Dove and Raven [Partie 1]

Dove and Raven [Partie 1]
Gif: Deadman Wonderland - Senji Kiyomasa

 

Si vous ne connaissez pas le manga, lisez ça d'abord.

 

Je sortais, comme d'habitude, victorieuse de mon combat. J'utilisais toujours mon arbre de sang contre tous mes ennemis, pour être certaine de ma victoire. Gagner était devenu plus qu'une obligation. Je tuais mes ennemis dès que j'en avais l'occasion, un point c'est tout.

Depuis mon arrivée, et grâce à mon pouvoir, j'avais réussi à accumuler assez de Cast Points pour être relativement tranquille dans cette prison hostile. Je me payais donc une boisson avec au distributeur avant de me rendre au secteur G, là où tous les utilisateurs de l'arbre de sang étaient regroupés, surnommés d'un nom d'oiseau. Bien sûr, je ne faisais pas exception.

Je traversais les couloirs métalliques jusqu'à ma chambre tout en buvant. Une fois arrivée, je balançais la canette dans la poubelle avant de jeter mon débardeur et mon jean blanc sur le canapé, sans oublier d'enlever mes bottes. Tout était de cette même couleur, la même que mes cheveux.

Ma chambre était relativement spacieuse et confortable, sans aller dans l'excès. Lorsqu'on entrait, le lit était contre le mur du fond. Sur la droite, une porte menait à une petite salle de bain avec douche etc. Pour finir, entre le lit et la porte se trouvait un petit canapé en face d'une grande télé à écran plat avec un petit frigo, pour ne rien manquer des « spectacles » qui n'étaient rien d'autre que des combats sanglants.

Je poussais un long soupire et m'allongeais sur mon lit. Je décidais de me reposer quelques heures, au calme. Qu'est-ce que c'était chiant, de devoir se reposer après chaque combat à cause de ça.

Après deux heures de sommeil, je me réveillais et me dirigeais vers la salle de bain pour prendre une douche. Je retirais le reste de mes vêtements et les jetais sur le lit pour me débarrasser du sang de ma victime. Franchement, m'obliger à porter cette couleur tout le temps, c'était usant. Surtout que mes fringues ne restaient pas blanches bien longtemps avec ça.

Je sortis et m'enroulais dans une serviette avant de m'attacher négligemment mes longs cheveux neige. Je m'affalais alors sur mon canapé et pris un sandwich du frigo. De l'autre main, je saisis la télécommande et allumais l'écran.

Je pris une bouchée et pu constater qu'un combat venait de se finir. La caméra changea d'angle pour filmer le gagnant. Il s'agissait d'un homme d'une taille moyenne, brun et les cheveux en pique vers l'arrière, son sourcil droit surmonté des initiales DSMK. Il portait un long manteau noir ouvert sur son torse nu. Noir comme tout le reste de sa tenue sauf son jean bleu, puisque ses cheveux et même ses yeux l'étaient. Seul son collier de prisonnier gris jurait.

Cela me fit penser que je devais prendre mon bonbon pour ne pas être tuée par le poison moi aussi. Je le mangeais en une bouchée et repris mon sandwich juste après pour faire passer cet horrible goût. Il avait beau être un antipoison, qu'est-ce que c'était dégueulasse.

Quand mes yeux se reposèrent sur l'écran, l'homme en noir lança un regard meurtrier à la caméra, et ce ne fut qu'à cet instant que je remarquais ses armes de sang prenant naissance à ses avant-bras. Elles ressemblaient à des serres d'oiseau.

Mais elles ne restèrent pas longtemps, car lorsqu'il comprit qu'il avait gagné, il les fit disparaitre et se détourna de la caméra, repartant comme si de rien était.

-Et le vainqueur est, comme on pouvait s'y attendre, le-- !

J'avais coupé la télévision avant la fin de la phrase du présentateur. Je ne supportais vraiment pas ça voix, ça devait être l'humain que j'avais le plus envie de tuer maintenant.

Enfin, vu le début de sa phrase, cet homme en noir devait être populaire, alors pourquoi je ne l'avais jamais vu ? Sûrement parce que les personnes que je tue, c'est-à-dire n'importe qui dans cette prison, m'indiffèrent totalement.

Je me levais et jetais l'emballage de ma collation, mais mon regard fut de nouveau attiré par l'écran noir.

Alors pourquoi il attisait autant ma curiosité ? Je me maudissais presque de ne pas avoir laissé parler ce type à la voix de crécelle pour une fois.

Je me changeais, remettant les mêmes fringues mais en propre. Si c'était un utilisateur de l'arbre de sang, il était dans ce bloc, il n'y en avait pas vingt mille !

J'enfilais ma mitaine blanche sur la main droite et sortis faire un tour dans les couloirs de métal. Voulais-je essayer de trouver cet homme en noir ? Alors que je ne savais même pas son nom, ni son surnom, alors que je n'ai vu que rapidement son visage ?

Peut-être bien.

C'était la première fois qu'une personne suscitait mon intérêt sans pulsion meurtrière.

Je lâchais mes cheveux et passais le pas de la porte, empruntant le couloir principal. Après avoir passé un bon moment à marcher, une porte ouverte dans l'allée à ma gauche m'interpella. En effet, elle était complètement ouverte et de la lumière en provenait.

Je m'y rendais alors d'un pas méfiant. Je jetais un ½il à gauche et à droite tout en entrant, toujours sur mes gardes. Je remarquais alors qu'il s'agissait d'une salle de musculation, ou tout du moins d'entrainement, vu tout l'équipement qui s'y trouvait.

Mais mon regard fut vite attiré par un écran. Je me rapprochais, reconnaissant les décors des salles de combats. La caméra s'axa alors sur la personne qui combattait.

Mes yeux s'écarquillèrent légèrement. C'était moi. C'est mon dernier combat ! Mais qui pouvait bien regarder des anciens affrontements, et surtout les miens ?!

J'entendis alors un bruit métallique derrière moi. Surprise, je me retournais soudainement, tranchai ma paume gauche avec l'ongle de mon pouce de l'autre main pour en sortir un katana de sang avant de me mettre en garde. Le tout en une fraction de seconde.

-Tiens, mais t'es la nouvelle, constata alors l'homme qui me faisait maintenant face.

Je le détaillais de haut en bas. Il ne portait pas son long manteau noir, il était pour ainsi dire torse-nu, une simple serviette autour de son cou. Le bruit métallique venait d'une haltère qu'il venait de poser sur le comptoir à sa gauche.

Mes yeux remontèrent alors sur son visage. Mais c'est lorsque nos regards se croisèrent que je compris enfin, et quittais ma position de combat.

-Et toi, t'es celui qui vient de gagner haut la main ton combat, répondis-je simplement.

Il fit un sourire.

-J'en conclus donc que tu ne me connais pas plus que ça ? Enfin, c'est pas très étonnant, tu es nouvelle après tout. Je m'appelle Senji Kiyomasa, et toi ? Demanda-t-il le plus naturellement du monde.

Je fis disparaitre mon arme après quelques secondes. Ça faisait longtemps qu'une personne n'avait pas eu peur de moi. Enfin il était pas mal réputé, même si je ne l'avais jamais vu combattre.

Je me tournais de côté pour montrer la télé d'un mouvement de tête.

-Lassia Wendel. Sinon je peux savoir pourquoi tu regardais mon dernier combat ? Fis-je en croisant les bras.

Il reporta son attention sur l'écran, maintenant mit en pause. Je ressemblais à ça en combat ? Alors j'avais ce regard là... ?

Il passa une main derrière sa tête, semblant gêné.

-Je m'intéresse aux nouveaux arrivants qui possèdent l'arbre de sang, alors ça m'arrive de regarder d'anciens combats. Mais je t'avouerai que y'a pas que ça.

Il avait fini sa phrase sur un ton sérieux alors que j'arquais un sourcil.

-Ah bon ? Fis-je simplement, un tantinet curieuse.

Il s'avança vers l'écran, le regard toujours sérieux , fixant l'image où l'on me voyait de face.
 
-Je ne pensais pas rencontrer quelqu'un ici avec le même regard que moi quand il combat, murmura-t-il.

Il l'avait sûrement dit à lui-même, mais je l'avais pourtant entendu.

Oui, c'était ça. Ce regard, ce sentiment familier. Ce qui m'avait attiré. C'était ce regard.

-Bref, je ne suis pas si nouvelle que ça, ça fait maintenant quatre mois que suis ici tu sais.

Il se tourna vers moi, un sourire en coin.

-Tu restes une nouvelle pour moi, fit-il remarquer.
-Eh bien appelle moi tout de même par mon prénom, rétorquais-je un peu irritée en m'asseyant sur l'un des bancs.

Ça j'avais compris qu'il était là depuis un bail. Il n'avait pas l'air d'être un simple meurtrier, ni d'avoir été pris au piège avec de fausses accusations pour atterrir ici. Il n'aurait pas ce regard sinon.

Ce regard similaire au mien. Le regard de quelqu'un qui a compris la chose la plus essentielle concernant cette prison.

-Comme tu voudras, fit-il sans se vexer tout en allant rechercher son haltère.

Ça m'agaçait tellement, ce problème de merde. Je n'avais pas l'impression d'avoir couru des kilomètres, mais j'avoue que l'idée de rencontrer cet homme avec qui maintenant j'avais un lourd point commun m'avait envahi l'esprit. Alors peut-être que mes jambes avaient été plus vite que prévues sans que je m'en rende compte.

-Et tu comptes rester ici pendant encore longtemps ? Demanda-t-il en se rapprochant en se musclant.
-Pourquoi, je dérange ? Rétorquai-je en me tournant vers lui, arquant un sourcil.
-Pas vraiment, j'ai juste plus l'habitude d'être seul, et surtout pas avec une...fille, lâcha-t-il en tournant la tête, visiblement légèrement gêné.

Il était vraiment si fort que ça, ce mec ?

-Et puis, il est déjà minuit, tu sais, finit-il en reprenant un air calme.
-Quoi ? Minuit ? Répétai-je en me levant, ayant repris pleinement de ma « course ».

Il eut un sourire en coin.

-Je m'en doutais, t'as pas vu l'heure. Mon combat était le dernier de la journée, je te signale.
-Ouais, en parlant de ça, enchaînais-je sans me préoccuper de l'heure et en posant ma main droite sur ma hanche, pourquoi tu t'entraînes à une heure pareille ? Surtout après ton combat ?

Il souffla, amusé.

-J'appelle ça un combat, mais mettre en face de moi un prisonnier lambda s'appelle une exécution pure et simple, je suis pas fatigué le moins du monde. Mais toi c'était contre un deadman.
-J'ai fait une sieste, pas fatiguée, répondis-je simplement en me rasseyant.

Non, j'avais pas envie de partir. J'étais seule aussi depuis ma naissance, ou alors en compagnie plus qu'indésirée. La sienne, je l'appréciais.

Je ne comptais pas faire la conversation de toute façon. Je repris la télécommande qui trainait sur le banc et remis en marche l'écran. Et je remarquais alors qu'il n'y avait pas de son.

-Toi aussi tu supportes pas sa voix de crécelle ? Demandai-je pour voir si j'avais un deuxième point commun avec ce Senji.

-Hein ? Fit-il en se retournant vers moi. Ah le présentateur ? Rit-il. C'est vrai que j'aime pas l'entendre, lui et ses remarques inutiles, mais c'est pas pour ça. Le son m'empêche de me concentrer, c'est tout.
-Ah, je vois, répondis-je simplement en regardant de nouveau l'écran.

J'observais mes techniques. Ce n'était pas un combat que j'avais gagné avec difficulté, mais je me rendais compte que je n'avais jamais regardé mes affrontements. Pourtant, si je savais l'erreur que j'avais fait ce jour-là, je n'aurais pas ce foutu problème.

Je pouvais donc voir la vitesse à laquelle je me déplaçais lorsque je commençais à devenir sérieuse. Cette fois-ci, je n'avais pas achevé mon ennemi. Il avait clamé sa défaite avant. C'était la règle. Si l'adversaire admet sa défaite avant d'être tué, le combat est fini.

-Tu t'es bien débrouillée, comme les autres fois. Enfin, j'ai pas regardé tout tes combats non plus, mais de ce que j'ai vu, t'es forte, c'est sûr, sourit-il en voyant mon regard sévère envers mon image à l'écran.

Je fronçais les sourcils sans le regarder.

-Ce n'est pas encore assez, fis-je simplement en me levant, pensive.

Je me dirigeais vers la sortie, et étais sur le point de saluer Senji. Nous entendîmes une voix clamer son nom, puis je sentis qu'on me rentrait dedans. Je ne tombai pas contrairement au gamin qui m'avait cogné et qui était maintenant par terre.

Surprise, j'arquais un sourcil alors que le brun se mit à côté de moi, ayant reposé son haltère.

-Qu'est-ce que tu fous là Ganta ? Demanda-t-il en soupirant.
-Aïe aïe aïe... se plaignit-t-il avant de se relever. Senji je veux continuer mon entrainement ! Je savais que tu t'entrainerais et j'ai pas sommeil alors--

Il se stoppa dans sa détermination lorsqu'il remarqua ma présence. Je croisais les bras et lui lançais un regard suspicieux. Il me regarda de haut en bas, et je pus alors voir qu'il s'agissait d'un gamin brun, les yeux gris, habillé de la combinaison verdâtre des prisonniers normaux.

Il écarquilla alors les yeux avant de trembloter.

-M-Mais... C'est... C'est... Senji ! Qu'est-ce que la Co-- Bafouilla le gamin qui s'était caché derrière l'homme.
-Bon articule quand tu parles ou tais-toi ! Le coupa-t-il, excédé. Et puis c'est quoi le problème avec elle ? Elle est là depuis quatre mois, elle s'appelle Lassia Wendel, expliqua le brun pour qu'il se calme.
-M-Mais... ! Elle ne parle jamais à personne, elle effraie tout le monde Senji ! Elle a tué un nombre effrayant de prisonniers, même pour ici c'est anormal ! C'est un monstre !

Il se stoppa et me regarda. Je tressaillis à ses derniers mots. Oui, ça devait être comme ça qu'il me verrait aussi. Pas la peine d'essayer de sympathiser avec qui que ce soit. Sa réputation m'avait sûrement donné l'illusion que lui ne me verrait pas comme ça. Mais maintenant, c'était inutile.

Quant à savoir pourquoi ça m'importait, je n'en savais rien du tout.

Je repris ce que j'étais en train de faire en serrant les poings. J'étais sur le point de passer le pas de la porte lorsque j'entendis le rire de Senji.

-Vous êtes vraiment qu'une bande de lavettes, vous avez peur sans raison ici ! Tout le monde tue des gens dans cette prison ! S'exclama-t-il alors.

Je me stoppais à mon tour et le regardais, surprise. Il n'avait réellement pas peur de moi ? Il ne me voyait pas comme un monstre meurtrier ?

Il me regarda, puis me fit encore un sourire.

-Tout ce que je vois, c'est une fille de taille modeste qui sait se battre, c'est tout, conclu-t-il.

Je me figeais à ses mots, si surprenants pour moi à entendre. Si surprenant que j'eus besoin de quelques secondes pour percuter qu'il les avait vraiment prononcés. Mais un détail me fit réagir.

-Ma taille modeste t'emmerde ! M'emportai-je, le poing vers lui, ne supportant pas les réflexions sur mes 1m62.

Ganta qui avait arrêté de trembler poussa un cri de stupeur, tandis que Senji affichait une mine relativement surprise, se demandant sûrement pourquoi j'en faisais tant à cause de ma taille.

Je soupirai de nouveau et me retournai vers la porte.

-T'as qu'à avoir peur de moi, comme tout le monde, dis-je le regard sombre.
-Senji Kiyomasa n'a peur de personne, répondit-il du tac au tac. Et Ganta... commença-t-il avant de le soulever par sa combinaison pour le mettre devant moi. Excuse-toi, ordonna-t-il fermement.
-Hein ? Laissai-je échappé en le regardant faire alors que le gamin lui lança un regard ahurit.
-On ne dit pas à une fille que c'est un « monstre », abruti, fit-il d'une voix sévère en le forçant à s'incliner devant moi. Surtout lorsqu'on ne la connait pas.

Le garçon fit quelques autres tentatives infructueuses pour se justifier, mais Senji finit par lui lancer un regard qui même moi ne m'aurait pas laissé de marbre. D'ailleurs, le gamin n'en fut que plus terrorisé.

J'étais passée à deux doigts de perdre mes moyens devant cette scène irréaliste, mais heureusement je m'étais reprise à temps. Gardant cette position d'intouchable, les bras croisés et le regard froid, j'haussais simplement un sourcil.

Mais Senji reposa son regard ébène sur moi avant de rappuyer sa main sur la tête de l'enfant.

-Pardonnez-moi, Wendel-san ! S'exclama alors le gamin qui tremblait encore de peur.

Je regardais alors Senji dans les yeux, sans rien dire. Son regard d'encre et le mien magenta se croisèrent sans qu'aucun des deux ne dévie. Il garda ce regard sérieux, comme pour prouver qu'il ne se foutait pas de moi. Essayait-il de m'approcher de cette manière ? Parce que tout le monde me qualifiait de sauvage ou de monstre ?
Après tout, je ne pouvais pas dire le contraire.

J'entaillais ma main gauche avec l'ongle de mon pouce droit pour dégainer une nouvelle fois mon katana de sang à une vitesse ahurissante. Une vitesse qu'il ne pouvait visiblement pas suivre. La lame arriva à exactement un millimètre de la gorge du gamin.

-Dans quel but veux-tu devenir fort ? Un deadman incapable de suivre mes mouvements devrait déjà être mort.
 
Il déglutit, et Senji croisa à son tour les bras. Son regard avait changé. Changé dans le sens où il m'observait, intéressé par cette réaction, attendant la suite.

-Je... Je veux devenir fort pour pouvoir protéger les personnes qui me sont chères ! Je ne veux plus jamais être faible... Plus jamais !

Il avait sorti ces mots en pleurant à torrent. Malgré moi, je ne pus réprimer une mine surprise. Comment était-ce possible...?

Mon regard s'assombrit et je reculais. Les deux me regardèrent, intrigués.

-T'as du boulot, Senji.

Il afficha un visage légèrement surpris. Puis, après un court silence, le rire de l'homme aux cheveux de jais éclata.

-Ouais, je sais ! Mais comme t'as pu le comprendre, ce p'tit gars est intéressant, n'est-ce pas ?

Le concerné essuya ses yeux sans rien dire tandis que j'acquiesçais à la question du brun.

-Ah et une dernière chose, « Ganta »...

Il se stoppa net à l'entente de son prénom.

-Ne prononce plus jamais ce nom, c'est clair ?

Je lui lançais un regard noir, détestant entendre ce mot du plus profond de mon être. Il ne fit que hocher la tête de haut en bas en tremblotant.

J'étais sur le point de refaire disparaître mon arme quand Senji me stoppa.

-Attends, garde ton arme ! S'exclama-t-il soudainement. J'en ai pas pour longtemps avec lui, ça te dirait de nous entraîner aussi ?
-Pardon ? Fis-je étonnée.

Il passa à côté de moi, le sourire aux lèvres.

-C'est que peu sont capables d'être des oiseaux rapides ici.

Il n'ajouta rien et pris un bonbon antidote avant de l'attacher à une ficelle en se mettant à côté de Ganta. Il lui expliqua que s'il le touchait, il serait devenu plus fort.

Quant à moi, je me mis sur le côté, me rasseyant sur un banc et gardant donc mon arme de sang active. Il savait que ça prenait plus d'énergie pour la matérialiser plusieurs fois de suite, et donc voulait m'épargner une troisième fois.

Mais ses mots m'avaient plus qu'intrigué. Je pensais effectivement être la plus rapide ici, puisque c'était ce que j'avais le plus développé pour survivre. Mais lorsque je vis enfin Senji à l'½uvre, esquivant les tirs de balles de sang du gamin, je ne pus décrocher mes yeux de lui.

Ses mouvements étaient incroyables, si souples et si rapides. Je n'avais jamais vu quelqu'un m'égaler sur ce terrain, et pourtant. Senji Kiyomasa semblait pouvoir me défier en combat équitable, chose qui ne m'était encore jamais arrivée.

Ce fut lorsque la friandise immonde explosa en une multitude de fragments que je réalisais que ça faisait bien dix minutes que je le fixais. Enfin, il ne semblait pas l'avoir vu, lui, concentré comme il l'était. Mais il me lança un regard en coin lorsque Ganta, tout content, s'était rapproché de lui en courant.

-Voilà, c'est bien, dorénavant on peut dire que tu maîtrises ton « Ganta Gun ». Maintenant va te coucher, c'est à mon tour de m'entrainer sérieusement. Ça pourrait être dangereux, fit-il un sourire particulier aux lèvres.
-Comme si tu pouvais te donner à fond ici, se moqua le gamin.
-Ganta. Je crois que j'ai enfin trouvé quelqu'un qui pourra me suivre, déclara-t-il en me regardant droit dans les yeux.

Je baissais la tête, un sourire en coin apparaissant en l'entendant. Je me levais, reprenant arme en main.

-Je vois que nous sommes sur la même longueur d'ondes, Senji Kiyomasa.

Nous affichions le même sourire. Le sourire de ceux qui n'avaient jamais eux l'occasion de croiser le fer avec quelqu'un de notre envergure. Quelqu'un contre qui nous pouvions véritablement combattre.

Ganta, effrayé devant nos auras assoiffées de défi, parti à toutes jambes. Ne me retenant plus, je lui sautais littéralement dessus, ma lame de sang contre lui. J'y allais sérieusement même en sachant qu'à chaque fois, mon temps était compté. Mais je ne pouvais tout simplement plus me contenir.

Il était si spécial.

Nous échangèrent alors nos coups tous plus rapides les uns que les autres. Entre esquives et contre-attaques, aucun n'arrivaient à toucher l'autre et la salle d'entrainement commençait à ressembler à un champ de bataille.

Mais c'était ce qu'était ce monde, ce qu'était cette prison. Une guerre, ni plus ni moins.

Les minutes défilèrent, je ne les vis pas passer. Mais une douleur à la poitrine me rappela bien que le combat pourtant purement amical durait depuis trop longtemps. Beaucoup trop longtemps.

Il me coinça contre un des murs de la salle, et mes mouvements furent légèrement ralentis à cause de cette maudite douleur. Ce qui me valut de me recevoir la lame de sang de Senji juste en-dessous de ma gorge et de faire disparaitre ma lame puisque je l'avais lâché. Un si léger ralentissement était donc vraisemblablement fatal face à lui.

J'aurais pu vraiment y passer, cette fois. Je ne respirais plus normalement, un goût de sang avait envahi ma bouche. Mais ce fut lorsque je posais les yeux sur mon adversaire que je compris que lui non plus n'avait pas fait une promenade de santé.

Il dématérialisa son arme et s'éloigna un peu.

-Qu'est-ce qui s'est passé ? Fit-il sérieusement.

Je détournais le regard.

-Rien... Je n'avais simplement jamais combattu au maximum de ma vitesse jusque maintenant, avouai-je toujours sans le regarder.

Il soupira avant de reprendre son souffle.

-Eh ben, si je peux te dire un truc... Moi non plus. J'espère qu'on pourra se refaire des combats d'entrainement de ce genre. Je ne m'étais focalisé que sur la musculation jusque maintenant puisque je n'avais jamais rencontré quelqu'un comme toi. Mais maintenant que c'est fait, j'aimerais bien continuer, sourit-il en me regardant, trempé de sueur.

Enfin je l'étais moi aussi, faut dire. Je glissais un doigt en dessous de mon haut pour me faire de l'air en soupirant, épuisée.

-Tu crois que je laisserais filer un gars capable de suivre ma vitesse ? T'es dingue, fis-je avec un léger rire.

Il détourna le regard, les joues un peu rouges. Je regardais mon haut et ne compris pas tout de suite que c'était le léger décolleté, un peu approfondi par mon geste qui le fit se mettre dans cet état.

Je passais à côté de lui pour rejoindre ma chambre.

-T'es vraiment pas banal comme gars, déclarai-je en signe de salutation.
-Je te retourne le compliment. Bonne nuit Lassia, répondit-il le plus naturellement du monde.

Je ne fis qu'un sourire en coin avant de m'éclipser. Qu'est-ce qu'un gars comme lui foutait ici ? Ça n'avait vraiment aucun sens.
 
Après cette rencontre peu banale, nous nous étions revus, comme convenu. Enfin, c'était toujours pour des entraînements, à croire que Senji ne pensait qu'à ça. Mais ça ne me faisait pas de mal, il fallait l'avouer.

Alors que j'étais sur le chemin pour aller justement à sa rencontre à l'endroit habituel, j'entendis l'annonce de mon prochain combat dans le haut-parleur.

Je soupirais et décidais d'aller le saluer tout de même. J'étais pas pressée après tout. Une fois les pieds mis dans la pièce qui était reconstruite après chacun de nos entrainements, je vis Senji, de dos, enfiler son long manteau noir. Il allait quelque part ?

-Yo, Kiyomasa, fis-je simplement.

Il se retourna et arqua un sourcil.

-Salut Lassia, qu'est-ce qui te prends de m'appeler par mon nom de famille tout à coup ? Demanda-t-il étonné et un brin mécontent aussi ?

J'esquissais un sourire en coin.

-Simple envie. Et puis ici, ça ne se fait pas de s'appeler par son prénom lorsqu'on ne se connait pas, je me trompe ?
-Tu l'as fait la première fois qu'on s'est vu, alors c'est plutôt bizarre de m'appeler comme ça maintenant. Tu crois pas, Wend--

Je le stoppais alors qu'il avait un sourire malicieux collé au visage.

-C'est bon c'est bon, fis-je blasée. De toute façon faut que j'y aille. A plus, « Senji ».

Je repartais comme j'étais arrivée. Maintenant que j'y pensais, j'ignorais pourquoi j'avais tant tenu à aller le voir malgré mon combat qui approchait.

Pourquoi ? Je crois que j'en avais eu tout simplement envie, en fait.

Mais ce qui me parut étrange, ce fut l'absence de salutation de la part du brun. Je m'arrêtai et regardais un peu en arrière, tournant la tête vers le couloir menant à la salle. Il était pensif ? Après tout, je ne le connaissais que depuis quelques jours, mais les points communs que nous avions me laissaient croire que nous étions proches.

Peut-être n'était-ce que pure illusion, au final.

Je repris ma marche, pensive. J'avais un combat contre un deadman, seulement malgré toute mon expérience, celui-là je ne l'avais jamais combattu. Enfin, ça se réglerait rapidement, comme d'habitude, concluais-je intérieurement.

Quelques minutes s'écoulèrent durant lesquelles je parcourais les couloirs de la prison souterraine. Je me mettais mentalement en condition. Je ne savais pas à quoi m'attendre, contrairement à Senji, je ne prêtais jamais attention aux autres, ces potentielles victimes que j'aurais fini par tuer s'il le fallait. Mais peut-être que mon erreur serait là.

Je me mis une claque mentale. Peu importait mon adversaire, je l'abattrais. C'était ce que je m'étais toujours dit, ce que je m'étais promis. Je ne perdrai plus jamais. C'était hors de question.

C'était déterminée que j'entrais dans la salle de combat métallique et sombre dès que les portes de fer s'entrouvrirent. Cette salle était immense, que ce soit en hauteur ou en largeur. Un espace spécialement conçu pour combattre. Non, pour tuer.

Les projecteurs s'allumèrent au bout de quelques secondes. Sur moi et sur mon adversaire, avant de faire globalement toute la salle.

Je ne le regardais même pas. Ils n'avaient pas encore donné le top départ, cependant je fis déjà apparaitre mon arme. Ma lame de sang qui en avait fait couler à flot.

Afin de sortir toujours victorieuse de mes combats. Je ne pouvais pas mourir. C'était impossible. La défaite ou la mort n'était pas une option pour moi. Je devais vivre, et je devais gagner. Pas pour moi, non. Mais je devais continuer de vivre, car c'était uniquement de cette manière que je pouvais assumer mes actes.

Le repos de la mort ne m'était tout simplement pas permis.

Je relevais lentement les yeux vers mon adversaire, qui n'avait pas dit mot. Mais je crus de plus en plus à une illusion à mesure que je remontais le regard.

Ces vêtements, ce corps, ces cheveux, ce visage. Il n'y avait qu'une personne que je ne voulais pas affronter, que je ne voulais plus affronter ici et ça devait être lui !

J'en étais tellement perturbée que j'étais sur le point de perdre ma position offensive, quittant mon regard déterminé à faire couler du sang. Même ma main droite avait desserrée sa prise alors que j'étais toujours prête à trancher n'importe qui.

Mais je me repris, retrouvant ma position et mon regard initial. Non, ça ne devait pas être ça. C'était impossible.

Mais pourquoi trouvais-je ça si impossible, justement ?

-Qu'est-ce que tu fous là ?! C'est mon combat, dégage d'ici ! M'emportais-je en le regardant dans les yeux.

Sauf que lui ne cachait pas sa stupéfaction. Il n'avait même pas montré ses serres de sang, et ses yeux d'encre habituellement calmes ne pouvaient pas lâcher les miens.

-Lassia... Ne me dit pas que c'est toi...Celle que l'on appelle--
-Bonsoir mesdames et messieurs, nous nous retrouvons aujourd'hui pour un combat très spécial. Oh oui, il va être très particulier, car nous avons réuni aujourd'hui pour vous nos deux spécimens les plus rapides de notre parc ! Ce combat opposera donc le Corbeau à la Colombe !

Mon regard devint sombre. Je devais le combattre. Je devais le tuer. Le tuer lui qui avait ce même regard que moi. La seule personne que je n'avais pas envie de combattre. Et je n'en savais même pas encore l'exacte raison.

Je savais juste que cette fois-ci, l'être que je devais abattre... Était le même qui, pour la première fois, ne me voyait pas comme un monstre, ni comme une meurtrière.

Le seul qui osait me regarder dans les yeux, le seul qui n'avait pas peur de moi. Le seul qui m'égalait, voire qui me surpassait. Non, c'était évident.

Je posais ma main sur le côté droit de ma poitrine.

Il me surpassait. Dans cet état en tout cas.

Pendant que je réfléchissais, je crois que Senji essayait de me parler. Mais je n'entendais rien. Même la voix exécrable du présentateur ne m'avait pas sortie de mes pensées.

Seul le début du décompte me fit réagir et relever la tête. Ce décompte que j'avais entendu des dizaines et des dizaines de fois. Ces quelques insignifiants chiffres qui devançaient la mort d'êtres tout aussi insignifiants.

-3... 2... 1... Tuez !

Je me précipitais vers lui, serrant mon arme de toutes mes forces.

Senji... était mon ennemi.

Il esquiva, il ne fit qu'esquiver. Il semblait complètement déboussoler.

-Oh mais que se passe-t-il ?! Notre oiseau le plus fort ne serait pas de taille face à une petite colombe ?!

Qu'est-ce que tu as, Senji ? Tu ne veux pas te battre ? Tu es lâche en vérité ? Les questions se bousculèrent dans ma tête. Des questions si irrationnelles auxquelles j'avais les réponses. Mais je ne voulais pas l'admettre.

Mais ses esquives étaient larges. Pourtant je l'attaquais sans relâche. Je ne faisais pour ainsi dire que ça.

Car Senji était mon ennemi.

Si j'avais été ce serait-ce qu'un peu hésitante avant, je fus plus que déterminée cette fois. Il fallait que je l'abatte. C'était comme ça. Pourquoi devrais-je douter pour un gars que je ne connaissais que depuis quelques jours ?! Ça n'avait pas de sens !

Mes attaques furent plus rapides, et Senji, après avoir encore esquivé, fit un bond en arrière. Il me regarda, mais il n'afficha pas ce visage que j'avais vu à l'écran. Non, on aurait dit... Qu'il essayait de comprendre.

A bout, je le chargeais de nouveau le plus vite possible. Il fit enfin apparaitre ses serres de corbeau. Je croyais qu'il allait enfin attaquer. Qu'il allait enfin me faire face. Mais il s'était contenté de se protéger.

J'enchainais alors immédiatement une série de coups, qu'il para encore et encore, le regard sombre.

Je fis un bond en arrière à mon tour, essoufflée, un filet de sang coulant du coin de mes lèvres. Je l'essuyais rageusement dès qu'il apparut.

-Mais qu'est-ce que t'as ?! T'es incapable d'attaquer une pauvre fille ?! Une pauvre fille que tu n'as pas arrêté de battre aux entrainements ?! T'es pathétique, pauvre Corbeau de mes couilles !

Cette attaque fut ma dernière. Ma lame de sang que je voulais meurtrière fut coincée entre les serres de mon ennemi, mais je ne relâchais pas ma force.

-Je vais te tuer Senji. Je vais te tuer parce que tu es mon ennemi. Senji Kiyomasa... le Corbeau... Est mon ennemi !

Tout du long, le brun n'avait jamais répondu à mes mots injustes. Mais cette fois, il me regarda dans les yeux. Je n'eus pas droit à ce regard assassin, à ce regard si particulier qu'il avait en tant que deadman. Non, ce n'était pas celui-là.

Il fit voler ma lame dans les airs qui ne tarda pas à disparaitre à cause de la distance.

-Enfoiré ! Criai-je en voulant en matérialiser une deuxième.

Mais je ne pus le faire avant de cracher du sang. Alors j'avais atteint ma limite ? J'allais m'effondrer ? J'allais... Alors que je me l'étais jurée... J'allais perdre face à ce corbeau aux si grandes ailes... ?

-Je ne suis pas ton ennemi, déclara-t-il doucement en tendant son bras droit pour me rattraper.

Il avait fait disparaitre ses armes à l'instant où j'avais rejeté le liquide écarlate.

-La raison pour laquelle je ne t'attaquais pas... C'était tout simplement parce que tu n'es pas mon ennemie non plus, Lassia.

Je ne pouvais pas voir son visage. Mais il avait prononcé ces paroles si doucement que seule moi avais pu les entendre.

Une stratégie pour m'amadouer ? Un piège ? Une quelconque ruse ?

Au plus profond de moi, je savais que Senji ne m'attaquerait pas. Parce que Senji... N'avait jamais été, pas même l'espace d'une seconde, mon ennemi...

-J'ai perdu, dis-je fort pour que le présentateur entende, affichant un visage étrangement détendu
.
Senji se figea, surpris par mes mots, le regard sincère. Mais je ne voulais plus l'attaquer. Je n'en avais plus la force, je n'en avais plus la volonté.

Car ce n'était définitivement pas mon ennemi.

Ses simples mots m'avaient touché. Quelque chose avait réussi à toucher mon c½ur, et même mon âme. Mais pourquoi lui ? Parce que depuis le début il était particulier ?

Moi qui étais persuadée que nous étions similaires, nous étions en vérité bien opposés.

-Oh ! S'exclama le présentateur après avoir tilté. C'est encore une fois une victoire pour notre Corbeau ! Et pourtant, personne n'aurait pu prévoir la défaite de la Colombe, car étant là depuis quelques mois déjà, elle n'a perdu qu'une seule et unique fois avant cette défaite !

Son regard était maintenant incompréhensif. Je soutenais son regard, des traces de sang restantes sur mon visage. Nous n'avions que des égratignures, au final.

Même s'il ne m'avait pas attaqué, la puissance de mes coups l'avait effleuré. Quant à moi, ma folie m'avait tout de même blessée.

Je finis par lui faire un sourire, ce qui le figea pour de bon. Puis on me prit en charge en civière pour me soigner et m'emmener subir ma pénalité.

Une autre équipe médicale arriva pour prendre en charge le brun, qui ne me lâcha toujours pas du regard. Qu'est-ce qu'il avait encore ? Il s'inquiétait ?

Je soupirais à cette pensée. C'était complètement impossible enfin, on se connaissait depuis seulement quelques jours.

Quelques jours qui auront suffi à Senji pour décider que je ne n'étais pas son ennemie. La même durée si ridicule qui m'aura fait penser la même chose de lui.
 
Le passage à l'infirmerie fut bref, je n'avais que quelques bleus et entailles. Une fois relativement reposée, je pus marcher normalement.

J'entrais de nouveau dans cette salle. Dans cette salle lugubre qui m'avait pris la moitié de l'un de mes organes vitaux. Cette foutue salle qui m'avait rendu faible.

Mon regard s'assombrit, je me retrouvais encore attachée sur cette table d'opération. Ma rage bouillonnait en moi. J'aurais dû haïr Senji, j'aurais dû penser qu'il m'avait simplement manipulé pour gagner.
Si seulement son regard avait menti...

L'infirmière du bloc G, cette femme horripilante qui ne faisait pourtant que son boulot, se retrouva à côté de la machine style bandit-manchot géante. Sauf que ce n'était pas des motifs pour gagner de l'argent qui apparaissaient sur les trois rouleaux horizontaux. Mais des parties du corps. Cette fausse machine à sous allait décider ce que l'on allait encore me prendre.

Ces gens qui m'avaient déjà souillé. Ces gens qui m'avaient rendu faible. Ces gens que j'aurais tués sans hésiter si j'avais pu.

La femme actionna le levier, et les rouleaux défilèrent à toute vitesse. Jambes, bras, foie, reins, ½il, langue... Tout y figurait, sans exception.

Ce que je ressentais n'était même pas de la peur. Juste de la haine. Rien d'autre.

J'entendis la machine ralentir. Le verdict n'allait pas tarder à tomber. Ils allaient encore me prendre quelque chose. J'allais devenir encore plus faible que maintenant.

Je m'étais jurée de ne plus jamais perdre, alors pourquoi je n'arrivais même pas à regretter d'avoir admis ma défaite ?!

Je fermais les yeux de rage, serrant les dents, quand j'entendis un bruit métallique. Puis une explosion.

Une explosion ? Je rouvris les yeux mais les refermai de surprise en sentant un coup proche arriver. Mais je ne sentis plus de pression sur mes poignets et mes jambes.

Je les ouvris une dernière fois, et me redressai. Je crus alors halluciner.

Des particules rouges typiques de ce qu'il restait d'une arme de sang que l'on venait de dématérialiser flottaient encore dans les airs. Je les suivis du regard pour en connaître la provenance.

Et je le vis de dos. La machine tranchée en deux, l'infirmière à terre, figée de peur.

Je n'arrivais même pas à y croire, tellement ça semblait surréaliste. Il se tourna alors vers moi, et afficha un grand sourire. Un immense sourire rassurant, qui plus est.

Je me levais, non sans le regarder.

-Mais... Qu'est-ce que tu fais là, Senji ?
-Ces cons voulaient te faire subir une pénalité pour toute à l'heure, j'étais pas d'accord. Alors je suis là, déclara-t-il le plus simplement du monde.

Je soupirais face à son comportement je-m'en-foutiste.

-Senji, j'ai perdu. Je dois subir une pénalité... Encore... fis-je en serrant les poings. J'assume mes actes. J'ai toujours assumé mes actes, et leurs conséquences. J'admets ma défaite contre toi, Senji Kiyomasa. Et je dois en payer les frais, c'est comme ça.

Je l'avais regardé dans les yeux, et il avait perdu son sourire.

-Si tu tiens tant à avoir une pénalité... Commença-t-il avec sourire en coin. Tu me payeras des ramen avec tes Cast Points !
-Quoi ? Mais j'appelle pas ça une pénalité ! M'exclamai-je, exaspérée qu'il ne me prenne pas au sérieux.
-Lassia, reprit-il calmement. Ce qu'il s'est passé toute à l'heure, je ne peux pas le qualifier de combat. Alors tu m'excuses, mais tu n'auras rien d'autre comme pseudo pénalité. De ma part ou de qui que ce soit d'autre, fit-il sur un ton grave en jetant un regard en coin à la femme toujours au sol.

Je soupirais.

-T'as encore pitié de moi ou quoi ? Demandai-je, irritée en croisant les bras.
-Me refais pas cette tête ! C'est simplement... Que tu n'es pas mon ennemie, alors allons manger ensemble, ok ?
 
Il m'adressait encore ce sourire rassurant. Mais pourquoi était-il si gentil avec une fille comme moi ? Tant de questions se bousculaient dans ma tête, tant de choses que je voulais savoir sur cet homme atypique. Je voulais en savoir plus, jamais aucun être ne m'avait intrigué à ce point.

Senji me fit sortir de mes pensées en se rapprochant de moi, sans pour autant être trop près. Il réitéra sa question sans perdre patience, arborant toujours le même sourire.

Je fis un mouvement de tête positif, puis je le suivis jusqu'à la cafétéria. Personne ne nous avait arrêtés. Senji était si fort que ça pour passer outre les règles de cette prison ?

Enfin, je ne lui avais rien demandé pour autant. Nous nous arrêtions alors près d'un immense distributeur de nourriture ne prenant exclusivement que des Cast Points. Je vis le mot « Ramen » et en payai donc deux bols. Le Corbeau les récupéra un peu plus loin, et je pris deux canettes en plus. J'étais large de toute façon.

Il m'interpella, et je le rejoignais rapidement. Il ne fit pas attention à ce que j'avais dans les mains et posa les bols sur un des comptoirs près du mur métallique de droite.

L'un à côté de l'autre, je ne savais pas trop quoi lui dire. Merci ? Lui poser des questions ? Expliquer des choses ? Désolée ? Je ne savais plus.

Mon regard se perdit dans le liquide brun fumant recouvrant les pâtes au fond du récipient en céramique noire. Je n'avais jamais mangé ce plat, j'ignorais complètement son goût et la manière dont on l'ingurgitait. En attendant que Senji ne commence pour que je puisse voir la manière de procéder, je posais la canette brune devant lui, avant de faire de même avec la mienne, verte cette fois, près de moi.

Il tourna les yeux sur moi, n'ayant pas dit mot jusqu'alors, sûrement étonné de mon geste. Il me questionnait du regard.

-Pour... te remercier, j'imagine, avouai-je en tournant la tête sur le côté opposé.

Un nouveau sourire amusé apparu sur ses lèvres lorsque je lui jetais un regard en coin. Il prit alors la canette, l'ouvrit et bu quelques gorgées.

-Comment tu as su que j'aimais le café noir ? Me questionna-t-il simplement.

Je repris ma position initiale et fis de même avec ma boisson.

-Tu es le Corbeau, tu es toujours en noir. Une intuition, en somme.
-Hm, je vois... Et toi alors, pourquoi pas du lait, pour accorder avec ta couleur, « Colombe » ?
-J'aurais fait ça normalement. Le thé vert est bon pour le corps après un combat, je fais toujours ça quand je suis amochée.

Sans le vouloir, j'avais jeté un froid entre nous. Peut-être pensait-il que c'était de sa faute ?

-Je--
-Tu n'as pas à t'excuser Senji, le coupai-je, ayant deviné son attention. Il n'y a que moi qui suis en tort ici, fis-je sérieusement en posant ma canette.
-Je ne vois pas en quoi tu étais en tort. Tu ne faisais qu'adopter la mentalité de cette prison. J'aurais dû faire de même, pourtant... Pourtant, j'en ai été incapable, va savoir pourquoi.

Je me tournais vers lui, surprise par ses mots. Il prit alors ses baguettes d'un air pensif et les brisa pour les séparer. Je scrutais le moindre de ses gestes. Il finit par plonger les morceaux de bois dans le liquide pour en ressortir les pâtes, avant de les manger, et ce, plusieurs fois de suite.

Je cessais de le regarder et pris à mon tour les baguettes. J'étais sur le point de les briser quand il m'interpella.

-Tu n'as pas faim ?
-Euh... Non, pas trop, mais je vais tout de même manger.

Enfin, essayer. Les baguettes dans les mains, je jetais un regard furtif à ce qu'il tenait dans la sienne, pour voir la position. Mais à peine avais-je essayé de choper les pâtes qu'elles glissèrent.

-Tss, pestai-je doucement.
-Je m'en doutais, tu n'en as jamais mangé, sourit-il.
-Pas la peine de te foutre de moi.

Je me stoppais.

-Attends, comment tu as deviné ?
-Aucun japonais n'aurait regardé son bol de ramen comme tu l'as fait, tu sais.

Il m'avait observé ? Pourtant, je n'avais pas senti le poids de son regard sur moi...

-Je vais te montrer, t'inquiète, c'est pas compliqué.

Il se rapprocha un peu et me montra comment tenir les baguettes. Ça paraissait simple pour lui, mais même au bout de trois tentatives, ce n'était toujours pas ça. Ce qui avait fini par le faire éclater de rire. Je m'étais alors plainte de ne pas pouvoir retrouver de simples fourchettes si rares en Asie, mais il ne fit que m'encourager une énième fois. Cette fois, j'y étais presque. Il toucha ma main droite pour que ce soit parfait, riant encore légèrement devant la galère que ça avait été pour moi.
 
Le contact de nos peaux me fit presque sursauter. Je ne m'y attendais pas. Sa peau, légèrement halée, sur la mienne blanche comme de la neige me fit ressentir la chaleur d'un autre être vivant autrement que par son sang éclaboussé sur mon corps.

Une chaleur rassurante, comme son sourire. Comment avais-je pu essayer de me convaincre un seul instant que cet homme était mon ennemi ?

Se rendant compte que ce contact avait duré assez longtemps pour qu'il soit gêné, il retira vite sa main, le feu aux joues. Il n'était vraiment pas banal, ce mec.

Mais je n'avais pas réussi à retrouver le sourire comme précédemment grâce à sa bonne humeur. Non, mon esprit était assailli par tous ces foutus souvenirs que j'aurais préféré oublié si j'avais pu. Des souvenirs qui étaient remontés à cause de l'action du brun, sans qu'il en sache quoi que ce soit.

J'avalais tout de même le contenu de mon bol pour ne pas qu'il pose davantage de questions, puis vida la canette. Je me levais de mon siège, le regard vague, n'ayant pas décroché un mot depuis ce contact. Ce simple geste qui m'avait fait réaliser que j'avais été, depuis ma naissance, terriblement seule. Seule au point que ce simple contact de peaux avait été le tout premier.

Senji me suivit du regard, silencieux. Il délaissa son récipient et me suivit sans rien dire. Je pris le chemin de la salle d'entraînement, sûrement par habitude, car je ne faisais absolument pas attention où je posais les pieds. Ce n'est qu'une fois face aux altères du Corbeau que je réalisais où j'étais.

-Lassia, qu'est-ce qu'il y a ? Demanda-t-il de but en blanc. C'est cette pseudo défaite qui te rend si pensive ?

Je tournais la tête.

-Non... Non c'est pas ça, soupirai-je en m'asseyant sur un des bancs.

Il ne tarda pas à faire la même chose, sans cesser de me regarder.

-Alors... D'où tu viens pour ne pas savoir manger avec des baguettes ? Fit-il sur un ton léger, pensant sûrement me changer les idées.

Mais c'était tout le contraire.

-De France, me contentai-je de répondre.
-De... France ? Répéta-t-il pour être sûr d'avoir bien entendu. Mais pourquoi ils auraient envoyé une détenue française jusqu'au Japon ?

Je posais mes coudes sur mes cuisses, joignant mes mains, la tête penchée vers le sol et le regard dans le vague.

-Parce que j'ai tué toute ma famille, et que Deadman Wonderland était la seule prison assez folle pour me surveiller.

Je ne savais pas du tout pourquoi je lui parlais de tout ça. Je n'en avais jamais parlé à personne, et en plus, il allait vraiment penser de moi que j'étais un monstre obnubilé par le meurtre. Je ne voulais même pas le regarder, et pourtant. Un coup d'½il furtif ne put s'empêcher de se perdre sur le visage du brun. Mais il ne semblait étonnamment ni effaré, ni dégouté.

Il avait le regard d'un homme ayant compris quelque chose. Je soupirai de nouveau.

-Je ne sais pas si tu as pu t'en douter, mais je ne suis pas ici pour la même raison que toi. Je n'ai tué personne, j'ai simplement été piégé par ce directeur timbré. Piégé, et faussement accusé d'avoir massacré tous mes coéquipiers, tués par des yakuzas que nous traquions. A ce moment-là, je maîtrisais déjà mes serres de sang, ça m'aidait dans mon boulot. Mais je suppose qu'ils ont fini par me considérer comme trop dangereux, et par me piéger ici. De toute façon, après les avoir perdu, je n'avais rien de mieux à faire. 

Je me redressais.

-Ton boulot ? Demandai-je juste.
-J'étais flic, à l'époque, me répondit-il avec un sourire nostalgique.

Je rabaissais le regard. C'était ironique qu'un flic se retrouve derrière les barreaux, surtout en étant innocent. Nous étions vraiment opposés, bien plus que tout ce que j'avais pu imaginer.

-Si j'ai tué toute ma famille... Ma mère, mon père, ma s½ur, ma grand-mère, mon grand-père, ma tante et mon oncle... C'est parce que j'ai craqué.

Je me levais, me mettant dos à lui. Je relevais mon t-shirt blanc, dévoilant ma peau marquée.

Senji ne le remarqua pas tout de suite, ayant perdu son calme à cause de mon geste, rouge pivoine. Mais il le retrouva bien vite lorsqu'il comprit ce que je voulais lui montrer.

-Ces marques... Commença-t-il stupéfait.
-Aucune de ces nombreuses cicatrices qui barrent mon dos n'ont été faites ici, complétai-je sa pensée.

Je repris ma position initiale, le regard sombre.

-Tous les jours, depuis ma naissance, c'était la même chose. Seule, maltraitée, insultée, devant réclamer pour mes besoins vitaux. Rien que pour avoir quelque chose à manger une fois par jour était une torture, expliquai-je calmement. Cet endroit ne peut pas être pire.
-Mais... pourquoi ?! S'emporta le brun.
-C'est une question qui m'a souvent tourmenté l'esprit aussi. Mais c'est lorsque je les ai tué que j'ai compris. Pour rien. Ils n'avaient aucune raison de faire ça. Absolument aucune, lui répondis-je droit dans les yeux. Un défouloir facile d'accès, sûrement, finis-je en soupirant.

Il serra les poings, bien que je n'arrivais pas à comprendre la raison de son énervement. Après tout, bien que nous en sachions un peu plus l'un sur l'autre, nous n'étions rien de plus que deux deadmen dans une cage d'acier.

-Tu aurais pu plaider légitime défense, fit-il remarquer en se contenant.
-J'ai plaidé coupable.

Il me dévisagea, bouche-bée.

-J'ai pris des vies, et j'en assume le prix à payer. J'assume mes actes, je te l'ai déjà dit. Comme tu l'as entendu, je n'ai perdu qu'une seule fois depuis mon arrivée ici. Et ils m'ont pris un poumon. Mon poumon droit. C'est pour ça que je ne t'égale pas en vitesse, que tu me bats à plate couture sur tous les plans. Que je me suis avouée vaincue. J'ai optimisé ma vitesse car c'était tout ce qu'il me restait pour me battre, et c'est comme ça que j'ai atteint celle que tu connais. Mais je franchis rapidement ma limite, je ne tiens pas plus de quinze minutes de combat ou d'effort intensif sans commencer à cracher du sang. Ils m'ont rendu faible. C'est pour cette raison que je m'étais jurée que peu importe ce qu'il se passerait, je ne perdrais plus jamais. Mais il faut croire je ne t'avais pas prévu toi

Je me levais, me dirigeant vers la porte. Mais une dernière question sembla lui brûler les lèvres, bien qu'il avait l'air abasourdi par mes dernières explications.

-Attends ! Pourquoi tu n'as rien dis aux flics ?! S'exclama-t-il pour me retenir.

Je me stoppais, et fis face à son regard innocent envers son ancienne profession.

-Parce que mes parents étaient flics, répondis-je avec un léger sourire.

Je quittais la pièce sur un Senji complètement déboussolé, incapable d'ajouter quoi que ce soit. Peut-être n'avait-il jamais imaginé des hommes et des femmes avec la même profession que lui faire le mal. Ça lui semblait sûrement inconcevable.

Des représentants de la justice, hein...

Mais je n'avais pas eu le c½ur à lui mentir, alors je lui avais dit la malheureuse vérité, purement et simplement. D'ailleurs je lui avais tout dis sur un coup de tête, et il avait fait la même chose. Mais pourquoi ? Pourquoi lui ?

J'en savais plus sur lui, maintenant... Et pourtant je ne me sentais pas satisfaite à ce niveau-là. Qu'est-ce qui me reliait à lui exactement ? Je ne comprenais définitivement pas. Nous étions en tous points opposés, j'aurais dû le haïr, et pour bien des raisons.

Coupable, meurtrière, faible et lente. Innocent, ancien flic, fort et rapide. La nuit et le jour. Le noir et le blanc.
La Colombe et le Corbeau.
 
Mais j'étais irrémédiablement attirée par lui, alors que je ne m'étais jamais sentie reliée à un autre être humain, pas même ceux partageant mon sang. Je ne le connaissais que depuis quelques jours, quelques secondes dans une vie. Et pour lui, qu'est-ce que j'étais ? Si je le lui demandais, il me répondrait sûrement « tu n'es pas mon ennemie » avec un sourire. D'ailleurs je ne lui avais encore pas répondu que je pensais la même chose de lui maintenant. Mais il devait s'en douter, après tout.

Dans les semaines qui suivirent, je n'avais pas eu de combat, comparé à Senji qui les enchaînait quasiment un jour sur deux. Il en avait tellement que nous nous n'étions pas vu depuis notre dernière discussion.

Mais je ne manquais pas un seul de ses affrontements, tous diffusés en direct sur les écrans, y compris celui de ma chambre. Sans le son, évidemment, pour toujours la même raison.

Je scrutais le moindre de ses mouvements, comme d'habitude. J'étais incapable de dévier mon regard de ce Corbeau. Il était si incroyable. Je crois bien qu'il avait réussi à m'hypnotiser par une magie mystérieuse que je n'avais jusqu'alors jamais subi.

Je voulais l'aider, être avec lui, le soutenir, le regarder, lui parler. Et comme s'il savait à quel point je le voulais, il fit disparaitre immédiatement ses armes de sang une fois son adversaire à terre. Il n'attendit même pas l'annonce du verdict qu'il s'en alla comme si de rien était.

Je fus tout de même dubitative, je ne pensais pas un seul instant qu'il avait agi de la sorte pour me rejoindre, comme si nous étions connectés. Il devait simplement en avoir marre, c'est tout.

Et pourtant, quelques minutes plus tard à peine, on toqua à ma chambre. Je me levais alors et ouvrit, pour découvrir un Senji qui, dès qu'il me vit, tourna la tête en le passant une main dans le cou. Il était gêné ? Pourquoi ?

-Senji ? Qu'est-ce que tu fais là ? Tu devrais te reposer.
-Tu as suivi mes combats ? S'étonna-t-il. Mais... hésita-le brun. J'ai remarqué que tu avais regardé une fille manger ça, la dernière fois à la cafét'. Je me suis dit que t'aimerais peut-être y goûter ?

Visiblement, il ne me considérait toujours pas comme une meurtrière. Pourtant, il avait toutes les raisons pour.
 
Mon regard descendit sur le « ça » en question. Dans sa main gauche, il tenait un sachet contenant un petit pain rond, que je pris doucement. Moi-même je n'avais pas fait spécialement attention à ce que mon regard avait capté ce jour-là.

-Et puis, même si c'est bizarre... Je voulais m'exc--
-La Colombe est demandée à la salle de combat immédiatement ! S'exclama la voix insupportable résonnant depuis les haut-parleurs, coupant le brun dans sa phrase.
-Quoi ? Maintenant ? Fit-il surpris.
 
Mon regard scruta la croûte légèrement dorée et rayée de la pâtisserie, que je remis dans les mains de mon interlocuteur. Mes doutes semblèrent se confirmer.

-Fait attention, je crois qu'ils n'apprécient pas que tu expédies tes combats, déclarai-je sous ses yeux légèrement écarquillés.

Je lui fis un sourire rassurant, et filais à toute vitesse. Je fus à la salle en un rien de temps, entrais et fus étonnée que la salle soit déjà éclairée.

-Cette fois-ci, tu vas avoir droit à un combat quelque peu spécial... Cent adversaires, survis si tu peux, petite Colombe ! Lança-t-il d'une voix folle.
-Quoi ?! M'effarai-je.

Les nombreuses portes métalliques tout autour de la salle libérèrent une flopée de prisonniers qui m'encerclèrent. J'avais raison. Il ne supportait plus que leur plus bel atout à audimat qu'était Senji se débarrasse de ses adversaires en une fraction de seconde. Il avait programmé une série d'affrontements pour avoir son quota, le fatiguer ou que sais-je encore.

Mais je crois bien que cette fois, il espérait se débarrasser de moi par un piège aussi bas. Tapant sur l'endurance, qui était évidemment mon plus gros point faible, il espérait un faux pas et un coup fatal qui m'achèverait.

C'est con, j'avais pas encore prévu de mourir.

Sauf que sa petite Colombe avait des serres aussi acérées que celles d'un Corbeau.
 
C'est le regard noir que je me tranchais à sang ma paume gauche pour en sortir mon habituelle arme. Enchainant les prisonniers lambda, KO en un coup, je devais gagner. Et si Senji me regardait ? Impossible de subir une nouvelle défaite !

Je ne l'avais accepté que contre lui.

Et puis il venait à peine de finir un de ses combats, et j'étais appelée. Je voulais en finir le plus vite possible !

Au bout de dix minutes, j'en avais éliminé les trois quart. Le goût du sang commençait déjà à se manifester. Plus que cinq minutes, plus que trente-cinq ennemis.
 
Oui, eux, étaient véritablement mes ennemis. Des hommes aux regards fous, désespérés. On avait dû leur promettre de les sortir d'ici s'ils me transperçaient, ou un truc du genre.

J'abattis le 99ème. Au milieu des cadavres, couverte de sang, je regardais tout autour de moi pour trouver le dernier. Je crachais une flopée de sang en plantant ma lame dans le sol. J'étais à bout de souffle. J'avais atteint les quinze minutes, ma limite.

Cherchant toujours le dernier du regard, refusant de tomber maintenant, une silhouette sortie de l'une des rares zones d'ombre, ses armes de sang déployées.

Mes yeux s'écarquillèrent devant ma vision.

-C'est une blague ! Pas encore toi ! Me dis pas que c'est toi le 100ème ! Ils ne t'auraient pas rappelé si vite juste pour ça, quand même... Désespérai-je face à mon potentiel adversaire.

C'était le seul contre qui je ne pouvais plus lever mon arme. Je fermais les yeux et baissais la tête, dans l'espoir fou que ce ne soit qu'une illusion dû à ma fatigue extrême.

Mais un simple son me fit relever la tête.

-Zuppatchi, murmura-t-il après avoir réduit à néant le dernier prisonnier, et donc le véritable 100ème que je n'avais pas encore achevé.
(NDA : « Zuppatchi » est une onomatopée qu'utilise Senji lorsqu'il achève un ennemi)

Il jeta un regard noir au présentateur, puis fit disparaître ses armes atypiques mais si classes.

-Bien sûr que non, je ne suis pas le 100ème. Je passais juste par-là, donc me voilà, plaisanta-t-il. Enfin, t'es pas croyable. Tu oses me mettre en garde, alors qu'en toute logique, c'était toi la cible si ta théorie était bonne. Ce qui semblait être le cas.

Il se rapprocha et me mit une légère pichenette sur le front, souriant encore.

-Senji... Mais pourquoi... ?
-Parce que je te paye des ramen pour ta victoire, p'tite Colombe.

Mon arme se dématérialisa. Je n'avais pas vraiment gagné, mais ça c'était un détail dont il se fichait éperdument, je le savais bien. Je faillis me manger le sol, mais il me rattrapa avec son bras droit.
 
-Je vais te porter, m'indiqua-t-il sérieusement.

Je le regardais, puis lui demandai d'attendre un instant. M'appuyant sur lui avec mon bras gauche, je regardais la caméra et brandis mon majeur en l'air.

-La petite Colombe elle t'emmerde, connard.

Il rit un peu et me prit sur son dos. Je me laissais faire, je devais admettre que mes jambes n'avaient plus la force de me porter.

-Désolée... murmurai-je embarrassée, tout de même.

Il n'était pas mieux, encore tout rouge. A croire que dès qu'il était en contact ou trop près d'une fille, ça l'embarrassait. Je me surpris alors à trouver ce côté étonnant de sa personnalité incroyablement adorable.

-Tais-toi, je te ramène à ta chambre. Il faut que tu te changes et que tu te reposes un peu, t'as pas dû passer loin de t'évanouir avec leurs conneries d'audimat à deux balles.
-Tu avais deviné ?
-Evidemment... Ils ont voulu que tu y restes, parce qu'ils ont remarqué qu'on se voyait. Donc c'est relativement de ma faute sur ce coup. C'est à moi de m'excuser.

Il avait repris un ton sérieux et grave tout en marchant. Ça m'avait aussi calmée, du coup. Je me mis contre son dos si chaleureux.

-Donne-moi ce pain que tu m'as ramené, et tu seras pardonné, dis-je un sourire aux lèvres, plaisantant bien évidemment.
-Autant que tu veux, fit-il d'un ton plus léger.

Il marcha alors jusqu'à ma chambre après quelques minutes doucement silencieuses. La télé était restée allumée, j'en concluais donc que s'il savait tout ça, c'est qu'il m'avait regardé. Il m'avait vraiment vu dans un état pitoyable... Puis une question me vint à l'esprit alors qu'il allait me déposer devant ma porte.

-Comment t'as su que ma chambre était ici ?
-Je suis le Corbeau, j'obtiens toujours ce que je veux ici, tu sais, fit-il en haussant les épaules.
-Non, c'est faux.

Il tourna sa tête vers moi, intrigué.

-Tu es Senji, souriais-je. Jamais je ne t'appellerais par ton surnom.

Il eut un sourire en coin, comprenant que je ne remettais pas en doute sa réputation.

-Ça me changerait. Mais tu m'excuseras, je trouve que « p'tite Colombe » te va bien. Même si ton prénom est joli.

Je fus surprise de ce soudain compliment, et tournais la tête pour qu'il ne remarque pas ma gêne.

-T'inquiète, je m'en fiche... Seulement... Je ne peux toujours pas marcher, fis-je embarrassée.
-Ah... Se contenta-t-il de dire en se redressant.

Il ouvrit la porte grise et voulut alors me déposer sur mon lit. Je lui rappelais alors, non sans être encore embarrassée, qu'il fallait que je me change, et que je prenne une douche.

Sans sourciller, il me déposa sur le bord de la baignoire. Il repartit aussitôt dans la chambre et prit des vêtements de rechange dans l'armoire.

Il regarda mon haut blanc qu'il tenait dans ses mains un moment avant de me le donner, puis se mit dans l'encadrement de la porte.

-Je resterai pas trop loin, si t'as besoin de quelque chose. C'est de ma faute si t'es dans cet état, donc bon, je vais pas te laisser te débrouiller toute seule. J'assume mes actes moi aussi, sourit-il avant de fermer la porte de la salle de bain.

Je restais sans rien penser pendant quelques secondes, avant de me maudire de ne pas avoir plus profité de la chaleur de son dos. Enfin, je me douchais comme je pus et me changeai rapidement. Je pouvais au moins me tenir debout cette fois, et marcher correctement. Je n'avais jamais autant forcé, j'en payais bien les frais. Mais de là à dire que Senji était fautif... C'était cette prison qui-- Je me coupais dans mes pensées. Non, je n'avais rien à redire sur cette prison. Rien du tout.

 

Dove and Raven [Partie 1]
Me revoilà donc avec cette tant attendue première partie de Dove and Raven ! Je voulais vraiment la sortir avant décembre, mais entre tout ce qu'il s'est passé dans ma vie personnelle et mes problèmes de bêta-lecteur -pour l'instant réglés- ça a été compliqué. Mais bref ! J'attends vos avis avec impatience pour cette première partie! Et n'oubliez pas, je ne veux que des commentaires constructifs (si tu ne sais pas comment faire, va ). Si cette simple petite chose n'est pas respectée, je vous retire des prévenues pour ce Three Shot. 
A bientôt pour découvrir la suite de l'évolution de ses deux oiseaux ;3

 

Dove and Raven [Partie 1]

 

"Ah, et je suis encore curieux, mais, si Senji n'était pas venu lors de sa punition, quelle partie du corps aurait-elle dût céder cette fois-ci ?"  

-  Alors, j'y avais réfléchi, et finalement j'avais trouvé l'idée abusée, (enfin vous comprendrez dans la suite x)) mais ça aurait été la moitié de son poumon gauche. 

 

Dove and Raven [Partie 1]
"Lassia, c'est pas très français tout ça ;p (pour ma part - que vous vous appelez spaghetti ou mouton, je m'en contrefiche :p)"

-  Ben en fait j'ai toujours été nulle pour les noms ToT et moi je trouve que ça fait relativement français quand même xD ya pire. Enfin les prénoms français sont pas spécialement reconnaissables quand on y pense. Allemand, russe, japonais, américain, espagnol, ça va, mais français o_o enfin voilà quoi xD c'est plus "Wendel" qui est français (je sais, ça sonne pas français du tout, mais j'ai cherché, je l'ai pas sorti de nulle part ! :p) (Et j'ai laissé ta comparaison parce qu'elle est drôle! xD)

 

Si vous en avez d'autres, je les afficherais ici ! :3

 

Dove and Raven [Partie 1]

Tags : Dove and Raven - Deadman Wonderland

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Comments :

  • Les-ecrits-de-Lassia

    08/12/2015

    Visiteur wrote: "Coucou c'est The-world-of-Yumi !

    Mon commentaire précédent s'est supprimé grrrr, mais bref ! Très joli écrit !
    "

    ah merde :x si t'as le courage de le retaper ça m'intéresserait x')

  • Visiteur

    08/12/2015

    Coucou c'est The-world-of-Yumi !

    Mon commentaire précédent s'est supprimé grrrr, mais bref ! Très joli écrit !

  • Les-ecrits-de-Lassia

    05/12/2015

    Lisa-Hisoka-Fangirl wrote: "Oh mon dieu t'as laissé ma comparaison (même si c'est plus des mots qui me sont passés par la tête qu'autre chose :p). Je suis sincèrement touchée x)
    Bah ! Souvent, les prénoms qui sonnent vraiment français pour le reste du monde (en particulier les japonais) sont vraiment clichés et parfois inexploitables
    "

    oui XDDD je m'en doute^^
    oui j'avoue, c'est pour ça que "Lassia" ça sonne relativement français pour ma part x')

  • Lisa-Hisoka-Fangirl

    05/12/2015

    Oh mon dieu t'as laissé ma comparaison (même si c'est plus des mots qui me sont passés par la tête qu'autre chose :p). Je suis sincèrement touchée x)
    Bah ! Souvent, les prénoms qui sonnent vraiment français pour le reste du monde (en particulier les japonais) sont vraiment clichés et parfois inexploitables

  • Ally-Fictions

    05/12/2015

    :p de rien :P

  • Les-ecrits-de-Lassia

    05/12/2015

    Ally-Fictions wrote: "Hellow !

    Je voulais te dire que c'était un bon début pour moi (Je ne l'ai pas lu en entier xD)
    Enfin pas encore, le manque de temps, mais je lirais bientôt la suite.

    [Début: Point d'arrêt :
    -Ma taille modeste t'emmerde ! M'emportai-je, le poing vers lui, ne supportant pas les réflexions sur mes 1m62. ]

    -----------------------------------------------------
    + Je trouve que l'intrigue est bien faite avec des phrases bien construites. En général des bonnes descriptions qui nous mets bien dans l'atmosphère.

    ------------------------------------------------------

    - Je trouve que le début est un peu trop détaillé, l'histoire à du mal à commencer. J'avais du mal a rester captivé, au début après la suite est mieux

    ------------------------------------------------------

    Et pour finir, je trouve que c'est un peu long, enfaite, j'aurais préféré que tu découpe ça en morceau de 3/4 pages, pour que je sache ou j'en suit lorsque que je m'arrête. Car je pense que, je n'ai pas toujours le temps de lire 20 pages d'un coup et puis ensuite je dois retrouver où je m'étais arrêté. Après moi je trouve ça dommage, mais comme je sais que tu
    écris bien je continu, mais je pense pour d'autre gens ça peut décourager un peu.
    Je pense que tu devrait faire un découpage pour que l'on s'y retrouve plus facilement.

    -------------------------------------------------------

    Voilà en bilan, je trouve que c'est un bon début, avec quelque description un peu longue et parfois pas assez sur le passé de ton héroïne. J'espère que on en apprendra plus sur elle. :p

    Dès que j'aurais lu la suite je reviendrai vers toi :P
    "

    salut! d'accord pas de souci.

    tu t'es arrêté à THE punchline LOL

    -merci beaucoup !

    -le début est obligatoirement détaillé, étant donné que Deadman Wonderland n'est pas un anime connu. Je suis bien obligée d'en expliquer le fonctionnement pour ne pas perdre ceux qui n'ont pas vu l'anime ni le manga ni ma fiche mis à disposition en haut de l'article.

    -je ne peux pas faire ça. Tu sais, un chapitre fait normalement 10 pages minimum. Et encore, dans les vrais livres, c'est souvent beaucoup plus. Ici peut-être que ça fait 20 pages, c'est peut-être long oui, mais les 3 parties feront cette taille. Je ne peux pas faire moins, étant donné que si ça fait 4 parties, ça ne sera plus un Three Shot ni une fanfiction, car trop court, d'où un problème d'appellation gênant que je veux éviter. Je n'ai donc pas le choix, de plus je trouve que j'ai beaucoup fait attendre depuis le début de ce THS et envoyer 3/4 pages serait comme me moquer de mes lecteurs, en tout cas pour moi. C'est ici un cas de conscience personnel, je l'avoue.
    Enfin, je pense que oui ça peut décourager, mais étant donné que ceux qui lisent ce THS sont des prévenus et qu'ils l'ont voulus, je ne vois pas en quoi ça les gênerait.
    Après si tu veux un point de repère pour ne pas tout lire en une fois, tu peux comme tu l'as fait marqué ton point de repère que je validerai et qui s'affichera, pour ensuite faire F3 et copier coller la phrase dans la case de recherche qui s'ouvre, que tu retrouveras facilement.

    -Je ne comprends pas non plus pourquoi tu trouves mes descriptions trop longues oO je n'en ai fait pas plus que nécessaire et n’excèdent pas quelques lignes. Moi-même je n'aime pas ça alors elles ne risquent pas de faire plus, mais je sais que c'est vital pour s'y retrouver dans un espace que l'on ne peut que lire et non voir.
    Après pour le passé de mon OC, j'ai dit les grandes lignes, m'y attarder plus ne serait pas spécialement incroyable... Même si dans l'épilogue, on s'y repenchera un peu, si ça peut te rassurer

    Pas de souci, merci pour ton avis^^

  • Ally-Fictions

    05/12/2015

    Hellow !

    Je voulais te dire que c'était un bon début pour moi (Je ne l'ai pas lu en entier xD)
    Enfin pas encore, le manque de temps, mais je lirais bientôt la suite.

    [Début: Point d'arrêt :
    -Ma taille modeste t'emmerde ! M'emportai-je, le poing vers lui, ne supportant pas les réflexions sur mes 1m62. ]

    -----------------------------------------------------
    + Je trouve que l'intrigue est bien faite avec des phrases bien construites. En général des bonnes descriptions qui nous mets bien dans l'atmosphère.

    ------------------------------------------------------

    - Je trouve que le début est un peu trop détaillé, l'histoire à du mal à commencer. J'avais du mal a rester captivé, au début après la suite est mieux

    ------------------------------------------------------

    Et pour finir, je trouve que c'est un peu long, enfaite, j'aurais préféré que tu découpe ça en morceau de 3/4 pages, pour que je sache ou j'en suit lorsque que je m'arrête. Car je pense que, je n'ai pas toujours le temps de lire 20 pages d'un coup et puis ensuite je dois retrouver où je m'étais arrêté. Après moi je trouve ça dommage, mais comme je sais que tu
    écris bien je continu, mais je pense pour d'autre gens ça peut décourager un peu.
    Je pense que tu devrait faire un découpage pour que l'on s'y retrouve plus facilement.

    -------------------------------------------------------

    Voilà en bilan, je trouve que c'est un bon début, avec quelque description un peu longue et parfois pas assez sur le passé de ton héroïne. J'espère que on en apprendra plus sur elle. :p

    Dès que j'aurais lu la suite je reviendrai vers toi :P

  • Les-ecrits-de-Lassia

    05/12/2015

    Lisa-Hisoka-Fangirl wrote: "Vu comment est Senji, faut vraiment que je m'y mette alors. Mais je me souviens que je m'ennuyais en fait. Et je DETESTE regarder un truc que j'aime pas. Mais je te préviendrai ;)
    Au fait, c'est sympa d'avoir mis un coin question. Bon moi ce n'en est pas une, mais Lassia, c'est pas très français tout ça ;p (pour ma part - que vous vous appelez spaghetti ou mouton, je m'en contrefiche :p)
    T'es vraiment une malade d'être allée chercher la petite bête ! Je t'admire ;)
    "

    ben le problème, c'est que j'aurai largement préféré que le perso principal soit Senji et pas Ganta U_U mais bon. Après te force pas hein :3 et d'acc^^
    je vais le compter comme une question quand même :p
    oui je suis perfectionniste au possible !

  • Les-ecrits-de-Lassia

    05/12/2015

    pimkie1729 wrote: "Salut, je suis venue lire comme je t'avais dis. Je suis d'accord avec hoaumaru pour le caractère de Ganta. Apres ce que j'en avais pensé je te l'avais déjà dis mais j'ai franchement beaucoup aimé. Préviens moi pour quand tu sortiras la suite ;) bonne continuation!"

    oui, je l'ai précisé maintenant sur la fiche de prez' dispo en haut de page, juste après le gif comme ça ya pu de souci^^
    oui tu m'avais déjà dis ton avis^^ et tant mieux que tu aimes toujours!
    Pas de souci, et merci ;3

  • Les-ecrits-de-Lassia

    05/12/2015

    Aho-No-Gintoki wrote: "Il fallait bien une entrée :ahem:
    Mdrrr, si tu sors ton fusil tu vas être accusé de terrorisme //SUICIDE//
    Je vois je vois.. d'un sens tu as raison donc.. voilà ! Voilà x) -aucune répartie-
    Bah ouais XD Dw est un super manga, faut pas passer à côté (je suis in love de Toto ♥) En effet, ça va être un handicap tout ça, pauvre d'elle ! Mais ça lui donne un côté affectueux :3

    Ah ben ça t'inquiète pas qu'elle est cool Lassia ! Je suis bien calé questions Oc (j'en ai aussi uhu), c'est ce que je fais de mieux avec ma joulie tablette graphique :eukkééé: , donc niveau caractère et tout je la trouve juste, et non abusée. Good job o/
    Omd, elle n'aurait vraiment pas eu de chance sans la moitié de l'autre poumon. Merci Senji TWT
    Héhé génial ~

    Ah oui ? XD
    "

    Lol, je vise les fautes moi c'tout XD
    après t'as le droit de pas être d'accord mais bon, je vois pas pourquoi je serais en tort là xD
    j'aime pas Toto!! Il a pris l'avant bras droit de Senji *pleure* Et je parlais d'un handicap pour Senji (juste pour être sûre qu'on parle de la même chose xD) et d'habitude c'est le gars qui essaye de faire comprendre à la fille par je sais pas quel moyen qu'il l'aime, ben ça va un peu changer XD

    moi j'en ai qu'un XD ou alors c'est celui d'un pote (pour Nanatsu no Taizai) t'as de la chance, je desine un peu mais ça donne jamais rien d'incroyable *pleure* mais j'ai fait une commande à une fille qui dessine bien on verra ce que ça donne, je le montrerais de toute façon :3
    oui je déteste les Oc complètement pété! c'est n'importe quoi u_u je donne toujours un point faible à mes OC :3
    Thanks!
    oui XD donc voilà, qu'on le sache ou non, elle a gardé son poumon gauche entier, donc c'était pas spécialement nécessaire, mais je peux comprendre qu'on se demande x3

    OUI ! le nombre de mec qui lise sur skyrock sont vachement rares ! *la meuf fière d'avoir un gars lecteur*

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