5 tagged articles Project K

Blog en reconstruction 01/12/2017

 


Bonjour ou bonsoir, cela dépendra de l'heure à laquelle tu liras ces quelques lignes.
Si tu es déjà venu sur mon blog, tu te souviens peut-être qu'il s'agissait plus d'un endroit où je listais une tonne d'écrits prévus, qui n'ont finalement jamais vu le jour après une très -trop- longue absence.

J'hésite à repartir sur un WordPress pour mes fictions, mais je préfère rester ici, car je sais que malgré la case dans laquelle est rangé Skyrock (adoprépubère) il existe des auteur(e)s et lectrice(eur)s adorables et matures sur cette plateforme.
 
Aussi, je laisserai évidemment tous mes écrits présentement terminés, cependant, je vais supprimer mon "planning" que je n'ai jamais su tenir.
 
Ceux ayant lu les premiers chapitres de ma fic sur Nana seront rassurés, je la reprendrai juste après celle que je compte réaliser pour la réouverture du blog:
 
Une fanfiction sur Food Wars, coécrite par un ami cher à mon coeur, Ely.
Il s'agira d'une adaptation d'un long RP que j'affectionne énormément. Et j'espère réussir à retranscrire, avec son aide, les sentiments de nos chers personnages j'ai nommé : 
Ma Lassou préférée, évidemment, ainsi que ... Akira Hamaya!
Notre bel indien préféré un peu oublié de Food Wars!
 
J'espère que vous serez au rendez-vous, j'ajouterai le synopsis en temps voulu. N'hésitez pas à partager votre enthousiasme pour Spice and Chocolate, la fiction tournant autour de l'amour, de la vie, et de la cuisine! :)

Red Pulse [Partie 1] 24/05/2015

Red Pulse [Partie 1]
Gif: Project K - Mikoto Suoh
Si vous ne connaissez pas le manga, lisez ça d'abord.

 

Une rafale de balles. Blessée à plusieurs endroits, je continuais de courir, en ignorant la douleur qu'avaient provoqué les projectiles de métal brûlant lorsqu'ils avaient transpercé ma chair. Cachée sous la capuche de mon sweat noir, je courais, lorsque je passais près d'un bar.
 
Je n'aurais jamais pensé qu'un simple bar provoquerait autant de choses.
 
Je me cachais, dos contre le mur de la ruelle près de celui-ci. Je ne pouvais rien faire à part fuir, sans arme et blessée. Mais même hors de leur vue, ils se postèrent en ligne et tirèrent sur le bar. Je me tenais le bras gauche, blessée, essoufflée.
 
Fait chier.
 
Un bruit me fit m'intéresser à la violente scène qui se tenait près de moi, dans la rue principale. Une explosion. Les bruits de coups de feu cessèrent soudainement et une incroyable giclée de flammes apparue alors, sur plusieurs mètres, que ce soit en longueur ou hauteur. Mon regard était littéralement captivé par ce qu'il voyait. Des flammes d'un rouge fascinant, m'hypnotisant presque. Elles étaient tout simplement magnifiques.
 
Je finis par me reprendre et profitais alors du chaos pour filer. Cependant, j'avais à peine repris ma fuite qu'un mur de flammes se dressa devant moi, mais ce n'était pas les mêmes qu'avant. Je me retournais et vis des yakuzas. Je ne pouvais vraiment pas me battre dans mon état actuel, alors la seule solution qui me traversa l'esprit fut de me jeter dans les flammes, quitte à avoir des brûlures ou bien même y rester. Mais, coupée dans mon élan, l'un d'eux me mit au sol, face contre terre. Je ne pouvais même pas me débattre. Fait chier.
 
J'avais été faite comme une bleue.
 
Ils me ramenèrent à l'intérieur du bar, faisant bien évidemment l'impasse sur la douceur. Je constatais alors qu'il n'avait rien de japonais, mais semblait plutôt anglais. Enfin, j'étais pas là pour admirer la déco.
 
-Non mais je vous jure, ils peuvent bien nous qualifier de barbares, mais ils sont pas mieux ces bleus à débarquer comme ça en tirant partout. Heureusement que Mikoto en a fini rapidement, mon bar n'a pas une seule égratignure, déclara un blond que je devinais être le barman en essuyant un verre.
 
Il était grand et fin, blond aux yeux noisettes, portant des lunettes de soleil, un foulard rouge autour du cou et une chemise blanche retroussée au coude.
 
-En parlant du chef, on a un p'tit truc pour lui ! Dit alors le yakuza qui me tenait en me plaquant la tête au sol.
 
Je sentais que mes plaies n'allaient pas tarder à se rouvrir si ça continuait. Elles venaient à peine d'arrêter de saigner.
 
-Doucement les gars avec mon tapis, soupira le blond. Mikoto, tu peux venir un instant s'il te plait ?
 
Une poignée de secondes silencieuse passa. Puis, un bruit de porte se fit entendre, suivit de bruit de pas. Il était venu de la pièce à droite du bar, mais je ne pouvais pas encore le voir complétement. Le mec qui me tenait m'agrippa alors le cou et me releva la tête brutalement, à genoux, pour faire face à leur chef.
 
-Qu'est-ce qu'il a, Izumo ? Demanda simplement le concerné.
 
Son interlocuteur ne jeta qu'un vague regard dans ma direction, j'entendis l'autre soupirer, puis s'avancer vers moi.
 
-Regardez ce qu'on vous a ramené dans une ruelle près du bar, chef ! Sûrement un espion voulant profiter du bordel de ces chiens de bleus pour s'infiltrer chez nous et foutre la merde ! S'exclama l'un des voyous à côté de moi.
 
Un ado avec un bonnet couvrant ses cheveux châtains et un casque autour du cou, des vêtements larges et un skate, le style rappeur quoi. Je savais même pas que ce « style » existait encore.
 
 -Ton langage Yata-kun, le réprimanda le barman.
 
Il s'excusa alors. Je ne comprenais pas, c'était assez bizarre comme agissements venant d'eux.
 
-Bref ! On en fait quoi, chef ?
 
Le chef en question se mit face à moi. Je décidais alors de le regarder aussi, alors que jusque-là, je détournais le regard. Je découvris donc à qui j'avais à faire. Un homme, la vingtaine, ne portant qu'un jean noir, au regard doré perçant. Sa musculature n'était pas spécialement prononcée mais il imposait une telle présence que c'était tout comme. Il était visiblement en sueur, et passa une main dans ses cheveux courts, rouges profond, tirant sur le magenta, deux fines mèches lui tombant devant le visage.
 
-T'as une preuve que c'est un bleu ? Demanda Mikoto de sa voix grave.
 
Le garçon rappeur me pris alors violement le poignet et releva ma manche, laissant apparaitre une marque bleue en forme d'épée ornée de fleurs.
 
-Ils ont vraiment mauvais goût en matière de tatouage ! Se moqua-t-il
 
Le chef soupira. Mon visage était toujours caché par ma capuche, et cela énerva le fameux « Yata ».
 
-On montre son visage devant Mikoto Suoh !! S'exclama-t-il en enlevant brutalement ma capuche.
 
Mes longs cheveux blancs tombèrent alors en cascade dans mon dos, mon visage laissant apparaitre des égratignures multiples. Je jetais un regard noir à leur fameux chef, fixant de mes grands yeux magenta l'homme en face de moi.
 
On aurait dit que cette révélation avait figé le temps durant une poignée de secondes, puisque ce ne fut que l'instant d'après que je me rendis compte du malaise présent chez les yakuzas, et en particulier chez Yata. Il était devenu cramoisie et après avoir été figé de gêne, lâcha ma capuche et mon poignet pour se mettre à plusieurs mètres de moi.
 
-U-Une fille ?!
 
J'entendis alors un bruit de verre brisé. Même le barman en avait lâché son verre visiblement. Tous me regardaient maintenant d'un air effaré.
Enfin, mes blessures n'avaient pas disparues.
 
-O-On va te détacher... Bégaya Yata, rouge.
-Yata, elle est des bleus, ne l'oublie pas.
-Mais Izumo... C'est une fille—
 
Tout ça commençait sérieusement à m'énerver.
 
-Oui, je suis une fille et alors ?! T'en a jamais vu ?! M'énervais-je en prononçant mes premiers mots depuis que j'étais ici.
 
Mon regard se redéposa sur l'homme en face de moi qui reprit son air impassible qu'il avait perdu l'espace d'une seconde. Il s'était reprit dès qu'il avait croisé mon regard noir.
 
-Qu'est-ce que vous me voulez ? Demandais-je avec une extrême froideur.
 
Tous reprirent à leur tour leur sérieux en entendant ma question adressée droit dans les yeux de leur chef.
 
-Tu te prends pour qui à nous parler comme ça, petite garce ?!
 
Un des yakuzas m'attrapa violemment les cheveux, me soulevant du sol. J'avais mal. Je sentais mon sang couler. Mais je n'avais toujours pas dévié mon regard, redressant la tête comme je pouvais. Mon regard était en feu. Je ne pouvais pas y rester comme ça, pas d'une façon aussi minable, pas tuée par ces enfoirés !
 
Mais visiblement, l'action du mec figea une nouvelle fois les autres. Mais le chef avait encore son regard sérieux. Une goutte de sang coula alors le long de mon bras gauche, allant s'écraser sur le sol. Puis d'autres la suivirent. Ça voulait sûrement dire que je ne pouvais plus cacher mes blessures. Dommage.
 
Pendant une fraction de seconde, les pupilles dorées du rouge se contractèrent. En un éclair, il envoya une attaque enflammée sur celui qui me tenait, le faisant s'écraser contre le mur le plus proche. Je crus alors percuter le sol de plein fouet, mais ce ne fut pas le cas. Après avoir lancé son attaque, il m'avait retenu sur son bras droit. Mais le choc fit s'appuyer brutalement ma blessure au thorax contre son bras, provoquant un cracha de sang et un filet coulant du coin de mes lèvres.
 
Yata était parti « défoncer » celui qui m'avait tenu, mais Mikoto parla.
 
-Tire-toi avant que j'te bute, le menaça-t-il, le mitraillant de son regard perçant.
-Un mec comme toi déshonore les rouges ! Rajouta Yata.
 
Le mec, prit de peur, s'enfuit à toutes jambes.
 
-Il faut la soigner, et vite ! Intervint Izumo.
 
Je ne comprenais pas, ils me considéraient comme une ennemie depuis le début, alors pourquoi ne pas vouloir m'achever ?! Juste parce que j'étais une fille ?! Pathétique.
 
Mais je n'avais plus de force. J'avais perdu trop de sang et j'étais complétement à leur merci. Minable.
 
Le chef me déposa sur l'un des canapés de la pièce, Izumo appelant le médecin du gang. Le rouge ne dû prendre conscience de mon état que lorsqu'il ne me tenait plus. Il avait regardé sa main avec laquelle il me soutenait, l'air légèrement effaré. Elle était couverte de sang. 
 
Je ne disais rien. Je ne pouvais rien dire.
 
Il s'assit dans le canapé en face de celui où j'étais allongée après avoir nettoyé sa paume, en soupirant. La seule chose que je remarquais était qu'ils n'avaient pas défait mes liens. Je compris alors qu'ils comptaient sûrement me garder en otage pour manipuler les bleus, ou un truc du genre. Enfin se servir de moi d'une quelconque manière. C'est alors que je me rappelais de leur réaction lorsqu'ils comprirent que j'étais une fille. J'imaginais alors le pire en tant que telle. Je préférais encore mourir que de me faire salir de cette manière. Si seulement j'en avais la force.
 
Le médecin arriva avec Izumo, toujours autant paniqué. Il se mit près de moi, enlevant mon sweat qui laissa visible un débardeur noir. Et mes plaies aussi.
 
Il me demanda comment je m'étais fait ça en installant son matériel. Mais énervée d'être aussi faible et captive, je ne répondis rien et tournai la tête dans la direction opposée.
 
L'intérêt du rouge sembla sollicité, puisque je sentis son regard peser sur moi durant toute la durée des soins. Le médecin avait nettoyé les plaies, puis enlevé les balles qui étaient restée avant de bander mon épaule droite, mon bras gauche et mon torse. J'avais à peine bronché, je n'avais pas assez d'énergie pour pleurnicher de toute façon. Il ne me garantissait pas une cicatrisation parfaite, mais je m'en fichais. Une cicatrice de plus ou de moins ne ferait pas la différence...
 
Une fois les soins effectués, une petite fille s'approcha de moi, même si les autres y étaient retissant. Ce qui me marqua le plus ne fut pas sa tenue gothique, mais sa couleur de cheveux. C'était la même que la mienne, une couleur plutôt rare donc. Je n'avais jamais croisé de personne avec la même. Elle passa un bon moment à me regarder avant de partir sans avoir dit un seul mot. Elle se mit contre le rouge, serrant son bras contre elle alors qu'il ne réagissait pas plus que ça. Le rouge soupira encore, me regardant de nouveau après avoir posé les yeux sur la fillette.
 
Izumo apporta un plateau où était posé un repas, puis le posa sur la table basse séparant les deux canapés.
 
-Il faut que tu reprennes des forces. On verra le reste après.
 
Je mis alors en évidence mes liens, histoire de lui rappeler non seulement que je ne pouvais pas manger toute seule mais surtout mon statut vis-à-vis d'eux. J'étais une ennemie, alors qu'ils me foutent un peu la paix !
 
-Anna, interpella le chef, accompagné d'un signe de tête dans ma direction.
 
Elle sembla comprendre immédiatement et se leva pour revenir près de moi.
 
-Elle va t'aider à manger. Comme je l'ai dit, le reste attendra, finit Izumo.
 
Je n'eus donc pas le choix et acceptai son aide. Le rouge n'avait toujours pas bougé, et son regard si particulier non plus. Je pensai avoir compris, une chose confirmait mes hypothèses précédentes. Si le chef en personne restait là, devant moi, en ne lâchant pas son regard depuis qu'il l'avait posé sur moi, il n'y avait qu'une raison plausible. Ils ne comptaient pas m'achever, et me retenaient captive, moi, une membre de leurs ennemis jurés. C'était pas si étonnant qu'il soit là. Mais s'ils pensaient réellement se servir de moi pour manipuler les bleus, ils étaient mal barrés.
 
Une fois que j'eus fini, je balançais ma tête contre l'accoudoir en poussant un profond soupire. Comment j'allais me sortir de là ? Le rouge attendit que la petite parte pour ranger le plateau, puis se leva, venant à son tour près de moi. J'étais si basse et faible que son regard, de haut, en plus de sa carrure, m'impressionnaient. Mais je refusais de baisser le mien, et plantai pour la seconde fois mes pupilles magenta dans ses dorées. Si je devais mourir ou être salit après ça, je ne baisserai pas le regard avant, ni jamais.
 
Je me suis laissée faire beaucoup trop longtemps.
 
Il n'y avait que nous dans la pièce, le chef ayant demandé de nous laisser seuls. Cette angoisse qui me rongeait était horrible. J'avais peur, et je ne le concevais pas. Si ce que je pensais allait vraiment se passer, alors je voulais qu'une seule chose avant.
 
 -Pourquoi ? Demandais-je sérieusement.
 
Le rouge eut un air étonné.
 
-Pourquoi vous ne m'avez pas achevé ?! M'énervais-je alors, désirant une autre réponse que celle que j'imaginais.
 
Le rouge, après un temps de silence, avança une main vers moi. La peur fut plus forte, et dans un réflexe insoupçonné, je fermis les yeux. Mais depuis quand je montrais explicitement ma peur ?! Je crois bien que c'était la première fois.
 
Les secondes passèrent, lentement, sans un bruit. Rien. Je les rouvris alors, et découvris que mes liens avaient disparu. Une légère odeur que je reconnus immédiatement flottait dans l'air.
 
Il était maintenant de dos, à quelques mètres. Il tourna la tête vers moi.
 
-Ton regard n'est pas celui d'une bleue. 
 
Il ne m'avait rien fait. Il avait brûlé mes liens. C'est tout. Izumo rentra alors dans la pièce, étonné de me voir détachée, il questionna vivement celui qui les avait fait disparaitre. Mais il ne répondit rien. Il ajouta simplement qu'il voulait que je réponde à ses questions quand je serais un minimum remise. Mais moi aussi j'avais des questions. Mais je me doutais bien qu'elles passeraient après les siennes.
 
Je me levais sous le regard encore étonné du blond. En le voyant comme ça, le rouge se retourna une nouvelle fois pour comprendre ce qui l'étonnait.
 
-Je suis parfaitement remise, balance tes questions, ordonnais-je presque au chef.
 
Il ne répondit rien, et regagna le canapé qu'il avait quitté quelques minutes plus tôt, disant à Izumo qu'il gérait (insinuant donc qu'il devait nous laisser de nouveau seuls). Je fis la même chose, me frottant les poignets. Ils y allaient pas de mains mortes. Mon regard s'attarda sur l'un d'eux, je pestais.
 
-Ton nom.
-Lassia.
-Ton nom complet.
 
Je me mordis la lèvre inférieure.
 
-Mon prénom suffira, j'ignore mon nom de famille, mentis-je.
-Je vois. Origines.
 
Il ne voulait savoir que des trucs que je ne voulais pas divulguer ou quoi ?!
 
-Européenne.
 
Je savais bien qu'avec ma couleur de cheveux, dire que j'étais japonaise n'était pas crédible.
 
-Spécialités.
-Pardon ?
-Tu te bats comment, si tu préfères.
-Katana.
 
Tout le long de ses questions, il me regardait droit dans les yeux, et ne manquait pas le moindre de mes gestes. Soutenant également mon regard, je remarquais alors son étonnement lorsqu'il entendit ma dernière réponse.
 
Il se leva pour la deuxième fois, s'approchant encore de moi. Il prit mon poignet marqué et me leva vivement.
 
-Quitte les bleus, et intègre les rouges.
 
Je restais stoïque devant sa proposition qui ressemblait plus à un ordre. Je ne comprenais pas. Moi, une des leurs ? C'était insensé ! Ce fut la première fois que ses pupilles dorées me fascinaient tant, semblant lire jusque dans mon âme.
 
La porte s'ouvrit dans un grand fracas, Izumo et la bande débarquant. Ils avaient sans doute entendu leur chef dire ses mots incompréhensibles.
 
-On fait pleinement confiance à ton instinct redoutable Mikoto, mais quand même ! Pense un peu aux conséquences ! Intervint Izumo.
-Il a raison chef ! Renchérit l'un d'eux.
 
Mon regard se rabaissa tandis que celui du chef se dirigea vers eux. Quitter les bleus, pour intégrer les rouges ? Pendant un instant, cette proposition avait apaisé mon c½ur rien qu'en l'imaginant se réaliser. Mais ils avaient raison.
 
-C'est impossible, tu l'as bien entendu, Mikoto. Je suis une bleue. Croyais-je conclure, le regard toujours bas.
 
Le rouge reposa ses yeux sur moi, écarquillés cette fois. J'avais complètement oublié qu'appeler les gens par leur prénom au Japon avait une toute autre signification qu'en Europe.
 
Il resserra mon poignet, le levant alors.
 
-Si c'est cette marque qui t'en empêche, alors je la réduirais en cendres. Tu n'es pas une bleue. Tu n'as pas à jouer ce rôle qui ne te convient pas. Rejoins-nous, Lassia.
 
Il ne savait rien, et pourtant il m'avait cerné si facilement ? Ses mots me firent relever la tête, révélant des yeux écarquillés à mon tour.
 
-Tu ne sais rien ! Comment tu pourrais faire confiance à une bleue ?! A une ennemie jurée ?! Comment ?! Me débâtais-je alors, le c½ur lourd.
 
Une énième pression de sa main me figea.
 
-Je te l'ai déjà dit. Ton regard n'as rien à voir avec celui d'une bleue. Prends la place qui te revient !
-Lâche-moi, ordonnais en tremblant légèrement, le regard sombre.
-J'avoue ne rien savoir de toi, mais cette preuve est la plus irréfutable qu'il puisse avoir. Personne ne peut faire mentir son regard. Je ne laisserai pas les bleus te récupérer de toute façon.
 
Les autres n'étaient pas intervenus. Ils devaient se douter qu'il avait raison sur toute la ligne.
 
-Lassia, c'est ça ? Comme je l'ai dit, nous faisons confiance à l'instinct de Mikoto, mais explique-nous ce que tu faisais près du bar. Cela nous aiderait à comprendre la situation. Déclara Izumo en se rapprochant.
 
Je me repris alors, relevant légèrement la tête. Je soupirais.
 
-Lâche-moi, je ne m'enfuirais pas.
 
C'était sans doute pour cette raison qu'il ne m'avait pas lâché jusque-là, à cause de mon agitation. Il s'exécuta.
 
-La vérité est que les bleus me pourchassent. Ce sont leurs tirs qui m'ont fait ces blessures. Le fait que je sois ici n'est qu'une pure coïncidence. Je suis d'ailleurs désolée de les avoir guidé sans le vouloir jusqu'à votre bar.
-Ah mais tout s'explique ! T'inquiète, Mikoto s'est vite chargé de les déglinguer avec son feu ! Le bar n'a pas une égratignure ! Répliqua Yata.
 
Je tournais rapidement la tête vers le concerné.
 
-Ce feu... C'était toi ?
-Mh ? Il faut bien s'occuper de latter des bleus quand ils se croient tout permis. Ça n'a rien d'étonnant.
 
Ce feu incroyable, hypnotique, incandescent... Il venait de lui. Impressionnant.
 
-La classe, hein ? Souri Yata.
 
Izumo toussa pour signaler que nous nous égarions.
 
-Pour en revenir au sujet, il y a un détail que tu as omis. Pourquoi les bleus te pourchassent, alors que tu es l'une des leurs ? Demanda Izumo.
-Parce que... je les ai trahis.
-Quoi... ? Fit Yata, devenant pâle.
 
Il avait quitté sa posture détendue pour laisser ses bras le long du corps.
 
-C'est ce qu'ils disent, mais la vérité est loin d'être aussi simple. Finis-je en me retournant vers le rouge. Alors, toujours envie d'une traîtresse dans ton clan ? D'une potentielle espionne racontant n'importe quoi  pour vous convaincre ?
 
Je le provoquais consciemment pour qu'il lâche l'affaire. Mais étonnamment, il se contenta de croiser les bras.
 
-Parce que tu crois vraiment que je voudrais d'une personne comme ça chez moi ?
 
Ça voulait tout dire. Il ne me croyait pas une seule seconde alors que ce que je disais était à moitié vrai. Quelle tête de mule. La petite fille vint alors vers moi.
 
-Mikoto ne se trompe jamais les rares fois où il recrute lui-même les membres tu sais. Si j'ai bien compris, tu ne fais plus partie des bleus et ils sont contre toi. Ils nous détestent déjà et on leur rend bien, alors pourquoi ne pas les combattre ensemble ? Tu seras ici chez toi, comme nous !
-Anna... soupira Izumo. On ne peut pas la forcer.
 
Mais quelque chose avait retenu mon attention.
 
-« Les...Combattre »... ? Répétais-je à voix basse.
-Il est vrai que nos relations avec les bleus se sont clairement envenimées ces derniers temps. Ta présence ne changera rien à ça, si ça peut te rassurer, déclara le blond.
 
Visiblement mes explications avaient convaincu Izumo.
 
-Non mais ya que moi que ça dérange ?! Je ne veux pas d'elle dans le clan, on a pas besoin d'une traîtresse ! S'exclama-t-il en me pointant du doigt. Je ne sais même pas ce qui me dégoûte le plus, que tu les aies trahi ou qu'ils essaient de te tuer alors que t'es une des leurs. Mais dans un sens, tu n'as que ce que tu mérites !
 
Yata c'était énervé d'un coup, jusque-là silencieux. Mon sang ne fit qu'un tour et ma main agrippa toute seule son col, mon regard noir le mitraillant.
 
-Tu te crois dans quel monde exactement ? Tu crois que tous les rois se préoccupent de leurs subordonnés comme Mikoto ? Tu n'en sais rien, abruti ! Chez les bleus, ils te méprisent, tu ne vaux rien, et c'est encore pire quand tu es une fille. Si tu oses dire la moindre chose contre leur système, remettre en cause leurs ordres, t'es mort ou maltraité dans le meilleur des cas. Alors la ferme, pigé ?
 
Dès que je l'avais soulevé du sol, ma blessure au bras s'était rouverte, tachant de rouge le bandage blanc. Je le lâchais, ne tenant plus.
 
-Mais j'imagine que tu ne me croiras pas sans preuve.
 
Je dirigeais alors ma main sur cette blessure sanguinolente, voulant défaire le bandage. J'étais sur le point de l'enlever lorsqu'une main se posa sur mon épaule.
 
-Yata, excuse-toi, ordonna Mikoto.
 
Je tournais la tête dans sa direction, étonnée.
 
-...Désolé Lassia. En fait, ya un mec du clan qui nous a lâché et c'était un de mes meilleurs amis. Alors entendre ça m'a fait péter un câble.
 
Des excuses ? Pour si peu ? Je me demandais si Mikoto était au courant que son comportement était vraiment particulier. On aurait dit une famille. Cette pensée me pinça le c½ur, mais Mikoto le dissipa vite.
 
-Personne ne t'obligera à quoi que ce soit, ici, tu es libre.
-Dit-il en m'obligeant à intégrer son clan, le provoquais-je une nouvelle fois, sourire aux lèvres.
-Je ne t'oblige à rien, tu peux partir...commença-t-il en s'avançant vers ses hommes. Si tu arrives à m'égratigner dans un combat, finit-il, un sourire en coin, pour la première fois.
 
Ce défi, étonnamment, me plut beaucoup. Dos à lui, un sourire apparu une nouvelle fois.
 
-Ça marche, c'est où ma chambre ?
 
Tout le monde ria face à ma réaction surprenante, Anna se précipitant vers moi. Elle me prit la main et m'emmena à l'étage.
 
Voilà comment débuta ma vie en tant que membre temporaire des rouges. J'avais bien compris que son défi n'avait pour but que de me forcer à me rétablir ici, mais je comptais bien le relever.
 
Cette nuit-là, je m'endormis tard dans la nuit. Moi, une rouge ? Moi, libre ? Ce serait vraiment génial, mais peu probable. Mon regard se posa sur ma marque au poignet, que je cachais aussitôt. « Si c'est cette marque qui t'en empêche, alors je la réduirais en cendres. » Parlait-il au sens littéral ou de ce qu'elle représentait ? Qu'allais-je faire si j'arrivais à le toucher, à partir ? J'allais me faire encore canarder, peut-être même mourir cette fois-ci. Je ne m'en rendis compte que maintenant, mais j'avais une dette envers eux, envers Mikoto. Même si je n'avais rien demander.
 
La veille du fameux jour arriva plus vite que je ne l'aurais crus. Personne ne m'avait posé de questions gênantes, et je m'entendais bien avec tout le monde, même si j'étais la seule fille avec Anna. Enfin, j'étais habituée, même si là c'était radicalement différent. Je me sentais étrangement à ma place.
 
En soirée, je m'asseyais au comptoir.
 
-Oh, c'est rare de te voir assise ici, que puis-je pour toi Lassia ? Me demanda Izumo.
-Un mojito framboise s'il te plait. Pour une fois que Mikoto n'est pas là pour me surveiller. C'est dingue ça ! J'ai jamais le droit à une goutte d'alcool ! Pas que j'y tienne mais quand même.
-C'est étrange, déclara-t-il en préparant ma commande.
-J'ai 18ans, qu'il se détende, soupirais-je alors.
-Mais tu sais, la majorité ici est à 20ans. Mais je ne pense pas que ce soit à cause de ça, déclara-t-il pensif. Enfin, il veut probablement écarter tout risque de te voir saoule, et je peux le comprendre, my sweet angel.
 
Il déposa mon verre devant moi. Ses derniers mots m'avaient beaucoup agacé.
 
-Stop trying to be clever just 'cause you speak three shits of English, stupid blond, répliquais-je alors, buvant cul-sec.
(NDA: "Arrête de faire le malin juste parce que tu sais parler 3 pauvres mots d'anglais, stupide blond")
 
Les quelques membres présents rirent de ma réplique qui avait bien calmé le barman. Mais la porte s'ouvrit soudainement, stoppant les rires. L'alcool ingurgité trop vite ajouté à l'énervement allait me faire péter un câble, surtout face à la personne qui venait d'entrer.
 
-Je savais que les rouges avaient recruté une fille, mais on ne m'avait pas prévenu qu'il s'agissait d'une bombe pareille !
 
Je sentis son regard lourd traîner sur moi de haut en bas, lentement, scrutant mon corps habillé de noir. Je me levais, puis fis face à cet intrus. Lorsqu'il me reconnut, il se figea, ahurit.
 
-L-Lassia ?!
 
Malheureusement, je le reconnu aussi. Brun, yeux bleus comme son uniforme, encadrés de lunettes noires. 
 
-Qu'est-ce que tu veux Fushimi ? Demanda froidement Izumo qui avait quitté son bar pour s'interposer.
 
Ils se connaissaient donc.
 
-J'étais venu jeter un ½il à votre « petite nouvelle ». L'info a vite fait le tour des clans vous savez, surtout une comme ça. Mais je n'aurais jamais pensé que tu serais toujours vivante, ma chère Lassia.
-Dégage d'ici, ordonnais-je avec une extrême froideur, coupant Izumo dans son élan.
-Ne soit pas si froide voyons, répliqua-t-il toujours de sa voix suave.
-Je ne le répéterais pas Fushimi.
 
Voyant que le concerné ne m'adressa qu'un sourire narquois, je m'approchais de lui le regard sombre.
 
-Je suis sûr que tu n'as pas envie d'entamer un combat ici, Lassia.
 
Je passais à côté de lui et le saisit par le dos de sa veste, le trainant en dehors du HOMRA.
 
-Ne vous en mêlez pas les gars, ordonnais-je aux rouges qui nous avaient suivis.
 
Devant le bar, dos à la devanture, tous les membres regardèrent la scène.
 
-Si tu veux que l'on soit seul à seul, il faudrait aller dans un endroit plus discret tu ne crois pas ?
-La ferme, dis-je froidement, serrant les poings.
-Oh ? C'est vraiment un combat que tu veux ?
 
Cette fois, je cédais à mon impulsivité.
 
-Je t'ai dit de la fermer ! Criais-je en fonçant sur lui, envoyant mon poing droit.
-Je t'ai toujours battu au corps à corps, et ça n'a pas changé, se moqua-t-il en l'arrêtant avec sa main.
 
J'envoyais une série de coups rapides, qu'il contra à chaque fois avec son fourreau.
De longues minutes s'écoulèrent ainsi, me faisant de plus en plus rager tout en me fatiguant inutilement.
Je n'écoutais plus ma raison. Essoufflée, à quelques mètres de lui, les autres voulurent intervenir.
 
-Je vous interdis d'approcher c'est clair ?!
-Mais Lassia ! S'opposa Yata.
-Ce n'est pas votre combat ! Criais-je en saisissant une barre de métal non loin de là, tout en refonçant sur lui.
 
Il dégaina alors, sourire aux lèvres. Ma furie fut plus forte que tout. Lors du contact des métaux, une lumière magenta brilla intensément. Puis un grand bruit, et enfin un nuage de poussière sombre.
 
Fushimi avait volé contre un mur, s'écroulant sous l'impact violent. Il se releva, égratigné.
 
-Tu as de la chance, je réfléchissais à ce que j'allais faire. Te ramener, ou te tuer ?
-Ni l'un ni l'autre.
 
De gigantesques flammes apparurent alors, nous séparant par un mur de feu. Celui qui était la source de ce feu plaqua la tête du brun contre un mur, l'écrasant contre celui-ci. Puis il le lâcha, tombant au sol.
 
-Va-t'en.
 
Le bleu paniqua et fit ce qu'il lui avait ordonné. Il s'approcha de moi, cessant sa production de flammes. Mes pupilles étaient contractées aux maximum, la barre de métal à moitié fondue dans les mains et le souffle court, j'haletais, incapable de réfléchir. J'étais choquée. Mes mains produisaient encore une lueur magenta.
 
Mikoto jeta alors la barre à quelques mètres de moi, puis passa un bras derrière mon cou, me calant contre son épaule droite tout en prenant mes mains dans sa gauche.
 
-C'est pour ça que je t'interdisais de toucher à l'alcool, idiote.
 
Un moment passa. Mon souffle redevint peu à peu normal et la lueur s'estompa progressivement.
 
Mes yeux de nouveau normaux, je me rendis compte de la situation.
 
-...Su...oh... ?
-Lassia ! Mikoto ! Tout va bien ?! Se précipita Izumo accompagné des autres.
 
Mais je n'eus pas le temps de poser plus de questions que je me rendis compte de l'état de mon corps, qui lâcha la seconde d'après, m'évanouissant.
 
 
Une légère sensation de brûlure. Mes yeux s'ouvrirent difficilement. Ces meubles simples en bois sombre, ces murs couleur crème et ce sol en parquet clair... Ma chambre ? Je me redressais.
 
-Elle est réveillée ! S'exclama Anna, sortant en trombe de la chambre.
 
Mes yeux se posèrent sur mes mains, bandées. J'essayais de me souvenir. En vain. Je commençais à défaire mes bandages, intriguée car ne me rappelant pas mettre blessée là. Mais j'avais à peine enlevé une bande que la sensation s'intensifia d'un coup, devenant insupportable et laissant s'échapper des flammes magenta.
 
-Mais c'est quoi ce bordel ?! Criais-je, ahuris de voir ce feu jaillir.
 
Mikoto débarqua alors. Voyant les flammes, dans un geste vif, il me prit les mains sans que je puisse faire quoi que ce soit. Elles disparurent et la douleur avec, puis il resserra mon bandage.
 
-N'y touche pas pour l'instant.
-Mikoto, qu'est-ce qu'il m'arrive ? Demandais-je, perturbée.
-Tu fais ce qu'on appelle un embrasement spontané temporaire, et c'est très rare. C'est même la première fois que j'en vois un de mes propres yeux, expliqua Izumo qui venait d'arriver.
-Mais comment ça se fait ?!
-Je l'ignore, mais le fait que tu puisses produire nos flammes sans être affiliée à notre clan est plus qu'étrange, puisque c'est le roi qui donne ses pouvoirs au clan. Normalement, chaque membre du clan se fait poser une marque symbolique et tant qu'on la possède, utiliser ce pouvoir n'est pas douloureux.
-Mais avec ta marque des bleus, ça a décuplé la douleur. Alors j'ai absorbé tes flammes incontrôlables pour que ton corps ne subisse pas trop de dégâts, mais c'était tout juste. Les bandages que tu as servent à les sceller tant que tu ne peux pas les contrôler, à une douleur supportable, finit Mikoto.
-Et cette histoire d'alcool dans tout ça Mikoto ? Demanda Izumo.
-C'était justement pour éviter ça. Plus les pouvoirs sont puissants, plus l'alcool te laissera aller à ton impulsivité.
-Pourquoi tu m'as rien dit ?! S'énerva le blond.
-Tu sais très bien ce que j'ai fait le peu de fois où j'ai bu. Que des conneries. Je te pensais au courant, soupira le rouge.
 
Le blond soupira à son tour.
 
-Si j'avais compris plus tôt... Excuse-moi Lassia.
-C'est pas grave, mais comment je m'en débarrasse ?
 
Izumo et Mikoto se regardèrent.
 
-Et bien... le seul moyen de résoudre un tant soit peu le problème semble être de posséder notre marque.
-Autrement dit, de véritablement vous rejoindre.
-Enfin, tu peux toujours vivre avec ces bandages, dit Mikoto en croisant les bras.
-Mikoto ! S'opposa le barman.
-Quoi ? Je lui ai dit que je ne la forcerais à rien et je ne reviendrais pas dessus. Elle me touche dans un combat officiel, elle peut partir. C'est cet aprèm, mais si t'as besoin de repos on peut repousser.
-Tu plaisantes ? Depuis le temps que j'attends ce jour, rêve pas trop ! Hâte de te montrer de quoi je suis capable, dis-je, sourire en coin.
-Tu comptes vraiment la laisser gagner ? Demanda Izumo à voix basse, croyant que je n'avais pas entendu.
 
Mes sourcils se froncèrent.
 
-A quoi ça servirait de la laisser gagner ? Autant la menacer de la tuer et de la tatouer de force, ça reviendrait au même, répondit-il à haute voix. 15h, arrière-cour, déclara-t-il avant de sortir, suivit d'Izumo.
 
Pour résumer, Mikoto m'avait pour la deuxième fois sauvé la vie et il était sincère en me proposant ce combat à la loyale. Quel homme étrange...
 
Je décidais d'aller m'entrainer une dernière fois. Mes bras étaient fin prêts. Mon mental aussi.
 
14h50. Je me dirigeais vers la petite cour, et croisai Yata et Izumo sur le chemin. Croyant qu'ils allaient vouloir me dissuader d'y aller, je fus surprise lorsqu'ils me demandèrent simplement de ne pas trop forcer. Je leur avais dit que j'essaierais, ne garantissant rien.
 
15h. La cour était plutôt spacieuse en temps normal, mais là, les membres avaient envahi tous les côtés, laissant un espace libre au centre. Je m'avançais sur le sol gris pavé, faisant maintenant face à mon fameux adversaire, Mikoto Suoh, le roi rouge. Il portait simplement un t-shirt blanc et un jean noir.
 
-Prêt à te faire humilier devant tes hommes ? Le provoquais-je, un sourire aux lèvres.
-Probablement autant que tu dois l'être à partir d'ici, me répondit-il, arborant le même sourire.
 
Izumo fit le décompte. Jamais je n'avais eu autant envie de participer à un combat.
 
Une fois arrivé au 0, je l'agressais sans ménagement avec une série de coups qu'il para de justesse. C'est vrai qu'il ignorait qu'à par ma force dans les bras, mon plus grand atout était ma vitesse. Mais il contre-attaqua. J'esquivai ses attaques enflammées agilement. Il ne déconnait pas non plus. Ces échanges où aucun de nous deux ne voulait lâcher l'affaire durèrent pendant de longues minutes, finissant par nous essouffler l'un l'autre. Mais plus il résistait, et plus j'avais envie de gagner, de me donner à fond, de le combattre lui, et personne d'autre, cet homme si particulier sur bien des points. Soudain, il m'enferma dans un cercle de flammes. Ces flammes si particulières. Mes mains me brûlaient de plus en plus. Il pouvait venir de tous les côtés. Je devais garder mon calme. Mon regard se posa alors sur une arme de fortune, semblable à celle de la veille. Je la ramassais et me concentrais, fermant les yeux.
 
Je devais gagner. Je me devais de gagner. Je gagnerais !
 
Je rouvris les yeux, et en un éclair sautai à travers les flammes. J'entendis des cris de stupéfactions. Encore dans les airs, je me rabattis sur Mikoto, figé tellement la surprise fut grande. En effet, non seulement j'avais sauté à travers son feu, mais j'avais arraché mes bandages, mes flammes couvrant le métal. Oui, j'avais fait le choix de m'en servir, malgré la douleur qu'elles provoquaient. Maintenant derrière le rouge, je me retournais, attendant sa réaction. Il se retourna quelques instants plus tard.
 
-Bien joué, lâcha-t-il en enlevant sa main de sa joue droite, laissant une légère entaille visible.
 
-J'ai gagné...? J'ai gagné ! M'exclamais-je en lâchant la barre.
 
Mais la douleur revint vite me rappeler les choses, me faisant crisper les yeux, et disparaître mon sourire. Mikoto s'approcha alors, et pour la troisième fois, les prit pour me soulager. Après un long moment de silence, il parla.
 
-Alors, tu vas vraiment partir ?
 
Il l'avait dit sur le même ton que d'habitude. Et pourtant, je crus sentir une légère tristesse dans sa voix. Mon sourire perdu revint alors.
 
-Tu m'as bien dis que si je gagnais, j'étais libre, non ?
-Oui, c'est ce que j'ai dit, répondit-il sans me regarder.
 
Il ne m'avait pas lâché, faut dire que j'avais plus mes bandages avec tout ça.
Le silence régnait tout autour de nous. Ils étaient...tristes ?
 
-Alors si je peux enfin faire ce que je veux... Je veux votre marque.
 
Il remonta instantanément ses yeux d'ambre vers moi. Il ne s'attendait pas à ça.
 
-Si c'est à cause de ton problème, on peut te donner des bandages, tu n'es pas obligée de—
-Sur l'épaule droite, de ta main.
 
Il ne répondit rien, encore plus surpris de ma détermination.
 
-Mais il est hors de question que je sois une simple subordonnée. Je veux intégrer le clan du roi rouge et combattre les bleus en tant qu'alliée et pas autrement. Je ne me soumettrais plus jamais à qui que ce soit, lui dis-je droit dans les yeux, serrant une de ses mains.
 
Après un moment, le sourire qu'il avait perdu revint. Il baissa son regard une nouvelle fois sur nos mains.
 
-Ça marche, lâcha-t-il avec un sourire en coin.
 
Tous sautèrent de joie, criant leur réjouissance face à cette fin de combat peu ordinaire. Je réalisais alors que nous étions tous les deux égratignés de partout. Oui, je voulais rester, je me sentais chez moi ici. Nous rentrâmes, Mikoto gardant mes mains dans l'une des siennes, m'emmenant vers l'infirmerie du clan. Le fait que nous marchions comme ça n'avait rien d'étrange puisque s'il m'avait lâché, les flammes seraient revenues. Mais c'était assez perturbant quand même.
 
Une fois arrivés dans la pièce blanche, il m'appliqua lui-même de nouveaux bandages en attendant d'avoir leur marque. Une fois fini, il fixa un moment ce qu'il avait soigné.
 
-Tu peux me lâcher maintenant, je ne vais pas m'envoler. Je n'en ai plus envie.
 
Ses yeux remontèrent sur mon poignet, sur cette marque honteuse, méprisable, et haïssable. Comprenant ce qu'il regardait, je la cachais.
 
-Je ne suis pas une espionne Mikoto... dis-je en baissant la tête.
 
Finalement mes provocations avaient peut-être joués en ma défaveur.
 
-Je sais.
 
Une goutte de sang tomba devant mes yeux, les faisant se relever. L'entaille que j'avais provoquée laissait s'échapper un filet de sang, tachant sa joue. Sans que sache pourquoi, voir son sang me fit faire un bond. Je me levais donc de ma chaise, abandonnant de force les mains de Mikoto pour chercher activement de quoi le soigner dans les placards de la pièce, sous son regard intrigué. Une fois trouvé, je revins devant lui avec ce qu'il fallait, restant debout puisqu'il l'était. Du haut de mes 1m62, je tandis le bras pour atteindre sa joue. C'est qu'il faisait bien 1m85 le rouge ! Je désinfectais donc la plaie, munie d'une gaze imbibée de produit. Surpris de mon geste, je crus voir ses joues se colorer.
 
-Désolée de t'avoir causé autant de problèmes...et pour ça aussi.
-C'est rien.
 
Il me laissa finir, lui appliquant un pansement blanc. J'allais retirer ma main mais il saisit mon poignet.
 
-Pourquoi ? Tu avais le choix. Demanda-t-il alors soudainement, ses pupilles dorées encrées dans les miennes magentas.
-C'est justement grâce à cette liberté que j'ai fait ce choix. Concernant la raison, il y aurait beaucoup de choses à dire... Mais la plus importante serait sûrement... La sensation que j'ai eu en me battant contre toi, et que je n'avais jamais ressenti avant. Et je suis convaincue que me battre à tes côtés ne sera que mieux, surtout si c'est pour éclater du bleu. Je m'en sens capable maintenant. Capable de les combattre, capable de vous aider, de t'aider toi. Maintenant que tout a tant changé...
 
Ma dernière phrase fut dite à voix basse et en détournant le regard. Il me lâcha.
 
-Tu dis vouloir ne pas être considérée comme une simple subordonnée. Mais... quelqu'un arrivant à me faire face comme tu l'as fait ne pourrait jamais l'être.
 
Il commença à se diriger vers la sortie. Voyant que je ne le suivais pas, figée par ses mots, il m'interpella.
 
-Ton tatouage va pas se faire tout seul, Lassia.
 
Je le suivais alors, souriante en l'entendant prononcer mon prénom. C'était si rare. Ne me posant pas plus de questions sur le pourquoi j'aimais l'entendre m'appeler comme ça, je le suivis à travers quelques couloirs avant d'entrer dans une autre pièce. Là où se faisait tatouer les membres. A peine entrés, le tatoueur m'interpella.
 
« -Alors, on a décidé d'intégrer officiellement les rouges ? Me demanda-t-il, assit sur sa chaise de bureau tandis que Mikoto s'était directement dirigé vers un placard.
 
Il avait oublié mes conditions ?!
 
-Faut croire, répondis-je d'un ton neutre.
-C'est une bonne chose. Installe-toi, je te le fais où ?
 
Il s'était tourné vers son bureau, inspectant ses outils tout en me désignant du doigt un fauteuil blanc, incliné au milieu de la pièce carrelée de noir. Un bruit se fit entendre, Mikoto se redressa.
 
-Je m'en occupe cette fois.
-Mais chef, vous l'avez pas fait vous-même depuis—
-Je sais, ne discute pas mes ordres. Sort.
 
Le tatoueur obéit aux ordres de son chef et sortit. En y réfléchissant, il ne m'avait jamais parlé comme ça. Enfin, il n'avait pas oublié, ça me soulageait. Je ne voulais montrer ça qu'à lui. Je n'attendis pas son signal et m'assis alors qu'il préparait son matériel.
 
Voyant que j'hésitais à enlever mon t-shirt, il comprit et se retourna. Je l'enlevais donc et me mis sur le ventre, ma main gauche sur mon épaule droite. Il revint vers moi à mon signal.
 
-Ça va ? Les bleus font sûrement pas comme nous pour les tatouages.
 
C'était bien la première fois qu'il s'inquiétait pour moi. En tout cas explicitement.
 
-Je me fiche de la douleur si c'est ce que tu veux savoir. Dis... Tu te rappelles de ce que j'ai dit à Yata quand je suis « arrivée » ?
 
Vu sa réaction, il s'en souvint. Je détournais le regard.
 
-Prends ton temps, dit-il en s'asseyant près de moi.
 
Je soufflais un grand coup, prenant sur moi. Je plantai légèrement mes ongles dans mon épaule de rage, puis la retirai. Il se figea en découvrant la cicatrice transversale couvrant mon épaule droite.
 
-Je sais c'est moche. C'est pour ça que je voulais la marque là et –
 
Il posa ses doigts sur cette cicatrice, ce que je considérais comme de plus honteux, symbole de ma faiblesse. Je n'osais même plus bouger un muscle à son contact.
 
-Quand j'aurais fini ta marque... Quand tu seras officiellement une rouge, un seul bleu te touche, et je le tue.
 
Son regard perçant exprimait...de la colère ? Je n'avais jamais vu ce sentiment dans son regard habituellement calme.
 
Il fit alors le nécessaire sur ma peau, et commença mon tatouage, bien qu'il parut une seconde étonné pour une raison que j'ignorais.
 
-Au fait... Ça te dérange que je t'appelle par ton prénom ?
-Depuis le temps que tu le fais, non. Pourquoi ?
-Juste parce que je sais qu'au Japon, ça a une signification spéciale de s'appeler comme ça, alors je me posais la question...
-C'est vrai que même Izumo le fait pas. La première fois m'a étonné, mais j'ai pris l'habitude. Te prends pas la tête pour si peu, appelle moi comme tu veux.
-Ok, mais ne compte pas sur moi pour t'appeler « chef » ! Riais-je alors.
-J'y compte bien, souri-t-il.
 
Je passais mon temps à regarder ses yeux d'ambre. J'avais tout le temps de le regarder, même si ça paraissait étrange. Mais ses yeux me fascinaient, et la couleur de ses cheveux me rappelait celle de ses flammes.
 
-Tes flammes... commençais-je en ayant tourné la tête, pensive.
-Hm ?
-J'aime tes flammes.
 
Il s'était stoppé quelques instants, surpris.
 
-On a tous les mêmes tu sais.
-C'est faux. Dis-je en le regardant dans les yeux. Tes flammes sont...d'un rouge hypnotique.
-N'exagère rien.
-C'est simplement mon ressenti. Comme ce jour où des flammes sont sorties de nulle part... Pourquoi je n'arrive pas à me souvenir de ce qu'il s'est passé ce jour-là ?
-Tu as été bien choquée en plus d'avoir bu, c'est pas étonnant. Mais je peux te raconter si tu veux.
-J'apprécierais... Mais je n'étais pas saoule. Même si je sais que c'est pas le problème.
-Ben... D'après ce que m'a dit Izumo, après avoir bu et vu Fushimi, tu l'as mis dehors. Mais sous l'effet de l'alcool, tu as répondu à ses provocations et a fini par te battre contre lui. Il a dégainé après une de tes attaques, et c'est là où je suis intervenu, revenant au bar. Je l'ai calmé et renvoyé chez lui avant de m'occuper de toi. Mais ton corps avait déjà subi trop de dégâts, et tu t'es évanouie.
-Je vois... Tu m'as donc vraiment aidé deux fois de suite...
-Ça te pose problème ?
-Non, pas vraiment...
 
Un léger silence s'installa, mais il le brisa quelques instants plus tard.
 
-Enfin bref, ton tatouage est fini. 
 
Je contemplais alors son ½uvre. Une magnifique flamme écarlate et triballe, décorait maintenant mon épaule droite, faisant disparaître ma cicatrice. Tel un renouveau incandescent.
 
Il m'appliqua un bandage, le temps que ma peau cicatrise, puis je remis mon t-shirt noir. Nous sortîmes de la pièce, nous dirigeant vers le salon. Nous étions sur le point de rejoindre Izumo et les autres, lorsqu'il m'arrêta.
 
-Tu sais ce fameux jour...
-Euh, oui ?
-Merci d'avoir protégé le bar et mes hommes. Izumo aurait été probablement assez fort pour tenir tête à Fushimi, mais il y aurait eu de la casse. Tu as fait du bon boulot, alors que rien t'y obligeait.
 
Surprise de ce soudain élan de ce qui me semblait être de la gentillesse explicite, je ne répondis rien instantanément.
 
-C'est normal, pas besoin de dire des choses pareilles, lui dis-je en détournant le regard.
 
Un sourire en coin se dessina sur ses lèvres. Nous entrâmes enfin au salon, accueilli joyeusement par toute la troupe.
 
-Izumo a quelque chose pour toi, me dit-il avant de sortir dehors.
 
J'allais donc voir le blond alors que tout le monde faisait la fête en buvant.
 
-Izumo, qu'est-ce qu'il a Mikoto ? Demanda Anna, assise sur le canapé, un jus d'orange entre les mains, la tête relevée pour regarder Izumo qui lui était debout.
-Je crois que notre roi est perturbé, ria le blond.
-Pourquoi ça ? Demandais-je intriguée.
-Oh Lassia. Pour rien, ne t'en fais pas.
-Très bien... Mikoto m'a dit que tu avais quelque chose pour moi.
-Ah, oui ! S'exclama-t-il en se retournant, farfouillant dans un placard avant d'en ressortir un long carton.
-Qu'est-ce que c'est ?
-Considère ça comme ton cadeau d'accueil chez les rouges, souri-t-il en me le tendant.
-Je n'ai pas besoin de cadeau, refusais-je alors.
-Allez, regarde au moins de ce que c'est.
 
Mes yeux se posèrent sur le carton. Après quelques secondes de réflexion, je le pris.  Je laissais passer encore quelques secondes, puis l'ouvrit. Un magnifique katana au fourreau de bois couleur bordeaux et à la garde finement travaillé se trouvait à l'intérieur.
 
-M-Mais... ! Je ne peux pas accepter une arme pareille !
-Après tout ce qu'il a fait pour l'avoir, ce serait dommage.
-Comment ça ?
-Ne le répète pas, mais la raison pour laquelle Mikoto était parti la dernière fois, c'était pour aller te chercher ce katana. Il ne prévoyait ni sa potentielle victoire ni ta vraie adhésion à notre clan. Il voulait simplement t'armer, et ce pas n'importe comment. Crois-moi, une arme pareille, on en fait plus. Alors porte là à ta ceinture, d'accord ?
 
Il m'adressa un nouveau sourire. Pourquoi ? Pourquoi Mikoto faisait tout ça ?!
 
Je soupirais.
 
-C'est dingue de voir à quel point sa réputation raconte tout le contraire de ce qu'il est, dis-je en m'asseyant sur le canapé en face d'Anna.
-Alors tu as compris, répliqua le barman en s'asseyant à côté d'Anna.
-Mikoto, il a quoi sur la joue ? Intervint la petite blanche.
-Ben, un pansement, pourquoi ? Répondis-je, surprise.
-Comment dire... Mikoto n'est pas du genre à en avoir. C'est même la première fois que je le vois avec ça ! Plaisanta le blond.
-Alors « monsieur le roi rouge » préfère laisser ses plaies à l'air libre, comme un « homme viril » ? Blaguais-je à mon tour.
-C'est un peu ça, ria-t-il. Enfin...soupira le blond. Je l'ai rarement vu dans un état pareil.
-Comment ça ? Demandais-je en arquant un sourcil.
-Tu n'as pas remarqué quelque chose durant votre combat ? Quelque chose que vous deux aviez tout le long de votre affrontement.
-Quelque chose...
 
Soudain je compris.
 
-Son sourire ?
-Oui, vous aviez le même ! Je n'ai jamais vu Mikoto sourire comme ça, à vrai dire. C'est déjà assez rare lorsque ça lui arrive, mais pendant un combat... D'ailleurs...Commença-t-il avec un air suspicieux. Tu l'appelles par son prénom, tu te comportes comme personne n'avait osé le faire avec lui, et lui est très différent avec toi qu'avec tous les autres...
-Je n'aime pas trop ce que tu insinues, Izumo, l'arrêtais-je en me levant. Je le respecte, et je pense que c'est réciproque. Je l'appelle par son prénom, simple habitude européenne. Quant à son comportement,  je n'y suis pour rien. Alors je t'interdis de faire des conclusions si hâtives, Izumo.
 
Je mis mon katana à ma ceinture est sortis à mon tour. Constatant la présence de quelques étoiles dans le ciel maintenant que la nuit était tombée, je m'adossais à un mur, soupirant.
 
Il insinuait quoi ? Moi, amoureuse de lui ? N'importe quoi. Et puis, ce n'était pas moi qui avait changé de comportement vis-à-vis de lui, mais lui vis-à-vis de moi, alors si ça se trouve... A quoi je pensais moi ?!
 
Il était le roi rouge. Il était imposant, important, populaire et puissant. Je n'étais rien à côté de lui. Il devait se faire n'importe qu'elle fille facilement. Je ne voyais pas ce que je faisais là-dedans...
 
-C'est ridicule ! Criais-je en voulant mettre un coup dans le mur contre lequel j'étais.
-Hey, te blesses pas stupidement, m'arrêta Mikoto en saisissant mon poignet à quelques millimètres du mur.
 
C'est vrai, il était sorti prendre l'air aussi. Je soupirai, puis enlevai doucement mon poignet.
 
-Mikoto...
-Hm ? Fit-il en s'adossant à son tour au mur.
 
Je me mis à côté de lui, puis dégainai.
 
-Cette lame que tu m'as offerte... Je l'utiliserai pour protéger le clan, et toi. Je serais ta lame et ton bouclier. Je me battrais à tes côtés, je t'en fais le serment, Mikoto Suoh.
 
Je l'avais regardé dans les yeux, prouvant ma détermination. Il ne fut pas étonné, et un sourire en coin apparu. Il reposa ses doigts sur mon poignet marqué.
 
-Si tu as une telle détermination, autant faire disparaitre définitivement cette marque, même partiellement.
 
Il ne vit pas d'hésitation dans mes yeux.
 
-Je garantis pas que ce sera sans douleur.
 
Je rengainais, ne lâchant pas mon regard, lui rappelant bien que je m'en fichais éperdument. Comprenant, je sentis mon poignet devenir de plus en plus chaud. Petit à petit, la marque des bleus devint de plus en plus couleur chair, bien que le contour était encore un peu visible, puisque c'était semblable à une brûlure. Mais je n'avais pas vraiment eu mal. Il attendit quelques instants, puis tout en regardant ce qu'il avait fait, m'adressa encore quelques mots.
 
-C'est étonnant qu'une ancienne bleue se batte avec un katana au lieu d'une épée comme tout le reste du clan.
-Je ne suis pas faite pour ce genre de lame peu puissante.
 
Un silence s'installa dans cette cour où nous nous étions si férocement battu il y a quelques heures, maintenant déserte et sombre. Quelques lumières l'éclairaient, laissant visible les parterres verdoyants qui tachetaient cette cour au sol pavé de pierres grises.
 
C'était si calme et reposant. Une brise de vent tiède bouscula mes cheveux de neige. C'est vrai que nous étions déjà à la fin du printemps. Mais celui qui, une fois de plus, tardait à me lâcher, bien que cela ne me gênait pas vraiment, descendit sa main pour tenir vraiment la mienne pour la première fois.
 
Mon regard se baladant auparavant sur la voûte étoilée se redirigea vers le rouge suite à son action. Je sentis malgré moi mes joues chauffer à cause de la surprise de son geste, heureusement dissimulé par l'obscurité.
 
Il finit par parler, regardant à son tour le ciel.
 
-Content de te compter parmi nous, Lassia.
 
Quelques secondes après, j'acquiesçais, serrant sa main à mon tour.
 
Si seulement ce moment pouvais durer toujours... Je me sens si bien quand j'ai cette sensation... Cette sensation ?
Les mots d'Izumo me revinrent. Il fallait que j'arrête mes conneries !
 
J'enlevais vivement mes mains, disant froidement que je rentrais, le regard sombre, mais l'esprit perdu avant de faire ce que j'avais dit, laissant un Mikoto décontenancé.
 
Pourquoi je ressentais ça ?! Bordel, c'était impossible que juste parce qu'il m'a aidé sans rien vouloir en retour... Juste parce qu'il avait fait ce qu'aucun n'avait fait ?!
Ça faisait presque deux mois que j'étais ici, à parler à Mikoto normalement alors que je voyais bien que dans la rue, et partout ailleurs, on le craignait. Il avait l'air de s'en foutre, mais en même temps, il est toujours si impassible.
 
Je montais l'escalier pour rejoindre ma chambre, me résonnant. C'est rien, reprends ton calme, ça passera. Tu l'admires sûrement sans le vouloir, après tout ce qu'il a fait. Et puis, même si t'étais amoureuse de lui, c'est pas comme si t'avais une chance, il peut avoir beaucoup mieux super facilement et mettre n'importe qu'elle fille dans son lit, c'était évident. Et pourtant, je n'avais pas vu une seule fois une autre fille qu'Anna ou moi au HOMRA. Mais pourquoi cette simple pensée me crevait le c½ur ?!
 
Reprends ton masque Lassia. Arrête de laisser cours à tes émotions comme ça. Contrôle-toi un peu, merde !
 
-Ben, tu n'es pas avec Mikoto ?
 
Je relevais la tête. Izumo était dans le couloir, une serviette à la main et... torse-nu.
 
-Je vois pas en quoi ça te regarde. Je vais me coucher, qu'on me dérange pas, dis-je en rentrant dans ma chambre, claquant la porte.
 
Je m'effondrais au sol. Plus j'y pensais, plus ça semblait évident, et pourtant invraisemblable.
 
Pour la première fois, je m'effondrais car désarmée face à ce sentiment nouveau qui me torturait. Oui, je m'effondrais, et je n'avais même pas la force de me relever, encore. Je sentis les larmes monter. Mais pourquoi ? C'était insensé !
 
On toqua.
 
-Lassia, t'es sûre que tout va bien ? Tu peux m'en parler tu sais.
-Comme si je pouvais dire quoi que ce soit à un mec dans ton genre !
 
Non, j'exagère. Izumo est un mec bien, même s'il est un peu dragueur sur les bords. Mais pas méchant.
 
Je me recroquevillais. Fait chier. Ce sentiment que je trouvais si agréable est un vrai supplice maintenant.
 
La porte s'ouvrit. Je me remis en position assise.
 
-Qu'est-ce qui t'arrive enfin Lassia ?
-Laisse-moi tranquille Izumo.
-Lassia...
-Laisse-moi tranquille je t'ai dit !
 
Malgré mes avertissements, la porte s'ouvrit. Il était entré, puis avait baissé son regard vers moi. Il soupira avant de me tenir par les épaules pour me faire asseoir sur le lit. Enfin, il prit une chaise et se mit en face de moi.
 
-Allez, explique, demanda-t-il sur un ton rassurant.
 
Je soupirais à mon tour, m'en voulant de lui avoir adressé des mots si injustes.
Des minutes passèrent, mais il ne sembla pas agacé. Il n'avait pas bougé, me regardant avec ses yeux noisette, essayant de comprendre quelque chose. Mais les miens étaient cachés par mes cheveux, la tête baissée.
Je laissais encore quelques minutes défiler.
 
-C'est... C'est Mikoto...
-Mikoto a fait quelque chose qui t'as déplu ? S'étonna-t-il.
-Non... Non, il n'a rien fait de mal... Je comprends rien...
 
Je posais ma main là où je ressentais quelque chose qui m'était inconnu jusqu'alors. Sur mon c½ur.
 
-Hm... Tu es bien avec lui, et tu apprécies sa présence ? Il n'y a qu'à lui que tu veux parler de certaines choses ? Tu veux combattre à ses côtés et pourrais tuer quiconque le blesserait ? Tu donnerais ta vie pour lui sans hésiter ? Tu ressens quelque chose de si puissant que pour lui, tu te sentirais capable de faire n'importe quoi ?
 
Mes yeux se posèrent sur le blond, étonnée. Il comprit que je répondais à ses questions par l'affirmative.
 
-Je vois... Et tu n'as aucune idée de ce que peut être ce sentiment, Lassia ?
 
Je rabaissais le regard.
 
-C'est la première fois... Mais... C'est impossible...que tu aies raison !
 
Je faisais référence à ce qu'il avait supposé un peu plus tôt. Il se leva, et récupéra le katana resté au sol pour revenir et me le tendre horizontalement devant moi.
 
-Dis-moi, que veux-tu faire de cette arme ? Demanda-t-il très sérieusement.
-Protéger Mikoto, toi, et tous les autres, répondis-je du tac au tac en la saisissant.
 
Je sortis un peu la lame tranchante, toujours horizontalement, regardant mon reflet.
 
-Mais comment protéger un homme comme lui ? Il est si fort, si puissant, si...incroyable. C'est ridicule, je ne lui serais jamais d'aucune utilité ! M'exclamais-je en replaçant la lame correctement dans un tintement métallique provoqué par mon action.
-Ne fait pas cette tête, my sweet angel, dit-il en me relevant la tête, m'offrant un doux sourire. Depuis que tu es là, tu n'imagines pas à quel point il va mieux. Ce sourire lors de votre combat, je ne l'avais pas vu l'afficher depuis...
 
Il me lâcha, tournant un peu la tête.
 
-Lassia, dis-moi... ton tatouage, c'est vraiment Mikoto qui te l'a fait ?
-Oui, pourquoi ?
 
Il me regarda à nouveau, étonné.
 
-Il s'est passé quelque chose de grave dans votre clan, je me trompe ? Demandais-je sérieusement, m'étant de côté mes sentiments.
 
Il baissa la tête avant de se rasseoir.
 
-Tu es vraiment maline... Un membre fondateur du HOMRA a été tué il y a des mois de ça, et depuis, Mikoto a changé, même si ceux qui ne le connaissent pas comme moi je le connais ne l'ont probablement pas remarqué. Nous recherchons toujours son tueur, mais nous n'avons toujours rien pour le moment.
 
Il soupira avant de continuer.
 
-Il s'appelait Totsuka Tatara. Mikoto et moi nous connaissons depuis le collège. Totsuka, avait à peine 14ans, et était déterminé à devenir le vassal de Mikoto, même s'il avait déjà reçu des coups à cause de cette détermination. Il avait tellement insisté qu'au bout du compte, Mikoto l'avait laissé faire. Le plus amusant dans tout ça, c'est qu'il était parfaitement inoffensif, incapable de se battre. Au final, il se démarquait beaucoup des autres mais avait parfaitement trouvé sa place ici, un peu comme toi. Tu dois lui rappeler des souvenirs, mais tes aptitudes au combat doivent le rassurer, et il n'est pas le seul. En réalité, il était devenu vraiment important pour Mikoto, et sa mort l'a vraiment affecté, encore plus que les autres. Il n'a plus jamais été le même, avant aujourd'hui.
-Je vois, c'était lui sur cette photo à côté du bar... Il devait avoir tatoué ce garçon, et ne l'avait plus jamais fait après ça.
-Alors tu avais remarqué. Mais c'est ça. Comment le sais-tu ?
-Le tatoueur a failli le dire, mais Mikoto l'a coupé dans sa phrase. Il a vraiment pris sur lui pour remplir mes conditions d'adhésion... J'ai été égoïste sur toute la ligne... Il a accepté sans se soucier de ce qu'il devrait supporter... Soupirais-je en posant ma main sur mon bandage, m'en voulant atrocement.
 
Quand je pensais à la douleur qu'il avait dû endurer juste pour ce tatouage, j'eus les larmes aux yeux. L'imaginer souffrir m'était insupportable.
 
-Ne t'en fais pas, Mikoto n'est pas du genre à s'encombrer de choses qu'il n'a pas envie de faire. Mais le fait est qu'il tient beaucoup à toi, d'une manière ou d'une autre, me rassura-t-il en posant une main sur ma tête.
-Si tu le dis...
 
Il se leva, supposant qu'il s'en allait.
 
-Désolée de t'avoir parlé comme ça, je ne le pensais pas Izumo.
 
Il sourit.
 
-Je le sais bien. Je suis sûr que tu feras de ton amour envers lui une vraie force, lâcha-t-il en m'ébouriffant les cheveux, tout sourire.
 
L'entendre le dire m'avait figé. C'était radicalement différent que lorsqu'on le pense juste. Ça rend les choses beaucoup plus concrètes. Et vraies. Mes joues en prirent un bon coup, ce qui l'amusa.
 
-Merci beaucoup, maintenant tu peux aller prendre ta douche avant que je te tranche, espèce de pervers ! Lui ordonnais-je, faussement énervée, mon semblant de larme maintenant disparu.
-Oui, oui, bonne nuit~ ! Dit-il avant de filer, content de lui.
 
J'étais maintenant seule dans cette chambre sombre. Je pris ma tête dans mes mains.
 
-Alors je suis... vraiment tombée amoureuse de lui... ?
 
J'entendis une porte claquer violemment, me faisant presque sursauter. J'étais intriguée, pourquoi quelqu'un avait-il fait ça ? Tout se passait bien en bas, à ce que je savais en tout cas.
 
Je remarquais alors une boîte posée à l'extrémité du lit. Avec tout ça, je n'avais pas dû faire attention à sa présence. Je la pris, et, curieuse, soulevai le couvercle de carton blanc. J'y découvris une tenue noire. Enfin, une veste noire sans manche avec une sorte de symbole tribal magenta décorant le devant, avec un haut blanc en dessous, le col remontant un peu au niveau du cou. Il y avait aussi des sortes de manches noires, se fixant par une boucle en haut des bras. Ça laissait assez de place pour que mon tatouage soit visible. Pour le bas, un jean noir avec une large ceinture marron à plusieurs sangles me permettaient aisément de fixer mon arme. Pour finir, j'avais droit à des boots noires très pratiques et assorties à la tenue. Le tout était parsemé de décorations métalliques dorées.
 
C'était encore un coup de Mikoto, c'était certain.

 

Red Pulse [Partie 1]
Je n'ai pas grand chose à dire sur cette première partie, mis à part que je n'ai pas trop décrit le bar en question du HOMRA. Mais un bar reste un bar, vous savez. Rendez-vous à la partie 2 !
Je ne demande que des commentaires constructifs! Késako?

 

 

Red Pulse [Partie 1]

Tags : red pulse - Project K

Red Pulse [Partie 2] 24/05/2015

 

Red Pulse [Partie 2]
Gif: Project K - Mikoto Suoh

 

Trois semaines plus tard, mon tatouage avait complètement cicatrisé. Dès que je m'en étais rendu compte, c'est-à-dire dans la soirée, j'avais enfilé la tenue que j'attendais de porter une fois mon tatouage parfait, permettant de le mettre en valeur. Je mis donc cette tenue qui je l'avoue, me plaisait bien. Elle me laissait assez d'aisance pour combattre comme je le voulais avec le côté classe en plus. Mais ce que j'aimais par-dessus tout, c'était vraiment qu'on pouvait bien voir mon tatouage. Moi qui avant cachais par tous les moyens mon épaule droite, je la m'étais maintenant en évidence, fière d'appartenir à ce clan et prête à tout pour protéger son roi et ses membres.
 
Mais la première fois que les autres m'ont vu la porter, ce n'est pas vraiment passé inaperçu. J'avais à peine commencé à descendre les escaliers que tous les regards se dirigèrent vers moi. Je finis de les descendre, détournant le regard, un peu rouge puisque inhabituée à être le centre d'attention et n'aimant pas ça.
 
Izumo vint alors me voir.
 
« -Eh bien ! Cette tenue te va à merveilles, tu ne trouves pas Mikoto ? S'exclama-t-il en montrant Mikoto assis au bar, de dos.
 
Izumo je te déteste.
 
-Je pense pas que les fringues l'intéressent beauco—
 
Il se leva et se tourna vers nous, me coupant dans ma phrase de surprise. Il passa à côté de moi.
 
-Content de voir qu'elle te va bien, lâcha-t-il sur un ton neutre, remontant les escaliers.
 
Je ne sais pas ce qui me perturba le plus. Sa froideur ou son compliment ? Je baissais la tête. C'était sûrement à cause de la veille où je l'avais planté dehors sans aucune raison apparente.
 
-Ben, qu'est-ce qu'il a aujourd'hui ? S'étonna Yata qui nous avait rejoints.
-Il s'est passé quelque chose ? Intervint le blond.
 
J'allais m'asseoir au bar, posant ma tête sur le bois, déprimant.
 
-C'est sûrement à cause de la dernière fois. Quelle conne.
-R-Raconte ! Bégaya le châtain, rouge d'avance.
-Calme-toi Yata il s'est rien passé de ce que tu peux imaginer.
 
J'entendis qu'on posait quelque chose à côté de ma tête. Je rouvris les yeux que j'avais fermés de déprime et me redressais.
 
-Tiens, c'est cadeau. Allez, dis-moi tout.
 
Le blond était retourné derrière son bar et avait posé un grand verre contenant un milkshake à la vanille. Mon préféré.
 
-Tu me connais bien on dirait.
-Qu'est-ce que tu crois ? Souri-t-il en essuyant un verre.
-Bon, alors, il s'est passé quoi ? Redemanda Yata qui s'était assis à côté de moi, buvant son coca.
 
En repensant à nos mains qui se tenaient, et ce à de nombreuses reprises, mes joues rosirent, alors qu'avant que je comprenne que j'étais amoureuse de lui, ça ne me faisait rien.
 
-C'est bon je vous laisse parler, s'enfuit Yata rouge pivoine.
-Celui-là alors, il est trop sensible. Enfin, je t'écoute.
-Désolée de t'embêter encore avec ça, déjà avec l'autre jour...
-Si je te demande de m'en parler c'est que ça ne me dérange pas tu sais.
-Comme tu voudras... Soupirais-je avant de boire quelques gorgées de ma boisson.
Le soir de notre combat, quand je suis sortie... Mikoto m'a partiellement effacé mon ancienne marque.
-Et ?
-Et... Il ne m'a pas lâché les mains avant que je le fasse. Puisqu'avant de remonter, je suis partie un peu... comme une voleuse en le plantant là après... avoir répondu à son étreinte de main.
 
J'aurais rougit au maximum si je n'étais pas attristée de mon geste.
 
-Je suis débile, mais en même temps je suis assez perdue avec tout ça. Et ces derniers temps, on a pas vraiment parlé !
-Ahlala... Ce que je te conseille, surtout, c'est de ne rien changer à ton comportement envers lui si tu ne veux pas le blesser. Je pense que l'éviter ou être froide avec lui le rendra de plus en plus comme il l'a fait aujourd'hui.
 
Mes yeux magenta fixèrent le blond, précédemment ancrés dans ma boisson lactée.
 
-Tu as raison. Je vais aller lui parler.
-C'est une bonne idée, souri-t-il à nouveau.
 
Je finis mon milkshake cul-sec et le remerciais une nouvelle fois avant de filer. Heureusement qu'il était là Izumo.
 
Je remontais alors les marches que j'avais à peine descendues d'un pas déterminé.
 
J'étais arrivée dans le couloir. Personne. Il devait être dans sa chambre. Je fis alors face à sa porte, celle au fond du couloir, la plus mis en valeur. Celle qui comportait le nom « Mikoto Suoh » en lettres rouges.
 
-Mikoto... Murmurais-je en effleurant les lettres gravées du bout des doigts.
 
Ma main forma, quelques secondes plus tard, un poing. Puis je toquai.
 
Une certaine angoisse m'envahit alors. Mais il était hors de question de reculer maintenant ! J'avais connu pire...non ?
 
Il finit par ouvrir la porte, quittant son air impassible une fraction de seconde en me voyant. Il s'appuya sur le côté gauche de l'encadrement de la porte, lâchant un léger soupire.
 
-Il faut que je te parle.
-Parler de quoi ?
 
Il était froid, ce qui était déjà bizarre vis-à-vis de moi. Mais il y avait autre chose, je le sentais.
Mais comment lui dire ça ?! Je tournais la tête.
 
-De...nous, lâchais-je enfin.
 
Ça voulait tout et rien dire en même temps, alors pourquoi j'étais dans un état pareil ?!
 
-Entre.
 
Il ne l'avait pas dit comme un ordre, je l'avais bien senti. Mon angoisse avait décuplé. Pourquoi le simple fait de comprendre que je l'aimais me rendait comme ça ?
Je pris une inspiration discrète et le suivi. Il referma la porte derrière moi.
 
Sa chambre était vraiment grande, aux murs sable et absolument pas en désordre. Lorsque j'avais passé le pas de la porte, il y a avait un grand lit double bien fait, une commode en bois laqué sur le côté, disposés à ma gauche. En face de moi, un large tapis bordeaux couvrait le parquet brun, accueillant deux fauteuils l'un en face de l'autre, séparés par une table basse de verre. C'est alors que je remarquais un verre à moitié vide, contenant un liquide translucide.
 
Il s'assit dans le fauteuil qui trônait près du verre. Je fis la même chose dans l'autre.
 
-Je t'écoute, dit-il les coudes sur les genoux, me regardant de ses yeux d'ambre intenses.
 
J'avais l'impression de faire face à un tout autre Mikoto. C'était vraiment déstabilisant.
 
-Je... Je voulais te présenter mes excuses pour la dernière fois. Je t'ai laissé en plan sans raison et --
 
Lorsqu'il avait compris de quoi je parlais, il avait pris un léger air surpris. Puis, il me coupa dans ma phrase.
 
-C'est oublié.
-Mais tu ne veux pas savoir pourquoi ? Fis-je, surprise.
 
Il tourna la tête.
 
-Non, c'est bon.
 
Un silence pesant s'installa. Je ne savais plus quoi dire. Je ne comptais pas me déclarer maintenant !
 
-Lassia, m'interpella-t-il, brisant le silence.
-O-Oui ?
-Tu es vraiment belle comme ça.
 
J'avais rêvé ou... Ou il m'adressait enfin ce sourire semblable aux premiers qu'il m'avait adressé ? Ce sourire qui m'avait tant manqué, me procurant une chaleur indescriptible dans mon c½ur. Ce sourire. Celui de Mikoto. Je n'en aimais aucun autre.
Je sentis mes joues en prendre un coup, détournant le regard.
 
-M-Merci, dis-je gênée.
 
Mon état me rappelai comment Izumo m'avait aidé avec toute cette histoire. Et je me rendis compte que je ne connaissais toujours pas son prénom. Dans le but de changer de sujet et en espérant pouvoir discuter avec Mikoto sans aborder « nous », je lui demandais.
 
-Sinon... Je me rends compte que je ne connais pas encore le nom de famille d'Izumo, qu'est-ce que c'est ? Souriais-je, toujours un peu gênée.
 
Il perdit instantanément son sourire. Je rêvais où ma question l'agaçait ? Voire...l'énervait ? Un long moment passa. Je ne pensais pas le mettre de mauvaise humeur en lui posant cette question. J'étais sur le point de mettre un terme à ce moment gênant en me levant pour partir, mais il parla.
 
-Kusanagi, lâcha-t-il soudainement.
 
Devant mon visage incompréhensif, il répéta.
 
-Son nom de famille, c'est Kusanagi, répéta-t-il, semblant frustré.
-D'accord, merci pour l'info. Bon je vais... te laisser tranquille, hein.
 
Il n'était pas dans son état normal. C'était définitivement l'impression que j'avais. Je me levais et me dirigeai vers la porte.
 
-Attends.
 
Je me retournais vers lui, m'étant figée en entendant ce simple mot. Il finit alors son verre cul-sec, puis se leva.
 
-M-Mikoto ?
 
Grâce à son pouvoir, il se téléporta en une seconde devant moi, et soudain, sans que je le vois arriver, me plaqua contre le mur, ses mains tenant mes avant-bras.
 
J'étais figée. Je n'osais pas bouger, ni parler. A peine respirer.
 
Ses yeux d'ambre scrutèrent mon visage, avant de plaquer autoritairement ses lèvres sur les miennes. Je ne comprenais pas la situation. Mikoto était vraiment... en train de m'embrasser ?! Mais ses lèvres étaient...si...douces. Mon c½ur battait la chamade.
Mais ce fut là où je m'en rendis compte. Il puait l'alcool !!
 
J'aurais voulu qu'il m'embrasse. Je l'aurais vraiment voulu, mais pas comme ça !
Pas comme ça !!
 
Les larmes montèrent, et une fila sur ma joue, le regard sombre. Il la senti, et surpris, relâcha la pression qu'il exerçait sur moi. Je profitais de cette ouverture pour, dans un ultime coup furtif, me dégager, et m'enfuir.
 
Je n'en revenais pas. Mon premier baiser...avait été pris par l'homme que j'aimais, mais qui était saoul, et qui ne s'en souviendrait sûrement jamais !
 
Ça n'avait aucune signification pour lui ! Mais qu'est-ce qu'il voulait à la fin ?!
 
Je courus jusqu'à ma chambre, tremblant toute entière. Je n'avais jamais été dans un état pareil.
 
Mais je m'étais trompée de chambre, tombant sur un Izumo tranquillement installé dans son fauteuil en train de lire. Lorsqu'il me vit, pleurant et paniquée, ses yeux noisette s'écarquillèrent tout entier en lâchant son livre. Il se précipita vers moi et lorsqu'il fut presque à portée, je me jetais dans ses bras.
 
Ne posant aucune question, il se contenta de refermer ses bras sur moi, essayant de me calmer, le regard triste et perdu de me voir dans un état pareil.
 
J'agrippais sa chemise, pleurant en silence pendant de longues minutes, le regard sombre. Mon amour, une force? Laisse-moi rire, il ne faisait que me torturer depuis que j'en avais pris conscience !
Izumo, au bout d'un moment, passa doucement son pousse au coin de mes yeux.
 
-Calme-toi Lassia, ça s'est mal passé avec Mikoto ?
 
Je me figeais.
 
-Il a bu.
 
Ce fut à son tour de se figer, crispant ses mains maintenant sur mes épaules.
 
-Et il a osé te faire quelque chose ? Demanda-t-il froidement.
 
Mes doigts passèrent machinalement sur mes lèvres, deux larmes de plus dégringolant sur mes joues.
 
Il comprit. Son regard s'assombrit. Je baissais la tête. Il me reprit dans ses bras, tout en s'excusant. Je le comprenais, il ne savait plus quoi faire, et s'en voulait sûrement puisqu'il m'avait vivement conseillé d'aller le voir. Mais moi je ne lui en voulais pas.
 
Il se leva, le regard sombre, puis parti en me disant qu'il allait essayer de régler ça.
 
 
 
Le barman sorti de la pièce, le regard sombre, se dirigeant d'un pas vif vers la chambre de son roi, mais surtout de son ami, Mikoto Suoh.
 
Il fit alors face à la porte de la chambre du rouge. Au moment de frapper, il remarqua quelque chose d'inhabituel. La porte n'était pas fermée, mais entre-ouverte. Chose qui n'arrivait jamais.
 
Il entra sans avertir de sa présence.
 
-Mikoto !! L'interpella-t-il, énervé.
 
Le concerné faisait face à un des murs de sa chambre. Une trace sombre tâchait le papier peint sable. Du verre brisé au pied du mur.
 
Son ami lui lança un regard noir. Le barman reconnu immédiatement l'odeur de la vodka en se rapprochant. La blanche qu'il avait vu pleurer avait effectivement raison. Mikoto Suoh avait bu.
 
-Qu'est-c'que tu m'veux, Izumo ? Demanda-t-il froidement, la voix légèrement déformée par l'alcool.
 
Il était bel et bien saoul.
 
-Mais enfin... Il t'arrive quoi ces derniers temps ?! Tu crois que Lassia est du même genre que les filles que t'as mis dans ton lit ?! Arrête de la faire souffrir comme ça, c'est une fille bien !
-Oh...
 
Il tourna la tête vers le blond, son regard furieux.
 
-Tu oses me dire ça à moi, Izumo ?
-Qu'est-ce que tu veux dire ? Demanda-t-il, les sourcils froncés.
-Tu te crois permis de me faire la morale alors que tu la dragues à moitié à poil, et que t'en es si proche, enfoiré ?!
 
Il envoya son poing de feu vers son ami. Mais le blond savait pertinemment que même sous l'alcool, il ne le frapperait pas. Et il avait raison.
Mais Izumo en avait conclu qu'il les avait vus.
 
Mikoto, résigné, envoya son poing dans le mur.
 
-Tu t'en veux, c'est ça ?
 
Il pesta. Il prit ça comme un oui.
 
-Va dormir, et ne touche plus à l'alcool. Tu l'as dit toi-même : quand tu bois, tu fais que des conneries, déclara Izumo en prenant la bouteille de vodka.
 
Le blond allait partir, mais le rouge se frappa la tête contre le mur.
 
-Tu es désespérant des fois, Mikoto...Soupira-t-il.
 
Le roi se laissa tomber au sol, à moitié conscient. Le barman s'en rendit compte, posa la bouteille au sol, et épaula son ami jusqu'à son lit, le laissant se reposer tout en se demandant si toute cette histoire se finirait bien, et si son ami, qui ne s'était jamais posé jusqu'alors, ne serait pas, finalement, tombé sous le charme de la blanche.
 
 
Je regardais le parquet, agenouillée par terre. J'essuyais les quelques larmes qui roulaient encore. Je ne me faisais pas d'illusion. Il ne se souviendrait pas. Ça n'avait pas d'importance pour lui. Mais pourquoi avait-il tant changé ? Ça, je ne le comprenais pas.
 
-Lassia, ça va aller ?
 
Le blond était revenu, posant une bouteille sur son bureau. Je me relevais.
 
-Ouais... Désolée pour tout ça.
-Arrête de t'excuser, ce serait plutôt à Mikoto de le faire...
 
Il soupira.
 
-Mais... il a des problèmes ? Je veux dire, il a bien dit qu'il ne buvait jamais...
 
Il me regarda, surpris. Un petit sourire apparu.
 
-Tu es vraiment une gentille personne Lassia. On va dire... Qu'être roi n'est pas de tout repos, mais quand même, il ne craque jamais comme ça. Enfin, c'est la première fois qu'une fille, autre qu'Anna je veux dire, fait partie du clan, aussi.
-Juste... Une fille, hein...
 
Izumo compris ce que j'insinuais. Juste une fille en âge de le faire, quoi. Une simple fille...
 
-Lassia, ce n'est pas ce que j'ai voulu dire...
-Je sais, Izumo, me repris-je. Enfin, je ne suis pas du genre à me laisser abattre même si je peux avoir mes moments de faiblesse. Peu importe ce qu'il pense, je tiendrais ma promesse. A demain Izumo.
 
Je passais le pas de la porte, rejoignant la mienne cette fois. Je sentais que nous étions plus proches. Pas proche comme je le voulais avec Mikoto, mais plus proche que les autres membres, fraternellement. Il m'avait épaulé bien des fois, alors bon...
 
Le lendemain, Mikoto m'évitait clairement. Et semblait faire de même avec Izumo. Il était en colère ? Mais ce serait à moi de l'être ! Il détournait le regard à chaque fois que le mien croisait le sien. Pas croyable.
 
Assise au bar, je pris mon arme, me levais, et excédée, partis faire un tour.
Mais j'avais oublié que le rouge m'avait devancé, et j'étais à peine sortie que je vis Mikoto, adossé à un mur, semblant perdu dans ses pensées. Quand il me vit, il voulut retourner à l'intérieur. Je lui bloquais le chemin avec mon arme.

 

-C'est quoi ton problème à la fin ?!
-Laisse-moi passer, ordonna-t-il froidement.
-Je t'interdis de me traiter comme une de tes subordonnés, Mikoto !
 
Il soupira, puis planta ses yeux d'ambre dans les miens. Il semblait...triste ? Perdu ? Mais pourquoi ?!
 
-Tu peux m'en parler si tu as un problème, mais arrête de faire n'importe quoi enfin !
 
J'étais incapable de lui en vouloir, même après hier. Après tout, il n'était pas dans son état normal. Mais voulant m'en assurer, je lui posais la question fatidique.
 
-Tu te souviens d'hier soir ?
-Hier soir ?
 
Je vis dans ses yeux qu'il ne comprenait pas de quoi je parlais. Je soupirais. Il ne s'en souvenait vraiment pas, alors. Pourtant la douce chaleur de ses lèvres était restée gravée sur les miennes.
 
-Tu inquiètes tout le monde, moi y compris, et Izumo aussi...
 
Je le sentis se figer. Il saisit mon fourreau qui lui bloquait le passage, le regard sombre, et l'écarta brutalement. Mais alors qu'il aurait pu me faire mal en étant brutal jusqu'au bout, il s'arrêta au dernier moment pour que ça n'arrive pas, soupirant. Enfin, il le lâcha, puis rentra, sous mon regard incompréhensif.
 
Sobre, il ne voulait pas me faire de mal, c'était évident.
 
Je soupirais une nouvelle fois, remettant mon arme en place. Quelques secondes plus tard, une femme voulu passer. Trouvant suspect qu'une femme veuille entrer au HOMRA, surtout qu'elle n'avait pas l'air de venir pour le bar, je dégainais ma lame pour lui bloquer le chemin. Elle était habillée d'une longue robe bleue ciel sexy chique.
 
-Qui êtes-vous ? Demandais-je froidement.
-Oh... Une petite nouvelle ?
 
Elle regarda avec insistance mon tatouage.
 
-Oui, et alors ? Répondez à ma question.
 
Elle passa ses mains parfaitement manucurées dans ses longs cheveux noirs soyeux avant de me regarder avec dédain.
 
-Tu ne dois pas être au courant, ma petite. Je suis une « grande amie » de Mikoto, si je puis dire. Laisse-moi passer, c'est lui-même qui m'a demandé de venir, n'importe qui pourra te le confirmer au HOMRA.
 
Je n'aimais pas ce qu'elle insinuait. Je n'aimais pas qu'elle l'appelle par son prénom. Je n'aimais pas son attitude supérieure. Mais je ne pouvais pas l'empêcher de passer, sachant que de toute manière elle serait vite mis à terre si elle osait foutre la merde. De ma main, où de celle de quelqu'un d'autre.
 
Je rangeais mon arme, toujours le regard noir. Elle passa à côté de moi.
 
-Lâche l'affaire avec Mikoto, tu n'es qu'une gamine, qu'est-ce que tu veux qu'un homme comme lui fasse de toi ? A part s'amuser, évidemment. Enfin, si tu avais quelque chose pour plaire.
 
Ces mots m'avaient cloué sur place. Sale garce, qu'est-ce qu'elle voulait à Mikoto ?! C'était lui qui l'avait demandé, en plus ?!
 
Je ne pouvais pas m'empêcher d'être jalouse, et blessée. C'est vrai, j'étais sûrement qu'une gamine. Peut-être même que... Hier soir... Il m'avait bien dit que l'alcool faisait céder plus facilement à l'impulsivité ceux ayant un pouvoir puissant. Alors, hier soir, avant qu'il se lève, c'était le verre de trop, et il ne s'est plus contrôlé. Juste parce que j'étais la seule fille... « mature »... Il a eu une pulsion, c'est tout. Ça aurait pu arriver avec n'importe qu'elle autre fille « mature ».
Il ne s'en souvenait pas, de toute façon, ça ne servait à rien de se torturer ! Alors, si tout ça n'était dû qu'à l'alcool, et en rien à un quelconque sentiment... Le fait qu'il ait été si gentil au début n'était sûrement rien de plus que de la gentillesse fraternelle. Mon c½ur se serra. Je ne représentais rien pour lui, une gamine de 18ans, même pas majeure dans son pays, ou peut-être sa petite s½ur de c½ur à la limite, mais c'est tout.
 
Rien. Qu'une gamine. Face à un homme de 24ans possédant autant la force, le pouvoir, et les femmes.
 
Je ne pouvais rien lui apporter. Rien, à part un amour à sens unique, et un bouclier et une lame inutiles.
 
Je n'avais plus aucune idée de quoi faire de cet amour vain...
 
Je fis une longue patrouille sous le ciel obstrué. Puis, de nouveau devant le bar, je pensais rejoindre ma chambre. Peut-être pour essayer de me convaincre d'abandonner cet amour, ce premier amour, et je le savais, dernier. Je n'étais jamais tombée amoureuse d'un autre avant. Ce n'était sûrement pas pour rien. Mais je n'étais sûrement pas la seule fille étant tombée sous son charme. C'était ridicule d'imaginer que j'avais la moindre chance, moi, une simple gamine qu'il avait aidée à gagner sa liberté.
 
Je n'étais rien d'autre.
 
Je remontais dans le couloir, devant ma chambre, mais cette porte me séparant de l'homme que j'aimais, je ne pouvais pas m'empêcher de la fixer.
Rien qu'une fois. Je vais lui parler une dernière fois. Et voyant ce que ça donne, j'abandonnerais ou non.
Mais la dernière fois.
 
Je toquais donc, une dernière fois, attendant devant cette porte. La plupart m'aurait pris pour une folle, mais c'était plus fort de moi.
J'entendis des bruits, qui m'inquiétèrent. Et je crois que je ne pouvais pas imaginer pire. Mais refusant de comprendre de quoi il s'agissait, je restais plantée là, à attendre, tête baissée, stressant.
 
Il finit par ouvrir la porte. Mais sa tenue...confirma mes craintes. Je me figeais, mes pupilles se contractant, en voyant qu'il ne portait qu'un drap blanc autour de la taille, des perles de sueurs sur le corps. Ma tête remonta difficilement pour faire face à son visage médusé.
 
En effet, il ne fut pas dans un meilleur état lorsqu'il se rendit compte que c'était moi. Et il ne savait visiblement pas quoi dire. Ou alors, il n'y arrivait pas. Tout comme moi.
 
Parfaitement sobre.
 
Mais une voix se fit entendre. Une voix de femme. Une voix que j'avais déjà entendue.
 
-Mikoto chéri, qui est-ce qui vient nous déranger après un moment si intime ?
 
Cette voix suave appartenait bien... à la femme que j'avais vue quelques temps avant, nue, se collant contre l'homme que j'aimais.
Mon c½ur se brisa en mille morceaux, serrant les poings, je me retournais. Je commençais à marcher, le regard sombre.
 
-L-Lassia, attends !
-Laisse-la, Mikoto chéri~ Ce n'est qu'une gamine~
-La ferme et arrête de m'appeler comme ça ! Lâche-moi Minerva ! LASSIA !
 
Je courrais, pleurant, encore. Mais je pleurais comme jamais je n'avais pleuré. Passant devant Izumo, devant Yata, devant tout le monde, mes cheveux cachant mes yeux, finissant par ressortir du bar. Je courrais aussi vite que je le pouvais, même si les garçons m'appelaient et essayaient de me suivre.
 
Une pluie diluvienne s'abattait sur la ville de Tokyo. Une pluie comparable à ma peine, comparable à mes larmes.
 
Pourquoi ?! Pourquoi y avait-il fallu que je l'aime lui ?! Que j'aime cet homme inaccessible, cet homme pour qui je ne représentais rien ?!
 
J'avais mal, je lui en voulais. Alors qu'il n'y avait aucune raison. Il ne me devait rien, et pourtant, me prendre la réalité en pleine face était horriblement insupportable.
 
Je voulais partir, loin, loin de ce lieu que, pourtant, j'aimais. J'aimais ce roi rouge. J'aimais ce clan rouge. J'aimais tout chez eux, je me sentais chez moi là-bas, mais mon c½ur ne pouvait plus en supporter davantage.
 
C'était trop pour moi, cette fois. Je voulais le protéger. Je voulais vraiment, par-dessus tout, le protéger. Mais non seulement il n'en avait pas besoin, mais en plus, j'étais inutile. Sur tout la ligne. Depuis le début, je n'avais servi à rien.
 
A RIEN SUR TOUTE LA LIGNE, PUTAIN !
 
Je finis par m'arrêter, trempée jusqu'aux os, regardant ce ciel sombre. Que faire ? Me laisser mourir ?
 
C'était pas mal comme idée, ça.
 
-Tiens donc... Mais ne serait-ce pas ma chère Lassia ?
 
Cette voix...
 
Je regardais celui qui se tenait en face de moi.
 
-Qu'est-ce que tu veux encore Fushimi ? Demandais-je, blasée, regardant de nouveau le ciel.
 
Il arqua un sourcil.
 
-Eh bien, ça n'a pas l'air d'être la grande forme dis-moi.
-Va te faire foutre.
 
Il ria, et se rapprocha de moi, me tendant la main.
 
-Allez, fini les conneries. Rentre, je plaiderais en ta faveur pour qu'on ne te tue pas.
 
Mon regard se posa de nouveau sur cette main tendue.
 
« Rentrer »... ?
 
Mais je n'eus pas vraiment le temps de faire mon choix que je sentis une vive douleur dans la nuque. Fushimi avait profité de mon moment de faiblesse pour m'assommer.
 
 
Cet incident avait eu lieu il y a maintenant deux semaines. Deux semaines où le roi rouge et son clan n'avaient pas trouvé une seule trace de la blanche et s'inquiétaient énormément pour elle. Surtout Izumo Kusanagi, qui était le seul au courant de l'amour que portait la jeune fille pour Mikoto Suoh. Le roi rouge avait vraiment merdé sur ce coup-là, et il le savait très bien.
 
La jeune fille l'avait vu comme ça, juste après avoir fait l'amour avec cette Minerva, qu'il appelait lorsqu'il avait besoin d'assouvir ses pulsions. Elle aimait ça, mais lui n'y prenait aucun plaisir. Il n'y avait aucun amour là-dedans.
Mais lorsqu'il s'était retrouvé face à Lassia après avoir accompli cet acte, l'expression qu'elle eut ce soir-là, il ne pourrait pas l'oublier. Elle avait été émotionnellement brisée. Et il en était le fautif. Et ça le rendait fou. Fou non seulement d'avoir fait ça, mais en plus de ne pas comprendre pourquoi ça le mettait dans cet état. C'était loin d'être la première fois, mais là c'était différent, et il aurait dû le savoir.
 
Ce soir-là, il renvoya Minerva en précisant bien qu'il n'aurait plus jamais besoin d'elle. Il ne voulait plus blesser personne. Et surtout pas Lassia qui, il espérait, reviendrait vite.
 
Mais cela faisait maintenant deux semaines qu'il attendait. Qu'il l'attendait, pour pouvoir lui parler, pour pouvoir faire quelque chose, pour pouvoir la revoir.
 
Puis vint le jour où les bleus cherchèrent de nouveaux des ennuis aux rouges. Le roi rouge, se contenant depuis longtemps de se défouler, puisqu'il savait très bien qu'utiliser son pouvoir comme ça m'était sa vie en danger, s'embrasa pour tout calciner.
 
Mais sachant qu'il n'arriverait pas à se calmer, il se laissa capturer par ce clan ennemi, préservant ses hommes au passage par le biais d'un accord de non-agression.
 
Pendant des jours, qu'il ne comptait plus, Mikoto Suoh, mains liées par de solides chaînes, passait son temps allongé sur ce qui lui servait de lit qui n'était rien d'autre qu'une simple planche en bois, regardant le mur de pierre lui faisant face. Ses journées se résumaient à réfléchir, dormir, et se faire maltraiter sans broncher.
 
Lassia. Il ne pouvait pas se l'enlever de la tête. Il voulait savoir ce qu'elle faisait, où elle était. Il voulait, pour la première fois, partager quelque chose d'autre qu'un pauvre plan cul avec une fille, bien que ce n'était jamais lui qui avait été cherché les autres.
 
Mais ce jour-là, il s'assit sur cette planche, sentant que quelque chose se passait.
Ce jour-là, il entendit quelque chose qui le fit réagir après tout ce temps resté passif.
Ce jour-là, il entendit une conversation entre deux bleus.
 
-Alors, elle est enfin prête pour le bal de ce soir ?
-Ouaiiiiis ! Il en aura fallu du temps, mais c'est aujourd'hui ! Cette traîtresse va enfin être docile !
 
Un rire sordide résonna.
 
-Cette fille... Je suis sûr qu'elle va enfin se laisser faire maintenant.
-Je te rappelle qu'elle est réservée à Fushimi !
-Ouais, enfin... Je suis certain qu'il nous laissera nous amusé un peu avec !
-T'as raison, Lassia va enfin comprendre sa douleur, si tu vois c'que j'veux dire !
 
Un nouveau rire sordide.
 
Mikoto Suoh avait le regard sombre. Il se leva. Et dans un coup sec, rompit ses chaines d'un simple geste de bras. Puis, il fit fondre les barreaux qui le gardait prisonnier, et envoya s'encastrer ses mecs qui avait osé insulter la fille qu'aimait le roi rouge, même si ça, il ne l'avait pas encore compris.
 
Il sortit de cette prison, les poings en feu, faisant face à ses ennemis les bleus.
Mais la peur qu'il provoquait grâce à son regard rougeoyant fut telle qu'ils le laissèrent passer sans résister.
 
Ce jour était le jour où il allait chercher cette fille qui était devenue si importante pour lui.
Le jour où tout allait rentrer enfin dans l'ordre.
 
Il prit alors un téléphone à un des bleus, et tapa ce simple message avant de l'envoyer à son bras-droit:
 
« Ce soir, QG des bleus. On va chercher Lassia. »
 
Puis il fit fondre l'appareil pour qu'ils n'aient pas le numéro d'Izumo, avant de partir en direction du QG en question.
 
 
Le calme était toujours présent dans la grande salle de bal du roi bleu, une douce musique orchestrale en fond. Des tables nappées de blanc proposaient tout un tas d'amuse-gueules et de boissons sur un carrelage doré étincelant. Au fond de cette salle jouaient des musiciens qui excellaient dans leur domaine sur une petite scène en bois sombre.
 
Un homme se démarquait des autres de par la personne qui lui tenait compagnie, tenant machinalement son bras : la seule fille de la salle. Une jeune fille aux longs cheveux blancs coiffés en un élégant chignon, deux mèches bouclées lui tombant devant le visage. Elle portait une robe bustier rose pâle lui arrivant aux genoux, deux petites manches couvrant ses épaules. Seuls ses grands yeux d'un magenta profond transcendaient avec ces couleurs claires lorsqu'elle les ouvrait, y compris avec la blancheur de sa peau.
 
Mais ces si beaux yeux n'exprimaient que du vide.
 
Une explosion, détruisant l'un des murs de pierre, dérangea cette tranquillité mondaine.
 
-Putain, c'est quoi ça encore ?! Jura le brun, posant rageusement son verre sur la table.
 
Une fumée grisâtre s'échappait maintenant du trou. La jeune fille tourna machinalement la tête.
 
Un homme, puis deux, puis une dizaine. Venu dans un seul but.
Le plus important apparu alors devant tous les autres.
 
Le brun, comprenant ce qu'ils faisaient là, plaqua la jeune fille sur son torse, riant aux éclats.
 
-Ne me dites pas que vous avez fait tout ce chemin juste pour une poupée sans âme ?
 
La seule réponse qu'il obtint fut une brique reçu en pleine tête.
 
Tous ces hommes étaient maintenant sortis de la fumée, visages bien apparent. Visages menaçant, et en colère.
 
-Vous allez lui foutre la paix maintenant, ordonna le blond.
 
Le chef, le roi rouge, ne faisait que toiser Fushimi du regard. Un regard qui n'avait pas besoin de s'encombrer de mots pour se faire comprendre.
Le brun était tombé au sol sous le choc de la brique, saignant du front. La blanche, qui était maintenant à genoux, regardait le sol.
 
Izumo lui tendit la main, ce qui lui fit relever la tête vers lui. Mais le rouge ainsi que le blond comprirent qu'elle n'était pas dans son état normal.
 
La dizaine d'hommes qui les avaient accompagnés faisaient en sorte que les subordonnés bleus n'interviennent pas.
 
Voyant que la jeune fille n'avait aucune réaction, Mikoto Suoh était sur le point de la prendre par le poignet pour la relever, dépassant Izumo.
 
-Lassia, mode d'attaque, maintenant !
 
Un claquement de doigt. En un éclair, la blanche saisit l'arme du brun et la brandit devant les deux autres.
 
Le regard du rouge s'assombrit alors que le blond essaya de raisonner la blanche, en vain.
 
La blanche enchaîna plusieurs attaques contre le roi rouge qui s'approchait de plus en plus. Il était maintenant égratigné à plusieurs endroits, car ne cherchant pas à esquiver les coups de son adversaire.
 
-Qu'est-ce que tu fous, inutile ?! On t'a appris à tuer, pas à égratigner, empotée !
 
La blanche était maintenant essoufflée, faisant toujours face au rouge de façon inexpressive.
 
Mais si, malgré son état, elle n'arrivait pas à tuer Mikoto Suoh, c'était que sa conscience était encore là, quelque part. C'est ce que pensa le roi rouge.
 
-Il t'a brisé le c½ur, ait un peu plus de hargne !
-MAIS LA FERME, TOI ! S'exclama Izumo qui lui venait de lui envoyer une attaque enflammée.
 
La blanche resserra ses mains autour de son arme, et fonça alors sur Mikoto Suoh.
 
Des gouttes de sang tombèrent au sol. Le rouge avait arrêté, à main nue, l'épée de la jeune fille, avant de la pointer vers sa gorge.
 
-Si tu veux te venger de ce que j'ai fait, alors vas-y. Tue-moi.
 
Ce fut la première fois qu'il dessella une émotion chez elle : la confusion. Ses grands yeux magenta s'étaient écarquillés.
 
L'homme profita de ce moment de confusion pour envoyer valser l'arme à plusieurs mètres d'eux. Puis, dans un dernier geste, il passa son bras droit dans le dos de la jeune fille pour la plaquer contre son torse.
 
-Lassia, je ne voulais pas te blesser, crois-moi, murmura-t-il, de sorte qu'il n'y ait qu'elle qui l'entende.
 
La blanche se figea. Le rouge avait raison. Sa conscience était bien là, quelque part, malgré les manipulations des bleus.
 
-M-Merde... Lassia, mode répulsion, maintenant !
 
Un autre claquement de doigt. Fushimi esquiva cette fois l'attaque du blond, qui pourtant était puissant, bien qu'il ne se battait que très rarement.
 
La tête de la blanche se pencha en arrière, avant de se reconcentrer sur le rouge. Elle envoya alors une multitude de coups pour se dégager, en vain. Mikoto la tenait maintenant à deux bras. Il ne la lâcherait pas. Pas maintenant qu'il l'avait enfin retrouvé.
 
Izumo était sur le point de poursuivre Fushimi, lorsqu'une femme se mit en travers de son chemin. Le bras-droit du roi bleu, seule femme du clan si on omettait Lassia.
Le blond n'eut pas d'autre choix que de se battre contre elle, laissant le brun faire ce qu'il voulait, bien que son roi pouvait le combattre.
 
-Finis de jouer maintenant, mon cher Mikoto, déclara Fushimi, regardant, amusé, la scène qu'il avait provoqué.
-Lassia, reprends-toi. Tu n'es pas une bleue !
 
Les coups s'arrêtèrent. Sur le coup, le rouge relâcha sa prise. Mauvaise idée.
La blanche en profita pour lui envoyer un fulgurant coup dans l'estomac. Sous la surprise, il recula, laissant une fraction de seconde suffisante pour que la jeune fille retourne auprès du brun.
 
-T'en as mis du temps ! Enfin. Mode passif, maintenant, ordonna-t-il calmement, toujours accompagné d'un claquement de doigt.
 
Les traits de visage de la blanche se détendirent, retrouvant un visage inexpressif.
 
-Mais qu'est-ce que tu lui as fait, ordure ?! Demanda le rouge tout en envoyant un regard menaçant au brun, se tenant l'estomac.
-Oh, rien de spécial... Mais grâce à toi, tu as rendu possible la première arme humaine !
 
Ses yeux d'ambre s'écarquillèrent, montrant son incompréhension.
 
-Tu n'as pas l'air de comprendre, mon pauvre... Cette fille avait depuis longtemps le parfait potentiel pour devenir la première arme humaine jamais créée. Mais elle ne voulait pas se laisser manipuler comme ça, cette chieuse.
 
Il passa un bras autour de sa taille pour la serrer contre lui.
 
-Mais tu nous as fourni la faille dont nous avions besoin. Tu as brisé cette détermination et nous en avons profité. Et voilà le résultat. Ce n'est pas encore parfait, mais tout de même, ce n'est pas trop mal. Enfin, tu crois peut-être qu'elle se souviendra de toi, n'est-ce pas ? Juste parce qu'elle a hésité à te tuer ? Laisse-moi briser tes espoirs, roi rouge.
 
Il remonta le visage de la blanche vers le sien de sa main droite. Puis redirigea son visage vers le rouge, lui laissant tout le temps de le regarder.
 
-Mikoto Suoh, le roi rouge, celui que tu as aimé. Non, rien ? Tu es sûre, Lassia ?
 
Aucune réaction ne passa ce visage de marbre. Le concerné eu un pincement au c½ur qu'il ne pouvait pas expliquer. Il était bel et bien blessé de cette amnésie.
 
-Donc, je disais... Reprit-il en redirigeant le visage de la blanche vers le sien. Nous ne pourrons jamais assez te remercier, Mikoto Suoh. Cette fille vous mènera à votre perte, et tu imagines bien que je serais aux premières loges lorsqu'elle détruira votre minable QG, ainsi que tous ses membres. Allez, finis de jouer. Il est temps de l'activer complètement.
 
Mikoto Suoh en resta figé. Tout ça était de sa faute ? L'état dans lequel était Lassia... était sa faute ?!
 
Fushimi rapprocha son visage de la blanche, posant perversement ses lèvres sur les siennes, échangeant ensuite un baiser plus approfondi auquel la jeune fille répondit.
 
Le c½ur du rouge se serra. C'était bien la première fois qu'il ressentait une chose pareille. Son regard s'assombrit de nouveau, et envoya un fulgurant coup de poing au bleu qui vint percuter le mur le plus proche, rappelant la dernière fois qu'il l'avait vu.
 
Le rouge reprit la jeune fille dans ses bras, arrachant rageusement le morceau de tissu recouvrant son épaule droite de sa main blessée, y déposant une trace de sang au passage.
 
-Lassia, tu n'es pas une bleue. Tu n'es pas une arme humaine. Tu n'as pas à rester ici. Tu n'as pas à faire ce qu'il ne te plait pas ! 
 
Il dirigea doucement le visage de la jeune fille pour qu'elle regarde ce tatouage qui était le symbole de beaucoup de choses, dans l'espoir de la faire réagir.
 
-Tu perds ton temps, pauvre roi rouge ! Ce baiser passionné était la clé d'activation totale ! Enfin, son premier baiser, pour être exact. Plutôt simple, vous allez me dire. Mais pour une fille, 'parait que c'est super important émotionnellement, qu'elle connerie !
 
Le brun s'était relevé difficilement tout en déblatérant ces inepties. Ses derniers mots semblaient avoir interpellés Izumo, qui manqua de se faire trancher par son ennemie, ce que remarqua le rouge, mais pas le brun.
 
 
J'avais l'impression d'être dans un sommeil extrêmement profond. Un sommeil que je ne voulais pas quitter. Soudain, je me pris une vision devant les yeux. Le symbole du HOMRA... ? Pourquoi...maintenant ? Mon épaule ?
Et c'était quoi cette chaleur que j'avais l'impression de connaitre ?
 
Pourquoi après tout ce temps...je la sentais encore ?
 
-Je ferais ce qu'il faut pour que tu redeviennes toi-même... Lassia... SUOH !
 
Je me figeais. J'avais bien entendu... ce que j'avais entendu ?
Mais cette chaleur, je voulais l'approcher, la saisir, la comprendre.
Je tendis les bras vers cette chaleur si agréable et familière, jusqu'à prendre conscience de ce que j'avais réellement fait.
 
-L-Lassia... ?
-Quoi ?! Ah non ! Pas question ! Lassia, mode--
-TA GUEULE !
 
Cette voix...
 
-Lassia, tout va bien. Tu n'es plus toute seule.
 
Cette main qui me tenait fermement l'épaule droite... Cette main ensanglantée...
Je posais ma main gauche dessus. Pour une raison qui m'échappa, je pris alors pleinement conscience de la personne qui me tenait fermement depuis un moment déjà, et que j'enlaçais maintenant aussi, mon regard ayant retrouvé signe de vie.
 
-Miko...to... ?
 
Il me desserra pour me regarder, n'en croyant pas ses yeux. Je lâchais ma prise à mon tour.
 
-Pourquoi ?! Pourquoi ça n'a pas marché alors que j'ai été obligé d'embrasser cette traînée ?!
 
Je voulus me retourner, par réflexe, vers cette voix agressive, mais Mikoto m'en empêcha, me recalant contre son épaule d'une main, envoyant une dernière attaque enflammée de l'autre, faisant taire pour un moment le mec, que j'avais maintenant reconnu comme Fushimi.
 
-Je vous ai encore causé des ennuis, hein... ? Dis-je, tristement.
-Ne dis pas n'importe quoi, répondit-il en me resserrant encore un peu contre lui.
 
Je me souvenais alors pourquoi j'étais partie du HOMRA. Cette raison me faisait toujours mal à un point inimaginable. Néanmoins, j'avais eu la preuve que les quitter n'était pas la bonne solution.
Et que pour une raison quelconque, Mikoto voulait que je reste.
« Lassia...Suoh !»
Il devait finalement me considérer comme sa petite s½ur. 
 
 
-Lassia ! S'exclama le blond en nous rejoignant, ayant enfin mis à terre son adversaire.
-Izumo... Soupirais-je alors en tournant la tête vers lui.
 
Mikoto me lâcha alors, comme s'il s'en sentait obligé pour je ne sais quelle raison.
 
Mais sa main était en sang... Son sang.
 
J'attrapais cette main blessée avant qu'elle ne me quitte, surprenant les deux. De l'autre main, j'arrachais silencieusement un morceau de la robe que je portais pour lui faire un bandage de fortune.
 
-« Suoh »... Murmurais-je, tenant toujours sa main.
-J'ai dit ça pour te faire réagir. Mais si tu veux de mon nom, je te le donnerais.
 
Je restais silencieuse, regardant cette main que je ne voulais pas lâcher. Cette main qui m'avait aidé tant de fois. Cette main qui avait tenu les miennes si souvent.
 
-Ce que je veux...
 
Les deux me regardèrent avec insistance, attendant la fin de ma phrase.
 
-Je veux rentrer, dis-je enfin, serrant fermement ma prise de mes deux mains. Je veux de ton nom. Je ne veux plus jamais que ce sentiment que j'ai quand je suis avec vous disparaisse. Mais surtout...je veux juste... être avec vous, avec toi, pour toujours !
 
Peu importait s'il me rejetait après ça. Je n'en avais rien à faire s'il avait deviné mes sentiments. Je m'en fichais de tout ça. J'avais pour la première fois de ma vie dit ce que j'avais sur le c½ur, des larmes perlant sur mes joues dû à tout ce qu'il s'était passé.
 
-Izumo, l'interpella le rouge.
 
Le blond acquiesça, comprenant ce que son ami voulait dire. Puis il resserra ma main, me faisant le regarder, surprise.
 
-Alors on rentre.
 
Il m'offrit un doux sourire, puis essuya doucement mes larmes de sa main libre, faisant rosir mes joues au passage. Enfin, il me porta dans ses bras sans que je puisse m'y opposer.
 
Je n'en avais ni la force, ni l'envie, de toute façon.
 
Avant de passer par le trou qu'ils avaient fait, une fois que tous les autres s'étaient regroupés sous les ordres d'Izumo, le rouge déclara une dernière chose.
 
-Vous avez été beaucoup trop loin cette fois. Vous avez voulu la guerre, alors vous l'aurez. Lycée Ashinaka, dans deux semaines, à 16h. Vous verrez ce qu'il en coûte... de s'en prendre à une personne comme elle !
 
Je cru halluciner ses derniers mots, regardant cet homme qui m'avait fait prendre conscience que j'avais un c½ur. Il avait fini sa phrase en envoyant une gerbe de flammes, ses yeux devenus magenta, avant de partir. On pouvait y lire une vraie colère. Et pas une petite.
 
Mais je me rappelais. Son nom... J'eus un sourire ironique. Porter son nom ne voulait dire qu'une chose. Il me considérait comme importante. Comme de la famille. Alors, c'était évident, maintenant. J'étais comme sa petite s½ur.
 
C'était pas de bol, quand même. J'avais de nouveau une forte envie de pleurer. J'étais vraiment censée renoncer, alors qu'il se comportait comme ça ? Même en sachant que ce n'était que fraternel, ça ne pouvait pas être si simple.
 
-Ne t'inquiète pas, elle ne risque pas de revenir. Et même si elle ose le faire, elle ne ressortira pas de notre bar indemne.
 
Il me rassurait ? Ça avait stoppé mon envie de larme, en tout cas.
 
Mais j'étais heureuse, malgré tout. Ils étaient venus me chercher. Mikoto Suoh était venu me chercher. Me chercher moi, et pas quelqu'un d'autre.
 
Alors je me contenterais de ce potentiel amour fraternel qu'il me portait. C'était déjà énorme venant de sa part, je n'allais pas demander la lune. Lui déclarer malgré tout mon amour ? Peut-être, un jour... Mais rien de certain, je ne voulais rien briser entre nous.
 
Cependant, je pris une décision. Il fallait mettre de la distance entre nous. Je devais arrêter de me comporter comme je le faisais. Alors je l'appellerais par son nom, comme tout le monde. Par ce nom qu'il m'a offert. Je le considérerais comme un ami, mais avant tout, je n'oublierais pas qu'il s'agit de mon roi. Dans tous les sens du terme.
 
Sans que je m'en rende compte, je finis par m'endormir dans ses bras. Tout ce bordel avait dû m'épuiser au plus haut point.
 
Je dormais paisiblement depuis un petit moment déjà, quand je sentis que j'étais en mouvement, dans un véhicule. Mais la chaleur que j'avais attrapée auparavant était toujours là.
 
-Izumo... Ce qu'a dit Fushimi... J'ai vraiment fait...une chose pareille ?
 
Une légère pression sur ma main droite se fit sentir. Je me réveillais à moitié, mais n'ouvris pas les yeux.
 
-Ce n'est pas à moi de te parler de ça, Mikoto...
 
J'entendis un soupir. Puis je sentis que l'on touchait à mes cheveux, chose qui me fit ouvrir les yeux et me redresser lentement.
 
Je pris donc conscience de l'endroit où j'étais, papillonnant légèrement des yeux. Dans une voiture très spacieuse, agenouillée sur une banquette, Mikoto la main droite derrière ma tête et Izumo à côté.
 
Il en était resté figé, tellement il avait été surpris de ma réactivité.
Je sentis mes cheveux dans mon cou, alors qu'avant, ce n'était pas le cas. Il m'avait donc détaché les cheveux ?
 
Mon regard fut intrigué et encore légèrement endormi.
Il finit par ramener sa main vers lui, détournant le regard.
 
-C'est juste... que t'es mieux les cheveux détachés. C'est tout.
 
Il avait les joues roses. Je pris une mèche couleur neige entre mes doigts. Le premier compliment direct de Mikoto Suoh étant sobre. Je ne me faisais pas de films, évidemment. Mes joues étaient dans le même état que les siennes, mais un sourire triste ne put s'empêcher de se montrer.
 
-Comment tu te sens Lassia ? Tu t'es endormie d'un coup, ça nous a inquiété tu sais, déclara Izumo, me faisant le regarder et retrouver un visage normal, me mettant en position assise à côté du rouge.
 
Vu ma position, j'en avais déduis que j'avais dormis sur ses genoux.
 
-Désolée, je crois que tout ça m'a épuisé. Fushimi vous a posé pas mal de problèmes si j'ai bien compris...
 
Le rouge serra les poings.
 
-Lui il revient, il s'en sort pas vivant.
-Pourquoi est-ce que tu es si énervé ?
 
Il me regarda, stupéfait.
 
-Tu n'es pas en colère contre lui toi ?!
-Si, pour toute la pagaille qu'il a provoqué.
-C'est tout ?!
-Il a quelque chose en particulier ?
-Tu...ne te souviens vraiment pas de ce qu'il t'a fait ?!
 
Ce fut mon tour d'être étonnée. Mais je ne voyais pas du tout de quoi il pouvait parler.
 
-Non, je n'en ai pas la moindre idée. Enfin... Si je me souviens bien de ce qu'ils voulaient faire avant d'intégrer le clan rouge, ils voulaient me faire des modifications mentales, des trucs comme ça, je n'ai pas vraiment compris. Ils n'arrêtaient pas de dire que j'en serais ressortie plus forte. Mais je le sentais pas leur truc, alors, m'obstinant à refuser devant leurs insistances, je me suis enfuie. Le reste vous le savez déjà. Quant à la question du pourquoi moi, c'est sûrement à cause de ce que j'ai vécu avant. Une fille sans famille et sans attache nulle part, déjà blessée et trahie, ils pensaient sûrement que je n'avais pas de force émotionnelle, et que j'étais une pauvre fille dépressive. Malheureusement pour eux, ce n'est pas le cas.
 
Je leurs fis un grand sourire devant leurs regards tristes.
 
-Je n'ai pas dit ça pour que vous me preniez en pitié, mais pour que vous compreniez, alors arrêtez avec ces regards.
 
Mikoto tourna la tête, silencieux, le regard sombre, je crois.
 
-Nous savons mieux que quiconque que tu es une fille forte et gentille, ne t'inquiète pas. Tout le monde sait ce que tu vaux, nous en avons eu de nombreuses preuves.
-Merci, Izumo. Mais il faut dire que j'ai eu de bons exemples au HOMRA.
 
Mon regard divagua malgré moi vers Mikoto en particulier. Cet homme... Je l'aimais tellement. J'aurais voulu que cette chaleur que j'avais ressenti auparavant ne me quitte pas, mais c'était impossible...
 
Je jetais un ½il au paysage à travers la fenêtre, reconnaissant les rues. Nous étions presque arrivés.
Quelques minutes plus tard, la voiture s'arrêta. Izumo ouvrit la portière, puis descendit le premier, me tendant la main pour que je le suive. Je la pris sans hésiter, hâte à l'idée de revoir Anna et tous les autres.
J'étais à peine descendue que j'aperçu la fillette juste avant qu'elle ne me saute dessus, me serrant la taille de ses petits bras et me faisant lâcher la main de Izumo sous son regard doux.
 
-Anna... Fis-je en la serrant contre moi.
-Plus jamais...murmura-t-elle.
-Pardon ?
-NE NOUS REFAIS PLUS JAMAIS UN TRUC PAREIL ! On était mort d'inquiétude, on savait pas quoi faire ! Même Mikoto a...
 
Mikoto ? Qu'avait-il à voir là-dedans ? Je ne le saurais probablement jamais, puisque la blanche s'était arrêtée dans sa phrase en éclatant en sanglots, au moment où le concerné descendis de la voiture, l'air contrarié.
 
Je me mis à sa hauteur pour la prendre dans mes bras.
 
-Je suis désolée, Anna, je ne voulais pas te faire pleurer, je ne partirais plus jamais, je ne te le promets, alors arrête de pleurer, d'accord ? Lui-demandais-je en lui souriant.
 
Elle recula un peu, renifla et s'essuya les yeux. Elle finit par me faire un petit sourire, celui qui la rendait définitivement trop mignonne.
 
Un groupe avait fini par se former autour de la fillette et moi, les hommes du HOMRA, heureux de mon retour. Mais après ce moment d'euphorie, il y eut un silence. Je n'en compris la cause que lorsque le groupe s'écarta pour laisser passer une personne que je reconnus dès le premier coup d'½il.
Le roi rouge s'avança alors vers moi, tenant quelque chose dans sa main droite. Prenant à mon tour un air sérieux, je me tournais vers lui, l'attendant.
Il se mit donc devant moi quelques instants plus tard, et me tendis horizontalement mon arme par le milieu du fourreau.
 
-Tu as fait une promesse sur cette arme, et je sais que tu t'en souviens. Mais sache que tant que tu voudras être ici, faire partie de notre clan, alors on te défendra, on viendra te chercher le nombre de fois qu'il faudra, battant ceux qui t'empêchent de revenir. Les gars, Anna, Izumo, et moi. Peu importe qui est ton ennemi, il sera le nôtre. Le jour où tu as décidé de devenir une rouge, tu m'as soumis comme condition de ne pas te traiter comme une simple subordonnée, mais comme une véritable alliée. Sache que dès le début, je t'ai considéré comme telle.
 
Je saisis le fourreau à mon toujours, par le milieu, ma main juste à côté de celle de Mikoto, la touchant presque. Ces mains qui s'étaient liées si souvent.
 
-Bon retour, Lassia Suoh, sourit-il devant les airs ébahit des autres qui n'étaient pas au courant.
 
Il lâcha mon arme, puis je la rabaissais pour la mettre au niveau de ma taille.
 
-Merci, Mikoto Suoh, souriais-je à mon tour.
 
Je ne pouvais pas m'empêcher de lui porter un regard tendre. J'aimais tellement le voir sourire comme ça, c'était si rare. J'avais juré sur cette lame qu'il m'avait offerte de le défendre, coûte que coûte, même s'il n'en avait pas besoin, comme je l'avais pensé avant de m'enfuir ce soir-là.
Mais même si Mikoto Suoh était un homme puissant, il n'était sûrement pas infaillible. Alors si un jour, même si ce n'est qu'une seule fois, il a un problème, peu importe sa nature, je serais là. Toujours.
 
Le groupe avait fini par se dissiper, agressant presque Izumo qui n'était pas loin pour avoir des explications concernant mon appellation, nous laissant face à face avec Mikoto.
 
C'est alors que je repensais à ce qu'il avait dit avant de partir du QG des bleus. Je repris un air sérieux.
 
-Un problème ? Demanda-t-il sur un ton sérieux lui aussi.
-Mi—
 
Rappelle-toi Lassia, tu dois mettre de la distance entre vous.
Je fermai les yeux, résignée, soupirai discrètement avant de regarder de nouveau le rouge.
 
-Suoh, l'appelais-je à contrec½ur sous ses yeux étonnés, tu es sûr qu'une guerre est la meilleure solution ? Tu impliques ton clan entier juste à cause de ce qu'il s'est passé là-bas, ce n'est vraiment pas important alors—
-Je sais très bien ce que je fais, déclara-t-il le regard sombre et le ton grave. Mes hommes me font confiance et me suivront quoi que je fasse. Et je sais pertinemment qu'il n'y a plus d'autre alternative. Ils vont payer pour tout ce qu'ils ont fait, et tu ne pourras pas m'en empêcher.
 
Il se mit dos à moi, tourna légèrement la tête derrière lui puis lâcha ses derniers mots avant de rentrer au HOMRA :
 
-Mais je t'interdis de dire que tu ne vaux pas grand chose.
 
Ses derniers mots étaient accompagnés de son regard perçant, exprimant clairement de la colère une nouvelle fois. Mais celle-ci je ne la compris pas.
 
Après un moment de silence où j'étais restée plantée là, pensive à regarder le sol, Izumo posa sa main sur mon épaule gauche, me faisant relever la tête pour y découvrir un visage souriant.
 
-C'était pas très malin de lui dire ça tu sais.
 
Je rabaissais de nouveau mes yeux.
 
-Mais pourquoi ? J'arrive pas à comprendre là.
 
Il ria un peu, m'agaçant.
 
-Pardon, mais franchement, tu ne te souviens pas de ce que je t'ai dit peu après que tu m'aie fait comprendre que tu l'aimais ?
 
Mes yeux s'écarquillèrent en y repensant.
 
-Si... que j'avais de l'importance pour lui, et je m'en suis bien rendue compte quand vous êtes venus me chercher... Mais quand bien même, je préférerais que ce ne soit pas le cas !
-Pourquoi ? Demanda-t-il, étonné.
-Parce que c'est seulement fraternel, alors ça me faire encore plus mal que s'il n'y avait rien du tout ! Même si j'ai déjà une chance incroyable qu'il m'accorde cette importance... Alors si c'est la seule façon dont il tient à moi, je l'accepterais tant bien que mal, tenant ma promesse à tout prix, et en mettant de la distance entre nous, pour que je ne me fasse pas de fausses idées. Car j'ai peur de ne plus arriver à me raisonner...
-C'est donc ta décision ?
 
Je le regardais droit dans les yeux, déterminée.
 
-Oui, je pense que c'est la meilleure chose à faire.
-Et rien ne pourra te faire changer d'avis ?
-Non, absolument rien. 
-Même si...Mikoto en souffre ?
 
J'écarquillais les yeux, me confrontant à une pensée que je n'avais pas du tout envisagée, un vent tiède bousculant mes cheveux que l'homme que j'aimais avait détaché en m'accordant un précieux compliment au passage, ceux qui étaient si rares venant de lui.
Le regard vague, perdue dans mes pensées, je ne savais plus quoi faire. Souffrir en restant près de lui, ou arriver à me tenir loin de lui en le faisant souffrir ?
Penser toujours à son propre bonheur à lui, ou pour une fois me préserver ? Je me sentais capable de tout pour lui, c'est vrai. Mais effleurer du doigt ce dont j'avais tant besoin mais que je n'aurais jamais était simplement trop douloureux.
 
Je me repris, relevant la tête.
 
-Pour l'heure, mes problèmes de sentiments ne sont pas le plus important. On a un affrontement dans deux semaines, et je dois devenir plus forte. Alors aide-moi, s'il te plait.
-Comme tu voudras, répondit-il un sourire ironique sur les lèvres.

 

Partie 1                                                                                                               Partie 3+épilogue

 

Red Pulse [Partie 2]
J'espère que cette partie vous à plu autant que la première! Hâte de voir le dénouement de cette histoire? :D Rendez-vous à la dernière partie ! 
Je ne demande que des commentaires constructifs! Késako?

 

Red Pulse [Partie 2]

Tags : red pulse - Project K

Red Pulse [Partie 3] 24/05/2015

Red Pulse [Partie 3]
Gif: Project K - Épée de Damoclès de Mikoto Suoh

 

Musique d'ambiance:

 

Durant ses deux semaines, je m'étais donc entraînée avec Izumo. Il ne comprenait pas en quoi il pouvait m'aider, puisque ayant déjà un niveau égalant presque son chef.
Mais je devais le surpasser si je voulais être capable de l'aider et de le protéger. C'est pourquoi j'avais sacrifié ce temps puisque je n'avais pas reparlé à Mikoto, qui d'ailleurs m'évitait je crois, bien que j'en avais fait abstraction pour me concentrer sur mon entrainement.
 
Le jour-J fini par arriver. Je portais la tenue que m'avait offerte Mikoto, arme solidement attachée à la ceinture, j'étais devant le lycée, le lieu de rendez-vous, avec tout les autres. J'avais hésité à m'attacher les cheveux pour ne pas être gênée en plein combat, mais les mots de Mikoto m'en avaient dissuadé.
 
C'était une guerre, certes. Mais il s'agissait surtout d'un ultime combat déterminant, enfin, qui des bleus ou des rouges étaient les plus forts. Ainsi, les conflits entre les deux clans cesseraient, puisque le vainqueur aura reconnu la valeur du gagnant.
 
Il ne s'agissait en aucun cas de tuer. Il fallait juste battre l'autre clan, à effectif égal.
Ça me rassurait un peu, je n'avais pas envie de perdre aussi stupidement mes amis et Mikoto.
 
Les deux « troupes » se faisaient maintenant face. Devant les rouges, Mikoto et Izumo à sa gauche. Quant à moi, j'étais derrière, vers la droite du roi rouge. Devant les bleus, leur chef, Munakata et la sous-chef, Seri Awashima.
 
Un silence régnait dans une ambiance électrique. Les rouges produisaient des flammèches, et les bleus étaient prêts à dégainer.
Moi-même, seule armée d'une lame, j'avais la main droite sur mon katana et la gauche prête à s'enflammer.
Ce pouvoir m'ayant permis d'être si proche de Mikoto.
Ce pouvoir qu'il avait qualifié de « puissant », lorsque je m'étais emportée contre Fushimi. C'est vrai que je n'y avais jamais réfléchis, mais s'il était réellement puissant, ça ne pouvait être qu'utile. Enfin, il avait du exagérer, j'ai bien vu qu'il avait raison lorsqu'il disait que plus le pouvoir était grand, plus l'alcool faisait des dégâts.
 
C'est alors que je remarquais Fushimi, en face de moi. Il me remarqua aussi, et me lança un regard et un sourire lourd de sens.
 
Mikoto, sans un mot, sembla le remarquer aussi, puisqu'il tendit son bras droit devant moi, sa main produisant ses flammes que j'aimais tant.
 
Les bleus, comprenant son geste comme un signe pour débuter les hostilités, dépassèrent leurs supérieurs pour nous attaquer.
 
Et après, c'étaient nous les barbares assoiffés de sang ? Laissez-moi rire.
 
Conformément à leur rang de puissance respectif, les subordonnés s'attaquaient, Izumo faisait face à Awashima, et Mikoto et Munakata se regardaient sans s'attaquer, ne semblant pas vouloir se battre.
 
Quant à moi j'avais à peine dégainée que je parais de justesse une attaque surprise, de dos.
 
-Fushimi. Lâche jusqu'au bout à ce que je vois.
-Tu peux toujours parler, mais cette fois je te montrerais définitivement qui de nous deux est le plus fort !
 
Nous échangeâmes quelques coups d'épées, sa lame fine contre la large de mon katana, ce qui nous fit nous éloigner de nos chefs.
 
Je voulais savoir si Mikoto allait bien dans tout ce bordel, m'inquiétant après l'avoir vu être si calme devant Munakata.
 
Soudain, alors que j'avais paré une énième attaque du bleu, je ne pus esquiver une attaque surprise supplémentaire.
Une dague se planta dans mon épaule gauche. Une dague entourée de flammes magenta.
Lorsque je constatais ça, j'eus un air étonné, fis un saut en arrière puis retirai la dague.
Du coin de l'½il, je vis que Mikoto était sur le point de vouloir intervenir, mais je me mis devant lui alors qu'il avait fait quelques mètres, et brandis mon arme comme il avait tendu son bras, la tête tournée vers l'arrière, le regard lui faisant comprendre que ce n'était pas ses affaires.
 
Je repris mon souffle, mitraillant maintenant le bleu du regard. Les mots de Yata me revinrent. Et je compris.
 
-Enfoiré ! C'est toi qui as trahi Yata et les autres !
-Tu auras mis le temps à comprendre...Dit-il en laissant apparaître la marque du HOMRA à moitié brûlée sur sa clavicule.
 
Mon regard devint encore plus noir qu'avant.
 
-Comment as-tu osé faire ça pour rejoindre ce clan de merde ?! Hurlais-je en lui fonçant dessus.
 
Mais il esquiva, un sourire mesquin aux lèvres, avant de me mettre un puissant coup de pied qui me fit tomber violemment au sol à cause de la puissance de ma ruée.
Je commençais à me relever avec un peu de mal, j'avais été tellement en colère que je n'avais pas contrôlé la force que j'avais mis dans cette attaque ratée.
Mais il me saisit par les cheveux pour me relever en douleur.
Ce n'était pas la première fois que l'on me faisait ça.
 
-Toujours aussi faible et impulsive, à ce que je vois. Tu corresponds mieux au clan rouge en fin de comptes.
 
Mais cette fois, c'était différent.
 
-Je ne suis plus aussi faible qu'avant, Fushimi, dis-je posément, le regard sombre.
 
Je lui envoyais alors un magnifique coup de genou dans le ventre, le faisant lâcher mes cheveux et voler à quelques mètres avant de s'écraser au sol.
 
Je repris mon arme qui s'était plantée dans le sol, puis m'approchai du brun.
Égratignée et sale, j'étais sur le point de produire des flammes pour achever ce combat.
 
-Allez, vas-y, utilise ce pouvoir dont tu es maintenant si fière, ce même pouvoir qui causera votre perte, pauvre idiote ! S'exclama-t-il en se relevant difficilement.
-Comme si j'allais bafouer ce pouvoir pour écraser un misérable insecte tel que toi.
 
Il était affaibli, et pas qu'un peu. Je me demandais sérieusement si un simple coup comme celui que je lui avais porté avait suffi à le mettre dans cet état, puis je me rappelais de l'entrainement avec Izumo.
 
Il m'apprit que le pouvoir que procurait Mikoto se relevait vraiment redoutable lorsque la personne le détenant était calme et se contrôlait. Il m'avait aussi dit qu'en général, c'était aussi le cas avec le corps à corps. Cependant, se laisser submerger par ses émotions pouvait aussi permettre de relever toute la puissance de ses capacités, mais seulement si on arrivait à ne pas faire simplement n'importe quoi. En somme, pour être vraisemblablement puissant, il fallait laisser parler ses émotions tout en attaquant avec la technique que l'on aurait calme.
C'était la clé, et je comptais bien la mettre en pratique s'il le fallait.
 
Mais pour le moment, je devais faire quelque chose pour me débarrasser de Fushimi et aller voir ce que foutait Mikoto. Sa réaction face au roi bleu m'inquiétait vraiment.
Je jetais un ½il derrière moi, et voyait que les rouges étaient rassemblés, ne se battant plus avec les bleus, fixant quelques chose dans le ciel que je ne pouvais pas voir de là où j'étais.
 
Je regardais de nouveau le bleu, et pointa mon arme vers lui.
 
-Je ne t'achèverais pas. Notre clan ne tue pas. Et je ne salirais pas la lame que m'a offerte mon roi pour te tuer. Cependant...
 
Je tranchais sa veste à l'endroit de la marque du HOMRA, puis fis une large entaille qui le fit hurler de douleur, ce qui allait lui laisser une cicatrice assez grande pour cacher le tatouage.
 
-Tu n'utiliseras plus jamais le pouvoir des rouges, sous-merde.
 
Ce fut mes derniers mots avant que je ne rejoigne les autres, katana rengainé et ennemi neutralisé.
 
-Qu'est-ce qui se passe, Izumo ? Demandais-je en m'approchant du blond qui n'avait pas lâché son regard.
 
Je regardais autour de moi, tout le monde regardait le ciel.
Le blond fini par fermer les yeux, semblant résigné.
Quelque chose m'échappait, et ça avait l'air grave.
Mais le pire fut lorsque je ne vis Mikoto nulle part.
 
-Où est Suoh ?
 
Le blond ne me répondit toujours rien, ne quittant pas son air grave. Tous les autres avaient maintenant une tête de dépité.
 
-OU EST MIKOTO BORDEL ?! Criais-je, perdant mon calme.
 
C'était la première fois que j'élevais la voix, la panique m'ayant envahi dans cette atmosphère lourde, en plus de mon instinct qui me disait que quelque chose de grave allait arriver.
 
Izumo essaya de me regarder dans les yeux, mais n'y parvint pas.
 
-Il a décidé d'affronter seul Munakata dans la cour intérieure du lycée. Son épée de Damoclès va lui tomber dessus d'un instant à l'autre. Il a trop utilisé son pouvoir, et il le sait très bien. Quant à sa motivation pour affronter le roi bleu, ce n'est pas simplement pour cette guerre.
 
Mes yeux se tournèrent vers ce que tout le monde regardait avant. Il y avait bien deux épées gigantesques dans le ciel, mais une était en train de s'effriter. Celle avec une gemme rouge magnifique mais dont l'éclat s'estompait peu à peu.
 
-Attends. Izumo, tu es en train de me dire qu'il veut que le roi bleu le tue avant que son épée le fasse ?
 
Il acquiesça.
 
-Munakata était son meilleur ami avant qu'ils ne deviennent rois et ennemis par la force des choses. Alors il préfère que ce soit son meilleur ami qu'il le fasse plutôt que le destin lui-même.
 
Il y eut un silence de mort. Mes yeux s'écarquillèrent devant l'absurdité de la nouvelle.
 
-Arrête tes conneries. C'est pas drôle Izumo. Si c'était le cas, vous resteriez pas plantés là !
-C'est la vérité Lassia. Ce sont ses ordres.
 
J'entendis un bruit métallique. Yata venait de shooter dans une canette, énervé.
Le regard sombre, je commençais à marcher dans la direction du lieu où se trouvait l'homme que j'aimais.
 
-Arrête, tu ne peux pas intervenir ! Essaya de me retenir le blond en m'attrapant l'épaule où figurait mon tatouage.
-Je n'ai jamais dit, à absolument aucun moment, que je suivrais ses ordres aveuglément, Kusanagi.
 
J'étais tellement furieuse de ses conneries « d'ordres » que je l'avais appelé par son nom en le fusillant du regard.
Je me dégageais de son emprise et commençais à courir vers la cour intérieure.
 
Mikoto... Quel idiot... MAIS QUEL ABRUTI ! Pourquoi ?! Pourquoi j'étais la seule qui n'étais pas au courant de ce bordel ?! Comme si j'allais le laisser mourir comme une merde ! Il n'en a pas le droit ! Pas maintenant, pas comme ça !!
 
Je dois aller plus vite. Beaucoup plus vite ! Beaucoup, beaucoup plus vite !
 
-Alleeeer !! M'exclamais-je pour me donner du courage en me concentrant.
 
J'enchainais alors une succession de téléportations, du même genre que celles de Mikoto. Je n'avais aucune idée de comment j'avais réussi à faire ça, mais je n'avais pas le temps de m'extasier sur ma nouvelle capacité.
Je me déplaçais donc comme ça, ne quittant pas l'épée tombant lentement en miettes vers le sol des yeux.
 
J'étais enfin arrivée à l'endroit où se trouvait les rois. Mikoto s'apprêtait à recevoir son épée de Damoclès, les bras écartés et les yeux tournés vers le ciel. Résolu à mourir. Quant à Munakata, il était sur le point de lui porter un coup fatal dans le thorax avec son épée.
 
Mon sang ne fit qu'un tour, mes pupilles se contractèrent. J'utilisais une dernière téléportation pour intervenir.
 
Quelques gouttes de sang tombèrent sur le sol.
 
-Tu as vraiment la mémoire courte ma parole... Je t'avais dit... que je serais ton bouclier et que je te protégerais !
 
La lame de Munakata s'était plantée dans mon flanc gauche. C'était impossible de parer complètement un coup d'estoc pareil, surtout venant du roi bleu, escrimeur hors pair. C'est pourquoi j'avais bloqué son arme en appuyant ma lame contre la garde de son épée tout en interceptant la lame à main nue pour éviter qu'elle n'atteigne Mikoto si elle me transperçait.
 
Munakata était resté figé quelques secondes, puis je retirai la lame. Il fit un bond en arrière, reprenant une posture offensive. Ma main était en sang, blessée, mais ce n'était qu'un détail. Je faisais alors face à mon ennemi et ancien chef, le roi bleu.
Enfin, c'était peut-être mon ancien supérieur, mais il ne se souvenait pas de moi, j'étais une simple subordonnée lorsque j'étais une bleue, il ne m'avait jamais vu avant. Quant à moi, je l'avais aperçu le peu de fois où il passait au QG, avec tout le bordel que ça provoquait, on ne pouvait que le voir.
 
Je brandis donc mon katana vers ma droite, pareillement à plus tôt, lorsque je l'avais empêché d'intervenir contre Fushimi.
 
-Ecoute-moi bien, Mikoto Suoh. Tu es stupide et égoïste, voilà ce que tu es. Comment tu as pu croire une seule seconde...
 
Je remis mon katana devant moi, le positionnant vers le haut, la lame toujours vers la droite. Je passais alors mon majeur et mon index sur la lame, la faisant briller d'une lueur magenta, qui se changea rapidement en flamme.
 
-Croire...
 
Je parais une nouvelle attaque du roi bleu.
 
-Que je te laisserais mourir comme ça ?!
 
Je continuais à parer ses attaques. Je n'entendis rien de la part de Mikoto.
 
-Tu ne comprends pas la situation ! Il va mourir de son épée si je ne fais rien ! S'exclama Munakata.
-T'es bouché enfoiré ?! J'ai dit que je ne le laisserai pas mourir ! Je trouverai une solution, quoi qu'il m'en coûte, alors dégage de là ! Répondis-je en contre-attaquant.
 
Le roi bleu recula un peu, reprenant son souffle, ce qui je fis aussi.
 
-Je sais tout. Et je t'interdis de mourir comme ça, d'une façon aussi stupide ! Tu n'as pas le droit de laisser autant de gens qui t'aiment derrière toi. Tu ne prends en compte les sentiments des gens que quand ça t'arrange de toute façon ! Ils ont tous besoin de toi, moi la première. Tout ce que tu as à faire c'est d'arrêter d'utiliser tes pouvoirs pour un temps.
-C'est trop tard, rien ne peux le sauver maintenant !
-Toi, la ferme. Je t'ai assez entendu. Je ne le laisserai pas mourir, je le sauverai par tous les moyens comme il l'a fait tant de fois pour moi. Je n'en ai rien à faire que tu sois un roi. S'il le faut, je te mettrais à terre. Si tu refuses de partir, alors viens, qu'on en finisse.
-Inconsciente ! Cria-t-il en me fonçant dessus.
 
Mon regard s'enflamma. Dans une ultime attaque, je brandis d'une main ma lame vers le ciel, augmentant la taille de mes flammes avec l'autre.
Soudain, je sentis une main se poser sur l'épaule du bras tenant le katana. Je regardais en arrière, Mikoto brandit sa main droite pour faire la même chose que moi.
Il augmentait la puissance de mes flammes. Enfin, juste avant que le bleu ne m'atteigne, je la redirigeais vers lui de toute la force émotionnelle que j'avais mais aussi avec toute la concentration qu'exigeait une attaque comme celle-ci. Une gigantesque gerbe de flamme le percuta alors de plein fouet, le faisant s'échouer à plusieurs mètres de nous, KO, son épée géante disparaissant.
 
J'avais réussi à faire la plus puissante attaque que j'étais capable de faire.
 
Je m'effondrais à moitié, un genou à terre tout en me soutenant avec mon katana planté dans le sol. J'étais déjà affaiblie avec mes blessures précédentes, mais j'avais vraiment tout donné dans cette dernière attaque.
Mikoto s'agenouilla à son tour, inquiet. Il allait parler mais je ne lui en laissais pas le temps.
 
-Le soir où vous êtes venu me chercher... J'ai dit que je voulais rester avec vous, avec toi, pour toujours. Alors s'il le faut, je t'aiderai à porter cette épée gigantesque, peu importe à quel point elle est lourde... Je serais assez forte pour ça, crois-moi, j'ai changé. Il faut simplement que tu acceptes mon aide... Tu ne peux pas toujours tout faire tout seul, c'est bien quelque chose que tu m'as appris...
 
Je posais ma main droite sur l'une des siennes, le regardant dans les yeux. Dans ses yeux d'ambre si beaux.
 
-Je veux simplement que tu vives... Ne meurs pas... Je t'en prie... Ne meurs pas, Mikoto...
 
Ma main se resserra, baissant la tête pour que mes cheveux cachent mes yeux qui étaient sur le point de craquer.
C'est alors que je sentis une pression sur la même main. Mikoto l'avait pris entièrement dans la sienne et la serrait à son tour.
 
-Si c'est ce que tu veux, je ne mourrais pas, Lassia.
 
C'était les premiers mots qu'il m'adressait en l'ombre de deux semaines de silence.
Il se releva en me lâchant, puis pris doucement l'autre qui tenait le katana. Il se rendit alors compte de son état, ce qu'il n'avait pas pu faire étant derrière moi tout ce temps.
Son regard s'assombrit, il la reposa, puis il arracha un large morceau de son t-shirt blanc pour bander ma main. Je n'avais pas eu la force de lui dire que ce n'était pas grave, surtout en repensant à la dernière fois où j'avais dit ça. Mais comme s'il lisait dans mes pensées, il me prévint.
 
-J'accepte ton aide, alors fait de même, dit-il en enroulant le tissu blanc qui se tinta vite de rouge.
 
J'acquiesçais doucement, ne sachant pas trop quoi faire. Puis il prit mon katana ainsi que mon fourreau et rangea la lame à l'intérieur. Enfin, je m'étais relevée seule. Mais il attacha mon katana à sa ceinture, mais sans avoir le temps de lui demander pourquoi il avait ça, il me porta de la même façon que le soir où il était venu me chercher.
Je jetais alors un ½il au-dessus de lui après avoir légèrement rougit. L'épée avait disparu aussi.
 
Sans résistance, je me laissais faire, posant une main sur la blessure qu'avait provoquée la lame du roi bleu.
 
Nous arrivâmes devant le lycée, là où les autres attendaient. Il vit Izumo, puis voulu me poser. Je posais mon autre main sur celle qui me tenait le bras droit, le faisant me regarder. A mon regard, il comprit.
Je n'avais aucune envie qu'il me lâche.
 
Il avança donc, resserrant sa prise sur mon bras sans me faire mal. Tout le monde se précipita vers nous en nous voyant. Ils avaient tous les larmes aux yeux ou pleuraient.
Je fis signe à Mikoto de me lâcher, ce qu'il fit sans broncher.
 
-Vous êtes vraiment tous idiots dans ce clan ou quoi ?! Je vous jure...
 
Je plissais les yeux, ma blessure au flanc commençait sérieusement à me faire mal, et par automatisme, j'avais mis ma main dessus.
 
-Tu es blessée ailleurs qu'à la main et à l'épaule ? Demanda le rouge, inquiet.
 
C'est vrai que celle à mon épaule n'était pas très grave, mais celle-là c'était une autre histoire.
 
-Non, pourquoi ? Mentis-je en lui tournant le dos, cherchant du regard l'endroit où nous avions mis les affaires de soins.
-Te fous pas de moi. Ordonna-t-il en me prenant l'avant-bras et en me tournant vers lui.
 
Il passa au crible mon buste, puis s'arrêta là où j'avais posé ma main. Sans que je puisse l'en empêcher, il mit à nue ma plaie.
 
-C-C'est rien !
 
Son regard noir voulait tout dire. Mais c'était un réflexe, je ne voulais pas l'inquiéter !
 
-Anna, va la soigner s'il te plait. Tu es trop impétueuse.
 
La blanche s'exécuta. J'étais donc maintenant bandée à l'épaule gauche, au flanc gauche et à la main. Je remerciais Anna avant de retourner vers Mikoto et les autres, qui s'étaient agglutinés autour de lui. Mais lorsqu'ils me virent, sérieuse au possible, ils me laissèrent passer, comme ce fut le cas avec Mikoto lorsque nous étions revenus au HOMRA.
 
Je marchais donc vers le rouge, qui me fit face.
 
-Je n'en avais pas fini avec toi Mikoto. Tu oses me traiter d'impétueuse, mais toi t'es quoi alors pour avoir fait ça ?!
-J'avais mes raisons de vouloir faire ça, dit-il en détournant le regard.
-Arrête un peu ! Tu n'as aucune excuse valable pour avoir voulu mourir, abruti ! L'insultais-je en lui mettant une gifle. Ça, c'était pour avoir été un crétin jusqu'au bout. Et ça... Commençais-je en me rapprochant de lui, saisissant son t-shirt pour le faire se rapprocher et l'embrasser de force.
 
Evidemment, il n'y répondit pas. Mais quitte à être honnête, autant l'être jusqu'au bout. Et puis, ce n'est pas comme si j'étais en tort de faire ça. Mais ses lèvres là, ses lèvres qui m'avaient embrassé ce soir-là où il était saoul, je les voulais. Ces lèvres si douces, si chaudes, c'étaient définitivement celles de l'homme que j'aimais.
Je le lâchais.
 
-Et ça, c'est pour avoir volé mon premier baiser quand tu étais saoul.
 
Ce fut la stupeur générale. Mais quand j'ai su qu'il allait mourir, je me suis dit que je n'aurais peut-être jamais l'occasion de lui faire comprendre que je l'aimais. C'est pour ça que je n'avais pas hésité à faire une chose pareille. Visiblement je l'avais choqué, puisqu'il avait encore les yeux écarquillés. Il semblait aussi avoir compris quelque chose.
 
Ayant l'ultime preuve que mes sentiments n'étaient pas réciproques, je lui tournais le dos pour partir.
 
Les autres, devant ce qu'il s'était passé, avaient décidé de nous laisser seuls, ce qui ne m'arrangeait pas tellement pour le coup.
Subitement, je sentis qu'on me prit le poignet, et sans que je comprenne ce qu'il se passait, je me retrouvais contre Mikoto qui me serrait dans ses bras.
N'y croyant pas une seule seconde, je ne fus pas perturbée.
 
-C'est pas drôle Mikoto. Lâche-moi, ordonnais-je sèchement.
 
Il passa alors une main sur ma joue, puis dirigea doucement mon visage vers le sien tout en me lançant un regard que j'avais peur de comprendre.
J'avoue que là, mes joues en prirent un coup sous la surprise. Je n'arrivais plus à penser, j'avais simplement envie de le laisser faire cette fois, même si c'était une erreur.
Il se pencha alors doucement vers moi et déposa ses lèvres sur les miennes de la façon la plus douce qu'il soit, ce n'était même pas comparable à la première fois.
Mais ses lèvres restaient les mêmes. Étonnamment très douces, et chaudes.
Je répondis au baiser, prête à tout tenter cette fois. Cette sensation que j'avais lorsque nos lèvres se scellaient était simplement incroyable, je me sentais capable de faire n'importe quoi pour lui, j'étais si heureuse, comme jamais je ne l'avais été et comme jamais je ne pensais l'être un jour.
J'aimais Mikoto, de tout mon c½ur, c'était une certitude. Les larmes qui coulèrent ce jour-là furent entremêlées de beaucoup de sentiments différents.
 
Toujours en me serrant dans ses bras, il stoppa le baiser, puis posa son front sur mon épaule droite.
 
-Idiot. Tu es vraiment un idiot fini Mikoto ! Dis-je en le serrant aussi dans mes bras.
-Je sais. Excuse-moi. Mais un idiot qui t'aime, Lassia, murmura-t-il, la gorge serrée.
-Je t'aime aussi, crétin !
 
Mon étreinte fut plus forte, mes larmes redoublèrent, et je sentis mon épaule qui n'était plus sèche. Il me resserra contre lui aussi.
 
-Je ne rêve pas, hein ? Demandais-je doucement.
 
Mikoto releva la tête, deux larmes ayant visiblement filé sur son visage. Il passa ses pouces sur mes joues pour essuyer les miennes et m'embrassa autoritairement, plaquant ses lèvres assez fort sur les miennes comme pour que je comprenne définitivement ses sentiments, en me serrant fortement contre lui. Et ça avait marché.
Puis, il descendit ses lèvres dans mon cou, et, sous la surprise, me fit pousser un petit cri de surprise, et me faisant beaucoup rougir au passage.
Devant ma tête, il arrêta, me regarda, puis ria doucement avant de caler ma tête dans le creux de son épaule.
 
Tout ce que j'avais vécu en valait la peine, finalement. Mon v½u le plus cher c'était réalisé, alors que je n'y croyais plus. Et tout ça en étant simplement honnête avec lui.
Et en lui sauvant la vie accessoirement. Enfin, ce n'était que le début d'une nouvelle vie. Une vie où, je le savais, ne vivrais plus un seul jour en étant malheureuse.

 


Red Pulse [Partie 3]

 


Au final, je ne sais pas s'il y avait vraiment eu de vainqueur. Cependant, les bleus ne nous causèrent plus d'ennuis. J'avais gagné contre Fushimi, et j'avais réussi à mettre KO le roi bleu, même si je trouvais ça encore invraisemblable. Enfin, je ne l'avais pas fait toute seule, Mikoto m'avait beaucoup aidé.
 
Durant les quelques jours qui suivirent cette « guerre », tout se passa bien. Mais à un moment, Mikoto me déclara qu'il fallait qu'on parle, avec Izumo, au bar.
Inquiète, je m'y étais assise, une boisson à la main en attendant le rouge, pensive.
 
-Qu'est-ce que tu bois ? Me surprit-il, les sourcils froncés.
-Une limonade à la framboise, je ne compte pas reboire d'alcool Mikoto. La confiance règne à ce que je vois, soupirais-je alors.
 
Il s'assit à côté de moi, le visage de nouveau calme.
 
-Je te fais confiance, mais je sais très bien ce que l'alcool a pu me faire faire, et je--
-C'est bon, je sais que c'est pour ça. Et arrête de t'en vouloir, tu ne m'aimais même pas à ce moment.
-Même... Enfin bref. Je dois te parler.
 
Je ne pouvais pas m'empêcher d'angoisser. J'avais fait quelque chose qui l'avait contrarié ?
 
-Il y a des choses qui me trottent dans la tête depuis un moment et... J'aimerais en avoir le c½ur net, alors si tu veux bien...
-Je n'ai rien à te cacher, Mikoto.
-D'accord. Eh bien, avant notre rendez-vous avec les bleus, avant que nous... enfin...
 
Il avait les joues roses. Il n'avait pas du tout l'habitude de ce genre de chose, c'était craquant.
 
-Oui, et bien ? Demandais-je doucement.
 
Izumo arriva alors, sachant que Mikoto voulait nous parler à tous les deux.
 
-Qu'elle était ta relation avec Izumo ?
-Pardon ? Demandais-je, ne comprenant pas.
-Tu... Vous n'étiez pas ensemble ? Demanda-t-il en détournant le regard.
 
Un silence s'installa, puis brisé par un fou rire de ma part, suivi de près par Izumo.
 
-Izumo... Et moi... La bonne blague !
-J'avoue que je ne te pensais pas si fort en blague Mikoto !
-Arrêtez de rire, je suis sérieux !
-Eh bien nous on ne peut pas l'être devant une question aussi stupide, Mikoto, lui répondis-je en lui offrant un sourire rassurant.
-Comment tu as pu croire ça ? Je sais bien que lorsque je t'ai retrouvé complètement saoul dans ta chambre tu as pété un câble à ce propos, mais je pensais que tu délirais !
-Ouais enfin, vous étiez souvent ensemble, et puis tu l'as enlacé plusieurs fois, dont une à moitié à poil ! Cria-t-il en se levant, fusillant le blond du regard. Sans parler que tu l'appelais par son prénom !
-Vu comme ça, j'avoue que ça peut porter à confusion, mais ce n'est pas du tout ça.
-Expliquez-vous, demanda-t-il, sérieux. Et jaloux aussi, je crois.
-C'est une relation plus fraternelle qu'autre chose. Izumo, c'est comme mon frère, c'est tout.
-Exactement.
-Quoi ? J'étais persuadé que c'était moi que tu considérais comme ça avant.
-Moi aussi je croyais que tu me prenais pour ta petite s½ur tu sais.
-Vous faites la paire tous les deux, bande de catastrophes. Mikoto, Lassia est tombée amoureuse de toi peu après avoir rejoint officiellement le clan. Mais n'étant pas habituée à ce genre de sentiment, je l'ai aidé et consolé, rien de plus. Oui, une fois, c'est tombé lorsque j'allais prendre ma douche, et donc j'étais torse-nu, mais c'est tout.
-Izumo ! M'exclamais-je, gênée de ce qu'il venait de dire, les joues roses.
-Qu'est-ce qu'il y a ? C'est faux ce que je viens de dire ? Tu n'aimes pas Mikoto depuis le quasi début ?
 
Je fus écarlate.
 
-Mais tais-toi ! M'énervais-je alors sous les yeux surpris du rouge, qui finit par rire.
 
Je m'arrêtais, surprise. Il devait avoir compris qu'il se trompait complètement.
 
-On était bien à côté de la plaque quand même... C'est pas étonnant que tu n'aies pas réagi lorsque j'essayais de me rapprocher de toi si tu étais persuadée que je te considérais comme ma s½ur. Même si tu n'étais pas obligée d'aller aussi loin, comme m'appeler par mon nom ! S'exclama-t-il, frustré.
-Je voulais mettre de la distance entre nous pour ne pas me faire de fausses idées. Mais... « Suoh » a pris un tout autre sens que celui d'un lien fraternel maintenant, souriais-je, le faisant rougir à son tour.
-En parlant de ça... Commença-t-il sous mes yeux étonnés. Non rien, laisse tomber. Enfin, cette histoire de premier baiser me perturbe, on peut m'expliquer ? Lorsque cet enfoiré de Fushimi t'a embrassé en disant que ton premier baiser était la clé d'activation totale pour que tu deviennes une arme humaine, Izumo, tu as réagi, je l'ai vu. Et puis ce que tu as dit aussi m'intrigue.
-FUSHIMI A QUOI ?! Hurlais-je, horrifiée, me levant de mon tabouret. IL A OSE FAIRE QUOI ?! RÉPÈTE UN PEU !
 
Pour me calmer, il me prit le poignet pour me pencher vers lui et m'embrasser à la volé.
 
-C'est pour ça que j'étais à ce point furieux contre lui quand on est reparti, dans la voiture, mais tu ne t'en souvenais pas. Mais on peut dire que c'est réparé, non ?
 
J'acquiesçais, de nouveau calme, avant de me rasseoir.
 
-Je le revois je le tue, même si c'est contre les principes du HOMRA ! Je ne sais même pas si je pourrais m'en empêcher de toute façon ! QUELLE HORREUR ! Heureusement que tu étais là...
-Je te l'ai dit quand tu es revenu, je viendrais t'aider le nombre de fois qu'il le faudra. Mais donc, ça ne répond pas à ma question.
-E-Eh bien, un soir, le même soir où Izumo t'as retrouvé saoul...
-Lassia est venu te parler. A ce moment tu n'étais pas sous l'emprise de l'alcool. Seulement, tu as bu un verre de trop et...
 
Nous nous regardâmes, hésitant à cracher le morceau.
 
-J'ai fait quoi bordel ?! Commença-t-il à paniquer. Je t'ai quand même pas... Bordel me dites pas que...
-Calme-toi, tu m'as juste embrassé de force, rien de plus... Je me suis échappée juste après.
-C'est pas vrai... Murmura-t-il en écarquillant les yeux, puis son regard devint sombre. J'ai su ce que je voulais, merci, laissez-moi seul. Ordonna-t-il en sortant dans l'arrière-cour.
-Je ne l'ai jamais vu dans un état pareil. Je crois qu'il s'en veut énormément...
-Qu'est-ce que ça aurait été s'il avait fait pire... Je vais aller le voir !
-Mais il a...
-Izumo... !
-Oui, je sais. Aller, file.
 
Et c'est ce que je fis. Je retrouvais le rouge devant un mur où figurait une crevasse. Visiblement, il n'y avait pas été de main morte pour se défouler.
Je me dirigeais vers lui.
 
-Bordel de merde, quel con ! Cria-t-il avant de vouloir remettre un coup dans le mur de pierre.
 
Je me téléportais puis arrêtai son poing tant bien que mal sous ses yeux étonnés.
 
-Ce n'est pas de ta faute Mikoto, tu ne te contrôlais pas, le rassurais-je.
-J'ai dit de me laisser seul ! S'exclama-t-il en voulant retirer sa main.
-Je n'ai jamais dit que je suivrais tes ordres aveuglément, Mikoto ! Sinon tu serais mort là-bas ! Et je te le répète, ce n'était pas de ta faute !
-Arrête un peu, j'aurais pu te violer Lassia !
-Tu n'aurais jamais une chose pareille !
-Tu n'en sais rien !
 
Un silence s'installa. Effectivement, il s'en voulait, et pas qu'un peu. Il ne se faisait vraiment pas confiance.
Je serrais la main que je tenais, le faisant relever la tête.
 
-Mikoto, je t'aime. Je ne peux rien faire pour que tu ne t'en veuilles pas, mais sache que même si tu ne te fais pas confiance, les gars et moi, on te porte une confiance aveugle. On ne peut pas changer le passé, et même si je pouvais, je ne le voudrais pas. Si tu n'avais pas fait ça, il se peut que les choses ne soient pas comme ça à l'heure actuelle. En plus de ça, si tu ne m'avais pas embrassé ce soir-là, je serais devenue l'arme humaine des bleus... Alors arrête, Mikoto...
 
Il resserra ma main avant de me prendre soudainement dans ses bras.
 
-Pardon Lassia. Je m'en veux tellement...
-Je sais... Dis-je en le serrant à mon tour. Mais n'essaye plus jamais de te tuer, c'est clair ? Ordonnais-je froidement, des tonnes de choses m'étant revenu à l'esprit.
-Ouais... J'étais persuadé que tu aimais Izumo, alors en plus de tout ce bordel avec mon pouvoir, je ne voyais pas pourquoi je devais rester en vie.
-Crétin. Franchement, dire que si j'étais comme tes subordonnés, ou même Izumo, tu serais... Tu serais...
 
Des larmes bordant mes yeux apparurent à la simple pensée de sa mort.
 
-Sérieusement, comment tu voulais que je vive si tu mourais d'une façon aussi conne ! Si tu mourais tout court ! Idiot, crétin, abruti !
 
Je le frappais sur le torse sans lui faire mal, les larmes coulant sur mes joues. C'est vrai qu'il était le seul sujet qui pouvait me faire lâcher des larmes si facilement.
 
-Merci de toujours avoir été là pour moi, Lassia, déclara-t-il en me resserrant contre lui.
 
Je m'arrêtais surprise. Puis mes larmes reprirent.
 
-Je t'ai dit que je serais toujours là pour te protéger, et je tiendrais ma promesse quoi qu'il m'en coûte.
-Moi aussi... Alors, si tu le veux tant que ça... Tu accepterais de rester avec moi... pour toujours ?
 
Durant une fraction de secondes, mes larmes s'étaient arrêtées, surprise de nouveau, mais comprenant alors ce dont il parlait quelques instants auparavant à propos de son nom.
 
-Evidemment ! M'exclamais-je en l'embrassant tendrement alors qu'il essuya mes yeux en y répondant, même si lui aussi avait quelques perles salées aux coins des yeux.
 
Je l'aimais, plus que tout au monde. Ce rouge hypnotique, ce si beau rouge qui m'avait captivé dès que je l'avais vu était devenu plus qu'important dans ma vie. Des Pulsassions Rouges qui avaient fait battre mon c½ur pour la première fois.
 
 
Mikoto Suoh, le roi rouge, le plus redouté des sept pour sa violence et sa barbarie. Les gens ne le connaissaient vraiment pas comme moi. C'étaient-ils donné la peine de le faire ? Non, le monde est plus facile à vivre lorsque nous suivons les préjugés et les stéréotypes, lorsque nous ne réfléchissons pas à nos actions, à ce que nous faisons tous les jours. Et pourtant, je pense que c'est lorsque nous prenons vraiment conscience de cela que nous pouvons vraisemblablement appeler ce que nous vivons, la vie.
THE END

 

Red Pulse [Partie 3]
Alors, qu'avez vous pensez de ce Three Shot? Avez-vous envie d'aller jeter un oeil à Project K? Dites-moi tout! Et encore merci d'avoir tout lu ;)
Je ne demande que des commentaires constructifs! Késako?

 

Cet écrit t'a plu? N'hésite pas à laisser ton avis sur ces répertoires ! 
► Répertoire ◄

 

Red Pulse [Partie 3]

Tags : red pulse - Project K

Ce qu'il faut savoir sur: Project K 25/09/2015

Ce qu'il faut savoir sur: Project K

 


Project K est un anime qui, à la base, ne se concentre pas vraiment sur le HOMRA (nom du bar des rouges) et Mikoto Suoh. Nous suivons les aventures de Yashiro, Kuroh et Neko, et le clan rouge est beaucoup plus secondaire, bien que petit à petit, le clan rouge et bleu sont plus mis en avant.
J'ai choisi de développer ce côté de l'anime car il était encore sous-exploité à mon goût, d'où l'idée de ce Three Shot.

 

Synopsis:                                                                                                                                                                                                                 Yashiro Isana, surnommé Shirô, est un étudiant plutôt banal. Bien qu'il n'ait pas d'ami proche, il est très populaire sur le campus de Ashinaka High School, où il étudie, ce qui lui permet de manger gratuitement régulièrement. En effet, il a prit l'habitude de demander un peu de leur bento à ses camarades, qui se prêtent volontiers au jeu. En bref, Shirô est un étudiant comblé dans l'un des plus beaux campus du Japon. Mais cette tranquillité n'est que de courte durée. Alors qu'il a été envoyé faire une course dans Tôkyô par Kukuri, une de ses camarades de classe, Shirô se retrouve ciblé par un étrange groupe qui semble vouloir sa peau ! Et ce ne sont visiblement pas les seuls. Shirô ne comprend pas ce qu'il lui arrive jusqu'à ce qu'une étrange vidéo soit diffusée. Une vidéo où on le voit assassiner quelqu'un, avant de se donner le titre de « Septième Roi ».                                                                                                                                                                                  Découvre l'anime ici

 

Ce qu'il faut savoir sur: Project K

 

Dans mon écrit, l'histoire ne suit donc pas du tout la trame principale.
Pour ainsi dire, les trois personnages principaux n'y figureront même pas.

 

Ce qu'il faut savoir sur: Project K
Ce qu'il faut savoir sur: Project K
 
 
                                                                                   
 
 
 
Totsuka Tatara (décédé) 

 

Ce qu'il faut savoir sur: Project K

 

Infos en plus (uniquement valable pour Red Pulse) :
- /!\ ATTENTION SPOIL /!\A la fin de l'anime original, Mikoto combat Munakata. Sachant qu'il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre, il s'apprête à recevoir son épée de plein fouet. Cependant, le roi bleu est un vieil ami du roi rouge. C'est pour cela qu'il préférera l'achever de sa main, comme Mikoto l'aurait voulu.
- Le bras droit de Munakata ne fait qu'une brève apparition, lorsqu'elle combat Izumo. Elle est aussi la seule femme du clan bleu.
- Ce n'est pas précisé dans mon écrit, mais Anna possède une bille de verre qui lui permet de "voir" ce qui est impossible de voir en temps normal.
- Fushimi est, dans mon écrit, beaucoup plus vicieux que dans l'anime original.
- L' "embrasement spontané temporaire" n'est pas du tout présent dans l'anime original, c'est une pure invention de ma part.

 

Mes écrits sur Project K:
Red Pulse (THS)

Tags : Project K

Comme si tu m'aimais 26/10/2016

OS corrigé après avis de ma BL :3

 


                                                                                                                          Si vous ne connaissez pas le manga, lisez ça d'abord.
Comme si tu m'aimais

Avant-propos : Je tiens tout d'abord à m'excuser pour mon absence d'écrits mais je bosse sur un projet sur One Piece pour
Je reviens alimenter le blog avec ce long OS (vous savez qu'écrire des OS de taille raisonnable est très compliqué pour moi :meurs: ), mais bref ! l'instant !
J'ai eu une pulsion, et j'avoue, j'avoue, MIKOTO ME MANQUAIT BORDEL. Même si il peut être considéré en OOC, j'sais pô.

C'est loin d'être l'un de mes meilleurs écrits, j'assume totalement le fait que c'est un OS impulsif et non très recherché. Donc ne vous attendez pas à une qualité de dingue, sorry.
Je me doute que les éléments s'enchaînent trop vite, que je n'ai quasiment pas fait de descriptions, I know ça pue la merde, mais j'avais quand même envie de le poster, j'espère ne pas trop vous défoncer la rétine !

Enfin, je vous préviendrais juste qu'ici se trouve mon TOUT PREMIER LEMON. Sisi Lassia a réussi je vous jure no joke. Mais ça veut pas dire que j'en écrirais à chaque fois, loin de là.
                                                                                                 Bref, enjoy !

 

Musique d'ambiance (Je ne suis pas tout à fait d'accord avec la trad, mais l'important est là. Et oui, Red m'inspire beaucoup pour du K Project)

Mikoto Suoh avait toujours eu tout ce qu'il voulait. Pouvoir, argent, femmes... A la tête d'un des plus puissants clans de Tokyo, le clan des rouges, le Roi Ecarlate trouvait parfois sa vie... ennuyeuse.
 
24 ans, 1m85, svelte, quoi qu'un peu musclé, des cheveux carmins et des yeux d'ambre. Oui, Mikoto Suoh avait un physique avantageux. Mais il restait néanmoins calme, voire impassible.
 
L'amour, il ne connaissait pas. Jusque-là, il n'avait jamais couché que pour assouvir ses besoins primitifs. Et puis, pourquoi se fatiguer à aimer pour coucher, alors qu'il n'avait même pas besoin de dire quoi que ce soit pour avoir une femme dans son lit ?
 
Mais ça le pesait, même s'il ne laissait rien paraître. Bien qu'à un moment, cette situation l'avait amusé, plus jeune, plus con. Finalement, il avait réalisé qu'aucune femme ne le voyait tel qu'il était. Car le roi rouge était loin d'être méchant, il était même un peu trop gentil. C'est pour ça qu'il ne refusait pas à qui voulait être dans son lit, puisqu'elles ne demandaient que ça.
 
Aucune femme n'avait réussi à impacter sa vie. Dans tous les sens du terme. C'était toujours pareil, elles le couvraient de compliments, sur son clan, sur son corps. Bien que lui n'en avait jamais trouvé une seule vraiment attirante, ou flattant sa rétine. Elles étaient toutes si ordinaires... Bien qu'il ait dû voir défiler toutes les origines, toutes les carnations, toutes les apparences possibles, des formes les plus avantageuses aux canons typiques de beauté. Mais aucune ne suscitait son intérêt. Pourtant, il n'était pas gay.
 
Mais un jour, il se réveilla dans son grand lit d'hôtel de luxe, fixant le plafond immaculé. Nu, et seul. Sa conquête ayant débarrassée le plancher dans la nuit. Une chaîne en argent attachée autour de son cou, il posa une main sur l'un de ses yeux. Pensant.
 
Lorsqu'il sortait comme ça, profitant de la compagnie d'une femme, et qu'il croisait des couples, il ne pouvait s'empêcher de se demander... Comment cela serait, si pour lui aussi, quelqu'un prenait la peine de le voir lui, au-delà de son titre, au-delà des apparences.
 
Mais à chaque fois, ne voulant pas être en proie à cette solitude que les couples lui rappelaient, il s'accrochait. Désespérément à cette énième femme dont il se rappelait à peine le nom. Rêvant peut-être, qu'un court instant, lui aussi, avait le droit d'être vraiment compris. Se laissant berner encore, comme toujours. Comme à chaque fois.
 
Flirter, provoquer, pour finir à l'hôtel. S'embrasser, se consumer. Faire l'amour comme s'il y avait quelque chose de plus entre ces deux êtres humains qu'une simple affaire de cul.
 
Mais le tout restait toujours... Fade, et brutal. Sans aucun sens.
 
Malgré tous ses efforts, il savait que c'était vain. Il le savait, mais il continuait de jouer le jeu. Pourtant, la solitude ne le rongeait jamais autant que lorsqu'il se réveillait, seul, dans un grand lit comme celui-ci.
 
Enfin, le rouge se leva pour se rhabiller et partir. Enfilant son t-shirt blanc et son boxer, son téléphone sonna. Izumo l'appelait en effet pour le prévenir qu'une potentielle nouvelle recrue s'était présentée au bar. C'était le défilé en ce moment, puisque le HOMRA gagnait de plus en plus en popularité, fatalement, le clan aussi. Il tenait à accepter ou non lui-même quiconque voulait intégrer son clan, donc à voir la personne en face. A la jauger, la juger. Et la plupart du temps, ils ne tenaient pas une seconde devant le regard perçant du rouge.
 
Le roi se dépêcha de lui confirmer qu'il ne tardait pas à arriver, avant de raccrocher pour finir de s'habiller grâce à son jean noir et ses chaussures. Il fit un rapide passage dans la salle de bain pour se rincer le visage. Lorsqu'il se regarda dans le miroir, il ne pouvait s'empêcher d'y voir une coquille vide. Ses yeux d'ambre n'exprimaient rien. Soupirant, il passa une main dans ses cheveux courts et en bataille, seules deux fines mèches rebelles tombant devant son visage.
 
Il attrapa son blouson et sortit de la chambre. Ayant payé d'avance, il pouvait partir sans retard. Combien d'argent avait-il claqué dans des restos chics et suites luxueuses ? Il ne savait pas.
 
Et ça le démoralisait d'être aussi con à chaque putain de fois.
 
Une vingtaine de minutes s'écoula après avoir appelé un taxi, sillonnant les rues de la capitale. Le rouge fixa les gratte-ciels s'élever dans les airs, perdu dans ses pensées. Il y avait tellement de monde dans les rues... Comment pouvait-il se sentir si seul ?
 
La voiture s'arrêta, le rappelant à la réalité. La façade du bar anglais était visible à travers la vitre. Mikoto rejoignit son ami qui était derrière le comptoir. Izumo Kusanagi, un grand blond aux yeux noisette portant des lunettes de soleil et un foulard autour du cou. Un style très chic avec une chemise blanche, une veste noire et un jean simple.
 
« -Alors, elle est où cette nouvelle recrue ? Soupira le roi alors que le blond venait de poser sa boisson habituelle devant lui.
 
-Hm, je pense qu'elle ne devrait plus tarder à se manifester...
 
Et pour ainsi dire, il n'eut que le temps de se retourner et brandir son avant-bras droit pour écarter la lame qui lui avait égratigné la joue.
 
Il en resta figé, chose rarissime pour le rouge.
 
Une jeune femme, qui devait faire une tête de moins que lui, de longs cheveux blancs et des yeux magenta. Voilà ce qui avait capté l'attention du roi. Et c'était bien la première fois que ça lui arrivait.
 
Il se reprit, essuyant le peu de sang qui avait coulé suite à la man½uvre de la blanche.
 
-Je suis rassurée de voir que ta réputation n'est pas infondée, Mikoto. Même si tu aurais pu être un peu plus réactif.
 
Tant de franchise et de familiarité l'épatait. Jamais une femme ne lui avait parlé ainsi. Il jeta un ½il à Izumo qui lui affichait un sourire amusé.
 
-Oui, c'est bien d'elle dont je te parlais. Intéressant n'est-ce pas ?
 
Il le connaissait par c½ur. Elle le troublait. Et en effet, Mikoto trouvait tout intéressant en elle. Pourtant, on était loin des canons de beauté qu'il avait connu.
 
La jeune femme rangea sa lame, tout en remettant une mèche de ses cheveux derrière son oreille. Ce geste ramena le regard du rouge sur la concernée. Certes, elle n'était pas très féminine, mais son jean noir troué aux genoux et son haut dévoilant une de ses épaules, ainsi que son collier qui n'était autre qu'une bande de velours noir lui allaient terriblement bien.
 
-Réussir à faire buguer Mikoto à ce point, c'est une première Lassia-chan !
 
-Je n'ai pourtant rien fait d'extraordinaire.
 
Le concerné se reprit, ne s'étant pas rendu compte de son mutisme prolongé.
 
-Alors comme ça, tu voudrais que je te laisse intégrer mon clan, alors que tu viens de tenter de me tuer ?
 
C'est vrai que c'était étrange. D'habitude, on lui faisait des cadeaux, ou on lui donnait de l'argent. C'était peu commun qu'on l'agresse ainsi.
 
-Il faut bien que je sache ce que mon éventuel chef vaut, répondit-elle sans se démonter en plantant ses yeux dans les siens.
 
Mikoto profita de ce contact visuel pour faire son habituel test. Son regard impressionnait la plupart du temps, et ceux qu'ils regardaient droit dans les yeux finissaient par vite les baisser. Mais comme il le pensa, ce ne fut pas son cas.
 
Elle était définitivement spéciale.
 
-Bien, fit-il en fermant ses paupières, un léger rictus étant apparu au coin de ses lèvres. T'es prise.
 
Elle écarquilla les yeux une seconde, n'y croyant pas.
 
-Quoi, c'est tout ? Demanda-t-elle surprise.
 
-Mikoto a toujours su jaugé quelqu'un en le regardant dans les yeux. Jusqu'ici, il ne s'est jamais trompé.
 
Il profita de l'intervention d'Izumo pour boire quelques gorgées de sa boisson alcoolisée. Cependant, il reprit rapidement le contrôle de la conversation, et ainsi l'attention de la blanche. Comme s'il voulait qu'elle le regarde.
 
-Mais j'espère que tu sais ce que ça implique d'être dans mon clan. Pourquoi tiens-tu à le rejoindre d'ailleurs ?
 
-Pour devenir plus forte. Devenir assez forte... Pour ne plus jamais rien regretter.
 
Son regard s'était baissé, et Mikoto fronça légèrement les sourcils. Il était évident que la jeune femme avait du vécu. Elle n'était pas comme ses femmes superficielles dont il n'avait que faire.
 
-Mon pouvoir te rendra aussi puissante que tu le désires. »
 
La blanche le regarda, une expression beaucoup plus douce au visage. Elle acquiesça, promettant de faire tout son possible pour servir le clan.
 
Ce fut après cette intégration peu banale que Lassia fit vraiment partie du clan. On lui apposa la marque du HOMRA, et Mikoto lui apprit lui-même à se servir de son pouvoir. Et elle avait un énorme potentiel. Comme si depuis toujours, son pouvoir attendait quelqu'un comme elle.
 
Sans qu'il ne s'en rende compte, Lassia avait comblé cette solitude qui l'accablait un peu plus chaque jour. Sa présence faisait un bien fou au clan, et Anna était on ne peut plus ravie qu'une seconde fille intègre le groupe.
Mikoto ne sortait plus autant qu'avant. Ses rencontres avec d'autres femmes étaient de plus en plus espacées car il n'arrivait jamais à penser à autre chose qu'à l'entrainement de la blanche, ou à elle tout simplement. Et même lorsqu'il essayait, jamais son esprit ne fuyait longtemps ce sujet qui semblait l'accaparer tout entier.


La preuve fut lorsqu'il pensait finir une énième fois au lit avec une femme quelconque. Une fois dans la chambre, la femme lui sauta au cou et lui arracha presque son t-shirt en l'embrassant sans qu'il ne puisse réagir. Rien, il n'y avait rien en lui qui désirait cette femme. Cependant, alors qu'il allait la pousser sur le lit, comme elles aimaient qu'il le fasse d'habitude avant l'acte, le visage de la blanche lui revint soudainement en mémoire. 


Son sourire, son air lorsqu'elle combattait, sa manière de remettre sa mèche rebelle derrière son oreille. 


Il resta debout, comme vidé de toute volonté. Alors que la femme à moitié nue se redressa en l'interpellant, il l'envoya bouler lorsqu'elle allait le toucher.


Ramassant son t-shirt et sa veste, il claqua la porte de la chambre. Pourquoi n'y arrivait-il plus? Ses pensées étaient toutes tournées vers cette fille. Même lorsqu'il se concentrait sur autre chose, son visage finissait toujours par revenir.


Mais ce que Mikoto ne savait pas, c'est que ce soir-là, Lassia l'avait vu partir. Inquiète, elle n'avait pas osé le déranger, mais son téléphone resta dans sa main durant un long moment. Puis elle finit par craquer, et elle composa son numéro.


Le téléphone du roi sonna lorsqu'il sortit de l'hôtel, et décrocha directement, pensant que c'était Izumo, puisqu'il était le seul à oser l'appeler aussi tard.


«-Ouais, quoi? fit-il avec amertume, énervé de ne pas comprendre ce qu'il lui arrivait.


Un silence  à l'autre bout du fils se fit entendre. Trouvant ça étrange, il éloigna l'appareil de son oreille et regarda enfin le nom affiché sur l'écran. Il se figea en voyant son prénom, il sentait qu'il avait profondément merdé, mais ne su encore une fois expliqué pourquoi.


-Je...


A l'entente de ce simple mot prononcé de sa voix hésitante, Mikoto remit le téléphone correctement et reprit.


-Désolé, j'étais agacé. Y'a un problème ? Tu m'appelles jamais d'habitude.


Des excuses, une sincère inquiétude. Mais que lui avait-elle fait pour qu'il change à ce point? Pourquoi elle, et pas une autre?


-Non, tout va bien... Je voulais te proposer de boire un verre au HOMRA, ça fait longtemps qu'on s'est pas parlés comme ça, hors entraînement. 


C'est vrai que dernièrement, le roi avait été bien occupé, se libérant tout de même une heure par jour pour l'entraînement de la blanche. Mais cette proposition l'étonnait tout de même de sa part, bien qu'elle lui faisait incroyablement plaisir.


-Mais quand je t'ai vu sortir, je pensais que ça ne servait à rien de te le proposer, que tu avais mieux à faire ailleurs et que je te dérangerais...


Oui, c'est vrai qu'en temps normal, et si ce n'était pas elle, il aurait décliné. Mais après ce qu'il s'était passé, il ne voulait que rentrer. Et puis son ton triste, il ne le supportait plus.


-Lassia.
-O-Oui? Fit-elle hésitante devant l'affirmation de son prénom.
-J'arrive, et tu ne me dérangeras jamais.


Un léger silence du à la surprise de sa déclaration eut lieu. Puis, il entendit le souffle typique de lorsqu'on sourit.


-D'accord, à toute à l'heure.
-A toute à l'heure.»


Et elle raccrocha quelques secondes après. Il avait réussi à la faire sourire, et lui-même souriait à l'heure actuelle. Il n'avait jamais eu de relation de ce genre, et se demandait vraiment pourquoi ça lui arrivait maintenant. Alors il prit la décision de ne plus aller voir de filles tant qu'il n'aurait pas compris le comment du pourquoi.

C'est vrai qu'une véritable complicité été née entre eux au fil des mois. Sa décision lui faisait un bien fou, car Lassia avait amené un véritable vent de fraîcheur avec elle. En effet, la seule chose qui préoccupait l'esprit du roi était l'entraînement de la blanche, et non plus de sombres pensées. Bien qu'elle maîtrisait déjà le pouvoir des rouges à la perfection, elle insistait pour avoir un combat amical chaque jour. Et lui était loin de pouvoir lui refuser.
 
Cette présence qu'elle lui apportait, il ne voulait pour rien au monde qu'on lui prenne. Alors le jour où il la vit se blesser bêtement lors de leur entraînement quotidien, il fut pris d'un drôle de sentiment qui ne l'avait encore jamais habité. Après le soulagement de savoir que sa blessure était superficielle, il la rejoignit dans la cour pour lui parler seul à seul.
 
« -Lassia, qu'est-ce qui se passe ? J'ai bien vu que tu n'étais pas dans ton état normal, sinon tu ne te serais jamais blessée comme ça !
 
Oui, il ne pouvait pas s'empêcher d'hausser le ton, malgré lui. Il ne voulait pas l'intimidé, loin de là. Mais l'inquiétude était si intense que c'était plus fort que lui.
 
-Ça ne te regarde pas.
 
Il s'approcha, insatisfait de cette réponse. Son geste eut pour effet de faire reculer la jeune femme contre le mur le plus proche. Le roi posa ensuite ses paumes de chaque côté de la tête de la blanche, la forçant à le regarder.
 
-Tu es un membre on ne peut plus précieux, tu sais. Si quelque chose te préoccupe au point de te mettre dans un état pareil, je veux le savoir, pour t'aider. Si je peux faire quoi que ce soit pour toi, je n'hésiterais pas une seule seconde, Lassia.
 
Elle avait cherché une quelconque trace de mensonge dans ses yeux, et n'en voyant aucune, sa tête se baissa. Ne pouvant lui cacher plus longtemps, ses prunelles s'embrumèrent.
 
-Je suis une ancienne Jungle, Mikoto.
 
Il resta figé devant cette révélation soudaine. La Jungle, autrement dit le clan vert, dirigé par le pire ennemi commun au HOMRA et au Sceptre 4, le clan bleu.
 
-Je me fous de tes antécédents... Chercha-t-il à la rassurer, déstabilisé par son état.
 
-Je sais... Mais... Si je suis partie de la Jungle, c'est à cause de...
 
Sa gorge se faisait de plus en plus serrée. Mikoto, ne comprenant pas, posa doucement ses mains sur les épaules de la jeune femme qui commençait à être prise de soubresauts. Et lui, le c½ur lourd de la voir dans cet état, alors que malgré tous les combats qu'ils avaient menés, elle n'avait jamais montré un seul signe de faiblesse, regrettait d'avoir tant insisté. Mais sa déclaration prouvait que c'était grave, et qu'il devait savoir. Et Lassia pensait la même chose.
 
-Mishakuji Yukari. Il... C'est lui qui nous a appris le maniement du sabre... Mais le mode de vie de la Jungle était si oppressant que je ne le supportais plus... C'est pour ça qu'il... Qu'il...
 
Mikoto n'avait pas pu s'empêcher de réagir. Qui était-ce « il » dont elle parlait ? Ce « nous »... Mais il n'eut pas le temps de s'interroger plus.
 
-Mon frère a été le défier, disant que s'il gagnait, je serais libre de partir. Mais j'étais l'un de leur meilleur élément au sabre... Alors il était hors de question qu'il me laisse partir si facilement... Alors... Mon frère... Il a... A cause de moi...
 
Les larmes que la jeune femme s'efforçait d'essuyer furent maintenant trop nombreuses pour stopper leur chute. Et lorsque le roi le vit, il la cala dans ses bras.
 
-J'ai compris, n'en dit pas plus.
 
Mushakuji était bien connu pour sa cruauté envers ceux qu'il considérait comme faibles. Mais aussi pour sa ténacité quand il jugeait quelqu'un de fort. Mikoto avait bien compris. Il avait tué son frère pour la sauvé de ce clan, et en l'apprenant, elle s'était enfuie.
 
« Je veux devenir assez forte pour ne plus avoir de regrets. »
 
C'étaient ses propres mots, qu'il pouvait enfin pleinement comprendre.
 
Là, dans ses bras, alors qu'il sentait ses larmes mouiller son t-shirt, il passa sa main le long de ses cheveux qu'il n'avait que de rares fois touché, pour la féliciter de ses progrès en posant sa main sur sa tête. Mais il ne pouvait s'empêcher de les trouver d'une douceur incroyable. Ce geste fait d'une main, alors que l'autre restait fermement enlacé autour de son dos, sembla la calmer en tout cas.
 
Il était d'ailleurs heureux qu'elle ne le repousse pas, et même, elle s'accrochait à lui, comme si elle avait peur qu'il ne parte.
 
-Je suis là, je suis là, murmura-t-il doucement pour l'apaiser. »
 
Il la resserra, ce qu'elle fit aussi. La sentir tout contre lui, sentir sa chaleur fit naître quelque chose qu'il ne comprit pas. Tout ce qu'il savait, c'est qu'au plus profond de lui, il était tiraillé entre l'état dans lequel était la blanche et le fait qu'il appréciait cette proximité. Voyant ce côté d'elle que sûrement peu avait vu, il ne put s'empêcher de se dire qu'elle avait l'air si fragile à cet instant, alors qu'habituellement, elle dégageait une assurance peu ordinaire. Elle était forte, c'était sûr. Mais elle était humaine, même elle pouvait pleurer. Mais tant que seul lui voyait ses larmes, il pourrait la protéger.
 
Voilà ce que pensait le rouge, à cet instant. Vouloir la protéger, de tout et de n'importe quoi.
 
 
 
Après de longues minutes, elle sembla se calmer un peu. Le relâchant, elle passa ses mains sur ses yeux pour les essuyer, s'excusant, un peu gênée. Quant à lui, il dut se résoudre à la libérer. Il lui proposa néanmoins d'aller à l'intérieur pour qu'elle se repose, ce qu'elle accepta volontiers.
 
Plus posément, elle lui réexpliqua tout, et Mikoto avait vu juste. Cependant, ce qu'il ne savait pas, c'était que Mushakaji avait osé lui faire des menaces, et que si elle ne lui revenait pas, il s'en prendrait au clan rouge, et à lui. Et visiblement, c'était ça qui semblait l'angoisser le plus. Mais le roi la rassura bien vite. La Jungle avait peut-être un nombre d'adhérents incroyable, grâce à leur système unique, mais leur force de frappe n'était pas si exceptionnelle. En effet, grâce à un site, on pouvait aisément s'inscrire et intégrer le clan vert. Il fallait ensuite battre des cibles désignées pour gagner des points et monter en grade. Mais peu était haut classé. Le seul véritable danger restait Mushakaji. Mais ça, il en faisait une affaire personnelle.
 
Le roi rouge avait vraisemblablement la plus grande puissance parmi tous les rois. Et il savait que le roi vert n'était pas forcément d'accord avec tous les agissements de l'ennemi. Donc ça ne lui semblait pas perdu d'avance.
 
La seule condition que lui imposa la blanche pour qu'elle accepte son aide fut leur coopération pour le neutraliser. Mikoto fut un peu surpris de cette exigence, mais combattre à ses côtés était loin d'être quelque chose de déplaisant.
 
Cependant, le roi rouge n'avait pas imaginé une seconde tout ce qui allait se déclencher chez la jeune femme suite à ça. Lors de la bataille, Mikoto eut du mal à refréner les pulsions meurtrières qui naissaient en voyant l'attitude de l'ennemi. Non seulement il l'avait fait énormément souffrir, mais il était pédant, sans parler qu'il prenait Lassia pour acquise. Et ça, il ne pouvait vraiment pas le supporter.
 
Alors que la blanche avait gagné son combat de pure escrime, Mikoto fit un premier pas vers lui. Les sbires étaient occupés par les membres du HOMRA, et les deux côtés de la grande rue dans laquelle se déroulait la bataille étaient encombrés par les multiples combats. Il n'avait aucune issue, et son épée était brisée.
 
Mikoto, le regard noir, les mains dans les poches de son jean, s'avança vers lui.
 
« -Tu fais moins le malin, hein... Elle t'a prouvé qu'elle n'avait plus rien à apprendre de toi, elle t'a surpassé, elle est plus forte que toi ! Alors maintenant, tu vas payer... Payer pour tout ce que tu lui as fait subir.
 
Sortant les mains de ses poches en les enflammant, sa dernière phrase fut encore plus glaciale que toutes les autres. Figé de stupeur, le roi rouge lui fonça droit dessus, le prenant à la gorge et l'explosant contre le mur du bâtiment le plus proche, le détruisant sous le choc.
 
Ses mots lui revenaient en mémoire, et chacun réveillait une plus forte envie de meurtre que le précédent.
 
« Elle m'appartient »
 
« C'est moi qui lui ai tout appris »
 
« Rendez-la moi gentiment, ou vous finirez comme lui... »
 
 
 
-Tu vas voir si elle t'appartient !
 
Ses poings s'enchaînèrent à une vitesse folle sur le visage de l'ennemi, jusqu'à l'intervention de la jeune femme. Le corps entier de Mikoto était recouvert de ses flammes écarlates, mais elles ne blessèrent pas la blanche.
 
-Arrête Mikoto ! Arrête...! Arrête... Mikoto, s'il te plait...
 
En sentant ses bras fins autour de sa taille, il se rendit compte de l'état désastreux dans lequel il avait mis celui sur qui il s'était défoulé. K.O., il était recouvert de bleus et de brûlures, et les poings du roi étaient amochés aussi. Il ne s'était même rendu compte que son souffle était devenu court, et qu'il peinait à retrouver une respiration normale.
 
Néanmoins, il ne comprenait pas le geste de Lassia.
 
-Pourquoi tu m'empêches d'achever cet enfoiré ?!
 
-Parce que ton épée va finir par tomber Mikoto ! Cria-t-elle désespérément en le serrant un peu plus contre elle.
 
Il se stoppa, cessant son pouvoir en regardant son épée de Damoclès. Il soupira. Il avait oublié.
 
-Je ne veux pas que tu te blesses pour ça, je ne veux pas que tu aies du sang  sur les mains à cause de moi, alors rentrons maintenant, d'accord... ?
 
Il jeta un dernier regard à l'homme défiguré et inconscient.
 
-Je ne mourrais pas, ne t'inquiète pas, la rassura-t-il en se retournant pour poser une de ses mains sur sa tête. »
 
Il lui offrit un sourire comme il en faisait peu. Un doux sourire, accompagné d'une excuse qui fut à peine audible. La dernière chose qu'il voulait, c'était bien l'inquiéter. Elle y répondit, le traitant d'imbécile tout aussi discrètement.
 
Suite à cette victoire, tous rentrèrent, proposant une fête pour se détendre un peu après la bataille. Le roi accepta après avoir jeté un regard à la principale concernée qui lui donna son approbation. Elle pourrait enfin faire son deuil correctement, soutenue par ses amis et le roi rouge. C'était tout ce dont elle avait besoin maintenant. Mais tout ne se passa pas comme prévu.
 
Alors que la fête battait son plein, des filles voulurent entrer en voyant l'ambiance joyeuse du bar. Lassia, qui était la plus près de l'entrée puisque Mikoto était parti se changer, les fit sortir en les informant que ce soir, c'était privé. Mais elle fut coincée dans le pas de la porte devant les filles qui insistèrent pour voir le roi. D'ailleurs, elles étaient relativement peu habillées, provocantes et le fait qu'elles l'appelaient par son prénom la perturba un peu.
 
« Mikoto côtoie ce genre de filles... ? »
 
Voilà le genre de questions qui assaillirent l'esprit de la jeune femme. Et ses inquiétudes se confirmèrent lorsque le concerné apparu derrière elle, fronçant les sourcils devant le problème qui lui déplaisait au plus haut point. Le rouge passa devant elle, dans un geste qui se voulait protecteur bien qu'elle ne le comprit pas comme ça, déclarant qu'il s'en chargeait avant de sortir avec les filles qui semblaient, quant à elles, ravies.
 
La jeune femme n'arriva pas à formuler ce qu'elle voulait dire. Combien de temps allait-il resté dehors ? Qu'allait-il faire ?
 
Incapable de s'y résoudre, elle remonta dans sa chambre, le c½ur lourd. Car oui, depuis le moment où elle lui avait révélé l'inavouable, montré ce qu'elle n'avait jamais exposé... Quand il l'avait pris dans ses bras si tendrement, sans hésiter lorsqu'elle en avait vraiment besoin... Lorsqu'il était passé à deux doigts de tuer son ennemi juste pour elle, qu'il s'était mis dans une colère noire pour elle, et uniquement pour elle...
 
Elle en était tout bêtement tombée amoureuse.
 
Le souvenir de ses bras chauds l'entourant réchauffait son c½ur souffrant. Se calant sous sa fenêtre dans la chambre inondée de ténèbres, elle se remémora tous les souvenirs qu'ils avaient partagé tous les deux. Et seulement tous les deux.
 
Jusqu'au moment où ses pensées furent interrompues par des voix féminines et criardes. La vitre étant ouverte, elle pouvait entendre ce qu'il se passait dans la rue, et y jeta donc un ½il par réflexe. C'est alors qu'elle vit Mikoto et le groupe de filles qui tenaient tant à le voir.
 
L'une d'elle s'approcha de lui, dans sa robe courte et moulante, mettant en avant sa poitrine généreuse. Le pire, c'est qu'elle était belle, cette blonde. Son maquillage était sophistiqué, et sa confiance en elle transcendait. La jeune femme enroula ses mains parfaitement manucurées autour du cou du rouge qui quant à lui, avait les mains dans les poches de son jean, ne bougeant pas d'un pouce. La blonde se colla contre lui, avant de l'embrasser, là, sous ses yeux, alors qu'il ne réagissait pas.
 
Pourquoi avoir fait tant pour elle si c'était pour finir comme ça ? Pourquoi il ne l'avait pas repoussé ? Pourquoi lui avoir tant fait croire qu'il y avait quelque chose entre eux... ? Pourquoi... ?
 
Elle se disait qu'elle n'aurait jamais cru Mikoto capable d'une chose pareille. Mais en réalité, elle le savait. Elle se voilait simplement la face. Un homme tel que lui fréquentait forcément ce genre de femmes. C'était ridicule de penser le contraire.
 
Les larmes naissant, elle claqua la fenêtre et se réfugia sur son lit. Le bruit fit sursauter le rouge, qui en réalité voulait prouver que rien qu'avec son regard, la jeune femme devant lui n'obtiendrait pas ce qu'elle voulait. Pas cette fois.
 
Des baisers, à vrai dire, il en avait reçu beaucoup, trop même. Mais il n'en avait jamais vraiment donné.
 
Il finit par repousser le groupe et rentrer. Il remarqua l'absence de la blanche, et la présence de son verre à moitié plein. Le roi interrogea son ami du regard, qui haussa les épaules, le visage grimaçant, tout en regardant l'escalier.
 
Tout le clan avait remarqué la proximité inhabituelle du roi avec Lassia. Mais il n'avait pas un passé très reluisant, et en apprenant la vérité, la jeune femme serait sans doute blessée. Et ça n'avait pas manqué.
 
Mikoto se pressa de monter les marches, toquant à la porte de la chambre de la blanche. Mais aucune réponse ne se fit entendre. Elle savait que c'était lui, rien qu'à sa façon de marcher. Le rouge l'appela plusieurs fois, sans jamais lever la voix. Posa plusieurs questions qui demeurèrent sans réponse. Se résigna à partir après lui avoir dit qu'il sera toujours là si besoin.
 
Il regagna sa chambre, s'affalant sur le lit. Pourquoi ce changement de comportement soudain ? Il ne l'avait quitté qu'une dizaine de minutes, et pourtant, ça avait suffit à semer le trouble entre eux. Il repensa à ses dernières actions, essayant de comprendre ce qu'il avait bien pu faire de mal envers elle. Mais il ne comprît pas plus.
 
De nouveau sur ce grand lit, seul, le vide qui avait été comblé pendant quelques temps revint l'assaillir.
 
Le temps passa, et Lassia l'évitait toujours. Essayant d'oublier ce qu'elle ressentait à chaque fois qu'elle le voyait. C'était trop dur. L'imaginer avec d'autres filles dans son lit, elle ne le supportait pas. Et ce qu'elle supportait encore moins, c'était qu'elle n'était pas en droit de l'en empêcher.
 
Pourtant Mikoto essayait de lui parler. Mais soit elle filait, soit elle ne lui répondait que le strict nécessaire. D'ailleurs, elle avait arrêté l'entraînement, et l'un comme l'autre semblait de plus en plus mal au fil des jours... Le rouge touchait de plus en plus à l'alcool, cette situation le rendait fou. Jamais il n'aurait pensé que tous ces moments avec elle cesseraient aussi brutalement. Il voulait comprendre pourquoi, mais surtout arranger les choses, qu'elle le regarde, qu'elle lui sourie.
 
La sensation de l'avoir dans ses bras... Il pensait avoir rêvé ce moment tant il lui semblait loin. Cette chaleur au creux de ses bras, au fond de sa poitrine. Tout ça ne pouvait être qu'illusion !
 
Le roi jura en pensant cela, posant brutalement son verre d'alcool sur la table basse de sa chambre. Soudain, on toqua. Chose rare. Il grogna qu'il ne voulait voir personne, mais la porte s'ouvrit tout de même.
 
Sur elle.
 
La lumière du couloir vint illuminer la chambre obscure. Ou peut-être était-ce sa présence. Il ne savait plus.
 
« -Izumo dit que tu refuses de manger, alors il a pensé que si c'était moi, tu voudrais bien. Je sais pas pourquoi il a dit ça, y'a aucune raison, mais bon...
 
Elle déposa le plateau-repas sur la commode la plus proche. Mikoto avait l'impression de revivre la première fois qu'il l'avait vu, la détaillant de la même façon que ce jour-là. Ses cheveux brillaient grâce à la lumière artificielle, et il resta bouche-bée un instant devant la jeune femme qu'il aurait facilement qualifiée de belle s'il avait pu parler.
 
Il se leva si brusquement que la blanche en sursauta. Ne sachant que faire, elle se redirigea vers la porte, mais Mikoto, en la voyant s'éloigner, encore, ne put rester statique. Il se précipita vers elle, fermant brusquement la porte entrouverte. Peut-être était-ce l'alcool dans ses veines qui parlait pour lui.
 
-Reste.
 
Plus qu'un ordre, une supplication.
 
Cependant, il ne fit rien pour l'obliger physiquement. Seulement ancrer son regard dans le sien, à quelques centimètres de la jeune femme, plaquée contre le mur de sa chambre. Elle fut pris de court par cette demande, mais sentit l'odeur typique de l'alcool.
 
-Mikoto, tu as trop bu...
 
-L'alcool n'a rien à voir là-dedans.
 
Il passa un bras derrière elle pour la plaquer doucement contre lui. Plus qu'une envie, un véritable besoin. La vue de son cou fut tentatrice. Et le pire de tout, c'est qu'elle ne le repoussait pas.
 
Oui, elle était totalement perdue. Convaincue qu'elle ne l'intéressait pas le moins du monde, qu'est-ce qu'il lui prenait ?
 
Remontant sa main gauche au niveau de son cou immaculé, il le caressa du bout des doigts, la faisant frissonner. N'en tenant plus, il embrassa cette peau qui s'offrait à lui, faisant néanmoins rougir la blanche.
 
-Je te veux... Je veux te faire mienne, Lassia... Murmura-t-il à son oreille.
 
C'était le blanc total dans l'esprit de la jeune femme. Elle pensait avoir rêvé ses paroles dignes d'un roi comme Mikoto, mais qu'elle n'aurait jamais pensé entendre.
 
Les baisers s'enchaînèrent le long de cette unique partie du corps, Lassia soupirant de satisfaction à ces multiples contacts tandis que ses bras s'enroulèrent autour de sa taille. Ses lèvres étaient douces, et chaudes. Ses mains l'étaient aussi, tout son corps semblait en feu.
 
-Va-t'en... Avant que je ne puisse plus me retenir.
 
Il voulait tout sauf lui faire du mal. Il relâcha difficilement sa prise, alors que la jeune femme passa ses bras autour de lui.
 
Il la désirait. L'homme qu'elle aimait la désirait elle, et pas une autre fille. Alors était-ce si mal de refuser ? Qui avait-il de mal à ça ? Y avait-il une seule raison de refuser une telle demande ?
 
-Fais-le. Mais à une condition.
 
Surpris, le rouge ne réagit pas tout de suite, croyant avoir rêvé. Pourtant, elle était bien en train de l'enlacer, ce n'était pas un mirage.
 
-Fais-moi l'amour... Comme si tu m'aimais.
 
L'aimer ? Ça, le rouge n'en avait pas encore conscience. Son esprit n'était qu'envahi de désir. Jamais il n'avait autant désiré une femme de sa vie. Mais tout l'attirait chez elle, absolument tout.
 
Comme réponse à sa demande, il passa ses mains sous son haut, caressant la peau si douce de son dos, tout en déposant un chaste baiser sur les lèvres légèrement rosées de la blanche.
 
Leur premier baiser, durant lequel aucun des deux n'osa respirer pendant les premières secondes.
 
Mais il s'intensifia bien vite, toujours en cherchant l'autorisation de la jeune femme, sa langue passa la barrière de ses lèvres après quelques caresses. Commença un langoureux baiser auquel elle répondit avec tout son amour, après que le roi ait descendu ses mains sur ses hanches pour la remettre contre lui dans un unique geste un peu brusque, mais prouvant le désir ardent qui l'habitait.
 
Elle l'aimait, il la désirait. Personne n'était perdant. Même si elle savait qu'elle en souffrirait. Que ce n'était moralement pas correct. Mais jamais elle ne pourrait regretter cette nuit passée à ses côtés. Jamais.
 
Si la seule chose qu'elle pouvait lui offrir était elle-même, alors elle le ferait. Sans hésiter.
 
La fougue ayant définitivement pris possession de son corps, le roi passa ses bras sous les fesses de la jeune femme pour la porter jusqu'à son lit. Quant à elle, elle enroula ses jambes autour de son bas-ventre pour lui faciliter la tâche, ne lâchant pas ses lèvres d'un millimètre.
 
Mikoto déposa la jeune femme sur le matelas, délicatement, comme si elle risquait de se briser s'il ne faisait pas attention. Il recula, coupant leur échange pour enlever son t-shirt, étant maintenant à moitié nu. Lassia n'osa pas regarder son torse, pourtant pas si musclé, mais magnifiquement bien dessiné tout de même. Le concerné rit doucement à cette réaction innocente et vint rembrasser la première zone qu'il avait jamais touché.
 
-T'as le droit de toucher tu sais, susurra-t-il au creux de son oreille, faisant s'empourprer encore plus la blanche.
 
-Arrête de te foutre de moi, répliqua-t-elle en tapant légèrement ses pectoraux.
 
-Désolé, c'est juste... Que tu es vraiment mignonne quand tu es gênée... »
 
C'était également la première fois pour le rouge qu'il faisait un compliment. Tant de premières fois avec cette fille si spéciale...
 
Elle rougit de plus belle, avant de se reprendre et passer ses mains dans son cou pour l'embrasser. Maintenant qu'elle avait droit à ses lèvres, elle n'allait pas s'en priver, même si ce n'était que pour une seule nuit.
 
Mais elle ne se fit pas trop entreprenante, bien qu'elle se laissa aller à caresser son torse. Elle se doutait de son caractère dominant, donc elle se laisserait faire. Pour une seule fois, après tout...
 
Son haut et les jeans finirent vite au sol, et Mikoto se stoppa devant la jeune femme peu vêtue. Il la dévorait littéralement des yeux. Dieu qu'elle était sexy dans ses sous-vêtements noirs.
 
Elle cacha néanmoins un peu sa poitrine qu'il ne pensait pas si généreuse sans pour autant trop l'être, et il sourit. Elle était intimidée par le roi, ce n'était pas n'importe qui. Mais comme s'il l'avait senti, il prit sa main et y déposa un baiser, parcourant son corps entier de ses grandes mains chaudes une seconde fois, ce qui la faisait toujours autant frissonner pour le plus grand plaisir du rouge.
 
DEBUT LEMON
 
A partir de cet instant, les mots ne furent plus utiles. Ils se comprenaient, dans leurs regards et leurs gestes. Il fut délicat lorsqu'il s'agissait de ses zones sensibles, dégrafant son soutien-gorge durant un énième baiser alors qu'il était maintenant au-dessus d'elle. Le rouge enleva l'avant-dernier vêtement avec délicatesse, rejoignant les autres, tout en embrassant la naissance de ses seins.
 
Parcourant ses formes du bout des doigts, il vint titiller gentiment l'une des pointes, provoquant les premiers gémissements de plaisir de la jeune femme. Chose qui dura assez longtemps pour commencer. Il ne pensait cependant pas que ses simples petits cris lui feraient tant d'effet, effet déjà visible à travers le boxer du rouge.
 
Mais il passa outre ses propres désirs. Il voulait lui donner autant de plaisir que possible. Lui faire l'amour comme il ne l'avait jamais fait.
 
Voyant que son regard humide de désir en demandait plus, il ne garda qu'une main pour s'occuper de sa poitrine, et suivit lentement la ligne de son ventre du bout des doigts jusqu'à son intimité. Le rouge caressa l'intérieur de ses cuisses, qu'elle écarta lentement sous ses gestes. Il attendit cependant qu'elle soit sûre avant de glisser ses doigts sous le dernier morceau de tissu cachant sa nudité.
 
Mikoto caressa l'entrée de son antre, ne faisant qu'accroître lentement le feu du désir de Lassia, avant d'entrer un premier doigt à l'intérieur. Il fit quelques va-et-vient, faisant toujours plus gémir la jeune femme qui se raccrochait désespérément à lui. Il continua de plus belle, toujours avec la même tendresse, avec un second doigt.
 
Ce petit jeu dura quelques minutes, pendant lequel la blanche désirait de plus en plus en finir avec cette torture si plaisante.
 
Quant au roi, il n'en tenait plus. Ses gémissements faisaient naître en lui un feu ardent qui grandissait un peu plus à chaque nouveau cri.
 
Se remettant à califourchon au-dessus de sa belle, il lui laissa quelques instants de répit durant lesquels il la contemplait toujours si intensément. Elle passa une main dans ses cheveux, le regardant avec le même désir dans les yeux alors qu'elle tentait de reprendre son souffle.
 
Elle baissa les yeux vers son membre, qu'elle devinait à son maximum au vu de son boxer. Comprenant son envie, elle acquiesça. Le roi passa ses doigts une nouvelle fois sur le tissu maintenant humide pour lui retirer, avant de lui-même se mettre à nu.
 
Mais en premier, il la prit dans ses bras, lui déposa un baiser sur le front tout en positionnant sa virilité à l'entrée de son intimité, pour qu'elle écarte instinctivement les jambes. Lentement, il la pénétra dans un râle de plaisir, sentant son désir qui ne tenait plus. Quant à elle, la blanche s'enroula autour du bassin du rouge une fois l'appareil entièrement rentré, lui faisant pousser un cri de plaisir étouffé mais néanmoins plus intense qu'auparavant.
 
Il resta ainsi quelques secondes, afin d'apprécier pleinement cette sensation d'être enfin en elle. Puis il commença une série de va-et-vient, doux et lents au début pour ne pas la brusquer, provoquant des cris chez la jeune femme qui se firent plus forts que lors de ses « petits jeux ». Mais il voulut lui donner encore plus.
 
C'est ainsi qu'ils devinrent plus vifs et fougueux par la suite, mais sans jamais devenir violents. Cette fois, la réaction de la blanche fut immédiate. A chaque fois qu'il atteignait le fond de son être, elle lâchait des cris plus puissants les uns que les autres, provoquant des râles similaires chez le rouge.
 
Durant leur union, il ne la lâcha pas. S'assurant de lui donner autant de plaisir que possible, il l'embrassa, bien qu'il fut difficile pour elle d'y répondre sous la vague intense de jouissance qu'il provoquait à l'intérieur de son être. Alors il se rabattit sur les pointes durcies de la jeune femme, ce qui donna l'effet recherché. En réaction, ses ongles s'enfoncèrent dans ses omoplates, y laissant des traces rougeâtres sans pour autant le faire saigner.
 
Elle voulait lui dire qu'elle l'aimait. Elle voulait tellement lui dire, mais seul son nom passa le barrage de ses lèvres. Le roi de son côté, répondit à ses appels en prononçant le sien de la même manière. L'orgasme grandissait pour eux deux à chaque fois que son membre durci parcourrait et heurtait le fond de la blanche, et ils ne purent le contenir plus longtemps. C'est ainsi qu'entre râles et gémissements de bonheur de s'unir ensemble, ils crièrent le prénom de l'autre dans un ultime coup de rein.
 
FIN LEMON
 
Tous deux transpirants et essoufflés, il se retira doucement avant de s'écrouler à côté de la jeune femme, l'entourant de l'un de ses bras. La nuit était déjà bien avancée, et la blanche se retrouva fatiguée de cet échange qu'elle n'aurait pas imaginé si fougueux. Profitant de l'homme qu'elle aimait pour la fin de la nuit, elle s'endormit à ses côtés. Puisque c'était probablement la seule fois où elle pourrait le faire, autant en profiter jusqu'au bout.
 
Contre toute attente, cette nuit fut aussi torride qu'emplie d'amour. Même si aucun des deux ne l'avait avoué...
 
Mikoto, inconsciemment, dormit tout en la serrant contre lui. Par peur qu'elle ne parte elle aussi. Ce n'est que le lendemain, lorsque les premiers rayons du soleil percèrent que la blanche se réveilla. L'étreinte du roi avait diminué, et elle pouvait maintenant se défaire de ses bras.
 
Elle soupira en se souvenant de la nuit qu'elle avait passée avec lui. Elle se souvint qu'il avait bu. Et se rappela que lui considérait peut-être leur union comme une erreur. Si toute fois il s'en rappelait.
 
La jeune femme s'assit en s'éloignant un peu dans l'intention de se lever, bien que l'envie n'y était pas. Elle regarda longuement le visage endormi du rouge, voulant lui caresser les cheveux. Mais elle résista à la tentation.
 
Cependant, à peine eut elle fait un mouvement pour quitter le lit qu'il l'attrapa par le poignet.
 
« -Qu'est-ce que tu fais ? Demanda-t-il sur un ton mi-inquiet, mi-autoritaire.
 
-Tu ne dormais pas... ? Fit la blanche, un peu déboussolée.
 
-Si, mais j'ai senti que tu n'étais plus là.
 
Elle resta muette, ne sachant que dire. Baissant la tête, elle se rappela cette nuit, et se mordit la lèvre inférieure. Combien en avait-il ramené comme ça ? Combien...
 
-Qu'est-ce que ça peut te faire ?
 
L'air soudain accusateur de la jeune femme fit ouvrir de grands yeux surpris au roi.
 
-Combien t'as amadoué de filles comme ça pour les ramener dans ton lit ? Combien t'en as piégé, hein ?
 
Non, ce n'était pas ce qu'elle voulait dire. Car il faisait ce qu'il voulait. Et elle n'était pas mieux que les filles en question. Mais ça lui faisait tellement mal de l'admettre.
 
Quant au rouge, il baissa à son tour les yeux sous ses accusations, bien qu'il fût incapable de la lâcher, sans pour autant lui faire mal.
 
-J'ai toujours fait ça dans des hôtels avant, t'es la première à entrer dans ma chambre.
 
C'était la vérité, mais Lassia la refusait.
 
-A d'autres... Nia la jeune femme en voulant se défaire de l'emprise du rouge.
 
-Tu regrettes cette nuit ?
 
Elle se figea. C'était la pire question qu'il pouvait lui poser. Mais si elle lui répondait oui, alors il laisserait tomber, même s'il avait enfin compris ses sentiments. Cependant, les larmes pointèrent au bord des paupières de la blanche.
 
-Comme si je pouvais regretter... De m'être unie à l'homme que j'aime...
 
Elle l'avait dit. D'ailleurs, Mikoto en resta stoïque, convaincu d'une réponse positive à sa question. Elle défit son poignet dans l'intention de fuir, mais à peine avait-elle rompu ce contact qu'il l'empêcha une nouvelle fois de partir. La forçant à être dos au lit en dessous du rouge, il lui maintint les poignets sans lui faire mal.
 
-Attends ! Je sais que j'ai fait n'importe quoi, mais je ne veux plus jamais être loin de toi. Tu as comblé cette solitude qui me bouffait avant ton arrivée dans ma vie !
 
Il passa une main sur sa joue, essuyant délicatement la larme qui avait coulé avec son pouce, tout en remontant un peu son visage pour qu'elle le regarde vraiment.
 
-Regarde-moi. Je te jure, sur tout ce que j'ai, que je n'ai jamais ramené de filles ici, que je n'ai jamais fait l'amour comme je l'ai fait cette nuit, que je n'ai jamais embrassé une fille comme ça jusque maintenant.
 
-Arrête, tu avais bu, je le sais pertinemment ! Si ça se trouve tu inventes tout pour me convaincre !
 
-Je t'ai déjà dit que l'alcool n'avait rien à avoir là-dedans !
 
Les perles salées s'enchaînèrent sur les joues de la blanche, incapable de croire de si doux mots. Blessé qu'elle n'arrive pas à le croire, il n'eut qu'une possibilité pour la convaincre de sa sincérité, même s'il n'aimait pas ça.
 
Rattrapant son deuxième poignet dans une de ses mains, il eut un air sombre sur le visage.
 
-Je vais te montrer comment je leur faisais l'amour, si tu ne me crois pas.
 
Elle se figea à ses mots, sentant ses poignets lui faire mal. Elle ne pouvait pas se dégager, et la main libre de Mikoto écarta brutalement les jambes de la blanche tout en la regardant dans les yeux.
 
-A-Arrête, supplia-t-elle, le regard apeuré.
 
Le rouge, baissant la tête, ne répondit rien. Oui, les filles avec qui il avait couché avant aimaient lorsqu'il était brutal. Mais avec elle, il en était tout bonnement incapable.
 
Alors qu'elle ferma les yeux en s'attendant au choc d'une pénétration brutale, il vint l'enlacer dans une tendre étreinte.
 
-Pardonne-moi, mais je n'avais pas le choix. Je veux juste que tu comprennes à quel point tu es différente, à quel point je tiens à toi. J'ai tout compris pendant qu'on le faisait, car c'est la première fois que ça avait un sens ! Je suis le dernier des abrutis mais... Je voudrais juste tout recommencer, le faire bien... Laisse-moi essayer, rien qu'une fois, une seule fois. Laisse-moi une dernière chance de te prouver à quel point je suis tombé amoureux de toi...
 
Il avait l'impression de la perdre, comme il l'avait perdu à partir du jour où elle l'évitait. Mais il ne pouvait pas la retenir si elle ne le voulait pas. A cette pensée, il ferma les yeux, serrant les dents en pensant à l'éventualité qu'elle ne lui pardonnerait peut-être pas. Et son mutisme n'arrangeait rien.
 
-Tu peux... répéter ce que tu viens de dire... ?
 
Il rouvrit lentement les yeux à sa question hésitante, sentant également ses mains se poser sur ses joues.
 
-Je... Je suis tombé amoureux de toi... fit-il en détournant  le regard, une pointe de rose sur ses joues, témoignant de sa gêne.
 
Après tout, ce n'était pas quelque chose qu'un roi disait à tout va. Surtout pas le roi rouge. Mais c'était un fait, la vérité. Une évidence.
 
-Depuis que je t'ai vu la première fois... J'ai su que tu n'étais pas comme  les autres. Je m'en veux... d'avoir tant merdé.
 
Le rouge posa sa main sur l'une des siennes. Il la regarda à nouveau en l'entendant rire légèrement, revoyant enfin son sourire sous ses larmes.
 
-Tu auras vraiment mis le temps... »
 
Il se pencha pour déposer un nouveau baiser sur ses lèvres, auquel elle répondit tendrement. Un baiser salé que même leur nudité n'approfondit pas. Ils voulaient exprimer leur amour, qu'ils savaient maintenant réciproque, d'une autre façon que cette nuit-là.
 
Mikoto Suoh, le roi rouge, à qui apparemment ne manquait rien, se sentait enfin entier. Quelqu'un à protéger, à qui donner toute la tendresse qu'il n'avait jamais pu exprimer... Voilà tout ce que Mikoto Suoh voulait.
 
Et c'est probablement la chose que tout le monde recherche au fond, non ?
 
THE END
Un autre écrit sur Project K? Clic ici !
Comme si tu m'aimais
Je tiens a me répéter : cet écrit est loin d'être parfait, mais j'espère qu'il vous à plu ou distrait un minimum quand même, parce que j'ai grave aimé l'écrire, j'vais pas vous le cacher.

C'est un OS "défouloir" comme je l'appelle. J'avais qu'une scène en tête et tout le reste je l'ai inventé sur le tas, donc si c'est bancal, c'est normal !

N'hésitez pas à repérer les fautes que j'aurais laissé échappé, ça m'aide toujours !

Mais surtout, dites-moi ce que vous en avez pensez, enfin en particulier le lemon, qui est sans doute la partie la plus travaillée tellement je n'avais aucune idée de comment agencer le truc, mais j'aime bien, au final '^' et vous?

Le prochain écrit sera ce que j'ai le plus avancé : un mutli-shot (qui devait être un OS à la base, LEL) sur One Piece (enfin le film Adventure of Nebulandia que j'ai kiffé) mais après je pense me reconcentrer sur ma fic Nana, pas d'inquiètude ! Avec un autre truc à côté, évidemment, j'ai jamais la vie simple moi o/

Merci d'avoir lu jusqu'au bout, kissou !

 

Comme si tu m'aimais

Tags : Project K