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Blog en reconstruction 01/12/2017

 


Bonjour ou bonsoir, cela dépendra de l'heure à laquelle tu liras ces quelques lignes.
Si tu es déjà venu sur mon blog, tu te souviens peut-être qu'il s'agissait plus d'un endroit où je listais une tonne d'écrits prévus, qui n'ont finalement jamais vu le jour après une très -trop- longue absence.

J'hésite à repartir sur un WordPress pour mes fictions, mais je préfère rester ici, car je sais que malgré la case dans laquelle est rangé Skyrock (adoprépubère) il existe des auteur(e)s et lectrice(eur)s adorables et matures sur cette plateforme.
 
Aussi, je laisserai évidemment tous mes écrits présentement terminés, cependant, je vais supprimer mon "planning" que je n'ai jamais su tenir.
 
Ceux ayant lu les premiers chapitres de ma fic sur Nana seront rassurés, je la reprendrai juste après celle que je compte réaliser pour la réouverture du blog:
 
Une fanfiction sur Food Wars, coécrite par un ami cher à mon coeur, Ely.
Il s'agira d'une adaptation d'un long RP que j'affectionne énormément. Et j'espère réussir à retranscrire, avec son aide, les sentiments de nos chers personnages j'ai nommé : 
Ma Lassou préférée, évidemment, ainsi que ... Akira Hamaya!
Notre bel indien préféré un peu oublié de Food Wars!
 
J'espère que vous serez au rendez-vous, j'ajouterai le synopsis en temps voulu. N'hésitez pas à partager votre enthousiasme pour Spice and Chocolate, la fiction tournant autour de l'amour, de la vie, et de la cuisine! :)

Ce qu'il faut savoir sur: Deadman Wonderland 22/10/2015

Ce qu'il faut savoir sur: Deadman Wonderland

 


Deadman Wonderland est l'un des rares animes "gores" que j'ai pu regarder, vu que je n'aime pas ce genre. Mais c'est beaucoup plus sanglant et sombre que gore, en fait bien qu'il y ait des touches d'humour appréciées. En plus il a un de ces opening génialissime!
 
En résumé, un principe très bien tourné qui fait réfléchir sur la réalité et l'honnêteté de notre monde. Enfin bref, c'était le petit moment pub x) Même si je suis triste qu'il ne s'agisse (pour l'instant) que d'une adaptation faite pour attirer les gens vers le manga. 
 
Dans Deadman Wonderland, le principe est simple: c'est une prison privée sous ses faux airs de parc d'attraction ouvert au public. Il y a deux sortes de prisonniers: les deadmen, tous surnommés par un nom d'oiseau (le Corbeau, le Colibri...), ceux participant à des combats entre utilisateurs de l'arbre de sang (pouvoir permettant de contrôler son sang pour combattre), regroupés dans le secteur G, lui-même n'apparaissant pas sur les registres de sécurité officiels de la prison. Les autres sont des prisonniers lambda. 
 
Les combats organisés entre deadmen sont ceux qui ont le plus de succès, car les plus violents et sanglants. Mais le fonctionnement de la prison reste le même pour tout le monde: chaque prisonnier a un collier lui injectant une toxine mortelle si en 3 jours aucun antidote n'a été pris. Ils s'obtiennent avec des cast points, que l'on gagne après chaque victoire lors des combats, ou lors des attractions organisées par la prison pour les prisonniers normaux.
 
Dans cette prison, les prisonniers peuvent être, évidemment, des meurtriers, ou juste des gens ayant commis des délits. Cependant, comme Ganta et sûrement Senji, ils peuvent s'être fait prendre au piège, faussement accusés et retrouvés là par le directeur de cet enfer pour son simple divertissement. (le pire c'est qu'il est fourbe cette enculé)

 


Synopsis:                                                                                                                                                                                                                 Adaptation animée du manga du même nom, Deadman Wonderland suit le destin hors norme de Ganta Igarashi, collégien japonais de la ville de Nagano en l'année 2023. Accusé à tort du meurtre de toute sa classe, il est condamné à mort et envoyé à Deadman Wonderland, une prison privée construite sur les ruines de Tokyo. Celle-ci est également un parc d'attraction qui propose à ses spectateurs des jeux sanglants dont les victimes ne sont nulles autres que les détenus. Les prisonniers sont tenus d'y participer pour survivre. En effet, ils sont équipés d'un collier qui leur injecte quotidiennement de légères doses de toxines (fatales au bout de trois jours). Le seul antidote est un bonbon qu'ils peuvent acheter à l'aide des cast points gagnés durant ces jeux. Ganta, protégé par Shiro, une fille aux cheveux et à la peau blancs, reste néanmoins hanté par le souvenir du véritable meurtrier, un individu en armure rouge au sourire dément. Il ignore toutefois qu'il a laissé une trace en lui : un cristal rouge détenteur d'un étrange pouvoir...                                                                  Découvre l'anime ici

 

Ce qu'il faut savoir sur: Deadman Wonderland

 

Alors, cette fois, les personnages seront encore plus limités que d'habitude. Je pense en mettre cinq sur la totalité apparaissant dans l'anime original, dont deux plus ou moins récurrents et deux simplement évoqués. Tous seront des utilisateurs de l'arbre de sang. Le personnage principal avec mon OC restera Senji Kiyomasa (qui est un ÉNORME coup de c½ur, soit dit en passant), les autres seront tout de même secondaire, même si c'est à différents degrés.

 

Ce qu'il faut savoir sur: Deadman Wonderland

 

Ce qu'il faut savoir sur: Deadman Wonderland

 


Ce qu'il faut savoir sur: Deadman Wonderland

 


Plus d'infos:
- Je vais à peu près respecter les pensées et les caractères des personnages, enfin surtout de Senji, puisque l'histoire sera accès plus sur lui que sur n'importe quel autre personnage de l'anime original (sauf Ganta qui est peut-être plus lavette qu'en temps normal).
- Je ne vais pas inventer beaucoup de choses par rapport au pouvoir de l'arbre de sang, simplement doter mon OC de ce pouvoir qu'elle maîtrisera comme elle voudra, offensivement ou non.
- Il me semble, dans l'anime original, que les combats entre deadmen et prisonniers lambda n'apparaissent pas. Je vais en mettre dans mon écrit, bien qu'il y ait une différence évidente notable de force.
-Les "Five One" est un classement qui n'existe pas dans l'anime original.
- Concernant le passé de Senji, j'extrapole sur les éléments donnés dans l'anime. Son passé et les raisons de sa présence dans cette prison sont encore obscures.

 

Mon écrit sur Deadman Wonderland:

Tags : Deadman Wonderland

Dove and Raven [Partie 1] 03/12/2015

Dove and Raven [Partie 1]
Gif: Deadman Wonderland - Senji Kiyomasa

 

Si vous ne connaissez pas le manga, lisez ça d'abord.

 

Je sortais, comme d'habitude, victorieuse de mon combat. J'utilisais toujours mon arbre de sang contre tous mes ennemis, pour être certaine de ma victoire. Gagner était devenu plus qu'une obligation. Je tuais mes ennemis dès que j'en avais l'occasion, un point c'est tout.

Depuis mon arrivée, et grâce à mon pouvoir, j'avais réussi à accumuler assez de Cast Points pour être relativement tranquille dans cette prison hostile. Je me payais donc une boisson avec au distributeur avant de me rendre au secteur G, là où tous les utilisateurs de l'arbre de sang étaient regroupés, surnommés d'un nom d'oiseau. Bien sûr, je ne faisais pas exception.

Je traversais les couloirs métalliques jusqu'à ma chambre tout en buvant. Une fois arrivée, je balançais la canette dans la poubelle avant de jeter mon débardeur et mon jean blanc sur le canapé, sans oublier d'enlever mes bottes. Tout était de cette même couleur, la même que mes cheveux.

Ma chambre était relativement spacieuse et confortable, sans aller dans l'excès. Lorsqu'on entrait, le lit était contre le mur du fond. Sur la droite, une porte menait à une petite salle de bain avec douche etc. Pour finir, entre le lit et la porte se trouvait un petit canapé en face d'une grande télé à écran plat avec un petit frigo, pour ne rien manquer des « spectacles » qui n'étaient rien d'autre que des combats sanglants.

Je poussais un long soupire et m'allongeais sur mon lit. Je décidais de me reposer quelques heures, au calme. Qu'est-ce que c'était chiant, de devoir se reposer après chaque combat à cause de ça.

Après deux heures de sommeil, je me réveillais et me dirigeais vers la salle de bain pour prendre une douche. Je retirais le reste de mes vêtements et les jetais sur le lit pour me débarrasser du sang de ma victime. Franchement, m'obliger à porter cette couleur tout le temps, c'était usant. Surtout que mes fringues ne restaient pas blanches bien longtemps avec ça.

Je sortis et m'enroulais dans une serviette avant de m'attacher négligemment mes longs cheveux neige. Je m'affalais alors sur mon canapé et pris un sandwich du frigo. De l'autre main, je saisis la télécommande et allumais l'écran.

Je pris une bouchée et pu constater qu'un combat venait de se finir. La caméra changea d'angle pour filmer le gagnant. Il s'agissait d'un homme d'une taille moyenne, brun et les cheveux en pique vers l'arrière, son sourcil droit surmonté des initiales DSMK. Il portait un long manteau noir ouvert sur son torse nu. Noir comme tout le reste de sa tenue sauf son jean bleu, puisque ses cheveux et même ses yeux l'étaient. Seul son collier de prisonnier gris jurait.

Cela me fit penser que je devais prendre mon bonbon pour ne pas être tuée par le poison moi aussi. Je le mangeais en une bouchée et repris mon sandwich juste après pour faire passer cet horrible goût. Il avait beau être un antipoison, qu'est-ce que c'était dégueulasse.

Quand mes yeux se reposèrent sur l'écran, l'homme en noir lança un regard meurtrier à la caméra, et ce ne fut qu'à cet instant que je remarquais ses armes de sang prenant naissance à ses avant-bras. Elles ressemblaient à des serres d'oiseau.

Mais elles ne restèrent pas longtemps, car lorsqu'il comprit qu'il avait gagné, il les fit disparaitre et se détourna de la caméra, repartant comme si de rien était.

-Et le vainqueur est, comme on pouvait s'y attendre, le-- !

J'avais coupé la télévision avant la fin de la phrase du présentateur. Je ne supportais vraiment pas ça voix, ça devait être l'humain que j'avais le plus envie de tuer maintenant.

Enfin, vu le début de sa phrase, cet homme en noir devait être populaire, alors pourquoi je ne l'avais jamais vu ? Sûrement parce que les personnes que je tue, c'est-à-dire n'importe qui dans cette prison, m'indiffèrent totalement.

Je me levais et jetais l'emballage de ma collation, mais mon regard fut de nouveau attiré par l'écran noir.

Alors pourquoi il attisait autant ma curiosité ? Je me maudissais presque de ne pas avoir laissé parler ce type à la voix de crécelle pour une fois.

Je me changeais, remettant les mêmes fringues mais en propre. Si c'était un utilisateur de l'arbre de sang, il était dans ce bloc, il n'y en avait pas vingt mille !

J'enfilais ma mitaine blanche sur la main droite et sortis faire un tour dans les couloirs de métal. Voulais-je essayer de trouver cet homme en noir ? Alors que je ne savais même pas son nom, ni son surnom, alors que je n'ai vu que rapidement son visage ?

Peut-être bien.

C'était la première fois qu'une personne suscitait mon intérêt sans pulsion meurtrière.

Je lâchais mes cheveux et passais le pas de la porte, empruntant le couloir principal. Après avoir passé un bon moment à marcher, une porte ouverte dans l'allée à ma gauche m'interpella. En effet, elle était complètement ouverte et de la lumière en provenait.

Je m'y rendais alors d'un pas méfiant. Je jetais un ½il à gauche et à droite tout en entrant, toujours sur mes gardes. Je remarquais alors qu'il s'agissait d'une salle de musculation, ou tout du moins d'entrainement, vu tout l'équipement qui s'y trouvait.

Mais mon regard fut vite attiré par un écran. Je me rapprochais, reconnaissant les décors des salles de combats. La caméra s'axa alors sur la personne qui combattait.

Mes yeux s'écarquillèrent légèrement. C'était moi. C'est mon dernier combat ! Mais qui pouvait bien regarder des anciens affrontements, et surtout les miens ?!

J'entendis alors un bruit métallique derrière moi. Surprise, je me retournais soudainement, tranchai ma paume gauche avec l'ongle de mon pouce de l'autre main pour en sortir un katana de sang avant de me mettre en garde. Le tout en une fraction de seconde.

-Tiens, mais t'es la nouvelle, constata alors l'homme qui me faisait maintenant face.

Je le détaillais de haut en bas. Il ne portait pas son long manteau noir, il était pour ainsi dire torse-nu, une simple serviette autour de son cou. Le bruit métallique venait d'une haltère qu'il venait de poser sur le comptoir à sa gauche.

Mes yeux remontèrent alors sur son visage. Mais c'est lorsque nos regards se croisèrent que je compris enfin, et quittais ma position de combat.

-Et toi, t'es celui qui vient de gagner haut la main ton combat, répondis-je simplement.

Il fit un sourire.

-J'en conclus donc que tu ne me connais pas plus que ça ? Enfin, c'est pas très étonnant, tu es nouvelle après tout. Je m'appelle Senji Kiyomasa, et toi ? Demanda-t-il le plus naturellement du monde.

Je fis disparaitre mon arme après quelques secondes. Ça faisait longtemps qu'une personne n'avait pas eu peur de moi. Enfin il était pas mal réputé, même si je ne l'avais jamais vu combattre.

Je me tournais de côté pour montrer la télé d'un mouvement de tête.

-Lassia Wendel. Sinon je peux savoir pourquoi tu regardais mon dernier combat ? Fis-je en croisant les bras.

Il reporta son attention sur l'écran, maintenant mit en pause. Je ressemblais à ça en combat ? Alors j'avais ce regard là... ?

Il passa une main derrière sa tête, semblant gêné.

-Je m'intéresse aux nouveaux arrivants qui possèdent l'arbre de sang, alors ça m'arrive de regarder d'anciens combats. Mais je t'avouerai que y'a pas que ça.

Il avait fini sa phrase sur un ton sérieux alors que j'arquais un sourcil.

-Ah bon ? Fis-je simplement, un tantinet curieuse.

Il s'avança vers l'écran, le regard toujours sérieux , fixant l'image où l'on me voyait de face.
 
-Je ne pensais pas rencontrer quelqu'un ici avec le même regard que moi quand il combat, murmura-t-il.

Il l'avait sûrement dit à lui-même, mais je l'avais pourtant entendu.

Oui, c'était ça. Ce regard, ce sentiment familier. Ce qui m'avait attiré. C'était ce regard.

-Bref, je ne suis pas si nouvelle que ça, ça fait maintenant quatre mois que suis ici tu sais.

Il se tourna vers moi, un sourire en coin.

-Tu restes une nouvelle pour moi, fit-il remarquer.
-Eh bien appelle moi tout de même par mon prénom, rétorquais-je un peu irritée en m'asseyant sur l'un des bancs.

Ça j'avais compris qu'il était là depuis un bail. Il n'avait pas l'air d'être un simple meurtrier, ni d'avoir été pris au piège avec de fausses accusations pour atterrir ici. Il n'aurait pas ce regard sinon.

Ce regard similaire au mien. Le regard de quelqu'un qui a compris la chose la plus essentielle concernant cette prison.

-Comme tu voudras, fit-il sans se vexer tout en allant rechercher son haltère.

Ça m'agaçait tellement, ce problème de merde. Je n'avais pas l'impression d'avoir couru des kilomètres, mais j'avoue que l'idée de rencontrer cet homme avec qui maintenant j'avais un lourd point commun m'avait envahi l'esprit. Alors peut-être que mes jambes avaient été plus vite que prévues sans que je m'en rende compte.

-Et tu comptes rester ici pendant encore longtemps ? Demanda-t-il en se rapprochant en se musclant.
-Pourquoi, je dérange ? Rétorquai-je en me tournant vers lui, arquant un sourcil.
-Pas vraiment, j'ai juste plus l'habitude d'être seul, et surtout pas avec une...fille, lâcha-t-il en tournant la tête, visiblement légèrement gêné.

Il était vraiment si fort que ça, ce mec ?

-Et puis, il est déjà minuit, tu sais, finit-il en reprenant un air calme.
-Quoi ? Minuit ? Répétai-je en me levant, ayant repris pleinement de ma « course ».

Il eut un sourire en coin.

-Je m'en doutais, t'as pas vu l'heure. Mon combat était le dernier de la journée, je te signale.
-Ouais, en parlant de ça, enchaînais-je sans me préoccuper de l'heure et en posant ma main droite sur ma hanche, pourquoi tu t'entraînes à une heure pareille ? Surtout après ton combat ?

Il souffla, amusé.

-J'appelle ça un combat, mais mettre en face de moi un prisonnier lambda s'appelle une exécution pure et simple, je suis pas fatigué le moins du monde. Mais toi c'était contre un deadman.
-J'ai fait une sieste, pas fatiguée, répondis-je simplement en me rasseyant.

Non, j'avais pas envie de partir. J'étais seule aussi depuis ma naissance, ou alors en compagnie plus qu'indésirée. La sienne, je l'appréciais.

Je ne comptais pas faire la conversation de toute façon. Je repris la télécommande qui trainait sur le banc et remis en marche l'écran. Et je remarquais alors qu'il n'y avait pas de son.

-Toi aussi tu supportes pas sa voix de crécelle ? Demandai-je pour voir si j'avais un deuxième point commun avec ce Senji.

-Hein ? Fit-il en se retournant vers moi. Ah le présentateur ? Rit-il. C'est vrai que j'aime pas l'entendre, lui et ses remarques inutiles, mais c'est pas pour ça. Le son m'empêche de me concentrer, c'est tout.
-Ah, je vois, répondis-je simplement en regardant de nouveau l'écran.

J'observais mes techniques. Ce n'était pas un combat que j'avais gagné avec difficulté, mais je me rendais compte que je n'avais jamais regardé mes affrontements. Pourtant, si je savais l'erreur que j'avais fait ce jour-là, je n'aurais pas ce foutu problème.

Je pouvais donc voir la vitesse à laquelle je me déplaçais lorsque je commençais à devenir sérieuse. Cette fois-ci, je n'avais pas achevé mon ennemi. Il avait clamé sa défaite avant. C'était la règle. Si l'adversaire admet sa défaite avant d'être tué, le combat est fini.

-Tu t'es bien débrouillée, comme les autres fois. Enfin, j'ai pas regardé tout tes combats non plus, mais de ce que j'ai vu, t'es forte, c'est sûr, sourit-il en voyant mon regard sévère envers mon image à l'écran.

Je fronçais les sourcils sans le regarder.

-Ce n'est pas encore assez, fis-je simplement en me levant, pensive.

Je me dirigeais vers la sortie, et étais sur le point de saluer Senji. Nous entendîmes une voix clamer son nom, puis je sentis qu'on me rentrait dedans. Je ne tombai pas contrairement au gamin qui m'avait cogné et qui était maintenant par terre.

Surprise, j'arquais un sourcil alors que le brun se mit à côté de moi, ayant reposé son haltère.

-Qu'est-ce que tu fous là Ganta ? Demanda-t-il en soupirant.
-Aïe aïe aïe... se plaignit-t-il avant de se relever. Senji je veux continuer mon entrainement ! Je savais que tu t'entrainerais et j'ai pas sommeil alors--

Il se stoppa dans sa détermination lorsqu'il remarqua ma présence. Je croisais les bras et lui lançais un regard suspicieux. Il me regarda de haut en bas, et je pus alors voir qu'il s'agissait d'un gamin brun, les yeux gris, habillé de la combinaison verdâtre des prisonniers normaux.

Il écarquilla alors les yeux avant de trembloter.

-M-Mais... C'est... C'est... Senji ! Qu'est-ce que la Co-- Bafouilla le gamin qui s'était caché derrière l'homme.
-Bon articule quand tu parles ou tais-toi ! Le coupa-t-il, excédé. Et puis c'est quoi le problème avec elle ? Elle est là depuis quatre mois, elle s'appelle Lassia Wendel, expliqua le brun pour qu'il se calme.
-M-Mais... ! Elle ne parle jamais à personne, elle effraie tout le monde Senji ! Elle a tué un nombre effrayant de prisonniers, même pour ici c'est anormal ! C'est un monstre !

Il se stoppa et me regarda. Je tressaillis à ses derniers mots. Oui, ça devait être comme ça qu'il me verrait aussi. Pas la peine d'essayer de sympathiser avec qui que ce soit. Sa réputation m'avait sûrement donné l'illusion que lui ne me verrait pas comme ça. Mais maintenant, c'était inutile.

Quant à savoir pourquoi ça m'importait, je n'en savais rien du tout.

Je repris ce que j'étais en train de faire en serrant les poings. J'étais sur le point de passer le pas de la porte lorsque j'entendis le rire de Senji.

-Vous êtes vraiment qu'une bande de lavettes, vous avez peur sans raison ici ! Tout le monde tue des gens dans cette prison ! S'exclama-t-il alors.

Je me stoppais à mon tour et le regardais, surprise. Il n'avait réellement pas peur de moi ? Il ne me voyait pas comme un monstre meurtrier ?

Il me regarda, puis me fit encore un sourire.

-Tout ce que je vois, c'est une fille de taille modeste qui sait se battre, c'est tout, conclu-t-il.

Je me figeais à ses mots, si surprenants pour moi à entendre. Si surprenant que j'eus besoin de quelques secondes pour percuter qu'il les avait vraiment prononcés. Mais un détail me fit réagir.

-Ma taille modeste t'emmerde ! M'emportai-je, le poing vers lui, ne supportant pas les réflexions sur mes 1m62.

Ganta qui avait arrêté de trembler poussa un cri de stupeur, tandis que Senji affichait une mine relativement surprise, se demandant sûrement pourquoi j'en faisais tant à cause de ma taille.

Je soupirai de nouveau et me retournai vers la porte.

-T'as qu'à avoir peur de moi, comme tout le monde, dis-je le regard sombre.
-Senji Kiyomasa n'a peur de personne, répondit-il du tac au tac. Et Ganta... commença-t-il avant de le soulever par sa combinaison pour le mettre devant moi. Excuse-toi, ordonna-t-il fermement.
-Hein ? Laissai-je échappé en le regardant faire alors que le gamin lui lança un regard ahurit.
-On ne dit pas à une fille que c'est un « monstre », abruti, fit-il d'une voix sévère en le forçant à s'incliner devant moi. Surtout lorsqu'on ne la connait pas.

Le garçon fit quelques autres tentatives infructueuses pour se justifier, mais Senji finit par lui lancer un regard qui même moi ne m'aurait pas laissé de marbre. D'ailleurs, le gamin n'en fut que plus terrorisé.

J'étais passée à deux doigts de perdre mes moyens devant cette scène irréaliste, mais heureusement je m'étais reprise à temps. Gardant cette position d'intouchable, les bras croisés et le regard froid, j'haussais simplement un sourcil.

Mais Senji reposa son regard ébène sur moi avant de rappuyer sa main sur la tête de l'enfant.

-Pardonnez-moi, Wendel-san ! S'exclama alors le gamin qui tremblait encore de peur.

Je regardais alors Senji dans les yeux, sans rien dire. Son regard d'encre et le mien magenta se croisèrent sans qu'aucun des deux ne dévie. Il garda ce regard sérieux, comme pour prouver qu'il ne se foutait pas de moi. Essayait-il de m'approcher de cette manière ? Parce que tout le monde me qualifiait de sauvage ou de monstre ?
Après tout, je ne pouvais pas dire le contraire.

J'entaillais ma main gauche avec l'ongle de mon pouce droit pour dégainer une nouvelle fois mon katana de sang à une vitesse ahurissante. Une vitesse qu'il ne pouvait visiblement pas suivre. La lame arriva à exactement un millimètre de la gorge du gamin.

-Dans quel but veux-tu devenir fort ? Un deadman incapable de suivre mes mouvements devrait déjà être mort.
 
Il déglutit, et Senji croisa à son tour les bras. Son regard avait changé. Changé dans le sens où il m'observait, intéressé par cette réaction, attendant la suite.

-Je... Je veux devenir fort pour pouvoir protéger les personnes qui me sont chères ! Je ne veux plus jamais être faible... Plus jamais !

Il avait sorti ces mots en pleurant à torrent. Malgré moi, je ne pus réprimer une mine surprise. Comment était-ce possible...?

Mon regard s'assombrit et je reculais. Les deux me regardèrent, intrigués.

-T'as du boulot, Senji.

Il afficha un visage légèrement surpris. Puis, après un court silence, le rire de l'homme aux cheveux de jais éclata.

-Ouais, je sais ! Mais comme t'as pu le comprendre, ce p'tit gars est intéressant, n'est-ce pas ?

Le concerné essuya ses yeux sans rien dire tandis que j'acquiesçais à la question du brun.

-Ah et une dernière chose, « Ganta »...

Il se stoppa net à l'entente de son prénom.

-Ne prononce plus jamais ce nom, c'est clair ?

Je lui lançais un regard noir, détestant entendre ce mot du plus profond de mon être. Il ne fit que hocher la tête de haut en bas en tremblotant.

J'étais sur le point de refaire disparaître mon arme quand Senji me stoppa.

-Attends, garde ton arme ! S'exclama-t-il soudainement. J'en ai pas pour longtemps avec lui, ça te dirait de nous entraîner aussi ?
-Pardon ? Fis-je étonnée.

Il passa à côté de moi, le sourire aux lèvres.

-C'est que peu sont capables d'être des oiseaux rapides ici.

Il n'ajouta rien et pris un bonbon antidote avant de l'attacher à une ficelle en se mettant à côté de Ganta. Il lui expliqua que s'il le touchait, il serait devenu plus fort.

Quant à moi, je me mis sur le côté, me rasseyant sur un banc et gardant donc mon arme de sang active. Il savait que ça prenait plus d'énergie pour la matérialiser plusieurs fois de suite, et donc voulait m'épargner une troisième fois.

Mais ses mots m'avaient plus qu'intrigué. Je pensais effectivement être la plus rapide ici, puisque c'était ce que j'avais le plus développé pour survivre. Mais lorsque je vis enfin Senji à l'½uvre, esquivant les tirs de balles de sang du gamin, je ne pus décrocher mes yeux de lui.

Ses mouvements étaient incroyables, si souples et si rapides. Je n'avais jamais vu quelqu'un m'égaler sur ce terrain, et pourtant. Senji Kiyomasa semblait pouvoir me défier en combat équitable, chose qui ne m'était encore jamais arrivée.

Ce fut lorsque la friandise immonde explosa en une multitude de fragments que je réalisais que ça faisait bien dix minutes que je le fixais. Enfin, il ne semblait pas l'avoir vu, lui, concentré comme il l'était. Mais il me lança un regard en coin lorsque Ganta, tout content, s'était rapproché de lui en courant.

-Voilà, c'est bien, dorénavant on peut dire que tu maîtrises ton « Ganta Gun ». Maintenant va te coucher, c'est à mon tour de m'entrainer sérieusement. Ça pourrait être dangereux, fit-il un sourire particulier aux lèvres.
-Comme si tu pouvais te donner à fond ici, se moqua le gamin.
-Ganta. Je crois que j'ai enfin trouvé quelqu'un qui pourra me suivre, déclara-t-il en me regardant droit dans les yeux.

Je baissais la tête, un sourire en coin apparaissant en l'entendant. Je me levais, reprenant arme en main.

-Je vois que nous sommes sur la même longueur d'ondes, Senji Kiyomasa.

Nous affichions le même sourire. Le sourire de ceux qui n'avaient jamais eux l'occasion de croiser le fer avec quelqu'un de notre envergure. Quelqu'un contre qui nous pouvions véritablement combattre.

Ganta, effrayé devant nos auras assoiffées de défi, parti à toutes jambes. Ne me retenant plus, je lui sautais littéralement dessus, ma lame de sang contre lui. J'y allais sérieusement même en sachant qu'à chaque fois, mon temps était compté. Mais je ne pouvais tout simplement plus me contenir.

Il était si spécial.

Nous échangèrent alors nos coups tous plus rapides les uns que les autres. Entre esquives et contre-attaques, aucun n'arrivaient à toucher l'autre et la salle d'entrainement commençait à ressembler à un champ de bataille.

Mais c'était ce qu'était ce monde, ce qu'était cette prison. Une guerre, ni plus ni moins.

Les minutes défilèrent, je ne les vis pas passer. Mais une douleur à la poitrine me rappela bien que le combat pourtant purement amical durait depuis trop longtemps. Beaucoup trop longtemps.

Il me coinça contre un des murs de la salle, et mes mouvements furent légèrement ralentis à cause de cette maudite douleur. Ce qui me valut de me recevoir la lame de sang de Senji juste en-dessous de ma gorge et de faire disparaitre ma lame puisque je l'avais lâché. Un si léger ralentissement était donc vraisemblablement fatal face à lui.

J'aurais pu vraiment y passer, cette fois. Je ne respirais plus normalement, un goût de sang avait envahi ma bouche. Mais ce fut lorsque je posais les yeux sur mon adversaire que je compris que lui non plus n'avait pas fait une promenade de santé.

Il dématérialisa son arme et s'éloigna un peu.

-Qu'est-ce qui s'est passé ? Fit-il sérieusement.

Je détournais le regard.

-Rien... Je n'avais simplement jamais combattu au maximum de ma vitesse jusque maintenant, avouai-je toujours sans le regarder.

Il soupira avant de reprendre son souffle.

-Eh ben, si je peux te dire un truc... Moi non plus. J'espère qu'on pourra se refaire des combats d'entrainement de ce genre. Je ne m'étais focalisé que sur la musculation jusque maintenant puisque je n'avais jamais rencontré quelqu'un comme toi. Mais maintenant que c'est fait, j'aimerais bien continuer, sourit-il en me regardant, trempé de sueur.

Enfin je l'étais moi aussi, faut dire. Je glissais un doigt en dessous de mon haut pour me faire de l'air en soupirant, épuisée.

-Tu crois que je laisserais filer un gars capable de suivre ma vitesse ? T'es dingue, fis-je avec un léger rire.

Il détourna le regard, les joues un peu rouges. Je regardais mon haut et ne compris pas tout de suite que c'était le léger décolleté, un peu approfondi par mon geste qui le fit se mettre dans cet état.

Je passais à côté de lui pour rejoindre ma chambre.

-T'es vraiment pas banal comme gars, déclarai-je en signe de salutation.
-Je te retourne le compliment. Bonne nuit Lassia, répondit-il le plus naturellement du monde.

Je ne fis qu'un sourire en coin avant de m'éclipser. Qu'est-ce qu'un gars comme lui foutait ici ? Ça n'avait vraiment aucun sens.
 
Après cette rencontre peu banale, nous nous étions revus, comme convenu. Enfin, c'était toujours pour des entraînements, à croire que Senji ne pensait qu'à ça. Mais ça ne me faisait pas de mal, il fallait l'avouer.

Alors que j'étais sur le chemin pour aller justement à sa rencontre à l'endroit habituel, j'entendis l'annonce de mon prochain combat dans le haut-parleur.

Je soupirais et décidais d'aller le saluer tout de même. J'étais pas pressée après tout. Une fois les pieds mis dans la pièce qui était reconstruite après chacun de nos entrainements, je vis Senji, de dos, enfiler son long manteau noir. Il allait quelque part ?

-Yo, Kiyomasa, fis-je simplement.

Il se retourna et arqua un sourcil.

-Salut Lassia, qu'est-ce qui te prends de m'appeler par mon nom de famille tout à coup ? Demanda-t-il étonné et un brin mécontent aussi ?

J'esquissais un sourire en coin.

-Simple envie. Et puis ici, ça ne se fait pas de s'appeler par son prénom lorsqu'on ne se connait pas, je me trompe ?
-Tu l'as fait la première fois qu'on s'est vu, alors c'est plutôt bizarre de m'appeler comme ça maintenant. Tu crois pas, Wend--

Je le stoppais alors qu'il avait un sourire malicieux collé au visage.

-C'est bon c'est bon, fis-je blasée. De toute façon faut que j'y aille. A plus, « Senji ».

Je repartais comme j'étais arrivée. Maintenant que j'y pensais, j'ignorais pourquoi j'avais tant tenu à aller le voir malgré mon combat qui approchait.

Pourquoi ? Je crois que j'en avais eu tout simplement envie, en fait.

Mais ce qui me parut étrange, ce fut l'absence de salutation de la part du brun. Je m'arrêtai et regardais un peu en arrière, tournant la tête vers le couloir menant à la salle. Il était pensif ? Après tout, je ne le connaissais que depuis quelques jours, mais les points communs que nous avions me laissaient croire que nous étions proches.

Peut-être n'était-ce que pure illusion, au final.

Je repris ma marche, pensive. J'avais un combat contre un deadman, seulement malgré toute mon expérience, celui-là je ne l'avais jamais combattu. Enfin, ça se réglerait rapidement, comme d'habitude, concluais-je intérieurement.

Quelques minutes s'écoulèrent durant lesquelles je parcourais les couloirs de la prison souterraine. Je me mettais mentalement en condition. Je ne savais pas à quoi m'attendre, contrairement à Senji, je ne prêtais jamais attention aux autres, ces potentielles victimes que j'aurais fini par tuer s'il le fallait. Mais peut-être que mon erreur serait là.

Je me mis une claque mentale. Peu importait mon adversaire, je l'abattrais. C'était ce que je m'étais toujours dit, ce que je m'étais promis. Je ne perdrai plus jamais. C'était hors de question.

C'était déterminée que j'entrais dans la salle de combat métallique et sombre dès que les portes de fer s'entrouvrirent. Cette salle était immense, que ce soit en hauteur ou en largeur. Un espace spécialement conçu pour combattre. Non, pour tuer.

Les projecteurs s'allumèrent au bout de quelques secondes. Sur moi et sur mon adversaire, avant de faire globalement toute la salle.

Je ne le regardais même pas. Ils n'avaient pas encore donné le top départ, cependant je fis déjà apparaitre mon arme. Ma lame de sang qui en avait fait couler à flot.

Afin de sortir toujours victorieuse de mes combats. Je ne pouvais pas mourir. C'était impossible. La défaite ou la mort n'était pas une option pour moi. Je devais vivre, et je devais gagner. Pas pour moi, non. Mais je devais continuer de vivre, car c'était uniquement de cette manière que je pouvais assumer mes actes.

Le repos de la mort ne m'était tout simplement pas permis.

Je relevais lentement les yeux vers mon adversaire, qui n'avait pas dit mot. Mais je crus de plus en plus à une illusion à mesure que je remontais le regard.

Ces vêtements, ce corps, ces cheveux, ce visage. Il n'y avait qu'une personne que je ne voulais pas affronter, que je ne voulais plus affronter ici et ça devait être lui !

J'en étais tellement perturbée que j'étais sur le point de perdre ma position offensive, quittant mon regard déterminé à faire couler du sang. Même ma main droite avait desserrée sa prise alors que j'étais toujours prête à trancher n'importe qui.

Mais je me repris, retrouvant ma position et mon regard initial. Non, ça ne devait pas être ça. C'était impossible.

Mais pourquoi trouvais-je ça si impossible, justement ?

-Qu'est-ce que tu fous là ?! C'est mon combat, dégage d'ici ! M'emportais-je en le regardant dans les yeux.

Sauf que lui ne cachait pas sa stupéfaction. Il n'avait même pas montré ses serres de sang, et ses yeux d'encre habituellement calmes ne pouvaient pas lâcher les miens.

-Lassia... Ne me dit pas que c'est toi...Celle que l'on appelle--
-Bonsoir mesdames et messieurs, nous nous retrouvons aujourd'hui pour un combat très spécial. Oh oui, il va être très particulier, car nous avons réuni aujourd'hui pour vous nos deux spécimens les plus rapides de notre parc ! Ce combat opposera donc le Corbeau à la Colombe !

Mon regard devint sombre. Je devais le combattre. Je devais le tuer. Le tuer lui qui avait ce même regard que moi. La seule personne que je n'avais pas envie de combattre. Et je n'en savais même pas encore l'exacte raison.

Je savais juste que cette fois-ci, l'être que je devais abattre... Était le même qui, pour la première fois, ne me voyait pas comme un monstre, ni comme une meurtrière.

Le seul qui osait me regarder dans les yeux, le seul qui n'avait pas peur de moi. Le seul qui m'égalait, voire qui me surpassait. Non, c'était évident.

Je posais ma main sur le côté droit de ma poitrine.

Il me surpassait. Dans cet état en tout cas.

Pendant que je réfléchissais, je crois que Senji essayait de me parler. Mais je n'entendais rien. Même la voix exécrable du présentateur ne m'avait pas sortie de mes pensées.

Seul le début du décompte me fit réagir et relever la tête. Ce décompte que j'avais entendu des dizaines et des dizaines de fois. Ces quelques insignifiants chiffres qui devançaient la mort d'êtres tout aussi insignifiants.

-3... 2... 1... Tuez !

Je me précipitais vers lui, serrant mon arme de toutes mes forces.

Senji... était mon ennemi.

Il esquiva, il ne fit qu'esquiver. Il semblait complètement déboussoler.

-Oh mais que se passe-t-il ?! Notre oiseau le plus fort ne serait pas de taille face à une petite colombe ?!

Qu'est-ce que tu as, Senji ? Tu ne veux pas te battre ? Tu es lâche en vérité ? Les questions se bousculèrent dans ma tête. Des questions si irrationnelles auxquelles j'avais les réponses. Mais je ne voulais pas l'admettre.

Mais ses esquives étaient larges. Pourtant je l'attaquais sans relâche. Je ne faisais pour ainsi dire que ça.

Car Senji était mon ennemi.

Si j'avais été ce serait-ce qu'un peu hésitante avant, je fus plus que déterminée cette fois. Il fallait que je l'abatte. C'était comme ça. Pourquoi devrais-je douter pour un gars que je ne connaissais que depuis quelques jours ?! Ça n'avait pas de sens !

Mes attaques furent plus rapides, et Senji, après avoir encore esquivé, fit un bond en arrière. Il me regarda, mais il n'afficha pas ce visage que j'avais vu à l'écran. Non, on aurait dit... Qu'il essayait de comprendre.

A bout, je le chargeais de nouveau le plus vite possible. Il fit enfin apparaitre ses serres de corbeau. Je croyais qu'il allait enfin attaquer. Qu'il allait enfin me faire face. Mais il s'était contenté de se protéger.

J'enchainais alors immédiatement une série de coups, qu'il para encore et encore, le regard sombre.

Je fis un bond en arrière à mon tour, essoufflée, un filet de sang coulant du coin de mes lèvres. Je l'essuyais rageusement dès qu'il apparut.

-Mais qu'est-ce que t'as ?! T'es incapable d'attaquer une pauvre fille ?! Une pauvre fille que tu n'as pas arrêté de battre aux entrainements ?! T'es pathétique, pauvre Corbeau de mes couilles !

Cette attaque fut ma dernière. Ma lame de sang que je voulais meurtrière fut coincée entre les serres de mon ennemi, mais je ne relâchais pas ma force.

-Je vais te tuer Senji. Je vais te tuer parce que tu es mon ennemi. Senji Kiyomasa... le Corbeau... Est mon ennemi !

Tout du long, le brun n'avait jamais répondu à mes mots injustes. Mais cette fois, il me regarda dans les yeux. Je n'eus pas droit à ce regard assassin, à ce regard si particulier qu'il avait en tant que deadman. Non, ce n'était pas celui-là.

Il fit voler ma lame dans les airs qui ne tarda pas à disparaitre à cause de la distance.

-Enfoiré ! Criai-je en voulant en matérialiser une deuxième.

Mais je ne pus le faire avant de cracher du sang. Alors j'avais atteint ma limite ? J'allais m'effondrer ? J'allais... Alors que je me l'étais jurée... J'allais perdre face à ce corbeau aux si grandes ailes... ?

-Je ne suis pas ton ennemi, déclara-t-il doucement en tendant son bras droit pour me rattraper.

Il avait fait disparaitre ses armes à l'instant où j'avais rejeté le liquide écarlate.

-La raison pour laquelle je ne t'attaquais pas... C'était tout simplement parce que tu n'es pas mon ennemie non plus, Lassia.

Je ne pouvais pas voir son visage. Mais il avait prononcé ces paroles si doucement que seule moi avais pu les entendre.

Une stratégie pour m'amadouer ? Un piège ? Une quelconque ruse ?

Au plus profond de moi, je savais que Senji ne m'attaquerait pas. Parce que Senji... N'avait jamais été, pas même l'espace d'une seconde, mon ennemi...

-J'ai perdu, dis-je fort pour que le présentateur entende, affichant un visage étrangement détendu
.
Senji se figea, surpris par mes mots, le regard sincère. Mais je ne voulais plus l'attaquer. Je n'en avais plus la force, je n'en avais plus la volonté.

Car ce n'était définitivement pas mon ennemi.

Ses simples mots m'avaient touché. Quelque chose avait réussi à toucher mon c½ur, et même mon âme. Mais pourquoi lui ? Parce que depuis le début il était particulier ?

Moi qui étais persuadée que nous étions similaires, nous étions en vérité bien opposés.

-Oh ! S'exclama le présentateur après avoir tilté. C'est encore une fois une victoire pour notre Corbeau ! Et pourtant, personne n'aurait pu prévoir la défaite de la Colombe, car étant là depuis quelques mois déjà, elle n'a perdu qu'une seule et unique fois avant cette défaite !

Son regard était maintenant incompréhensif. Je soutenais son regard, des traces de sang restantes sur mon visage. Nous n'avions que des égratignures, au final.

Même s'il ne m'avait pas attaqué, la puissance de mes coups l'avait effleuré. Quant à moi, ma folie m'avait tout de même blessée.

Je finis par lui faire un sourire, ce qui le figea pour de bon. Puis on me prit en charge en civière pour me soigner et m'emmener subir ma pénalité.

Une autre équipe médicale arriva pour prendre en charge le brun, qui ne me lâcha toujours pas du regard. Qu'est-ce qu'il avait encore ? Il s'inquiétait ?

Je soupirais à cette pensée. C'était complètement impossible enfin, on se connaissait depuis seulement quelques jours.

Quelques jours qui auront suffi à Senji pour décider que je ne n'étais pas son ennemie. La même durée si ridicule qui m'aura fait penser la même chose de lui.
 
Le passage à l'infirmerie fut bref, je n'avais que quelques bleus et entailles. Une fois relativement reposée, je pus marcher normalement.

J'entrais de nouveau dans cette salle. Dans cette salle lugubre qui m'avait pris la moitié de l'un de mes organes vitaux. Cette foutue salle qui m'avait rendu faible.

Mon regard s'assombrit, je me retrouvais encore attachée sur cette table d'opération. Ma rage bouillonnait en moi. J'aurais dû haïr Senji, j'aurais dû penser qu'il m'avait simplement manipulé pour gagner.
Si seulement son regard avait menti...

L'infirmière du bloc G, cette femme horripilante qui ne faisait pourtant que son boulot, se retrouva à côté de la machine style bandit-manchot géante. Sauf que ce n'était pas des motifs pour gagner de l'argent qui apparaissaient sur les trois rouleaux horizontaux. Mais des parties du corps. Cette fausse machine à sous allait décider ce que l'on allait encore me prendre.

Ces gens qui m'avaient déjà souillé. Ces gens qui m'avaient rendu faible. Ces gens que j'aurais tués sans hésiter si j'avais pu.

La femme actionna le levier, et les rouleaux défilèrent à toute vitesse. Jambes, bras, foie, reins, ½il, langue... Tout y figurait, sans exception.

Ce que je ressentais n'était même pas de la peur. Juste de la haine. Rien d'autre.

J'entendis la machine ralentir. Le verdict n'allait pas tarder à tomber. Ils allaient encore me prendre quelque chose. J'allais devenir encore plus faible que maintenant.

Je m'étais jurée de ne plus jamais perdre, alors pourquoi je n'arrivais même pas à regretter d'avoir admis ma défaite ?!

Je fermais les yeux de rage, serrant les dents, quand j'entendis un bruit métallique. Puis une explosion.

Une explosion ? Je rouvris les yeux mais les refermai de surprise en sentant un coup proche arriver. Mais je ne sentis plus de pression sur mes poignets et mes jambes.

Je les ouvris une dernière fois, et me redressai. Je crus alors halluciner.

Des particules rouges typiques de ce qu'il restait d'une arme de sang que l'on venait de dématérialiser flottaient encore dans les airs. Je les suivis du regard pour en connaître la provenance.

Et je le vis de dos. La machine tranchée en deux, l'infirmière à terre, figée de peur.

Je n'arrivais même pas à y croire, tellement ça semblait surréaliste. Il se tourna alors vers moi, et afficha un grand sourire. Un immense sourire rassurant, qui plus est.

Je me levais, non sans le regarder.

-Mais... Qu'est-ce que tu fais là, Senji ?
-Ces cons voulaient te faire subir une pénalité pour toute à l'heure, j'étais pas d'accord. Alors je suis là, déclara-t-il le plus simplement du monde.

Je soupirais face à son comportement je-m'en-foutiste.

-Senji, j'ai perdu. Je dois subir une pénalité... Encore... fis-je en serrant les poings. J'assume mes actes. J'ai toujours assumé mes actes, et leurs conséquences. J'admets ma défaite contre toi, Senji Kiyomasa. Et je dois en payer les frais, c'est comme ça.

Je l'avais regardé dans les yeux, et il avait perdu son sourire.

-Si tu tiens tant à avoir une pénalité... Commença-t-il avec sourire en coin. Tu me payeras des ramen avec tes Cast Points !
-Quoi ? Mais j'appelle pas ça une pénalité ! M'exclamai-je, exaspérée qu'il ne me prenne pas au sérieux.
-Lassia, reprit-il calmement. Ce qu'il s'est passé toute à l'heure, je ne peux pas le qualifier de combat. Alors tu m'excuses, mais tu n'auras rien d'autre comme pseudo pénalité. De ma part ou de qui que ce soit d'autre, fit-il sur un ton grave en jetant un regard en coin à la femme toujours au sol.

Je soupirais.

-T'as encore pitié de moi ou quoi ? Demandai-je, irritée en croisant les bras.
-Me refais pas cette tête ! C'est simplement... Que tu n'es pas mon ennemie, alors allons manger ensemble, ok ?
 
Il m'adressait encore ce sourire rassurant. Mais pourquoi était-il si gentil avec une fille comme moi ? Tant de questions se bousculaient dans ma tête, tant de choses que je voulais savoir sur cet homme atypique. Je voulais en savoir plus, jamais aucun être ne m'avait intrigué à ce point.

Senji me fit sortir de mes pensées en se rapprochant de moi, sans pour autant être trop près. Il réitéra sa question sans perdre patience, arborant toujours le même sourire.

Je fis un mouvement de tête positif, puis je le suivis jusqu'à la cafétéria. Personne ne nous avait arrêtés. Senji était si fort que ça pour passer outre les règles de cette prison ?

Enfin, je ne lui avais rien demandé pour autant. Nous nous arrêtions alors près d'un immense distributeur de nourriture ne prenant exclusivement que des Cast Points. Je vis le mot « Ramen » et en payai donc deux bols. Le Corbeau les récupéra un peu plus loin, et je pris deux canettes en plus. J'étais large de toute façon.

Il m'interpella, et je le rejoignais rapidement. Il ne fit pas attention à ce que j'avais dans les mains et posa les bols sur un des comptoirs près du mur métallique de droite.

L'un à côté de l'autre, je ne savais pas trop quoi lui dire. Merci ? Lui poser des questions ? Expliquer des choses ? Désolée ? Je ne savais plus.

Mon regard se perdit dans le liquide brun fumant recouvrant les pâtes au fond du récipient en céramique noire. Je n'avais jamais mangé ce plat, j'ignorais complètement son goût et la manière dont on l'ingurgitait. En attendant que Senji ne commence pour que je puisse voir la manière de procéder, je posais la canette brune devant lui, avant de faire de même avec la mienne, verte cette fois, près de moi.

Il tourna les yeux sur moi, n'ayant pas dit mot jusqu'alors, sûrement étonné de mon geste. Il me questionnait du regard.

-Pour... te remercier, j'imagine, avouai-je en tournant la tête sur le côté opposé.

Un nouveau sourire amusé apparu sur ses lèvres lorsque je lui jetais un regard en coin. Il prit alors la canette, l'ouvrit et bu quelques gorgées.

-Comment tu as su que j'aimais le café noir ? Me questionna-t-il simplement.

Je repris ma position initiale et fis de même avec ma boisson.

-Tu es le Corbeau, tu es toujours en noir. Une intuition, en somme.
-Hm, je vois... Et toi alors, pourquoi pas du lait, pour accorder avec ta couleur, « Colombe » ?
-J'aurais fait ça normalement. Le thé vert est bon pour le corps après un combat, je fais toujours ça quand je suis amochée.

Sans le vouloir, j'avais jeté un froid entre nous. Peut-être pensait-il que c'était de sa faute ?

-Je--
-Tu n'as pas à t'excuser Senji, le coupai-je, ayant deviné son attention. Il n'y a que moi qui suis en tort ici, fis-je sérieusement en posant ma canette.
-Je ne vois pas en quoi tu étais en tort. Tu ne faisais qu'adopter la mentalité de cette prison. J'aurais dû faire de même, pourtant... Pourtant, j'en ai été incapable, va savoir pourquoi.

Je me tournais vers lui, surprise par ses mots. Il prit alors ses baguettes d'un air pensif et les brisa pour les séparer. Je scrutais le moindre de ses gestes. Il finit par plonger les morceaux de bois dans le liquide pour en ressortir les pâtes, avant de les manger, et ce, plusieurs fois de suite.

Je cessais de le regarder et pris à mon tour les baguettes. J'étais sur le point de les briser quand il m'interpella.

-Tu n'as pas faim ?
-Euh... Non, pas trop, mais je vais tout de même manger.

Enfin, essayer. Les baguettes dans les mains, je jetais un regard furtif à ce qu'il tenait dans la sienne, pour voir la position. Mais à peine avais-je essayé de choper les pâtes qu'elles glissèrent.

-Tss, pestai-je doucement.
-Je m'en doutais, tu n'en as jamais mangé, sourit-il.
-Pas la peine de te foutre de moi.

Je me stoppais.

-Attends, comment tu as deviné ?
-Aucun japonais n'aurait regardé son bol de ramen comme tu l'as fait, tu sais.

Il m'avait observé ? Pourtant, je n'avais pas senti le poids de son regard sur moi...

-Je vais te montrer, t'inquiète, c'est pas compliqué.

Il se rapprocha un peu et me montra comment tenir les baguettes. Ça paraissait simple pour lui, mais même au bout de trois tentatives, ce n'était toujours pas ça. Ce qui avait fini par le faire éclater de rire. Je m'étais alors plainte de ne pas pouvoir retrouver de simples fourchettes si rares en Asie, mais il ne fit que m'encourager une énième fois. Cette fois, j'y étais presque. Il toucha ma main droite pour que ce soit parfait, riant encore légèrement devant la galère que ça avait été pour moi.
 
Le contact de nos peaux me fit presque sursauter. Je ne m'y attendais pas. Sa peau, légèrement halée, sur la mienne blanche comme de la neige me fit ressentir la chaleur d'un autre être vivant autrement que par son sang éclaboussé sur mon corps.

Une chaleur rassurante, comme son sourire. Comment avais-je pu essayer de me convaincre un seul instant que cet homme était mon ennemi ?

Se rendant compte que ce contact avait duré assez longtemps pour qu'il soit gêné, il retira vite sa main, le feu aux joues. Il n'était vraiment pas banal, ce mec.

Mais je n'avais pas réussi à retrouver le sourire comme précédemment grâce à sa bonne humeur. Non, mon esprit était assailli par tous ces foutus souvenirs que j'aurais préféré oublié si j'avais pu. Des souvenirs qui étaient remontés à cause de l'action du brun, sans qu'il en sache quoi que ce soit.

J'avalais tout de même le contenu de mon bol pour ne pas qu'il pose davantage de questions, puis vida la canette. Je me levais de mon siège, le regard vague, n'ayant pas décroché un mot depuis ce contact. Ce simple geste qui m'avait fait réaliser que j'avais été, depuis ma naissance, terriblement seule. Seule au point que ce simple contact de peaux avait été le tout premier.

Senji me suivit du regard, silencieux. Il délaissa son récipient et me suivit sans rien dire. Je pris le chemin de la salle d'entraînement, sûrement par habitude, car je ne faisais absolument pas attention où je posais les pieds. Ce n'est qu'une fois face aux altères du Corbeau que je réalisais où j'étais.

-Lassia, qu'est-ce qu'il y a ? Demanda-t-il de but en blanc. C'est cette pseudo défaite qui te rend si pensive ?

Je tournais la tête.

-Non... Non c'est pas ça, soupirai-je en m'asseyant sur un des bancs.

Il ne tarda pas à faire la même chose, sans cesser de me regarder.

-Alors... D'où tu viens pour ne pas savoir manger avec des baguettes ? Fit-il sur un ton léger, pensant sûrement me changer les idées.

Mais c'était tout le contraire.

-De France, me contentai-je de répondre.
-De... France ? Répéta-t-il pour être sûr d'avoir bien entendu. Mais pourquoi ils auraient envoyé une détenue française jusqu'au Japon ?

Je posais mes coudes sur mes cuisses, joignant mes mains, la tête penchée vers le sol et le regard dans le vague.

-Parce que j'ai tué toute ma famille, et que Deadman Wonderland était la seule prison assez folle pour me surveiller.

Je ne savais pas du tout pourquoi je lui parlais de tout ça. Je n'en avais jamais parlé à personne, et en plus, il allait vraiment penser de moi que j'étais un monstre obnubilé par le meurtre. Je ne voulais même pas le regarder, et pourtant. Un coup d'½il furtif ne put s'empêcher de se perdre sur le visage du brun. Mais il ne semblait étonnamment ni effaré, ni dégouté.

Il avait le regard d'un homme ayant compris quelque chose. Je soupirai de nouveau.

-Je ne sais pas si tu as pu t'en douter, mais je ne suis pas ici pour la même raison que toi. Je n'ai tué personne, j'ai simplement été piégé par ce directeur timbré. Piégé, et faussement accusé d'avoir massacré tous mes coéquipiers, tués par des yakuzas que nous traquions. A ce moment-là, je maîtrisais déjà mes serres de sang, ça m'aidait dans mon boulot. Mais je suppose qu'ils ont fini par me considérer comme trop dangereux, et par me piéger ici. De toute façon, après les avoir perdu, je n'avais rien de mieux à faire. 

Je me redressais.

-Ton boulot ? Demandai-je juste.
-J'étais flic, à l'époque, me répondit-il avec un sourire nostalgique.

Je rabaissais le regard. C'était ironique qu'un flic se retrouve derrière les barreaux, surtout en étant innocent. Nous étions vraiment opposés, bien plus que tout ce que j'avais pu imaginer.

-Si j'ai tué toute ma famille... Ma mère, mon père, ma s½ur, ma grand-mère, mon grand-père, ma tante et mon oncle... C'est parce que j'ai craqué.

Je me levais, me mettant dos à lui. Je relevais mon t-shirt blanc, dévoilant ma peau marquée.

Senji ne le remarqua pas tout de suite, ayant perdu son calme à cause de mon geste, rouge pivoine. Mais il le retrouva bien vite lorsqu'il comprit ce que je voulais lui montrer.

-Ces marques... Commença-t-il stupéfait.
-Aucune de ces nombreuses cicatrices qui barrent mon dos n'ont été faites ici, complétai-je sa pensée.

Je repris ma position initiale, le regard sombre.

-Tous les jours, depuis ma naissance, c'était la même chose. Seule, maltraitée, insultée, devant réclamer pour mes besoins vitaux. Rien que pour avoir quelque chose à manger une fois par jour était une torture, expliquai-je calmement. Cet endroit ne peut pas être pire.
-Mais... pourquoi ?! S'emporta le brun.
-C'est une question qui m'a souvent tourmenté l'esprit aussi. Mais c'est lorsque je les ai tué que j'ai compris. Pour rien. Ils n'avaient aucune raison de faire ça. Absolument aucune, lui répondis-je droit dans les yeux. Un défouloir facile d'accès, sûrement, finis-je en soupirant.

Il serra les poings, bien que je n'arrivais pas à comprendre la raison de son énervement. Après tout, bien que nous en sachions un peu plus l'un sur l'autre, nous n'étions rien de plus que deux deadmen dans une cage d'acier.

-Tu aurais pu plaider légitime défense, fit-il remarquer en se contenant.
-J'ai plaidé coupable.

Il me dévisagea, bouche-bée.

-J'ai pris des vies, et j'en assume le prix à payer. J'assume mes actes, je te l'ai déjà dit. Comme tu l'as entendu, je n'ai perdu qu'une seule fois depuis mon arrivée ici. Et ils m'ont pris un poumon. Mon poumon droit. C'est pour ça que je ne t'égale pas en vitesse, que tu me bats à plate couture sur tous les plans. Que je me suis avouée vaincue. J'ai optimisé ma vitesse car c'était tout ce qu'il me restait pour me battre, et c'est comme ça que j'ai atteint celle que tu connais. Mais je franchis rapidement ma limite, je ne tiens pas plus de quinze minutes de combat ou d'effort intensif sans commencer à cracher du sang. Ils m'ont rendu faible. C'est pour cette raison que je m'étais jurée que peu importe ce qu'il se passerait, je ne perdrais plus jamais. Mais il faut croire je ne t'avais pas prévu toi

Je me levais, me dirigeant vers la porte. Mais une dernière question sembla lui brûler les lèvres, bien qu'il avait l'air abasourdi par mes dernières explications.

-Attends ! Pourquoi tu n'as rien dis aux flics ?! S'exclama-t-il pour me retenir.

Je me stoppais, et fis face à son regard innocent envers son ancienne profession.

-Parce que mes parents étaient flics, répondis-je avec un léger sourire.

Je quittais la pièce sur un Senji complètement déboussolé, incapable d'ajouter quoi que ce soit. Peut-être n'avait-il jamais imaginé des hommes et des femmes avec la même profession que lui faire le mal. Ça lui semblait sûrement inconcevable.

Des représentants de la justice, hein...

Mais je n'avais pas eu le c½ur à lui mentir, alors je lui avais dit la malheureuse vérité, purement et simplement. D'ailleurs je lui avais tout dis sur un coup de tête, et il avait fait la même chose. Mais pourquoi ? Pourquoi lui ?

J'en savais plus sur lui, maintenant... Et pourtant je ne me sentais pas satisfaite à ce niveau-là. Qu'est-ce qui me reliait à lui exactement ? Je ne comprenais définitivement pas. Nous étions en tous points opposés, j'aurais dû le haïr, et pour bien des raisons.

Coupable, meurtrière, faible et lente. Innocent, ancien flic, fort et rapide. La nuit et le jour. Le noir et le blanc.
La Colombe et le Corbeau.
 
Mais j'étais irrémédiablement attirée par lui, alors que je ne m'étais jamais sentie reliée à un autre être humain, pas même ceux partageant mon sang. Je ne le connaissais que depuis quelques jours, quelques secondes dans une vie. Et pour lui, qu'est-ce que j'étais ? Si je le lui demandais, il me répondrait sûrement « tu n'es pas mon ennemie » avec un sourire. D'ailleurs je ne lui avais encore pas répondu que je pensais la même chose de lui maintenant. Mais il devait s'en douter, après tout.

Dans les semaines qui suivirent, je n'avais pas eu de combat, comparé à Senji qui les enchaînait quasiment un jour sur deux. Il en avait tellement que nous nous n'étions pas vu depuis notre dernière discussion.

Mais je ne manquais pas un seul de ses affrontements, tous diffusés en direct sur les écrans, y compris celui de ma chambre. Sans le son, évidemment, pour toujours la même raison.

Je scrutais le moindre de ses mouvements, comme d'habitude. J'étais incapable de dévier mon regard de ce Corbeau. Il était si incroyable. Je crois bien qu'il avait réussi à m'hypnotiser par une magie mystérieuse que je n'avais jusqu'alors jamais subi.

Je voulais l'aider, être avec lui, le soutenir, le regarder, lui parler. Et comme s'il savait à quel point je le voulais, il fit disparaitre immédiatement ses armes de sang une fois son adversaire à terre. Il n'attendit même pas l'annonce du verdict qu'il s'en alla comme si de rien était.

Je fus tout de même dubitative, je ne pensais pas un seul instant qu'il avait agi de la sorte pour me rejoindre, comme si nous étions connectés. Il devait simplement en avoir marre, c'est tout.

Et pourtant, quelques minutes plus tard à peine, on toqua à ma chambre. Je me levais alors et ouvrit, pour découvrir un Senji qui, dès qu'il me vit, tourna la tête en le passant une main dans le cou. Il était gêné ? Pourquoi ?

-Senji ? Qu'est-ce que tu fais là ? Tu devrais te reposer.
-Tu as suivi mes combats ? S'étonna-t-il. Mais... hésita-le brun. J'ai remarqué que tu avais regardé une fille manger ça, la dernière fois à la cafét'. Je me suis dit que t'aimerais peut-être y goûter ?

Visiblement, il ne me considérait toujours pas comme une meurtrière. Pourtant, il avait toutes les raisons pour.
 
Mon regard descendit sur le « ça » en question. Dans sa main gauche, il tenait un sachet contenant un petit pain rond, que je pris doucement. Moi-même je n'avais pas fait spécialement attention à ce que mon regard avait capté ce jour-là.

-Et puis, même si c'est bizarre... Je voulais m'exc--
-La Colombe est demandée à la salle de combat immédiatement ! S'exclama la voix insupportable résonnant depuis les haut-parleurs, coupant le brun dans sa phrase.
-Quoi ? Maintenant ? Fit-il surpris.
 
Mon regard scruta la croûte légèrement dorée et rayée de la pâtisserie, que je remis dans les mains de mon interlocuteur. Mes doutes semblèrent se confirmer.

-Fait attention, je crois qu'ils n'apprécient pas que tu expédies tes combats, déclarai-je sous ses yeux légèrement écarquillés.

Je lui fis un sourire rassurant, et filais à toute vitesse. Je fus à la salle en un rien de temps, entrais et fus étonnée que la salle soit déjà éclairée.

-Cette fois-ci, tu vas avoir droit à un combat quelque peu spécial... Cent adversaires, survis si tu peux, petite Colombe ! Lança-t-il d'une voix folle.
-Quoi ?! M'effarai-je.

Les nombreuses portes métalliques tout autour de la salle libérèrent une flopée de prisonniers qui m'encerclèrent. J'avais raison. Il ne supportait plus que leur plus bel atout à audimat qu'était Senji se débarrasse de ses adversaires en une fraction de seconde. Il avait programmé une série d'affrontements pour avoir son quota, le fatiguer ou que sais-je encore.

Mais je crois bien que cette fois, il espérait se débarrasser de moi par un piège aussi bas. Tapant sur l'endurance, qui était évidemment mon plus gros point faible, il espérait un faux pas et un coup fatal qui m'achèverait.

C'est con, j'avais pas encore prévu de mourir.

Sauf que sa petite Colombe avait des serres aussi acérées que celles d'un Corbeau.
 
C'est le regard noir que je me tranchais à sang ma paume gauche pour en sortir mon habituelle arme. Enchainant les prisonniers lambda, KO en un coup, je devais gagner. Et si Senji me regardait ? Impossible de subir une nouvelle défaite !

Je ne l'avais accepté que contre lui.

Et puis il venait à peine de finir un de ses combats, et j'étais appelée. Je voulais en finir le plus vite possible !

Au bout de dix minutes, j'en avais éliminé les trois quart. Le goût du sang commençait déjà à se manifester. Plus que cinq minutes, plus que trente-cinq ennemis.
 
Oui, eux, étaient véritablement mes ennemis. Des hommes aux regards fous, désespérés. On avait dû leur promettre de les sortir d'ici s'ils me transperçaient, ou un truc du genre.

J'abattis le 99ème. Au milieu des cadavres, couverte de sang, je regardais tout autour de moi pour trouver le dernier. Je crachais une flopée de sang en plantant ma lame dans le sol. J'étais à bout de souffle. J'avais atteint les quinze minutes, ma limite.

Cherchant toujours le dernier du regard, refusant de tomber maintenant, une silhouette sortie de l'une des rares zones d'ombre, ses armes de sang déployées.

Mes yeux s'écarquillèrent devant ma vision.

-C'est une blague ! Pas encore toi ! Me dis pas que c'est toi le 100ème ! Ils ne t'auraient pas rappelé si vite juste pour ça, quand même... Désespérai-je face à mon potentiel adversaire.

C'était le seul contre qui je ne pouvais plus lever mon arme. Je fermais les yeux et baissais la tête, dans l'espoir fou que ce ne soit qu'une illusion dû à ma fatigue extrême.

Mais un simple son me fit relever la tête.

-Zuppatchi, murmura-t-il après avoir réduit à néant le dernier prisonnier, et donc le véritable 100ème que je n'avais pas encore achevé.
(NDA : « Zuppatchi » est une onomatopée qu'utilise Senji lorsqu'il achève un ennemi)

Il jeta un regard noir au présentateur, puis fit disparaître ses armes atypiques mais si classes.

-Bien sûr que non, je ne suis pas le 100ème. Je passais juste par-là, donc me voilà, plaisanta-t-il. Enfin, t'es pas croyable. Tu oses me mettre en garde, alors qu'en toute logique, c'était toi la cible si ta théorie était bonne. Ce qui semblait être le cas.

Il se rapprocha et me mit une légère pichenette sur le front, souriant encore.

-Senji... Mais pourquoi... ?
-Parce que je te paye des ramen pour ta victoire, p'tite Colombe.

Mon arme se dématérialisa. Je n'avais pas vraiment gagné, mais ça c'était un détail dont il se fichait éperdument, je le savais bien. Je faillis me manger le sol, mais il me rattrapa avec son bras droit.
 
-Je vais te porter, m'indiqua-t-il sérieusement.

Je le regardais, puis lui demandai d'attendre un instant. M'appuyant sur lui avec mon bras gauche, je regardais la caméra et brandis mon majeur en l'air.

-La petite Colombe elle t'emmerde, connard.

Il rit un peu et me prit sur son dos. Je me laissais faire, je devais admettre que mes jambes n'avaient plus la force de me porter.

-Désolée... murmurai-je embarrassée, tout de même.

Il n'était pas mieux, encore tout rouge. A croire que dès qu'il était en contact ou trop près d'une fille, ça l'embarrassait. Je me surpris alors à trouver ce côté étonnant de sa personnalité incroyablement adorable.

-Tais-toi, je te ramène à ta chambre. Il faut que tu te changes et que tu te reposes un peu, t'as pas dû passer loin de t'évanouir avec leurs conneries d'audimat à deux balles.
-Tu avais deviné ?
-Evidemment... Ils ont voulu que tu y restes, parce qu'ils ont remarqué qu'on se voyait. Donc c'est relativement de ma faute sur ce coup. C'est à moi de m'excuser.

Il avait repris un ton sérieux et grave tout en marchant. Ça m'avait aussi calmée, du coup. Je me mis contre son dos si chaleureux.

-Donne-moi ce pain que tu m'as ramené, et tu seras pardonné, dis-je un sourire aux lèvres, plaisantant bien évidemment.
-Autant que tu veux, fit-il d'un ton plus léger.

Il marcha alors jusqu'à ma chambre après quelques minutes doucement silencieuses. La télé était restée allumée, j'en concluais donc que s'il savait tout ça, c'est qu'il m'avait regardé. Il m'avait vraiment vu dans un état pitoyable... Puis une question me vint à l'esprit alors qu'il allait me déposer devant ma porte.

-Comment t'as su que ma chambre était ici ?
-Je suis le Corbeau, j'obtiens toujours ce que je veux ici, tu sais, fit-il en haussant les épaules.
-Non, c'est faux.

Il tourna sa tête vers moi, intrigué.

-Tu es Senji, souriais-je. Jamais je ne t'appellerais par ton surnom.

Il eut un sourire en coin, comprenant que je ne remettais pas en doute sa réputation.

-Ça me changerait. Mais tu m'excuseras, je trouve que « p'tite Colombe » te va bien. Même si ton prénom est joli.

Je fus surprise de ce soudain compliment, et tournais la tête pour qu'il ne remarque pas ma gêne.

-T'inquiète, je m'en fiche... Seulement... Je ne peux toujours pas marcher, fis-je embarrassée.
-Ah... Se contenta-t-il de dire en se redressant.

Il ouvrit la porte grise et voulut alors me déposer sur mon lit. Je lui rappelais alors, non sans être encore embarrassée, qu'il fallait que je me change, et que je prenne une douche.

Sans sourciller, il me déposa sur le bord de la baignoire. Il repartit aussitôt dans la chambre et prit des vêtements de rechange dans l'armoire.

Il regarda mon haut blanc qu'il tenait dans ses mains un moment avant de me le donner, puis se mit dans l'encadrement de la porte.

-Je resterai pas trop loin, si t'as besoin de quelque chose. C'est de ma faute si t'es dans cet état, donc bon, je vais pas te laisser te débrouiller toute seule. J'assume mes actes moi aussi, sourit-il avant de fermer la porte de la salle de bain.

Je restais sans rien penser pendant quelques secondes, avant de me maudire de ne pas avoir plus profité de la chaleur de son dos. Enfin, je me douchais comme je pus et me changeai rapidement. Je pouvais au moins me tenir debout cette fois, et marcher correctement. Je n'avais jamais autant forcé, j'en payais bien les frais. Mais de là à dire que Senji était fautif... C'était cette prison qui-- Je me coupais dans mes pensées. Non, je n'avais rien à redire sur cette prison. Rien du tout.

 

Dove and Raven [Partie 1]
Me revoilà donc avec cette tant attendue première partie de Dove and Raven ! Je voulais vraiment la sortir avant décembre, mais entre tout ce qu'il s'est passé dans ma vie personnelle et mes problèmes de bêta-lecteur -pour l'instant réglés- ça a été compliqué. Mais bref ! J'attends vos avis avec impatience pour cette première partie! Et n'oubliez pas, je ne veux que des commentaires constructifs (si tu ne sais pas comment faire, va ). Si cette simple petite chose n'est pas respectée, je vous retire des prévenues pour ce Three Shot. 
A bientôt pour découvrir la suite de l'évolution de ses deux oiseaux ;3

 

Dove and Raven [Partie 1]

 

"Ah, et je suis encore curieux, mais, si Senji n'était pas venu lors de sa punition, quelle partie du corps aurait-elle dût céder cette fois-ci ?"  

-  Alors, j'y avais réfléchi, et finalement j'avais trouvé l'idée abusée, (enfin vous comprendrez dans la suite x)) mais ça aurait été la moitié de son poumon gauche. 

 

Dove and Raven [Partie 1]
"Lassia, c'est pas très français tout ça ;p (pour ma part - que vous vous appelez spaghetti ou mouton, je m'en contrefiche :p)"

-  Ben en fait j'ai toujours été nulle pour les noms ToT et moi je trouve que ça fait relativement français quand même xD ya pire. Enfin les prénoms français sont pas spécialement reconnaissables quand on y pense. Allemand, russe, japonais, américain, espagnol, ça va, mais français o_o enfin voilà quoi xD c'est plus "Wendel" qui est français (je sais, ça sonne pas français du tout, mais j'ai cherché, je l'ai pas sorti de nulle part ! :p) (Et j'ai laissé ta comparaison parce qu'elle est drôle! xD)

 

Si vous en avez d'autres, je les afficherais ici ! :3

 

Dove and Raven [Partie 1]

Tags : Dove and Raven - Deadman Wonderland

Dove and Raven [Partie 2] 11/12/2015

Dove and Raven [Partie 2]
Gif: Deadman Wonderland

 

                                                                                                                                                                                                

 

Avant-propos: Cette deuxième partie fait la même taille que la première. Vous pouvez laisser un commentaire avec un "marque-page" (la ligne où vous vous êtes arrêtez) pour vous y retrouver, je le validerai sans problème, du moment qu'à la fin de votre lecture, vous postez votre commentaire développé.
Bonne lecture !
                                                                                                                                                                                                        

 


De nouveau dans la pièce principale, je remarquais un autre haut sur mon lit. Un autre ressemblant beaucoup à celui que je portais, et pour cause. Seuls quelques morceaux de résilles blancs y étaient rajoutés, au-dessus et en dessous.
 
Je décidais de l'enfiler à la place du basique. Une fois cela fait, Senji débarqua avec un plateau contenant deux bols de ramen et un sac plastique.
 
-Ah, content de voir que tu tiens debout !

Il se stoppa en constatant le changement puis s'attarda sur mon haut. Ce fut un peu long, alors j'intervenais.
 
-Ça ne me va pas ? L'interrogeais-je.
 
Il se reprit et détourna le regard, les joues rosies.
 
-Si, si. Je n'avais pas pensé que... Enfin, je préfère comme ça, quoi.

Il posa le plateau sur la table basse et me tendit le sac. Je n'ajoutais rien de mon côté, ayant compris que c'était lui qui m'avait ramené ce nouveau vêtement pour une raison que j'ignorai.
 
-Chose promise, chose due.

Je le pris et regardais son contenu.
 
-T'étais sérieux ? Souriais-je en voyant tous les petits pains.
-Pour ce genre de choses, oui. Je suis sûr que tu vas aimer de toute façon, fit-il amusé.
 Aimer » ? Répétai-je, pensive.
-Oui, aimer le goût que ça a, reprit-il sérieux.
 
Je le regardais, intriguée. Je ne concevais pas ce que ça voulait réellement dire, et il le comprit. C'était légitime, il le savait. Il me fit m'asseoir à côté de lui devant les ramen, et me demanda de manger. Je m'exécutais, puis reposai les yeux sur lui.
 
-Alors ? Le goût que tu as, là, tu le trouves agréable ?
-Euh... Oui, oui je pense. Je n'ai commencé à manger correctement que depuis que je suis dans cette prison de toute façon.

Il serra encore les poings. Je finis mon bol sans en rajouter, puis lui fis remarquer que s'il ne mangeait pas, ça serait froid. Il soupira puis mangea sans grande conviction. Mon attention se reporta ensuite sur le sac en plastique blanc. Il le vit, et le prit pour en sortir une pâtisserie.
 
-Ça s'appelle des pains melon, ceux-ci sont aux pépites de chocolat, mais y'a plein de parfums différents, m'expliqua-t-il.
 
J'en sortis un de son emballage et croquais dedans.
 
-Sucré ! Fut le seul mot qui me vint lorsque la douce saveur envahit ma bouche.
-Vu ta tête, tu aimes. Tu vois, c'est cette sensation agréable, aimer, sourit-il encore une fois, content que « j'aime » le pain.
 
C'est ça, aimer ? Je le regardais longuement, mais une soudaine douleur vive me fit lâcher ce que je tenais, mes mains couvrant maintenant ma bouche. Prise d'une quinte de toux, Senji afficha un visage marqué par l'inquiétude.
 
-J'étais trop optimiste de penser que tu te serais remise si vite, déclara-t-il simplement.
 
Lorsque je retirais mes paumes, le liquide rouge était revenu.
 
-Merde... Murmurai-je.
 
Je n'eus même pas le temps d'essayer de lui cacher qu'il me fit me lever de force, m'obligeant à le suivre en me prenant le poignet.
 
-Senji qu'est-ce que tu fais ?! Fis-je surprise.
-Infirmerie, répondit-il autoritairement.
 
Je n'osais pas m'y opposer et le laissais faire. Je lui indiquais qu'il pouvait me lâcher, sachant qu'il n'aimait pas le contact avec les filles. Il se stoppa juste et s'exécuta. Il ne fut gêné que lorsque je lui avais fait remarquer.
 
Il mit un coup de pied dans la porte de l'infirmerie où de nombreux lits aux draps blancs étaient alignés dans cette pièce. Il se retourna et dévisagea la même femme qui était présente lors de ma pénalité que j'avais évitée grâce à lui.
 
-Tu la soignes, et pas de coups fourrés, menaça-t-il le regard noir.
 
Il devait vraiment se sentir responsable, pour en venir à là.
 
Elle fit oui de la tête sans poser de questions. Elle s'approcha pour m'ausculter, et me demanda d'enlever mon haut pour qu'elle puisse le faire correctement. Je commençais donc à le faire quand il vira au rouge tomate et sortit précipitamment, avant de me dire qu'il attendrait à l'extérieur.
 
Je lui expliquais le problème que j'avais, et elle me donna des médicaments pour stopper les crachats de sang, après avoir vérifié ma respiration au stéthoscope. Je me rhabillai puis avalais les comprimés.
 
-Tu sais... Senji peut vraiment être dangereux, fit-elle en rangeant ses affaires.
-Comment ça ? Répondis-je septique.
-Il m'a menacé de me tuer pour rien, la dernière fois, précisa-t-elle.
-Senji n'est pas du genre à tuer pour rien ! Le défendis-je, énervée.
-Je sais qu'on ne dirait pas, mais crois-moi ! Il a failli me tuer parce que j'ai voulu l'empêcher de combattre, il était trop blessé pour !

Je me stoppais, et eus un sourire dangereux. Je sortis ma lame de sang qui atterrit à quelques centimètres de sa gorge sous ses yeux ahuris, ne me souciant pas de mon état physique. Un geste que je n'avais pas contrôlé, fruit de mon impulsivité.
 
-Il n'est ni fou, ni dangereux. C'est juste vous qui êtes suicidaire.

Je la fis rapidement disparaître et me levais, sortant de la pièce.
 
-Ça va ? Je t'ai entendu hausser le ton, m'interpella-t-il dès que j'avais passé le pas de la porte.
-Oui, oui. Mais cette femme est vraiment stupide.
-Ça, je te le fais pas dire, fit-il avec un sourire en coin, devant sûrement se rappeler de ce dont elle m'avait parlé.
 
Il remarqua la coupure verticale que j'avais sur ma paume.
 
-Tu as utilisé ton arbre de sang ? Demanda-t-il le ton grave.
 
Je cachais ma paume.
 
-Je ne vois pas de quoi tu parles, déclarai-je en lui tournant le dos, commençant à marcher.
 
Je n'allais tout de même pas lui dire que je l'avais défendu et que mon impulsivité avait pris le dessus. Je n'avais pas supporté cette accusation, alors qu'elle ne savait rien de lui. Mais c'était bien la première fois que j'avais été impulsive pour défendre quelqu'un...
 
Il me rattrapa et marcha à côté de moi, sans dire un mot de plus, ne cherchant pas à prouver la vérité sous mon mensonge.
 
Elle ne savait rien du tout.
 
Je ne me rendis compte qu'au bout d'un moment que j'avais instinctivement pris le chemin de la salle d'entrainement. Senji ne m'avait rien dit, et entra comme si c'était normal. Je le suivis donc, et se dirigea vers une porte que je n'avais encore jamais remarqué jusqu'alors.
 
-Qu'est-ce que tu fais Senji ? L'interrogeai-je alors qu'il ouvrait la porte.
-Ben tant qu'on est là, autant squatter ma chambre.
-Ta chambre ? Tu veux dire que cette salle... ?
-C'est moi qui l'ai demandé, alors elle est collée à ma chambre, m'expliqua-t-il en allumant la lumière.
 
Je découvris donc sa chambre, enfin son salon. Sa chambre était en fait composée de deux salles : son salon et sa vraie chambre, là où il y avait son lit, que je ne pouvais pas voir, séparée par une porte noire vers le fond.
 
Tous les murs étaient noirs, comme tout le reste. Définitivement mon opposé sur tous les points. Il était grand sans être luxueux pour autant, ça se voyait qu'il était là depuis bien plus longtemps que moi. Sur le côté gauche se trouvait un grand canapé et une télé à écran plat qui devait faire le triple de la mienne. Sur le côté droit, on pouvait voir une cuisine aménagée et un plan de travail, et un peu plus loin, une autre porte noire menant sûrement à la salle de bain.
 
-Ben vient, reste pas là, rit-il en me voyant statique alors qu'il enlevait son manteau.
 
J'acquiesçais, puis une question me vint alors que j'entrais pour de bon.
 
-Tu cuisines ? Demandai-je, fixant le plan de travail.
-Ouais, j'ai jamais trouvé la nourriture terrible ici, à part les ramen et les gâteaux évidemment.

Et en plus, il savait cuisiner. Est-ce qu'il avait ne serait-ce qu'un défaut ?
Mon regard s'attarda ensuite sur l'écran géant.
 
-Senji, je peux te demander un service ? Dis-je sérieusement.
-Hein ? Euh oui bien sûr, qu'est-ce qu'il y a ? Fit-il en se retournant, un peu déstabilisé de mon soudain changement de ton.
-Je voudrais que tu me donne ton avis objectif sur mes combats, pour que tu me dises honnêtement quels sont mes points faibles. Je ne veux plus jamais me sentir aussi impuissante... Rageai-je en serrant les poings.
 
Je l'entendis soupirer puis il mit un CD dans son lecteur DVD.
 
-Je vais regarder ceux que j'ai pas encore vus. Mais ne dis pas que tu es faible. Ce piège dont tu es sortie victorieuse, peu de gens en auraient été capable. Encore moins avec un poumon manquant. Tu es une fille forte Lassia.

Il m'avait dit ça comme ça, comme si ce n'était rien, comme si c'était évident. Sur le coup, je n'avais rien répondu. Ce mec ne cessera jamais de m'étonner, on dirait. Il m'invita ensuite à m'asseoir sur le canapé de tissu noir, tandis qu'il allait chercher des bières après m'avoir demandé si ça m'allait et que j'avais répondu par l'affirmative.
 
Mais dès que je m'étais posée dessus, une vague de fatigue me rappela à la réalité. J'avais trop forcé, et je ne m'étais pas vraiment reposée. Je ne voulais pas dormir, vraiment pas, pas ici en plus. Je ne voulais plus qu'il s'occupe de moi, je ne voulais plus être un boulet...
 
Mais je ne pus réfréner la chute de mes paupières, et je finis malgré moi par m'endormir sur son canapé.
 
Dove and Raven [Partie 2]
 
Le Corbeau referma la porte du frigo sombre, deux canettes à la main. Il interpella la blanche, mais n'obtint jamais de réponse. Intrigué, il se retourna et la vit allongée sur son canapé. C'est vrai qu'elle devait être plus que fatiguée après une journée pareille.
 
Il reposa ses boissons, puis se souvint alors que sa chambre n'était pas tout près, presque à l'autre bout du bloc G pour ainsi dire. Mais elle était si rapide pour venir ici qu'il ne l'avait jamais remarqué.
 
Le brun s'approcha d'elle, et lorsqu'il la vit si calme et détendue, il ne put s'empêcher de sourire. Elle était son opposée lorsqu'elle dormait, bien qu'il avait pu la voir sourire éveillée. Elle avait changé depuis leur première rencontre, c'était indéniable. Il se rappela alors les paroles de Ganta et perdit son sourire. Un monstre ? Elle ne parlait jamais à personne ? Si elle était qualifiée de monstre simplement parce qu'elle avait tué ici, puisque Ganta ignorait son passé, c'était ridicule. C'était ce lieu qui demandait ça, dès que quelqu'un mettait les pieds ici, innocent ou coupable à la base, il finissait pas devenir meurtrier.
 
Mais en voyant son visage endormi, il ne pouvait définitivement pas la voir comme un monstre. Oui, elle avait pris des vies, et son âme d'ancien flic ne pouvait pas nier ça, ni l'oublier. Mais elle assumait ses actes et leurs conséquences, peut-être un peu trop, d'ailleurs...
 
Il arrêta de penser lorsqu'il entendit onze heures sonner. Il se faisait tard et la ramener à sa chambre ne servait sûrement plus à rien. Mais il ne pouvait tout de même pas la laisser dormir sur le canapé, ce n'était pas l'endroit idéal pour se remettre d'un combat pareil.
 
Il éteignit l'écran et, non sans encore une fois avoir le feu aux joues, la souleva dans ses bras sans mal puisqu'elle était aussi légère qu'une plume, pour la mettre dans son lit, pensant prendre le canapé à sa place. Il l'installa et la couvrit des couvertures avant de retourner dans le salon. Mais lorsqu'il s'allongea, il ne put que constater le problème : Lassia était relativement petite, alors elle tenait en longueur sur le canapé. Mais lui et ses 1m80 ne tenaient pas, c'était l'évidence même.
 
Le brun mit sa main sur son visage après s'être relevé dans un signe de malaise. Il n'allait pas la redéranger encore une fois, et lui ne pouvait pas dormir sur le sol métallique. Il devait se reposer aussi en vue des prochains combats, sans oublier qu'il n'avait fait que les enchaîner ces deux dernières semaines.
 
C'est embarrassé qu'il ferma la lumière de son salon avant de revenir dans sa chambre. Elle dormait toujours à poings fermés, elle n'allait pas le traiter de pervers, du moins pas tout de suite.
 
Il la regarda encore une fois, et se surprit à la trouver mignonne. Elle semblait presque fragile, comme si elle avait besoin qu'on la protège, qu'on la prenne dans ses bras. Mais connaissant ses capacités, c'était impossible. Il se demandait bien pourquoi il pensait à ça maintenant.
 
Il soupira puis se glissa sous les couvertures à son tour, heureusement que c'était un deux places. Il se mit sur le côté pour lui laisser le plus de place, espérant qu'elle ne le frappe pas le lendemain. Il ne voulait vraiment pas qu'elle pense quoi que ce soit de malsain, ni qu'elle pense qu'il avait essayé quelque chose. Après tout ils ne se connaissaient pas depuis si longtemps que ça, et ils allaient dormir ensemble...
 
Il se stoppa dans ses pensées, ça ne servait à rien de réfléchir à ça maintenant. Il ferma les yeux et essaya de dormir, mais alors qu'il était sur le point d'y arriver, il la senti trembler. Il se tourna vers elle, inquiet. Et ses doutes furent confirmés : son visage n'était plus détendu, mais apeuré. Jamais il ne l'avait vu avoir peur, et pourtant, ce n'était pas les occasions qui manquaient ici.
 
Elle devait faire un cauchemar, mais que faire ? La réveiller ? Non, très mauvaise idée. Il ne savait pas quoi faire, il n'était pas habitué à ça lui !
 
Il se mit alors sur le dos, et bizarrement, elle se cala contre lui. Rougissant comme jamais, désemparé, il se contenta de lui caresser ses cheveux à la couleur de la neige d'une main légèrement tremblante. Il repensa alors à ce qu'elle avait pu vivre comme horreurs avant d'arriver ici, et prit un air triste. Elle ne l'avait pas mérité, contrairement à ce qu'elle pouvait dire.
 
Il passa doucement son bras gauche autour de ses frêles épaules, espérant ainsi la calmer. Et étonnamment, cela marcha. Elle retrouva un visage tranquille, à moitié sur son torse nu. Cette fois, si elle se réveillait, elle allait définitivement le prendre pour un pervers, mais il préféra ça plutôt que de la laisser avoir peur. Il était incapable de la laisser, c'était tout simplement plus fort que lui.
 
Cette fille peut-être petite, mais incroyablement si solide.
 
Il se demanda alors si elle aurait voulu en parler à quelqu'un, si elle avait vraiment surmonté ça, alors qu'après l'horreur qu'elle avait vécue, elle se retrouvait ici : ce n'était pas le meilleur endroit pour se remettre d'un traumatisme. Pourtant elle riait, elle souriait. Mais après tout, comme il l'avait toujours pensé, cette prison n'était que le reflet de ce monde. Il finit par s'endormir paisiblement, contemplant sans s'en rendre compte la blanche.
 
Dove and Raven [Partie 2]
 
J'ouvris doucement les yeux, l'esprit encore embrumé. La première vision que j'eus fut celle de Senji, complètement endormi... sous moi.
 
Je me redressais doucement, et me frottais les yeux avant de regarder autour de moi. La chambre de Senji, mais qu'est-ce que je faisais là ? Puis je me souvins être tombée de sommeil sur son canapé. Il avait dû me déplacer pour que je sois mieux dans un lit. Et il n'a pensé qu'après qu'il ne tiendrait pas sur le canapé.
 
Un sourire se dessina sur mon visage, l'imaginant rouge pivoine. Il avait dû prendre sur lui pour dormir avec une fille. Enfin, je me levais doucement pour ne pas le réveiller, il méritait bien du repos après ses derniers jours. Je l'entendis grommeler légèrement lorsque je fus debout dans la chambre. Je me retournais alors, et le vit torse nu, la couverture ne le couvrait plus. Je lui remis correctement, admirant encore son visage au passage. Qu'est-ce qu'il était mignon...
 
Je me mis une claque mentale et sortis discrètement. Que faire maintenant ? Partir ? Non, j'étais incapable de partir comme une voleuse comme ça, alors qu'il avait pris sur lui pour cette nuit... Je décidais de faire un rapide passage dans la salle de bain pour ressembler à quelque chose, puis revins dans la cuisine. Je regardais longuement le plan de travail. Bon... Je décidais, tout en sachant pertinemment que j'étais nulle dans le domaine culinaire, de faire quelque chose à manger. J'avais vu ma mère le faire un nombre incalculable de fois, bien que je n'y avais jamais goûté.
 
Je me forçais à me rappeler, j'avais bien fait de ne pas oublier. Je sortis ce dont j'avais besoin et commençais à cuisiner. C'était simple à faire, j'espérais que même moi, qui n'avais fait que tuer toute ma vie, je puisse le faire correctement.
 
Après une petite demi-heure, j'étais passée à la cuisson, une pile de crêpes était maintenant dressée sur une assiette. Une fois fini, je fis la vaisselle, et j'étais en train d'écrire un petit mot explicatif quand j'entendis la porte derrière moi se fermer. Je me retournai, surprise, et vis Senji, la tête dans le brouillard et les cheveux en pétard, torse-nu, bâiller à s'en décrocher la mâchoire. Mais lorsqu'il me vit, il sembla complètement réveillé. Il ne prononça pourtant aucun mot, on aurait dit qu'il s'attendait à une quelconque réaction de ma part.
 
-Bonjour... ? Fis-je hésitante.
 
Il passa une main dans ses cheveux, et tourna la tête.
 
-Bonjour, répondit-il peu convaincu. Peut-être qu'il était comme ça au réveil.
 
Il huma alors un peu l'air, sûrement l'odeur de ce que j'avais fait. Puis il me regarda de nouveau, avant de se focaliser sur le papier que je tenais dans les mains.
 
Il me le prit si soudainement que je n'y avais pas opposé de résistance. Il lut le mot inachevé et fit des yeux étonnés.
 
-Quoi, tu as cuisiné... ? Demanda-t-il surpris.
-Hm... Répondis-je embarrassée. Si tu ne voulais pas, je ne t'oblige pas à manger ! De toute façon ctait la première fois, ça doit être immangeable, tentai-je de me défendre alors qu'il n'avait encore rien dit, m'éloignant en même temps.
-Eh, calme-toi enfin, rit-il. Tu comptais tout de même pas me laisser manger seul ? C'est que j'ai pris l'habitude qu'on mange ensemble moi !
-Si tu veux, fis-je peu convaincue en détournant le regard.
 
Il prit l'assiette avant de la poser sur la table basse et de s'asseoir sur le canapé. Il m'indiqua un placard avec le sucre en poudre et quelques confitures pour que je les amène, ce que je fis en prenant des cuillères au passage. Je le rejoignis et posais le tout à côté de l'assiette.
 
-On va les regarder, ces combats, puisque tu y tiens tant, fit-il en rallumant la télé.
 
Il mit en route le DVD tout en prenant une crêpe. Par habitude, sûrement, je n'osais pas y toucher. Mais avant même d'avoir vu mon adversaire de ce jour-là, il figea l'écran.
 
-T'as pas faim ? Demanda-t-il alors qu'il n'avait pas encore entamé sa crêpe.
-Non, enfin si... Enfin... Balbutiai-je tout en me maudissant d'être perturbée par cette simple chose.
-Attends... Je n'ai aucun livre de cuisine, et tu m'as dit ne jamais avoir cuisiné... En plus, c'est d'origine française... Me dit pas que... Déclara-t-il effaré.
-Je me suis juste souvenue des gestes de ma mère quand elle en faisait, rien de plus. C'est pour ça que j'ignore si c'est bon, enfin voilà... Répondis-je sans le regarder.
-Tu t'es forcée à te rappeler juste pour ça... Murmura-t-il le regard sombre. Il était sur de point de réduire en bouillie ce qu'il tenait, mais s'arrêta avant.
 
Il retrouva un visage calme et reposa sa crêpe.
 
-Je n'en ai pas mangé depuis des années, mais je sais encore comment ça se mange. Je vais te montrer.

Il passa un bras près de moi pour prendre le sucre et se rapprocha avant de me mettre le pot dans les mains. Je relevais mes grands yeux magenta vers lui, ne comprenant pas. Il eut un sourire en coin et ouvrit le pot, avant de diriger ma main avec la sienne pour déposer la poudre blanche scintillante sur la crêpe. Une fois ça fait, il me lâcha et recula avant de rougir encore une fois, se rendant compte de notre proximité. Il m'expliqua ensuite qu'il fallait la plier comme il m'indiquait, avant de simplement la manger.
 
Je fis un léger sourire, amusée par son comportement que je trouvais encore adorable. Il reprit sa crêpe et la mangea, avant que je ne fasse de même alors qu'il me regardait du coin de l'½il.
 
-Alors ça avait ce goût-là... Murmurai-je pensive. Dit Senji, c'est leur goût normal ?
-Oui c'est leur goût normal, idiote, mais elles sont vraiment bonnes rit-il avant de remettre en marche l'écran.
 
On mangeait donc tranquillement, mais lorsque ce fut le moment où mon adversaire apparut, il écarquilla les yeux et avala précipitamment sa bouchée.
 
-Attends, t'as combattu Choppline Sukegawa, le Paon ?! S'exclama-t-il en se retournant vers moi.
-Ben oui, fis-je en arquant un sourcil.
-Mais il est mort, ça date de quand ? S'interrogea-t-il en prenant la boîte du DVD.
-Du jour de sa mort, je l'ai tué, déclarai-je de but en blanc.
 
Il marqua un temps d'arrêt avant de reporter ses yeux sur moi.
 
-Et... Idaki Hitara, le Condor ? Demanda-t-il, suspicieux.
-Pareil. Je les ai tous les deux tué, affirmai-je d'une voix froide.
-Okay, je vois. Tu m'étonnes que tu sois devenue l'une des premières au classement du bloc G... Dit-il à mi-voix, pensif.
-Ah bon ? Fis-je étonnée, ignorant ce détail.
-Oui, tu es dans les cinq premiers. Il y a toi, moi, Karako Koshio le Coq de combat, Minatsuki Takami le Colibri et Nagi Kengamine, le Hibou. Ce n'est pas dans l'ordre, mais nous sommes les Five One.
-Le Hibou... Répétai-je le regard sombre.
-Me dis pas que tu l'as combattu lui aussi ? Attends... Comment as-tu perdu ton poumon droit ? Demanda-t-il sérieusement, sûrement sous le coup de l'intuition.
-Ton intuition est juste Senji. J'ai combattu le Hibou, et j'ai perdu. Pourtant, j'avais toutes mes capacités avant, si seulement je m'étais entraînée davantage... Je ne lui aurais pas simplement tenu tête jusqu'à ce qu'il m'immobilise ! Mais j'ai réussi le battre de justesse lors d'un autre combat, alors je ne vais pas en faire une maladie.
-Tu as tenu tête au Hibou... Putain j'y crois pas, même moi j'ai du mal contre lui. C'est bien ce que je pensais, je dis peut-être que tu as une taille modeste, mais en réalité, peu sont véritablement de taille face à toi, affirma-t-il en souriant.
-Je... Essayai-je d'articuler. Ce compliment soudain m'avait beaucoup trop surpris ! Je ne suis pas de taille modeste ! Protestai-je en me reprenant.
-Oui, oui, fit-il amusé.
 
Il relança la vidéo, reprenant un air sérieux tout en mangeant. A l'écran, j'avais sorti mon arme de sang, et m'étais lancée sur mon adversaire à vitesse maximale. Je jetais un ½il à Senji, ses prunelles onyx bougeaient aussi vite que mon image. Il n'était vraiment pas le Corbeau pour rien.
 
Après avoir vu et discuté de mes combats, il prit soudainement un air pensif. Je lui demandais alors s'il y avait un problème, et me répondit simplement qu'il voulait me poser une question, et me demandait donc la permission. J'avais naturellement accepté sa demande, intriguée.
 
-J'ai pu voir tes combats les plus importants, et ton unique défaite si on omet ma pseudo-victoire contre toi. J'ai aussi pu voir le visage que tu avais contre le Hibou et --
-Je sais, je suis pas belle à voir dans ces moment-là, le coupai-je gênée.
-Laisse-moi finir. Pourquoi as-tu déclaré forfait contre moi alors que contre lui, même après l'annonce de ta défaite par immobilisation, tu as voulu continuer le combat ? Pourquoi as-tu fait ça alors que tu ttais jurée de ne plus jamais perdre à partir de ce jour ? Pourquoi as-tu eu ce visage contre moi, opposé à celui que tu as montré contre le Hibou ? Je ne comprends pas. Tu me considères toujours comme ton ennemi, non ? Finit-il en tournant la tête vers moi, plantant son regard d'encre dans le mien.
 
Je fus si surprise que sur le coup, j'en étais restée muette. Ça l'avait travaillé tout ce temps ? Et je n'avais rien vu... ? Je finis par soupirer longuement, me calant au fond du sofa, détournant le regard pour le poser sur ce que j'avais cuisiné tandis qu'il me suivait des yeux.
 
-Parce que je ne t'ai jamais considéré comme un ennemi. J'ai seulement essayé de toutes mes forces de m'en convaincre. Mais dès notre première rencontre, j'ai su que je serais incapable de te tuer. Pas parce que je ne pouvais pas. Mais parce que je ne le voulais pas. Il en va de même pour notre affrontement, déclarais-je en le regardant à mon tour dans les yeux, un sourire aux coins des lèvres.
 
Il eut un temps d'arrêt, puis rit de bon c½ur avant de m'ébouriffer les cheveux.
 
-Content de voir que nous sommes d'accord.

Après cette petite explication, la journée se déroula aussi normalement que pouvait l'accorder cet endroit. Je me sentais mieux au fil des heures, et en fin de journée, j'avais même proposé un petit entraînement à Senji pour me remettre d'aplomb. Il avait hésité un petit moment, mais devant mon entêtement, il avait fini par céder, m'obligeant à promettre de ne pas forcer. Il se prenait pour mon frère ou quoi ?
 
Après quelques échanges, je me rendais compte que cette proximité que moi seule pouvait avoir avec lui me plaisait. Je me sentais bien avec lui. Avec cet être unique qui n'était pas mon ennemi.
 
Lorsque nous eûmes fini, il se tourna pour prendre une serviette et s'essuyer un peu. Ce fut dans ce court laps de temps qu'une nouvelle envie de cracher du sang me prit, mais je ne voulais pas qu'il le sache, je ne voulais pas qu'il croit que j'étais encore faible. J'étouffais ma toux et essuyai in extremis le sang qui commençait à couler aux coins de mes lèvres juste avant qu'il ne se retourne vers moi.
 
Je pris la direction de la porte pour dissimuler ce qui m'arrivait.
 
-Aller je file, à demain Senji, fis-je avec un signe de main.
 
J'étais sur le point de passer le pas de la porte avant même d'avoir une réponse du brun qu'une annonce se fit entendre.
 
-Le dernier combat de la journée a été décidé. Il s'agit du Pic Vert contre la Colombe !

Je me stoppais, pestant. Bordel, ils voulaient vraiment me tuer ! Et c'était qui cet oiseau encore ?
 
-Sérieux ?! S'exclama-t-il alors. Le Pic Vert, c'est Ganta, tu sais le gamin de la dernière fois. Dire que je l'ai même pas encore combattu alors que je l'ai entraîné ! Oh puis merde, j'y vais, a toute !

Il passa à côté de moi après avoir renfilé son manteau noir, mais je le retins.
 
-Mais t'as pas le droit de faire ça, si ? Hésitai-je, inquiète.
-Je suis le Corbeau, j'ai tous les droits. Jette un ½il au combat si jamais tu te fais chier, ça risque d'être intéressant, répliqua-t-il avec un sourire en coin et un regard confiant.
 
Il avait vraiment envie de le combattre, et je n'avais pas eu le temps de trouver autre chose pour l'en dissuader qu'il avait déjà filé. Il ne savait probablement pas qu'il venait de me sauver la vie, pour la seconde fois.
 
Et ça me faisait rager à un point inimaginable.
 
Mais vu son regard et son sourire, j'aurai pu dire n'importe quoi, il y aurait été à ma place. Je serrais les poings et décidai de le rattraper malgré mon état. Heureusement, il n'était pas encore très loin.
 
-Senji, attends ! M'exclamai-je en le voyant de dos.
 
Il s'arrêta, se retourna en m'adressant un regard surpris, puis reprit un visage sérieux.
 
-Quoi que tu dises, j'irais. Le Corbeau ne renonce jamais, déclara-t-il sur un ton grave et autoritaire.
 
Je le regardais dans les yeux, et ne répondis qu'après quelques secondes.
 
-Bon courage, me contentai-je de dire sincèrement.
 
Il ne réagit pas sur l'instant, mais un nouveau sourire en coin se dessina sur ses lèvres. Il me refit dos, et leva sa main droite comme un salut.
 
-Va te reposer, idiote, répondit-il sur un ton beaucoup plus léger qu'avant.
 
J'ignorais s'il avait deviné pour mon état, ou s'il disait simplement ça pour me taquiner. Mais les faits étaient là, je devais assister, impuissante, à Senji participant à un combat qui n'était pas le sien. Mais je savais pertinemment que si j'y allais, non seulement il m'en voudrait, mais qu'en plus, cette fois-ci je n'en ressortirais pas vivante. Je n'étais pas encore remise, et le moindre effort trop intense en plus pouvait m'achever.
 
C'est après avoir cogné dans un des murs de métal, rageuse, que je repartais en marchant jusqu'à ma chambre. Je ne voulais pas louper une miette de son combat.
 
De nouveau dans la pièce qui m'avait été attitrée, j'allumais la télé et constatais que j'étais arrivée tout juste pour le début du combat. Le présentateur fut étonné, puis en colère de voir mon remplaçant. Un seul regard de Senji vers la caméra avait suffi à le calmer. Je ne savais même pas qu'il pouvait avoir un regard si effrayant, moi qui n'avait connu que le sérieux ou le chaleureux.
 
C'est sans surprise que Senji déploya ses serres de sang, tandis que le Pic Vert tira sans ménagement sur le Corbeau. Mais Senji esquiva les balles de sang aisément, alors que le gamin se vidait de son liquide vital. A ce rythme, il allait s'écrouler d'anémie. L'inexpérience en plus d'avoir arbre de sang type projectile allait lui couter la vie si ça continuait.
 
Alors que Senji n'avait pas une égratignure, Ganta fut mis à terre par un ultime coup du Corbeau. Je soupirais de soulagement, pensant le combat terminé. Après tout c'était Senji, il n'aurait pas perdu contre un gamin comme...
 
Mes pensées se stoppèrent lorsque le brun fit dos au gamin, ayant fait disparaître ses armes, alors que celui-ci agrippa le manteau noir du Corbeau. Clamant qu'il ne mourrait pas, qu'il allait vivre... Et le battre.
 
Je serrais les poings, comment un gamin pourrait venir à bout d'un gars comme lui !
 
Senji s'était retourné, affichant un sourire ravi, redeployant ses serres alors que son adversaire concentrait le sang coulé de ses blessures pour lancer un projectile. Il visa alors le plafond, faisant s'écraser au sol une décoration morbide de la salle. Senji la trancha facilement, seulement, Ganta, d'un bond, posa sa main droite sur le torse sans protection du brun, là où il était déjà blessé à cause de ses derniers affrontements. Puis, il tira une dernière fois, à bout portant.
 
Senji vola à plusieurs mètres, ses armes se dématérialisèrent. Mon souffle se coupa.
 
-Senji... Senji relève-toi ! Tu ne peux pas perdre face à un gamin enfin ! M'emportai-je morte d'inquiétude.
 
Mais il ne se releva pas. Il avait perdu. Et le présentateur à la voix insupportable venait de l'annoncer clairement, bien que je n'y croyais toujours pas. Lorsque Ganta, en civière, passa à côté de lui, Senji l'interpella. Il afficha un sourire sincère, et tendit son poing dans un geste de fair-play irrationnel pour un endroit pareil.
 
-Abruti... Espèce d'idiot ! Criai-je en sortant en trombe de ma chambre.
 
Courant aussi vite que mon corps pouvait me l'accorder, le c½ur battant d'inquiétude, je devais arriver avant sa pénalité. Je devais y arriver ! Crachant plusieurs fois du sang en cours de route, étant donné que j'ignorais totalement la douleur, je devais le sauver de cette pénalité qui ne lui revenait pas. Le sauver comme il l'avait fait pour moi.
 
J'étais arrivée devant les portes de la salle de combat, quand deux gardes m'interceptèrent. Me débattant de toutes mes pauvres forces restantes, les insultants gracieusement au passage, je ne fus tout de même pas capable de passer l'ouverture de métal qu'un cri me figea.
 
Mon sang se glaça, tout mon corps s'était stoppé, alors que mes yeux étaient restés écarquillés. J'avais été trop lente. C'était trop tard. Ce que je venais d'entendre était bel un bien un cri de douleur intense du brun subissant sa peine.
 
Me sentant calmée, les gardes me lâchèrent et partirent. Tremblant de tout mon être, je faillis m'écrouler sous le choc. Ce cri m'avait déchiré le c½ur.
 
Choquée, je revins lentement à ma chambre, le regard vide. Je n'y croyais pas, comment Senji avait-il pu perdre ? Pourquoi n'avais-je pas plus insisté, alors que c'était mon combat, et pas le sien ?! Ce cri d'agonie, j'aurai dû le pousser moi, j'aurais dû souffrir pour ma défaite, pas lui, lui n'avait rien à voir là-dedans !
 
Mais c'était trop tard, et je n'arrivais pas à me le pardonner. Tout était de ma faute. Si je n'avais pas été si faible, si je n'avais pas été si blessée par mon dernier combat, jamais Senji n'aurait eu à souffrir. J'étais entièrement responsable, même si l'idée de me remplacer venait de lui. Mais quand bien même, ça ne suffisait pas à me dire que je n'étais pas fautive.
 
Cette douleur intérieure et cette rage intense que je ressentais, je l'exprimais en frappant tout ce qui me venait sous la main. D'ailleurs, celles-ci ne tardèrent pas à se retrouver dans un piteux état sous ma fureur. Mais c'était plus fort que moi. Ce gars... Ce gars qui avait été assez fou pour m'accepter, pour rester avec moi, pour ne pas avoir peur de moi, pour ne pas me considérer comme une ennemie, venait de souffrir par ma faute, à ma place !
 
Et pour une raison que je n'expliquais pas, ça me m'était hors de moi. Après tout, je n'avais rien fait pour qu'il agisse ainsi, je n'y étais pour rien... Ou alors c'était justement pour ça que ça me m'était dans cet état.
 
Durant les jours qui suivirent, je n'eus pas le courage de le voir, alors je l'esquivais volontairement. Dès que je l'apercevais, je changeais de chemin. Et pourtant, je sentis plus d'une fois son regard peser dans mon dos, même lorsqu'il discutait joyeusement avec celui qui l'avait fait souffrir.
 
Je me sentais seule depuis, c'était bien la première fois d'ailleurs. Même si je l'avais été le plus clair de mon temps, maintenant que je ne côtoyais plus Senji, je ressentais cette solitude glaciale.
 
Manger des ramen, m'entraîner, lui parler, le regarder. Les choses les plus simples m'auraient contenté, mais je ne me sentais pas capable de l'affronter. Et puis, il pouvait très bien m'en vouloir.
 
Mais depuis quelques jours, Ganta venait me voir. Etant toujours intimidé face à moi, il ne restait qu'une poignée de minutes avant de repartir. Je ne l'envoyais pas spécialement bouler, pourtant. Mais ce fut lorsqu'il aborda, hésitant, le sujet qui fâchait que je le fis vraiment. Dès lors que son nom avait passé ses lèvres, je l'avais mis dehors. Rien qu'entendre son nom sans pouvoir le voir me faisait étrangement mal.
 
Maintenant, j'avais compris que ce n'était pas n'importe quelle présence qu'il me fallait pour ne plus me sentir isolée. Il me fallait celle de Senji. Et je venais seulement de m'en rendre compte. Seulement, je me refusais d'aller vers lui, alors que tout était de ma faute... Même si je n'en avais jamais constaté les dégâts en face. Je ne savais même pas ce que cette pénalité lui avait pris...
 
J'étais allongée sur mon lit, perdue dans mes pensées, fixant le plafond métallique. Ma main atterrit par hasard sur mon collier ras-de-cou que je n'enlevais jamais, maintenant la résille blanche qui allait jusqu'au début de mon débardeur de la même couleur. Je me rendis alors compte que ce haut customisé qu'il m'avait en quelque sorte offert, je ne l'avais pas quitté depuis ce jour.
 
On toqua à ma porte, ou plutôt, on frappait. Violemment. Si violemment que j'avais sursauté. Je me levais, et me figeais en entendant sa voix.
 
-Lassia ! Ça suffit maintenant, 'faut qu'on parle ! Lança-t-il visiblement en colère.
 
Je détournais le regard du morceau de métal nous séparant et qu'il continuait de maltraiter, ne répondant rien. Je n'avais rien à lui dire.
 
Je l'entendis soupirer longuement, puis plus rien. Pensant qu'il avait laissé tomber, je soupirais à mon tour. Mais je m'étais trompée.
 
D'un coup, la porte fracassa le sol. Les yeux écarquillés par son geste, je détournais le regard bien vite pour ne pas croiser le sien colérique. Que faire ? S'il voulait se venger, ou que sais-je, je l'aurais accepté. Rien ne pouvait réparer ce qu'il avait perdu ce jour-là.
 
Devant ma non-réaction, il sembla encore plus en colère, serrant les poings. Mais mon regard remonta malgré moi vers son visage. C'est alors que je vis ce qu'on lui avait pris. Son bandeau sur l'½il droit... Il cachait ce qu'on lui avait arraché sans anesthésie, ce qui l'avait fait souffrir au point d'hurler de douleur.  
 
J'en étais restée figée, stupéfaite, jusqu'à ce qu'il parle.
 
-Je peux savoir ce que t'as à la fin ?! Juste parce que j'ai perdu, tu ne veux plus me voir ?! Parce que ctait contre un gamin ?! Sache que depuis ma défaite je m'entraîne dix fois plus dur mais sans toi--

Je l'avais coupé dans sa phrase en faisant un simple geste que je ne compris pas moi-même tout de suite. J'avais posé ma tête dans le creux de son épaule droite, mais m'interdisant de le toucher véritablement ou de le serrer contre moi. Ses paroles découlant de pensées erronées étaient la goutte d'eau qui faisait déborder le vase.
 
Je le sentis s'arrêter, et rougir fortement, encore plus que toute les autres fois, paniquant et ne sachant pas quoi faire. Je ne pus me retenir plus longtemps et quand bien même je me mordais la lèvre inférieure jusqu'au sang, les premières larmes perlèrent. Puis d'autres, encore et encore, sans que je puisse faire quoi que ce soit pour les arrêter.
 
Le choc de voir en face ce qu'on lui avait pris, à cause de moi, était trop grand.
 
-Ben alors... Qu'est-ce que tu me fais maintenant ? Fit-il d'une voix douce après avoir retrouvé son calme, lorsqu'il sentit mes larmes sur sa peau.
 
Mes mains remontèrent, l'envie de le serrer dans mes bras me prenant. Mais m'y refusant, je finis par poser doucement mes poings contre son torse, pleurant de plus belle.
 
Il fit alors un geste que je n'aurais jamais pensé possible, alors que j'étais ravagée par la culpabilité. Il passa son bras droit dans mon dos, et sa main gauche derrière ma tête.
 
Jusque-là, je n'avais tout simplement pas été capable de retenir mes larmes qui n'avaient jamais coulé pour personne, en silence. Mais son geste brisa le peu de résistance qu'il me restait, et je fus prise de nombreux soubresauts, alors que les seules paroles arrivant à passer la barrière de mes lèvres furent des excuses, finissant par le serrer de toutes mes forces. Je ne pouvais faire que ça, m'excuser, encore et encore, pendant de longues minutes, je ne fus capable que de ça, alors que les larmes s'enchaînèrent.
 
Il ne me lâcha pas avant que je sois calmée, ne disant rien, simplement perturbé de voir la « meurtrière du bloc G » dans un état pareil. C'est alors que tout me parut clair. Dans cette position, tout contre lui, sentant son c½ur battre, sentant sa chaleur, son odeur. Lorsqu'il m'avait serré contre lui, j'eus une sensation incroyablement étrange dans le ventre, minime mais semblable à celle de ce qu'il m'avait fait découvrir en termes de nourriture. Mais je compris enfin la raison de tout cela.
 
Alors c'était ça que l'on appelait... « tomber amoureuse »... ?
 
Moi, une tueuse essayant de se repentir de ses actes, de ses meurtres, j'étais tombée amoureuse d'un ancien flic. Je crois qu'on ne pouvait pas faire plus ironique.
 
N'entendant plus que les battements de son c½ur, je me calmais tout doucement, les larmes finissant par ralentir, puis par s'arrêter. Ma gorge endolorie par les pleurs et les paroles répétées, n'émit plus aucun son. Ma prise se desserra, lui indiquant que ça allait mieux. Il me lâcha doucement à son tour, mais ne recula pas pour autant.
 
-Lassia... Est-ce que tu me détestes ? Demanda-t-il subitement d'une voix grave.
 
Mes yeux encore embrumés remontèrent vers son visage. Il tourna la tête, légèrement gêné de par mon visage encore en pleurs et si près, sans doute. Mais il était vraiment sérieux.
 
D'un revers de main, j'essuyais mes yeux, tandis qu'un sourire ironique se dessina sur mes lèvres.
 
-Tu connais beaucoup de gens qui pleurent pour ceux qu'ils détestent ?

Il se gratta la tête, embarrassé par ma réponse interrogative.
 
-Non mais... J'étais un flic, comme ceux qui t'ont fait du mal.

Je me reculais, prenant cette fois un air sérieux.
 
-Je ne suis pas stupide au point de penser que tous les flics sont mauvais. Tu es la preuve vivante que ce n'est pas le cas, car je sais que tu étais un bon flic. Mais je dois bien t'avouer une chose: le concept comme quoi seuls eux peuvent rendre justice est faux. Ce ne sont que des humains ordinaires arborant un morceau de métal avec écrit « Police » dessus pour se donner le droit de tuer. Du meurtre légalisé, ce n'est pas si différent de cette prison. Et puis... Détester une catégorie de personnes sans distinction à cause d'une mauvaise expérience est puéril. Etre puéril est réservé aux enfants. Alors tu sais bien que je n'ai jamais pu l'être.

Senji reposa ses yeux d'onyx sur moi, m'accordant encore une fois ce regard qui me réchauffait toute entière. Il soupira doucement, puis finit par sourire.
 
-Tu n'es pas stupide, déclara-t-il en m'ébouriffant les cheveux.
 
Ce fut à mon tour de détourner le regard avec les joues endolories. Mais il ne fit que rire de plus belle. On aurait dit qu'il était soulagé. Soulagé que je ne le déteste pas ? Soulagé que je me sente mieux ? Soulagé que l'on se reparle ? Je ne pouvais pas le savoir sans lui demander, mais à ce moment précis, le Senji dont j'appréciais tant la compagnie me semblait trop inaccessible pour lui demander une telle chose.
 
Il fit un pas en arrière, passant une main dans son cou, visiblement plus détendu.
 
Puis ses premiers mots lorsqu'il était entré subitement ici me revinrent en tête. Il avait cru que je le détestais parce qu'il avait perdu, en plus d'être un ancien flic. Je devais lui affirmer le contraire.
 
-Senji ! L'interpellai-je subitement, le faisant me regarder avec étonnement. Je ne t'évitais pas parce que tu as perdu, ni parce que je crois que tu es faible, ou quoi que ce soit d'autre. Que tu sois un ancien flic, je m'en fous aussi, comme je t'ai dit. Je ne te déteste pas... Jamais je ne t'ai détesté...

J'étais parti trop loin pour m'arrêter là, c'était trop tard pour reculer. En prononçant mes dernières phrases, m'avait petit à petit baissé mon regard vers le sol.
 
-C'est même tout le contraire ! M'exclamai-je en relevant soudainement la tête pour le regarder dans son ½il restant.
 
Il y eu un petit silence, où il me regarda encore avec son ½il onyx étonné. Puis, doucement, il baissa de nouveau sa main sur mes cheveux, les caressant lentement, me couvrant d'un regard qui me rendait folle. Ce regard si tendre, en tout cas je le croyais.
 
-Merci, moi non plus je ne pourrais jamais te détester, déclara-t-il avec un doux sourire.
 
Ma déclaration indirecte était un échec, mais ses simples mots avaient fait vibrer mon c½ur. Comment ne pas croire que ce sentiment si fort n'était pas réciproque... avec des mots pareils ?
 
Enfin, je laissais tomber, et lui fis un doux sourire. J'aimais quand nous étions en contact, même si ça se limitait à ça. Pour Senji qui ne supportait pas le contact féminin, ça devait être incroyable comme geste, et j'étais heureuse d'en être l'unique bénéficiaire.
 
Mais une autre annonce à la voix toujours aussi insupportable brisa la paix éphémère et si inadéquate dans ce cadre cauchemardesque.
 
-Le Corbeau combattra le Coq de combat dans 20min, les participants doivent se rendre à la salle le plus vite possible, je répète...

Nous soupirâmes en ch½ur.
 
-J'imagine que c'est pour te faire « pardonner » d'avoir perdu contre un gosse, supposai-je.
 
Il eut un sourire en coin, et tapa son poing dans son autre main.
 
-Je n'ai pas besoin d'une « seconde chance », mais cette fois, je vais pas perdre, crois-moi, déclara-t-il, déterminé.
 
Mon regard se baissa. Oui, il avait perdu. Par ma faute.
 
-Hey, un ½il, c'est rien, fit-il sur un ton plus rassurant, devinant mes pensées. Mais comme je l'ai dit, cette fois je reviendrais entier. Je te le promets, alors arrête de faire cette tête, okay ? Sourit-il de toutes ses dents.
 
Son sourire suffisait à me faire aller mieux. Je pris alors la décision de croire en ses mots, et répondis à son sourire.
 
-Bon courage, alors, répondis-je simplement.
-Thanks ! S'exclama-t-il avant de partir pour son combat.
 
A peine parti, il me manquait déjà. Je soupirais puis m'affalais sur mon canapé blanc, allumant la télé pour ne rien manquer du combat de l'homme que j'aimais. Mon c½ur se serra à la simple idée de le voir blessé, mais dans ce milieu, comment ne pas l'être ?
 
Il n'avait rien à faire là. Il était innocent. Pas moi. Je devais trouver un moyen de le libérer de cette prison. Je ne le reverrais plus jamais, mais je préférais cette éventualité plutôt que de le voir encore mutilé, voire pire.
 
La voix de crécelle brisa mes pensées, annonçant le début du combat. Je décidais de ne plus réfléchir et de me focaliser sur Senji. Chose qui n'était évidemment pas difficile.
 
Je découvris alors l'adversaire du brun. Une jeune femme aux cheveux courts de la même couleur que moi, la vingtaine et au teint mat. C'était elle, le Coq de combat. Mais quelque chose semblait étrange. La tête qu'elle faisait n'exprimait ni peur, ni angoisse vis-à-vis de Senji, ou quoi que ce soit d'autre de rationnel dans une telle situation.
 
Elle semblait... mal-à-l'aise.
 
Mais Senji n'y prêta pas attention, déployant ses lames de sang et fonçant sur elle. J'avais droit à un nouvel angle de vu, et ses mouvements que moi seule pouvais suivre des yeux, étaient vraiment incroyables. Senji n'était définitivement pas quelqu'un d'ordinaire.
 
La fille, pour se protéger, fit apparaître à son tour son arbre de sang. Elle pouvait donc renforcer, avec son sang, différents endroits de son corps. Ici, elle l'avait fait au niveau de ses avant-bras pour se protéger de l'assaut de Senji. Mais il était clair que ces protections pouvaient très bien servir d'arme.
 
Enfin, j'étais rassurée de voir qu'il gagnait du terrain sur sa défense. Cela faisait d'ailleurs dix bonnes minutes que Senji ne lui laissait aucun répit. Elle semblait fatiguer à vue d'½il, si bien que je reconnus la posture du Corbeau pour un geste final.
 
Alors qu'il allait abattre sa lame de sang sur son adversaire ne faisant visiblement pas le poids contre lui, un projectile de sang envoya valser l'arme du brun.
 
Je me figeais devant son visage surpris. Il fit un saut en arrière en se mettant sur ses gardes, inspectant ses environs alors que la fille reprenait son souffle.
 
Qui ? Qui avait osé le prendre en traître ?! Même lui semblait inquiet face à cette nouvelle inattendue.
 
Elle lança alors un regard en coin vers le haut que je captais tout de suite. A un endroit caché dans la pénombre.
 
Un piège. Ils avaient tendu un piège à Senji !
 
Et ce ne fut pas les événements qui suivirent qui me firent penser le contraire.
 
Le plafond s'éclaira alors que le présentateur faisait raisonner son rire sinistre. Un homme placé sur une des plateformes accrochées au plafond de fer y était positionné. Bras tendus, des boules de sang flottant autour de lui. Il ne fallut pas longtemps pour qu'il envoie ses projectiles en rafales sur l'homme que j'aimais, qu'il esquiva habilement. Mais le Coq de combat en profita pour lancer un assaut au corps-à-corps en plus. Il devait donc esquiver les projectiles tout en se battant contre elle.
 
Un deux contre un. Un combat déloyal. Complètement déloyal.
 
J'en eus des sueurs froides. Mais c'était Senji, après tout. Il était capable de gérer un deux contre un, même malhonnête. Oui il en était capable. Il n'avait pas besoin d'aide.
 
Ces pensées, je me les passais en boucle dans ma tête pour m'empêcher de bondir le rejoindre pour l'aider. Cette vision était insoutenable. Mes ongles s'enfoncèrent dans le cuir tellement l'angoisse était forte. Mon c½ur me faisait mal. J'avais peur. Plus que n'importe quoi, j'avais peur qu'il arrive quelque chose à Senji.
 
Les secondes défilèrent, mon angoisse empirait. Senji commençait à se faire égratigner, ne faisant que se défendre. Il devait réfléchir à comment battre deux deadmen simultanément. Après tout, ce genre de combat n'était jamais arrivé jusqu'à présent.
 
Une goutte de sueur fila sur ma joue, murmurant et répétant en boucle son prénom, ne le quittant pas des yeux.
 
La caméra fit un zoom sur son visage pensif. Et là, ce que je vis me figea complètement. Sur ses lèvres, je pus lire distinctement quelque chose. Un mot qui me fit bondir et courir aussi vite que je le pouvais jusqu'à la salle de combat.
 
Il était hors de question que ça se répète. Dégainant mon arme de sang, je tranchais tout ce qu'il y avait sur mon passage, sa seule image en tête, le regard déterminé, peut-être même presque fou à l'idée de tuer ces enfoirés qui avaient osé le piéger.
 
Ce fut les mêmes gardes que la dernière fois qui me bloquèrent le passage devant les portes. Mais un seul regard de ma part leur fit comprendre que, soit ils me laissaient passer, soit ils mourraient.
 
Ce simple mot qui m'avait fait partir au quart de tour, ce n'était rien d'autre que mon prénom.
 
Mon regard aurait pu faire peur à n'importe qui, à ce moment-là. Les deux pauvres êtres humains s'enfuirent devant l'aura meurtrière qui se dégageait de moi. D'un geste souple, la porte métallique se trancha en deux.
 
Bondissant tel un fauve, j'atterrissais derrière Senji, tranchant une boule de sang au passage.
 
Tout le monde était resté figé par mon arrivée, les assauts avaient cessés des deux côtés. Je jetais un regard en coin à Senji, il n'avait que des égratignures légères. Puis je levais la tête, et reconnus cet homme. C'était le Hibou.
 
-Oh mais... qu'est-ce qui se passe ?! La Colombe a rejoint le combat ! Tu n'es pas autorisée, dégage de là ! Hurla le présentateur hystérique.
 
Je jetais un nouveau regard en coin à la caméra. Cette fois-ci, noir de haine.
 
-La ferme, ou t'es le prochain que je bute.

Il poussa un cri de peur, et Senji se décida à parler.
 
-Mais qu'est-ce que tu fais là ? Fit-il, interloqué.
 
Un sourire en coin se dessina sur mes lèvres.
 
-Figure-toi... Que je me suis toujours demandé ce que ça faisait, de se battre avec quelqu'un.

Dans la seconde qui s'en suivit, ils redoublèrent leurs attaques. Senji savait que je leur avais infligé à chacun une défaite, leur faisant perdre quelque chose de précieux. On m'avait toujours empêché de tuer un deadman.
 
-Ils doivent penser que c'est une bonne occasion pour prendre leur revanche. Ils devraient donc plus se concentrer sur moi, profite-en. Bats-le Coq, je te couvre, déclarais-je sérieuse en regardant le Hibou, m'avançant pour intercepter les projectiles.
 
Senji me lança un regard surpris, esquivant à la dernière seconde une attaque de la fille.
 
-Fais-moi confiance, s'il te plait.

Il la projeta à plusieurs mètres avant de se mettre devant elle, l'éloignant de moi. Tête baissée, un large sourire finit par se dessiner sur ses lèvres, avant de foncer sur son adversaire.
 
-Comme toujours ! S'exclama-t-il en enchainant de nouveau les coups à la vitesse de l'éclair.
 
Il savait que je ne tiendrais pas infiniment, loin de là. Mais je préférais tomber raide d'anémie plutôt que de le laisser se faire blesser !
 
Mais elle résistait, malgré les attaques du brun. Le Hibou, enragé, redoublait d'effort pour me mettre à terre. Ma vitesse était un atout non négligeable, et il le savait. Mais je n'avais rien laissé passer, quitte à me prendre quelques projectiles si je ne pouvais pas les stopper.
 
Je le protégerais, quoi qu'il arrive. Pour tout ce qu'il avait fait pour moi. J'y étais déterminée.
 
Alors que je commençais à m'essouffler, égratignée, j'entendis un bruit derrière moi. L'assaut cessa.
 
-Karako ! S'écria Nagi, alias le Hibou.
 
Mes doutes s'étaient confirmés, ils étaient en couple. C'était grillé dès que je les avais vus ensemble de toute façon.
 
Je me retournais vers Senji, et vis que ses armes étaient différentes de d'habitude.
 
-Je ne pensais pas avoir besoin d'utiliser ça, mais ses protections étaient vraiment plus résistantes que prévues, désolé du retard.

En effet, ses serres de Corbeau s'étendaient maintenant sur plusieurs mètres, et les lames étaient parsemées de trous hexagonaux, excepté le tranchant.
 
-Qu'est-ce que tu as fait ? Fis-je en reprenant mon souffle.
-Oh, j'ai juste été plus vite que son temps de réaction pour activer son arbre de sang. J'ai été à la vitesse du son, quoi, sourit-il en me regardant.
 
Incroyable. Ce mec était tout simplement incroyable. Il disait ça comme si c'était la chose la plus facile du monde. J'étais maintenant sûre et certaine de mes sentiments, même si je ne niais pas que l'admiration avait une place importante là-dedans.
 
Mais son visage redevint rapidement sombre en reportant son attention sur notre dernier ennemi. Je fis de même, mais le répit fut de courte durée, puisque celui-ci nous mitrailla, fou de colère, enchainant les projectiles sans réfléchir.
 
On aurait pu le laisser se vider de son sang, en se contentant d'esquiver, si son pouvoir n'était pas si destructeur. La salle ne ressemblait déjà plus à rien, et elle tremblait toute entière sous les coups des explosions répétées.
 
Mais comment l'atteindre d'aussi haut ? Senji avait tenté plusieurs fois d'allonger encore plus ses lames, en sautant qui plus est, mais rien à faire. Il était inatteignable d'ici.
 
-Bordel, il va nous enterrer vivants s'il continue ! Pesta le brun en atterrissant près de moi.
 
Oui, c'était une possibilité, si je ne mourrais pas avant. D'ailleurs, malgré la situation, il sembla se souvenir de mon temps limité, me lançant un regard inquiet tout en tranchant les boules de sang.
 
Le fameux goût métallique commençait à se sentir, lui dire que tout allait bien aurait été un mensonge. Mais je refusais sa protection. Seulement, lui ne l'entendit pas de cette oreille, puisque, ralentie par l'effort, je faillis me prendre une attaque. Senji avait bondi devant moi, bras croisés. Ses serres formaient maintenant des demi-arcs de cercle parfaits.
 
Ce fut à ce moment que j'eus une idée. Et je compris enfin... pourquoi on l'appelait le Corbeau.
 
Je retournais mon arme contre moi, dans mon dos.
 
-Mais qu'est-ce que tu fous ?! Paniqua-t-il en me voyant faire.

 

Sans rien répondre, je me fis deux entailles au niveau de mes omoplates, avant de faire disparaître mon arme.

 

Senji continua de me protéger en s'inquiétant. Mais je devais rester concentrée, alors je fermais les yeux. Et cette fois, ce ne fut pas un katana de sang que j'avais imaginé.

 

Avec toute la volonté de le protéger, je les rouvris soudainement, alors que deux ailes de sang se déployèrent dans mon dos.

 

Des ailes invisibles pour la plupart des gens. Ses ailes à lui ne servaient pas à voler. Mais à plonger sur ses proies, pour les déchiqueter. C'était des ailes de prédateur, que seuls ceux le côtoyant pouvaient voir.

 

Le brun venait d'éviter de peu un autre projectile en jetant un coup d'½il en coin.

 

-Si tu ne peux pas mettre à terre un ennemi parce qu'il t'est inaccessible, je serais tes ailes, Senji.

 

Oui, car les miennes, plus grandes, servaient à s'élever contre n'importe quoi.

Sans lui laisser le temps de réagir, je me mis derrière lui, passant mes bras devant son torse pour le tenir fermement contre moi. Puis je sautais, et volais vers le Hibou avec toute la force qu'il me restait. Malgré la dangerosité de la situation, malgré le chaos qui régnait à ce moment-là, je ne pus m'empêcher de me sentir heureuse de pouvoir de nouveau l'avoir contre moi, de pouvoir ressentir sa chaleur. De me sentir proche de Senji, tout simplement.

 

Evidemment, il fut gêné au début, mais ne pouvant pas tout esquiver sans arme, et me rapprochant de plus en plus de l'ennemi, je me pris un projectile dans l'épaule gauche, me stoppant une seconde. Je sentis Senji se calmer instantanément, le regard tourné vers ma blessure.

 

Dans un dernier effort, je franchis les derniers mètres, ne regardant même pas mon épaule, ne sentant même pas la douleur. Je devais l'atteindre, je devais mener Senji à la victoire. Seule cette idée occupait mon esprit.

 

Senji matérialisa ses serres, et d'un geste rapide, termina le combat. Le Hibou avait été si aveuglé que ça n'avait pas été difficile de l'achever à bout portant.

 

Le brun fit disparaître ses armes la seconde d'après, puis, résistant encore un peu, je le posais doucement sur la plateforme.

 

En le quittant, je sentis le peu d'énergie que j'avais s'envoler, la fin de ce combat avait fait disparaître l'adrénaline, et mes ailes s'évaporèrent alors que j'étais toujours dans le vide, à plusieurs dizaines de mètres du sol. Une chute comme celle-là me serait fatale, mais je n'avais vraiment plus la force de me battre.

 

Surtout en sachant Senji en sécurité.

 

Dans un geste inattendu, celui-ci fit un rapidement mouvement de bras pour me rattraper avant que je ne commence à chuter. Je mis quelques secondes à comprendre que cette chaleur que j'aimais tant ressentir, je la sentais de nouveau contre moi. Oui, Senji m'avait rattrapé contre lui.

 

Je le regardais alors, surprise.

 

-Merci, petite Colombe, déclara-t-il avec un gigantesque sourire aux lèvres.

 

Je ne pus m'empêcher de devenir rouge écarlate. L'entendre dire ça, m'appeler comme ça, et le voir sourire comme ça, en étant contre lui, c'était plus que ce que je pouvais supporter. C'était si déloyal de sa part, alors qu'il ne supportait pas le contact féminin !

 

Lorsqu'il me vit dans cet état, il réalisa dans quelle position nous étions, et me lâcha immédiatement, rougissant à son tour, encore une fois, gêné. Je ne pouvais pas m'empêcher d'être déçue de son geste, mais on ne changerait pas Senji...

 

Enfin, tout avait repris son cours normal, aussi normal soit-il dans cet enfer. Le présentateur avait été viré, puisqu'il avait à deux reprises tenté de tuer des deadmen. C'est qu'ils y tenaient, à leur attraction principale.

 

Karako et Nagi étaient venus nous voir une fois soignés. Comme je l'avais pensé, ils savaient depuis le début que Senji s'était jeté dans un piège sans le savoir, et qu'en me voyant, la tentation de me battre, en plus de Senji, avait été trop forte pour reculer. Ils étaient donc venus s'excuser, avant de repartir ensemble. Cette fois-ci, ils n'avaient rien reçu comme pénalité, car le Directeur n'avait jamais été d'accord pour ce lâche deux contre un.

 

Cependant, nous avions reçu une bonne réserve de bonbons antidotes, plus un « prix » de notre choix. Nous pouvions demander n'importe quoi, et j'avais eu une idée suite à un entrainement quotidien.

 

D'ailleurs, ce fut après l'un d'eux que je me décidais à en parler à Senji. Puisque j'avais demandé quelque chose dont je voulais qu'il profite aussi : un sauna. Il avait sauté de joie en apprenant la nouvelle, ce qui me fit plus que plaisir.

 

Je lui indiquais qu'il se trouvait dans la pièce à côté de ma chambre, et qu'il pouvait y aller quand il voulait.

 

J'avais aussi fait plusieurs tentatives de rapprochement, mais c'était toujours aussi infructueux, et à chaque fois, ça me faisait un peu plus mal que la fois d'avant. Et pourtant, j'en étais certaine. Je l'aimais. Sinon, ça ne me ferait pas aussi mal...

 

Quant à moi, essayant de me changer les idées, je repartais peu après, ayant quelques petites choses à faire. En effet, j'étais tombée à court de pains melon. J'en mangeai tous les jours maintenant, Senji, en plus de toutes les nombreuses qualités que je lui connaissais déjà, était en plus de ça un génie avec des idées fabuleuses !

 

Après mes courses, je rentrais tranquillement dans ma chambre. Je posais le sac plastique sur ma table basse et regardais la porte menant au sauna. Je me disais alors qu'après l'entrainement, ça ne pouvait pas me faire de mal.

 

Je m'attachais les cheveux en chignon négligé, puis me déshabillais pour m'enrouler dans une simple serviette de la même couleur que mes cheveux, et que tout le reste. Je fis coulisser doucement la porte, et rentrais dans la pièce emplie de vapeur blanche avant de refermer derrière moi. Je n'avais jamais été dans un sauna, mais je connaissais le principe. Mais je ne m'attendais pas à une chaleur aussi étouffante !

 

J'avançais un peu, et vis quelque chose de noir. Cependant, je n'y voyais rien avec toute cette vapeur, alors je me rapprochais pour pouvoir identifier la chose en question.

 

Après avoir franchis encore quelques mètres, je me retrouvais nez-à-nez avec Senji. Nous nous regardâmes longuement, sous le coup de la surprise.

 

Mais je ne pus empêcher mes yeux de descendre. Quand bien même Senji se baladait à torse découvert la plupart du temps, là c'était sensiblement différent. J'avais une vue imparable sur ce que je pouvais considérer comme un corps parfait, de ses mèches de cheveux corbeau au bout de ses pieds.

 

Il n'y avait vraiment pas que son caractère qui était parfait. L'intérieur était aussi beau que l'extérieur.
(NDA: Bon d'accord la fangirl en moi a écrit ce passage! x'D)

 

Seule une serviette cachait ses parties intimes, et c'est lorsque je m'en rendis compte, que je détournais le regard, rouge pivoine. C'est dingue, il était le seul à me faire perdre mon sang froid.

 

Mais je sentis le poids de son regard me détailler aussi, avant d'avoir la même réaction que moi.

 

-D-Désolé ! Lança-t-il pour briser le silence plus que gênant.
-N-Non, t'as rien fait de mal, je t'ai dit de venir quand tu voulais, donc bon...

Je soupirais un grand coup pour me calmer, et ris un peu.

 

-Enfin, y'a pas de quoi te mettre dans cet état, hein.
-Ben... Si quand même. Te voir dans cette tenue... T'es pas la fille la plus irregardable du monde, tu sais.

J'étais restée figée face à ce soudain compliment détourné. Ma peau habituellement blanche avait retrouvé les rougeurs qui l'avaient à peine quitté.

 

-Toi non plus... Fut la seule chose que je pus répliquer.

 

Je m'assis un peu plus loin, dos à dos, lui assurant qu'il ne me dérangeait pas. Le silence avait repris sa place, et je m'étais pour la deuxième fois calmée.

 

-Senji... Je peux te poser une question ?
-Bien sûr, j'ai rien à te cacher.
-Pourquoi... tu as prononcé mon nom, dans la salle de combat ?

 

Il sembla surpris de cette soudaine interrogation, mais ça m'avait travaillé. Peut-être... Je dis bien peut-être... que j'avais une infime chance que--

 

-« Figure-toi... Que je me suis toujours demandé ce que ça faisait, de se battre avec quelqu'un. » hein ? Eh bien à ce moment dans l'arène, en voyant Karako et Nagi, en réfléchissant à comment les battre à moi seul... Je me suis demandé ce que nous pourrions donner... ensemble.

 

Sur le coup, je ne sus quoi répondre. Ses mots m'avaient touché en plein c½ur, ne faisant que confirmer le sentiment si fort que je ressentais pour lui. J'aurais tellement aimé lui faire comprendre... Mais je ne me sentais vraiment pas assez forte pour le faire sachant qu'il était gêné au possible au moindre contact de ma part, comme de n'importe quelle autre fille.

 

Et pourtant, il y en avait eu, et pas qu'un seul. Je n'allais pas me décourager. On se rapprochait, je le savais, du moins je l'espérais du plus profond de mon c½ur. Je ne laissais pas Senji indifférent, c'était déjà inespéré.

 

Mais toutes ces fois où il m'avait repoussé me revinrent en mémoire, me mitraillant le c½ur encore une fois. J'étais déchirée entre commencer à laisser tomber, et espérer, si bien que je ne l'entendis pas m'interpeller. Me recroquevillant de plus en plus sous le poids de mes pensées, je sursautais lorsqu'il posa sa main sur mon épaule.

 

Peau contre peau...

 

-Lassia, ça va ? Tu n'as pas l'air bien depuis que j'ai perdu mon ½il, s'inquiéta-t-il sérieusement, oubliant visiblement sa gêne.

 

Détournant le regard, je soupirais légèrement, avant de faire un faux sourire.

 

-Pourquoi je n'irais pas bien ? On se reparle depuis que j'ai compris que tu ne m'en voulais pas... Je n'ai aucune raison de ne pas aller bien, mentis-je en me levant.

 

Trop vite. J'avais été trop vite, voulant ne plus en entendre parler, voulant pour la première fois le fuir. Je sentis ma tête tourner violemment, et je ne fus pas capable de tenir longtemps sur mes jambes, un voile noir s'abattant brutalement devant mes yeux.

 

Mais je ne sentis jamais le sol dur du sauna, finissant par m'évanouir complètement.

 

Partie 1                                                                                                                                 Partie 3

 

Dove and Raven [Partie 2]
Je ne sais plus si je l'avais dit, mais j'avais l'intention de poster cette deuxième partie la semaine suivant la première. Au moins là c'est bon, j'ai respecté les délais! 8D

 

J'ai également quelques petites infos à vous communiquer:
1/ Puisque j'ai quasiment achevé la trame principale de l'histoire, je vais bientôt attaquer l'épilogue. Or, je n'ai aucune idée de combien de pages il sera composé (pas trop normalement, on verra). En fonction de sa taille, je le ferais à part ou à la suite de la dernière partie.                                                                                                                                                    
2/ Comme on me l'a demandé, certains aimeraient en savoir plus sur le passé de mon héroïne. C'est pourquoi j'ai eu une idée de bonus, où je vous expliquerai ses origines et une journée "normale" de son ancienne vie, et éventuellement comment elle a fini par tuer sa famille. Dites-moi si ça vous intéresserait ! 

 

Et n'oubliez pas, je ne veux que des commentaires constructifs (si tu ne sais pas comment faire, va ). Si cette simple petite chose n'est pas respectée, je vous retire des prévenues pour ce Three Shot. 

 

En espérant que cette deuxième partie vous a autant ravie que la première !
Dove and Raven [Partie 2]
 

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Dove and Raven [Partie 3] 28/01/2016

Dove and Raven [Partie 3]
                                                                                                                                                                                                

Avant-propos: Cette dernière partie sera un peu plus courte que d'habitude. Cependant, un épilogue ainsi qu'un bonus suivront cette publication. Je suis sincèrement désolée pour le retard immense que j'ai eu sur ce THS, mais plus j'approchais de la fin, plus la motivation baissait, en plus de ma vie mouvementée en ce moment.
Bonne lecture !
                                                                                                                                                                                                        

 

J'aurais voulu ne jamais me réveiller. Voire ne jamais exister. Personne n'avait jamais voulu de moi, je n'avais jamais été aimé de personne, et jusque-là, ce sentiment que des milliers de personnes avaient vanté, m'assaillait et me faisait plus mal que n'importe quelle blessure physique.
 
Ce sentiment était une véritable torture, tout simplement parce que je n'avais aucune idée de comment le lui dire. J'avais l'impression que dans ma bouche, le verbe « aimer » était impossible à conjuguer.
 
Quoi de plus normal pour une meurtrière, pour une tueuse, un monstre, une sauvage.
 
Pour... Quelqu'un qui n'en avait simplement pas le droit.
 
-Lassia, aller réveille-toi ! S'exclama une voix que je pouvais reconnaître entre mille.
 
Un poids, une chaleur sur ma main droite. Cette même chaleur que je sentais tout autour de moi. Cette présence que je ne voulais plus jamais quitter.
 
Une sensation froide se fit sentir sur mon front, me faisant froncer les sourcils.
 
-Lassia ? Fit-il plus doucement à mon mouvement.
 
J'entre-ouvris lentement les yeux, si près de lui que je crus rêver.
 
-S-Senji... ?


J'entendis un long soupire, puis, après une vision floue, je reconnus le visage de Senji. Qui souriait.
 
-J'te jure... Tu m'as fait peur. Si tu ne supportes pas les hautes températures, t'aurais pas dû demander un sauna !


Je tentais de me redresser, mais ma tête me faisait encore mal, et ma main alla directement appuyer mon front, où j'y trouvais un linge mouillé d'eau froide.
 
Senji mit ses mains sur mes épaules pour me faire rester allongée. Pourtant, maintenant que j'avais retrouvé une vision normale, je me rendis compte de la position dans laquelle nous étions. Pire que lors de la fin du deux contre un.
 
Nous étions tous les deux à moitié nus, et si proches que je n'avais plus aucune idée de ce que je faisais.
 
Au final, était-ce si mal de braver les interdits... ?
 
Ma main droite dériva pour finir sur sa joue. Peut-être que je pouvais le faire... Que je pouvais le lui dire. Peut-être étais-je capable de lui faire comprendre... ?
 
Mon regard remonta lentement vers son visage, que je devinais empli de tendresse, empli de tout ce que je pouvais ressentir pour un homme tel que lui.
 
Senji Kiyomasa, alias le Corbeau. Autrement dit, celui m'ayant appris à conjuguer le verbe « aimer ».
 
Mais j'eus à peine le temps d'apercevoir l'expression de son unique ½il restant qu'il saisit soudainement ma main. Sans brutalité, mais il la retira. Son regard que j'avais vu une seconde surpris, exprimaient maintenant un sérieux que je fus incapable de déchiffrer. Il me porta et me mit sur mon lit avant de se redresser sans un mot.
 
Il disparut alors dans ma salle de bain après avoir récupéré ses vêtements, alors que j'avais essayé de l'interpeller en m'asseyant sur le bord du lit.
 
Une incroyable angoisse s'empara de moi à cet instant précis. Me repousser en me considérant comme une simple fille, passait encore, mais s'il me fuyait en ayant compris... Je ne voulais pas ça ! Mon estomac me fit mal sous l'incompréhension. Jamais je ne l'avais vu comme ça. Perturbé ? Déçu ? Désolé ? Je n'en savais rien, et ça me rendait folle !
 
Lorsqu'il ressorti, habillé, mon c½ur faillit louper un battement. Il se dirigea vers la porte de la chambre.
 
-Repose-toi, tu n'es pas bien, déclara-t-il sur un ton neutre en ouvrant la porte métallique.
 
D'un bond, je l'avais rattrapé alors qu'il venait de passer le pas de la porte.
 
-Attends Senji ! M'exclamais-je en le retenant par le poignet.
 
Alors qu'il me faisait de nouveau face, il ne put s'empêcher de se dégager en rougissant en voyant ma tenue.
 
-Sors pas comme ça ! Paniqua-t-il, embarrassé.
 
C'était trop. Sa réaction était peut-être justifiée, mais je ne la voyais que comme un rejet. Que devais-je croire à la fin ?! Ses paroles et ses gestes étaient contradictoires à un point tel que ça commençait sérieusement à me torturer.
 
Mes poings se serrèrent alors que je baissais la tête, le regard sombre.
 
-Ça suffit maintenant... C'est blessant à la fin, murmurais-je, blessée par cet énième rejet.
 
J'ignorais si Senji avait entendu mes mots. La seule chose que je savais, c'est qu'il s'était calmé, et figé dans la seconde qui s'en suivit.
 
A bout, je claquais soudainement la porte me séparant de l'homme qui représentait tout pour moi maintenant. Je n'avais entendu que mon prénom lors de mon action impulsive, mais c'était trop tard.
 
Les larmes roulèrent toutes seules, alors que je me laissais tomber le long du métal froid, secouée par des soubresauts.
 
Me prendre la réalité dans la gueule m'avait fait plus mal que je n'aurais cru. Evidemment, qu'il ne m'aimait pas. Comment avais-je pu croire une seule seconde le contraire ! Un flic innocent et si puissant avec une meurtrière incapable, c'était ridicule. Nous étions totalement opposés. Trop opposés.
 
Je n'avais pas le droit à son amour, de toute façon. Peut-être même que son amitié était de trop. Senji était quelqu'un à part, inaccessible, surtout pour un être aussi impur que moi. Il avait toujours fait ce qui lui avait semblé juste, il était du côté de la justice et ce depuis le début. Il n'avait tué que pour sa propre survie dans cette prison de fous.
 
Pour la première fois de ma vie, je regrettais d'avoir pris ces vies qui m'interdisaient maintenant d'être avec lui, de lui avouer qu'un être tel que moi avait fini par tomber bêtement amoureux de son opposé.
 
Un Corbeau avec de si grandes ailes, que personne ne pouvait atteindre. C'était ce qu'était Senji Kiyomasa au final.
 
J'avais retourné la question dans tous les sens possibles, après quelques heures passées à pleurer sans pouvoir m'arrêter, sans arriver à oublier que la seule et unique fois où je m'étais retrouvée aussi torturée, j'avais eu les bras de Senji pour stopper mes larmes.
 
Chose que je n'aurais plus jamais, c'était une évidence. Ça n'aurait jamais dû arriver, en réalité. Nous n'aurions même pas dû nous rencontrer. Cette torture et cette situation n'avaient aucun sens.
 
La meilleure chose à faire était sans doute d'oublier. Oublier sa rencontre, sa chaleur, son odeur. Mon amour pour lui. Puisque c'était vain, rien ne servait de continuer comme ça. Ça ne servait à rien de lui donner une information dont il n'avait que faire.
 
J'essuyais rageusement mes yeux, et me relevais. J'essaierais de toutes mes forces d'enfouir ses sentiments si profondément dans mon c½ur qu'ils ne me feraient plus souffrir : voilà ma décision.
 
Mais j'en avais pris une autre. Je ferais sortir Senji de cet enfer où il n'avait pas sa place, qu'il le veuille ou non. Et ce sans lui en parler. J'allais même ne plus le voir du tout, cette fois. J'avais compris que nous n'étions pas faits pour être ensemble, et pour cause : ça n'avait apporté que des problèmes.
 
Mais à vrai dire, je ne le croisais même plus. C'était différent de l'autre fois après sa pseudo défaite contre Ganta. Je ne l'apercevais jamais en allant à la salle de combats, puisque je ne me rendais plus qu'ici lorsque je sortais. Plus d'une fois, mes jambes avaient eu l'automatisme de se diriger vers la salle d'entraînement, vers Senji. A moins que ce soit inconsciemment mon c½ur qui voulait le voir... Mais je m'étais toujours repris avant d'atteindre mon but erroné.
 
Seulement, même en essayant de trouver des informations, je ne trouvais rien. Pas moyen de contacter l'extérieur, ni téléphone, ni internet. Rien. Strictement rien, même en sacrifiant le temps où je m'entrainais habituellement en cherchant des informations vainement.
 
Je n'avançais tellement pas que j'avais perdu la notion du temps. Tout ce que je savais, c'était que j'avais l'impression qu'il s'était écoulé une éternité depuis la dernière fois où j'avais entendu le son de sa voix, où j'avais pu voir son visage, et son sourire.
 
Comme à chaque fois où j'étais perdue dans mes pensées, j'étais sur mon lit, regardant le plafond de métal. Seule. Encore. Et cette fois, Ganta ne venait pas non plus. M'en voulait-il ? Je n'en avais pas la moindre idée. Mon impulsivité avait pris le dessus ce jour-là. Le regrettais-je ? Je ne le savais pas non plus. J'aurais dû continuer à me voiler la face ? Peut-être...
 
Je secouais ma tête négativement pour me reprendre. Ce n'était pas le plus important. Quand bien même je voulais faire sortir Senji d'ici...
 
Je me mis en position assise au bord de mon lit, le regard dans le vague, tournée vers cette télé qui l'avait vu passer un bon nombre de fois.
 
...je n'arrivais pas à trouver comment.
 
Alors que j'allais pousser un long soupire, un bruit me fit sursauter. On toquait à ma porte. Ça me rappelait la dernière fois que Senji était venu... Mais là, ça n'avait rien à voir.
 
« -Wendel-san ! Wendel-san ! S'éleva une voix hésitante.
 
Y'en avait qu'un pour m'appeler comme ça. Ganta.
 
Cette fois, le soupire sortit. Je me levais, et à peine la porte actionnée, le gamin déboula dans ma chambre. Sur le coup, j'avais écarquillé légèrement les yeux de surprise, mais j'avais repris mon air impassible rapidement.
 
-Qu'est-ce qu'il y a de si urgent Ganta ? Demandais-je sérieusement.
-Je... Hésita-t-il devant moi, avant de prendre un air sérieux. J'ai rejoint Scar Chain.
-Et qu'est-ce que ça peut me faire ? Fis-je en croisant les bras, m'appuyant contre le cadre de la porte.
-Eh bien... Fit-il, déstabilisé. C'est un groupe qui a élaboré un plan pour s'échapper de cette prison, de cet enfer ! On a besoin de personnes fortes, rejoins-nous s'il te plait !


Il s'inclina. Je soupirais. Je savais très bien en quoi consistait ce groupe. Ce n'était pas le premier à me demander de l'aide.
 
-Ganta, l'interpellais-je alors qu'il releva la tête, surpris. Je ne peux pas... Mais je peux comprendre votre point de vue. Pour quelqu'un comme toi, cette prison est effectivement un enfer. Mais pour moi, c'est mon lieu de rédemption. Je ne peux tout simplement pas le quitter, car j'ai choisi d'y être.
-Mais -- !
-Il n'y a pas de « mais » qui tienne.


Je pris un air pensif en me remettant droite.
 
-Tu ne le vois peut-être pas comme ça, mais crois-moi. Cette prison n'est que le reflet de ce monde. Sauf qu'ici, on ne te cache rien. C'est une version du monde honnête, où tu dois te battre et tuer pour rester en vie. Mais je suppose qu'un gamin ne peut pas comprendre.


J'avais plus prononcé ma dernière phrase pour qu'il parte que pour réellement le blesser.
 
Je savais très bien qu'à son âge, on pouvait comprendre tout. Même mieux que les adultes.
 
Il pesta, je tournais la tête. Il s'en alla en courant, sans que je le retienne, soupirant longuement en pensant à ce que pouvait être la liberté...

 


Dove and Raven [Partie 3]

 




 La blanche l'avait laissé partir. Elle l'avait fait exprès. Comment pouvait-elle rejoindre un symbole de liberté ? Une Colombe n'est rien d'autre qu'un pigeon blanc au final. Elle était effectivement convaincue de devoir payer pour ce qu'elle avait fait, elle l'avait assez répété. Mais trouvait-elle ça vraiment si juste ?
 

Le jeune garçon couru à perdre haleine. Il ne comprenait pas sa logique. Cette prison, honnête ? Le reflet du monde ?! Mais ici, aucun espoir n'était envisageable ! Le monde tel qu'il l'avait expérimenté n'était certes pas tout rose, ni même toujours juste, mais il était loin d'être aussi horrible que cet enfer !
 
Une fille si forte qu'elle... Comment pouvait-elle abandonner si facilement ?!
 
Car malgré ses mots, il n'arrivait pas à croire qu'elle était résolue. Elle voulait être libre, ça crevait les yeux !
 
C'est essoufflé que le jeune brun ouvrit brutalement la porte de métal de la chambre du Corbeau. Car il savait que Senji ne s'entraînait plus depuis qu'il ne lui parlait plus.
 
Celui-ci était assis sur son canapé, relevant un regard étonné par tant d'empressement alors qu'à peine quelques secondes avant, celui-ci était perdu dans le bol de ramen posé sur la table basse, visiblement froid maintenant.
 
Seules quelques secondes de silence filèrent, le temps que Ganta retrouve un minimum son souffle.
 
-Senji, rejoins Scar Chain ! On doit sortir d'ici ! Tu m'as bien dit que comme moi, tu n'avais rien fait pour mériter d'être ici, alors viens ! S'exclama-t-il désespéré.
 
Il se stoppa, crier avait déjà fait s'envoler le peu de respiration retrouvée. Mais son interlocuteur se contenta de rabaisser son regard vide qui exprimait tant de choses auparavant.
 
On aurait dit que ne plus être en contact avec elle lui avait coupé toutes envies, toutes émotions.
 
-Pour quoi faire ? Au moins ici, tes ennemis sont honnêtes et veulent te tuer en face. Tu peux te battre sans te soucier de l'éthique. Je n'ai pas ma place dehors. Ce sera sans moi Ganta, tu es devenu assez fort pour te débrouiller seul de toutes façons.


Celui-ci serra les poings d'énervement.
 
-Vous avez vraiment un problème, j'en ai marre d'entendre le même refrain des deux personnes que j'estime le plus ! Personne ne mérite d'être un pantin du directeur ! Personne ne mérite de risquer sa vie comme ça, et surtout pas vous deux ! Le monde n'est pas aussi noir que vous le pensez, bordel !


L'homme avait écarquillé son ½il restant à ses mots, alors que le gamin décampa aussi vite qu'il était arrivé.
 
Il avait raison.
 
Dans un bond, semblant animé d'une énergie nouvelle, il se leva et couru à son tour à travers le sous-terrain de métal.
 
Il ne pouvait parler que d'une personne, même s'il ignorait que Ganta avait fini par l'apprécier, et encore moins l'estimer.
 
Une foule de pensées nouvelles envahit l'esprit de notre Corbeau. Et il se rendit compte qu'elles n'étaient pas si nouvelles que ça. Il avait essayé d'oublier, au point de penser qu'il avait réussi. Mais les mots de Ganta l'avait réveillé.
 
Car il avait enfin compris. Compris absolument tout. Enfin, toujours plus qu'avant.
 
Avant même d'arriver devant sa chambre, il murmura son prénom, de plus en plus fort à mesure qu'il avançait, devenant presque une incantation pour la retrouver plus vite.
 
Qu'il avait été stupide.
 
Il voulait la voir, lui parler, simplement l'approcher. Revoir ses magnifiques cheveux platines voler au rythme de ses mouvements lorsqu'il s'entrainait avec elle. Revoir ses si jolis yeux rosés pouvant exprimer une peine si profonde et paradoxalement une joie dont il n'osait pas deviner la cause. Mais par-dessus tout, ce sourire qui pouvait être si éclatant lorsqu'il étirait ses lèvres légèrement rosées.
 
Et pourtant, la dernière fois qu'il l'avait vu, il n'y avait rien eu de tout ça. Au bord des larmes, et effondrée.
 
Il n'osait pas réfléchir au pourquoi. Non, ses pensées n'osaient tout simplement pas aller trop loin, et se limitaient à la première chose qu'il voulait. Et c'était la voir. 
 
La voir, pour qu'elle comprenne aussi.
 
Lorsqu'il se retrouva face au morceau de tôle la séparant de lui, il le fracassa purement et simplement, peut-être même plus vite et plus violemment que la dernière fois. Au moment où leurs regards se croisèrent, le temps sembla suspendu. La position de la jeune femme sur son lit montrait qu'elle avait sursauté de surprise, mais elle n'arrivait pas à le quitter des yeux. Elle ne l'avait pas vu depuis si longtemps... Mais surtout, elle était trop étonnée, et lui trop perturbé de la revoir après leur dernier échange.
 
Mais un son strident les fit redescendre sur Terre. L'alarme. Des prisonniers s'échappaient, Scar Chain avait vraiment réussi leur coup. Les deux avaient instinctivement levé la tête vers le plafond, mais le brun fut le premier à la regarder de nouveau avant de s'avancer, le regard empli de détermination.
 
-Lassia, partons d'ici. On ne peut pas appeler ça vivre !


Ses propres mots le surprenaient. Si un jour on lui avait dit qu'il changerait d'avis. Mais ce qu'il ignorait, c'était que tant qu'elle pouvait être avec lui, elle pouvait bien tout supporter, ça lui suffisait.
 
-Mais... Commença-t-elle, troublée. Je ne peux pas, je suis une meurtrière ! Désespéra-t-elle en se prenant la tête dans les mains.
-Arrête avec ça ! S'exclama-t-il, visiblement en colère. N'importe qui de sain d'esprit comprendrait que ce que tu as fait ne peut pas s'appeler un crime. Tu as assez payé durant tout ce temps. Ça suffit, arrête de te torturer inutilement. Je ne veux plus que tu risques ta vie pour ces conneries. Tu as le droit d'être libre, tu as le droit à une vie normale, Lassia.


Elle avait relevé la tête lorsqu'il avait élevé la voix. Au fil de ses mots, des larmes avaient perlé le long de ses yeux. Senji lui offrit un sourire rassurant en lui prenant doucement la main pour la faire se relever. Machinalement, elle l'avait fait. Il avait très bien vu le poids de ses mots, et était heureux qu'il puisse l'atteindre.
 
Il n'ajouta rien et sortit de la pièce en serrant fermement la main de la blanche. Il ne la lâcherait pas. Pas avant de la savoir dehors. Un autre sourire apparut sur les lèvres du brun lorsqu'il sentit la main encore un peu tremblante de la jeune femme. Sans doute voulait-elle une preuve de la réalité des évènements.
 
C'est donc main dans la main, fermement tenues des deux côtés, que Colombe et Corbeau volèrent pour s'échapper de leur cage d'acier.

 



Dove and Raven [Partie 3]

 


Je n'en revenais pas. C'était bien Senji qui m'avait adressé ses mots, ce regard et ce sourire si doux ? J'avais vraiment le droit...de vivre ? Sans m'en vouloir, sans me considérer comme un monstre ? Je n'avais jamais osé en rêver, ni même y penser. Et c'est pourquoi mon c½ur fit un bond dans ma poitrine lorsque Senji resserra doucement un peu plus ses doigts sur les miens lorsque je l'avais fait, pour être sûre de ne pas rêver. Je ne faisais absolument pas attention au chemin que nous empruntions, focalisée sur nos mains liées. Sur cette main entraînant la mienne, m'entraînant vers une liberté que je n'avais jamais connu, que je ne m'étais jamais accordée.
 
Ironique pour une Colombe.
 
Mes larmes avaient roulés sur mes joues, mais j'avais fini par les essuyer de rage. Ce n'était pas le moment. Nous étions en train de quitter le bloc G, passant devant les dernières chambres, lorsqu'un cri passant au-dessus du brouhaha de l'évasion se fit entendre. Senji, par réflexe sans doute, se stoppa. Ce cri était vraiment aigu, venant de notre gauche. C'est alors que nous nous rendîmes compte que la porte d'une chambre était ouverte, laissant une vue peu ordinaire. En effet, l'espace recouvert de plantes et de fleurs en tout genre était visiblement habité par une adolescente à moitié nue. Elle avait sans doute été surprise du soudain bordel ambiant, notamment de l'ouverture automatique de toutes les portes.
 
Lorsqu'elle vit que Senji n'avait pas bougé sous la surprise, elle hurla de plus belle en lui jetant un pot de fleur à une vitesse phénoménale. La simple pensée de douter de son statut de Deadman s'excluait, quand bien même c'était étrange.
 
Ne voyant pas le brun réagir à « l'attaque », sûrement perturbé par la situation, je lâchais sa main qui n'avait pas opposée de résistance avant de mettre un coup de pied retourné dans le projectile, s'écrasant sur le mur le plus proche.
 
-Qu'est-ce que tu fous Senji ?! Le Corbeau que j'ai-- Que j'admire ne se ferait pas avoir pas ça ! M'exclamais-je énervée de sa non-réaction, remise de mes émotions.
-Désolé, fit-il gêné, passant une main dans son cou. Mais au moins, tu ne pleures plus, murmura-t-il pensif.

Je n'eus pas le temps de réagir à ses derniers mots que la fille répliqua.

-Hm... On m'avait pas menti, t'as des bons réflexes, Colombe ! Déclara-t-elle sur un ton de défi.

Lui faisant face en position de combat, mais surtout essoufflée de notre précédente course non terminée, Senji prit un air sérieux, se mettant légèrement devant moi, les bras croisés.

-On a pas le temps de jouer. Soit tu t'échappes soit tu nous fous la paix. Dans les autres cas, je te tue, c'est clair, le Colibri ?

Le regard qu'il lui jeta à ce moment-là, je ne l'avais jamais vu. Il était littéralement près à lui sauter à la gorge pour la tuer si besoin.

-Je n'allais pas vous combattre, je suis pas encore suicidaire ! J'arrive, déclara-t-elle dans un léger rire nerveux, finissant de mettre sa robe jaune avant de balancer ces cheveux bruns mi-longs en arrière.

Nous reprîmes donc notre fuite, montant autant que possible pour quitter les souterrains. Plus nous montions, plus les gardes se faisaient nombreux. Senji ouvrait la marche avec le Colibri et les combattaient rapidement. Mais je sentais bien que je forçais de plus en plus, le goût du sang en étant la preuve. En plus, Senji jetais régulièrement des regards en arrière vers moi, à croire qu'il le sentait aussi. Pourtant, je ne laissais rien transparaitre.

Saleté de poumon en moins.

Craquant, je m'arrêtais, essayant de reprendre mon souffle. Le brun avait fait immédiatement la même chose en disant au Colibri de ne pas nous attendre, ce qu'elle fit.

-Pars devant Senji, je vous rejoindrais, assurais-je sans donner plus d'explications, espérant qu'au moins lui s'en sorte.

Il se contenta de me regarder, dubitatif une seconde, avant de soudainement me porter dans ses bras.

-S-Senji ! Qu'est-ce que tu fais ?! Paniquais-je, rouge pivoine.
-Je m'enfuis avec toi ou pas du tout.
-M-Mais tu te rends compte que tu portes une fille ?!

C'est vrai, après tout, d'habitude il n'en approchait pas une à moins de 15 mètres, et là, il n'avait pas hésité une seule seconde à me porter, ayant à peine les joues roses de gêne. Et c'était moi qui étais dans tous mes états. A croire que les rôles s'étaient inversés.

-Pas juste une simple fille, déclara-t-il simplement avant de reprendre sa course.

Un blanc s'était installé alors que ses bras musclés me soutenaient avec une facilité déconcertante, ne semblant pas gêné le moins du monde par ma charge. Mais pourquoi faisait-il ça ? Il me donnait de plus en plus envie d'y croire, dans ses gestes et dans ses mots. Mais s'il avait compris que je l'aimais la dernière fois, et au vue de sa réaction, que devais-je penser ? J'étais perdue.

Mes réflexions avaient fait perdre ses couleurs à mes joues, et sans doute pour briser le silence qui commençait à devenir pesant, il répliqua.

-Alors comme ça, tu m'admires ? Demanda-t-il avec un sourire taquin au coin des lèvres.
-Oui et c'est pas une nouvelle, répondis-je honnêtement en tournant la tête.
-Et il aura fallu que tu me sauves d'un pot de fleurs pour que je sois au courant ! Continua-t-il toujours sur le même ton.
-T'avais qu'à l'esquiver aussi ! J'aurais pas eu besoin de te « sauver » !

Il ne répondit pas tout de suite, ce qui me fit le regarder. Il ne semblait plus gêné, mais son visage exprimait quelque chose que je ne sus déchiffrer. Comme la dernière fois.

-Peut-être que je voulais que tu me sauves, qui sait...

J'étais restée muette quelques instants face à sa réplique à mi-voix accompagnée d'un sourire mystérieux. J'avais l'impression d'avoir affaire à un tout autre Corbeau.

Ou peut-être était-ce le vrai...

-Lassia. Mets-toi contre moi, me demanda-t-il en s'arrêtant brusquement.

C'est vrai que j'avais gardé mes distances tellement j'étais paumée mais je n'étais pas bien loin, position oblige.

J'avais encore rougi sous la surprise de sa requête. Mais je compris que ça ne servait à rien de poser plus de questions lorsqu'il avait ce regard sérieux.

Je m'exécutais, passant mes bras autour de son torse, plaquant ma tête contre lui. J'étais trop heureuse et apaisée par sa chaleur pour être déstabilisée cette fois. Je crus alors sentir le poids de son regard sur moi un bref instant avant de soupirer légèrement d'amusement, mais pas d'une façon à se moquer. Mais je ne pouvais être sûre de rien, non seulement car ça n'avait duré qu'une fraction de seconde, mais surtout parce que je ne pouvais pas m'empêcher de profiter de cet instant contre l'homme que j'aimais.

La seconde d'après, je sentis son bras gauche s'enlever de sous mes jambes avant de me retenir uniquement avec l'autre. Si j'étais si légère que ça pour lui, il n'avait pas besoin de me porter ainsi.

Encore une question sans réponse...

Un énorme fracas m'avait fait fermer les yeux de surprise. C'est alors que je sentis... un courant d'air sur ma peau. Je les rouvris doucement tandis que Senji me reprit correctement, s'excusant de la position inconfortable soudaine.

Sur le coup, je ne répondis rien. Mon regard cherchait sans relâche une preuve de ce que j'avais sentis, un épais écran de poussière bouchant ma vision. Senji avança à travers, et mes doutes se confirmèrent.

L'air frais. L'humidité ambiante. L'odeur de la pluie récemment tombée. Le soleil baissant doucement dans le ciel sans l'encombre d'un nuage, offrant une palette de roses avec de légères nuances d'orangés. Un tableau incroyable se reflétant sur les multiples flaques, partout où l'eau était restée ainsi que sur l'océan un peu plus bas. Tout brillait, tout scintillait.

-C'est magnifique... Murmurais-je les yeux brillants.

La première fois que je voyais l'extérieur depuis bien longtemps.

Senji était resté statique, sûrement à cause de ce paysage hors normes. A croire que le ciel voulait nous offrir un cadeau. Je regardais alors le brun, et me rendis compte que mes bras étaient passés de son torse à son cou.

Alors que j'allais les retirer à regret, il baissa la tête doucement, ancrant son regard onyx dans le mien. Incapable de le détourner, j'essayais juste de deviner à quoi il pouvait bien penser, pourquoi il me fixait comme ça ?

-Ça me rappelle tes yeux, dit-il doucement avant de reprendre sa course.

Car nous n'étions pas encore totalement sortis d'affaire. Moi, dans les bras de Senji sous un ciel pareil, c'était irréel. Si irréel que j'avais vraiment l'impression de rêver. Ses mots, ses gestes, son regard, ce compliment... Ça ne pouvait être qu'un rêve... non ?

Comme s'il avait entendu mes pensées, ses mains se resserrèrent doucement autour de moi. Mais où voulait-il en venir à la fin ? Je voulais savoir ses pensées, mais au fond, je profitais plus de cet instant qu'autre chose. Car peu importe si cette situation était réelle ou non. Elle ne se reproduirait jamais.

Je soupirais d'aise avant de mettre ma tête contre lui, j'avais fini par enlever mes bras. Je fermais les yeux, seul le bruit des pas de Senji raisonnait. Car le calme ambiant n'était dû qu'à la vanité du directeur. Jamais il n'avait imaginé une évasion, et donc la sécurité extérieure était quasi inexistante. Surtout du côté de l'océan.

 
Enfin, lorsqu'il s'arrêta une nouvelle fois, je rouvris les yeux que j'avais précédemment fermés pour profiter pleinement de cette sensation de bien-être. Il m'offrit un sourire radieux, auquel je ne pus m'empêcher de répondre. Mais lorsque j'entendis les cris de Ganta, je demandais à Senji de me reposer. Histoire d'éviter les malentendus.

Il soupira brièvement et s'exécuta. Ça devenait vraiment étrange... Enfin, Ganta et le Colibri nous rejoignirent. Ils étaient tous les deux souriant, heureux qu'on soit en un seul morceau visiblement.

-Contente que tu aies pu sortir Colombe ! S'exclama le Colibri alors que Ganta avait foncé vers Senji.
-Oui enfin, je n'ai quasiment rien fait... Bref, appelle-moi Lassia. On doit abandonner ces surnoms qu'on nous a imposés.
-Oui, tu as raison. On est libre dorénavant. Alors appelle-moi Takami aussi, sourit-elle.

C'est alors que je le remarquais. Ni Takami, ni Ganta, ni aucun autre de Scar Chain n'avait leur collier. Ce maudit collier qui nous obligeait à nous battre. Celui-là même qui nous empoisonnait un peu plus chaque jour. Seule une légère trace rouge marquait leurs cous.

Mon interlocutrice finit par pencher la tête vers ce que je fixais, et comprit.

-Ah ça... Scar Chain a trouvé un moyen pour les retirer en toute sécurité. Et vous devinerez jamais qui s'en occupe !

Senji et moi nous regardâmes au même moment, intrigués. C'est alors que deux personnes s'avancèrent du groupe. En découvrant leurs visages, nos yeux s'écarquillèrent légèrement de surprise.

Karako et Nagi.

-Allez, venez, on va vous débarrasser de ces maudits trucs, sourit la jeune femme.
-Vous pouvez compter sur nous. On vous doit bien ça, pour la dernière fois, ajouta Nagi avec la même expression.

Nagi emmena donc Senji, et Karako fit de même avec moi, quand bien même je n'avais pas pu le quitter du regard. Ce n'est qu'une fois assise dans l'une des cabines du bateau que j'y repensais. D'un bond, je me levais alors que la blanche était de dos pour prendre ce dont elle avait besoin.

-Qu'est-ce qui t'arrive Lassia ? Demanda-t-elle en posant ses mains sur mes épaules.

Mon regard ne quitta pas la porte.

-Senji, vous devez le soigner. Il doit être égratigné de partout même si je n'y ai pas fait attention. Il m'a aidé, je n'ai été d'aucune utilité, il faut le soigner Karako ! M'exclamais-je en me retournant vers elle.

Elle passa de surprise à souriante en entendant mes explications.

-Calme-toi, je vais aller le dire à Nagi, d'accord ? Me rassura-t-elle en m'appuyant doucement sur les épaules pour que je me rasseye. Mais connaissant Senji, il ne doit pas en avoir besoin. Enfin, si c'est toi qui le demande, il ne refusera pas, rit-elle avant de sortir faire ce qu'elle avait énoncé.

Si c'est moi qui le demande ? J'avais un impact particulier sur Senji ? Moi ? ...Sérieux ?

Enfin, je n'eus pas le temps d'étendre mes pensées que Karako était déjà revenue, souriant toujours.

-J'ai passé le message, Nagi lui fera un check. Mais tu n'y échapperas pas non plus tu sais. Tout le monde y est passé de toute façon, histoire d'être sûrs que tout le monde va bien.

Je n'avais réussi qu'à bégayer un malheureux « Ok ». Je n'aimais pas ça. Je n'aimais pas montrer que je n'allais pas bien, car je détestais montrer ma faiblesse. Il n'y avait que Senji qui l'avait vu, et je trouvais ça déjà trop.

J'avais accepté, forcée et obligée. Elle avait tout d'abord pris des outils pour défaire la charnière du collier. Au bout de quelques instants, celui-ci céda pour dévoiler ma peau encore plus blanche à cet endroit, une marque semblable aux autres y restant. Je me palpais le cou. Ça me faisait si bizarre !

-Bien, maintenant passons au check médical.

Je grimaçais légèrement à ses mots, et elle le remarqua.

-Ne t'inquiète pas, rien ne sortira de cette pièce, si c'est ça qui t'inquiète.

Je soupirais en baissant les yeux. Je me fichais de mon état actuellement. Tout ce que je voulais, c'était demander à Senji ce qu'il avait dans la tête !

Ce bilan de santé ne dura pas plus de dix minutes, et pourtant ça m'avait paru interminable. Elle m'avait palpé la poitrine au niveau du poumon, et je ne pus m'empêcher de tiquer lorsque sa main fut du côté droit. Elle s'arrêta net.

-Alors la rumeur disait vraie...

Je détournais le regard. Ça voulait dire quoi ça ? Elle me prenait en pitié ? Manquait plus que ça !

-Ecoute Lassia, j'ai une proposition à te faire. Ayant des compétences un peu plus abouties que Nagi dans le domaine médical, c'est à moi qu'il s'est adressé. On t'a trouvé un poumon droit compatible.

Je ne l'avais pas regardé avant sa dernière phrase. Les yeux écarquillés, je me levais.

-Mais comment ? Et pourquoi ?! Demandais-je, perdue.

-Il avait bien dit que tu réagirais comme ça, fit-elle avec un sourire en coin. C'est Senji qui l'a trouvé, même s'il ne voulait pas que tu saches que c'était lui. Avec son rang à Deadman Wonderland, il a réussi à trouver un organe en assez peu de temps. Chose surprenante d'ailleurs. Tu n'es pas obligée de me donner une réponse maintenant, c'est un peu soudain, je l'admets, alors réfléchis-y, d'accord ?

Plus que surprise, la colère avait pris le dessus. Le regard sombre et les poings serrés, je sortis de la pièce et me dirigeais vers le pont du bateau maintenant en marche.

Il ne me fallut pas beaucoup de temps avant de trouver Senji, accoudé à la rambarde, tourné vers l'océan.

-Senji ! L'interpelais-je alors avant de me rapprocher rapidement du brun.

Sûrement surpris du ton sévère que j'avais employé, il se retourna. La seconde d'après, j'étais face à lui.

-Là, tout de suite, j'ai pas mal de questions. Mais la première serait « pourquoi Karako m'a dit que tu m'avais trouvé un poumon droit ? » ! Pourquoi Senji ?! Je ne comprends plus rien !

Il tourna la tête sur le côté. Quelques secondes étaient passées, bien que j'ignorais pourquoi il n'était ni capable de me regarder en face, ni de répondre tout de suite.

-Parce que je sais à quel point tu te sens faible à cause de ce manque. Je sais que tu ne supportes pas cette sensation de faiblesse que tu ne devrais pas avoir, puisque tu ne l'as jamais été, avec un ou deux poumons. Mais le fait est que cette amputation t'entrave au niveau de l'endurance, et quoi que je dise, je sais que tu ne changeras pas d'avis te concernant. Et moi, ce que je ne supporte pas, c'est de te voir si dure envers toi-même.

Ses mots m'avaient calmé. Dans un soupire, je me mis à côté de lui, m'accoudant à mon tour. La nuit était maintenant tombée, et le ciel étoilé se reflétait sur l'étendue d'eau salée. C'est vrai qu'on pouvait facilement se laisser embarquer par ses pensées avec un paysage pareil.

-Je n'en veux pas. Pas si de ton côté, tu ne récupères pas d'½il droit.

Je le sentis perdre son calme, alors je lui jetais un regard en coin.

-Mais je me fiche de cet ½il ! C'est pas vital ! Toi c'est un organe, je te signale !

Mon regard repartit vers ma contemplation première. Pourquoi tant d'énervement ? J'avais finalement renoncé à l'idée de lui dire quoi que ce soit, ou d'imaginer quoi ce soit. Avec cette nouvelle vie qui s'offrait à lui, il aurait l'occasion de trouver une petite amie digne de ce nom. Je n'avais pas ma place à ses côtés, de toute façon.

-Tu ne comprends donc pas... murmurais-je à moi-même sans le regarder. Ce manque, tu m'as appris à le combler. Et puis, si ça me permet de te ressembler un peu plus, je n'en veux définitivement pas. Pour moi, ce qui est vital, ce n'est pas ce stupide organe.

Je soupirais. Je m'agaçais. Cette dernière phrase sonnait comme si j'allais faire ma déclaration. Je ne réfléchissais plus à ce que je disais, ça sortait tout seul.

-Mais pourquoi tu m'as fait sortir d'ici? Sérieusement... je n'ai rien à faire dans ce monde, il est si faux comparé à cette prison... Je ne sais que tuer, je vois mal comment je peux survivre là-bas...

Je baissais le regard. Lui pouvait refaire sa vie. Lui le pouvait, il avait la force, le courage et l'expérience. Je n'avais rien de tout ça. Tout à coup, il me prit par les épaules, me forçant à lui faire face. J'en avais presque sursauté de surprise, tellement c'était soudain. Enfin, ça n'avait pas empêché mon c½ur de faire un bond dans ma poitrine à son contact. Face à son air si sérieux, j'eus du mal à le regarder en face. C'était si bizarre... Tout ce que j'espérais, c'était que je n'étais pas rouge tomate.

-Ecoute... Je comprends ta pensée, puisque j'avais la même avant. Mais ce que je ne t'ai pas dit car je l'avais presque oublié, c'est qu'avant d'atterrir ici, j'avais des collègues. J'ai passé de bons moments avec eux, et avec une certaine fille avec qui je m'entendais bien. Et quand j'y pense, j'en étais sûrement amoureux... Mais leurs morts m'a fait croire que tout ça était faux, et que ce monde était juste sombre et factice. Mais les moments passés avec toi... M'ont rappelé ces bons moments. Et cette fille.

Cette fois-ci, j'étais belle et bien gênée. Où voulait-il en venir ? Pourquoi me faisait-il tant espérer malgré moi ? Je n'attendais rien de lui, alors pourquoi ?!

-Je... dois bien avouer que je n'avais jamais ris avant de te connaitre...

Pathétique. La seule chose que j'avais réussie à sortir en détournant le regard était pathétique. Mais il sourit, en resserrant un peu plus ses mains sur mes épaules. Avant de me lâcher et de se tourner vers la mer.

-Mais ce n'était pas que pour ça. Quand Ganta m'a dit que tu avais le même point de vue que moi concernant la prison, puis quand j'ai entendu l'alarme, ça a été plus fort que moi. Je ne voulais plus d'un monde où tu risquerais ta vie chaque jour. Je ne voulais plus que tu crois qu'avoir tué ces ordures était un crime. Et même si le directeur a réussi à épargner son parc en disant à ceux qui voulait le détruire que laissez des monstres comme nous en liberté était dangereux... Je pense sérieusement que si je dois rester un deadman toute ma vie, je serais le tiens. Enfin, je préférerais, enfin, je... Comment dire...

Mes yeux s'écarquillèrent, mettant en doute l'exactitude de ce que j'avais entendu. Ça avait été si naturel que c'en était irréaliste. Est-ce que Senji Kiyomasa venait vraiment de dire ce que j'avais entendu ? Les rougeurs et les bégaiements qui suivirent pour le brun ne faisaient que confirmer mes doutes.

N'écoutant plus ma raison, je lui sautais au cou dans un élan d'impulsivité, oubliant mes réflexions sur notre incompatibilité et tout le reste. Il ne fallut pas beaucoup plus de temps pour que mes lèvres atteignent les siennes.

Cependant, sa non-réaction me fit redescendre sur terre. Je m'éloignais de lui, honteuse comme jamais, le c½ur meurtri de ma stupide erreur d'interprétation.

-Désolée, j'ai cru que... C'est stupide.

 


Dove and Raven [Partie 3]

 


La jeune fille, au bord des larmes, voulut s'enfuir. Elle avait mal, elle avait honte. Honte d'avoir mal compris. Honte de ce geste impulsif. Honte de ses sentiments non réciproques à découvert dont elle n'arrivait pas à se débarrasser. Mais alors qu'elle avait fait le premier pas en arrière, le brun qui jusqu'ici était resté stoïque, réagit.

Avec une rapidité suffisante pour la retenir, il scella de nouveau leurs lèvres tout en la serrant contre lui de toutes ses forces. Il avait enfin compris que ce mélange incroyable de sentiments et de sensations différentes pouvait se résumer en un mot. Il l'aimait bel et bien. C'était l'évidence même.

Il comprit alors tous les gestes de la blanche pour lui faire comprendre, ses larmes lorsqu'il l'avait sorti du sauna. Qu'il avait été stupide... Qui sait combien de temps ça lui aurait encore pris, si sa douce n'avait pas été impulsive cette fois-là ? Car le goût de ses lèvres avait été comme un électrochoc, remettant toutes ses pensées en place pour enfin parvenir à la conclusion finale.

Alors qu'elle avait, elle, répondu à son baiser après les quelques secondes de surprise, il sépara leurs lèvres avant de mettre sa tête dans le creux de son cou, humant doucement l'odeur de ses cheveux neige. Il la serra encore un peu plus contre lui, tandis qu'elle fit de même, des larmes roulant sur ses joues.

Des larmes entremêlées de tant de sentiments différents.

-Si c'est définitivement un rêve, faite que je ne me réveille pas, jamais... Murmura-t-elle en fermant les yeux.

Il réagit à ses mots. C'était bien la preuve qu'il l'avait fait attendre, et ce depuis un moment. Il posa doucement son front contre le sien, avant d'essuyer ses joues tendrement.

-Tu m'aimes depuis un moment, hein... Désolé de t'avoir fait attendre. Je t'aime vraiment, Lassia. Et ce n'est pas un rêve.

Elle ne répondit pas sur l'instant. De nouvelles larmes, de bonheur cette fois, perlèrent. Elle le regarda tendrement, avant de poser ses doigts sur ceux de son amant.

-Depuis que tu m'as serré dans tes bras quand tu as perdu ton ½il, pour être exacte... Je me fiche que tu sois un ancien flic, je me fiche que tu n'es plus qu'un ½il, je me fiche de tout ça... Tout ce que je veux, c'est rester avec toi. Peu importe où, peu importe les conditions. Tant que je serais avec toi, ça me suffira. Je t'aime Senji.

Il l'embrassa une dernière fois doucement, sous le ciel étoilé de Tokyo. Tous deux se trouvèrent stupides. L'un de l'avoir fait souffrir et attendre, l'autre de ne pas avoir tenté sa chance plus tôt. Senji avait conscience qu'il l'avait libéré de son passé. Mais elle ne se doutait probablement pas qu'elle en avait fait tout autant. Car avant, Senji refusait purement et simplement de voir le côté lumineux du monde, si bien qu'il n'avait compris que maintenant qu'elle l'aimait, et qu'il l'aimait aussi. Enfin, ça avait été chaotique, mais la conclusion était là. Et c'était la plus inespérée de toutes.

Qui aurait cru que Senji, le Corbeau, tomberait amoureux. Amoureux de la fille dont tout le monde avait peur, le soi-disant « monstre », la colombe emprisonnée, qui n'était en réalité qu'une fille meurtrie par la vie. Celle qui lui avait rappelé que ce monde n'est ni tout blanc ni tout noir. Ni corbeau, ni colombe. Il était ce qu'il était, mais seuls eux avaient le pouvoir de changer le leur.
THE END

 

Partie 2                                                                                                                              Epilogue

 

Dove and Raven [Partie 3]
VOILA LA DERNIÈRE PARTIE DE CETTE HISTOIRE ! Comme dit dans l'avant-propos, je suis encore une fois sincèrement désolée pour cette attente si longue ! Mais voilà, j'espère que la conclusion vous plait :D N'oubliez pas de donner votre avis,  et constructifs (si tu ne sais pas comment faire, va )
MAIS ! Attendez, ne partez pas tout de suite. Bien que la conclusion soit maintenant publiée, il reste encore l'épilogue, ainsi que le bonus. Cependant, si vous avez la flemme ou que ça ne vous intéresse tout simplement pas, vous pouvez déposez votre avis concernant cette histoire sur ces blogs répertoires: 

 

Dove and Raven [Partie 3]
 

Tags : Dove and Raven - Deadman Wonderland

Dove and Raven 16/02/2016

 
Dove and Raven

                                                                                                                                                                                                
 
Avant-propos: Voici enfin l'épilogue et la véritable conclusion de cette histoire ! Je préviens tout de suite, il fait une dizaine de pages, alors prenez votre temps ! Par contre il y aura une ou deux scènes un peu osées, mais pas de lemon ! Quant au bonus, il sera beaucoup plus court ne vous en faites pas, et accompagné d'images bonus sûrement, notamment la tenue que j'ai imaginé pour Lassia dans Deadman Wonderland.
Bonne lecture !
                                                                                                                                                                                                

Le bateau navigua pendant de longues heures, heures où nous avions passé la plupart du temps avec les autres. Mais la fatigue nous rattrapa rapidement. On nous avait dit qu'une cabine était disponible pour chaque personne présente, mais nous partagions la même, en profitant pour dormir dans les bras l'un de l'autre, paisiblement, loin de toute menace et sans avoir besoin de nous préparer au combat du lendemain. Nous pouvions tout simplement nous reposer.
 
Je ne sais pas combien de temps j'avais dormi comme ça, peut-être une ou deux heures, peut-être moins, peut-être plus. Je n'avais jamais réalisé que la prison était si loin de la ville. Ou alors on faisait beaucoup de détours pour ne pas être repérés, c'était une possibilité envisageable. Il me réveilla doucement lorsqu'on frappa à notre porte. Il était temps d'aller en ville pour recommencer notre vie. Ensemble. Il m'embrassa tendrement le front avant de se lever en tenant toujours ma main.
 
Nous montions sur le pont, et les lumières de la ville nous aveuglèrent un instant. Des buildings, le bruit de la ville, le vent du soir. Toutes ces choses insignifiantes que nous avions presque oubliées, nous les retrouvions. Nous avions le droit de les retrouver.
 
Enfin, moi je n'avais jamais été à Tokyo, mais Senji me rassura en me disant qu'il y avait vécu pas mal de temps quand il était policier. Scar Chain nous trouva même un logement. Ils avaient en effet des relations et tout le monde avait été pris en charge pour nous aider,  nous « réinsérer dans la société ». Nos aptitudes de deadmen seraient tenues secrètes, cependant, ils ne nous aideraient que pour un temps.
 
On devait retrouver une vie normale, c'est-à-dire trouver un travail pour garder notre logement, puis avancer.
 
On nous conduisit alors à notre chez nous temporaire, qui n'était rien d'autre qu'un petit deux pièces en banlieue, avec le minimum vital. Mais nous n'avions pas l'intention de faire la fine bouche. Cette situation était déjà irréelle. Moi, avec Senji, libres.
 
Il était déjà tard et nous n'avions eu le courage de rien, alors nous étions repartis finir notre nuit sans vraiment regarder à quoi ressemblait notre chez nous. Ce n'est que le lendemain que nous y prêtions attention. Lorsqu'on entrait, le coin cuisine était à droite, juste derrière la pièce à vivre où se trouvait un clic clac avec une table basse. La salle de bain était quant à elle sur le côté gauche, avec tout le nécessaire. C'était petit certes, mais parfait pour nous, pour l'instant en tout cas.
 
Il y avait aussi un ordinateur portable sur la table basse, ainsi que deux téléphones. Ils avaient vraiment pensé à tout. Alors que je sortais d'une douche bien chaude, en serviette, je trouvais déjà Senji en train de trainer sur l'ordinateur. Mais à peine lui avais-je demandé ce qu'il faisait qu'il ferma l'appareil avant de passer doucement ses bras autour de ma taille et m'embrasser doucement.
Je répondis à son baiser, sa chaleur était si envoutante, et rassurante. Il recula son visage et cala ma tête dans le creux de son épaule. Je le sentais différent de d'habitude.
 
-Je vais commencer à travailler le plus tôt possible. N'importe quoi, tant qu'on peut vivre. Alors ne t'inquiète de rien, d'accord ?

Je me reculais pour pouvoir le regarder. Je passais une main sur sa joue, touchant son cache ½il du bout des doigts. Je n'avais pas le c½ur de lui dire que ce serait difficile avec son ½il en moins. Mais lorsqu'il saisit ma main, le regard déterminé, je compris qu'il en avait conscience.
 
-N'importe quoi, répéta-t-il en serrant un peu plus ma main.
-Mais je ne compte pas te laisser tout le boulot tu sais, souriais-je en le voyant si sérieux.
 
Il eut l'air un peu étonné, puis eu un sourire en coin avant de m'embrasser le front.
 
-N'en fais pas trop tout de même.

C'est donc ainsi que dans la journée, nous étions partis nous inscrire dans différentes boîtes pour trouver des petits boulots. Je savais bien qu'il voulait tout endosser car c'était plus simple. Il avait déjà travaillé, il savait comment ça marchait. Enfin, il considérait surtout son handicap minime comparé au mien. Mais je n'étais pas du genre à me reposer sur lui sans rien faire, que ça lui plaise ou non.
 
Lorsque nous poussâmes la porte de chez nous, une chaleur étouffante nous prit de court. Après avoir demandé le pourquoi du comment au reste de l'immeuble, il semblait que tous les autres avaient le même problème. Le système de chauffage général était défectueux, provoquant une chaleur des plus insoutenables. Et il fallait attendre le lendemain pour que ce soit réparé, vu l'heure qu'il était.
 
En rentrant, n'en tenant plus, je me mis en sous-vêtements avant de m'écrouler sur le lit. Senji fit de même et resta en boxer. Moi qui avais déjà du mal avec la chaleur, c'était le bouquet. Mais je remarquais que mon beau brun avait du mal à me lâcher du regard. Et à contenir ses rougeurs, à côté de moi. J'eus un sourire, amusée par son éternelle gêne.
 
-Tu es pas croyable, après ce qu'il s'est passé dans le sauna, tu arrives encore à te retrouver dans cet état ? Le taquinais-je gentiment.
-Tu ne te rends simplement pas compte de certaines choses ! Se défendit-il.
-Ah oui, et de quoi ?

Il prit un air sérieux et soudain, se retrouva à califourchon sur moi. Un peu surprise mais loin d'être déstabilisée, j'eus toujours mon sourire taquin au coin des lèvres.
 
-Comme si tu étais capable de me faire quoi que ce soit, riais-je en voyant que son expression n'avait pas changé.
 
Il détourna le regard. Il était déjà si embarrassé à l'idée d'approcher une fille, alors lui faire l'amour. Il s'enleva sans un mot, boudeur. Je vins alors lui caresser le dos pour me faire pardonner. C'est vrai que ça ne devait pas être facile d'avoir deux facettes de sa personnalité aussi contraires. Aussi viril que sensible sur ce point.
 
Il se retourna et me pris doucement contre lui, malgré la chaleur. Aussi viril que mignon, plutôt. Mais on avait tout notre temps, rien ne servait de se presser, de toute façon.
 
Cependant, rien ne se passa comme prévu. Senji trouva rapidement un petit boulot, qui n'était vraiment pas reluisant, puisqu'il devait préparer les commandes dans un fast-food, et derrière pour ne pas effrayer les clients. J'avais peur que ça lui pèse sur le moral, mais à chaque fois qu'il rentrait, il me regardait avec un doux sourire, quand bien même je ne pouvais pas m'empêcher de me dire que Senji ne méritait pas de faire un truc pareil. Mais lui dire n'aurait rien arrangé de toute façon.
 
Je n'imaginais pas encore, à ce moment-là, tout ce qui pouvait lui passer par la tête. Et même si je l'avais su, je ne pense pas que j'aurais fait les choses autrement.
 
Car la raison pour laquelle je n'avais de mon côté, toujours pas de travail malgré la discrimination et mon handicap (puisque je ne le mentionnais pas), était tout autre.
 
C'était le jour où Senji parti au travail pour la première fois. Il m'embrassa tendrement avant de partir, m'accordant encore du repos, même s'il m'y obligeait un peu. Je n'aurais jamais pensé qu'il me couverait autant, mais ce n'était pas étouffant pour autant, alors ça allait.
 
Ce jour d'hiver, en plein milieu de l'après-midi, alors que je cherchais des offres d'emploi sur l'ordinateur, on sonna. Un peu surprise puisque ce n'était jusque-là jamais arrivé, j'ouvris avec méfiance. Qu'elle ne fut pas ma surprise d'y voir un vieil homme en tenue de policier ! Mais il sembla tout autant surpris de m'avoir en face de lui. Après les salutations d'usage, il me demanda si Senji vivait bien ici. Prenant un air sombre et froid, je ne répondis pas à sa question, mais en posai une autre. Pourquoi il demandait ça. Ce fut à son tour d'être surpris, mais il finit par rire.
 
C'est donc à ce moment qu'il m'expliqua qu'il connaissait Senji car il était son ancien chef. Il était venu toquer à notre porte car il l'avait vu par hasard sortir de notre immeuble, et il se demandait si c'était bien lui, car ça faisait bien longtemps qu'il ne l'avait pas vu. Depuis son emprisonnement pour ainsi dire. On parla donc beaucoup de Senji, de son passé, de la raison de son emprisonnement injuste. Du fait qu'il ne pourrait plus jamais être flic, ni même faire quelque chose en rapport direct avec l'Etat japonais.
 
Il me parla aussi de moi, car pour ma plus grande surprise, j'étais connue des services de police japonais, puisque j'avais été dans une prison japonaise. Je n'étais toujours pas fière de mes actes, alors je ne pensais pas avouer le reste. Mais il ne posa aucune question sur ça.

Dove and Raven
 
C'est à partir de ce jour où Lassia rencontra ce policier que tout commença. Elle passait le plus clair de son temps sur l'ordinateur, à faire des recherches jusque tard dans la nuit. Senji ne comprenait plus. Pourquoi agissait-elle comme ça ? Il ne comptait plus le nombre de fois où il avait dormi seul, pour la retrouver endormie sur la table le lendemain matin. Et même lorsqu'il voulait la réveiller, elle réagissait au quart de tour et fermait immédiatement l'ordinateur.
 
Son comportement le blessait. Elle lui cachait quelque chose, mais il n'avait pas la force de se disputer avec elle pour ça. Car elle devait avoir ses raisons, et puis, il était bien trop fatigué par son travail pourri. Mais comment ne pas être attristé ? Le grand Senji Kiyomasa ne pensait pas une seule seconde à un tel retournement de situation, et il en était resté désemparé, ne sachant pas quoi faire, faisant face à une Lassia qu'il n'avait encore jamais côtoyé.
 
C'est après une énième nuit où le brun se coucha seul qu'il fut réveillé plus tôt que d'habitude par un brutal bruit de verre brisé. Ayant pour seul vêtement son boxer, il ne réfléchit pas plus pour se précipiter vers ce son inhabituel. Son c½ur faillit rater un battement. La fille qu'il aimait était à terre, écroulée contre le mur, un verre d'eau brisé à côté d'elle. Avant même de poser ne serait-ce qu'une seule question, il la prit dans ses bras et comprit. Elle était brûlante de fièvre. Quand bien même son comportement le laissait dubitatif quant à ses sentiments, il ne pouvait pas la laisser comme ça. Elle était belle et bien malade.
 
Il la déposa dans le lit, alors qu'elle respirait bruyamment. L'anxiété commençait à prendre le dessus. Il se rendit bien compte qu'elle avait beau maltraiter son c½ur, il l'aimait toujours  aussi fort qu'avant. Et ça lui faisait presque peur, dans un sens.
 
Il ne comprenait pas. Pourquoi ? Comment ? Que pouvait-il faire ? Même lui ne pouvait vraiment rien faire ? Il serra les poings face à ces questions qui hantèrent ses pensées. Il sentit alors la main de sa douce se poser sur la sienne. Il la regarda, surprit, et referma sa prise. Il essaya de la rassurer en lui disant qu'il n'irait pas travailler, mais elle refusa. Elle eut un sourire en coin, en disant qu'il savait très bien « qu'on ne pouvait pas se le permettre ».
 
Après avoir passé plusieurs minutes à débattre du pour et du contre, Senji céda en soupirant lorsqu'elle lui avait dit que ce n'était qu'une petite fièvre et qu'elle était plus résistante que ça. Et ça, il le savait très bien. Mais il ne pouvait pas s'empêcher de s'inquiéter énormément. Quoi de plus normal lorsqu'on aime, me diriez-vous.
 
Il se prépara, et l'embrassa tendrement avant de partir, se fichant de la possible contagion. Il lui promit alors de rentrer plus tôt. Il espérait ainsi pouvoir renouer les liens qu'ils avaient il n'y a pas si longtemps...
 
Il passa donc la journée à réfléchir tout en préparant les hamburgers. Comment faire pour qu'elle redevienne comme avant ? Pour qu'elle lui parle de cette obsession qu'il lui fait avoir un comportement étrange ? Il voulait lui faire plaisir, peut-être était-ce de sa faute à travailler trop.
 
Il se trompa dans une commande. Le chef qui n'était pas loin s'en rendit tout de suite compte, et Senji s'excusa platement. Mais l'homme qui devait avoir environ son âge lui demanda ce qui n'allait pas. Car Senji avait toujours été irréprochable au travail, là où des dizaines d'autres s'emmêlaient les crayons souvent au début. Le brun avoua la raison de ses préoccupations, et son chef lui donna son après-midi. Et ajouta même que c'était bien mérité.
 
Un peu surpris mais heureux, celui-ci accepta avec joie et reparti vers midi. Il pourrait la dorloter, et retrouver leur complicité perdue. Il en était convaincu. Mais lorsqu'il rentra, il était seul. Il chercha partout, mais ce n'était pas grand. Il devait se rendre à l'évidence, elle était partie.
 
Complètement largué avant d'être en colère, il vit quelque chose d'inhabituel. Quelque chose dépassait d'un tiroir de la cuisine. Lorsqu'il l'ouvrit, il y découvrit une dizaine de lettres de l'agence de recrutement qui n'avaient même pas été ouvertes.
 
Ce fut la goutte d'eau qui faisait déborder le vase. Il sorti et claqua la porte. C'était trop. Il voulait comprendre. Il refusait de s'imaginer des choses les plus horribles les unes que les autres, comme la trahison et la tromperie. Il se refusait de penser que la fille qu'il aimait était capable d'une chose pareille.
 
Il fit le tour du quartier en courant à perdre haleine. Tous les passants prirent peur devant ce fou élancé au cache-½il. Il voulait la trouver, lui demander, s'expliquer. L'ignorance lui rongeait le c½ur depuis un moment, et ça avait atteint le noyau, le point critique. Il ne le supportait tout simplement plus. Et d'un côté il se sentait misérable, pour bien des raisons.
 
Il s'arrêta soudainement, au bout d'une petite ruelle sombre. Elle était là, dans l'avenue en face. Avec un homme. Qui venait de mettre la main sur son épaule, comme si c'était naturel. Et elle n'avait pas bondit en arrière comme il pensait qu'elle l'aurait fait en temps normal. Elle n'avait qu'un sourire et un rire gêné.
 
Pourquoi ? C'était vraiment réel, ce qu'il venait de voir ? Il avait fait quoi de mal, bordel ?!
 
Sans plus réfléchir, il serra les dents et alla récupérer sa petite amie une fois l'homme parti. Ses yeux rosés s'étaient écarquillés devant lui, avant de se détourner. Elle n'arrivait pas à le regarder en face.
 
Il ne se contenait plus. Il saisit son poignet fermement et ils marchèrent rapidement jusqu'à leur petit deux pièces. Il la sentait réticente, mais il avait le droit de savoir, il n'était pas en tort !
 
Une fois la porte claquée, il la mit littéralement dos au mur et plaqua ses paumes de chaque côté du visage de la blanche, le regard animé de tant de sentiments contraires.
 
-Explique-moi ! Je n'en peux plus Lassia ! Qu'est-ce qui t'arrive bon sang ?! T'étais pas censée être malade ?! Pourquoi t'as pas répondu aux lettres de l'agence ?!

Il reprit sa respiration avant de vraiment attaquer ce qui lui faisait le plus mal.
 
-Et c'était qui ce gars ?! Je peux pas croire que toi tu m'aies fait ça ! C'est impossible !

Il marqua un second temps d'arrêt durant lequel il baissa la tête. Plus que la colère, la tristesse était plus forte.
 
-C'est parce que j'ai un boulot pourri ? Parce que je dois nourrir des gros porcs à longueur de journée ? Parce que je ne suis plus le plus populaire ? Parce que je suis incapable de t'offrir une meilleure vie que ça ?! Et tes mots c'étaient aussi des mensonges ? A quoi bon avoir tout abandonné si je ne peux même pas dormir avec la femme que j'aime ? Dis-moi... Je veux juste savoir pourquoi Lassia...

La tristesse et l'incompréhension avaient pris le dessus. Lui, Senji Kiyomasa, alias le Corbeau, l'un des plus forts combattants de Deadman Wonderland, se trouvait mis à terre par ses sentiments. Et ça le rendait fou. Il s'éloigna d'elle, la tête baissée.
 
Quant à la blanche, elle en était restée figée. Elle l'avait laissé parler sans intervenir. Parce qu'elle se savait en tort ? Non, c'était loin d'être aussi simple.
 
-Senji...

Il releva lentement la tête à l'entente de son prénom.
 
-Tout ce que je peux te dire, c'est que je suis désolée, commença-t-elle alors que l'½il unique du brun s'écarquilla.
 
Il avait peur de la suite.
 
-Je me rends compte seulement maintenant que mes actes t'ont fait souffrir à un point où tu me demandes des choses irrationnelles. J'étais tellement absorbée par ce que je faisais... Je te l'accorde, mes actes peuvent porter à confusion... Mais je ne t'ai pas trompé ! Comment je serais capable de faire une chose pareille ?! Et le pire, c'est que je ne peux rien t'expliquer maintenant... Tout ce que je te demande Senji, c'est de me faire confiance. S'il te plait...

Au son de sa voix légèrement déformée à cause de sa gorge nouée, il ne put s'empêcher de la serrer dans ses bras. La confiance. C'était ce qu'elle lui avait demandé lors de leur combat contre Karako et Nagi. Et il se rappelait exactement de la réponse qu'il lui avait donnée.
 
-Comme toujours... murmura-t-il doucement.
 
Elle se figea une seconde fois à l'entente de cette même réponse. Elle le serra du peu de force qui lui restait. Elle lui jura de faire des efforts pour ne plus le faire souffrir en attendant qu'elle puisse lui expliquer. Elle se rendit vraisemblablement compte de ce qu'il avait fait pour elle. Il avait accepté de renoncer à sa renommée, de son statut de Five One, de changer de mentalité, de faire un boulot pourri et d'habiter dans un appart minuscule pour une seule et même raison. Pour elle. Et elle espérait ne pas avoir commis d'erreur lorsqu'elle avait décidé d'entreprendre ses recherches. Elle espérait ne pas l'avoir fait souffrir pour rien.
 
Car n'importe qui aurait fini par péter un câble à la place de Senji, et elle en prenait conscience seulement maintenant.
 
Quant à lui, c'est lorsqu'il déposa ses lèvres sur les siennes qu'il comprit qu'elle était vraiment fiévreuse. Et pour qu'elle voie ce gars malgré son état, ça devait être important au plus haut point.
 
-Senji, ce que tu as vu toute à l'heure, c'était un malentendu. J'ai failli tomber à cause de la fièvre et... il m'a juste rattrapé par l'épaule, c'est tout. Je te le jure...

Il la fit taire grâce à un baiser volé. Senji était plus résistant que quelques virus.
 
-Je sais, je te crois. Ne t'inquiète pas.

Il attendrait le bon moment pour savoir. Il n'allait pas poser de questions. Il lui ferait simplement confiance. Car même s'il avait été blessé par son comportement, il en avait fait autant avec ses paroles. Même si c'était compréhensible.
 
Il la porta dans ses bras et la déposa de nouveau dans le lit. Il s'allongea à ses côtés après avoir enlevé son jean qui n'était pas confortable du tout pour s'allonger, et fit de même pour la blanche.
 
Mais le même problème se posa. Comment faire pour qu'elle se rétablisse rapidement ? C'était ce rythme effréné qu'elle avait depuis quelques semaines qui l'avait mis dans cet état, il ne voyait que ça. Et il se creusait la tête pour trouver un moyen de la faire aller mieux, encore plus que le matin-même, car c'était bien pire maintenant qu'elle avait forcé.
 
-Et ton travail Senji ? Demanda-t-elle inquiète en se tournant vers le brun.
 
Il calla sa tête dans le creux de son cou, en lui caressant ses cheveux immaculés qu'il trouvait toujours aussi beaux.
 
-Le chef m'a donné mon aprèm pour que je puisse m'occuper de toi, t'en fais pas.
-Désolée, murmura-t-elle, un peu honteuse.
 
Il ne répondit rien. Il soupira juste, en réfléchissant toujours. Mais il ne pouvait pas s'empêcher d'être heureux de l'avoir contre lui comme ça, même malade. Ça faisait si longtemps qu'il n'avait pas pu sentir sa chaleur ainsi.
 
Il huma l'odeur de ses cheveux. Lorsqu'on a de la fièvre, le corps essaye de réguler la température par le biais de la sueur. Mais c'était rare qu'il y arrive seul. Une idée lui vint alors en tête. Une idée dont il aurait honte. Mais lorsqu'il la regarda une nouvelle fois, il vit bien que son habituelle peau blanche était rougit par la fièvre. Elle respirait de plus en plus fort, et ça lui faisait mal au c½ur de la voir comme ça.
 
-Pardonne-moi pour ce que je vais faire Lassia.

Il la fit s'allonger sur le dos, tandis qu'elle ouvrit avec difficulté un de ses yeux rosés. Il fallait la faire suer. Et dans ce deux pièces où il n'y avait qu'un seul radiateur, c'était peine perdue sans autre moyen. La chaleur de la dernière fois ne reviendrait pas en ce jour de pluie maintenant.
 
Il prit une grande inspiration, et commença alors une série de baiser dans son cou, puis descendit sur ses clavicules jusqu'à la naissance de sa poitrine. Sur sa peau blanche comme la neige mais aussi brûlante que le feu. Il caressa chaque partie de la femme dont il était tombé éperdument amoureux, sans pour autant s'attarder sur les plus intimes, ne laissant pas un centimètre de sa peau satinée inexploré.
 
Son c½ur s'accélérait. Il avait trouvé une assurance nouvelle, loin de la première fois où il s'était retrouvé dans cette position. Car là, c'était uniquement pour son bien.
 
Il refoula toutes les pulsions primitives qui commencèrent à naître en lui. Car par-dessus tout, il ne voulait pas lui faire peur. Mais ce qu'il ignorait, c'est que le c½ur de l'opaline n'était pas en reste non plus. Elle fermait les yeux, se laissant bercer par la douceur de son amant qui la rendait de plus en plus en proie à ses fantasmes inavoués.
 
Alors qu'il se redressait, il fut surpris par son geste et se stoppa. Elle avait consciemment passé ses mains sur son torse, sous son t-shirt, lui offrant de douces caresses à son tour. Il essaya de se contenir, n'arrivant pas à se confronter à son regard, et reprit sa série de baisers, jusqu'à finir sur une de ses mains. Car quand bien même il avait de quoi se protéger, il n'avait pas prévu de le faire maintenant.
 
-Lassia, je voulais juste te faire suer pour que tu guérisses plus vite, rien de plus. Je ne veux pas que tu crois que je profite de toi. Je ne veux pas que notre première fois se passe comme ça.

Lorsqu'il la regarda de nouveau, il fut surpris de voir ses yeux emplis de détermination. Elle n'avait pas peur, il ne la dégoûtait pas, elle lui faisait pleinement confiance. Pour faire court, son regard était aussi brûlant et empli de désir que celui du brun.
Elle semblait vraiment vouloir le faire.
 
-Tu es sûre de toi ? Demanda-t-il doucement en entrelaçant ses doigts aux siens.
 
Il n'eut pour seule réponse les mains de sa belle qui saisirent le haut de son boxer. Il ne se retenait plus, mais jamais il n'aurait fait acte de brutalité. C'est ce qu'elle voulait, et il ne pouvait pas cacher qu'elle l'envoutait irrémédiablement. Il laissa ses pulsions parler, son désir de la faire sienne, et réciproquement. Il s'allongea sur elle en passant ses mains dans son dos pour la serrer contre lui, en lui murmurant à quel point il l'aimait. Ce n'était pas un geste de domination, mais plutôt de protection.
 
Elle referma sa prise également, avant d'aller plonger ses mains dans ses cheveux de jais, et répondit, non sans difficulté, qu'elle l'aimait aussi.
 
Senji déposa tendrement ses lèvres contre les siennes pour débuter un baiser passionné, tout en passant ses mains sous son t-shirt. Leurs corps s'entrelacèrent, s'embrassèrent et se lièrent pour ne faire plus qu'un.
 
Il se fit le plus doux possible. Il ignorait s'il s'agissait de sa première fois, tout simplement car ils n'en avaient jamais parlé. Tout ce qu'il savait, c'est que c'était la leur. Il fit toujours très attention à son état, mais se rassura en la voyant aller de mieux en mieux.
 
Les vêtements jonchèrent rapidement le sol. Lorsqu'ils atteignirent le point culminant de leur amour simultanément, il s'écroula quelques secondes après à côté d'elle, mais ne la lâcha pas. Jamais il ne la lâcherait. Ils s'endormirent peu de temps ensuite, dans les bras l'un de l'autre, dans la plus grande quiétude malgré cette ville bruyante. Mais l'un comme l'autre n'entendirent le monde extérieur. A ce moment-là, ils ne pensèrent qu'à une seule chose : à quel point ils étaient heureux ainsi. Heureux de s'être liés et donné l'un à l'autre.
 
Le lendemain matin, un samedi donc, les rayons du soleil percèrent les volets de l'appartement. Senji fut le premier à s'éveiller, et resserra sa douce contre lui en soupirant d'aise. Puis, pour la réveiller en douceur, il l'embrassa tendrement. A ce contact intime, il put avec bonheur constater la baisse définitive de température de sa belle, ce qui engendra un long, très long soupir de soulagement face à sa guérison rapide. Il plaça sa tête au creux de son cou en fermant les yeux, pensant se rendormir encore un peu.
 
-Je t'aime Senji...

Il rouvrit les yeux. Ça avait été presque inaudible, et prononcé sur un ton endormi. Il la recula de lui, et la regarda pendant un moment sans rien ajouter. Il la trouvait définitivement trop mignonne. Alors qu'il y à peine quelques heures, il la dévorait des yeux tant elle était incroyablement sexy et désirable. Sans rien faire pour, en plus. Il se demandait parfois d'où elle pouvait venir, pour réussir cet exploit d'apparaitre sous deux aspects qui se semblaient si contraires.
 
Elle avait ouvert complètement les yeux, affichant une mine soucieuse.
 
-Qu'est-ce qu'il y a Senji ? Demanda-t-elle maintenant parfaitement éveillée, se redressant en tenant le drap contre elle.
 
C'est alors que le brun pensa à poser la question.
 
-C'était ta première fois, Lassia ?

Il l'avait demandé de but en blanc, sans même la regarder. C'est lorsqu'elle poussa un léger cri de surprise qu'il reposa les yeux sur elle. Il écarquilla son ½il d'encre devant sa réaction.
 
Elle détournait le regard et ses joues étaient devenues cramoisies.
 
-C'est pas important ça, répondit-elle en essayant de le regarder, en vain.
 
Le brun eut un instant d'absence. Il comprit rapidement que la réponse était positive. Elle lui avait donc offert sa première fois, dans son état, sans avoir peur, sans craindre quoi que ce soit. C'était bien l'ultime preuve qu'elle l'aimait à avoir une confiance aveugle en lui. Et même si ça semblait étrange de penser ainsi, il était touché à un point qu'il n'imaginait même pas.
 
Il la serra dans ses bras, la faisant taire dans ses balbutiements inutiles de justification.
 
-Je ne t'ai pas fait mal, rassure-moi ?

Cette inquiétude avait dû passer au second plan lors de l'acte à cause de ses sentiments puissants et de son regard assuré, même s'il s'était considéré comme doux malgré la force physique indéniable qu'il possédait. Mais peut-être s'était-il fourvoyé. Et ça le terrifiait. Ça le terrifiait d'avoir pu faire du mal à la personne qu'il aimait le plus au monde.
 
-Un vrai agneau, plaisanta-t-elle en le serrant contre elle à son tour.
 
Il soupira de soulagement, avant de répondre à sa déclaration un peu plus tôt. Il la serra de toutes ses forces contre lui, avant de l'éloigner subitement, provoquant l'incompréhension chez l'opaline.
 
-Lassia, ce qu'on vient de faire, je ne veux qu'aucun autre ne te le fasse. Jamais.
-Mais qui voudrais-tu qu'il y ait d'autre ? Rit-elle devant sa réplique qu'elle trouvait étrange.
 
Il resserra ses mains autour des épaules de la blanche, ce qui la fit le regarder avec une légère inquiétude.
 
-Tu ne comprends pas. Je suis très sérieux. Je veux être le seul, pour toujours. Et je ne veux que toi de mon côté.

Elle comprit alors qu'il faisait allusion au mariage. Elle baissa le regard, ce qui fit relâcher la prise du brun. Il devait vraiment faire face à un refus ? Mais pour quelle raison ?
 
-Ce dont je ne peux pas te parler... Je veux finir ça avant. Il n'y a que ça, crois-moi.

Elle remonta ses mains pour caresser ses cheveux sombres. Il l'enlaça une nouvelle fois, soupirant.
 
-Comme tu voudras. J'attendrais.

C'était un peu un juste retour des choses. Elle avait tant souffert de sa bêtise, à ne jamais rien voir ni comprendre. Il pouvait bien attendre encore un moment.
 
-Merci, murmura-t-elle en se blottissant contre lui.
 
Quant à elle, elle fut touchée par sa réponse. C'était bien l'ultime preuve qu'il pensait ses paroles. Heureusement, ça ne semblait pas le blesser. Mais ce n'était pas pour autant qu'elle le ferait attendre pendant des mois. D'ailleurs, elle se rappela que toute cette histoire était bientôt terminée. Car ils avaient quasiment tout ce dont ils avaient besoin pour atteindre leur objectif.
 
C'est alors qu'elle sentit quelque chose d'inhabituel sous ses doigts, dans le dos de Senji. Elle jeta un ½il, et poussa un petit cri de surprise, devant l'air étonné de celui-ci.
 
-M-Mais c'est moi qui t'ai fait ça ?
-« Ça » ? Répéta-t-il en ne comprenant pas.
 
Il passa une main là où elle l'avait fait, et un sourire en coin avant de véritablement rire.
 
-Il semblerait que tu sois moins douce que moi, visiblement. Une vraie tigresse, c'est le mot, rit-il encore.
-La honte... Rougit la blanche en mettant sa tête dans l'oreiller.
 
Il vint alors la rejoindre en passant un de ses bras musclés dans son dos. Il la trouvait adorable, et un sourire resta au coin de ses lèvres.
 
-Mais non, c'est mignon. Un vrai petit chaton, se moqua-t-il, rieur.
 
Elle lui balança son oreiller en pleine tête, agacée. Elle se leva ensuite dans le but d'aller prendre une douche, tandis que le brun la suivit du regard, l'oreiller dans les bras. Ou plutôt, il la dévorait des yeux, même si c'était indécent vu sa tenue d'Eve. Mais il ne pouvait tout simplement pas s'en empêcher.
 
-Tu ne m'as pas fait mal, tu sais très bien que je suis plus résistant que ça.

Elle se retourna, un peu surprise de ce changement d'attitude soudain. C'était comme s'il avait deviné ses pensées. En même temps, ça ne devait pas être bien difficile pour ce cas-là.
 
Elle s'en alla pour de bon dans la salle de bain, ne sachant pas quoi répondre. Le sourire rassurant qu'il avait en disant ça était vraiment l'une des choses qui la faisait le plus craquer. Elle se demandait souvent si cette situation était réelle. Mais les étreintes du brun la ramenaient toujours doucement à la réalité.
 
Elle décida de consacrer le temps du week-end à son homme, sans se préoccuper de ses recherches. De rattraper le temps perdu. Elle s'y était mal prise, mais elle savait que ça partait d'une bonne attention. Elle n'avait tout simplement pas encore l'habitude que ses actes pouvaient blesser. Blesser quelqu'un d'extrêmement précieux qui plus est.
 
Lorsqu'arriva lundi après-midi, elle passa le plus clair de son temps au téléphone. Elle voulait accélérer tout ça, et seule, c'était impossible. A coup d'arguments bien placés et d'aplomb exemplaire, elle y était parvenue. C'était hors de question qu'elle abandonne si près du but, de toute façon.
 
Quand vint le soir, elle raccrocha le dernier appel de la journée. Epuisée, elle se laissa tomber sur sa chaise. Mais en jetant un coup d'½il à l'horloge, elle se rendit compte qu'il était presque l'heure à laquelle Senji rentrait. Elle se rapprocha de la porte pour la déverrouiller, mais elle n'en eut pas le temps.
 
La porte s'ouvrit soudainement, tombant littéralement dans les bras de son petit ami sous la surprise et la fatigue.
 
-Ça va ? C'est pas dans tes habitudes de m'attendre derrière la porte ou de t'écrouler comme ça sans prévenir.
-Juste un peu de fatigue, c'est rien du tout, répondit-elle en l'embrassant doucement pour le rassurer.
 
Il passa ses mains autour de son visage pour le faire plus tendre, ce qui la fit sourire sous ses lèvres. Elle était persuadée que s'il avait été du genre dragueur, les filles seraient tombées comme des mouches. C'était peut-être ça, être folle amoureuse.
 
-De toute façon si ya des filles qui lui tournent autour, je les tue, marmonna-t-elle dans ses pensées.
 
Il rit alors en avançant, amusé de l'attitude de l'opaline.
 
-Qu'est-ce que tu racontes encore ? Les ex-tolards borgnes, ça n'attirent pas des masses. Mais je m'en contre-fiche de toute façon.

Il haussa les épaules, et passa devant elle pour aller se faire un café et décompresser de cette reprise épuisante. Quant à la blanche, elle était sur le point de protester face à ses paroles injustes envers lui-même.
 
Mais ni l'un ni l'autre n'eut le temps de faire ce qu'il avait prévu que l'on toqua à la porte. La jeune femme soupira et abandonna l'idée. Ça devrait être lui, même si c'était un peu tôt, donc elle n'était sûre de rien. Elle se retourna pour ouvrir, tandis que le brun était resté figé. Personne ne venait jamais, pourquoi aujourd'hui, si ?
 
Lorsque la porte fut ouverte, l'un comme l'autre afficha un visage surpris. Mais pas pour les mêmes raisons. Senji, réagissant au quart de tour, lâcha sa tasse qui se brisa dans un fracas avant de lui saisir l'épaule pour la faire reculer, et sous la surprise, elle n'y avait pas opposé de résistance. Il se positionna entre l'homme portant un uniforme de policier et elle, son bras gauche pour la protéger, l'autre déployant sa lame de sang, chose qu'il n'avait pas fait depuis un temps qui lui semblait plutôt long. Il jeta un regard presque meurtrier à celui qui se tenait devant lui.
 
Il était parfaitement hors de question qu'ils se fassent griller maintenant. Qu'ils se fassent séparer. Ou tout simplement qu'on lui arrache. Il était prêt à tuer pour que ça n'arrive pas, même hors de Deadman Wonderland.
 
Un silence pesant s'installa, sans qu'aucun ne bouge. Les deux hommes se dévisagèrent de la tête aux pieds, et l'opaline n'osait pas intervenir tant la tension était palpable. Mais elle finit par poser une main sur l'épaule de Senji.
 
-J'ai vraiment du mal à y croire... Senji, déclara l'homme, figé.
 
Il afficha une mine surprise, avant de se retourner vers la jeune femme, qui lui offrit un regard et un sourire rassurants. Il regarda de nouveau l'inconnu, se détendant un peu. Il crispa un peu son ½il avant de l'écarquiller. Son arme de sang disparue petit à petit, et il quitta lentement sa posture défensive.
 
-Domon... ?

Elle n'avait pas pensé que leur rencontre le toucherait à ce point. Et ça lui donnait un côté adorable qu'il n'avait que rarement montré. La blanche était heureuse. Elle savait que tout ce qu'elle avait fait n'était pas vain, qu'elle avait eu raison d'attendre et de continuer.
 
Après les retrouvailles, ils s'installèrent pour discuter calmement. Car il y avait beaucoup de choses à expliquer.
 
-Il y avait des rumeurs comme quoi tu étais revenu en ville Senji, alors grâce à mes contacts, j'ai retrouvé votre adresse. J'ai donc été sonné ici, mais j'ai été surpris de trouver Lassia derrière la porte ! Commença le policier devant un Senji attentif.
-Et moi un flic, ajouta-t-elle, amusée.
-Oui, c'est sûr, sourit-il avant de continuer. Mais sa réaction en me voyant m'a tout de suite rassuré. Je voyais bien qu'elle était capable de me faire taire si besoin. Tu as trouvé une femme bien Senji, t'as intérêt à pas la lâcher !

Ce compliment inattendu avait fait rougir la concernée, ce qui fit rire le brun tout en lui prenant doucement la main.
 
-J'y compte bien Domon.
-Bref, intervint l'opaline pour revenir au sujet principal. Domon m'a expliqué qu'il croyait aussi en ton innocence pour le meurtre de tes coéquipiers. Mais on ne pouvait pas faire quoi que ce soit sans preuve. C'est pour ça que j'ai passé des nuits entières à chercher sur le net pour trouver quelque chose, avec l'aide de Domon qui lui gérait plus le réseau interne de la police et l'administratif.
-Tu as été d'une très grande aide Lassia, sans toi je ne pense pas que ça aurait marché. Maintenant, je suis heureux d'enfin pouvoir te le dire en personne Senji. Tu es innocenté, et tu peux reprendre une activité dans la loi.
-Tu peux redevenir policier, Senji, conclu-t-elle.
 
Senji en était resté bouche-bée. Il n'en croyait pas ses oreilles, et il s'en voulait maintenant. D'avoir douté d'elle, d'avoir pété un câble de la sorte.
 
-Si je t'en avais parlé plus tôt, tu aurais voulu m'arrêter... Murmura-t-elle en détournant le regard de celui surpris de son amant.
 
Il passa soudainement un bras derrière sa tête pour la serrer contre lui. Entourant ses épaules fermement, elle ne l'avait jamais senti si fébrile. Il murmura une excuse, puis un remerciement. Quant à elle, elle passa une main dans ses cheveux corbeaux, un sourire apaisé aux lèvres. C'était enfin fini.
 
Mais pour Senji, ces simples « Désolé » et « Merci » étaient loin d'être suffisants, ils lui paraissaient même ridicules. Cette fille s'était ruinée la santé, avait pris sur elle pour ne rien dire, n'avait rien lâché, malgré leur dispute, pour lui. Uniquement pour lui. Il fut alors tiraillé entre le bonheur et la culpabilité.
 
Il se recula, avant d'embrasser tendrement le front de sa petite amie, espérant lui faire comprendre tous ses sentiments contraires qu'il n'arrivait pas à formuler. Puis la lâcha, ayant repris contenance, sachant dorénavant ce qu'il devait faire. Tout cela sous le regard bien veillant de Domon.
 
-Mais je ne redeviendrais pas flic, affirma-t-il en se recalant dans le fond du canapé.
-Pourquoi ? Demandèrent en c½ur les deux autres, surpris.
-Si je peux m'y remettre, je veux entrer dans l'Agence Nationale de la Police, le Keisatsu-cho. Pour faire simple, c'est la police de la police. Je ne veux plus jamais que quelqu'un d'autre vive ce qu'ils t'ont fait subir Lassia.

Elle avait baissé le regard, en repensant à tout ça.
 
-Tu sais, à la base, j'ai fait ça non seulement pour que tout le monde reconnaisse ton innocence, mais aussi pour que tu puisses faire quelque chose dont tu pourrais être fier. Pas pour que mon passé t'handicape Senji.

Le brun ébouriffa les cheveux platine de sa belle en souriant.
 
-Il ne m'entrave pas. Grâce à toi, j'ai pris conscience que même ce milieu que j'avais fini par aimer était loin d'être parfait, et que des « représentants de la loi » pouvaient être aussi mauvais que les gens que j'arrêtais. C'est pour ça que je veux entrer au Keisatsu-cho. Mais je ne te cache pas que j'espère pouvoir te remercier aussi de cette façon.

La soirée s'était fini doucement, il fallait bien fêter ça. Senji avait un deuxième objectif en tête, mais il le gardait pour lui. Une fois Domon reparti, et légèrement éméchée des quelques bières bues, Lassia sauta littéralement sur son homme, qui en était resté déstabilisé quelques secondes. Qui aurait cru qu'un peu d'alcool la transformerait en véritable tigresse ? C'était sûrement son impulsivité qui parlait, en ajoutant l'alcool et le soulagement que son objectif soit enfin atteint, elle se défoulait de la meilleure manière qu'il soit.
 
Mais elle n'était pas ivre, elle savait encore parfaitement ce qu'elle faisait, ce qui rassura tout de même le brun qui accepta sans vraiment hésiter de lui faire l'amour de la plus tendre des façons. C'était sa future femme, après tout.
 
Le lendemain, de nouveau dans les bras l'un de l'autre, ce fut cette fois la blanche qui réveilla le brun. Une fois celui-ci réveillé, sans un mot, il la resserra contre lui, faisait mine de vouloir encore dormir. Elle lui caressa les cheveux, pour qu'il ouvre doucement l'½il qui lui restait.
 
-Senji, murmura-t-elle peu sûre d'elle, les joues roses. Maintenant que tout est réglé... Tu sais, ce que tu disais la dernière fois...
-Désolé, mais je dois faire quelque chose aussi avant, maintenant, intervint-il avec un soudain aplomb, complètement réveillé cette fois.
 -Quoi ? Mais-

Elle n'eut pas le temps d'ajouter autre chose qu'il s'était remis au-dessus d'elle pour aller l'embrasser.
 
-Je le veux toujours, crois-moi. Mais je suis content de t'entendre dire que tu acceptes, la rassura-t-il avec un regard tendre.
 
Elle était un peu sur le cul, il fallait le dire. Quelle était donc cette chose qu'il devait faire ? N'avaient-ils pas assez attendu encore ? Mais ça devait être important, alors elle ne se plaignait pas. Elle savait très bien qu'elle pouvait compter sur lui.
 
Après ce week-end mouvementé, Lassia se remis sérieusement à la recherche d'un travail, tandis que Senji avait facilement intégré l'APN, et même si les horaires étaient beaucoup plus chaotiques qu'avant, elle était simplement heureuse de le voir rentrer un sourire aux lèvres à chaque fois. Ça lui correspondait bien, et même si elle ne le savait pas vraiment, Senji était soulagé de gagner beaucoup plus qu'avant. Il faisait des économies pour trouver une véritable maison où il pourrait lui offrir le véritable renouveau qu'elle méritait amplement.
 
Mais ne sachant rien faire d'autre que se battre, voire tuer, il était bien difficile pour la blanche de garder un travail longtemps. Ça la désespérait, car sa fierté l'empêchait de se reposer sur son futur mari sans remord. Elle ne voulait absolument pas de ça. Elle ne voulait pas être un poids, ni même ne servir à rien. Mais ça, elle le cachait bien pour ne pas perturber le nouveau bonheur de Senji.
 
Elle ne se doutait absolument de rien, quand ce jour-là, elle fut de nouveau virer de son job péniblement trouvé. Alors qu'elle était en train d'écrire un sms à son petit ami pour lui annoncer la mauvaise nouvelle, elle en reçu un. Demandant à ce qu'elle se rende au poste de l'APN.
 
Restant dubitative une seconde, elle effaça son premier message et répondit qu'elle y serait rapidement. Même si ça l'angoissait un peu. En tant que fugitive non-innocentée, elle se jetait dans la gueule du loup. Mais elle lui faisait confiance.
 
Elle marcha pendant quelques minutes, avant de se retrouver devant le grand bâtiment en pierre blanche, en plein milieu d'une grande avenue. A peine fut-elle rentrée que tous les regards se portèrent sur elle. Sûrement parce qu'elle était une fille au milieu d'une multitude d'hommes, mais ça ne la mettait pas mal à l'aise, elle en avait l'habitude après tout. Même si elle ne put empêcher son instinct de refaire surface devant tant de policiers.
 
L'opaline n'eut pas le temps de chercher Senji du regard dans la foule qui s'y trouvait qu'il apparut, un grand sourire aux lèvres. Le baiser qui s'en suivi, servant de salutation, avait provoqué l'étonnement chez ses collègues, ce qui fit rire le brun.
 
-C'est votre petite amie, chef ?! Demanda ahuri l'un des hommes en uniforme.
 
D'ailleurs, elle n'avait qua rarement l'occasion de le voir dans cet uniforme de flic bleu et noir qui semblait taillé spécialement pour lui. C'était le même que les autres hommes, simplement, il avait une décoration en plus sur l'épaule droite pour préciser son grade. Quel autre métier pouvait-il faire, franchement ?
 
Cependant, elle était soulagée de voir qu'aucun d'eux n'avaient peur de lui à cause de son cache-½il, et même qu'il était très respecté par ses hommes.
 
Il sourit en répondant par l'affirmative, provoquant un cri général d'étonnement. La blanche détourna le regard, mal à l'aise d'être le centre d'attention. Puis tilta.
 
-« Chef » ? Répéta-t-elle, surprise.
-Oui, je viens d'être promu ! Je t'avais bien dit que je ne gâcherais pas cette deuxième chance que tu m'as offerte.

Elle était restée stoïque. En si peu de temps, il était déjà chef de son groupe. Le sourire qui lui adressait était si tendre qu'elle n'arrivait pas à y faire face.
 
-Au moins une bonne nouvelle de la journée, soupira-t-elle en souriant légèrement.
-Pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Demanda-t-il sur un ton devenu sérieux.
-Je... Je me suis encore fait virer, fit-elle honteuse, baissant la tête.
 
Senji n'avait rien répondu. Elle faisait tant d'efforts en vain pour s'adapter à cette société qui au final, ne voulait pas d'elle. Elle ne savait que se battre, et personne ne semblait vouloir s'attarder sur son cas pour lui apprendre autre chose. Alors il allait agir.
 
Il lui ébouriffa les cheveux en lui disant de ne pas s'inquiéter, que ce n'était pas grave. Quand bien même elle ne voulait pas se reposer sur lui, il ne s'agissait pas de ça. L'idée qui lui trottait dans la tête mais qu'il hésitait à mettre en place, il allait la réaliser.
 
Il la conduisit alors dans une salle à part, en lui expliquant qu'il avait quelque chose de très important à lui demander. Elle crut tout d'abord qu'il s'agissait peut-être de sa demande, ce qui la stressait autant que ça la rendait heureuse. Mais pourquoi l'aurait-il faite ici ? Ce n'était pas son genre de se donner en spectacle. Mais l'idée lui resta tout de même dans la tête.
 
Il lui ouvrit une porte en métal, qui lui rappela bien des choses. C'est alors qu'elle écarquilla les yeux. Une salle étroite, une table en métal au centre avec une chaise de chaque côté, en plus d'une vitre teintée sur l'un des murs blancs.
 
-Pourquoi je dois aller dans une salle d'interrogatoire Senji ?!

Elle n'avait pas pu s'empêcher de hausser le ton. La panique. Malgré la confiance aveugle qu'elle avait en lui, c'était plus fort qu'elle. Trop de mauvais souvenirs resurgissaient. Son incarcération, son mauvais traitement, le meurtre de sa famille. Elle ne comprenait pas pourquoi il lui faisait vivre ça.
 
Il se retourna, lui lançant un regard désolé et inquiet.
 
-Calme-toi, tout va bien, d'accord ? Fais-moi confiance, je sais ce que je fais.

Il l'enlaça devant la porte, sachant qu'aucun contact physique n'était toléré une fois celle-ci franchie. Il savait qu'il la mettait dans un état de stress et peut-être même de peur, mais il était persuadé que c'était nécessaire.
 
-Il ne t'arrivera rien, pas tant que je serais là. Je te le promets, alors calme-toi et suis moi, ok ? Tout ce que je te demande, c'est de répondre à une question.

Il lui embrassa rapidement le front, tandis qu'elle balbutia une fébrile approbation. Il détestait la voir comme ça, surtout si c'était à cause de lui. Mais il savait que c'était pour la bonne cause.
 
Il la fit s'asseoir, se contentant d'une main dans son dos pour la rassurer. Il referma la porte doucement pour éviter un bruit brusque inutile. Face à la vitre teintée, la blanche n'était pas des plus à l'aise, mais croyait en son petit ami. A cet instant, c'était la seule chose qui arrivait à la faire rester sur sa chaise, sans craquer ni s'enfuir. Senji était devenu vital, le pilier de sa nouvelle vie. Sans lui, tant de choses n'auraient jamais vu le jour...
 
Le brun jeta un ½il à la vitre teintée, puis s'assit sur l'autre chaise, en face de l'opaline. Le silence qui durait depuis quelques secondes fut brisé par celui-ci.
 
-Lassia Wendel, pourriez-vous me raconter ce qu'il s'est réellement passé le soir du 10 février 2015, ainsi que la raison de votre incarcération au sein de Deadman Wonderland, au Japon ?

Elle avait relevé la tête devant cette demande. Mais ce qui l'avait le plus choqué avait été le ton sérieux et froid de Senji, ainsi que sa manière de parler. Mais il ne faisait que se plier à la procédure. Elle le savait très bien, mais elle n'aimait pas ça pour autant.
 
Elle soupira longuement. Elle ne comprenait pas pourquoi il voulait qu'elle explique ça. Mais en même temps, elle ne lui avait jamais raconté ce soir-là. Et elle tilta lorsqu'elle se rendit compte qu'il avait insisté sur le « réellement ». Il voulait la vérité, pas les mensonges de l'époque où elle croyait devoir endosser le rôle d'une meurtrière parricide.
 
Elle se redressa, arrêtant de se crisper. Son regard se planta dans celui du policier. Un regard non plus inquiet et alarmé, mais un calme et sérieux, auquel il répondit par un légèrement étonné. Elle avait compris. Compris qu'il voulait l'innocenter à son tour, la débarrasser une bonne fois pour toute de son passé, de ses dernières chaînes, de son casier judiciaire. Tout recommencer à zéro, c'était ce qu'ils s'étaient promis cette nuit-là. Sans mot, il n'y en avait pas eu besoin. Leurs regards étaient plus explicites que n'importe quelle parole.
 
Elle prit une grande inspiration, et raconta tout. De son mauvais traitement, aux humiliations, en passant par la manipulation de leur statut de flic, et enfin, comment elle les avait tous tué, sans mâcher ses mots. Avant d'aller elle-même à la gendarmerie la plus proche. Car malgré le fait qu'elle assumait pleinement ses actes, qu'elle nourrissait une certaine ranc½ur envers eux, elle n'arrivait pas à penser qu'ils étaient tous mauvais. Et ce depuis ce moment.
 
Senji avait contenu toutes les émotions qui pouvaient le traverser en notant sa déposition sur le calepin qui ne le quittait jamais. Mais sa main tremblait un peu, et il n'avait pas relevé la tête une seule fois à partir du moment où la blanche avait ouvert la bouche. Tout ce qu'elle redoutait maintenant, c'était la façon dont il allait la regarder.
 
-Vous pouvez y aller, déclara-t-il en se levant de sa chaise dans un grincement métallique.
 
Pas un regard. Rien. Elle tourna la tête, et se leva à son tour avant de sortir. Elle le regarda s'engouffrer sans un mot dans la pièce juxtaposée à celle d'où il venait, serrant la lanière de son sac d'anxiété. Elle avait fait le plus dur, alors qu'est-ce qu'il faisait ? Elle ne savait pas quoi faire. Elle resta là, devant la porte métallique, sans rien penser.
 
Les minutes filèrent, comme si elle s'était mise en pause. Et seul Senji pouvait la faire réagir. Le son d'une poignée qu'on actionne se fit entendre, la faisant relever le regard vers la porte. L'homme tant attendu sorti, arquant un sourcil de surprise en la voyant ainsi. Aucun mot ne fut prononcé, et le brun, ne sachant visiblement pas quoi dire, tourna la tête.
 
A ce geste, elle murmura son prénom, décontenancée. Quant à lui, il fronça les sourcils en soupirant. Que pouvait-il bien penser, soudainement ? Elle ne saisissait pas cette fois. Mais à peine avait-elle baissé la tête, qu'elle sentit une douce chaleur l'entourer tout à coup.
 
-Désolé. De t'avoir obligé.

Elle écarquilla les yeux. Il s'en voulait de lui avoir demandé de faire ça. Elle fit non de la tête, soupirant de soulagement en profitant de ses bras.
 
-Non, tu m'as permis de vraiment tourner la page. Merci Senji.

Il remonta sa main pour atteindre les cheveux neige de la jeune femme, la plaçant dans le creux de son cou. Il soupira doucement, puis la lâcha.
 
-Dans tous les cas... Grâce à ta déposition, on peut dire que l'affaire n°27959 est classée. Et... commença-t-il avant de prendre doucement le menton de la blanche entre ses doigts. Ton cas, innocenté. On est à égalité maintenant.

Il afficha un sourire ravi avant de lui ébouriffer les cheveux.
 
-Quoi ? C'était ça que tu voulais finir avant de... De...

Elle s'était stoppée net, commençant à avoir des rougeurs. Il avait été le premier à paniquer à l'approche d'une fille, mais l'idée du mariage l'a mettait dans un état déplorable, enfin, selon elle. Mais pour le brun, c'était l'ultime preuve qu'elle était aussi mignonne que redoutable.
 
Il se contenta de rire doucement de plus belle, avant de l'embrasser soudainement. Il lui prit ensuite la main et l'entraîna dans le hall, et elle était si perturbée qu'elle se laissa faire sans aucun signe de résistance. Tous les hommes présents se retournèrent devant cette agitation inhabituelle, étant donné qu'ils étaient arrivés en courant.
 
Dos à elle, il la lâcha. La blanche jeta des regards en coin aux hommes, et d'autres étaient en train de se ramener en plus, si bien que les policiers finirent par les encerclés à quelques mètres de distance.
 
-Senji... ? Tenta-t-elle, inquiète en approchant sa main du dos du brun.
 
Ce fut à ce moment qu'il se retourna, faisait se rétracter le geste de la jeune femme sous la surprise. Elle le suivit des yeux, et les écarquilla en voyant Senji s'abaisser. Avant qu'elle ne comprenne la situation, il était un genou à terre, un écrin dans la main droite, et un éternel sourire en coin collé aux lèvres.
 
-Maintenant que tout est réglé... tu accepterais toujours de devenir ma femme ? Demanda-t-il en ouvrant ce qu'il tenait, dévoilant un anneau argenté surmonté d'un rubis de l'exacte même couleur que ses yeux.
 
Un parfait mélange de rose et de rouge, un magenta éclatant sans aucune fioriture. Il avait économisé dès qu'il avait été engagé, et s'était donné tant de mal pour trouver la pierre parfaite qu'il ne comptait plus le nombre de bijouteries qu'il avait visité.
 
La foule émit un son d'attendrissement, et la concernée posa une main devant sa bouche pour se contenir. Elle n'y croyait pas elle-même. Elle était persuadée qu'il ne se donnait pas en spectacle, mais là, tout le monde les regardait. Elle avait imaginé une demande toute simple chez eux, après l'amour par exemple. Mais il avait voulu le faire en grand visiblement, ce qui la touchait d'autant plus. Il voulait montrer à tout le monde à qui il voulait lier sa vie.
 
Les larmes aux yeux, elle se laissa tomber au sol pour être au même niveau que Senji et l'embrasser, des larmes d'émotions roulant sur ses joues. De sa main libre, il essuya les yeux de sa belle en répondant au baiser, avant de le couper doucement.
 
-Je prends ça pour un oui.

Il enfila l'anneau à l'annulaire gauche de l'opaline, affichant un sourire radieux qui finit par déteindre sur sa future femme. Ils se relevèrent avec les félicitations de ses collègues, tandis que les rougeurs reprirent le dessus pour Lassia. Mais ce qui était sûr, c'est qu'aucun des deux ne perdit le sourire. Et ce, pour pas mal de temps.
 
Dove and Raven

 
Quelques mois plus tard, un homme aux cheveux de jais sorti de son bureau à l'APN. Cet homme haut-placé vu son uniforme et au cache-½il surprenant à première vue était connu du service entier. Normalement, il n'avait plus à se rendre en mission sur le terrain, mais il continuait à le faire, sans jamais tenir compte de ce qu'on pouvait lui dire. Alors qu'il enfilait sa veste, il sentit un poids sur son crâne. Il éleva alors sa main et saisit le petit tas de feuilles avant d'entendre une voix derrière lui qu'il connaissait bien.
 
-T'es encore en retard sur la paperasse Senji ! Je sais que tu aimes aller sur le terrain, mais quand même !
-Je sais, je sais, mais c'est vraiment trop chiant à faire, soupira-t-il en posant ce qu'il avait dans les mains sur la table la plus proche.
 
La jeune femme à ses côtés qui devait à peine atteindre le haut de son torse croisa les bras, soupirant devant le comportement du brun. Ses cheveux blancs étaient attachés en une queue de cheval haute, et elle portait le même uniforme que lui.
 
Soudain, un homme déboula dans le service, essoufflé. Il déclara qu'il y avait une mission urgente dans un coin de la ville, et qu'il avait besoin d'eux.
 
Ils arborèrent le même sourire en coin. Cela faisait longtemps qu'ils n'étaient pas partis sans craindre les remarques de leurs supérieurs hiérarchiques qui, soit dit en passant, laissaient toujours couler au final car ils faisaient du bon travail.
 
L'une déployant une épée de sang et l'autre formant deux serres au niveau de ses avant-bras, ils étaient sur le point d'y aller.
 
-On a besoin de vous, équipe Dove & Raven !

Colombe et Corbeau, Noir et Blanc, mari et femme, rubis et onyx. Ils étaient peut-être contraires, mais maintenant éternellement liés. Unis par un anneau argenté surmonté d'un rubis pour elle, et du même orné d'un onyx pour lui. Leur renouveau, ils l'avaient trouvé. Et personne ne les empêcheraient de vivre leur vie. Libres, et redresseurs de torts. C'était ce qu'étaient devenus les deux célèbres fugitifs mais néanmoins innocents de Deadman Wonderland.

 

Partie 3                                                                                                                                   Bonus
Dove and Raven
J'espère que cet épilogue vous a plu ! Personnellement, je trouve cette histoire pas trop mal, et que cet épilogue apporte vraiment une bonne conclusion à tout ça. Surtout que comme ça, vous avez un peu plus de notre petit couple ;3 et oui, j'aime leur faire vivre tout un tas de trucs, même dans un épilogue x'D 

Enfin, ceci marque le point final de cette histoire, étant donné que le bonus ne tournera qu'autour du passé de Lassia. J'y ajouterais, comme dit dans l'avant-propos, quelques images etc. 

Enfin, n'oubliez pas de donner votre avis,  et constructifs (si tu ne sais pas comment faire, va ).
Et tu peux aussi donner ton avis ici : 

 

Dove and Raven
 
 
 
 


• Lisa-Hisoka-Fangirl :
"Je me suis posée une question chiante : est-ce que le numéro de l'affaire de Lassia (27 959) a été choisi au hasard ou pas ?"  


-  Oh mon dieu, je ne pensais pas que quelqu'un allait le relever ! Hey bien non, pas de hasard ici ! "279" est le numéro de détenu de Senji, et il est né le 5 septembre, donc le 05/09 (ou 59 ici). Voilà 8D
Dove and Raven
 

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