Dove and Raven [Partie 2]

Dove and Raven [Partie 2]
Gif: Deadman Wonderland

 

                                                                                                                                                                                                

 

Avant-propos: Cette deuxième partie fait la même taille que la première. Vous pouvez laisser un commentaire avec un "marque-page" (la ligne où vous vous êtes arrêtez) pour vous y retrouver, je le validerai sans problème, du moment qu'à la fin de votre lecture, vous postez votre commentaire développé.
Bonne lecture !
                                                                                                                                                                                                        

 


De nouveau dans la pièce principale, je remarquais un autre haut sur mon lit. Un autre ressemblant beaucoup à celui que je portais, et pour cause. Seuls quelques morceaux de résilles blancs y étaient rajoutés, au-dessus et en dessous.
 
Je décidais de l'enfiler à la place du basique. Une fois cela fait, Senji débarqua avec un plateau contenant deux bols de ramen et un sac plastique.
 
-Ah, content de voir que tu tiens debout !

Il se stoppa en constatant le changement puis s'attarda sur mon haut. Ce fut un peu long, alors j'intervenais.
 
-Ça ne me va pas ? L'interrogeais-je.
 
Il se reprit et détourna le regard, les joues rosies.
 
-Si, si. Je n'avais pas pensé que... Enfin, je préfère comme ça, quoi.

Il posa le plateau sur la table basse et me tendit le sac. Je n'ajoutais rien de mon côté, ayant compris que c'était lui qui m'avait ramené ce nouveau vêtement pour une raison que j'ignorai.
 
-Chose promise, chose due.

Je le pris et regardais son contenu.
 
-T'étais sérieux ? Souriais-je en voyant tous les petits pains.
-Pour ce genre de choses, oui. Je suis sûr que tu vas aimer de toute façon, fit-il amusé.
 Aimer » ? Répétai-je, pensive.
-Oui, aimer le goût que ça a, reprit-il sérieux.
 
Je le regardais, intriguée. Je ne concevais pas ce que ça voulait réellement dire, et il le comprit. C'était légitime, il le savait. Il me fit m'asseoir à côté de lui devant les ramen, et me demanda de manger. Je m'exécutais, puis reposai les yeux sur lui.
 
-Alors ? Le goût que tu as, là, tu le trouves agréable ?
-Euh... Oui, oui je pense. Je n'ai commencé à manger correctement que depuis que je suis dans cette prison de toute façon.

Il serra encore les poings. Je finis mon bol sans en rajouter, puis lui fis remarquer que s'il ne mangeait pas, ça serait froid. Il soupira puis mangea sans grande conviction. Mon attention se reporta ensuite sur le sac en plastique blanc. Il le vit, et le prit pour en sortir une pâtisserie.
 
-Ça s'appelle des pains melon, ceux-ci sont aux pépites de chocolat, mais y'a plein de parfums différents, m'expliqua-t-il.
 
J'en sortis un de son emballage et croquais dedans.
 
-Sucré ! Fut le seul mot qui me vint lorsque la douce saveur envahit ma bouche.
-Vu ta tête, tu aimes. Tu vois, c'est cette sensation agréable, aimer, sourit-il encore une fois, content que « j'aime » le pain.
 
C'est ça, aimer ? Je le regardais longuement, mais une soudaine douleur vive me fit lâcher ce que je tenais, mes mains couvrant maintenant ma bouche. Prise d'une quinte de toux, Senji afficha un visage marqué par l'inquiétude.
 
-J'étais trop optimiste de penser que tu te serais remise si vite, déclara-t-il simplement.
 
Lorsque je retirais mes paumes, le liquide rouge était revenu.
 
-Merde... Murmurai-je.
 
Je n'eus même pas le temps d'essayer de lui cacher qu'il me fit me lever de force, m'obligeant à le suivre en me prenant le poignet.
 
-Senji qu'est-ce que tu fais ?! Fis-je surprise.
-Infirmerie, répondit-il autoritairement.
 
Je n'osais pas m'y opposer et le laissais faire. Je lui indiquais qu'il pouvait me lâcher, sachant qu'il n'aimait pas le contact avec les filles. Il se stoppa juste et s'exécuta. Il ne fut gêné que lorsque je lui avais fait remarquer.
 
Il mit un coup de pied dans la porte de l'infirmerie où de nombreux lits aux draps blancs étaient alignés dans cette pièce. Il se retourna et dévisagea la même femme qui était présente lors de ma pénalité que j'avais évitée grâce à lui.
 
-Tu la soignes, et pas de coups fourrés, menaça-t-il le regard noir.
 
Il devait vraiment se sentir responsable, pour en venir à là.
 
Elle fit oui de la tête sans poser de questions. Elle s'approcha pour m'ausculter, et me demanda d'enlever mon haut pour qu'elle puisse le faire correctement. Je commençais donc à le faire quand il vira au rouge tomate et sortit précipitamment, avant de me dire qu'il attendrait à l'extérieur.
 
Je lui expliquais le problème que j'avais, et elle me donna des médicaments pour stopper les crachats de sang, après avoir vérifié ma respiration au stéthoscope. Je me rhabillai puis avalais les comprimés.
 
-Tu sais... Senji peut vraiment être dangereux, fit-elle en rangeant ses affaires.
-Comment ça ? Répondis-je septique.
-Il m'a menacé de me tuer pour rien, la dernière fois, précisa-t-elle.
-Senji n'est pas du genre à tuer pour rien ! Le défendis-je, énervée.
-Je sais qu'on ne dirait pas, mais crois-moi ! Il a failli me tuer parce que j'ai voulu l'empêcher de combattre, il était trop blessé pour !

Je me stoppais, et eus un sourire dangereux. Je sortis ma lame de sang qui atterrit à quelques centimètres de sa gorge sous ses yeux ahuris, ne me souciant pas de mon état physique. Un geste que je n'avais pas contrôlé, fruit de mon impulsivité.
 
-Il n'est ni fou, ni dangereux. C'est juste vous qui êtes suicidaire.

Je la fis rapidement disparaître et me levais, sortant de la pièce.
 
-Ça va ? Je t'ai entendu hausser le ton, m'interpella-t-il dès que j'avais passé le pas de la porte.
-Oui, oui. Mais cette femme est vraiment stupide.
-Ça, je te le fais pas dire, fit-il avec un sourire en coin, devant sûrement se rappeler de ce dont elle m'avait parlé.
 
Il remarqua la coupure verticale que j'avais sur ma paume.
 
-Tu as utilisé ton arbre de sang ? Demanda-t-il le ton grave.
 
Je cachais ma paume.
 
-Je ne vois pas de quoi tu parles, déclarai-je en lui tournant le dos, commençant à marcher.
 
Je n'allais tout de même pas lui dire que je l'avais défendu et que mon impulsivité avait pris le dessus. Je n'avais pas supporté cette accusation, alors qu'elle ne savait rien de lui. Mais c'était bien la première fois que j'avais été impulsive pour défendre quelqu'un...
 
Il me rattrapa et marcha à côté de moi, sans dire un mot de plus, ne cherchant pas à prouver la vérité sous mon mensonge.
 
Elle ne savait rien du tout.
 
Je ne me rendis compte qu'au bout d'un moment que j'avais instinctivement pris le chemin de la salle d'entrainement. Senji ne m'avait rien dit, et entra comme si c'était normal. Je le suivis donc, et se dirigea vers une porte que je n'avais encore jamais remarqué jusqu'alors.
 
-Qu'est-ce que tu fais Senji ? L'interrogeai-je alors qu'il ouvrait la porte.
-Ben tant qu'on est là, autant squatter ma chambre.
-Ta chambre ? Tu veux dire que cette salle... ?
-C'est moi qui l'ai demandé, alors elle est collée à ma chambre, m'expliqua-t-il en allumant la lumière.
 
Je découvris donc sa chambre, enfin son salon. Sa chambre était en fait composée de deux salles : son salon et sa vraie chambre, là où il y avait son lit, que je ne pouvais pas voir, séparée par une porte noire vers le fond.
 
Tous les murs étaient noirs, comme tout le reste. Définitivement mon opposé sur tous les points. Il était grand sans être luxueux pour autant, ça se voyait qu'il était là depuis bien plus longtemps que moi. Sur le côté gauche se trouvait un grand canapé et une télé à écran plat qui devait faire le triple de la mienne. Sur le côté droit, on pouvait voir une cuisine aménagée et un plan de travail, et un peu plus loin, une autre porte noire menant sûrement à la salle de bain.
 
-Ben vient, reste pas là, rit-il en me voyant statique alors qu'il enlevait son manteau.
 
J'acquiesçais, puis une question me vint alors que j'entrais pour de bon.
 
-Tu cuisines ? Demandai-je, fixant le plan de travail.
-Ouais, j'ai jamais trouvé la nourriture terrible ici, à part les ramen et les gâteaux évidemment.

Et en plus, il savait cuisiner. Est-ce qu'il avait ne serait-ce qu'un défaut ?
Mon regard s'attarda ensuite sur l'écran géant.
 
-Senji, je peux te demander un service ? Dis-je sérieusement.
-Hein ? Euh oui bien sûr, qu'est-ce qu'il y a ? Fit-il en se retournant, un peu déstabilisé de mon soudain changement de ton.
-Je voudrais que tu me donne ton avis objectif sur mes combats, pour que tu me dises honnêtement quels sont mes points faibles. Je ne veux plus jamais me sentir aussi impuissante... Rageai-je en serrant les poings.
 
Je l'entendis soupirer puis il mit un CD dans son lecteur DVD.
 
-Je vais regarder ceux que j'ai pas encore vus. Mais ne dis pas que tu es faible. Ce piège dont tu es sortie victorieuse, peu de gens en auraient été capable. Encore moins avec un poumon manquant. Tu es une fille forte Lassia.

Il m'avait dit ça comme ça, comme si ce n'était rien, comme si c'était évident. Sur le coup, je n'avais rien répondu. Ce mec ne cessera jamais de m'étonner, on dirait. Il m'invita ensuite à m'asseoir sur le canapé de tissu noir, tandis qu'il allait chercher des bières après m'avoir demandé si ça m'allait et que j'avais répondu par l'affirmative.
 
Mais dès que je m'étais posée dessus, une vague de fatigue me rappela à la réalité. J'avais trop forcé, et je ne m'étais pas vraiment reposée. Je ne voulais pas dormir, vraiment pas, pas ici en plus. Je ne voulais plus qu'il s'occupe de moi, je ne voulais plus être un boulet...
 
Mais je ne pus réfréner la chute de mes paupières, et je finis malgré moi par m'endormir sur son canapé.
 
Dove and Raven [Partie 2]
 
Le Corbeau referma la porte du frigo sombre, deux canettes à la main. Il interpella la blanche, mais n'obtint jamais de réponse. Intrigué, il se retourna et la vit allongée sur son canapé. C'est vrai qu'elle devait être plus que fatiguée après une journée pareille.
 
Il reposa ses boissons, puis se souvint alors que sa chambre n'était pas tout près, presque à l'autre bout du bloc G pour ainsi dire. Mais elle était si rapide pour venir ici qu'il ne l'avait jamais remarqué.
 
Le brun s'approcha d'elle, et lorsqu'il la vit si calme et détendue, il ne put s'empêcher de sourire. Elle était son opposée lorsqu'elle dormait, bien qu'il avait pu la voir sourire éveillée. Elle avait changé depuis leur première rencontre, c'était indéniable. Il se rappela alors les paroles de Ganta et perdit son sourire. Un monstre ? Elle ne parlait jamais à personne ? Si elle était qualifiée de monstre simplement parce qu'elle avait tué ici, puisque Ganta ignorait son passé, c'était ridicule. C'était ce lieu qui demandait ça, dès que quelqu'un mettait les pieds ici, innocent ou coupable à la base, il finissait pas devenir meurtrier.
 
Mais en voyant son visage endormi, il ne pouvait définitivement pas la voir comme un monstre. Oui, elle avait pris des vies, et son âme d'ancien flic ne pouvait pas nier ça, ni l'oublier. Mais elle assumait ses actes et leurs conséquences, peut-être un peu trop, d'ailleurs...
 
Il arrêta de penser lorsqu'il entendit onze heures sonner. Il se faisait tard et la ramener à sa chambre ne servait sûrement plus à rien. Mais il ne pouvait tout de même pas la laisser dormir sur le canapé, ce n'était pas l'endroit idéal pour se remettre d'un combat pareil.
 
Il éteignit l'écran et, non sans encore une fois avoir le feu aux joues, la souleva dans ses bras sans mal puisqu'elle était aussi légère qu'une plume, pour la mettre dans son lit, pensant prendre le canapé à sa place. Il l'installa et la couvrit des couvertures avant de retourner dans le salon. Mais lorsqu'il s'allongea, il ne put que constater le problème : Lassia était relativement petite, alors elle tenait en longueur sur le canapé. Mais lui et ses 1m80 ne tenaient pas, c'était l'évidence même.
 
Le brun mit sa main sur son visage après s'être relevé dans un signe de malaise. Il n'allait pas la redéranger encore une fois, et lui ne pouvait pas dormir sur le sol métallique. Il devait se reposer aussi en vue des prochains combats, sans oublier qu'il n'avait fait que les enchaîner ces deux dernières semaines.
 
C'est embarrassé qu'il ferma la lumière de son salon avant de revenir dans sa chambre. Elle dormait toujours à poings fermés, elle n'allait pas le traiter de pervers, du moins pas tout de suite.
 
Il la regarda encore une fois, et se surprit à la trouver mignonne. Elle semblait presque fragile, comme si elle avait besoin qu'on la protège, qu'on la prenne dans ses bras. Mais connaissant ses capacités, c'était impossible. Il se demandait bien pourquoi il pensait à ça maintenant.
 
Il soupira puis se glissa sous les couvertures à son tour, heureusement que c'était un deux places. Il se mit sur le côté pour lui laisser le plus de place, espérant qu'elle ne le frappe pas le lendemain. Il ne voulait vraiment pas qu'elle pense quoi que ce soit de malsain, ni qu'elle pense qu'il avait essayé quelque chose. Après tout ils ne se connaissaient pas depuis si longtemps que ça, et ils allaient dormir ensemble...
 
Il se stoppa dans ses pensées, ça ne servait à rien de réfléchir à ça maintenant. Il ferma les yeux et essaya de dormir, mais alors qu'il était sur le point d'y arriver, il la senti trembler. Il se tourna vers elle, inquiet. Et ses doutes furent confirmés : son visage n'était plus détendu, mais apeuré. Jamais il ne l'avait vu avoir peur, et pourtant, ce n'était pas les occasions qui manquaient ici.
 
Elle devait faire un cauchemar, mais que faire ? La réveiller ? Non, très mauvaise idée. Il ne savait pas quoi faire, il n'était pas habitué à ça lui !
 
Il se mit alors sur le dos, et bizarrement, elle se cala contre lui. Rougissant comme jamais, désemparé, il se contenta de lui caresser ses cheveux à la couleur de la neige d'une main légèrement tremblante. Il repensa alors à ce qu'elle avait pu vivre comme horreurs avant d'arriver ici, et prit un air triste. Elle ne l'avait pas mérité, contrairement à ce qu'elle pouvait dire.
 
Il passa doucement son bras gauche autour de ses frêles épaules, espérant ainsi la calmer. Et étonnamment, cela marcha. Elle retrouva un visage tranquille, à moitié sur son torse nu. Cette fois, si elle se réveillait, elle allait définitivement le prendre pour un pervers, mais il préféra ça plutôt que de la laisser avoir peur. Il était incapable de la laisser, c'était tout simplement plus fort que lui.
 
Cette fille peut-être petite, mais incroyablement si solide.
 
Il se demanda alors si elle aurait voulu en parler à quelqu'un, si elle avait vraiment surmonté ça, alors qu'après l'horreur qu'elle avait vécue, elle se retrouvait ici : ce n'était pas le meilleur endroit pour se remettre d'un traumatisme. Pourtant elle riait, elle souriait. Mais après tout, comme il l'avait toujours pensé, cette prison n'était que le reflet de ce monde. Il finit par s'endormir paisiblement, contemplant sans s'en rendre compte la blanche.
 
Dove and Raven [Partie 2]
 
J'ouvris doucement les yeux, l'esprit encore embrumé. La première vision que j'eus fut celle de Senji, complètement endormi... sous moi.
 
Je me redressais doucement, et me frottais les yeux avant de regarder autour de moi. La chambre de Senji, mais qu'est-ce que je faisais là ? Puis je me souvins être tombée de sommeil sur son canapé. Il avait dû me déplacer pour que je sois mieux dans un lit. Et il n'a pensé qu'après qu'il ne tiendrait pas sur le canapé.
 
Un sourire se dessina sur mon visage, l'imaginant rouge pivoine. Il avait dû prendre sur lui pour dormir avec une fille. Enfin, je me levais doucement pour ne pas le réveiller, il méritait bien du repos après ses derniers jours. Je l'entendis grommeler légèrement lorsque je fus debout dans la chambre. Je me retournais alors, et le vit torse nu, la couverture ne le couvrait plus. Je lui remis correctement, admirant encore son visage au passage. Qu'est-ce qu'il était mignon...
 
Je me mis une claque mentale et sortis discrètement. Que faire maintenant ? Partir ? Non, j'étais incapable de partir comme une voleuse comme ça, alors qu'il avait pris sur lui pour cette nuit... Je décidais de faire un rapide passage dans la salle de bain pour ressembler à quelque chose, puis revins dans la cuisine. Je regardais longuement le plan de travail. Bon... Je décidais, tout en sachant pertinemment que j'étais nulle dans le domaine culinaire, de faire quelque chose à manger. J'avais vu ma mère le faire un nombre incalculable de fois, bien que je n'y avais jamais goûté.
 
Je me forçais à me rappeler, j'avais bien fait de ne pas oublier. Je sortis ce dont j'avais besoin et commençais à cuisiner. C'était simple à faire, j'espérais que même moi, qui n'avais fait que tuer toute ma vie, je puisse le faire correctement.
 
Après une petite demi-heure, j'étais passée à la cuisson, une pile de crêpes était maintenant dressée sur une assiette. Une fois fini, je fis la vaisselle, et j'étais en train d'écrire un petit mot explicatif quand j'entendis la porte derrière moi se fermer. Je me retournai, surprise, et vis Senji, la tête dans le brouillard et les cheveux en pétard, torse-nu, bâiller à s'en décrocher la mâchoire. Mais lorsqu'il me vit, il sembla complètement réveillé. Il ne prononça pourtant aucun mot, on aurait dit qu'il s'attendait à une quelconque réaction de ma part.
 
-Bonjour... ? Fis-je hésitante.
 
Il passa une main dans ses cheveux, et tourna la tête.
 
-Bonjour, répondit-il peu convaincu. Peut-être qu'il était comme ça au réveil.
 
Il huma alors un peu l'air, sûrement l'odeur de ce que j'avais fait. Puis il me regarda de nouveau, avant de se focaliser sur le papier que je tenais dans les mains.
 
Il me le prit si soudainement que je n'y avais pas opposé de résistance. Il lut le mot inachevé et fit des yeux étonnés.
 
-Quoi, tu as cuisiné... ? Demanda-t-il surpris.
-Hm... Répondis-je embarrassée. Si tu ne voulais pas, je ne t'oblige pas à manger ! De toute façon ctait la première fois, ça doit être immangeable, tentai-je de me défendre alors qu'il n'avait encore rien dit, m'éloignant en même temps.
-Eh, calme-toi enfin, rit-il. Tu comptais tout de même pas me laisser manger seul ? C'est que j'ai pris l'habitude qu'on mange ensemble moi !
-Si tu veux, fis-je peu convaincue en détournant le regard.
 
Il prit l'assiette avant de la poser sur la table basse et de s'asseoir sur le canapé. Il m'indiqua un placard avec le sucre en poudre et quelques confitures pour que je les amène, ce que je fis en prenant des cuillères au passage. Je le rejoignis et posais le tout à côté de l'assiette.
 
-On va les regarder, ces combats, puisque tu y tiens tant, fit-il en rallumant la télé.
 
Il mit en route le DVD tout en prenant une crêpe. Par habitude, sûrement, je n'osais pas y toucher. Mais avant même d'avoir vu mon adversaire de ce jour-là, il figea l'écran.
 
-T'as pas faim ? Demanda-t-il alors qu'il n'avait pas encore entamé sa crêpe.
-Non, enfin si... Enfin... Balbutiai-je tout en me maudissant d'être perturbée par cette simple chose.
-Attends... Je n'ai aucun livre de cuisine, et tu m'as dit ne jamais avoir cuisiné... En plus, c'est d'origine française... Me dit pas que... Déclara-t-il effaré.
-Je me suis juste souvenue des gestes de ma mère quand elle en faisait, rien de plus. C'est pour ça que j'ignore si c'est bon, enfin voilà... Répondis-je sans le regarder.
-Tu t'es forcée à te rappeler juste pour ça... Murmura-t-il le regard sombre. Il était sur de point de réduire en bouillie ce qu'il tenait, mais s'arrêta avant.
 
Il retrouva un visage calme et reposa sa crêpe.
 
-Je n'en ai pas mangé depuis des années, mais je sais encore comment ça se mange. Je vais te montrer.

Il passa un bras près de moi pour prendre le sucre et se rapprocha avant de me mettre le pot dans les mains. Je relevais mes grands yeux magenta vers lui, ne comprenant pas. Il eut un sourire en coin et ouvrit le pot, avant de diriger ma main avec la sienne pour déposer la poudre blanche scintillante sur la crêpe. Une fois ça fait, il me lâcha et recula avant de rougir encore une fois, se rendant compte de notre proximité. Il m'expliqua ensuite qu'il fallait la plier comme il m'indiquait, avant de simplement la manger.
 
Je fis un léger sourire, amusée par son comportement que je trouvais encore adorable. Il reprit sa crêpe et la mangea, avant que je ne fasse de même alors qu'il me regardait du coin de l'½il.
 
-Alors ça avait ce goût-là... Murmurai-je pensive. Dit Senji, c'est leur goût normal ?
-Oui c'est leur goût normal, idiote, mais elles sont vraiment bonnes rit-il avant de remettre en marche l'écran.
 
On mangeait donc tranquillement, mais lorsque ce fut le moment où mon adversaire apparut, il écarquilla les yeux et avala précipitamment sa bouchée.
 
-Attends, t'as combattu Choppline Sukegawa, le Paon ?! S'exclama-t-il en se retournant vers moi.
-Ben oui, fis-je en arquant un sourcil.
-Mais il est mort, ça date de quand ? S'interrogea-t-il en prenant la boîte du DVD.
-Du jour de sa mort, je l'ai tué, déclarai-je de but en blanc.
 
Il marqua un temps d'arrêt avant de reporter ses yeux sur moi.
 
-Et... Idaki Hitara, le Condor ? Demanda-t-il, suspicieux.
-Pareil. Je les ai tous les deux tué, affirmai-je d'une voix froide.
-Okay, je vois. Tu m'étonnes que tu sois devenue l'une des premières au classement du bloc G... Dit-il à mi-voix, pensif.
-Ah bon ? Fis-je étonnée, ignorant ce détail.
-Oui, tu es dans les cinq premiers. Il y a toi, moi, Karako Koshio le Coq de combat, Minatsuki Takami le Colibri et Nagi Kengamine, le Hibou. Ce n'est pas dans l'ordre, mais nous sommes les Five One.
-Le Hibou... Répétai-je le regard sombre.
-Me dis pas que tu l'as combattu lui aussi ? Attends... Comment as-tu perdu ton poumon droit ? Demanda-t-il sérieusement, sûrement sous le coup de l'intuition.
-Ton intuition est juste Senji. J'ai combattu le Hibou, et j'ai perdu. Pourtant, j'avais toutes mes capacités avant, si seulement je m'étais entraînée davantage... Je ne lui aurais pas simplement tenu tête jusqu'à ce qu'il m'immobilise ! Mais j'ai réussi le battre de justesse lors d'un autre combat, alors je ne vais pas en faire une maladie.
-Tu as tenu tête au Hibou... Putain j'y crois pas, même moi j'ai du mal contre lui. C'est bien ce que je pensais, je dis peut-être que tu as une taille modeste, mais en réalité, peu sont véritablement de taille face à toi, affirma-t-il en souriant.
-Je... Essayai-je d'articuler. Ce compliment soudain m'avait beaucoup trop surpris ! Je ne suis pas de taille modeste ! Protestai-je en me reprenant.
-Oui, oui, fit-il amusé.
 
Il relança la vidéo, reprenant un air sérieux tout en mangeant. A l'écran, j'avais sorti mon arme de sang, et m'étais lancée sur mon adversaire à vitesse maximale. Je jetais un ½il à Senji, ses prunelles onyx bougeaient aussi vite que mon image. Il n'était vraiment pas le Corbeau pour rien.
 
Après avoir vu et discuté de mes combats, il prit soudainement un air pensif. Je lui demandais alors s'il y avait un problème, et me répondit simplement qu'il voulait me poser une question, et me demandait donc la permission. J'avais naturellement accepté sa demande, intriguée.
 
-J'ai pu voir tes combats les plus importants, et ton unique défaite si on omet ma pseudo-victoire contre toi. J'ai aussi pu voir le visage que tu avais contre le Hibou et --
-Je sais, je suis pas belle à voir dans ces moment-là, le coupai-je gênée.
-Laisse-moi finir. Pourquoi as-tu déclaré forfait contre moi alors que contre lui, même après l'annonce de ta défaite par immobilisation, tu as voulu continuer le combat ? Pourquoi as-tu fait ça alors que tu ttais jurée de ne plus jamais perdre à partir de ce jour ? Pourquoi as-tu eu ce visage contre moi, opposé à celui que tu as montré contre le Hibou ? Je ne comprends pas. Tu me considères toujours comme ton ennemi, non ? Finit-il en tournant la tête vers moi, plantant son regard d'encre dans le mien.
 
Je fus si surprise que sur le coup, j'en étais restée muette. Ça l'avait travaillé tout ce temps ? Et je n'avais rien vu... ? Je finis par soupirer longuement, me calant au fond du sofa, détournant le regard pour le poser sur ce que j'avais cuisiné tandis qu'il me suivait des yeux.
 
-Parce que je ne t'ai jamais considéré comme un ennemi. J'ai seulement essayé de toutes mes forces de m'en convaincre. Mais dès notre première rencontre, j'ai su que je serais incapable de te tuer. Pas parce que je ne pouvais pas. Mais parce que je ne le voulais pas. Il en va de même pour notre affrontement, déclarais-je en le regardant à mon tour dans les yeux, un sourire aux coins des lèvres.
 
Il eut un temps d'arrêt, puis rit de bon c½ur avant de m'ébouriffer les cheveux.
 
-Content de voir que nous sommes d'accord.

Après cette petite explication, la journée se déroula aussi normalement que pouvait l'accorder cet endroit. Je me sentais mieux au fil des heures, et en fin de journée, j'avais même proposé un petit entraînement à Senji pour me remettre d'aplomb. Il avait hésité un petit moment, mais devant mon entêtement, il avait fini par céder, m'obligeant à promettre de ne pas forcer. Il se prenait pour mon frère ou quoi ?
 
Après quelques échanges, je me rendais compte que cette proximité que moi seule pouvait avoir avec lui me plaisait. Je me sentais bien avec lui. Avec cet être unique qui n'était pas mon ennemi.
 
Lorsque nous eûmes fini, il se tourna pour prendre une serviette et s'essuyer un peu. Ce fut dans ce court laps de temps qu'une nouvelle envie de cracher du sang me prit, mais je ne voulais pas qu'il le sache, je ne voulais pas qu'il croit que j'étais encore faible. J'étouffais ma toux et essuyai in extremis le sang qui commençait à couler aux coins de mes lèvres juste avant qu'il ne se retourne vers moi.
 
Je pris la direction de la porte pour dissimuler ce qui m'arrivait.
 
-Aller je file, à demain Senji, fis-je avec un signe de main.
 
J'étais sur le point de passer le pas de la porte avant même d'avoir une réponse du brun qu'une annonce se fit entendre.
 
-Le dernier combat de la journée a été décidé. Il s'agit du Pic Vert contre la Colombe !

Je me stoppais, pestant. Bordel, ils voulaient vraiment me tuer ! Et c'était qui cet oiseau encore ?
 
-Sérieux ?! S'exclama-t-il alors. Le Pic Vert, c'est Ganta, tu sais le gamin de la dernière fois. Dire que je l'ai même pas encore combattu alors que je l'ai entraîné ! Oh puis merde, j'y vais, a toute !

Il passa à côté de moi après avoir renfilé son manteau noir, mais je le retins.
 
-Mais t'as pas le droit de faire ça, si ? Hésitai-je, inquiète.
-Je suis le Corbeau, j'ai tous les droits. Jette un ½il au combat si jamais tu te fais chier, ça risque d'être intéressant, répliqua-t-il avec un sourire en coin et un regard confiant.
 
Il avait vraiment envie de le combattre, et je n'avais pas eu le temps de trouver autre chose pour l'en dissuader qu'il avait déjà filé. Il ne savait probablement pas qu'il venait de me sauver la vie, pour la seconde fois.
 
Et ça me faisait rager à un point inimaginable.
 
Mais vu son regard et son sourire, j'aurai pu dire n'importe quoi, il y aurait été à ma place. Je serrais les poings et décidai de le rattraper malgré mon état. Heureusement, il n'était pas encore très loin.
 
-Senji, attends ! M'exclamai-je en le voyant de dos.
 
Il s'arrêta, se retourna en m'adressant un regard surpris, puis reprit un visage sérieux.
 
-Quoi que tu dises, j'irais. Le Corbeau ne renonce jamais, déclara-t-il sur un ton grave et autoritaire.
 
Je le regardais dans les yeux, et ne répondis qu'après quelques secondes.
 
-Bon courage, me contentai-je de dire sincèrement.
 
Il ne réagit pas sur l'instant, mais un nouveau sourire en coin se dessina sur ses lèvres. Il me refit dos, et leva sa main droite comme un salut.
 
-Va te reposer, idiote, répondit-il sur un ton beaucoup plus léger qu'avant.
 
J'ignorais s'il avait deviné pour mon état, ou s'il disait simplement ça pour me taquiner. Mais les faits étaient là, je devais assister, impuissante, à Senji participant à un combat qui n'était pas le sien. Mais je savais pertinemment que si j'y allais, non seulement il m'en voudrait, mais qu'en plus, cette fois-ci je n'en ressortirais pas vivante. Je n'étais pas encore remise, et le moindre effort trop intense en plus pouvait m'achever.
 
C'est après avoir cogné dans un des murs de métal, rageuse, que je repartais en marchant jusqu'à ma chambre. Je ne voulais pas louper une miette de son combat.
 
De nouveau dans la pièce qui m'avait été attitrée, j'allumais la télé et constatais que j'étais arrivée tout juste pour le début du combat. Le présentateur fut étonné, puis en colère de voir mon remplaçant. Un seul regard de Senji vers la caméra avait suffi à le calmer. Je ne savais même pas qu'il pouvait avoir un regard si effrayant, moi qui n'avait connu que le sérieux ou le chaleureux.
 
C'est sans surprise que Senji déploya ses serres de sang, tandis que le Pic Vert tira sans ménagement sur le Corbeau. Mais Senji esquiva les balles de sang aisément, alors que le gamin se vidait de son liquide vital. A ce rythme, il allait s'écrouler d'anémie. L'inexpérience en plus d'avoir arbre de sang type projectile allait lui couter la vie si ça continuait.
 
Alors que Senji n'avait pas une égratignure, Ganta fut mis à terre par un ultime coup du Corbeau. Je soupirais de soulagement, pensant le combat terminé. Après tout c'était Senji, il n'aurait pas perdu contre un gamin comme...
 
Mes pensées se stoppèrent lorsque le brun fit dos au gamin, ayant fait disparaître ses armes, alors que celui-ci agrippa le manteau noir du Corbeau. Clamant qu'il ne mourrait pas, qu'il allait vivre... Et le battre.
 
Je serrais les poings, comment un gamin pourrait venir à bout d'un gars comme lui !
 
Senji s'était retourné, affichant un sourire ravi, redeployant ses serres alors que son adversaire concentrait le sang coulé de ses blessures pour lancer un projectile. Il visa alors le plafond, faisant s'écraser au sol une décoration morbide de la salle. Senji la trancha facilement, seulement, Ganta, d'un bond, posa sa main droite sur le torse sans protection du brun, là où il était déjà blessé à cause de ses derniers affrontements. Puis, il tira une dernière fois, à bout portant.
 
Senji vola à plusieurs mètres, ses armes se dématérialisèrent. Mon souffle se coupa.
 
-Senji... Senji relève-toi ! Tu ne peux pas perdre face à un gamin enfin ! M'emportai-je morte d'inquiétude.
 
Mais il ne se releva pas. Il avait perdu. Et le présentateur à la voix insupportable venait de l'annoncer clairement, bien que je n'y croyais toujours pas. Lorsque Ganta, en civière, passa à côté de lui, Senji l'interpella. Il afficha un sourire sincère, et tendit son poing dans un geste de fair-play irrationnel pour un endroit pareil.
 
-Abruti... Espèce d'idiot ! Criai-je en sortant en trombe de ma chambre.
 
Courant aussi vite que mon corps pouvait me l'accorder, le c½ur battant d'inquiétude, je devais arriver avant sa pénalité. Je devais y arriver ! Crachant plusieurs fois du sang en cours de route, étant donné que j'ignorais totalement la douleur, je devais le sauver de cette pénalité qui ne lui revenait pas. Le sauver comme il l'avait fait pour moi.
 
J'étais arrivée devant les portes de la salle de combat, quand deux gardes m'interceptèrent. Me débattant de toutes mes pauvres forces restantes, les insultants gracieusement au passage, je ne fus tout de même pas capable de passer l'ouverture de métal qu'un cri me figea.
 
Mon sang se glaça, tout mon corps s'était stoppé, alors que mes yeux étaient restés écarquillés. J'avais été trop lente. C'était trop tard. Ce que je venais d'entendre était bel un bien un cri de douleur intense du brun subissant sa peine.
 
Me sentant calmée, les gardes me lâchèrent et partirent. Tremblant de tout mon être, je faillis m'écrouler sous le choc. Ce cri m'avait déchiré le c½ur.
 
Choquée, je revins lentement à ma chambre, le regard vide. Je n'y croyais pas, comment Senji avait-il pu perdre ? Pourquoi n'avais-je pas plus insisté, alors que c'était mon combat, et pas le sien ?! Ce cri d'agonie, j'aurai dû le pousser moi, j'aurais dû souffrir pour ma défaite, pas lui, lui n'avait rien à voir là-dedans !
 
Mais c'était trop tard, et je n'arrivais pas à me le pardonner. Tout était de ma faute. Si je n'avais pas été si faible, si je n'avais pas été si blessée par mon dernier combat, jamais Senji n'aurait eu à souffrir. J'étais entièrement responsable, même si l'idée de me remplacer venait de lui. Mais quand bien même, ça ne suffisait pas à me dire que je n'étais pas fautive.
 
Cette douleur intérieure et cette rage intense que je ressentais, je l'exprimais en frappant tout ce qui me venait sous la main. D'ailleurs, celles-ci ne tardèrent pas à se retrouver dans un piteux état sous ma fureur. Mais c'était plus fort que moi. Ce gars... Ce gars qui avait été assez fou pour m'accepter, pour rester avec moi, pour ne pas avoir peur de moi, pour ne pas me considérer comme une ennemie, venait de souffrir par ma faute, à ma place !
 
Et pour une raison que je n'expliquais pas, ça me m'était hors de moi. Après tout, je n'avais rien fait pour qu'il agisse ainsi, je n'y étais pour rien... Ou alors c'était justement pour ça que ça me m'était dans cet état.
 
Durant les jours qui suivirent, je n'eus pas le courage de le voir, alors je l'esquivais volontairement. Dès que je l'apercevais, je changeais de chemin. Et pourtant, je sentis plus d'une fois son regard peser dans mon dos, même lorsqu'il discutait joyeusement avec celui qui l'avait fait souffrir.
 
Je me sentais seule depuis, c'était bien la première fois d'ailleurs. Même si je l'avais été le plus clair de mon temps, maintenant que je ne côtoyais plus Senji, je ressentais cette solitude glaciale.
 
Manger des ramen, m'entraîner, lui parler, le regarder. Les choses les plus simples m'auraient contenté, mais je ne me sentais pas capable de l'affronter. Et puis, il pouvait très bien m'en vouloir.
 
Mais depuis quelques jours, Ganta venait me voir. Etant toujours intimidé face à moi, il ne restait qu'une poignée de minutes avant de repartir. Je ne l'envoyais pas spécialement bouler, pourtant. Mais ce fut lorsqu'il aborda, hésitant, le sujet qui fâchait que je le fis vraiment. Dès lors que son nom avait passé ses lèvres, je l'avais mis dehors. Rien qu'entendre son nom sans pouvoir le voir me faisait étrangement mal.
 
Maintenant, j'avais compris que ce n'était pas n'importe quelle présence qu'il me fallait pour ne plus me sentir isolée. Il me fallait celle de Senji. Et je venais seulement de m'en rendre compte. Seulement, je me refusais d'aller vers lui, alors que tout était de ma faute... Même si je n'en avais jamais constaté les dégâts en face. Je ne savais même pas ce que cette pénalité lui avait pris...
 
J'étais allongée sur mon lit, perdue dans mes pensées, fixant le plafond métallique. Ma main atterrit par hasard sur mon collier ras-de-cou que je n'enlevais jamais, maintenant la résille blanche qui allait jusqu'au début de mon débardeur de la même couleur. Je me rendis alors compte que ce haut customisé qu'il m'avait en quelque sorte offert, je ne l'avais pas quitté depuis ce jour.
 
On toqua à ma porte, ou plutôt, on frappait. Violemment. Si violemment que j'avais sursauté. Je me levais, et me figeais en entendant sa voix.
 
-Lassia ! Ça suffit maintenant, 'faut qu'on parle ! Lança-t-il visiblement en colère.
 
Je détournais le regard du morceau de métal nous séparant et qu'il continuait de maltraiter, ne répondant rien. Je n'avais rien à lui dire.
 
Je l'entendis soupirer longuement, puis plus rien. Pensant qu'il avait laissé tomber, je soupirais à mon tour. Mais je m'étais trompée.
 
D'un coup, la porte fracassa le sol. Les yeux écarquillés par son geste, je détournais le regard bien vite pour ne pas croiser le sien colérique. Que faire ? S'il voulait se venger, ou que sais-je, je l'aurais accepté. Rien ne pouvait réparer ce qu'il avait perdu ce jour-là.
 
Devant ma non-réaction, il sembla encore plus en colère, serrant les poings. Mais mon regard remonta malgré moi vers son visage. C'est alors que je vis ce qu'on lui avait pris. Son bandeau sur l'½il droit... Il cachait ce qu'on lui avait arraché sans anesthésie, ce qui l'avait fait souffrir au point d'hurler de douleur.  
 
J'en étais restée figée, stupéfaite, jusqu'à ce qu'il parle.
 
-Je peux savoir ce que t'as à la fin ?! Juste parce que j'ai perdu, tu ne veux plus me voir ?! Parce que ctait contre un gamin ?! Sache que depuis ma défaite je m'entraîne dix fois plus dur mais sans toi--

Je l'avais coupé dans sa phrase en faisant un simple geste que je ne compris pas moi-même tout de suite. J'avais posé ma tête dans le creux de son épaule droite, mais m'interdisant de le toucher véritablement ou de le serrer contre moi. Ses paroles découlant de pensées erronées étaient la goutte d'eau qui faisait déborder le vase.
 
Je le sentis s'arrêter, et rougir fortement, encore plus que toute les autres fois, paniquant et ne sachant pas quoi faire. Je ne pus me retenir plus longtemps et quand bien même je me mordais la lèvre inférieure jusqu'au sang, les premières larmes perlèrent. Puis d'autres, encore et encore, sans que je puisse faire quoi que ce soit pour les arrêter.
 
Le choc de voir en face ce qu'on lui avait pris, à cause de moi, était trop grand.
 
-Ben alors... Qu'est-ce que tu me fais maintenant ? Fit-il d'une voix douce après avoir retrouvé son calme, lorsqu'il sentit mes larmes sur sa peau.
 
Mes mains remontèrent, l'envie de le serrer dans mes bras me prenant. Mais m'y refusant, je finis par poser doucement mes poings contre son torse, pleurant de plus belle.
 
Il fit alors un geste que je n'aurais jamais pensé possible, alors que j'étais ravagée par la culpabilité. Il passa son bras droit dans mon dos, et sa main gauche derrière ma tête.
 
Jusque-là, je n'avais tout simplement pas été capable de retenir mes larmes qui n'avaient jamais coulé pour personne, en silence. Mais son geste brisa le peu de résistance qu'il me restait, et je fus prise de nombreux soubresauts, alors que les seules paroles arrivant à passer la barrière de mes lèvres furent des excuses, finissant par le serrer de toutes mes forces. Je ne pouvais faire que ça, m'excuser, encore et encore, pendant de longues minutes, je ne fus capable que de ça, alors que les larmes s'enchaînèrent.
 
Il ne me lâcha pas avant que je sois calmée, ne disant rien, simplement perturbé de voir la « meurtrière du bloc G » dans un état pareil. C'est alors que tout me parut clair. Dans cette position, tout contre lui, sentant son c½ur battre, sentant sa chaleur, son odeur. Lorsqu'il m'avait serré contre lui, j'eus une sensation incroyablement étrange dans le ventre, minime mais semblable à celle de ce qu'il m'avait fait découvrir en termes de nourriture. Mais je compris enfin la raison de tout cela.
 
Alors c'était ça que l'on appelait... « tomber amoureuse »... ?
 
Moi, une tueuse essayant de se repentir de ses actes, de ses meurtres, j'étais tombée amoureuse d'un ancien flic. Je crois qu'on ne pouvait pas faire plus ironique.
 
N'entendant plus que les battements de son c½ur, je me calmais tout doucement, les larmes finissant par ralentir, puis par s'arrêter. Ma gorge endolorie par les pleurs et les paroles répétées, n'émit plus aucun son. Ma prise se desserra, lui indiquant que ça allait mieux. Il me lâcha doucement à son tour, mais ne recula pas pour autant.
 
-Lassia... Est-ce que tu me détestes ? Demanda-t-il subitement d'une voix grave.
 
Mes yeux encore embrumés remontèrent vers son visage. Il tourna la tête, légèrement gêné de par mon visage encore en pleurs et si près, sans doute. Mais il était vraiment sérieux.
 
D'un revers de main, j'essuyais mes yeux, tandis qu'un sourire ironique se dessina sur mes lèvres.
 
-Tu connais beaucoup de gens qui pleurent pour ceux qu'ils détestent ?

Il se gratta la tête, embarrassé par ma réponse interrogative.
 
-Non mais... J'étais un flic, comme ceux qui t'ont fait du mal.

Je me reculais, prenant cette fois un air sérieux.
 
-Je ne suis pas stupide au point de penser que tous les flics sont mauvais. Tu es la preuve vivante que ce n'est pas le cas, car je sais que tu étais un bon flic. Mais je dois bien t'avouer une chose: le concept comme quoi seuls eux peuvent rendre justice est faux. Ce ne sont que des humains ordinaires arborant un morceau de métal avec écrit « Police » dessus pour se donner le droit de tuer. Du meurtre légalisé, ce n'est pas si différent de cette prison. Et puis... Détester une catégorie de personnes sans distinction à cause d'une mauvaise expérience est puéril. Etre puéril est réservé aux enfants. Alors tu sais bien que je n'ai jamais pu l'être.

Senji reposa ses yeux d'onyx sur moi, m'accordant encore une fois ce regard qui me réchauffait toute entière. Il soupira doucement, puis finit par sourire.
 
-Tu n'es pas stupide, déclara-t-il en m'ébouriffant les cheveux.
 
Ce fut à mon tour de détourner le regard avec les joues endolories. Mais il ne fit que rire de plus belle. On aurait dit qu'il était soulagé. Soulagé que je ne le déteste pas ? Soulagé que je me sente mieux ? Soulagé que l'on se reparle ? Je ne pouvais pas le savoir sans lui demander, mais à ce moment précis, le Senji dont j'appréciais tant la compagnie me semblait trop inaccessible pour lui demander une telle chose.
 
Il fit un pas en arrière, passant une main dans son cou, visiblement plus détendu.
 
Puis ses premiers mots lorsqu'il était entré subitement ici me revinrent en tête. Il avait cru que je le détestais parce qu'il avait perdu, en plus d'être un ancien flic. Je devais lui affirmer le contraire.
 
-Senji ! L'interpellai-je subitement, le faisant me regarder avec étonnement. Je ne t'évitais pas parce que tu as perdu, ni parce que je crois que tu es faible, ou quoi que ce soit d'autre. Que tu sois un ancien flic, je m'en fous aussi, comme je t'ai dit. Je ne te déteste pas... Jamais je ne t'ai détesté...

J'étais parti trop loin pour m'arrêter là, c'était trop tard pour reculer. En prononçant mes dernières phrases, m'avait petit à petit baissé mon regard vers le sol.
 
-C'est même tout le contraire ! M'exclamai-je en relevant soudainement la tête pour le regarder dans son ½il restant.
 
Il y eu un petit silence, où il me regarda encore avec son ½il onyx étonné. Puis, doucement, il baissa de nouveau sa main sur mes cheveux, les caressant lentement, me couvrant d'un regard qui me rendait folle. Ce regard si tendre, en tout cas je le croyais.
 
-Merci, moi non plus je ne pourrais jamais te détester, déclara-t-il avec un doux sourire.
 
Ma déclaration indirecte était un échec, mais ses simples mots avaient fait vibrer mon c½ur. Comment ne pas croire que ce sentiment si fort n'était pas réciproque... avec des mots pareils ?
 
Enfin, je laissais tomber, et lui fis un doux sourire. J'aimais quand nous étions en contact, même si ça se limitait à ça. Pour Senji qui ne supportait pas le contact féminin, ça devait être incroyable comme geste, et j'étais heureuse d'en être l'unique bénéficiaire.
 
Mais une autre annonce à la voix toujours aussi insupportable brisa la paix éphémère et si inadéquate dans ce cadre cauchemardesque.
 
-Le Corbeau combattra le Coq de combat dans 20min, les participants doivent se rendre à la salle le plus vite possible, je répète...

Nous soupirâmes en ch½ur.
 
-J'imagine que c'est pour te faire « pardonner » d'avoir perdu contre un gosse, supposai-je.
 
Il eut un sourire en coin, et tapa son poing dans son autre main.
 
-Je n'ai pas besoin d'une « seconde chance », mais cette fois, je vais pas perdre, crois-moi, déclara-t-il, déterminé.
 
Mon regard se baissa. Oui, il avait perdu. Par ma faute.
 
-Hey, un ½il, c'est rien, fit-il sur un ton plus rassurant, devinant mes pensées. Mais comme je l'ai dit, cette fois je reviendrais entier. Je te le promets, alors arrête de faire cette tête, okay ? Sourit-il de toutes ses dents.
 
Son sourire suffisait à me faire aller mieux. Je pris alors la décision de croire en ses mots, et répondis à son sourire.
 
-Bon courage, alors, répondis-je simplement.
-Thanks ! S'exclama-t-il avant de partir pour son combat.
 
A peine parti, il me manquait déjà. Je soupirais puis m'affalais sur mon canapé blanc, allumant la télé pour ne rien manquer du combat de l'homme que j'aimais. Mon c½ur se serra à la simple idée de le voir blessé, mais dans ce milieu, comment ne pas l'être ?
 
Il n'avait rien à faire là. Il était innocent. Pas moi. Je devais trouver un moyen de le libérer de cette prison. Je ne le reverrais plus jamais, mais je préférais cette éventualité plutôt que de le voir encore mutilé, voire pire.
 
La voix de crécelle brisa mes pensées, annonçant le début du combat. Je décidais de ne plus réfléchir et de me focaliser sur Senji. Chose qui n'était évidemment pas difficile.
 
Je découvris alors l'adversaire du brun. Une jeune femme aux cheveux courts de la même couleur que moi, la vingtaine et au teint mat. C'était elle, le Coq de combat. Mais quelque chose semblait étrange. La tête qu'elle faisait n'exprimait ni peur, ni angoisse vis-à-vis de Senji, ou quoi que ce soit d'autre de rationnel dans une telle situation.
 
Elle semblait... mal-à-l'aise.
 
Mais Senji n'y prêta pas attention, déployant ses lames de sang et fonçant sur elle. J'avais droit à un nouvel angle de vu, et ses mouvements que moi seule pouvais suivre des yeux, étaient vraiment incroyables. Senji n'était définitivement pas quelqu'un d'ordinaire.
 
La fille, pour se protéger, fit apparaître à son tour son arbre de sang. Elle pouvait donc renforcer, avec son sang, différents endroits de son corps. Ici, elle l'avait fait au niveau de ses avant-bras pour se protéger de l'assaut de Senji. Mais il était clair que ces protections pouvaient très bien servir d'arme.
 
Enfin, j'étais rassurée de voir qu'il gagnait du terrain sur sa défense. Cela faisait d'ailleurs dix bonnes minutes que Senji ne lui laissait aucun répit. Elle semblait fatiguer à vue d'½il, si bien que je reconnus la posture du Corbeau pour un geste final.
 
Alors qu'il allait abattre sa lame de sang sur son adversaire ne faisant visiblement pas le poids contre lui, un projectile de sang envoya valser l'arme du brun.
 
Je me figeais devant son visage surpris. Il fit un saut en arrière en se mettant sur ses gardes, inspectant ses environs alors que la fille reprenait son souffle.
 
Qui ? Qui avait osé le prendre en traître ?! Même lui semblait inquiet face à cette nouvelle inattendue.
 
Elle lança alors un regard en coin vers le haut que je captais tout de suite. A un endroit caché dans la pénombre.
 
Un piège. Ils avaient tendu un piège à Senji !
 
Et ce ne fut pas les événements qui suivirent qui me firent penser le contraire.
 
Le plafond s'éclaira alors que le présentateur faisait raisonner son rire sinistre. Un homme placé sur une des plateformes accrochées au plafond de fer y était positionné. Bras tendus, des boules de sang flottant autour de lui. Il ne fallut pas longtemps pour qu'il envoie ses projectiles en rafales sur l'homme que j'aimais, qu'il esquiva habilement. Mais le Coq de combat en profita pour lancer un assaut au corps-à-corps en plus. Il devait donc esquiver les projectiles tout en se battant contre elle.
 
Un deux contre un. Un combat déloyal. Complètement déloyal.
 
J'en eus des sueurs froides. Mais c'était Senji, après tout. Il était capable de gérer un deux contre un, même malhonnête. Oui il en était capable. Il n'avait pas besoin d'aide.
 
Ces pensées, je me les passais en boucle dans ma tête pour m'empêcher de bondir le rejoindre pour l'aider. Cette vision était insoutenable. Mes ongles s'enfoncèrent dans le cuir tellement l'angoisse était forte. Mon c½ur me faisait mal. J'avais peur. Plus que n'importe quoi, j'avais peur qu'il arrive quelque chose à Senji.
 
Les secondes défilèrent, mon angoisse empirait. Senji commençait à se faire égratigner, ne faisant que se défendre. Il devait réfléchir à comment battre deux deadmen simultanément. Après tout, ce genre de combat n'était jamais arrivé jusqu'à présent.
 
Une goutte de sueur fila sur ma joue, murmurant et répétant en boucle son prénom, ne le quittant pas des yeux.
 
La caméra fit un zoom sur son visage pensif. Et là, ce que je vis me figea complètement. Sur ses lèvres, je pus lire distinctement quelque chose. Un mot qui me fit bondir et courir aussi vite que je le pouvais jusqu'à la salle de combat.
 
Il était hors de question que ça se répète. Dégainant mon arme de sang, je tranchais tout ce qu'il y avait sur mon passage, sa seule image en tête, le regard déterminé, peut-être même presque fou à l'idée de tuer ces enfoirés qui avaient osé le piéger.
 
Ce fut les mêmes gardes que la dernière fois qui me bloquèrent le passage devant les portes. Mais un seul regard de ma part leur fit comprendre que, soit ils me laissaient passer, soit ils mourraient.
 
Ce simple mot qui m'avait fait partir au quart de tour, ce n'était rien d'autre que mon prénom.
 
Mon regard aurait pu faire peur à n'importe qui, à ce moment-là. Les deux pauvres êtres humains s'enfuirent devant l'aura meurtrière qui se dégageait de moi. D'un geste souple, la porte métallique se trancha en deux.
 
Bondissant tel un fauve, j'atterrissais derrière Senji, tranchant une boule de sang au passage.
 
Tout le monde était resté figé par mon arrivée, les assauts avaient cessés des deux côtés. Je jetais un regard en coin à Senji, il n'avait que des égratignures légères. Puis je levais la tête, et reconnus cet homme. C'était le Hibou.
 
-Oh mais... qu'est-ce qui se passe ?! La Colombe a rejoint le combat ! Tu n'es pas autorisée, dégage de là ! Hurla le présentateur hystérique.
 
Je jetais un nouveau regard en coin à la caméra. Cette fois-ci, noir de haine.
 
-La ferme, ou t'es le prochain que je bute.

Il poussa un cri de peur, et Senji se décida à parler.
 
-Mais qu'est-ce que tu fais là ? Fit-il, interloqué.
 
Un sourire en coin se dessina sur mes lèvres.
 
-Figure-toi... Que je me suis toujours demandé ce que ça faisait, de se battre avec quelqu'un.

Dans la seconde qui s'en suivit, ils redoublèrent leurs attaques. Senji savait que je leur avais infligé à chacun une défaite, leur faisant perdre quelque chose de précieux. On m'avait toujours empêché de tuer un deadman.
 
-Ils doivent penser que c'est une bonne occasion pour prendre leur revanche. Ils devraient donc plus se concentrer sur moi, profite-en. Bats-le Coq, je te couvre, déclarais-je sérieuse en regardant le Hibou, m'avançant pour intercepter les projectiles.
 
Senji me lança un regard surpris, esquivant à la dernière seconde une attaque de la fille.
 
-Fais-moi confiance, s'il te plait.

Il la projeta à plusieurs mètres avant de se mettre devant elle, l'éloignant de moi. Tête baissée, un large sourire finit par se dessiner sur ses lèvres, avant de foncer sur son adversaire.
 
-Comme toujours ! S'exclama-t-il en enchainant de nouveau les coups à la vitesse de l'éclair.
 
Il savait que je ne tiendrais pas infiniment, loin de là. Mais je préférais tomber raide d'anémie plutôt que de le laisser se faire blesser !
 
Mais elle résistait, malgré les attaques du brun. Le Hibou, enragé, redoublait d'effort pour me mettre à terre. Ma vitesse était un atout non négligeable, et il le savait. Mais je n'avais rien laissé passer, quitte à me prendre quelques projectiles si je ne pouvais pas les stopper.
 
Je le protégerais, quoi qu'il arrive. Pour tout ce qu'il avait fait pour moi. J'y étais déterminée.
 
Alors que je commençais à m'essouffler, égratignée, j'entendis un bruit derrière moi. L'assaut cessa.
 
-Karako ! S'écria Nagi, alias le Hibou.
 
Mes doutes s'étaient confirmés, ils étaient en couple. C'était grillé dès que je les avais vus ensemble de toute façon.
 
Je me retournais vers Senji, et vis que ses armes étaient différentes de d'habitude.
 
-Je ne pensais pas avoir besoin d'utiliser ça, mais ses protections étaient vraiment plus résistantes que prévues, désolé du retard.

En effet, ses serres de Corbeau s'étendaient maintenant sur plusieurs mètres, et les lames étaient parsemées de trous hexagonaux, excepté le tranchant.
 
-Qu'est-ce que tu as fait ? Fis-je en reprenant mon souffle.
-Oh, j'ai juste été plus vite que son temps de réaction pour activer son arbre de sang. J'ai été à la vitesse du son, quoi, sourit-il en me regardant.
 
Incroyable. Ce mec était tout simplement incroyable. Il disait ça comme si c'était la chose la plus facile du monde. J'étais maintenant sûre et certaine de mes sentiments, même si je ne niais pas que l'admiration avait une place importante là-dedans.
 
Mais son visage redevint rapidement sombre en reportant son attention sur notre dernier ennemi. Je fis de même, mais le répit fut de courte durée, puisque celui-ci nous mitrailla, fou de colère, enchainant les projectiles sans réfléchir.
 
On aurait pu le laisser se vider de son sang, en se contentant d'esquiver, si son pouvoir n'était pas si destructeur. La salle ne ressemblait déjà plus à rien, et elle tremblait toute entière sous les coups des explosions répétées.
 
Mais comment l'atteindre d'aussi haut ? Senji avait tenté plusieurs fois d'allonger encore plus ses lames, en sautant qui plus est, mais rien à faire. Il était inatteignable d'ici.
 
-Bordel, il va nous enterrer vivants s'il continue ! Pesta le brun en atterrissant près de moi.
 
Oui, c'était une possibilité, si je ne mourrais pas avant. D'ailleurs, malgré la situation, il sembla se souvenir de mon temps limité, me lançant un regard inquiet tout en tranchant les boules de sang.
 
Le fameux goût métallique commençait à se sentir, lui dire que tout allait bien aurait été un mensonge. Mais je refusais sa protection. Seulement, lui ne l'entendit pas de cette oreille, puisque, ralentie par l'effort, je faillis me prendre une attaque. Senji avait bondi devant moi, bras croisés. Ses serres formaient maintenant des demi-arcs de cercle parfaits.
 
Ce fut à ce moment que j'eus une idée. Et je compris enfin... pourquoi on l'appelait le Corbeau.
 
Je retournais mon arme contre moi, dans mon dos.
 
-Mais qu'est-ce que tu fous ?! Paniqua-t-il en me voyant faire.

 

Sans rien répondre, je me fis deux entailles au niveau de mes omoplates, avant de faire disparaître mon arme.

 

Senji continua de me protéger en s'inquiétant. Mais je devais rester concentrée, alors je fermais les yeux. Et cette fois, ce ne fut pas un katana de sang que j'avais imaginé.

 

Avec toute la volonté de le protéger, je les rouvris soudainement, alors que deux ailes de sang se déployèrent dans mon dos.

 

Des ailes invisibles pour la plupart des gens. Ses ailes à lui ne servaient pas à voler. Mais à plonger sur ses proies, pour les déchiqueter. C'était des ailes de prédateur, que seuls ceux le côtoyant pouvaient voir.

 

Le brun venait d'éviter de peu un autre projectile en jetant un coup d'½il en coin.

 

-Si tu ne peux pas mettre à terre un ennemi parce qu'il t'est inaccessible, je serais tes ailes, Senji.

 

Oui, car les miennes, plus grandes, servaient à s'élever contre n'importe quoi.

Sans lui laisser le temps de réagir, je me mis derrière lui, passant mes bras devant son torse pour le tenir fermement contre moi. Puis je sautais, et volais vers le Hibou avec toute la force qu'il me restait. Malgré la dangerosité de la situation, malgré le chaos qui régnait à ce moment-là, je ne pus m'empêcher de me sentir heureuse de pouvoir de nouveau l'avoir contre moi, de pouvoir ressentir sa chaleur. De me sentir proche de Senji, tout simplement.

 

Evidemment, il fut gêné au début, mais ne pouvant pas tout esquiver sans arme, et me rapprochant de plus en plus de l'ennemi, je me pris un projectile dans l'épaule gauche, me stoppant une seconde. Je sentis Senji se calmer instantanément, le regard tourné vers ma blessure.

 

Dans un dernier effort, je franchis les derniers mètres, ne regardant même pas mon épaule, ne sentant même pas la douleur. Je devais l'atteindre, je devais mener Senji à la victoire. Seule cette idée occupait mon esprit.

 

Senji matérialisa ses serres, et d'un geste rapide, termina le combat. Le Hibou avait été si aveuglé que ça n'avait pas été difficile de l'achever à bout portant.

 

Le brun fit disparaître ses armes la seconde d'après, puis, résistant encore un peu, je le posais doucement sur la plateforme.

 

En le quittant, je sentis le peu d'énergie que j'avais s'envoler, la fin de ce combat avait fait disparaître l'adrénaline, et mes ailes s'évaporèrent alors que j'étais toujours dans le vide, à plusieurs dizaines de mètres du sol. Une chute comme celle-là me serait fatale, mais je n'avais vraiment plus la force de me battre.

 

Surtout en sachant Senji en sécurité.

 

Dans un geste inattendu, celui-ci fit un rapidement mouvement de bras pour me rattraper avant que je ne commence à chuter. Je mis quelques secondes à comprendre que cette chaleur que j'aimais tant ressentir, je la sentais de nouveau contre moi. Oui, Senji m'avait rattrapé contre lui.

 

Je le regardais alors, surprise.

 

-Merci, petite Colombe, déclara-t-il avec un gigantesque sourire aux lèvres.

 

Je ne pus m'empêcher de devenir rouge écarlate. L'entendre dire ça, m'appeler comme ça, et le voir sourire comme ça, en étant contre lui, c'était plus que ce que je pouvais supporter. C'était si déloyal de sa part, alors qu'il ne supportait pas le contact féminin !

 

Lorsqu'il me vit dans cet état, il réalisa dans quelle position nous étions, et me lâcha immédiatement, rougissant à son tour, encore une fois, gêné. Je ne pouvais pas m'empêcher d'être déçue de son geste, mais on ne changerait pas Senji...

 

Enfin, tout avait repris son cours normal, aussi normal soit-il dans cet enfer. Le présentateur avait été viré, puisqu'il avait à deux reprises tenté de tuer des deadmen. C'est qu'ils y tenaient, à leur attraction principale.

 

Karako et Nagi étaient venus nous voir une fois soignés. Comme je l'avais pensé, ils savaient depuis le début que Senji s'était jeté dans un piège sans le savoir, et qu'en me voyant, la tentation de me battre, en plus de Senji, avait été trop forte pour reculer. Ils étaient donc venus s'excuser, avant de repartir ensemble. Cette fois-ci, ils n'avaient rien reçu comme pénalité, car le Directeur n'avait jamais été d'accord pour ce lâche deux contre un.

 

Cependant, nous avions reçu une bonne réserve de bonbons antidotes, plus un « prix » de notre choix. Nous pouvions demander n'importe quoi, et j'avais eu une idée suite à un entrainement quotidien.

 

D'ailleurs, ce fut après l'un d'eux que je me décidais à en parler à Senji. Puisque j'avais demandé quelque chose dont je voulais qu'il profite aussi : un sauna. Il avait sauté de joie en apprenant la nouvelle, ce qui me fit plus que plaisir.

 

Je lui indiquais qu'il se trouvait dans la pièce à côté de ma chambre, et qu'il pouvait y aller quand il voulait.

 

J'avais aussi fait plusieurs tentatives de rapprochement, mais c'était toujours aussi infructueux, et à chaque fois, ça me faisait un peu plus mal que la fois d'avant. Et pourtant, j'en étais certaine. Je l'aimais. Sinon, ça ne me ferait pas aussi mal...

 

Quant à moi, essayant de me changer les idées, je repartais peu après, ayant quelques petites choses à faire. En effet, j'étais tombée à court de pains melon. J'en mangeai tous les jours maintenant, Senji, en plus de toutes les nombreuses qualités que je lui connaissais déjà, était en plus de ça un génie avec des idées fabuleuses !

 

Après mes courses, je rentrais tranquillement dans ma chambre. Je posais le sac plastique sur ma table basse et regardais la porte menant au sauna. Je me disais alors qu'après l'entrainement, ça ne pouvait pas me faire de mal.

 

Je m'attachais les cheveux en chignon négligé, puis me déshabillais pour m'enrouler dans une simple serviette de la même couleur que mes cheveux, et que tout le reste. Je fis coulisser doucement la porte, et rentrais dans la pièce emplie de vapeur blanche avant de refermer derrière moi. Je n'avais jamais été dans un sauna, mais je connaissais le principe. Mais je ne m'attendais pas à une chaleur aussi étouffante !

 

J'avançais un peu, et vis quelque chose de noir. Cependant, je n'y voyais rien avec toute cette vapeur, alors je me rapprochais pour pouvoir identifier la chose en question.

 

Après avoir franchis encore quelques mètres, je me retrouvais nez-à-nez avec Senji. Nous nous regardâmes longuement, sous le coup de la surprise.

 

Mais je ne pus empêcher mes yeux de descendre. Quand bien même Senji se baladait à torse découvert la plupart du temps, là c'était sensiblement différent. J'avais une vue imparable sur ce que je pouvais considérer comme un corps parfait, de ses mèches de cheveux corbeau au bout de ses pieds.

 

Il n'y avait vraiment pas que son caractère qui était parfait. L'intérieur était aussi beau que l'extérieur.
(NDA: Bon d'accord la fangirl en moi a écrit ce passage! x'D)

 

Seule une serviette cachait ses parties intimes, et c'est lorsque je m'en rendis compte, que je détournais le regard, rouge pivoine. C'est dingue, il était le seul à me faire perdre mon sang froid.

 

Mais je sentis le poids de son regard me détailler aussi, avant d'avoir la même réaction que moi.

 

-D-Désolé ! Lança-t-il pour briser le silence plus que gênant.
-N-Non, t'as rien fait de mal, je t'ai dit de venir quand tu voulais, donc bon...

Je soupirais un grand coup pour me calmer, et ris un peu.

 

-Enfin, y'a pas de quoi te mettre dans cet état, hein.
-Ben... Si quand même. Te voir dans cette tenue... T'es pas la fille la plus irregardable du monde, tu sais.

J'étais restée figée face à ce soudain compliment détourné. Ma peau habituellement blanche avait retrouvé les rougeurs qui l'avaient à peine quitté.

 

-Toi non plus... Fut la seule chose que je pus répliquer.

 

Je m'assis un peu plus loin, dos à dos, lui assurant qu'il ne me dérangeait pas. Le silence avait repris sa place, et je m'étais pour la deuxième fois calmée.

 

-Senji... Je peux te poser une question ?
-Bien sûr, j'ai rien à te cacher.
-Pourquoi... tu as prononcé mon nom, dans la salle de combat ?

 

Il sembla surpris de cette soudaine interrogation, mais ça m'avait travaillé. Peut-être... Je dis bien peut-être... que j'avais une infime chance que--

 

-« Figure-toi... Que je me suis toujours demandé ce que ça faisait, de se battre avec quelqu'un. » hein ? Eh bien à ce moment dans l'arène, en voyant Karako et Nagi, en réfléchissant à comment les battre à moi seul... Je me suis demandé ce que nous pourrions donner... ensemble.

 

Sur le coup, je ne sus quoi répondre. Ses mots m'avaient touché en plein c½ur, ne faisant que confirmer le sentiment si fort que je ressentais pour lui. J'aurais tellement aimé lui faire comprendre... Mais je ne me sentais vraiment pas assez forte pour le faire sachant qu'il était gêné au possible au moindre contact de ma part, comme de n'importe quelle autre fille.

 

Et pourtant, il y en avait eu, et pas qu'un seul. Je n'allais pas me décourager. On se rapprochait, je le savais, du moins je l'espérais du plus profond de mon c½ur. Je ne laissais pas Senji indifférent, c'était déjà inespéré.

 

Mais toutes ces fois où il m'avait repoussé me revinrent en mémoire, me mitraillant le c½ur encore une fois. J'étais déchirée entre commencer à laisser tomber, et espérer, si bien que je ne l'entendis pas m'interpeller. Me recroquevillant de plus en plus sous le poids de mes pensées, je sursautais lorsqu'il posa sa main sur mon épaule.

 

Peau contre peau...

 

-Lassia, ça va ? Tu n'as pas l'air bien depuis que j'ai perdu mon ½il, s'inquiéta-t-il sérieusement, oubliant visiblement sa gêne.

 

Détournant le regard, je soupirais légèrement, avant de faire un faux sourire.

 

-Pourquoi je n'irais pas bien ? On se reparle depuis que j'ai compris que tu ne m'en voulais pas... Je n'ai aucune raison de ne pas aller bien, mentis-je en me levant.

 

Trop vite. J'avais été trop vite, voulant ne plus en entendre parler, voulant pour la première fois le fuir. Je sentis ma tête tourner violemment, et je ne fus pas capable de tenir longtemps sur mes jambes, un voile noir s'abattant brutalement devant mes yeux.

 

Mais je ne sentis jamais le sol dur du sauna, finissant par m'évanouir complètement.

 

Partie 1                                                                                                                                 Partie 3

 

Dove and Raven [Partie 2]
Je ne sais plus si je l'avais dit, mais j'avais l'intention de poster cette deuxième partie la semaine suivant la première. Au moins là c'est bon, j'ai respecté les délais! 8D

 

J'ai également quelques petites infos à vous communiquer:
1/ Puisque j'ai quasiment achevé la trame principale de l'histoire, je vais bientôt attaquer l'épilogue. Or, je n'ai aucune idée de combien de pages il sera composé (pas trop normalement, on verra). En fonction de sa taille, je le ferais à part ou à la suite de la dernière partie.                                                                                                                                                    
2/ Comme on me l'a demandé, certains aimeraient en savoir plus sur le passé de mon héroïne. C'est pourquoi j'ai eu une idée de bonus, où je vous expliquerai ses origines et une journée "normale" de son ancienne vie, et éventuellement comment elle a fini par tuer sa famille. Dites-moi si ça vous intéresserait ! 

 

Et n'oubliez pas, je ne veux que des commentaires constructifs (si tu ne sais pas comment faire, va ). Si cette simple petite chose n'est pas respectée, je vous retire des prévenues pour ce Three Shot. 

 

En espérant que cette deuxième partie vous a autant ravie que la première !
Dove and Raven [Partie 2]
 

Tags : Dove and Raven - Deadman Wonderland

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Comments :

  • Les-ecrits-de-Lassia

    09/01/2016

    hoaumaru wrote: "je suis plus où j'en suis !!!! Bon ba excuse du retard j'arriverais à le lire un jour ! ;)"

    ah mince, et je peux pas t'aider sur ce coup. >< j'espère oui...

  • hoaumaru

    09/01/2016

    je suis plus où j'en suis !!!! Bon ba excuse du retard j'arriverais à le lire un jour ! ;)

  • Guide-de-fanfictions

    09/01/2016

    Je viens littéralement de me spoiler toute seule l'un des événements clé de ton Three-shot en lisant ton petit de l'auteur... Ah, moi et ma curiosité mal placée x)

  • Les-ecrits-de-Lassia

    28/12/2015

    Poesies13 wrote: "Enfin j'ai pu lire. Ahhhhh ! Trop mignon. J'ai adoré, et je n'ai pas eu ce sentiment de coupure entre deux parties. C'est vraiment bien fait, on ressent que c'est la suite et elle s'inscrit parfaitement après la partie 1. ^^
    Et oui Lassia, rester trop longtemps dans l'eau chaude donne le tournis mdr Sinon j'ai coché oui pour le bonus
    "

    visiblement j'ai le don de faire des trucs cute o/ c'est ce que je voulais, mignon mais pas guimauve xD
    ah ça c'est cool! en même temps, c'est la suite directe^^x')
    ouiiiii et la suite va être :HAEM: tu verras xD et d'accord, je le ferais :D

  • Poesies13

    28/12/2015

    Enfin j'ai pu lire. Ahhhhh ! Trop mignon. J'ai adoré, et je n'ai pas eu ce sentiment de coupure entre deux parties. C'est vraiment bien fait, on ressent que c'est la suite et elle s'inscrit parfaitement après la partie 1. ^^
    Et oui Lassia, rester trop longtemps dans l'eau chaude donne le tournis mdr Sinon j'ai coché oui pour le bonus

  • Les-ecrits-de-Lassia

    24/12/2015

    The-world-of-Yumi wrote: "Je passerai quand je le pourrai, j'ai beaucoup de problèmes.."

    d'accord pas de souci :x

  • The-world-of-Yumi

    24/12/2015

    Je passerai quand je le pourrai, j'ai beaucoup de problèmes..

  • Les-ecrits-de-Lassia

    23/12/2015

    DingDongDang wrote: "Oui j'ai changé aha.
    Aw, il y en aura trois en tout ? :c et bien c'est réussit alors, de rien uwu
    Nan mais si, les personnages sont bien respectés et l'univers, manque plus qu'une animation et on est dedans XD
    Ouais, mais elle me plaît vraiment aussi ta fiction, alors voilà *-*
    "

    oui il n'y aura que 3 parties ^^ plus épilogue et bonus x)
    j'ai toujours rêvé que mes écrits soient animés °^°
    d'accord °^°

  • DingDongDang

    23/12/2015

    Oui j'ai changé aha.
    Aw, il y en aura trois en tout ? :c et bien c'est réussit alors, de rien uwu
    Nan mais si, les personnages sont bien respectés et l'univers, manque plus qu'une animation et on est dedans XD
    Ouais, mais elle me plaît vraiment aussi ta fiction, alors voilà *-*

  • Les-ecrits-de-Lassia

    23/12/2015

    DingDongDang wrote: "JE SUIS ENFIN VENU LIRE. Désolé de mon retard extrême déjà ! ><
    J'suis vilain beuh.. bref, là n'est pas la questions !

    J'ai également beaucoup apprécié cette partie là, on voit bien la relation évoluer entre Lassia et Senji, ça ne va pas trop vite donc c'est plaisant ! D'ailleurs elle est toujours autant adorable cette petite *.*
    Pis.. tu retranscris tellement bien l'univers de Deadman Wonderland, c'est prenant déjà rien que ça. Faut en connaître un bon rayon pour le faire XD
    Good job ! J'espère que le suite sera aussi génial ** (parce que c'est très rare que je m'intéresse aux fictions et tout, faut vraiment que je sois pris dedans XD)
    "

    je me disais "c'est qui??" parce que t'as changé de pseudo xD mais bon pas grave, j'ai tilté x)
    et t'en fais pas, j'ai toujours pas fini la dernière partie :'(
    cool, je voulais justement que ce soit progressif ! mercii x3
    je ne savais pas que je le faisais si bien que ça o/ pourtant, je ne l'ai vu qu'une seule et unique fois x')
    thanks!! ben j'espère hein ! o/ j'en suis honorée alors XD

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