Dove and Raven [Partie 3]

Dove and Raven [Partie 3]
                                                                                                                                                                                                

Avant-propos: Cette dernière partie sera un peu plus courte que d'habitude. Cependant, un épilogue ainsi qu'un bonus suivront cette publication. Je suis sincèrement désolée pour le retard immense que j'ai eu sur ce THS, mais plus j'approchais de la fin, plus la motivation baissait, en plus de ma vie mouvementée en ce moment.
Bonne lecture !
                                                                                                                                                                                                        

 

J'aurais voulu ne jamais me réveiller. Voire ne jamais exister. Personne n'avait jamais voulu de moi, je n'avais jamais été aimé de personne, et jusque-là, ce sentiment que des milliers de personnes avaient vanté, m'assaillait et me faisait plus mal que n'importe quelle blessure physique.
 
Ce sentiment était une véritable torture, tout simplement parce que je n'avais aucune idée de comment le lui dire. J'avais l'impression que dans ma bouche, le verbe « aimer » était impossible à conjuguer.
 
Quoi de plus normal pour une meurtrière, pour une tueuse, un monstre, une sauvage.
 
Pour... Quelqu'un qui n'en avait simplement pas le droit.
 
-Lassia, aller réveille-toi ! S'exclama une voix que je pouvais reconnaître entre mille.
 
Un poids, une chaleur sur ma main droite. Cette même chaleur que je sentais tout autour de moi. Cette présence que je ne voulais plus jamais quitter.
 
Une sensation froide se fit sentir sur mon front, me faisant froncer les sourcils.
 
-Lassia ? Fit-il plus doucement à mon mouvement.
 
J'entre-ouvris lentement les yeux, si près de lui que je crus rêver.
 
-S-Senji... ?


J'entendis un long soupire, puis, après une vision floue, je reconnus le visage de Senji. Qui souriait.
 
-J'te jure... Tu m'as fait peur. Si tu ne supportes pas les hautes températures, t'aurais pas dû demander un sauna !


Je tentais de me redresser, mais ma tête me faisait encore mal, et ma main alla directement appuyer mon front, où j'y trouvais un linge mouillé d'eau froide.
 
Senji mit ses mains sur mes épaules pour me faire rester allongée. Pourtant, maintenant que j'avais retrouvé une vision normale, je me rendis compte de la position dans laquelle nous étions. Pire que lors de la fin du deux contre un.
 
Nous étions tous les deux à moitié nus, et si proches que je n'avais plus aucune idée de ce que je faisais.
 
Au final, était-ce si mal de braver les interdits... ?
 
Ma main droite dériva pour finir sur sa joue. Peut-être que je pouvais le faire... Que je pouvais le lui dire. Peut-être étais-je capable de lui faire comprendre... ?
 
Mon regard remonta lentement vers son visage, que je devinais empli de tendresse, empli de tout ce que je pouvais ressentir pour un homme tel que lui.
 
Senji Kiyomasa, alias le Corbeau. Autrement dit, celui m'ayant appris à conjuguer le verbe « aimer ».
 
Mais j'eus à peine le temps d'apercevoir l'expression de son unique ½il restant qu'il saisit soudainement ma main. Sans brutalité, mais il la retira. Son regard que j'avais vu une seconde surpris, exprimaient maintenant un sérieux que je fus incapable de déchiffrer. Il me porta et me mit sur mon lit avant de se redresser sans un mot.
 
Il disparut alors dans ma salle de bain après avoir récupéré ses vêtements, alors que j'avais essayé de l'interpeller en m'asseyant sur le bord du lit.
 
Une incroyable angoisse s'empara de moi à cet instant précis. Me repousser en me considérant comme une simple fille, passait encore, mais s'il me fuyait en ayant compris... Je ne voulais pas ça ! Mon estomac me fit mal sous l'incompréhension. Jamais je ne l'avais vu comme ça. Perturbé ? Déçu ? Désolé ? Je n'en savais rien, et ça me rendait folle !
 
Lorsqu'il ressorti, habillé, mon c½ur faillit louper un battement. Il se dirigea vers la porte de la chambre.
 
-Repose-toi, tu n'es pas bien, déclara-t-il sur un ton neutre en ouvrant la porte métallique.
 
D'un bond, je l'avais rattrapé alors qu'il venait de passer le pas de la porte.
 
-Attends Senji ! M'exclamais-je en le retenant par le poignet.
 
Alors qu'il me faisait de nouveau face, il ne put s'empêcher de se dégager en rougissant en voyant ma tenue.
 
-Sors pas comme ça ! Paniqua-t-il, embarrassé.
 
C'était trop. Sa réaction était peut-être justifiée, mais je ne la voyais que comme un rejet. Que devais-je croire à la fin ?! Ses paroles et ses gestes étaient contradictoires à un point tel que ça commençait sérieusement à me torturer.
 
Mes poings se serrèrent alors que je baissais la tête, le regard sombre.
 
-Ça suffit maintenant... C'est blessant à la fin, murmurais-je, blessée par cet énième rejet.
 
J'ignorais si Senji avait entendu mes mots. La seule chose que je savais, c'est qu'il s'était calmé, et figé dans la seconde qui s'en suivit.
 
A bout, je claquais soudainement la porte me séparant de l'homme qui représentait tout pour moi maintenant. Je n'avais entendu que mon prénom lors de mon action impulsive, mais c'était trop tard.
 
Les larmes roulèrent toutes seules, alors que je me laissais tomber le long du métal froid, secouée par des soubresauts.
 
Me prendre la réalité dans la gueule m'avait fait plus mal que je n'aurais cru. Evidemment, qu'il ne m'aimait pas. Comment avais-je pu croire une seule seconde le contraire ! Un flic innocent et si puissant avec une meurtrière incapable, c'était ridicule. Nous étions totalement opposés. Trop opposés.
 
Je n'avais pas le droit à son amour, de toute façon. Peut-être même que son amitié était de trop. Senji était quelqu'un à part, inaccessible, surtout pour un être aussi impur que moi. Il avait toujours fait ce qui lui avait semblé juste, il était du côté de la justice et ce depuis le début. Il n'avait tué que pour sa propre survie dans cette prison de fous.
 
Pour la première fois de ma vie, je regrettais d'avoir pris ces vies qui m'interdisaient maintenant d'être avec lui, de lui avouer qu'un être tel que moi avait fini par tomber bêtement amoureux de son opposé.
 
Un Corbeau avec de si grandes ailes, que personne ne pouvait atteindre. C'était ce qu'était Senji Kiyomasa au final.
 
J'avais retourné la question dans tous les sens possibles, après quelques heures passées à pleurer sans pouvoir m'arrêter, sans arriver à oublier que la seule et unique fois où je m'étais retrouvée aussi torturée, j'avais eu les bras de Senji pour stopper mes larmes.
 
Chose que je n'aurais plus jamais, c'était une évidence. Ça n'aurait jamais dû arriver, en réalité. Nous n'aurions même pas dû nous rencontrer. Cette torture et cette situation n'avaient aucun sens.
 
La meilleure chose à faire était sans doute d'oublier. Oublier sa rencontre, sa chaleur, son odeur. Mon amour pour lui. Puisque c'était vain, rien ne servait de continuer comme ça. Ça ne servait à rien de lui donner une information dont il n'avait que faire.
 
J'essuyais rageusement mes yeux, et me relevais. J'essaierais de toutes mes forces d'enfouir ses sentiments si profondément dans mon c½ur qu'ils ne me feraient plus souffrir : voilà ma décision.
 
Mais j'en avais pris une autre. Je ferais sortir Senji de cet enfer où il n'avait pas sa place, qu'il le veuille ou non. Et ce sans lui en parler. J'allais même ne plus le voir du tout, cette fois. J'avais compris que nous n'étions pas faits pour être ensemble, et pour cause : ça n'avait apporté que des problèmes.
 
Mais à vrai dire, je ne le croisais même plus. C'était différent de l'autre fois après sa pseudo défaite contre Ganta. Je ne l'apercevais jamais en allant à la salle de combats, puisque je ne me rendais plus qu'ici lorsque je sortais. Plus d'une fois, mes jambes avaient eu l'automatisme de se diriger vers la salle d'entraînement, vers Senji. A moins que ce soit inconsciemment mon c½ur qui voulait le voir... Mais je m'étais toujours repris avant d'atteindre mon but erroné.
 
Seulement, même en essayant de trouver des informations, je ne trouvais rien. Pas moyen de contacter l'extérieur, ni téléphone, ni internet. Rien. Strictement rien, même en sacrifiant le temps où je m'entrainais habituellement en cherchant des informations vainement.
 
Je n'avançais tellement pas que j'avais perdu la notion du temps. Tout ce que je savais, c'était que j'avais l'impression qu'il s'était écoulé une éternité depuis la dernière fois où j'avais entendu le son de sa voix, où j'avais pu voir son visage, et son sourire.
 
Comme à chaque fois où j'étais perdue dans mes pensées, j'étais sur mon lit, regardant le plafond de métal. Seule. Encore. Et cette fois, Ganta ne venait pas non plus. M'en voulait-il ? Je n'en avais pas la moindre idée. Mon impulsivité avait pris le dessus ce jour-là. Le regrettais-je ? Je ne le savais pas non plus. J'aurais dû continuer à me voiler la face ? Peut-être...
 
Je secouais ma tête négativement pour me reprendre. Ce n'était pas le plus important. Quand bien même je voulais faire sortir Senji d'ici...
 
Je me mis en position assise au bord de mon lit, le regard dans le vague, tournée vers cette télé qui l'avait vu passer un bon nombre de fois.
 
...je n'arrivais pas à trouver comment.
 
Alors que j'allais pousser un long soupire, un bruit me fit sursauter. On toquait à ma porte. Ça me rappelait la dernière fois que Senji était venu... Mais là, ça n'avait rien à voir.
 
« -Wendel-san ! Wendel-san ! S'éleva une voix hésitante.
 
Y'en avait qu'un pour m'appeler comme ça. Ganta.
 
Cette fois, le soupire sortit. Je me levais, et à peine la porte actionnée, le gamin déboula dans ma chambre. Sur le coup, j'avais écarquillé légèrement les yeux de surprise, mais j'avais repris mon air impassible rapidement.
 
-Qu'est-ce qu'il y a de si urgent Ganta ? Demandais-je sérieusement.
-Je... Hésita-t-il devant moi, avant de prendre un air sérieux. J'ai rejoint Scar Chain.
-Et qu'est-ce que ça peut me faire ? Fis-je en croisant les bras, m'appuyant contre le cadre de la porte.
-Eh bien... Fit-il, déstabilisé. C'est un groupe qui a élaboré un plan pour s'échapper de cette prison, de cet enfer ! On a besoin de personnes fortes, rejoins-nous s'il te plait !


Il s'inclina. Je soupirais. Je savais très bien en quoi consistait ce groupe. Ce n'était pas le premier à me demander de l'aide.
 
-Ganta, l'interpellais-je alors qu'il releva la tête, surpris. Je ne peux pas... Mais je peux comprendre votre point de vue. Pour quelqu'un comme toi, cette prison est effectivement un enfer. Mais pour moi, c'est mon lieu de rédemption. Je ne peux tout simplement pas le quitter, car j'ai choisi d'y être.
-Mais -- !
-Il n'y a pas de « mais » qui tienne.


Je pris un air pensif en me remettant droite.
 
-Tu ne le vois peut-être pas comme ça, mais crois-moi. Cette prison n'est que le reflet de ce monde. Sauf qu'ici, on ne te cache rien. C'est une version du monde honnête, où tu dois te battre et tuer pour rester en vie. Mais je suppose qu'un gamin ne peut pas comprendre.


J'avais plus prononcé ma dernière phrase pour qu'il parte que pour réellement le blesser.
 
Je savais très bien qu'à son âge, on pouvait comprendre tout. Même mieux que les adultes.
 
Il pesta, je tournais la tête. Il s'en alla en courant, sans que je le retienne, soupirant longuement en pensant à ce que pouvait être la liberté...

 


Dove and Raven [Partie 3]

 




 La blanche l'avait laissé partir. Elle l'avait fait exprès. Comment pouvait-elle rejoindre un symbole de liberté ? Une Colombe n'est rien d'autre qu'un pigeon blanc au final. Elle était effectivement convaincue de devoir payer pour ce qu'elle avait fait, elle l'avait assez répété. Mais trouvait-elle ça vraiment si juste ?
 

Le jeune garçon couru à perdre haleine. Il ne comprenait pas sa logique. Cette prison, honnête ? Le reflet du monde ?! Mais ici, aucun espoir n'était envisageable ! Le monde tel qu'il l'avait expérimenté n'était certes pas tout rose, ni même toujours juste, mais il était loin d'être aussi horrible que cet enfer !
 
Une fille si forte qu'elle... Comment pouvait-elle abandonner si facilement ?!
 
Car malgré ses mots, il n'arrivait pas à croire qu'elle était résolue. Elle voulait être libre, ça crevait les yeux !
 
C'est essoufflé que le jeune brun ouvrit brutalement la porte de métal de la chambre du Corbeau. Car il savait que Senji ne s'entraînait plus depuis qu'il ne lui parlait plus.
 
Celui-ci était assis sur son canapé, relevant un regard étonné par tant d'empressement alors qu'à peine quelques secondes avant, celui-ci était perdu dans le bol de ramen posé sur la table basse, visiblement froid maintenant.
 
Seules quelques secondes de silence filèrent, le temps que Ganta retrouve un minimum son souffle.
 
-Senji, rejoins Scar Chain ! On doit sortir d'ici ! Tu m'as bien dit que comme moi, tu n'avais rien fait pour mériter d'être ici, alors viens ! S'exclama-t-il désespéré.
 
Il se stoppa, crier avait déjà fait s'envoler le peu de respiration retrouvée. Mais son interlocuteur se contenta de rabaisser son regard vide qui exprimait tant de choses auparavant.
 
On aurait dit que ne plus être en contact avec elle lui avait coupé toutes envies, toutes émotions.
 
-Pour quoi faire ? Au moins ici, tes ennemis sont honnêtes et veulent te tuer en face. Tu peux te battre sans te soucier de l'éthique. Je n'ai pas ma place dehors. Ce sera sans moi Ganta, tu es devenu assez fort pour te débrouiller seul de toutes façons.


Celui-ci serra les poings d'énervement.
 
-Vous avez vraiment un problème, j'en ai marre d'entendre le même refrain des deux personnes que j'estime le plus ! Personne ne mérite d'être un pantin du directeur ! Personne ne mérite de risquer sa vie comme ça, et surtout pas vous deux ! Le monde n'est pas aussi noir que vous le pensez, bordel !


L'homme avait écarquillé son ½il restant à ses mots, alors que le gamin décampa aussi vite qu'il était arrivé.
 
Il avait raison.
 
Dans un bond, semblant animé d'une énergie nouvelle, il se leva et couru à son tour à travers le sous-terrain de métal.
 
Il ne pouvait parler que d'une personne, même s'il ignorait que Ganta avait fini par l'apprécier, et encore moins l'estimer.
 
Une foule de pensées nouvelles envahit l'esprit de notre Corbeau. Et il se rendit compte qu'elles n'étaient pas si nouvelles que ça. Il avait essayé d'oublier, au point de penser qu'il avait réussi. Mais les mots de Ganta l'avait réveillé.
 
Car il avait enfin compris. Compris absolument tout. Enfin, toujours plus qu'avant.
 
Avant même d'arriver devant sa chambre, il murmura son prénom, de plus en plus fort à mesure qu'il avançait, devenant presque une incantation pour la retrouver plus vite.
 
Qu'il avait été stupide.
 
Il voulait la voir, lui parler, simplement l'approcher. Revoir ses magnifiques cheveux platines voler au rythme de ses mouvements lorsqu'il s'entrainait avec elle. Revoir ses si jolis yeux rosés pouvant exprimer une peine si profonde et paradoxalement une joie dont il n'osait pas deviner la cause. Mais par-dessus tout, ce sourire qui pouvait être si éclatant lorsqu'il étirait ses lèvres légèrement rosées.
 
Et pourtant, la dernière fois qu'il l'avait vu, il n'y avait rien eu de tout ça. Au bord des larmes, et effondrée.
 
Il n'osait pas réfléchir au pourquoi. Non, ses pensées n'osaient tout simplement pas aller trop loin, et se limitaient à la première chose qu'il voulait. Et c'était la voir. 
 
La voir, pour qu'elle comprenne aussi.
 
Lorsqu'il se retrouva face au morceau de tôle la séparant de lui, il le fracassa purement et simplement, peut-être même plus vite et plus violemment que la dernière fois. Au moment où leurs regards se croisèrent, le temps sembla suspendu. La position de la jeune femme sur son lit montrait qu'elle avait sursauté de surprise, mais elle n'arrivait pas à le quitter des yeux. Elle ne l'avait pas vu depuis si longtemps... Mais surtout, elle était trop étonnée, et lui trop perturbé de la revoir après leur dernier échange.
 
Mais un son strident les fit redescendre sur Terre. L'alarme. Des prisonniers s'échappaient, Scar Chain avait vraiment réussi leur coup. Les deux avaient instinctivement levé la tête vers le plafond, mais le brun fut le premier à la regarder de nouveau avant de s'avancer, le regard empli de détermination.
 
-Lassia, partons d'ici. On ne peut pas appeler ça vivre !


Ses propres mots le surprenaient. Si un jour on lui avait dit qu'il changerait d'avis. Mais ce qu'il ignorait, c'était que tant qu'elle pouvait être avec lui, elle pouvait bien tout supporter, ça lui suffisait.
 
-Mais... Commença-t-elle, troublée. Je ne peux pas, je suis une meurtrière ! Désespéra-t-elle en se prenant la tête dans les mains.
-Arrête avec ça ! S'exclama-t-il, visiblement en colère. N'importe qui de sain d'esprit comprendrait que ce que tu as fait ne peut pas s'appeler un crime. Tu as assez payé durant tout ce temps. Ça suffit, arrête de te torturer inutilement. Je ne veux plus que tu risques ta vie pour ces conneries. Tu as le droit d'être libre, tu as le droit à une vie normale, Lassia.


Elle avait relevé la tête lorsqu'il avait élevé la voix. Au fil de ses mots, des larmes avaient perlé le long de ses yeux. Senji lui offrit un sourire rassurant en lui prenant doucement la main pour la faire se relever. Machinalement, elle l'avait fait. Il avait très bien vu le poids de ses mots, et était heureux qu'il puisse l'atteindre.
 
Il n'ajouta rien et sortit de la pièce en serrant fermement la main de la blanche. Il ne la lâcherait pas. Pas avant de la savoir dehors. Un autre sourire apparut sur les lèvres du brun lorsqu'il sentit la main encore un peu tremblante de la jeune femme. Sans doute voulait-elle une preuve de la réalité des évènements.
 
C'est donc main dans la main, fermement tenues des deux côtés, que Colombe et Corbeau volèrent pour s'échapper de leur cage d'acier.

 



Dove and Raven [Partie 3]

 


Je n'en revenais pas. C'était bien Senji qui m'avait adressé ses mots, ce regard et ce sourire si doux ? J'avais vraiment le droit...de vivre ? Sans m'en vouloir, sans me considérer comme un monstre ? Je n'avais jamais osé en rêver, ni même y penser. Et c'est pourquoi mon c½ur fit un bond dans ma poitrine lorsque Senji resserra doucement un peu plus ses doigts sur les miens lorsque je l'avais fait, pour être sûre de ne pas rêver. Je ne faisais absolument pas attention au chemin que nous empruntions, focalisée sur nos mains liées. Sur cette main entraînant la mienne, m'entraînant vers une liberté que je n'avais jamais connu, que je ne m'étais jamais accordée.
 
Ironique pour une Colombe.
 
Mes larmes avaient roulés sur mes joues, mais j'avais fini par les essuyer de rage. Ce n'était pas le moment. Nous étions en train de quitter le bloc G, passant devant les dernières chambres, lorsqu'un cri passant au-dessus du brouhaha de l'évasion se fit entendre. Senji, par réflexe sans doute, se stoppa. Ce cri était vraiment aigu, venant de notre gauche. C'est alors que nous nous rendîmes compte que la porte d'une chambre était ouverte, laissant une vue peu ordinaire. En effet, l'espace recouvert de plantes et de fleurs en tout genre était visiblement habité par une adolescente à moitié nue. Elle avait sans doute été surprise du soudain bordel ambiant, notamment de l'ouverture automatique de toutes les portes.
 
Lorsqu'elle vit que Senji n'avait pas bougé sous la surprise, elle hurla de plus belle en lui jetant un pot de fleur à une vitesse phénoménale. La simple pensée de douter de son statut de Deadman s'excluait, quand bien même c'était étrange.
 
Ne voyant pas le brun réagir à « l'attaque », sûrement perturbé par la situation, je lâchais sa main qui n'avait pas opposée de résistance avant de mettre un coup de pied retourné dans le projectile, s'écrasant sur le mur le plus proche.
 
-Qu'est-ce que tu fous Senji ?! Le Corbeau que j'ai-- Que j'admire ne se ferait pas avoir pas ça ! M'exclamais-je énervée de sa non-réaction, remise de mes émotions.
-Désolé, fit-il gêné, passant une main dans son cou. Mais au moins, tu ne pleures plus, murmura-t-il pensif.

Je n'eus pas le temps de réagir à ses derniers mots que la fille répliqua.

-Hm... On m'avait pas menti, t'as des bons réflexes, Colombe ! Déclara-t-elle sur un ton de défi.

Lui faisant face en position de combat, mais surtout essoufflée de notre précédente course non terminée, Senji prit un air sérieux, se mettant légèrement devant moi, les bras croisés.

-On a pas le temps de jouer. Soit tu t'échappes soit tu nous fous la paix. Dans les autres cas, je te tue, c'est clair, le Colibri ?

Le regard qu'il lui jeta à ce moment-là, je ne l'avais jamais vu. Il était littéralement près à lui sauter à la gorge pour la tuer si besoin.

-Je n'allais pas vous combattre, je suis pas encore suicidaire ! J'arrive, déclara-t-elle dans un léger rire nerveux, finissant de mettre sa robe jaune avant de balancer ces cheveux bruns mi-longs en arrière.

Nous reprîmes donc notre fuite, montant autant que possible pour quitter les souterrains. Plus nous montions, plus les gardes se faisaient nombreux. Senji ouvrait la marche avec le Colibri et les combattaient rapidement. Mais je sentais bien que je forçais de plus en plus, le goût du sang en étant la preuve. En plus, Senji jetais régulièrement des regards en arrière vers moi, à croire qu'il le sentait aussi. Pourtant, je ne laissais rien transparaitre.

Saleté de poumon en moins.

Craquant, je m'arrêtais, essayant de reprendre mon souffle. Le brun avait fait immédiatement la même chose en disant au Colibri de ne pas nous attendre, ce qu'elle fit.

-Pars devant Senji, je vous rejoindrais, assurais-je sans donner plus d'explications, espérant qu'au moins lui s'en sorte.

Il se contenta de me regarder, dubitatif une seconde, avant de soudainement me porter dans ses bras.

-S-Senji ! Qu'est-ce que tu fais ?! Paniquais-je, rouge pivoine.
-Je m'enfuis avec toi ou pas du tout.
-M-Mais tu te rends compte que tu portes une fille ?!

C'est vrai, après tout, d'habitude il n'en approchait pas une à moins de 15 mètres, et là, il n'avait pas hésité une seule seconde à me porter, ayant à peine les joues roses de gêne. Et c'était moi qui étais dans tous mes états. A croire que les rôles s'étaient inversés.

-Pas juste une simple fille, déclara-t-il simplement avant de reprendre sa course.

Un blanc s'était installé alors que ses bras musclés me soutenaient avec une facilité déconcertante, ne semblant pas gêné le moins du monde par ma charge. Mais pourquoi faisait-il ça ? Il me donnait de plus en plus envie d'y croire, dans ses gestes et dans ses mots. Mais s'il avait compris que je l'aimais la dernière fois, et au vue de sa réaction, que devais-je penser ? J'étais perdue.

Mes réflexions avaient fait perdre ses couleurs à mes joues, et sans doute pour briser le silence qui commençait à devenir pesant, il répliqua.

-Alors comme ça, tu m'admires ? Demanda-t-il avec un sourire taquin au coin des lèvres.
-Oui et c'est pas une nouvelle, répondis-je honnêtement en tournant la tête.
-Et il aura fallu que tu me sauves d'un pot de fleurs pour que je sois au courant ! Continua-t-il toujours sur le même ton.
-T'avais qu'à l'esquiver aussi ! J'aurais pas eu besoin de te « sauver » !

Il ne répondit pas tout de suite, ce qui me fit le regarder. Il ne semblait plus gêné, mais son visage exprimait quelque chose que je ne sus déchiffrer. Comme la dernière fois.

-Peut-être que je voulais que tu me sauves, qui sait...

J'étais restée muette quelques instants face à sa réplique à mi-voix accompagnée d'un sourire mystérieux. J'avais l'impression d'avoir affaire à un tout autre Corbeau.

Ou peut-être était-ce le vrai...

-Lassia. Mets-toi contre moi, me demanda-t-il en s'arrêtant brusquement.

C'est vrai que j'avais gardé mes distances tellement j'étais paumée mais je n'étais pas bien loin, position oblige.

J'avais encore rougi sous la surprise de sa requête. Mais je compris que ça ne servait à rien de poser plus de questions lorsqu'il avait ce regard sérieux.

Je m'exécutais, passant mes bras autour de son torse, plaquant ma tête contre lui. J'étais trop heureuse et apaisée par sa chaleur pour être déstabilisée cette fois. Je crus alors sentir le poids de son regard sur moi un bref instant avant de soupirer légèrement d'amusement, mais pas d'une façon à se moquer. Mais je ne pouvais être sûre de rien, non seulement car ça n'avait duré qu'une fraction de seconde, mais surtout parce que je ne pouvais pas m'empêcher de profiter de cet instant contre l'homme que j'aimais.

La seconde d'après, je sentis son bras gauche s'enlever de sous mes jambes avant de me retenir uniquement avec l'autre. Si j'étais si légère que ça pour lui, il n'avait pas besoin de me porter ainsi.

Encore une question sans réponse...

Un énorme fracas m'avait fait fermer les yeux de surprise. C'est alors que je sentis... un courant d'air sur ma peau. Je les rouvris doucement tandis que Senji me reprit correctement, s'excusant de la position inconfortable soudaine.

Sur le coup, je ne répondis rien. Mon regard cherchait sans relâche une preuve de ce que j'avais sentis, un épais écran de poussière bouchant ma vision. Senji avança à travers, et mes doutes se confirmèrent.

L'air frais. L'humidité ambiante. L'odeur de la pluie récemment tombée. Le soleil baissant doucement dans le ciel sans l'encombre d'un nuage, offrant une palette de roses avec de légères nuances d'orangés. Un tableau incroyable se reflétant sur les multiples flaques, partout où l'eau était restée ainsi que sur l'océan un peu plus bas. Tout brillait, tout scintillait.

-C'est magnifique... Murmurais-je les yeux brillants.

La première fois que je voyais l'extérieur depuis bien longtemps.

Senji était resté statique, sûrement à cause de ce paysage hors normes. A croire que le ciel voulait nous offrir un cadeau. Je regardais alors le brun, et me rendis compte que mes bras étaient passés de son torse à son cou.

Alors que j'allais les retirer à regret, il baissa la tête doucement, ancrant son regard onyx dans le mien. Incapable de le détourner, j'essayais juste de deviner à quoi il pouvait bien penser, pourquoi il me fixait comme ça ?

-Ça me rappelle tes yeux, dit-il doucement avant de reprendre sa course.

Car nous n'étions pas encore totalement sortis d'affaire. Moi, dans les bras de Senji sous un ciel pareil, c'était irréel. Si irréel que j'avais vraiment l'impression de rêver. Ses mots, ses gestes, son regard, ce compliment... Ça ne pouvait être qu'un rêve... non ?

Comme s'il avait entendu mes pensées, ses mains se resserrèrent doucement autour de moi. Mais où voulait-il en venir à la fin ? Je voulais savoir ses pensées, mais au fond, je profitais plus de cet instant qu'autre chose. Car peu importe si cette situation était réelle ou non. Elle ne se reproduirait jamais.

Je soupirais d'aise avant de mettre ma tête contre lui, j'avais fini par enlever mes bras. Je fermais les yeux, seul le bruit des pas de Senji raisonnait. Car le calme ambiant n'était dû qu'à la vanité du directeur. Jamais il n'avait imaginé une évasion, et donc la sécurité extérieure était quasi inexistante. Surtout du côté de l'océan.

 
Enfin, lorsqu'il s'arrêta une nouvelle fois, je rouvris les yeux que j'avais précédemment fermés pour profiter pleinement de cette sensation de bien-être. Il m'offrit un sourire radieux, auquel je ne pus m'empêcher de répondre. Mais lorsque j'entendis les cris de Ganta, je demandais à Senji de me reposer. Histoire d'éviter les malentendus.

Il soupira brièvement et s'exécuta. Ça devenait vraiment étrange... Enfin, Ganta et le Colibri nous rejoignirent. Ils étaient tous les deux souriant, heureux qu'on soit en un seul morceau visiblement.

-Contente que tu aies pu sortir Colombe ! S'exclama le Colibri alors que Ganta avait foncé vers Senji.
-Oui enfin, je n'ai quasiment rien fait... Bref, appelle-moi Lassia. On doit abandonner ces surnoms qu'on nous a imposés.
-Oui, tu as raison. On est libre dorénavant. Alors appelle-moi Takami aussi, sourit-elle.

C'est alors que je le remarquais. Ni Takami, ni Ganta, ni aucun autre de Scar Chain n'avait leur collier. Ce maudit collier qui nous obligeait à nous battre. Celui-là même qui nous empoisonnait un peu plus chaque jour. Seule une légère trace rouge marquait leurs cous.

Mon interlocutrice finit par pencher la tête vers ce que je fixais, et comprit.

-Ah ça... Scar Chain a trouvé un moyen pour les retirer en toute sécurité. Et vous devinerez jamais qui s'en occupe !

Senji et moi nous regardâmes au même moment, intrigués. C'est alors que deux personnes s'avancèrent du groupe. En découvrant leurs visages, nos yeux s'écarquillèrent légèrement de surprise.

Karako et Nagi.

-Allez, venez, on va vous débarrasser de ces maudits trucs, sourit la jeune femme.
-Vous pouvez compter sur nous. On vous doit bien ça, pour la dernière fois, ajouta Nagi avec la même expression.

Nagi emmena donc Senji, et Karako fit de même avec moi, quand bien même je n'avais pas pu le quitter du regard. Ce n'est qu'une fois assise dans l'une des cabines du bateau que j'y repensais. D'un bond, je me levais alors que la blanche était de dos pour prendre ce dont elle avait besoin.

-Qu'est-ce qui t'arrive Lassia ? Demanda-t-elle en posant ses mains sur mes épaules.

Mon regard ne quitta pas la porte.

-Senji, vous devez le soigner. Il doit être égratigné de partout même si je n'y ai pas fait attention. Il m'a aidé, je n'ai été d'aucune utilité, il faut le soigner Karako ! M'exclamais-je en me retournant vers elle.

Elle passa de surprise à souriante en entendant mes explications.

-Calme-toi, je vais aller le dire à Nagi, d'accord ? Me rassura-t-elle en m'appuyant doucement sur les épaules pour que je me rasseye. Mais connaissant Senji, il ne doit pas en avoir besoin. Enfin, si c'est toi qui le demande, il ne refusera pas, rit-elle avant de sortir faire ce qu'elle avait énoncé.

Si c'est moi qui le demande ? J'avais un impact particulier sur Senji ? Moi ? ...Sérieux ?

Enfin, je n'eus pas le temps d'étendre mes pensées que Karako était déjà revenue, souriant toujours.

-J'ai passé le message, Nagi lui fera un check. Mais tu n'y échapperas pas non plus tu sais. Tout le monde y est passé de toute façon, histoire d'être sûrs que tout le monde va bien.

Je n'avais réussi qu'à bégayer un malheureux « Ok ». Je n'aimais pas ça. Je n'aimais pas montrer que je n'allais pas bien, car je détestais montrer ma faiblesse. Il n'y avait que Senji qui l'avait vu, et je trouvais ça déjà trop.

J'avais accepté, forcée et obligée. Elle avait tout d'abord pris des outils pour défaire la charnière du collier. Au bout de quelques instants, celui-ci céda pour dévoiler ma peau encore plus blanche à cet endroit, une marque semblable aux autres y restant. Je me palpais le cou. Ça me faisait si bizarre !

-Bien, maintenant passons au check médical.

Je grimaçais légèrement à ses mots, et elle le remarqua.

-Ne t'inquiète pas, rien ne sortira de cette pièce, si c'est ça qui t'inquiète.

Je soupirais en baissant les yeux. Je me fichais de mon état actuellement. Tout ce que je voulais, c'était demander à Senji ce qu'il avait dans la tête !

Ce bilan de santé ne dura pas plus de dix minutes, et pourtant ça m'avait paru interminable. Elle m'avait palpé la poitrine au niveau du poumon, et je ne pus m'empêcher de tiquer lorsque sa main fut du côté droit. Elle s'arrêta net.

-Alors la rumeur disait vraie...

Je détournais le regard. Ça voulait dire quoi ça ? Elle me prenait en pitié ? Manquait plus que ça !

-Ecoute Lassia, j'ai une proposition à te faire. Ayant des compétences un peu plus abouties que Nagi dans le domaine médical, c'est à moi qu'il s'est adressé. On t'a trouvé un poumon droit compatible.

Je ne l'avais pas regardé avant sa dernière phrase. Les yeux écarquillés, je me levais.

-Mais comment ? Et pourquoi ?! Demandais-je, perdue.

-Il avait bien dit que tu réagirais comme ça, fit-elle avec un sourire en coin. C'est Senji qui l'a trouvé, même s'il ne voulait pas que tu saches que c'était lui. Avec son rang à Deadman Wonderland, il a réussi à trouver un organe en assez peu de temps. Chose surprenante d'ailleurs. Tu n'es pas obligée de me donner une réponse maintenant, c'est un peu soudain, je l'admets, alors réfléchis-y, d'accord ?

Plus que surprise, la colère avait pris le dessus. Le regard sombre et les poings serrés, je sortis de la pièce et me dirigeais vers le pont du bateau maintenant en marche.

Il ne me fallut pas beaucoup de temps avant de trouver Senji, accoudé à la rambarde, tourné vers l'océan.

-Senji ! L'interpelais-je alors avant de me rapprocher rapidement du brun.

Sûrement surpris du ton sévère que j'avais employé, il se retourna. La seconde d'après, j'étais face à lui.

-Là, tout de suite, j'ai pas mal de questions. Mais la première serait « pourquoi Karako m'a dit que tu m'avais trouvé un poumon droit ? » ! Pourquoi Senji ?! Je ne comprends plus rien !

Il tourna la tête sur le côté. Quelques secondes étaient passées, bien que j'ignorais pourquoi il n'était ni capable de me regarder en face, ni de répondre tout de suite.

-Parce que je sais à quel point tu te sens faible à cause de ce manque. Je sais que tu ne supportes pas cette sensation de faiblesse que tu ne devrais pas avoir, puisque tu ne l'as jamais été, avec un ou deux poumons. Mais le fait est que cette amputation t'entrave au niveau de l'endurance, et quoi que je dise, je sais que tu ne changeras pas d'avis te concernant. Et moi, ce que je ne supporte pas, c'est de te voir si dure envers toi-même.

Ses mots m'avaient calmé. Dans un soupire, je me mis à côté de lui, m'accoudant à mon tour. La nuit était maintenant tombée, et le ciel étoilé se reflétait sur l'étendue d'eau salée. C'est vrai qu'on pouvait facilement se laisser embarquer par ses pensées avec un paysage pareil.

-Je n'en veux pas. Pas si de ton côté, tu ne récupères pas d'½il droit.

Je le sentis perdre son calme, alors je lui jetais un regard en coin.

-Mais je me fiche de cet ½il ! C'est pas vital ! Toi c'est un organe, je te signale !

Mon regard repartit vers ma contemplation première. Pourquoi tant d'énervement ? J'avais finalement renoncé à l'idée de lui dire quoi que ce soit, ou d'imaginer quoi ce soit. Avec cette nouvelle vie qui s'offrait à lui, il aurait l'occasion de trouver une petite amie digne de ce nom. Je n'avais pas ma place à ses côtés, de toute façon.

-Tu ne comprends donc pas... murmurais-je à moi-même sans le regarder. Ce manque, tu m'as appris à le combler. Et puis, si ça me permet de te ressembler un peu plus, je n'en veux définitivement pas. Pour moi, ce qui est vital, ce n'est pas ce stupide organe.

Je soupirais. Je m'agaçais. Cette dernière phrase sonnait comme si j'allais faire ma déclaration. Je ne réfléchissais plus à ce que je disais, ça sortait tout seul.

-Mais pourquoi tu m'as fait sortir d'ici? Sérieusement... je n'ai rien à faire dans ce monde, il est si faux comparé à cette prison... Je ne sais que tuer, je vois mal comment je peux survivre là-bas...

Je baissais le regard. Lui pouvait refaire sa vie. Lui le pouvait, il avait la force, le courage et l'expérience. Je n'avais rien de tout ça. Tout à coup, il me prit par les épaules, me forçant à lui faire face. J'en avais presque sursauté de surprise, tellement c'était soudain. Enfin, ça n'avait pas empêché mon c½ur de faire un bond dans ma poitrine à son contact. Face à son air si sérieux, j'eus du mal à le regarder en face. C'était si bizarre... Tout ce que j'espérais, c'était que je n'étais pas rouge tomate.

-Ecoute... Je comprends ta pensée, puisque j'avais la même avant. Mais ce que je ne t'ai pas dit car je l'avais presque oublié, c'est qu'avant d'atterrir ici, j'avais des collègues. J'ai passé de bons moments avec eux, et avec une certaine fille avec qui je m'entendais bien. Et quand j'y pense, j'en étais sûrement amoureux... Mais leurs morts m'a fait croire que tout ça était faux, et que ce monde était juste sombre et factice. Mais les moments passés avec toi... M'ont rappelé ces bons moments. Et cette fille.

Cette fois-ci, j'étais belle et bien gênée. Où voulait-il en venir ? Pourquoi me faisait-il tant espérer malgré moi ? Je n'attendais rien de lui, alors pourquoi ?!

-Je... dois bien avouer que je n'avais jamais ris avant de te connaitre...

Pathétique. La seule chose que j'avais réussie à sortir en détournant le regard était pathétique. Mais il sourit, en resserrant un peu plus ses mains sur mes épaules. Avant de me lâcher et de se tourner vers la mer.

-Mais ce n'était pas que pour ça. Quand Ganta m'a dit que tu avais le même point de vue que moi concernant la prison, puis quand j'ai entendu l'alarme, ça a été plus fort que moi. Je ne voulais plus d'un monde où tu risquerais ta vie chaque jour. Je ne voulais plus que tu crois qu'avoir tué ces ordures était un crime. Et même si le directeur a réussi à épargner son parc en disant à ceux qui voulait le détruire que laissez des monstres comme nous en liberté était dangereux... Je pense sérieusement que si je dois rester un deadman toute ma vie, je serais le tiens. Enfin, je préférerais, enfin, je... Comment dire...

Mes yeux s'écarquillèrent, mettant en doute l'exactitude de ce que j'avais entendu. Ça avait été si naturel que c'en était irréaliste. Est-ce que Senji Kiyomasa venait vraiment de dire ce que j'avais entendu ? Les rougeurs et les bégaiements qui suivirent pour le brun ne faisaient que confirmer mes doutes.

N'écoutant plus ma raison, je lui sautais au cou dans un élan d'impulsivité, oubliant mes réflexions sur notre incompatibilité et tout le reste. Il ne fallut pas beaucoup plus de temps pour que mes lèvres atteignent les siennes.

Cependant, sa non-réaction me fit redescendre sur terre. Je m'éloignais de lui, honteuse comme jamais, le c½ur meurtri de ma stupide erreur d'interprétation.

-Désolée, j'ai cru que... C'est stupide.

 


Dove and Raven [Partie 3]

 


La jeune fille, au bord des larmes, voulut s'enfuir. Elle avait mal, elle avait honte. Honte d'avoir mal compris. Honte de ce geste impulsif. Honte de ses sentiments non réciproques à découvert dont elle n'arrivait pas à se débarrasser. Mais alors qu'elle avait fait le premier pas en arrière, le brun qui jusqu'ici était resté stoïque, réagit.

Avec une rapidité suffisante pour la retenir, il scella de nouveau leurs lèvres tout en la serrant contre lui de toutes ses forces. Il avait enfin compris que ce mélange incroyable de sentiments et de sensations différentes pouvait se résumer en un mot. Il l'aimait bel et bien. C'était l'évidence même.

Il comprit alors tous les gestes de la blanche pour lui faire comprendre, ses larmes lorsqu'il l'avait sorti du sauna. Qu'il avait été stupide... Qui sait combien de temps ça lui aurait encore pris, si sa douce n'avait pas été impulsive cette fois-là ? Car le goût de ses lèvres avait été comme un électrochoc, remettant toutes ses pensées en place pour enfin parvenir à la conclusion finale.

Alors qu'elle avait, elle, répondu à son baiser après les quelques secondes de surprise, il sépara leurs lèvres avant de mettre sa tête dans le creux de son cou, humant doucement l'odeur de ses cheveux neige. Il la serra encore un peu plus contre lui, tandis qu'elle fit de même, des larmes roulant sur ses joues.

Des larmes entremêlées de tant de sentiments différents.

-Si c'est définitivement un rêve, faite que je ne me réveille pas, jamais... Murmura-t-elle en fermant les yeux.

Il réagit à ses mots. C'était bien la preuve qu'il l'avait fait attendre, et ce depuis un moment. Il posa doucement son front contre le sien, avant d'essuyer ses joues tendrement.

-Tu m'aimes depuis un moment, hein... Désolé de t'avoir fait attendre. Je t'aime vraiment, Lassia. Et ce n'est pas un rêve.

Elle ne répondit pas sur l'instant. De nouvelles larmes, de bonheur cette fois, perlèrent. Elle le regarda tendrement, avant de poser ses doigts sur ceux de son amant.

-Depuis que tu m'as serré dans tes bras quand tu as perdu ton ½il, pour être exacte... Je me fiche que tu sois un ancien flic, je me fiche que tu n'es plus qu'un ½il, je me fiche de tout ça... Tout ce que je veux, c'est rester avec toi. Peu importe où, peu importe les conditions. Tant que je serais avec toi, ça me suffira. Je t'aime Senji.

Il l'embrassa une dernière fois doucement, sous le ciel étoilé de Tokyo. Tous deux se trouvèrent stupides. L'un de l'avoir fait souffrir et attendre, l'autre de ne pas avoir tenté sa chance plus tôt. Senji avait conscience qu'il l'avait libéré de son passé. Mais elle ne se doutait probablement pas qu'elle en avait fait tout autant. Car avant, Senji refusait purement et simplement de voir le côté lumineux du monde, si bien qu'il n'avait compris que maintenant qu'elle l'aimait, et qu'il l'aimait aussi. Enfin, ça avait été chaotique, mais la conclusion était là. Et c'était la plus inespérée de toutes.

Qui aurait cru que Senji, le Corbeau, tomberait amoureux. Amoureux de la fille dont tout le monde avait peur, le soi-disant « monstre », la colombe emprisonnée, qui n'était en réalité qu'une fille meurtrie par la vie. Celle qui lui avait rappelé que ce monde n'est ni tout blanc ni tout noir. Ni corbeau, ni colombe. Il était ce qu'il était, mais seuls eux avaient le pouvoir de changer le leur.
THE END

 

Partie 2                                                                                                                              Epilogue

 

Dove and Raven [Partie 3]
VOILA LA DERNIÈRE PARTIE DE CETTE HISTOIRE ! Comme dit dans l'avant-propos, je suis encore une fois sincèrement désolée pour cette attente si longue ! Mais voilà, j'espère que la conclusion vous plait :D N'oubliez pas de donner votre avis,  et constructifs (si tu ne sais pas comment faire, va )
MAIS ! Attendez, ne partez pas tout de suite. Bien que la conclusion soit maintenant publiée, il reste encore l'épilogue, ainsi que le bonus. Cependant, si vous avez la flemme ou que ça ne vous intéresse tout simplement pas, vous pouvez déposez votre avis concernant cette histoire sur ces blogs répertoires: 

 

Dove and Raven [Partie 3]
 

Tags : Dove and Raven - Deadman Wonderland

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Comments :

  • REPERTORY-OF-STORY2000

    17/02/2016

    Salut, c'est le Café – Thé nuageux, pour te prévenir que ton article est en ligne. Le nuage a ré-ouvert ces portes aux locataires et visiteurs !
    Nous vous proposons d’inviter vos lecteurs à venir boire un café ou thé voir un chocolat en votre présence sur votre nuage.

    Nous vous remercions de votre patience, et vos commentaires. Nous vous demandons aussi de mettre le lien de votre article sur ton blog : http://repertory-of-story2000.skyrock.com/3243014320-Dove-and-Raven.html

    Vous avez aussi a votre disposition des badges : http://repertory-of-story2000.skyrock.com/3243784382-Les-badges.html

    Nous vous souhaitons de passer de bonne vacances ! Bonne soirée ou bonne journée à vous !
    Le Café – Thé Nuageux.

    Ps / Désolée du retard --' ^^'

  • Les-ecrits-de-Lassia

    07/02/2016

    Poesies13 wrote: "Vivement le bonus et l'épilogue XD"

    ouii le mois prochains grand max '^'

  • Les-ecrits-de-Lassia

    07/02/2016

    Poesies13 wrote: "Ohhh ! OHhhhh ! OOOOHHH ! Trop MIGNON !!! ^^ J'ai adoré. Pourtant je n'aime pas trop les histoires d'amour et j'en lis très peu quand même mais là, c'était top. J'ai attendu le baiser tout le long mdr. Encore une fois, bien écrit, des sentiments d'une puissance incroyable et tellement proche de la réalité, un décor magique et somptueux."

    MERCIIII ! :D je suis contente de t'avoir fait aimer la romance (en même moi c'pas rose avec des coeurs partout xD) ^^ ahah oui, le baiser de la fin (quand j'y pense 2 autres histoires se finiront comme ça U_U faut que je change ça, sinon ça va trop se ressembler!)
    merci pour tout ces compliments o/

  • Poesies13

    07/02/2016

    Vivement le bonus et l'épilogue XD

  • Poesies13

    07/02/2016

    Ohhh ! OHhhhh ! OOOOHHH ! Trop MIGNON !!! ^^ J'ai adoré. Pourtant je n'aime pas trop les histoires d'amour et j'en lis très peu quand même mais là, c'était top. J'ai attendu le baiser tout le long mdr. Encore une fois, bien écrit, des sentiments d'une puissance incroyable et tellement proche de la réalité, un décor magique et somptueux.

  • Poesies13

    05/02/2016

    je lirai ce week end... je remarque que je lis le week end suivant ton commentaires toujours ^^

  • Chesha-RepertoireFiction

    30/01/2016

    Feuille mise à jour.

  • Les-ecrits-de-Lassia

    29/01/2016

    Lisa-Hisoka-Fangirl wrote: "Coucou !
    Bien évidemment que je veux être prévenue de l'épilogue et du bonus ;)

    Pour ce qui est des fautes d'orthographes (et vu que tu es une maniaque), au tout tout début, il y a voir avec un "e".
    C'ETAIT JUSTE TROP BIEEENNNNN ! C'est cool que t'aies placé le baiser de Lassia vers la fin, parce que si tu l'avais mis au début du chapitre, ça aurait été bcp trop gnagnan. Mais c'était juste trop mignon >w<. Très agréable à lire comme d'hab- Attend, je me répète beaucoup je trouve. Les synonymes existent, et ça vaut mieux que ça, donc : diablement enivrant à découvrir (je sais pas si ça se dit, mais le plus important c'est l'idée xD).
    Le seul bémol serait que l'évasion arrive un peu trop vite. Je pense que tu aurais dû l'évoquer avant. Cela fait un peu la solution miracle, le "Deus ex Machina", selon moi.
    Mais en tout cas, il était très attendu ce chapitre, et il m'a pas déçu ^^ ! J'attend l'épilogue avec impatience :)

    Au fait, j'ai regardé le manga Deadman Wonderland. C'est vrai que Senji est trop bien, mais j'ai pas spécialement adoré ce manga. Quand je dis ça, c'est que je l'ai bien aimé lors du visionnage, je le conseillerai à quelqu'un qui aime ce style, mais c'est pas un manga que je revisionnerai pour le plaisir. Mais si j'ai le temps, je regarderais les scans. Oups, il y a beaucoup trop de "mais"... Oh, tant pis !

    Bref, bonne continuation ;)
    "

    coucou, d'accord '^'

    je l'ai pas vu T^T je relirais bien quand j'aurais le temps! (je psote toujours mes chapitres tard le soir :'D)
    tu m'as fait rire x'D! ben oui, le meilleur à la fin, tout de même 8D merciii j'ai tellement peur de faire guimauve! je veux du mignon pas cucul moi x'D
    "diablement enivrant"?! je crois que c'est le plus beau compliment que j'ai jamais eu!! -pleure-
    oui, c'est vrai que ça arrive assez soudainement :v je modifierais sûrement plus tard pour dire qu'elle pense à cette éventualité, mais qu'elle pense que c'est une mauvaise idée^^ merci de me l'avoir fait remarquer!
    je suis contente alors ! l'épilogue fera la même taille environ je pense !

    ah mais DW n'est pas un anime préféré, mais j'ai complètement craqué pour Senji qui lui est un énorme coup de coeur ! xD
    t'inquiète ;)
    merci :D

  • Les-ecrits-de-Lassia

    29/01/2016

    one-piece-amaya wrote: "C'est vraiment super, le fait que Senij c'est inquiéter pour Lassia est trop chou et quand la Colombe voulait "enterré ses émotions je me sentais triste. J'ai adorer la scène avec le pot de fleur. Je l'ai lu d'une traite et j'ai adorer. Tu écris super bien et j'adore ton style d'écriture. Je suis vraiment contente qu'ils ont réussi à s'échapper. Enfin Senji a découvert les sentiments de Lassia, je commençais à désespérer mais je trouve cela plus réaliste. De plus c'est trop mignon quand ils s'embrassent sous les étoiles (moi aussi je voudrais que ça sois aussi romantique !) J'ai hâte de lire l'épilogue et le chapitre bonus. Je vais conseiller à mes amies Dove Raven mais ce sera des lecteurs fantômes (mais je sais qu'elles vont adorer). Bon je pense que c'est tout !! (J'ai hâte d'avoir la suite, je veux tellement ce qui ce passe dans l'épilogue !!)"

    mon dieu que j'aime recevoir des commentaires comme ça o_o :'D
    Senji est trop chou de base x')
    la scène du pot de fleur est repris de l'anime où il se le prend pour de vrai cette fois u_u
    merciii :D
    oui je pouvais pas les faire tomber dans les bras l'un de l'autre si facilement, sinon c'pas drôle! x'D
    d'accord merci, transmet moi leur avis dans ce cas please! :D c'est trop gentil de ta part, j'espère que le reste te plaira ♥

  • Lisa-Hisoka-Fangirl

    29/01/2016

    Coucou !
    Bien évidemment que je veux être prévenue de l'épilogue et du bonus ;)

    Pour ce qui est des fautes d'orthographes (et vu que tu es une maniaque), au tout tout début, il y a voir avec un "e".
    C'ETAIT JUSTE TROP BIEEENNNNN ! C'est cool que t'aies placé le baiser de Lassia vers la fin, parce que si tu l'avais mis au début du chapitre, ça aurait été bcp trop gnagnan. Mais c'était juste trop mignon >w<. Très agréable à lire comme d'hab- Attend, je me répète beaucoup je trouve. Les synonymes existent, et ça vaut mieux que ça, donc : diablement enivrant à découvrir (je sais pas si ça se dit, mais le plus important c'est l'idée xD).
    Le seul bémol serait que l'évasion arrive un peu trop vite. Je pense que tu aurais dû l'évoquer avant. Cela fait un peu la solution miracle, le "Deus ex Machina", selon moi.
    Mais en tout cas, il était très attendu ce chapitre, et il m'a pas déçu ^^ ! J'attend l'épilogue avec impatience :)

    Au fait, j'ai regardé le manga Deadman Wonderland. C'est vrai que Senji est trop bien, mais j'ai pas spécialement adoré ce manga. Quand je dis ça, c'est que je l'ai bien aimé lors du visionnage, je le conseillerai à quelqu'un qui aime ce style, mais c'est pas un manga que je revisionnerai pour le plaisir. Mais si j'ai le temps, je regarderais les scans. Oups, il y a beaucoup trop de "mais"... Oh, tant pis !

    Bref, bonne continuation ;)

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