blancs coiffés en un élégant chignon, deux mèches bouclées lui tombant devant le visage. Elle portait une robe bustier rose pâle lui arrivant aux genoux, deux petites manches couvrant ses épaules. Seuls ses grands yeux d'un magenta profond transcendaient avec ces couleurs claires lorsqu'elle les ouvrait, y compris avec la blancheur de sa peau.
 
Mais ces si beaux yeux n'exprimaient que du vide.
 
Une explosion, détruisant l'un des murs de pierre, dérangea cette tranquillité mondaine.
 
-Putain, c'est quoi ça encore ?! Jura le brun, posant rageusement son verre sur la table.
 
Une fumée grisâtre s'échappait maintenant du trou. La jeune fille tourna machinalement la tête.
 
Un homme, puis deux, puis une dizaine. Venu dans un seul but.
Le plus important apparu alors devant tous les autres.
 
Le brun, comprenant ce qu'ils faisaient là, plaqua la jeune fille sur son torse, riant aux éclats.
 
-Ne me dites pas que vous avez fait tout ce chemin juste pour une poupée sans âme ?
 
La seule réponse qu'il obtint fut une brique reçu en pleine tête.
 
Tous ces hommes étaient maintenant sortis de la fumée, visages bien apparent. Visages menaçant, et en colère.
 
-Vous allez lui foutre la paix maintenant, ordonna le blond.
 
Le chef, le roi rouge, ne faisait que toiser Fushimi du regard. Un regard qui n'avait pas besoin de s'encombrer de mots pour se faire comprendre.
Le brun était tombé au sol sous le choc de la brique, saignant du front. La blanche, qui était maintenant à genoux, regardait le sol.
 
Izumo lui tendit la main, ce qui lui fit relever la tête vers lui. Mais le rouge ainsi que le blond comprirent qu'elle n'était pas dans son état normal.
 
La dizaine d'hommes qui les avaient accompagnés faisaient en sorte que les subordonnés bleus n'interviennent pas.
 
Voyant que la jeune fille n'avait aucune réaction, Mikoto Suoh était sur le point de la prendre par le poignet pour la relever, dépassant Izumo.
 
-Lassia, mode d'attaque, maintenant !
 
Un claquement de doigt. En un éclair, la blanche saisit l'arme du brun et la brandit devant les deux autres.
 
Le regard du rouge s'assombrit alors que le blond essaya de raisonner la blanche, en vain.
 
La blanche enchaîna plusieurs attaques contre le roi rouge qui s'approchait de plus en plus. Il était maintenant égratigné à plusieurs endroits, car ne cherchant pas à esquiver les coups de son adversaire.
 
-Qu'est-ce que tu fous, inutile ?! On t'a appris à tuer, pas à égratigner, empotée !
 
La blanche était maintenant essoufflée, faisant toujours face au rouge de façon inexpressive.
 
Mais si, malgré son état, elle n'arrivait pas à tuer Mikoto Suoh, c'était que sa conscience était encore là, quelque part. C'est ce que pensa le roi rouge.
 
-Il t'a brisé le c½ur, ait un peu plus de hargne !
-MAIS LA FERME, TOI ! S'exclama Izumo qui lui venait de lui envoyer une attaque enflammée.
 
La blanche resserra ses mains autour de son arme, et fonça alors sur Mikoto Suoh.
 
Des gouttes de sang tombèrent au sol. Le rouge avait arrêté, à main nue, l'épée de la jeune fille, avant de la pointer vers sa gorge.
 
-Si tu veux te venger de ce que j'ai fait, alors vas-y. Tue-moi.
 
Ce fut la première fois qu'il dessella une émotion chez elle : la confusion. Ses grands yeux magenta s'étaient écarquillés.
 
L'homme profita de ce moment de confusion pour envoyer valser l'arme à plusieurs mètres d'eux. Puis, dans un dernier geste, il passa son bras droit dans le dos de la jeune fille pour la plaquer contre son torse.
 
-Lassia, je ne voulais pas te blesser, crois-moi, murmura-t-il, de sorte qu'il n'y ait qu'elle qui l'entende.
 
La blanche se figea. Le rouge avait raison. Sa conscience était bien là, quelque part, malgré les manipulations des bleus.
 
-M-Merde... Lassia, mode répulsion, maintenant !
 
Un autre claquement de doigt. Fushimi esquiva cette fois l'attaque du blond, qui pourtant était puissant, bien qu'il ne se battait que très rarement.
 
La tête de la blanche se pencha en arrière, avant de se reconcentrer sur le rouge. Elle envoya alors une multitude de coups pour se dégager, en vain. Mikoto la tenait maintenant à deux bras. Il ne la lâcherait pas. Pas maintenant qu'il l'avait enfin retrouvé.
 
Izumo était sur le point de poursuivre Fushimi, lorsqu'une femme se mit en travers de son chemin. Le bras-droit du roi bleu, seule femme du clan si on omettait Lassia.
Le blond n'eut pas d'autre choix que de se battre contre elle, laissant le brun faire ce qu'il voulait, bien que son roi pouvait le combattre.
 
-Finis de jouer maintenant, mon cher Mikoto, déclara Fushimi, regardant, amusé, la scène qu'il avait provoqué.
-Lassia, reprends-toi. Tu n'es pas une bleue !
 
Les coups s'arrêtèrent. Sur le coup, le rouge relâcha sa prise. Mauvaise idée.
La blanche en profita pour lui envoyer un fulgurant coup dans l'estomac. Sous la surprise, il recula, laissant une fraction de seconde suffisante pour que la jeune fille retourne auprès du brun.
 
-T'en as mis du temps ! Enfin. Mode passif, maintenant, ordonna-t-il calmement, toujours accompagné d'un claquement de doigt.
 
Les traits de visage de la blanche se détendirent, retrouvant un visage inexpressif.
 
-Mais qu'est-ce que tu lui as fait, ordure ?! Demanda le rouge tout en envoyant un regard menaçant au brun, se tenant l'estomac.
-Oh, rien de spécial... Mais grâce à toi, tu as rendu possible la première arme humaine !
 
Ses yeux d'ambre s'écarquillèrent, montrant son incompréhension.
 
-Tu n'as pas l'air de comprendre, mon pauvre... Cette fille avait depuis longtemps le parfait potentiel pour devenir la première arme humaine jamais créée. Mais elle ne voulait pas se laisser manipuler comme ça, cette chieuse.
 
Il passa un bras autour de sa taille pour la serrer contre lui.
 
-Mais tu nous as fourni la faille dont nous avions besoin. Tu as brisé cette détermination et nous en avons profité. Et voilà le résultat. Ce n'est pas encore parfait, mais tout de même, ce n'est pas trop mal. Enfin, tu crois peut-être qu'elle se souviendra de toi, n'est-ce pas ? Juste parce qu'elle a hésité à te tuer ? Laisse-moi briser tes espoirs, roi rouge.
 
Il remonta le visage de la blanche vers le sien de sa main droite. Puis redirigea son visage vers le rouge, lui laissant tout le temps de le regarder.
 
-Mikoto Suoh, le roi rouge, celui que tu as aimé. Non, rien ? Tu es sûre, Lassia ?
 
Aucune réaction ne passa ce visage de marbre. Le concerné eu un pincement au c½ur qu'il ne pouvait pas expliquer. Il était bel et bien blessé de cette amnésie.
 
-Donc, je disais... Reprit-il en redirigeant le visage de la blanche vers le sien. Nous ne pourrons jamais assez te remercier, Mikoto Suoh. Cette fille vous mènera à votre perte, et tu imagines bien que je serais aux premières loges lorsqu'elle détruira votre minable QG, ainsi que tous ses membres. Allez, finis de jouer. Il est temps de l'activer complètement.
 
Mikoto Suoh en resta figé. Tout ça était de sa faute ? L'état dans lequel était Lassia... était sa faute ?!
 
Fushimi rapprocha son visage de la blanche, posant perversement ses lèvres sur les siennes, échangeant ensuite un baiser plus approfondi auquel la jeune fille répondit.
 
Le c½ur du rouge se serra. C'était bien la première fois qu'il ressentait une chose pareille. Son regard s'assombrit de nouveau, et envoya un fulgurant coup de poing au bleu qui vint percuter le mur le plus proche, rappelant la dernière fois qu'il l'avait vu.
 
Le rouge reprit la jeune fille dans ses bras, arrachant rageusement le morceau de tissu recouvrant son épaule droite de sa main blessée, y déposant une trace de sang au passage.
 
-Lassia, tu n'es pas une bleue. Tu n'es pas une arme humaine. Tu n'as pas à rester ici. Tu n'as pas à faire ce qu'il ne te plait pas ! 
 
Il dirigea doucement le visage de la jeune fille pour qu'elle regarde ce tatouage qui était le symbole de beaucoup de choses, dans l'espoir de la faire réagir.
 
-Tu perds ton temps, pauvre roi rouge ! Ce baiser passionné était la clé d'activation totale ! Enfin, son premier baiser, pour être exact. Plutôt simple, vous allez me dire. Mais pour une fille, 'parait que c'est super important émotionnellement, qu'elle connerie !
 
Le brun s'était relevé difficilement tout en déblatérant ces inepties. Ses derniers mots semblaient avoir interpellés Izumo, qui manqua de se faire trancher par son ennemie, ce que remarqua le rouge, mais pas le brun.
 
 
J'avais l'impression d'être dans un sommeil extrêmement profond. Un sommeil que je ne voulais pas quitter. Soudain, je me pris une vision devant les yeux. Le symbole du HOMRA... ? Pourquoi...maintenant ? Mon épaule ?
Et c'était quoi cette chaleur que j'avais l'impression de connaitre ?
 
Pourquoi après tout ce temps...je la sentais encore ?
 
-Je ferais ce qu'il faut pour que tu redeviennes toi-même... Lassia... SUOH !
 
Je me figeais. J'avais bien entendu... ce que j'avais entendu ?
Mais cette chaleur, je voulais l'approcher, la saisir, la comprendre.
Je tendis les bras vers cette chaleur si agréable et familière, jusqu'à prendre conscience de ce que j'avais réellement fait.
 
-L-Lassia... ?
-Quoi ?! Ah non ! Pas question ! Lassia, mode--
-TA GUEULE !
 
Cette voix...
 
-Lassia, tout va bien. Tu n'es plus toute seule.
 
Cette main qui me tenait fermement l'épaule droite... Cette main ensanglantée...
Je posais ma main gauche dessus. Pour une raison qui m'échappa, je pris alors pleinement conscience de la personne qui me tenait fermement depuis un moment déjà, et que j'enlaçais maintenant aussi, mon regard ayant retrouvé signe de vie.
 
-Miko...to... ?
 
Il me desserra pour me regarder, n'en croyant pas ses yeux. Je lâchais ma prise à mon tour.
 
-Pourquoi ?! Pourquoi ça n'a pas marché alors que j'ai été obligé d'embrasser cette traînée ?!
 
Je voulus me retourner, par réflexe, vers cette voix agressive, mais Mikoto m'en empêcha, me recalant contre son épaule d'une main, envoyant une dernière attaque enflammée de l'autre, faisant taire pour un moment le mec, que j'avais maintenant reconnu comme Fushimi.
 
-Je vous ai encore causé des ennuis, hein... ? Dis-je, tristement.
-Ne dis pas n'importe quoi, répondit-il en me resserrant encore un peu contre lui.
 
Je me souvenais alors pourquoi j'étais partie du HOMRA. Cette raison me faisait toujours mal à un point inimaginable. Néanmoins, j'avais eu la preuve que les quitter n'était pas la bonne solution.
Et que pour une raison quelconque, Mikoto voulait que je reste.
« Lassia...Suoh !»
Il devait finalement me considérer comme sa petite s½ur. 
 
 
-Lassia ! S'exclama le blond en nous rejoignant, ayant enfin mis à terre son adversaire.
-Izumo... Soupirais-je alors en tournant la tête vers lui.
 
Mikoto me lâcha alors, comme s'il s'en sentait obligé pour je ne sais quelle raison.
 
Mais sa main était en sang... Son sang.
 
J'attrapais cette main blessée avant qu'elle ne me quitte, surprenant les deux. De l'autre main, j'arrachais silencieusement un morceau de la robe que je portais pour lui faire un bandage de fortune.
 
-« Suoh »... Murmurais-je, tenant toujours sa main.
-J'ai dit ça pour te faire réagir. Mais si tu veux de mon nom, je te le donnerais.
 
Je restais silencieuse, regardant cette main que je ne voulais pas lâcher. Cette main qui m'avait aidé tant de fois. Cette main qui avait tenu les miennes si souvent.
 
-Ce que je veux...
 
Les deux me regardèrent avec insistance, attendant la fin de ma phrase.
 
-Je veux rentrer, dis-je enfin, serrant fermement ma prise de mes deux mains. Je veux de ton nom. Je ne veux plus jamais que ce sentiment que j'ai quand je suis avec vous disparaisse. Mais surtout...je veux juste... être avec vous, avec toi, pour toujours !
 
Peu importait s'il me rejetait après ça. Je n'en avais rien à faire s'il avait deviné mes sentiments. Je m'en fichais de tout ça. J'avais pour la première fois de ma vie dit ce que j'avais sur le c½ur, des larmes perlant sur mes joues dû à tout ce qu'il s'était passé.
 
-Izumo, l'interpella le rouge.
 
Le blond acquiesça, comprenant ce que son ami voulait dire. Puis il resserra ma main, me faisant le regarder, surprise.
 
-Alors on rentre.
 
Il m'offrit un doux sourire, puis essuya doucement mes larmes de sa main libre, faisant rosir mes joues au passage. Enfin, il me porta dans ses bras sans que je puisse m'y opposer.
 
Je n'en avais ni la force, ni l'envie, de toute façon.
 
Avant de passer par le trou qu'ils avaient fait, une fois que tous les autres s'étaient regroupés sous les ordres d'Izumo, le rouge déclara une dernière chose.
 
-Vous avez été beaucoup trop loin cette fois. Vous avez voulu la guerre, alors vous l'aurez. Lycée Ashinaka, dans deux semaines, à 16h. Vous verrez ce qu'il en coûte... de s'en prendre à une personne comme elle !
 
Je cru halluciner ses derniers mots, regardant cet homme qui m'avait fait prendre conscience que j'avais un c½ur. Il avait fini sa phrase en envoyant une gerbe de flammes, ses yeux devenus magenta, avant de partir. On pouvait y lire une vraie colère. Et pas une petite.
 
Mais je me rappelais. Son nom... J'eus un sourire ironique. Porter son nom ne voulait dire qu'une chose. Il me considérait comme importante. Comme de la famille. Alors, c'était évident, maintenant. J'étais comme sa petite s½ur.
 
C'était pas de bol, quand même. J'avais de nouveau une forte envie de pleurer. J'étais vraiment censée renoncer, alors qu'il se comportait comme ça ? Même en sachant que ce n'était que fraternel, ça ne pouvait pas être si simple.
 
-Ne t'inquiète pas, elle ne risque pas de revenir. Et même si elle ose le faire, elle ne ressortira pas de notre bar indemne.
 
Il me rassurait ? Ça avait stoppé mon envie de larme, en tout cas.
 
Mais j'étais heureuse, malgré tout. Ils étaient venus me chercher. Mikoto Suoh était venu me chercher. Me chercher moi, et pas quelqu'un d'autre.
 
Alors je me contenterais de ce potentiel amour fraternel qu'il me portait. C'était déjà énorme venant de sa part, je n'allais pas demander la lune. Lui déclarer malgré tout mon amour ? Peut-être, un jour... Mais rien de certain, je ne voulais rien briser entre nous.
 
Cependant, je pris une décision. Il fallait mettre de la distance entre nous. Je devais arrêter de me comporter comme je le faisais. Alors je l'appellerais par son nom, comme tout le monde. Par ce nom qu'il m'a offert. Je le considérerais comme un ami, mais avant tout, je n'oublierais pas qu'il s'agit de mon roi. Dans tous les sens du terme.
 
Sans que je m'en rende compte, je finis par m'endormir dans ses bras. Tout ce bordel avait dû m'épuiser au plus haut point.
 
Je dormais paisiblement depuis un petit moment déjà, quand je sentis que j'étais en mouvement, dans un véhicule. Mais la chaleur que j'avais attrapée auparavant était toujours là.
 
-Izumo... Ce qu'a dit Fushimi... J'ai vraiment fait...une chose pareille ?
 
Une légère pression sur ma main droite se fit sentir. Je me réveillais à moitié, mais n'ouvris pas les yeux.
 
-Ce n'est pas à moi de te parler de ça, Mikoto...
 
J'entendis un soupir. Puis je sentis que l'on touchait à mes cheveux, chose qui me fit ouvrir les yeux et me redresser lentement.
 
Je pris donc conscience de l'endroit où j'étais, papillonnant légèrement des yeux. Dans une voiture très spacieuse, agenouillée sur une banquette, Mikoto la main droite derrière ma tête et Izumo à côté.
 
Il en était resté figé, tellement il avait été surpris de ma réactivité.
Je sentis mes cheveux dans mon cou, alors qu'avant, ce n'était pas le cas. Il m'avait donc détaché les cheveux ?
 
Mon regard fut intrigué et encore légèrement endormi.
Il finit par ramener sa main vers lui, détournant le regard.
 
-C'est juste... que t'es mieux les cheveux détachés. C'est tout.
 
Il avait les joues roses. Je pris une mèche couleur neige entre mes doigts. Le premier compliment direct de Mikoto Suoh étant sobre. Je ne me faisais pas de films, évidemment. Mes joues étaient dans le même état que les siennes, mais un sourire triste ne put s'empêcher de se montrer.
 
-Comment tu te sens Lassia ? Tu t'es endormie d'un coup, ça nous a inquiété tu sais, déclara Izumo, me faisant le regarder et retrouver un visage normal, me mettant en position assise à côté du rouge.
 
Vu ma position, j'en avais déduis que j'avais dormis sur ses genoux.
 
-Désolée, je crois que tout ça m'a épuisé. Fushimi vous a posé pas mal de problèmes si j'ai bien compris...
 
Le rouge serra les poings.
 
-Lui il revient, il s'en sort pas vivant.
-Pourquoi est-ce que tu es si énervé ?
 
Il me regarda, stupéfait.
 
-Tu n'es pas en colère contre lui toi ?!
-Si, pour toute la pagaille qu'il a provoqué.
-C'est tout ?!
-Il a quelque chose en particulier ?
-Tu...ne te souviens vraiment pas de ce qu'il t'a fait ?!
 
Ce fut mon tour d'être étonnée. Mais je ne voyais pas du tout de quoi il pouvait parler.
 
-Non, je n'en ai pas la moindre idée. Enfin... Si je me souviens bien de ce qu'ils voulaient faire avant d'intégrer le clan rouge, ils voulaient me faire des modifications mentales, des trucs comme ça, je n'ai pas vraiment compris. Ils n'arrêtaient pas de dire que j'en serais ressortie plus forte. Mais je le sentais pas leur truc, alors, m'obstinant à refuser devant leurs insistances, je me suis enfuie. Le reste vous le savez déjà. Quant à la question du pourquoi moi, c'est sûrement à cause de ce que j'ai vécu avant. Une fille sans famille et sans attache nulle part, déjà blessée et trahie, ils pensaient sûrement que je n'avais pas de force émotionnelle, et que j'étais une pauvre fille dépressive. Malheureusement pour eux, ce n'est pas le cas.
 
Je leurs fis un grand sourire devant leurs regards tristes.
 
-Je n'ai pas dit ça pour que vous me preniez en pitié, mais pour que vous compreniez, alors arrêtez avec ces regards.
 
Mikoto tourna la tête, silencieux, le regard sombre, je crois.
 
-Nous savons mieux que quiconque que tu es une fille forte et gentille, ne t'inquiète pas. Tout le monde sait ce que tu vaux, nous en avons eu de nombreuses preuves.
-Merci, Izumo. Mais il faut dire que j'ai eu de bons exemples au HOMRA.
 
Mon regard divagua malgré moi vers Mikoto en particulier. Cet homme... Je l'aimais tellement. J'aurais voulu que cette chaleur que j'avais ressenti auparavant ne me quitte pas, mais c'était impossible...
 
Je jetais un ½il au paysage à travers la fenêtre, reconnaissant les rues. Nous étions presque arrivés.
Quelques minutes plus tard, la voiture s'arrêta. Izumo ouvrit la portière, puis descendit le premier, me tendant la main pour que je le suive. Je la pris sans hésiter, hâte à l'idée de revoir Anna et tous les autres.
J'étais à peine descendue que j'aperçu la fillette juste avant qu'elle ne me saute dessus, me serrant la taille de ses petits bras et me faisant lâcher la main de Izumo sous son regard doux.
 
-Anna... Fis-je en la serrant contre moi.
-Plus jamais...murmura-t-elle.
-Pardon ?
-NE NOUS REFAIS PLUS JAMAIS UN TRUC PAREIL ! On était mort d'inquiétude, on savait pas quoi faire ! Même Mikoto a...
 
Mikoto ? Qu'avait-il à voir là-dedans ? Je ne le saurais probablement jamais, puisque la blanche s'était arrêtée dans sa phrase en éclatant en sanglots, au moment où le concerné descendis de la voiture, l'air contrarié.
 
Je me mis à sa hauteur pour la prendre dans mes bras.
 
-Je suis désolée, Anna, je ne voulais pas te faire pleurer, je ne partirais plus jamais, je ne te le promets, alors arrête de pleurer, d'accord ? Lui-demandais-je en lui souriant.
 
Elle recula un peu, renifla et s'essuya les yeux. Elle finit par me faire un petit sourire, celui qui la rendait définitivement trop mignonne.
 
Un groupe avait fini par se former autour de la fillette et moi, les hommes du HOMRA, heureux de mon retour. Mais après ce moment d'euphorie, il y eut un silence. Je n'en compris la cause que lorsque le groupe s'écarta pour laisser passer une personne que je reconnus dès le premier coup d'½il.
Le roi rouge s'avança alors vers moi, tenant quelque chose dans sa main droite. Prenant à mon tour un air sérieux, je me tournais vers lui, l'attendant.
Il se mit donc devant moi quelques instants plus tard, et me tendis horizontalement mon arme par le milieu du fourreau.
 
-Tu as fait une promesse sur cette arme, et je sais que tu t'en souviens. Mais sache que tant que tu voudras être ici, faire partie de notre clan, alors on te défendra, on viendra te chercher le nombre de fois qu'il faudra, battant ceux qui t'empêchent de revenir. Les gars, Anna, Izumo, et moi. Peu importe qui est ton ennemi, il sera le nôtre. Le jour où tu as décidé de devenir une rouge, tu m'as soumis comme condition de ne pas te traiter comme une simple subordonnée, mais comme une véritable alliée. Sache que dès le début, je t'ai considéré comme telle.
 
Je saisis le fourreau à mon toujours, par le milieu, ma main juste à côté de celle de Mikoto, la touchant presque. Ces mains qui s'étaient liées si souvent.
 
-Bon retour, Lassia Suoh, sourit-il devant les airs ébahit des autres qui n'étaient pas au courant.
 
Il lâcha mon arme, puis je la rabaissais pour la mettre au niveau de ma taille.
 
-Merci, Mikoto Suoh, souriais-je à mon tour.
 
Je ne pouvais pas m'empêcher de lui porter un regard tendre. J'aimais tellement le voir sourire comme ça, c'était si rare. J'avais juré sur cette lame qu'il m'avait offerte de le défendre, coûte que coûte, même s'il n'en avait pas besoin, comme je l'avais pensé avant de m'enfuir ce soir-là.
Mais même si Mikoto Suoh était un homme puissant, il n'était sûrement pas infaillible. Alors si un jour, même si ce n'est qu'une seule fois, il a un problème, peu importe sa nature, je serais là. Toujours.
 
Le groupe avait fini par se dissiper, agressant presque Izumo qui n'était pas loin pour avoir des explications concernant mon appellation, nous laissant face à face avec Mikoto.
 
C'est alors que je repensais à ce qu'il avait dit avant de partir du QG des bleus. Je repris un air sérieux.
 
-Un problème ? Demanda-t-il sur un ton sérieux lui aussi.
-Mi—
 
Rappelle-toi Lassia, tu dois mettre de la distance entre vous.
Je fermai les yeux, résignée, soupirai discrètement avant de regarder de nouveau le rouge.
 
-Suoh, l'appelais-je à contrec½ur sous ses yeux étonnés, tu es sûr qu'une guerre est la meilleure solution ? Tu impliques ton clan entier juste à cause de ce qu'il s'est passé là-bas, ce n'est vraiment pas important alors—
-Je sais très bien ce que je fais, déclara-t-il le regard sombre et le ton grave. Mes hommes me font confiance et me suivront quoi que je fasse. Et je sais pertinemment qu'il n'y a plus d'autre alternative. Ils vont payer pour tout ce qu'ils ont fait, et tu ne pourras pas m'en empêcher.
 
Il se mit dos à moi, tourna légèrement la tête derrière lui puis lâcha ses derniers mots avant de rentrer au HOMRA :
 
-Mais je t'interdis de dire que tu ne vaux pas grand chose.
 
Ses derniers mots étaient accompagnés de son regard perçant, exprimant clairement de la colère une nouvelle fois. Mais celle-ci je ne la compris pas.
 
Après un moment de silence où j'étais restée plantée là, pensive à regarder le sol, Izumo posa sa main sur mon épaule gauche, me faisant relever la tête pour y découvrir un visage souriant.
 
-C'était pas très malin de lui dire ça tu sais.
 
Je rabaissais de nouveau mes yeux.
 
-Mais pourquoi ? J'arrive pas à comprendre là.
 
Il ria un peu, m'agaçant.
 
-Pardon, mais franchement, tu ne te souviens pas de ce que je t'ai dit peu après que tu m'aie fait comprendre que tu l'aimais ?
 
Mes yeux s'écarquillèrent en y repensant.
 
-Si... que j'avais de l'importance pour lui, et je m'en suis bien rendue compte quand vous êtes venus me chercher... Mais quand bien même, je préférerais que ce ne soit pas le cas !
-Pourquoi ? Demanda-t-il, étonné.
-Parce que c'est seulement fraternel, alors ça me faire encore plus mal que s'il n'y avait rien du tout ! Même si j'ai déjà une chance incroyable qu'il m'accorde cette importance... Alors si c'est la seule façon dont il tient à moi, je l'accepterais tant bien que mal, tenant ma promesse à tout prix, et en mettant de la distance entre nous, pour que je ne me fasse pas de fausses idées. Car j'ai peur de ne plus arriver à me raisonner...
-C'est donc ta décision ?
 
Je le regardais droit dans les yeux, déterminée.
 
-Oui, je pense que c'est la meilleure chose à faire.
-Et rien ne pourra te faire changer d'avis ?
-Non, absolument rien. 
-Même si...Mikoto en souffre ?
 
J'écarquillais les yeux, me confrontant à une pensée que je n'avais pas du tout envisagée, un vent tiède bousculant mes cheveux que l'homme que j'aimais avait détaché en m'accordant un précieux compliment au passage, ceux qui étaient si rares venant de lui.
Le regard vague, perdue dans mes pensées, je ne savais plus quoi faire. Souffrir en restant près de lui, ou arriver à me tenir loin de lui en le faisant souffrir ?
Penser toujours à son propre bonheur à lui, ou pour une fois me préserver ? Je me sentais capable de tout pour lui, c'est vrai. Mais effleurer du doigt ce dont j'avais tant besoin mais que je n'aurais jamais était simplement trop douloureux.
 
Je me repris, relevant la tête.
 
-Pour l'heure, mes problèmes de sentiments ne sont pas le plus important. On a un affrontement dans deux semaines, et je dois devenir plus forte. Alors aide-moi, s'il te plait.
-Comme tu voudras, répondit-il un sourire ironique sur les lèvres.

 

Partie 1                                                                                                               Partie 3+épilogue

 

Red Pulse [Partie 2]
J'espère que cette partie vous à plu autant que la première! Hâte de voir le dénouement de cette histoire? :D Rendez-vous à la dernière partie ! 
Je ne demande que des commentaires constructifs! Késako?

 

Red Pulse [Partie 2]

Tags : red pulse - Project K

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Comments :

  • Les-ecrits-de-Lassia

    16/12/2016

    Poesies13 wrote: "Je vois d'ailleurs qu'il n'y a pas eu beaucoup de lecteurs sur cette histoire ^^
    c'est dommage parce qu'elle est cool ! Ils savent pas ce qu'ils ratent mdr
    "

    y'a jamais foule je te rassure xD y'a que les blogs sur FT qui marchent bien de toute façon -soupirance-

  • Les-ecrits-de-Lassia

    16/12/2016

    Poesies13 wrote: "Encore de bonnes descriptions et une histoire hyper intéressante ^^
    Je lirais bientôt la suite XD Gros bisous !
    "

    j'en doute mais merci lol, bisous !

  • Les-ecrits-de-Lassia

    16/12/2016

    Poesies13 wrote: "Comme d'hab, pas grand chose à dire en fait si ce n'est les habituels problèmes d'orthographe et de fautes involontaire (oui je suis une maniaque du français alors je vois tout, toutes les petites fautes qu'on voudrait me cacher LOL)"

    encore une fois il date, et même si je me suis relue ça me saoule de faire des fautes débiles '-' faudrait que je me relise encore mais pour un truc dépassé j'ai pas la foi xD

  • Poesies13

    16/12/2016

    Je vois d'ailleurs qu'il n'y a pas eu beaucoup de lecteurs sur cette histoire ^^
    c'est dommage parce qu'elle est cool ! Ils savent pas ce qu'ils ratent mdr

  • Poesies13

    16/12/2016

    Encore de bonnes descriptions et une histoire hyper intéressante ^^
    Je lirais bientôt la suite XD Gros bisous !

  • Poesies13

    16/12/2016

    Comme d'hab, pas grand chose à dire en fait si ce n'est les habituels problèmes d'orthographe et de fautes involontaire (oui je suis une maniaque du français alors je vois tout, toutes les petites fautes qu'on voudrait me cacher LOL)

  • Les-ecrits-de-Lassia

    16/12/2016

    Poesies13 wrote: "Coucou ! Je suis venue !
    J'ai fini la partie 2 de Red Pulse, plus que la fin et j'ai vraiment hâte ! ^^
    "

    ahah bha tant mieux, tant que ça t'amuse x)

  • Poesies13

    16/12/2016

    Coucou ! Je suis venue !
    J'ai fini la partie 2 de Red Pulse, plus que la fin et j'ai vraiment hâte ! ^^

  • Les-ecrits-de-Lassia

    24/10/2015

    My-life-is-a-bad-story wrote: "Je t'ai tout de même donné les kiffes :)"

    thanks x) j'ai recommencé :D

  • My-life-is-a-bad-story

    24/10/2015

    Je t'ai tout de même donné les kiffes :)

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