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Blog en reconstruction 01/12/2017

 


Bonjour ou bonsoir, cela dépendra de l'heure à laquelle tu liras ces quelques lignes.
Si tu es déjà venu sur mon blog, tu te souviens peut-être qu'il s'agissait plus d'un endroit où je listais une tonne d'écrits prévus, qui n'ont finalement jamais vu le jour après une très -trop- longue absence.

J'hésite à repartir sur un WordPress pour mes fictions, mais je préfère rester ici, car je sais que malgré la case dans laquelle est rangé Skyrock (adoprépubère) il existe des auteur(e)s et lectrice(eur)s adorables et matures sur cette plateforme.
 
Aussi, je laisserai évidemment tous mes écrits présentement terminés, cependant, je vais supprimer mon "planning" que je n'ai jamais su tenir.
 
Ceux ayant lu les premiers chapitres de ma fic sur Nana seront rassurés, je la reprendrai juste après celle que je compte réaliser pour la réouverture du blog:
 
Une fanfiction sur Food Wars, coécrite par un ami cher à mon coeur, Ely.
Il s'agira d'une adaptation d'un long RP que j'affectionne énormément. Et j'espère réussir à retranscrire, avec son aide, les sentiments de nos chers personnages j'ai nommé : 
Ma Lassou préférée, évidemment, ainsi que ... Akira Hamaya!
Notre bel indien préféré un peu oublié de Food Wars!
 
J'espère que vous serez au rendez-vous, j'ajouterai le synopsis en temps voulu. N'hésitez pas à partager votre enthousiasme pour Spice and Chocolate, la fiction tournant autour de l'amour, de la vie, et de la cuisine! :)

My life is a lie 24/02/2015

My life is a lie
Gif: Sukitte ii na yo - Tachibana Mei

 

Réécriture: I'll always be there
Si vous ne connaissez pas le manga, lisez ça d'abord.

 

Cela faisait quelques mois que j'étais dans cette nouvelle ville. Ouais, j'avais déménagé, fraîchement émancipée à 16ans. J'avais fait ça suite à tout ce qui m'était arrivé. Entre harcèlement de mon beau père, l'absence de soutient de ma mère, un père inexistant et des insultes récurrentes jusqu'au collège, ma vie commençait pas vraiment bien. Mais j'avais rencontré des gens géniaux, notamment Castiel, qui restera toujours spécial pour moi. On avait pas vécu que des trucs faciles, loin de là, mais ça nous avait rapproché, je pense. Je lui avais tout raconté à propos de mon passé merdique, et m'avait toujours soutenu à sa manière, je ne pourrais que le remercier pour tout ce qu'il a fait pour moi.

Mais c'était trop tard.

Après avoir réglé le problème de Moka et Nathaniel, je croyais que nous pourrions enfin souffler un peu. Je ne savais pas encore que je n'avais pas fini de subir cette vie de merde.
Je pensais que mon passé était derrière moi. Je pensais que j'avais réussi à le fuir pour de bon. Je le pensais vraiment.

C'était un soir où je sortais du lycée, pour une fois plus tôt grâce à une absence de prof inattendue. J'avais donc le sourire aux lèvres en envoyant un SMS à mon petit ami (soit disant) rebelle pour l'en informer. Il devait encore sécher l'espagnol et glander dehors, on le refera jamais celui-là.

Je passais les grilles de métal noir, et mon sourire disparu en une fraction de seconde. Je rangeais mon téléphone dans ma poche sans me préoccuper de la réception d'une potentielle réponse de la part du rouge. Mon regard avait changé du tout au tout. Mais je ne m'attardais pas sur l'objet qui provoquait ce changement et commençais à marcher vers mon appartement. Cependant, celui-ci ne fut pas d'avis de me laisser tranquille et scanda mon prénom plusieurs fois avant de me saisir le poignet face à mon indifférence.

« -Lassia ça suffit maintenant !
-Lâchez-moi. Ordonnais-je sur un ton glacial.
-Il en est parfaitement hors de question, tu vas m'écoutez sale--

L'homme qui se tenait en face de moi se retint de finir sa phrase et soupira. Il passa une main dans ses cheveux bruns. Son costume noir était impeccable et il portait très bien les quelques rides marquant sa quarantaine.

-Que me voulez-vous ?
-Je suis venu te chercher, Lassia.

Mon air impassible se fissura.

-Pardon ? Je n'ai plus rien à voir avec vous !
-C'est ce que je t'ai laissé croire. Mais pour l'heure, je dois te punir.

Il m'envoya alors son poing droit en plein visage. Sachant que je ne pouvais pas répliquer, j'avais à peine bougé, mon regard fut encore plus sombre.

-Tu n'es pas sans savoir que je suis devenu le premier leader mondial de pétrole, tout le monde le sait, tout le monde en a parlé !

Il ria et envoya un nouveau coup au même endroit. Je n'avais toujours pas bougé. Ma rage bouillonnait dans tout mon être. Il renchérit avec un coup dans l'estomac, puis prit mon visage entre ses doigts, affichant un sourire ravi.

-Voilà ce qu'il en coûte de me déshonorer. Reprend-toi encore une seule heure de colle et tu ne t'en sortiras pas aussi bien.

Je le mitraillais du regard, du sang coulant légèrement de mes lèvres. Comment ? Pourquoi ? Trop de questions se bousculèrent dans ma tête.

-Tout ce que tu as pu vivre... Tout était sous mon contrôle !

Il me lâcha et porta un regard accusateur sur moi.

-Quoi ?
-Tu as bien entendu. Du harcèlement de ton beau-père et de la non réaction de ta mère, en passant par la maltraitance morale de tes camarades durant ton parcours scolaire à ton émancipation, tout, TOUT était sous mon contrôle ! La pseudo liberté que tu aimais tant et non seulement finie, mais elle n'a surtout jamais, au grand JAMAIS existée !

Je me pétrifiais. Qu'est-ce qu'il racontait ? C'était impossible ! Tout ce que j'avais vécu... Tout...

-Tu ne me crois pas ? Demanda-t-il, un sourire narquois aux lèvres. Tu crois que tu pouvais tout avoir grâce à ton émancipation ? C'est uniquement parce que j'étais là, moi et mon argent, que tu le pouvais ! Toute ta vie... est un mensonge.

Je n'arrivais plus à penser correctement. Et Castiel, dans tout ça ?!

-Il en va sans dire que ton lycée ne fait pas exception. Ni ton soi-disant petit ami d'ailleurs.

Là, c'était trop.

-Arrêtez de dire n'importe quoi, père ! Vous pouvez contrôlez ce que vous voulez avec votre argent, mais les sentiments humains ne s'achètent pas !
-Ne me tient pas tête, sale batarde.

Il voulut remettre un coup, mais quelqu'un l'arrêta. Je le reconnus immédiatement.

-Tu t'prends pour qui enfoiré ?!
-Allons bon, qui c'est encore celui-là ?

Quoi, il ne le savait pas ?

-Son mec, connard ! Lança-t-il en lui envoyant un fulgurant coup de poing dans le visage.
-Arrête Castiel !

Je lui tins le bras pour qu'il ne recommence pas, mais en voyant mon état il ne fut qu'encore plus furieux.
 
-Comment tu--
-Ça ne te concerne pas, Castiel, dis-je en regardant l'homme qui se relevait en se tenant la joue droite.
-Dans une semaine, nous repartirons aux Etats-Unis, je te reprends sous mon autorité et annule ton émancipation.
-Dans tes rêves !!
-Ce n'était pas une proposition, Lassia White.

Je devinais le regard interloqué de mon petit ami face à cette appellation. Je ne tenais plus. Je me ravançais devant le rouge pour faire face à mon père.

-Ne m'appelle pas comme ça ! Hurlais-je, exaspérée. Tu ne peux pas te ramener comme ça et faire ce que bon te semble, père ! Ce n'est pas toi qui décideras de ma vie !
-C'est pourtant ce que j'ai fait depuis ta naissance. Ta vie... est un mensonge. Tout ce que tu as pu croire est faux. Et je te le répète. Ton pseudo petit ami ne fait pas exception.

Je sentis que Castiel voulu répliquer, mais je le fis à sa place.

-La ferme et dégage de ma vie ! Barre-toi comme tu l'as fait à mes 3 ans. Espèce de--

Il fit un bond et me prit par les cheveux.

-Espèce de quoi ? N'oublie pas à qui tu t'adresses ! Je t'ai laissé jouer assez longtemps crois-moi. Maintenant que tu as 17ans, tu vas te marier avec le garçon que j'aurais choisi pour me rendre encore plus riche. Et tu n'as pas intérêt à te rebeller. C'est d'autant plus dans ton intérêt, que pour celui que tu crois aimer...

Il avait prononcé sa dernière phrase en faisant en sorte que Castiel ne l'entende pas. Il finit par me lâcher.

-Et fait quelque chose pour tes cheveux. Fait comme ta mère, teins les dans une couleur normale. Tu m'as assez fait honte comme ça. Ah oui d'ailleurs. Ta mère et ta s½ur sont mortes dans un accident de voiture. Heureusement que ton beau-père s'en est réchappé, il peut toujours être utile celui-là.

Il poussa un rire strident avant de remonter dans sa voiture de luxe noire. Il finit par partir en me rappelant que je n'avais que jusqu'à la fin de la semaine pour me préparer.

Je tombais à genoux, dévastée par tout ce que je venais d'entendre. J'étais complétement perdue. Mais Castiel ne tarda pas à me relever et à me prendre dans ses bras.

-Je le laisserais pas faire. T'as pas à t'inquiéter. Tenta-t-il de me rassurer en caressant ma joue droite meurtrie. Mais pour l'instant, il faut te soigner.
-C'est rien, c'est que des égratignures.

Je me défaisais de ses bras. C'était hors de question que lui soit mêlé à toute cette histoire.

-Je sais que t'es solide mais quand même. Et pourquoi t'as pas répliqué ?!
-Je ne peux pas Castiel.

J'étais inquiète suite au coup de poing que Castiel lui avait infligé. Mais si j'obtempérais, il ne tenterait sûrement rien.

-Comment ça tu peux pas ?! Sous prétexte qu'il est friqué et que c'est ton père tu vas le laissé faire ?!
-Tu ne peux pas comprendre. Ce ne sont pas tes affaires Castiel, déclarais-je sur un ton glacial.
-Arrête ça.
-Arrêter quoi ?

Mon regard était tout aussi froid.

-De te comporter comme ça. Joue pas à ça avec moi.
-Parce que tu crois vraiment que c'est un jeu ?! Ça ne te concerne pas je t'ai dit ! C'est à moi de régler ça alors ne t'en mêle pas, un point c'est tout !

Il me reprit dans ses bras sans que je puisse résister et me serra volontairement trop fort.

-C'est con... J'ai pour principe de ne jamais écouter ce qu'on me dit.
-Castiel... »

Je connaissais son caractère mais j'étais d'autant plus têtue. Je ne voulais définitivement pas le mêler à ça. Le mêler à mon passé qui était un véritable problème.

Il m'avait donc ramené chez moi, n'habitant pas très loin du lycée et connaissant le chemin. Il m'avait porté et je n'avais pas eu la force de l'en empêcher. Il me déposa sur le canapé et partit chercher de quoi me soigner.

Je repensais à tout ce qu'il avait dit. Ma mère et ma s½ur étaient mortes ? Au fond, ça ne me touchait pas plus que ça, aussi monstrueux que ça puisse paraitre. Mais maintenant que je savais qu'elle et mon beau-père se faisaient manipuler avec des simples bouts de papier dont l'humain avait donné de la valeur, ils me faisaient simplement pitié.

Une mèche de cheveux me tomba devant les yeux. Cette couleur que je croyais porter seule depuis des années, je savais maintenant que je la tenais de ma mère. Cette couleur... Cette affreuse couleur dont tout le monde s'était servait servi pour se liguer contre moi et me faire vivre un enfer.

Furieuse contre cette maudite couleur, je ne me contrôlais plus et sorti un couteau. J'étais sur le point de couper l'objet de mon malheur durant des années quand l'arme m'échappa des mains.

-Ça va pas non ?! S'exclama-t-il en éloignant la lame.
-Laisse-moi ! Laisse-moi paraitre normale pour une fois dans ma vie en me débarrassant de cette maudite couleur !!

Castiel, inhabitué à me voir dans un état pareil, fut désemparé.

-Je pensais pas que ça que ça te rongeait à ce point... Avoua-t-il en posant sa main sur ma tête. Tu as les cheveux blancs naturellement, et alors ? Tu sais ce que j'en pense moi, de tes cheveux ?

Je fis signe évidemment que non. Il posa alors son front contre le mien.

-Ils me rappellent la neige. Tout le monde aime la neige. C'est pour ça que personne ne te trouve bizarre et que tu es appréciée partout où tu vas, même si tu le remarques pas. Tu peux t'entendre avec n'importe qui, sauf les crétins. Et puis... Tu as beau dire que tu les déteste, tes cheveux, tu n'as jamais cherché à les cacher. Tu restes fidèle à toi-même, même si t'en souffre. Tu dis que t'es pas « normale ». Ben tu sais quoi ? Ouais, tu l'es pas. Si t'étais « normal » je t'aurais probablement jamais remarqué d'ailleurs. Alors c'est mieux comme ça, non ?

Il afficha un grand sourire. Ce sourire. Ce sourire qui pouvait me réchauffer le c½ur même si il était en miettes. Je savais très bien que ce n'était pas dans ses habitudes de parler comme ça. Autant que ce n'était pas dans les miennes de perdre autant mon sang froid.

Il me fit rassoir sur le canapé et me soigna, le grand habitué des bastons savait y faire. Je restais encore silencieuse. Cette histoire de mariage à la con me rendait malade. Mais comment lutter contre un homme si puissant ?!

-Je savais pas que t'étais américaine, t'as toujours détesté l'anglais et dit que t'étais nulle dans cette langue.

Je sentais bien qu'il était mal de ne pas l'avoir su plus tôt rien que dans l'intonation de sa voix. Je tournais la tête vers lui, puis la rabaissa.

-Enfin, c'est rien. Je comprends que t'ai pas envie d'en parler.
-La vérité... C'est que je parle couramment anglais, mais que j'ai honte de mes origines. Alors en disant que j'étais une bûche dans cette langue y avait peu de chance qu'on me pose des questions. Puis tant qu'on est à parler de ça... Comme tu l'as entendu mon ancien nom était « White » mais j'ai changé après mon émancipation pour effacer toutes traces de mon passé. Mais ça n'a visiblement pas suffit pour le faire disparaitre...

Ma dernière phrase fut accompagnée d'un sourire triste.

-Hey... M'interpela-t-il. Enlève-moi ce sourire triste de ton visage, je t'ai dit que je le laisserais pas faire ce qu'il veut. Tout ira bien, tu verras. »

Je serrais les poings. J'étais déchirée par l'envie de le croire et de le laisser m'aider et celle de l'éloigner de tout ça. Pour la première fois de ma vie je ne savais absolument pas quoi faire.

Castiel resta l'après-midi, histoire de me changer les idées. Il y était partiellement parvenu, aidé de Kyu qui jusque-là était restée discrète. Ma petite renarde qui était venu squatter mon appartement peu après mon arrivé était précieuse pour moi. Le soir venu, j'avais réussi à convaincre Castiel de repartir chez lui. Que j'irais bien. Mais la réalité était toute autre. J'avais à peine refermée ma porte que je m'écroulais, fondant en larmes. Je voulais montrer une image forte aux autres. C'est pourquoi je ne lui avais jamais montré mes larmes versées à cause de mes problèmes. Je n'avais pas honte de pleurer pour ceux que j'aimais, mais pour moi, c'était différent.

Le lendemain, je m'étais reprise et voulu afficher le visage habituel de la Lassia que tout le monde connaissait. Mais j'avais à peine passé le pas de la porte qu'on m'interpella.

« -Hey ! Lassia !

Mon regard se posa sur la personne qui avait prononcé mon nom. Un garçon, la vingtaine, brun aux yeux noisette et habillé avec classe.

-On se connait ?
-Bien sûr que oui. Ça fait longtemps, mais tout de même ! S'exclama-t-il en riant.

Mon regard s'attarda sur lui, mais je n'arrivais pas à me souvenir. Il s'en rendit compte.

-Secondaire, Chicago. Toujours rien ?

Mes yeux s'écarquillèrent en comprenant.

-J-Jason ?!
-Ah ben j'ai failli attendre ! Free Hug comme au bon vieux temps ? Demanda-t-il sourire aux lèvres en écartant les bras.
-C'est-à-dire que... Commençais-je, gênée.
-Tu nous présentes ?

Castiel venait d'arriver et se mit à côté de moi, les bras croisés. Il était sans doute venu me chercher pour aller au lycée.

-Oh mais je peux le faire moi-même. Jason Collins, ami proche de la mignonne petite Lassia ici présente.
-Je vois. Fit-il d'un air suspicieux.
-Et toi ?
-Moi ? Rien de plus... Commença-t-il avant de m'embrasser subitement. Que son petit ami.

Il m'avait embrassé si furtivement que je n'avais pas eu le temps de réagir. Enfin, mes joues avaient rosies sous la surprise.

-Je vois. Déclara-t-il en arquant un sourcil. Je n'aurais jamais pensé que tu sortirais avec un autre garçon. Pas après ce qu'il s'était passé aux Etats-Unis.
-De quoi tu parles ? Et puis, tu exagères en disant que tu es un ami proche ! Ça fait au moins trois ans qu'on s'est pas vu !
-Et quelque chose à changer entre nous pendant tout ce temps ? Demanda-t-il avec un air provocateur.

Castiel allait intervenir mais je pris les devants avant qu'il ne dise quoi que ce soit.

-Ecoute je ne sais pas ce que tu es venu faire ici mais arrête ça tout de suite. J'ai bien vu que t'avais changé, mais si c'est en mal c'était pas la peine de venir. Sur ce, j'ai cours.

Je pris alors le chemin du lycée, toujours accompagnée de mon petit ami, laissant en plan le brun.

-Manquait plus que ça, me plaignais-je en soupirant.
-Tu m'expliques ?
-C'est un ami avec qui je trainais pendant le secondaire, l'équivalent du collège ici. Les rumeurs disaient qu'on était ensemble, mais il s'est jamais rien passé.
-Ok, et de quoi il parlait ? Ya eu quelque chose au final ?
-Puisque je te dis que non. Il ne s'est strictement rien passé. Il a dit ça pour provoquer, crois-moi. Enfin... J'espère que sa venue n'a rien à voir avec celle de mon père.
-On verra bien. De toute façon, il est hors de question que tu partes d'ici. »

Je n'avais rien répondu. Cependant je lui avais demandé de garder tout ça secret et que l'on prétexterait que mes blessures seraient dues à ma maladresse. Ça ne lui plaisait pas de mentir mais je ne tenais pas à ce que tout le monde soit au courant de mes problèmes.

La journée passa normalement, profitant peut-être de mes derniers bons moments, même si Castiel s'obstinait à m'affirmer le contraire. Le soir venu, j'étais rentrée chez moi, quittant mon petit ami avec le sourire. Je ne voulais pas qu'il s'inquiète. Mais je devais trouver une solution pour la fin de la semaine. J'avançais vers mon appartement quand je vis quelqu'un assis sur les marches. C'était Jason.

« -T'es resté là toute la journée ?
-Ben c'est pas comme si j'avais d'autres endroits que je connaissais.

Je soupirais face à tant de bêtises.

-Et puis, je voulais m'excuser aussi.

Je ne répondis rien et ouvris la porte.

-C'est vrai que ça fait un bail qu'on s'est pas vu alors j'étais anxieux. Puis t'as beaucoup changé. En bien hein ! Enfin pas que tu étais pas bien avant mais... !
-C'est bon Jason. Entre, tu me fais pitié.
-Euh...merci ? »

Je lui fis un sourire pour le rassurer. Au fond, il avait pas changé. Il découvrit donc mon appartement qui n'était pas vraiment personnalisé. Les murs étaient beiges et blancs, sans décoration. Le seul endroit où il y avait un élément personnel était ma chambre qui comportait mon véritable katana. Kyu n'était pas venue, sûrement intimidée de voir quelqu'un d'autre que Castiel et moi ici. Quand j'y repense, Kyu avait tout de suite accepté Castiel et su qu'il était gentil. Finalement, j'avais beaucoup de points communs avec cette petite renarde.
 
Je l'invitais à s'asseoir pour parler de nos années durant le secondaire. C'est vrai que ça faisait du bien de le revoir après tout ce temps. Il commençait à se faire tard, et ne voulant pas inquiéter Castiel en le laissant dormir ici, je lui proposais d'aller à l'hôtel. Je l'avais donc raccompagné sur le pas de la porte.

« -Au fait Jason, pourquoi est-ce que tu es venu ? Et comment t'as trouvé mon adresse ?
-Je voulais simplement te voir. J'avais terminé mes études alors je me suis dit que je pouvais bien faire un petit tour en France. Concernant les infos, j'ai simplement des relations, ni plus ni moins.
-Je vois... Ecoute... Je ne serais probablement plus là à la fin de la semaine.
-Comment ça ? Demanda-t-il, l'air étonné.
-J'ai... Commençais-je en soupirant. Je dois partir. Je dois retourner aux Etats-Unis.

Il resta silencieux. Oui, je devais partir. C'était la meilleure solution pour tout le monde. Si je n'avais jamais goûté à la liberté, ça ne me changerait pas tant que ça au final. Castiel s'en remettra... Oui, il s'en remettra.

-Et ton petit ami ?
-Je... Il... Il s'en remettra.
-Je me remettrais de quoi ?

Castiel apparut de nulle part et fronça les sourcils.

-De son retour aux Etats-Unis, répondit Jason.
-De quoi tu parles ? Lassia n'a jamais accepté ça.
-Il faut croire que si.

Castiel me regarda, effaré.

-Tu dis n'importe quoi ! Lassia dit quelque chose ! Me supplia-t-il en me prenant par les épaules.
-Fous-lui la paix, c'est pas tes affaires.
-Ta gueule toi ! Cria-t-il en le prenant par le col et en le menaçant du poing.
-Tu veux vraiment montrer une image aussi violente de toi devant elle ? »

Castiel pesta. Je ne savais pas quoi faire. J'essayais de me convaincre que Castiel s'en remettrait. Après tout je n'étais pas sa première copine, pourquoi je serais différente de toutes celles qu'il a eu ? Ça n'avait aucun sens. Castiel me regarda, essayant désespérément de comprendre quelque chose. Je ne pouvais plus supporter tout ça. Sans les regarder, je courus pour m'enfuir. Je courus encore et encore, ignorant les appels de Castiel et Jason. Castiel avait essayé de me rattraper mais en vain.

Après ma course effrénée, je cherchais un hôtel en disant de mettre la note sur celle de mon père. Je pris une douche pour me calmer. Je jetais un ½il à mon portable. J'avais un bon nombre de sms et d'appels manqués de Castiel. Je l'éteignis en soupirant puis m'assis sur le lit. Qu'est-ce que je devrais faire ? Je n'avais vraiment pas d'autre choix que de partir ? Cette pensée me brisait le c½ur mais ça valait mieux pour tout le monde. Mais pourquoi tous les bons moments avec lui me revenaient maintenant ? Pourquoi je n'arrivais pas à retrouver ce c½ur qui ne ressentait rien ? Pourquoi... y a-t-il fallut que la vie s'acharne comme ça ? J'avais fait quoi de mal bon sang ?!

Je serrais les poings. Je décidais de réfléchir à une solution jusqu'à la fin de la semaine et de ne pas aller en cours. J'avais 5 jours pour trouver quoi faire. Peut-être que tout espoir n'était pas perdu en fin de comptes ?

Le lendemain, je fis une recherche sur le net. Je découvris alors la vérité. Oui, l'un des parents pouvait bien annuler une émancipation s'il se montrait apte à garder son enfant mineur. Je fis face à la seule solution qui existait. Malheureusement, c'était impossible. Une telle chose n'arriverait jamais. Tout était perdu, mon père avait finalement gagné. Il avait raison, il avait toujours tout contrôlé. Cette fois-ci ne faisait pas exception. Rien n'avait changé. Depuis le début... Depuis le début, il avait obtenu ce qu'il voulait.

Des perles salées roulèrent sur mes joues. Ça semblait irréel tellement la situation me paraissait sans espoir.

N'ayant pas d'ordinateur, j'avais fait ma recherche sur mon téléphone. Celui-ci se mit alors à sonner. Par reflexe je décrochais.

« -Bon sang Lassia mais qu'est-ce que tu fous ?! T'es où ?!
-Castiel... Murmurais-je en éloignant l'appareil.
-Ne pense même pas à raccrocher ! Lassia t'es pas obligée de partir ! Je ne l'ai déjà dit, je--
-Arrête Castiel. Ça suffit maintenant, déclarais-je d'un ton sec et froid.
-Quoi...?
-Je m'en vais. Il n'y a pas d'autre solution. Je vais partir et tu ne pourras rien faire contre ça. Ce n'est pas si horrible que ça, quand on y pense tu sais. J'étais destinée à ça d'une certaine manière. Mon père a toujours tout contrôlé, comme tu as pu l'entendre. Je ne peux pas lutter, ni toi, ni personne. C'est comme ça. Si ma vie n'a jamais été plus qu'un mensonge... Je te remercie du fond du c½ur. Pour tout. Tu auras été la meilleure chose qui me soit arrivée. Merci de m'avoir aimé pour ce que je suis et de m'avoir toujours soutenu à ta manière. Les gens avaient beau dire le contraire, tu m'as prouvé que tu m'aimais vraiment. Tu es mon premier amour Castiel, et je sais au fond de moi que je ne pourrais jamais retomber amoureuse d'un autre. Mais toi, je t'en supplie, oublie-moi. Je ne suis qu'une parmis tant d'autres après tout. S'il te plait, c'est le mieux pour tout le monde. Tu as déjà assez subit avec toutes mes erreurs. C'est vrai, je n'ai jamais eu de relation avant toi, alors j'imagine que toutes les erreurs habituelles que l'ont fait normalement se sont concentrées sur toi. J'en suis désolée. Ça aura été bien le temps que ça aura duré. Tu m'as rendu heureuse, pour la première fois de ma vie, et fait ressentir des choses alors que je pensais en être incapable. Encore une fois, merci, Castiel. Je ne t'oublierais jamais.

Je marquais une pause pour ne pas qu'il m'entende pleurer. Je savais que s'il ne m'avait pas interrompu, c'était parce que mes mots l'avaient abasourdi. Je lâchais mes derniers mots.

-Je t'aime Castiel. Adieu.
-Lassia, att--»

Je raccrochais et laissais mes larmes envahir mon visage. Il ne comprenait pas que je faisais ça pour son bien, et pour le bien de tout le monde. Je devais retrouver mon c½ur de glace. Je devais y arriver. Mais après tant de chaleur et d'amour, comment j'étais censée y parvenir ? Le retour en arrière était donc impossible ? C'est vrai que dès que j'avais mis les pieds dans ce nouveau lycée, tout avait changé. Dès le début, je n'arrivais pas à garder la neutralité que j'avais d'habitude. C'était encore plus flagrant dès l'instant où j'ai vu Castiel. Il avait changé depuis d'ailleurs. J'avais réussi à le faire arrêter de fumer. Ça avait été une grande victoire ce jour-là.

J'eus un sourire nostalgique.

« -Et si tout ça... n'avait été qu'un rêve ? Oui c'est ça... C'était un merveilleux rêve, mais maintenant, je dois me réveiller... »

Le jour qui suivit, je me réveillais par un bruit. On toquait à ma porte. Je me fis vite présentable et ouvris la porte. C'était l'un des hommes de mains de mon père qui venait m'amener un paquet. C'était la tenue que je devais porter dimanche. Je pris le paquet et referma la porte après avoir remercié tristement l'homme. Un minimum curieuse, je déballais le contenu du paquet, enfermé dans un papier argenté. Je découvris alors une robe au haut violet lavande avec un léger décolleté et en bas, une jupe à volants rose. La robe avait une seule bretelle rose en diagonale et était accompagnée d'une paire de ballerines et d'un n½ud papillon pour attacher mes cheveux de la même couleur de la jupe ainsi que des mitaines en voile, toujours rose. J'avais donc droit au vêtement que je détestais le plus de la couleur que je détestais le plus. Je soupirais. Je n'avais même plus la force de m'en plaindre.

On retoqua à la porte, mais plus frénétiquement cette fois. Pensant que c'était encore l'homme de main de mon père, j'ouvris la porte agacée.

« -Quoi encore ?
-Lassia ! Nan mais ça va pas ?! Qu'est-ce qui t'es passé par la tête bon sang ?!

J'étais stupéfaite par la personne qui se trouvait en face de moi. C'était Rosalya, visiblement morte d'inquiétude.

-Qu'est-ce que tu fais ici Rosalya ? Demandais-je froidement.
-Ah nan hein ! Tu crois que y'a que Castiel qui voit à travers ton petit manège de la froideur ?! Et bien détrompe toi !

Je soupirais encore une fois.

-Ok, mais alors réponds-moi, comment tu m'as retrouvé ?
-Tu veux vraiment en parler dans le couloir ?

Je ne répondis rien et la laissa entrer. Mon téléphone bipa alors. Encore Castiel, évidemment. Je l'éteignis pour la seconde fois.

-Castiel m'a dit que qu'il n'avait plus de tes nouvelles depuis mardi, enfin jusqu'hier où tu as daigné décrocher. Il ne m'a pas tout raconté, il m'a simplement demandé de te retrouver, sachant que mon père est officier de police. Il a pu retracer la provenance de ton appel ici. Voilà comment j'ai fait.

Je n'avais pas pu m'empêcher de tiquer lorsqu'elle avait parlé de son père. Evidemment, elle le remarqua. Rien n'échappait à Rosalya.

-Lassia, tout le monde s'inquiète, et je n'ai jamais vu Castiel dans un état pareil. S'il te plait, explique-moi, je peux t'aider ! M'affirma-t-elle en posant ses mains sur mes épaules.

Je me mordis la lèvre inférieure pour me contenir.

-C'est si grave que ça... ?

Je finis par lui faire part de la situation, sachant que rien ne changerait de toute façon. Je l'informais également de la seule solution envisageable mais impossible. Après crises de nerfs et colère de la part de la blanche, celle-ci planta ses yeux dorés dans les miens.
 
-Je suis certaine que Castiel a déjà dû te répéter maintes fois qu'il arrangerait la situation, mais tu ne l'acceptes pas... En même temps, vu ce que tu m'as dit, je peux te comprendre... Enfin, ce que je te dirais ne servirait probablement à rien mais bon... Ecoute Lassia, ne perds pas espoir. Il y a forcément quelque chose à faire pour empêcher ça, ok ? Tenta-t-elle de me rassurer.

-Rosa, je sais très bien que non... Il n'y a plus rien à faire, et c'est mieux comme ça. En restant, je vous mettrais en danger, vous et Castiel. Vous êtes les seuls à m'avoir accepté comme je suis, je ne me pardonnerais pas si il faisait quelque chose contre vous. C'est rien de grave, vous allez vous en remettre, vous m'oublierez vite, tu verras.
-Qu'est-ce que tu peux m'agacer quand tu parles comme ça ! Ce que je te dis tombe vraiment dans l'oreille d'une sourde ma parole !

Je baissais la tête, elle ne comprenait pas ce que je voulais faire.

-J'ai compris. Ce n'est pas moi qui suis en mesure de te faire comprendre à ton tour. Mais je sais qui en est capable. Tu verras, il y a plus tête de mule que toi sur cette Terre ! »

Elle partit comme elle était arrivée. Je ne savais pas ce qu'elle voulait tenter, mais c'était en vain de toute manière alors je ne m'attardai pas sur la question. Enfin, ça m'aura fait plaisir de la voir une dernière fois, et bizarre aussi d'avoir tout déballé comme ça, moi qui ne parlais jamais de mes problèmes à personne. Enfin, presque... Un sourire triste se dessina sur mes lèvres en pensant à cette fameuse personne.

Le sombre jour arriva alors. Lorsque je sorti dehors, il faisait pourtant doux et le soleil rayonnait tranquillement dans le ciel bleu tacheté de nuages blancs. Et pourtant, tout me semblait morne et sans couleur. Mon regard n'était même plus triste, mais vide. Même ma tenue colorée et inhabituelle pour moi ne me gênait même plus alors que d'habitude je n'aurais pas supporté d'être en robe.

Je me rendais donc à l'aéroport en m'empêchant de réfléchir et de me souvenir de quoi que ce soit. Cette ville qui m'avait accueilli pendant ces quelques mois allait terriblement me manquer, elle et ses merveilleux habitants...

Arrivée devant le bâtiment moderne où mon avion m'attendait, mon père m'interpella.

« -Au moins, tu n'es pas en retard.

Il me défigura de haut en bas.

-Tes cheveux ressemblent un peu plus à quelque chose comme ça, c'est déjà ça. Enfin, ça t'intéresserait de voir qui est ton futur mari ?

Mon regard se posa légèrement sur mon géniteur, mais je ne répondis rien pour autant.

-Aller, viens !

Une silhouette s'avança alors. Mes yeux s'écarquillèrent alors et quittèrent leur état inexpressif. Je n'y croyais pas.

-Impossible... Pas toi...

Je ne rêvais pourtant pas. L'homme qui se tenait devant moi était bien Jason Collins, le même qui m'avait parlé normalement il y a à peine quelques jours. Il s'avança vers moi, détournant un peu le regard. Honteux ? Il y avait de quoi !

-Vu ta réaction, tu le connais bien. Je ne m'étais donc pas trompé. Jason est un excellent parti tu sais, sa famille possède la plupart des terres qui contiennent des gisements de pétrole aux Etats-Unis. En te mariant avec lui, j'aurais l'entière coopération de sa famille et pourrais profiter de ces gisements comme bon me semble !

Je mitraillais le brun du regard. Comment avait-il pu me faire ça ?!

-Tu as vraiment changé en 3ans, Jason, déclarais-je tel un reproche.
-N'est-ce pas ? Il est devenu si beau garçon ! Tu n'as vraiment pas à te plaindre, si tu savais le succès qu'il a à Chicago ! Tu vois que je ne suis pas si monstrueux que ça, finalement.

Il affichait toujours son sourire narquois. Je m'étais résolue à partir, mais pas à me marier avec lui ! Tout ce que nous avions vécu à Chicago était aussi faux ? Il avait profité de ma confiance à ce point ?!

-Aller Jason, prouve-lui ce que je dis.

Jason s'avança alors encore plus vers moi, jusqu'à être vraiment près de moi. Je ne pouvais pas m'enfuir ni faire grand-chose dans une tenue pareille. Il me prit alors dans ses bras. J'avais envie de lui en mettre une, mais je ne pouvais pas ! Ce sentiment d'impuissance me rendait folle.

-Est-ce que tu sais d'où venaient ces rumeurs comme quoi nous étions en couple durant le secondaire, Lassia ?

Il parlait assez bas pour que mon père n'entende pas.

-Oh, je me doute que tout ça est de toi, juste pour m'emmerder encore plus.
-Non, pas du tout. C'est simplement que je n'arrivais pas à cacher que j'étais amoureux de toi, même si je ne disais rien, m'avoua-t-il en me regardant dans les yeux. Je ne veux pas te faire de mal, mais je ne pouvais pas te dire la vérité lorsque nous nous sommes vus la dernière fois.
-Ne joue pas les gentils maintenant Jason, je ne te crois pas. Tu m'as trahi alors que tu étais la dernière personne de mon passé à qui j'accordais encore de la confiance. Tu me dégoutes.

Je vis dans son regard que mes paroles l'avaient blessé. Mais je n'étais pas encore assez stupide pour m'en vouloir.

-Ecoute... Prends-ça, dit-il en glissant une lettre dans ma poche. C'est une lettre de ta mère, qui t'expliquera certaines choses. J'étais resté en contact avec elle mais puisque tu avais coupé les ponts, tu ne le savais pas.
-Bon alors ça vient ! On ne partira pas d'ici tant que tu ne l'auras pas fait tu sais ! S'impatienta mon père.
-De quoi il parle ?

Jason passa une main sur ma joue. Il ne me répondit pas, même après une interpellation de ma part. Il se rapprocha. Je compris donc qu'il allait m'embrasser. Une vague de panique m'envahit. Je n'avais jamais connu d'autres lèvres que celles de Castiel, et je ne voulais pas en faire l'expérience. Même si je ne pouvais plus être avec lui, je ne comptais pas faire quoi que ce soit avec qui ce que soit !

-Non... Non, non et non ! J'ai jamais été d'accord avec ça !!

Mes réflexes avaient repris le dessus, et je lui avais envoyé mon poing droit dans l'estomac. Sous la surprise, il me lâcha, étonné.

-J'accepte de partir pour protéger ceux que j'aime, mais pas de renier mes sentiments !!
-Bien parler !

Je me retournais.Cette voix, je la connaissais bien. Castiel était à plusieurs mètres, sur le même trottoir que nous. Les bras croisés, son habituel sourire en coin n'avait pas quitté ses lèvres. Son apparition me semblait surréaliste.

-Mais... Qu'est-ce que ce que tu fais là... ?

Il fronça les sourcils, énervé sans doute de devoir répondre à une question si évidente.

-Je suis venu récupérer ma fiancée, quelle question !! S'exclama-t-il en parcourant en un éclair les mètres nous séparant et en me serrant contre lui.

Ses mots m'avaient cloué sur place, et il n'y avait pas que moi.

-E-Enfin, si tu le veux bien, évidemment... Bafouilla-t-il les joues rouges.

Je n'eus pas le temps de dire quoi que ce soit que mon père, en furie, explosa.

-Pour qui tu te prends toi ?! Tu te crois en position de faire une chose pareille peut-être ?!
-La ferme toi, sale chien. Non en fait tu mérites même pas que je t'insulte de ça, Démon vaut largement mieux que toi.

Je n'avais toujours rien dit, j'étais beaucoup trop sous le choc pour dire quoi que ce soit.

-Rosalya m'a expliqué ce qu'était cette dernière solution que tu trouvais impensable. Ecoute, je dis pas que je suis le mec le plus parfait du monde mais... Enfin j'ai fait plein de bourdes aussi mais... Bref, j'ai 18ans donc mon émancipation ne compte même plus. Je peux te prendre en charge avec ma majorité, mais cet enfoiré ne te lâchera pas sans engagement de notre part, même si je sais que c'est vraiment tôt et qu'on en a jamais parlé. Alors je... Je te le demande... Est-ce que tu voudrais bien être... Etre ma fiancée ?

Cette fois, Castiel était devenu aussi rouge que ses cheveux. Jusque-là, je n'avais pas bougé un seul muscle, me demandant si cette situation était vraiment réelle ou si je rêvais éveillée. Le silence était donc présent depuis une poignée de secondes, ce qui ne manqua pas de stresser au plus haut point le rouge. Lentement, je relevais la tête. Je pus alors constater que Castiel ne m'avait pas lâché du regard et attendait encore plus impatiemment ma réponse maintenant que j'avais bougé.

-Vous êtes ridicule ! Si tu fais ça, tu n'auras plus rien ! Ton appartement, tout ce que tu as pu avoir ! Tu perdras absolument tout en plus d'être sans argent !
-Je t'ai dit de la fermer ! Je serais capable de l'aider, de prendre soin d'elle, de la rendre heureuse ! Je ferais tout pour ça et je m'en donnerais les moyens, et je réparerais tout le mal que tu as causé.

Le regard noir qu'il lui lança le fit se taire.

-Alors, t'en pense quoi ? Redemanda-t-il sur un ton plus sérieux et posé que la fois précédente, reportant son regard sur moi.
-Evidemment que j'accepte ! M'exclamais-je alors que j'essuyais mes yeux qui étaient sur le point de laisser couler des larmes. Cependant, je ne voulais toujours pas qu'il les voit.

Il me resserra encore plus fort contre lui.

-Idiote. Tu n'as pas à retenir tes larmes maintenant. Tu as le droit de pleurer, Lassia. Ce n'est pas une honte. Tu n'as pas à être forte maintenant. Tu as bien le droit à un peu de repos pour une fois.

Je n'avais jamais entendu de telles paroles. J'avais le droit... de pleurer ? J'avais vraiment le droit... ? Personne n'avait jamais vu les larmes que j'avais versées pour moi, si ce n'est Kyu. Je me laissais donc aller, pour la première fois, en le serrant de toutes mes forces, sans un bruit. Je n'y croyais pas. Alors toute cette histoire était vraiment réglée ?

-Non mais oh ! Rendez-moi ma fille !
-L'appelle pas comme ça raclure. Tu mérites pas de l'avoir comme descendance !

Ce n'était pas la voix de Castiel. Non, c'était celle de Rosalya. Puis plusieurs autres que je connaissais bien. J'ouvris les yeux, maintenant rouges. Je pouvais apercevoir Rosa, Kentin, Moka, Nathaniel, Armin, Sun, Lysandre, Chiharu et plein d'autres se dresser entre Castiel, moi, mon père et Jason. Il y avait aussi Violette, Kim, Iris et même ceux à qui je ne parlais pas souvent.

-Ta place est ici, Lassia. Elle n'est ni aux Etats-Unis, ni ailleurs. Tu m'as bien dit que nous avions été les premiers à t'accepter, non ? Et puis, tu n'as plus aucune raison de partir maintenant ! Déclara Rosalya, un immense sourire aux lèvres.
-Rosalya...

Tous approuvèrent et fusillèrent du regard les deux autres. Mon père eut un mouvement de recul face à tant de monde et jura. Jason, quant à lui, était complétement paumé.

-Je t'avais pourtant dit que je ne le laisserais pas faire, tête de mule, dit-il avant de poser sa main droite derrière ma tête pour m'enlacer encore plus.
-Désolée... Mais qu'est-ce qu'ils font tous ici ?
-Ils sont venu d'eux -même quand on leur a expliqué qu'on te forçait à partir. Je te l'avais dit. Tu es comme la neige, tout le monde t'apprécie. Sauf les crétins. Enfin, je dois régler une dernière chose et on pourra partir.

Il me lâcha alors en me confiant à Kentin, mon grand frère de c½ur. Avant, il ne pouvait pas s'empêcher d'être jaloux de lui, alors venant de sa part, ça m'avait vraiment surprise. Il devait avoir accepté notre relation fraternelle, comme lui avec Moka.

Il traversa la petite foule que formaient tous nos camarades et se dirigea d'un pas furieux vers le brun. J'avais rarement vu son regard aussi noir. Il lui envoya une fulgurante droite sans que Jason n'ai pu faire quoi que ce soit pour le contrer. Il devait l'avoir accepté, dans un sens.

-Approche-toi d'elle encore une seule fois, et tu t'en sortiras pas juste avec un coup de poing dans la gueule. J'espère que c'est assez clair. Quand à toi, espèce de sous merde...

Il s'avança vers mon père, qui, pétrifié de peur, tomba à terre et trembla de tout son être. Il était tellement pathétique que ça en était risible.

-Je me rabaisserais pas à te frapper. La merde, ça salit. Mais réapparait encore et tu repartiras pas autrement que dans un sac plastique, c'est vu ?

Mon père s'enfuit alors, et Castiel revint vers moi, sourire en coin. Je quittais Kentin pour reprendre le rouge dans mes bras, le serrant aussi fort que je le pouvais.

-Hey ! Pas si fort sinon tu vas m'étouffer !

Le rire se répandit dans le groupe suite à la plainte de Castiel. Il en profita alors pour m'embrasser. Il ne m'avait jamais embrassé comme ça, je pouvais très bien sentir toute l'angoisse et le soulagement qu'il ressentait de pouvoir m'embrasser comme ça.

-Ne me refais plus jamais une peur pareille, c'est compris ?
-Promis, lui jurais-je en souriant. »

Sur le chemin qui menait à son appartement, tout le monde plaisantait sur ce qu'avait fait Castiel et la tête des deux autres. Il faut dire que Castiel était effrayant quand il était énervé. Une fois arrivé, tout le monde parti en lâchant des mots gentils et des félicitations pour nos fiançailles, ce qui ne manqua pas de me faire rougir, et il n'y avait pas que moi. Moka avait les larmes aux yeux, ne pensant pas que son grand frère chéri arrêterait de faire n'importe quoi, ce qui, évidemment, énerva le rouge. Tout le monde ria de bon c½ur, moi aussi, même si j'étais fatiguée de tout ça. Castiel le remarqua et dit qu'il valait mieux que l'on se repose pour aujourd'hui. Tout le monde fut d'accord et le petit groupe parti peu à peu. Moka fut la dernière à partir avec Nathaniel, prenant son air vicieux en conseillant à Castiel de ne pas faire trop de bêtises ce soir. Moka était vraiment la seule capable de mettre Castiel dans tous ses états avant de filer en ricanant sournoisement. Un vrai numéro celle-là, mais elle arrivait à me faire sourire avec ses bêtises.

Nous finîmes par rentrer. Mais quelle ne fut pas ma surprise lorsque sur le point de faire demi-tour, Kyu me sauta dessus, accompagnée de Démon. Je voulais aller la chercher, mais visiblement, il y en avait un qui s'en était occupé avant moi.

« -Kyu ! Qu'est-ce que tu fais ici ? Demandais-je en caressant les deux boules de poils.
-Ben... Quand tu me répondais plus, j'ai fini par aller à ton appartement. Kyu était là, dans le même état que moi. Alors je l'ai ramené chez moi. T'aurais dû voir ça, elle a tout de suite sauté sur Démon, et l'a pas lâché depuis.
-Ça me rappelle personne... Répondis-je ironiquement le sourire aux lèvres.
-Ouais, moi non plus... Ajouta-t-il tout autant ironique. Au fait... Continua-t-il alors que mon regard interrogateur se posa sur lui. Tu vois que t'es bien en robe.

Il arborait un magnifique sourire provocateur, celui qu'il montrait le plus souvent, alors qu'il m'avait fait rougir. Je pensais qu'il allait ignorer ma tenue avec tout ça, mais son envie de me taquiner maintenant que tout était réglé devait être trop forte.

-Mais va te changer, cette couleur que tu détestes tant te vas pas vraiment. Vu le nombre de fois où tu as squatté, je dois bien avoir quelques fringues à toi ici.

Il m'embrassa sur le front avant d'aller dans la cuisine. Je partis donc faire ce qu'il m'avait conseillé de faire. Il savait pertinemment que je n'étais pas à l'aise dans une tenue pareille. Je détachais mes cheveux aussi. Comme il l'avait si bien supposé, je trouvais rapidement de quoi me changer, bien que je lui empruntais un de ses t-shirts pour le plaisir. Je redescendis et sentis une douce odeur. J'arrivais dans la cuisine, Castiel m'interpellant. Il avait fait des crêpes. J'en étais encore médusée. Je ne lui avais montré qu'une fois pourtant, alors que lui mangeait principalement des sandwiches et plats tout prêts quand il n'allait pas au MacDo. Agacé de me voir si surprise, il finit par s'asseoir à table et commença à manger. Je riais doucement et fis la même chose. Je ne pouvais pas être plus heureuse que maintenant.

Je savais enfin où ma vie allait. Et je savais que cette fois, c'était moi qui allait la contrôler, et personne d'autre.

 


My life is a lie

 

Durant les jours qui suivirent, j'avais déménagé chez Castiel. Je n'avais pas grand-chose à emporter, alors ça avait été rapide. Castiel avait informé ses parents de notre décision. Malgré mon appréhension face à leur réaction, tout se passa bien. Sa mère pleura de joie au téléphone ce qui ne manqua pas d'embarrasser fortement le rouge. Elle exigea de me rencontrer dès leur retour. Son père était aussi content qu'il se soit enfin posé. Visiblement, ils faisaient confiance à leur fils, ce qui me soulagea grandement. Cela faisait donc déjà 2 semaines que nous vivions ensemble, et tout se passait à merveille. Moka squattait toujours de temps en temps, ce qui ne me dérangeait pas le moins du monde.

Un jour où nous recevions le journal, Castiel m'avait appelé à travers tout l'appartement, le papier à la main. J'étais tranquillement en train de trainer sur le net lorsqu'il me mit l'objet de son état devant les yeux. La Une du journal me laissait effectivement sans voix. On pouvait y lire clairement que mon père ainsi que mon beau-père s'étaient fait arrêtés suite à une magouille foireuse des deux associés. Les deux étaient donc condamnés à la prison. Ils avaient également retiré la fortune de mon père et une décision sur ce que tout cet argent allait devenir était en cours. Je n'avais donc plus à me soucier de quoi que ce soit les concernant pour un bon bout de temps.

Les vacances étaient enfin arrivées. Ses parents étaient censés venir nous rendre visite au cours de ces deux semaines. Castiel m'avait prévenu qu'ils pouvaient débarquer à l'improviste n'importe quand, alors je devais me mettre sur mon 31 tous les jours, au cas où, même s'il me répétait que ce n'était pas la peine. Un jour, on sonna à la porte. J'allais donc ouvrir, pensant que c'était ses parents. Je l'aurais laissé volontiers faire, mais Castiel prenait sa douche et je ne pouvais pas les laisser sur le pas de la porte.

Mon visage se décomposa en constatant que ce n'était pas ses parents qui avaient sonné, mais Jason qui était revenu. En le voyant, je voulus refermer immédiatement la porte, cependant, il ne me laissa pas faire.

« -Lassia attends ! Je ne suis pas là pour te causer du tort crois-moi !
-Tais-toi et dégage de ma vue. Je ne veux plus jamais te revoir c'est compris ?!

Castiel, m'entendant m'énerver et étant visiblement sorti de la douche, me demanda de loin qui c'était. Je lui avais crié que c'était un vendeur qui faisait du porte-à-porte un peu trop insistant. Je refaisais alors face à Jason qui n'avait pas bougé en lui ordonnant de partir plus calmement.

-Je suis désolé, mais je ne peux pas. Il faut que je te parle !
-Je n'ai pas envie de te parler moi, alors pour la dernière fois, va-t'en !

Il insista et entra à moitié dans l'appartement. Castiel, m'entendant perdre mon calme pour la deuxième fois, descendit torse-nu et pris alors conscience de la situation. Sans que je puisse le retenir, il prit Jason par le col et le plaqua contre le mur.

-Je t'avais pourtant dit de ne jamais revenir, sale enflure !
-Castiel, c'est ça ? Ecoute, tu peux me frapper si ça peut te défouler, je l'accepterais. Mais il faut vraiment que je parle à Lassia. Je m'effacerais de sa vie après ça, comme vous le vouliez. Mais je ne peux pas le faire avant de lui avoir parlé.

Castiel resta silencieux pendant un moment, puis pesta avant de le lâcher en lui jetant un regard noir. Mais le mien était plus que sombre.

-Lassia, je--

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que je lui avais mis le plus puissant coup de poing que je pouvais.

-Je ne t'ai pas pardonné. Mais tu as l'air sincère en disant que tu as quelque chose de primordial à me dire, sinon tu n'aurais pas pris le risque de revenir. Je t'écoute.

Les deux garçons avaient les yeux écarquillés. Ils devaient être étonnés que je puisse envoyer un coup comme celui-ci, alors que jusque-là je n'avais fait que me défendre grâce à mes techniques d'arts martiaux. J'avais rarement donné de coups. Mais ce que Castiel ne savait pas, c'est que j'avais commencé à prendre des cours de boxe suite à toute cette histoire. Jason se tenait la joue que j'avais frappé et se reprit quelques instants plus tard.

-B-Bon... Je vais essayer de faire vite. Tu as jeté un ½il à la lettre que je t'avais donné ?

Je fus étonnée. C'est vrai que je n'y avais pas pensé une seule seconde avec tout ça. J'expliquais ce que je savais à propos de cette lettre à Castiel qui était étonné d'en entendre si soudainement parler avant d'aller la chercher.

-Au cas où tu ne me croirais pas concernant ce que je t'ai dit, tu peux toujours regarder au dos.

Je la retournais. On pouvait clairement lire le nom de ma mère écrit délicatement à l'encre noire. J'ouvris donc l'enveloppe, un peu stressée. Je parcourus le contenu de la lettre et tremblai légèrement.

-C'est... C'est une blague... ?

Castiel posa sa main sur mon épaule et jeta un ½il à ce qui me mettait dans cet état.

-Alors c'était ça...
-Oui. Ta mère n'avait jamais eu le choix. Si elle ne faisait pas ce que ton père voulait, il la menaçait de te faire du mal ou pire encore. Elle ne voulait pas t'enlever la liberté que tu avais enfin acquise. Même si ton père en était responsable, tout ce que tu as vécu dès ton arrivé dans cette ville n'est pas dû à ton père. Il ne faut pas que tu crois une seule seconde ce qu'il t'a dit.
-Et comment tu sais tout ça, monsieur le génie ?
-Je n'ai jamais perdu le contact avec la mère de Lassia, mais c'était resté secret. Ça aurait été trop dangereux sinon. Elle m'expliquait toujours la situation. Voilà comment je suis au courant de tout. Concernant mon « association » avec ton père... Comme je te l'ai dit, je n'ai jamais voulu te faire de mal... Je pensais simplement qu'en faisant semblant d'être de son côté, il aurait été plus simple d'agir. Je suis vraiment désolé.

Il s'inclina, prouvant qu'il était sincère.

-Et... Ce que tu m'as dit après m'avoir donné la lettre, c'était aussi un mensonge pour me manipuler ?
-N-Non... C'était... La pure vérité. Enfin, ça n'a plus aucune importance maintenant, déclara-t-il en s'attardant sur la bague habillant mon annulaire gauche..

Castiel resta silencieux, ne posant pas plus de question.

-Je vois... C'est tout ce que tu avais à me dire ?
-Non. J'imagine que tu es au courant pour ton père. Il a été emprisonné et on lui a retiré sa fortune. Mais ce que tu ne sais peut-être pas, c'est que les experts ont découvert qu'il était responsable de l'accident de voiture de ta mère et de ta s½ur. Etant américain, il a été rapatrié aux Etats-Unis. Et tu sais ce qu'encourt un criminel responsable d'un double homicide volontaire aux Etats-Unis n'est-ce pas ?
-La peine de mort...
-Exactement. Etant donné l'importance de sa fortune, ils ont dû beaucoup réfléchir à ce qu'ils devaient faire de cet argent. Mais quand ils ont découvert le fond de l'histoire, ils l'ont vite pris. Il va mourir, et donc, ce qu'il avait amassé te revient de droit Lassia. Tu es la seule famille qu'il lui restait, alors ils ont vite tranché. Tu es donc riche, Lassia. Tu n'as même pas besoin de continuer tes études, tu peux faire ce que tu veux !
-Tu crois vraiment que je veux de ton argent sale ?! Je n'en ai pas besoin, je n'en veux pas !!
-Je comprends ta réaction Lassia, mais prend la peine d'y réfléchir. Pense à tout ce que tu pourrais faire avec ça. Et puis... Commença-t-il en regardant Castiel qui était stupéfait de la nouvelle. Ça ne concerne plus uniquement toi, maintenant. Enfin... c'est tout ce que j'avais à te dire. Je sors de ta vie, mais sache que si tu as besoin de quoi que ce soit, tu pourras toujours compter sur moi. Si je peux me faire pardonner d'une quelconque manière, je le ferais avec joie, finit-il en me donnant un papier avec son numéro de téléphone.

Il allait donc repartir, aux Etats-Unis, sans doute. Castiel me laissa lui dire au revoir seule, dehors, ayant eu la preuve que je pouvais me défendre toute seule.

-Jason. Tu m'as bien dit que... Si tu pouvais faire quoi que ce soit pour te faire pardonner, tu le ferais sans hésiter, c'est bien ça ?
-Oui, c'est bien ce que j'ai dit. Pourquoi, tu as une idée ?
-On peut dire ça. Tu sais, même en étant riche, je compte bien avoir mon bac et rester ici. Ma place est ici, avec Castiel, et mes amis. Je ne partirais pas et je travaillerais comme tout le monde. Je garderai cet argent pour le futur. Je ne l'utiliserais pas. Je n'aurais besoin de rien en faisant comme ça. Je n'aurais besoin de rien tant que je serais avec Castiel.

Je tâtais la bague dorée qu'il m'avait offerte pour officialiser les choses. Elle n'avait peut-être pas énormément de valeur précieuse, mais pour moi elle valait plus que tout l'or du monde.

-Et donc... La seule et unique chose que je te demande... C'est de rester mon ami, Jason. Tu m'as beaucoup aidé durant le secondaire. Et même après tout ça, je ne te déteste pas. Je ne veux plus détester personne. Je ne veux plus que mon passé m'entrave. Alors je n'y penserais plus. Mais toi, qui as toujours cherché à m'aider, même si tu as été assez maladroit... Je pense être capable de te pardonner, alors... Restons en contact, d'accord ?

Je lui fis un sourire, et il me prit dans ses bras. Cette fois, je répondis à son étreinte. Je le sentis trembler, puis pleurer. Il s'excusa encore pendant de longues secondes. Il finit par me lâcher, et essuya ses yeux. Il me promit de garder le contact. J'étais sur le point de rentrer, quand il m'interpella une dernière fois.

-Lassia... Merci, infiniment. »

Il me sourit. Je lui rendis. Il se retourna puis continua son chemin, tandis que je passais le pas de la porte. Castiel m'attendait. Je lui expliquais alors ce que je comptais faire. Ma vie n'avait peut-être pas démarré de la meilleure des manières, mais je comptais bien arranger les choses. A ses côtés, je m'en sentais pleinement capable.

Le destin existe peut-être bien, mais nous le contrôlons toujours, même si nous n'en prenons conscience que plus tard. Oui, chacun peut avoir un impact sur sa vie. Il suffit juste d'avoir le courage de s'en rendre compte.
 
THE END

 

My life is a lie
Alors déjà, je voudrais vous remercier d'avoir tout lu! Ceci est mon premier One Shot, soyez indulgents! ;_; Je sais bien que c'est une histoire plutôt prévisible et banale, mais j'avais vraiment envie d'écrire ce One Shot. Alors j'espère qu'il vous aura plu malgré tout! Ensuite, si vous êtes des habitués du jeu, vous aurez pu remarquer que Moka, Sun et Chiharu ne sont pas des personnages du jeu. En effet, ce sont d'anciennes amies de RPs sur Amour Sucré. 
Je ne demande que des commentaires constructifs! Késako?

 

My life is a lie

Tags : Amour Sucré

I'll always be there [Partie 1] 13/09/2015

I'll always be there [Partie 1]
Gif: Vampire Knight - Yûki Cross

 

Réécriture de My life is a lie
Si vous ne connaissez pas le jeu, lisez ça d'abord.

 

Cela faisait quelques mois que j'étais dans cette nouvelle ville, loin de mes origines, loin de mon passé. J'avais déménagé, émancipée à 16ans. J'avais fait ça suite à tout ce qui m'était arrivé, puisque entre harcèlement de mon beau père, absence de soutient de ma mère, un père inexistant et des insultes récurrentes jusqu'au collège, on ne pouvait pas dire que ma vie commençait bien.
 
Mais j'avais rencontré des gens géniaux, notamment Castiel, un beau rouge aux cheveux mi-longs et aux yeux d'onyx, au style rockeur et rebelle. Il n'avait pas toujours été tendre et facile d'approche, mais on avait fini par se connaître, à s'apprécier, se rapprocher, puis, par tomber amoureux. Il avait été le seul à réussir cet exploit en 18ans d'existence. Notre histoire pouvait se résumer à un joyeux bordel, entrecroisé de beaucoup de problèmes. C'est vrai qu'on n'avait pas vécu que des trucs faciles, loin de là, mais ça nous avait rapproché et renforcé. En tout cas c'était ce que je pensais.
 
Je lui avais tout raconté à propos de mon passé merdique, et m'avait toujours soutenu à sa manière, je ne pourrais que le remercier pour tout ce qu'il a fait pour moi. Je pensais pouvoir oublier ce passé, pouvoir enfin aller de l'avant avec ces amis, et Castiel. Pour la première fois j'osais regarder autre chose que le passé et le présent, nous parlions projets avec le rouge, même si ça ne restait rien d'extraordinaire. Mais pour une fille qui ne connaissait que les ténèbres du passé, la lumière d'un futur était éblouissante.
 
Mais c'était déjà trop tard.

Nous avions rencontré bien des problèmes, même si ça ne nous concernait pas toujours directement. Le cas le plus grave restait à ce jour celui de Nathaniel et de la petite s½ur de c½ur de mon rebelle, une fille pas plus grande que moi, donc pas très grande, aux grands yeux verts et toujours coiffée de deux couettes châtains. Moka de son prénom était une fille infernale, une vraie pile électrique, qui adorait faire le bordel et faire tourner en bourrique les gens, surtout son grand frère. Elle le rendait souvent dingue, et ça m'arrachait souvent quelques rires, même s'il me faisait la tronche pour ça, il me pardonnait vite avec un câlin. Il ne me résistait pas, et c'était plus que réciproque.
 
Mais le jour où Moka devait retourner dans son pays natal, les Etats-Unis, suivit du blond au contraire opposé à sa petite amie, ça avait été désastreux. Déjà que ça m'avait beaucoup affecté, je savais que Castiel ne s'en relèverait pas, ou alors très difficilement.
 
Je ne sais même plus par quel miracle nous avions réussi a régler ce problème et à les faire rester, pour le plus grand soulagement de tous, et de Castiel. Il avait quitté l'espace d'un moment son côté rebelle et ronchon habituel lorsqu'il avait appris la bonne nouvelle, et avait pris la châtain dans ses bras sous le regard attendri de tous.
 
J'étais la mieux placée pour savoir que nous avions fait plus d'une nuit blanche pour réfléchir à leur cas, et le doute et le désespoir l'avaient envahi quelque fois. La tête dans les mains, je le sentais presque trembler, de rage, de tristesse, je ne savais pas exactement, sûrement un mélange des deux. Je savais qu'il ne passait pas loin des larmes. Il y tenait tellement à sa s½urette. Tellement qu'au début, je ne comprenais pas et malgré moi, j'en étais jalouse. Mais il m'avait prouvé  qu'il ne l'aimait pas comme il m'aimait moi. Toujours à sa manière, mais il me l'avait prouvé. Ces fois-là, j'avais l'impression de voir, à la place du grand et intimidant Castiel que tout le monde connaissait, un petit garçon. Je savais qu'il ne montrerait pas cette facette de lui à tout le monde, et ça me touchait beaucoup d'en être privilégiée.
 
C'est pour ça que je trouvais toujours les mots justes pour lui remonter le moral et le remotiver en le prenant dans mes bras. Il finissait par retrouver un petit sourire, même si ce n'était ni le taquin et provocateur qu'il montrait à tout le monde, ni le sourire indescriptible qui m'était réservé, mais ça restait un sourire. Puis il m'embrassait tendrement sur le front, comme un merci, avant de se reconcentrer sur notre recherche de solution.
 
Cette période aurait pu mettre notre couple en l'air, mais au contraire, nous en étions sortis que plus unis. Et je pensais que nous pourrions enfin souffler, mais la vie en avait décidé autrement. A croire qu'elle ne me lâcherait jamais celle-là.
 
Je pensais que mon passé était derrière moi. Je pensais que j'avais réussi à fuir les pires années de ma vie pour de bon. Je le pensais vraiment. Car je pouvais tout affronter, je me sentais capable de faire face à n'importe quoi avec lui, pour lui, contre n'importe qui.
 
Mais ce soir-là, le soir où tout bascula, je sortis en avance du lycée grâce à une absence imprévue d'un prof. Contente de pouvoir retrouver mon rouge préféré, je lui envoyais un message pour le prévenir que j'étais en week-end plus vite que prévu, et lui proposait de, pourquoi pas, se faire une soirée pizza rien que tous les deux. Ça faisait longtemps que nous n'avions pas été en tête à tête.
 
Quittant le bâtiment de béton gris, je traversais rapidement la cour goudronnée, parsemée de quelques arbres et entourée d'un long grillage de métal noir, un portail faisant office de sortie. Je le passais, et mon léger sourire produit par la nouvelle s'effaça brutalement.  
 
Mon c½ur faillit louper un battement.
 
Dans cette grande avenue où était le lycée, non loin d'un café, d'un centre commercial et d'un parc, il était là. Cette avenue que nous avions traversé tant de fois, là où j'avais pour la première fois rencontrer le rouge sans savoir qui il était et qui il serait.
 
Mes yeux s'écarquillèrent.
 
Mon regard magenta fixa la longue limousine noire garée devant le lycée. Une voiture de luxe faisait tâche dans le paysage urbain ordinaire de l'avenue. Ce modèle spécialement conçu pour lui, je le reconnaitrais entre mille.
 
Mes mains faillirent lâcher l'appareil noir.
 
Puis mon regard se posa sur l'homme qui en était le propriétaire, non loin de là. Toujours dans son costar hors de prix, ses cheveux brun plaqués en arrière, une Rolex à son poignet, un cigare au coin des lèvres et des lunettes de soleil de marque cachant ses yeux marron. Il était là. Il faisait face à quelqu'un, en pleine discussion, que je ne vis pas tout de suite, trop préoccupée par sa présence.
 
Après toutes ces années, il n'avait pas changé d'un poil.
 
Mais une sonnerie me fit sortir de ma « contemplation ». Une sonnerie que je connaissais.
 
J'entendis un soupire. Même son soupire je le reconnaitrais entre mille.
 
« -Bon, je vous l'ai déjà dit, c'est sympa mais non. J'ai pas que ça à faire, je dois y aller.

Mes yeux atterrirent alors sur lui. Sur ses cheveux couleur feu. Sur ses yeux d'encre. Sur cette tenue qu'il aimait tant et qu'il portait si souvent.
 
Sur cet homme qui n'avait plus aucun secret pour moi. Castiel.
 
-Une offre comme ça, tu n'en croiseras qu'une fois dans ta vie mon garçon, réfléchis-y bien, dit-il en lui tendant une carte de visite.
 
Castiel la refusa mais il insista. Pour qu'il lui foute la paix, il la prit vivement avant de la froisser et de la mettre dans sa poche.
 
Le brun allait encore ouvrir la bouche, mais cette fois, je me rapprochais, plus en colère qu'ahurie.
 
-Laisse-le tranquille ! M'exclamais-je devant deux visages étonnés, lui lançant un regard plus que noir.
 
Il faut dire que j'étais un peu sortie de nulle part.
 
-Qu'est-ce que tu viens faire là encore ? Demandai-je froidement. Je ne te laisserai pas encore pourrir ma vie, c'est clair ?
 
Il me lança un regard dédaigneux.
 
-Je n'ai que faire de toi, tu ne m'intéresses plus depuis bien longtemps, déclara-t-il en haussant les épaules.
-Alors dégage d'ici, ordonnais-je froidement.
-J'en avais fini ici de toute façon, à bientôt, jeune homme, fit-il en direction du rouge. »
 
Il finit par regagner sa voiture sans lâcher Castiel du regard. Une fois que la limousine eut libéré l'avenue, je pris la main du rouge, plus qu'inquiète. Il n'était pas intervenu quand moi je l'avais fait, il savait que j'avais un don pour chasser les enquiquineurs. Mais je savais qu'il n'avait aucune idée de qui était cet homme et pourquoi nous nous connaissions.
 
-Qu'est-ce qu'il te voulait ? Demandai-je inquiète, ne le laissant pas poser ses questions d'abord.
-Rien d'important, je le recontacterai pas ce vieux taré de toute façon, t'en fais pas. Mais c'était qui ?
-C'était... Mon père, dis-je en détournant le regard.
 
Je sentis sa surprise, puis son inquiétude.
 
-Mais tu m'as pourtant dis-- !
-Je sais ce que je t'ai dit, et je ne t'ai pas menti ! M'exclamai-je en le coupant, le regardant de nouveau. Ça fait des années que je ne l'ai pas vu, depuis mes 12ans pour être précise. Pourquoi faut-il qu'il revienne maintenant ?! Rageai-je en serrant les poings.
 
Quelques secondes de silence passèrent, puis je sentis sa main se poser doucement sur ma joue, me faisant le regarder dans ses prunelles onyx.
 
-Je sais pas pourquoi il est là, mais je le laisserai pas faire quelque chose qui pourrait nous séparer ou te faire souffrir, alors ne t'inquiète pas, ok ? Me dit-il doucement en m'adressant un sourire rassurant.
 
J'acquiesçais en posant ma main sur la sienne, lui adressant un regard tendre. Il savait que dès que ça touchait à ma famille, j'étais dans tous mes états. Il le comprenait mieux que quiconque.
 
-Aller, oublie-ça et viens, Rosa m'a appeler toute à l'heure, elle veut nous voir et si on continue de trainer, elle va nous gueuler dessus. Tu connais Rosa et sa patience légendaire, dit-il avec un sourire amusé. »
 
Il déposa ses lèvres sur mon front. Je souris et ne pus m'empêcher de prendre l'initiative de l'embrasser. Il répondit au baiser, même s'il ne dura pas longtemps. On ne devait pas faire attendre madame Rosalya.
 
On la rejoignit au café près du lycée. Mais nous n'avions pas eu le temps de nous asseoir sur l'une des nombreuses tables métalliques qu'elle fit son apparition, et heureusement pour nous, de bonne humeur. Elle nous indiqua simplement une adresse sur un papier, où nous devions nous rendre immédiatement. Elle nous poussa même dans le dos pour nous montrer à quel point c'était urgent, ce qui eut le don d'agacer Castiel, surtout que nous ne savions rien. En plus de ça, nous n'étions pas les derniers au courant que Rosa était la reine en matière de coups douteux, mais heureusement jamais dangereux.
 
Nous arrivions devant un gigantesque hôtel de luxe. La façade immaculée en pierre était impressionnante, encadrant quelques marches qui menaient aux portes d'entrée de verre.
 
Nous nous regardions, incompréhensifs. Elle avait dû se tromper. Enfin, ça aurait pu marcher si ce n'était pas de Rosa dont nous parlions.
 
Nous entrâmes alors, découvrant la réception. C'était une immense salle au carrelage de marbre gris et blanc, aux murs incolores, décorés de dorures, sans oublier un grand tapis rouge de velours menant au comptoir où un jeune homme en costume chic parlait au téléphone.
 
Nous suivîmes le tapis, ayant le temps d'admirer la décoration toute aussi chic que le reste. Je n'étais pas du tout à l'aise ici, les quelques personnes présentes semblaient vraiment riches et nous regardaient d'un drôle d'½il. Un rockeur et un garçon manqué, on faisait tâche dans le décor. Mais Castiel ne sembla pas troublé le moins du monde, sûrement trop préoccupé de tirer cette histoire au clair le plus vite possible. Qu'est-ce que Rosa nous avait encore mijoté ?
 
Nous expliquâmes donc au réceptionniste toute l'affaire, mais il se contenta de sourire et nous donna les clés de « notre chambre », puis nous y conduisit. Nous lui avions bien précisé que nous n'avions rien réservé et donc que nous ne paierons rien, mais il ne fit qu'acquiescer. Nous avions emprunté un escalier, puis un ascenseur qui me parut durer une éternité. Tout était dans les mêmes tons que la réception, le même tapis se trouvant dans les couloirs et l'ascenseur.
 
Nous fîmes encore quelques pas avant de nous retrouver devant notre chambre. Le jeune homme nous ouvrit la porte, et nos yeux s'écarquillèrent simultanément lorsque nous vîmes la suite de luxe qui s'offrait à nous. Il nous remit une lettre et nous souhaita un bon séjour avant de nous laisser.
 
Castiel fit un pas dans l'intérieur à la moquette noire éclairé de douces lumières venant des lustres modernes. Je le suivis, regardant tout autour de moi après avoir fermé la porte.
 
Une gigantesque baie vitrée à notre droite s'étendait sur tout un mur, nous offrant une vue imparable de la ville. A notre gauche se trouvait un immense lit à la parure bordeaux, encadré de deux petites tables de nuit en bois sombre. Un peu plus loin trônait un minibar et un comptoir en marbre gris. Enfin, sur le mur du fond qui était, tout comme les autres de couleurs sable, se trouvait une porte blanche menant sûrement à la salle de bain.
 
Une fois au milieu de la pièce, sur le tapis assorti au lit, il se retourna vers moi.
 
« -C'est quoi ce bordel ? Dit-il ahurit par les lieux.
 
J'en étais restée sans voix aussi, mais je me repris en me rappelant de ce que j'avais dans les mains. J'ouvris la lettre sans plus attendre pendant qu'il se mit au-dessus de mon épaule. Je lus à voix haute.
 
-« Coucou, vous devez vous poser pas mal de questions, hihi. »
-Bon déjà on peut être sûr que c'est Rosa, intervint le rouge, blasé.
 
J'acquiesçais, puis repris.
 
-« Ne vous inquiétez pas, tout va bien. »

Nous arquâmes simultanément un sourcil. On sortait à peine d'une période difficile, et rien ne pouvait nous dire qu'elle était belle et bien terminée.
 
-« J'imagine facilement vos têtes quand j'écris ces mots, mais je vous assure, tout va bien ! Vous avez bien mérité de souffler, même si ça se réduit à une soirée dans une suite de luxe ! Vous avez été incroyable avec cette histoire entre Moka et Nathaniel, sans parler que juste avant, vous nous avez aidé Leigh et moi à retomber dans les bras l'un de l'autre. Ce n'est pas grand-chose, mais tout le monde s'est cotisé pour vous payer cette soirée ici. Vous avez bien mérité de vous retrouver rien que tous les deux, après tout ça. Surtout que ça n'a pas dû être facile de convaincre Castiel d'aider Nathaniel. »

Je souris à ses mots. J'y avais bien réussi, mais c'est vrai qu'on avait frôlé la dispute.
 
-« Ne vous inquiétez de rien et profitez bien--»

Castiel plongea sa tête dans mon cou pour y déposer un doux baiser, me coupant dans ma lecture. Je rougis sous la surprise, ce n'était pas la première fois qu'il faisait ça, mais bon, c'était si soudain.
 
-J'ai pas fini Castiel... Murmurai-je, peu convaincue de la volonté à vouloir vraiment finir cette lettre sous l'effet qu'il avait sur moi.
 
Ses baisers me rendaient toujours aussi folle.
 
-Elle a bien dit de profiter, non ? Dit-il de son ton le plus charmeur en passant ses bras autour de ma taille pour attraper le morceau de papier, avant de le jeter au sol. »
 
Vous pouvez facilement imaginer la suite, pas besoin des détails. C'est vrai qu'on ne l'avait pas fait depuis un moment qui me semblait avoir duré une éternité, et je devais bien l'avouer : Rosa avait eu une merveilleuse idée. Ce cadeau était parfait. On en avait bien besoin.
 
Il ne me lâcha pas pendant l'heure de câlin qui suivit, je ne l'avais jamais vu aussi tendre, ce qui ne me déplaisait pas le moins du monde, bien au contraire. Puis il se stoppa, semblant réfléchir à quelque chose, et bien qu'habituellement j'arrivais à deviner un tant soit peu à quoi il pensait, là je n'y parvins pas. Encore enlacés sous la couette, il m'embrassa une énième fois avant de me reculer un peu de lui pour me regarder dans les yeux, et commença une phrase qu'il n'acheva jamais.
 
« -Lassia... Tu sais, on a 18ans tous les deux... Et puis ça fait un peu plus d'un an maintenant qu'on est ensemble...

Il détourna le regard alors que j'arquais un sourcil. Il ne me fournissait aucune information nouvelle, et je ne voyais pas où il voulait en venir. En plus de ça, c'était la première fois que je le voyais prendre ce ton si sérieux et embarrassé en même temps.
 
-Rien, laisse tomber, dit-il en en se levant précipitamment, avant de me prévenir qu'il allait prendre une douche. »
 
Je le regardais partir, se sachant pas quoi dire. Je ne l'avais vu que rarement aussi sérieux, et je ne voyais vraiment pas où il voulait en venir. Je soupirai et me levais à mon tour, enfilant la nuisette  en satin violet qui était laissée à disposition sur une commode. Enfin, ça devait sûrement encore être un coup de Rosa, qui leur avait demandé de la mettre là. Mais ça m'arrangeait alors pourquoi pas.
 
Je revins vers mon sac que j'avais abandonné dès que nous avions passé le pas de la porte pour trouver de quoi attacher mes cheveux neige.
 
Castiel ne tarda pas à sortir, une serviette autour de la taille, ses cheveux rouges plaqués en arrière. Terriblement sexy, comme à son habitude. Il semblait avoir repris son comportement habituel, puisqu'il ne lui fallut pas longtemps pour m'attraper par les hanches, me coller à lui, et m'embrasser fougueusement en me chuchotant  une phrase frôlant la perversité.
 
« -Je sais bien que ça fait longtemps qu'on l'a pas fait, mais tu vas m'épuiser si tu continues comme ça, murmura-t-il avec son sourire pervers collé au visage.
 
Je tapais légèrement son torse, affichant une mine amusée. Autant faire comme s'il ne c'était rien passé, puisqu'il semblait le vouloir. Ça ne devait pas être très important.
 
-Tu peux parler, ce n'est pas moi qui porte juste une serviette ! »

Mais on s'en était tenu aux câlins, avant de se faire une soirée film avec l'option home cinéma qui était à notre disposition, bien au chaud sous la couette, l'un contre l'autre, lui et son éternelle canette de Coca-Cola, et moi avec mon Ice Tea, un paquet de pop-corn non loin de là. C'était vraiment multifonctions, une suite de luxe.
 
Cette soirée était vraiment la bienvenue, je ne me rendais compte que maintenant que toutes ces histoires m'avaient épuisé, et que nous n'avions passé que peu de temps ensemble. Voilà une chose de rattrapée.
 
Si seulement la vie pouvait arrêter de s'acharner sur nous, si seulement elle pouvait nous laisser respirer plus d'une soirée...
 
Mais c'était trop demander.
 
Quelques jours après ces heures heureuses, ce fut le silence total. Plus rien. Castiel ne répondait ni à mes appels, ni à mes messages, il n'était ni chez lui ni au lycée, il ne se connectait pas sur les réseaux sociaux. Personne ne savait ce qu'il se passait, pas même son meilleur ami Lysandre, pas même Rosalya qui était pourtant toujours au courant de tout, pas même Peggy la gérante du journal du lycée qui était la première à savoir les rumeurs. Je n'en dormais plus la nuit.
 
Pourquoi ? Pourquoi ce silence, après tout ce que nous avions vécu ? Qu'est-ce que ça voulait dire ?
 
Pourquoi ? Ce simple mot, mon esprit le passait en boucle. J'avais beau retourner la question dans tous les sens, je ne comprenais pas. On avait toujours tout partagé, les bons comme les mauvais moments.
 
Pourquoi ? Ce simple mot, je l'avais assez répété pour qu'il en perde son sens. Il me torturait, m'obsédait, me hantait. Castiel était tout ce que j'avais, alors pourquoi ?
 
C'était à peine si je vivais. Mon corps refusait de s'alimenter, ma tête refusait de penser à autre chose. Même si j'étais de nature pâle, je ressemblais à un zombie. Et ça ne faisait que cinq jours que cela durait.
 
Je pensais vraiment l'aimer comme une dingue, même si je ne lui avais jamais avoué. Mais cette vague dévastatrice provoquée par son absence et son silence en était la preuve : ça me détruisait.
 
Ça me détruisait au point de ne pas pouvoir verser une seule larme.
 
Incompréhension, douleur, peine, angoisse, solitude, et, malgré tout, amour. Ce fut ces nombreux sentiments entremêlés qui me foudroyaient de plein fouet.
 
Je ne venais plus au lycée. Je n'avais plus la force de revoir tous ces lieux où nous avions passé du temps ensemble. Cet arbre dans la cour où nous avions échangé notre premier baiser, cette salle de classe où nous avions fait nos premières bêtises, et nos premières heures de colle. Ensemble.
 
Tout me le rappelait, même ce deux pièces d'habitude si vide qu'était le mien ! Tout, absolument tout de ma vie actuelle était relié à lui. Ma sonnerie de téléphone était ses accords de guitare, mon fond d'écran le représentait, des t-shirts à lui traînaient ici et là chez moi.
 
Si seulement j'avais ne serait-ce qu'un semblant d'explication... Si seulement j'avais la moindre piste pour comprendre ce qu'il se passait...
 
Cela faisait des heures que je pensais éternellement la même chose, ressassant les mêmes idées encore et encore en regardant son visage sourire sur mon fond d'écran. Il me manquait tellement, mon c½ur le réclamait, mon corps réclamait ses bras, sa chaleur, son être entier. Même si les autres au lycée me soutenaient et étaient inquiets, je me sentais terriblement seule. Et vulnérable.
 
A ses côtés j'avais acquis une force nouvelle. Une force capable de tout, pour un seul être : pour lui. Une force bien plus grande que celle que mon caractère habituellement solide me donnait. Bien plus grande que celle de mon savoir concernant la bagarre m'octroyait. Il avait été le seul à réduire à néant cette carapace de fer qui entourait mon c½ur depuis toujours, le premier à qui j'avais pu faire confiance.
 
Il avait été le premier pour tant de choses.
 
Et maintenant, il n'était plus là. J'avais tant envie de le pleurer, mais les larmes ne coulaient pas, l'incompréhension était trop grande.
 
Un bruit me fit relever la tête de mon oreiller. On toquait à ma porte. Après plusieurs minutes d'hésitation, puisque je ne voulais voir personne, la personne insista.
 
Je finis par enfiler mon habituel sweat noir, m'attacher les cheveux en queue de cheval avant d'aller ouvrir. Le bref passage devant le miroir me fit prendre conscience de mon état.
 
Cheveux ternes, cernes creusées, teint pire que blafard. Et mes yeux, à la couleur si particulière qu'était le magenta, n'exprimait tout simplement plus rien. Ses yeux dont il adorait la couleur, étaient vides de vie.
 
Je traversais le petit deux pièces aux murs blancs et au parquet sombre, sans aucune décoration, ne contenant rien d'autre que le strict nécessaire. Je me retrouvais devant la porte, me demandant encore si c'était une bonne idée d'ouvrir.
 
Le bruit se réitéra.
 
Sans réfléchir plus, j'actionnais la poignée métallique. Il ne fallut pas plus de temps pour que la blanche me saute au cou pour me serrer dans ses bras. Je ne répondis pas à son étreinte.
 
« -Qu'est-ce que tu veux Rosa ? Demandai-je sans émotion.
 
Je n'en avais plus. Son départ silencieux m'avait tout pris. Elle se retira, le visage marqué d'inquiétude.
 
-Lassia, écoute... Ce qu'il se passe avec Castiel nous inquiète tous, certes, et je peux comprendre ton état. Mais nous ne pouvons rien faire pour lui maintenant. Malgré ça je ne peux pas te laisser t'enliser dans une dépression sans réagir !

Une dépression ? Peut-être bien. Je ne pensais à rien  me concernant. Je ne pensais ni au suicide ni à la mutilation, ni à quoi que ce soit d'autre de ce genre.
 
-Je ne vais rien me faire, Rosa, dis-je toujours sur le même ton.
-Ça me rassure que tu me dises ça, mais tout de même...
-Aucune blessure physique, aucune action physique n'arrangera les choses. Rien de ce que je pourrai me faire ne le fera revenir, rien de ce que je pourrai faire ne soulagera le gouffre que j'ai dans la poitrine, Rosa.

Elle baissa le regard. Elle me connaissait, elle le savait pourtant. Je n'avais jamais été du genre à me faire quelque chose. Je ne sais pas pourquoi pourtant, ce « pourquoi ? » qui me hantait arrêterait de me tourmenter si j'étais morte.
 
Mais non, rien. Je ne pensais à rien me concernant moi. Toutes mes pensées convergeaient vers un seul et même point : Castiel. Lui, et lui seul.
 
Rosa me prit les mains après qu'elle eut refermé la porte. Elle m'emmena jusqu'au clic-clac bleu nuit qui était le seul meuble de la pièce si on omettait la cuisine et son aménagement.
 
-Lassia, essayons de réfléchir à cette situation, dit-elle sérieusement.
-Il n'y a pas à réfléchir, il n'est plus là. Et je ne sais rien de plus. Personne ne sait rien.
-Il ne partirait pas comme ça, tu le sais...

Oui, je le sais. Mais quand bien même, les faits étaient là. Un éclair se manifesta dans mes yeux que Rosa intercepta immédiatement.
 
-Et si... Et s'il lui était arrivé quelque chose ?! Voire pire ! Il n'y a rien d'officiel entre nous, ses parents ne doivent même pas être au courant vu qu'ils ne sont jamais là, et je ne les ai jamais vus ! Rosa, et s'il était... S'il était...

Ma gorge se noua. Je ne pouvais pas imaginer ça. Mais c'était plus fort que moi. Des larmes venant de loin apparurent aux coins de mes yeux. Rosa me stoppa immédiatement.
 
-Calme-toi, il va forcément bien ! S'il lui était arrivé quelque chose le lycée aurait été au courant, et il nous l'aurait dit. S'il s'était fait enlever ça serait passé aux infos, même si j'ai du mal à y croire. Ton Castiel va forcément bien, Lassia, calme-toi... dit-elle d'une voix douce.
 
Je sentais que mes larmes allaient couler malgré ses mots. Je la croyais, c'était rationnel. Mais je n'en avais parlé à personne, c'était peut-être ça qui avait fait que j'étais restée statique.
 
-Lassia, tu peux pleurer. Pleure, ça te fera du bien. Dans une situation pareille, je ne sais même pas si je les aurais contenus une seule seconde...

J'explosais en sanglot, me prenant la tête dans les mains.
 
-Il me manque tellement Rosa... ! Qu'est-ce que j'ai fait pour que la vie s'acharne à ce point ? A croire que ma naissance était une erreur... Me lamentai-je alors qu'elle m'avait pris dans ses bras, elle-même les larmes aux yeux.
-Ne dit pas ça... Essaya-t-elle de me consoler.
 
Il n'y avait que lui pour me mettre dans un état pareil. Et elle le savait, puisque c'était la première fois qu'elle me voyait pleurer. Elle savait que j'étais forte émotionnellement, mais dès que ça le touchait, j'avais l'impression de n'avoir plus aucune résistance, comme si chaque chose le concernant me percutait violemment en plein c½ur.
 
Elle me caressa les cheveux alors que je versais des perles salées en silence. Je finis par me calmer, et elle le sentit.
 
-On va essayer de comprendre. Lors de la soirée que vous avez passée ensemble, est-ce qu'il a dit ou fait quelque chose de particulier ? N'importe quoi qui pourrait nous aider.

Je me retirais d'elle, essuyant mes yeux. Cette phrase inachevée me vint tout de suite à l'esprit.
 
-Il était plus tendre et affectueux que d'habitude... Et puis il m'a dit ça avec un air que je n'ai pas réussi à décrypter : « Tu sais, ça fait un peu plus d'un an qu'on est ensemble, et puis on a tous les deux 18ans... » Et puis plus rien, il m'a dit de laisser tomber.

Elle écarquilla les yeux, comme si elle avait compris quelque chose. Mais je continuais.
 
-Ensuite, il a pris une douche et en sortant, il a fait comme si de rien n'était. Je n'ai pas insisté, même si je n'avais pas compris où il voulait en venir. Je ne l'ai jamais forcé à dire les choses, je n'allais pas commencer maintenant.

Mon c½ur se serra en y repensant. On était si bien, ce soir-là. Et cet éternel mot qui me revenait à l'esprit. Pourquoi ?
 
-Castiel... T'a vraiment dit ça ? Demanda-t-elle ahurie.
-Oui, pourquoi ? Qu'est-ce qu'il y a de si surprenant ? A moins que...

Répéter ses mots me fit réaliser quelque chose.
 
-Si ça se trouve, il a essayé de me plaquer en douceur. En me disant que ça faisait un an, il voulait me dire que ça commençait à faire long et à le lasser. Et puis en ajoutant qu'on était majeurs, il insinuait sûrement qu'on était assez mature pour ne pas en faire toute une montagne. Mais puisqu'il n'a pas réussi, c'est le silence radio.

J'avais parlé sur un ton calme, comme si j'avais enfin trouvé la réponse évidente à ce mot me tourmentant, un sourire ironique étirant mes lèvres.
 
-Je suis parfaitement ridicule. Et tous ces gestes tendres, ce n'était que pour se faire pardonner de me plaquer. Qu'elle idiote. Qu'elle idiote, répétai-je encore.
-Tu te trompes, intervint brutalement Rosa.
 
Mon regard se redirigea vers ses prunelles dorées qui était plus que sérieuses.
 
-Tu sais, je connais Castiel depuis longtemps, et Lysandre le connait depuis le jardin d'enfance. Alors oui, je peux te dire qu'effectivement, il a enchaîné les filles, et a brisé pas mal de c½urs. Rares ont été les fois où je l'ai vu vraiment heureux avec une fille, on en a beaucoup parlé avec Lysandre. Dès que vous vous êtes connus, Castiel s'est métamorphosé.

Elle s'interrompit devant mon air peu convaincu. Elle me reprit les mains et me regarda droit dans les yeux.
 
-Pour la première fois, depuis que vous êtes ensemble, nous l'avons vraiment vu heureux, Lassia. Avec toi. Il t'aime. On ne l'a jamais vu aimé une fille à ce point. Au point de ne pas draguer ailleurs alors qu'il était en couple. Crois-moi, il n'a jamais tenu une relation aussi longue, il n'aurait jamais supporté toutes les crises que vous avez traversé s'il ne t'aimait pas. Castiel est vraiment amoureux de toi, Lassia.

Quelques larmes dévalèrent mes joues à ses mots. Je l'avais tant espéré, mais je n'avais jamais osé formuler ces pensées à hautes voix. Je voulais vraiment croire que j'étais la première qu'il ait vraiment aimé. La première avec qui il ne voudrait pas jouer. Mais surtout la dernière. C'était si naïf de penser ça. Mais j'espérais tellement qu'il ne s'intéresse à aucune autre fille, qu'il n'aille jamais voir ailleurs...
 
-Je ne pourrais jamais aimer un autre, Rosa. Tu te rends compte, que si ça ne dure pas, je serais comme maintenant pour toujours ? C'est peut-être fou de se dire ça mais... Je te jure... Castiel est mon premier et je le sais, dernier. Je n'en voudrais jamais d'autre. Qu'est-ce que je vais faire s'il ne revient pas, Rosa ?

Elle me lança un regard attendri.  Elle savait peut-être que Castiel m'aimait vraiment, et je le pensais aussi d'une conviction inébranlable avant ces événements. Je le pensais toujours en réalité, mais j'avais peur que cette pensée, cette conviction ne soit en réalité qu'un espoir fou, qu'une illusion qui me glissait entre les doigts.
 
-On va le retrouver, je te le promets. Je ne laisserai pas un couple si mignon se briser, je t'en fais la promesse, affirma-t-elle.
 
Je soupirais, et essuyais d'un revers de main la larme que j'estimais de trop.
 
-Merci  Rosa, murmurai-je de ma gorge endolorie par les sanglots. »
 
Elle ne me dit finalement jamais pourquoi elle avait affiché une mine si effarée lorsque je lui avais raconté le comportement étrange de Castiel. Elle avait dû se tromper, enfin j'avais pas envie de me prendre encore plus la tête, surtout pour si peu. 
Avant de partir, Rosa me demanda de revenir au lycée le lendemain. J'avais finalement accepté, surtout qu'elle m'avait dit qu'elle essaierait quelque chose.
 
Le soir-même, je pris une douche, non sans penser encore au rouge. Il fallait que je le retrouve. Il le fallait, peu importe la raison, peu importe ce que je trouverai. Il le fallait, je ne pourrai jamais vivre avec ce vide, avec ce poids en moi !
 
C'est déterminée que j'allais me coucher, et que je m'endormis cette fois. Une nuit qui ne fut pas la plus reposante qu'il soit, mais au moins j'avais dormi.
 
Le lendemain, comme convenu, je fus au lycée à 8h tapante. Mais il n'y avait personne. Quelques instants après, Rosa apparu près des grilles.
 
« -Bonjour Lassia, tu as meilleure mine qu'hier, on dirait, me salua la blanche.
-Oui, j'ai pu dormir un peu... Mais pourquoi c'est désert?

Elle eut un léger sourire amusé.
 
-On est samedi, Lassia, tu es vraiment déconnectée. Mais je peux te comprendre. Je t'ai donné rendez-vous ici puisque j'habite pas loin. Viens, suis-moi. Mon père a été d'accord pour nous aider.
-Ton père ? Répétai-je, intriguée.
-Il est policier, précisa-t-elle. »
 
Elle m'expliqua alors son idée. En presque une semaine, loin de chez lui, Castiel avait dû se servir de son téléphone, de sa carte bleue, ou d'autre chose qui permettrait de trouver sa trace. Et son père avait bien voulu nous aider, surtout qu'en tant que policier, il se voyait mal ne pas aider des civiles. Mais foncièrement, les autorités ne s'inquiétait pas pour lui, ses parents n'avaient rien signalé, et il avait 18ans, il pouvait faire ce qu'il voulait, être n'importe où, ça n'avait pas lieu d'inquiéter, selon eux.
 
On traversait quelques rues, au bout de 5min, on arrivait devant sa maison. Une maison à la devanture blanche et presque imposante. C'est sûr que c'était plus chic que chez moi, mais bon je m'en fichais royalement.
 
Le portail noir s'ouvrit sur une cour pavée de dalles grises. Nous la traversions pour finir sur la terrasse, puis dans l'entrée carrelée. Je n'étais pas là pour admirer la déco, mais je vis bien que c'était un minimum chic, sans être luxueux non plus.
 
Son père était un grand homme à la quarantaine, les cheveux courts et châtains, une moustache habillant le dessous de son nez. Ses yeux étaient les mêmes que Rosa, dorés et immanquables. Il portait un ensemble blanc et un veston bleu chic.
 
Il me salua, puis nous conduisit à son bureau. J'étais trop perdue dans mes pensées pour regarder autour de moi, mes yeux rivés au sol. Il ouvrit une porte en bois sombre qui donnait sur une petite pièce où un grand bureau y était installé un ordinateur fixe avec plusieurs écrans et plein de matériel qui m'était inconnu.
 
Il nous apporta des chaises pour que l'on s'asseye pendant qu'il préparait le matériel. Une fois cela fait, il me demanda le numéro de Castiel, que je lui donnais immédiatement, stressée de savoir si ça allait marcher.
 
Il tapa les chiffres sur son clavier, puis après quelques minutes, la machine bipa. L'homme fit une mine surprise. Je me levais et il tourna l'écran vers nous.
 
Kyoto. La dernière conversation qu'il avait eu par téléphone remontait à deux jours, et venait de Kyoto. Soi à plus de 400km de Tokyo, là où nous étions.
 
Mon visage s'était décomposé, Rosa posa une main sur mon épaule. C'était à plus de 5h de route en voiture en longeant la côte Est. Qu'est-ce qu'il foutait là-bas ?! Il ne m'en avait jamais parlé, je ne voyais aucune raison pour laquelle il y aurait été !
 
Rosa me rassura, elle m'affirma que nous irions, en train ça ne faisait que 3h30. J'acquiesçais, son père me donna l'adresse sur mon téléphone pour avoir au moins le quartier. Kyoto était tout de même grand.
 
Ni une ni deux, nous partîmes pour la gare, et prîmes le premier train pour Kyoto. Heureusement que nous avions assez d'argent chacune. Après nous être installées dans le wagon, les questions m'assaillirent, et l'angoisse.
 
Qu'est-ce que j'allais trouver là-bas ? Est-ce que j'allais vraiment réussi à le voir ? Et qu'est-ce que qu'il me dirait ? « Désolé de t'avoir inquiété, viens par-là » en m'enlaçant ? Ou bien pire... J'avais peur de trouver quelque chose qui ne me plairait pas, qui me ferait mal. J'avais un mauvais pressentiment, mais mon instinct était peut-être détraqué avec toute cette histoire. Du moins je l'espérais...
 
Les 3h30 passèrent lentement. Très lentement. Trop lentement. Rosa essaya encore de me rassurer, mais je n'y arrivais pas, j'étais angoissée, terrorisée, apeurée, anxieuse. Je voulais tant le voir, j'avais si hâte et en même temps si peur. Mais je ne pouvais pas rester dans l'ignorance pour le restant de ma vie. Peu importe ce que je me prendrai dans le c½ur, il fallait que je sache. Il le fallait...
 
La gare de Kyoto fut enfin annoncée. Mon c½ur faillit louper un battement et je me levais dans la seconde suivante. Rosa me suivit, et guidée par mon téléphone, nous prîmes le taxi pour nous rendre dans le quartier qui était indiqué sur l'appareil.
 
La voiture s'arrêta près d'une rue piétonne mais bondée, nous y étions. Nous payâmes et regardâmes tout autour de nous. Ce n'était pas si différent de Tokyo, mis à part que nous ne fréquentions jamais de quartiers aussi denses et remplis de gratte-ciels. Mais ce n'était en aucun cas ce qu'il manquait dans notre ville.
 
Nous avions passé un bon moment à questionner les passants et les magasins aux alentours en donnant la description du rouge en plus de sa photo pour ma part. Un grand aux cheveux mi-longs rouges et au style rebelle, c'était assez repérable. L'un des marchands de nourriture régionale nous informa qu'un garçon correspondant à sa description et à la photo passait souvent à son stand vers l'heure du déjeuner.
 
Il était 11h30 passé maintenant, alors nous étions restées un peu plus loin. Rosa voulu me changer les idées en allant regarder les boutiques de la rue piétonne, mais j'en étais incapable, je ne pouvais pas détourner le regard du stand.
 
Ne voyant pas les minutes défilées, j'avais convaincu Rosa qu'elle pouvait aller y faire un tour. Je cherchais partout du regard, un seul mot, un seul prénom en tête. Castiel.
 
Une petite pluie avait commencée à tomber, mais je ne la sentais même pas tremper mes vêtements.
 
Soudain, mes yeux le captèrent immédiatement. J'avais l'impression que tout autour de moi s'était stoppé. Comme si les gouttes d'eau étaient restées en suspension dans les airs. Comme si plus rien n'existait autour de moi.
 
Il portait un sweat à capuche, mais je l'avais reconnu. Il se pencha pour commander de quoi manger, ses mèches rouges tombant légèrement devant ses yeux onyx. Des yeux qui n'exprimaient rien d'habituel.
 
Castiel, mon Castiel, mon amour, ma vie, tout ce que j'avais. Il était là, devant mes yeux, devant moi, même s'il ne me voyait pas. Il était vraiment là, je ne rêvais pas. C'était lui, il n'y avait pas de doute possible.
 
Ma gorge se noua, une furieuse envie de pleurer me prenant. De pleurer des larmes mêlées de sentiments si contraires. Malgré tout, un sourire se dessina sur mes lèvres.
 
J'avançais d'un pas, et ma vision se figea. J'eus l'impression que mon c½ur s'arrêtait, se fissurait pour se briser violemment. Mes bras tombèrent le long de mon corps, mes yeux s'emplirent de larmes que je ne pouvais refréner, le choc était bien trop brutal.
 
Une fille, grande, aux longs cheveux roux se précipita vers lui, un parapluie ouvert à la main. Une fille plus que jolie, féminine, maquillée, à la pointe de la mode. Une fille qui représentait mon opposé.
 
Cette fille qui venait d'embrasser l'homme de ma vie sous mes yeux, sans qu'il l'en empêche, restant sans bouger.
 
J'avais si mal, une douleur qui me foudroya tellement que je fus incapable de bouger sur le coup.
 
Un seul mot traversa mes lèvres, d'une voix tremblante, murmurant de désespoir.
 
« Castiel »

Et ce mot qui m'asseyait de plus belle. Pourquoi ? Tout ça n'avait pas de sens !
 
Comme s'il avait entendu mon appel fou, il se retourna. Nos regards se croisèrent. Il me vit, dans mon sweat et mon jean noir habituel. Il me vit, trempée jusqu'aux os, détruite, brisée jusqu'au plus profond de mon être.
 
Il me vit, et écarquilla ses yeux qui autrefois me regardaient si tendrement. Les larmes qui menaçaient depuis plusieurs secondes de s'écrouler sur mes joues lâchèrent.
 
Je me retournais et couru à travers les rues de Kyoto, les larmes ne voulant pas s'arrêter.
 
Pourquoi est-ce que tu m'avais fait ça, Castiel ?

 

 

I'll always be there [Partie 1]
Voilà la première partie de mon Two Shot qui est censé être une réécriture de mon One Shot My life is a lie que vous pouvez toujours aller lire ou relire pour voir la différence énorme qu'il a entre cette version et l'originale. Mais je l'ai tellement changé que je trouve que c'est un autre écrit, mais des choses reste fondamentalement les même, alors je laisse les deux, voilà x) N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensez! 
Je ne demande que des commentaires constructifs! Késako?

 

I'll always be there [Partie 1]

Tags : I'll always be there - Amour Sucré

I'll always be there [Partie 2] 21/09/2015

I'll always be there [Partie 2]

 

Réécriture de My life is a lie

 


Je courrais comme une folle. Mon c½ur me faisait mal, les larmes s'enchaînèrent sur mes joues et dans mes yeux à un tel point que je n'y voyais plus rien. La pluie, comme pour s'accorder avec ma peine incommensurable, tombait maintenant à verse.
 
J'étais trempée toute entière, courant à travers les rues de Kyoto. J'avais seulement entendu sa voix s'énerver contre la fille. A vrai dire, je ne voulais plus rien entendre et me bouchais les oreilles. Je ne savais même pas s'il avait essayé de m'appeler, essayé de me rattraper.
 
Tout ce que je savais, c'est qu'il ne me rattrapa jamais.
 
Je ne regardais pas où j'allais, les rues étaient désertes à cause de la pluie. Mais je percutais quelqu'un, et je reconnus sa voix.
 
« -L-Lassia...? Mais enfin qu'est-ce qui se passe ? S'inquiéta la blanche que je venais de retrouver, un parapluie à la main.
 
Je ne répondis rien, mes larmes étaient suffisantes pour qu'elle comprenne.
 
-On rentre, fit-elle le c½ur lourd. »
 
J'acquiesçai simplement, tremblant encore. Elle m'abrita de son parapluie et nous regagnions la gare. Mes larmes avaient arrêté de couler, mais j'étais toujours dans le même état d'incompréhension totale.
 
Dans le train, Rosa ne demanda rien, bien que je devinais facilement son envie de savoir ce qu'il se passait. Et je finis par lui expliquer non sans lâcher encore quelques perles salées.
 
Elle s'horrifia, essayant de me contredire par tous les moyens. Que Castiel n'aurait jamais fait une chose pareille, qu'il devait y avoir une explication, que j'avais sûrement mal vu.
Elle comprit à ma non-réaction que ce n'était pas le cas.
 
Je lui demandais de ne pas s'en vouloir. J'avais voulu savoir. Je voulais plus que tout savoir, quitte à souffrir, je m'y étais préparée, alors je n'avais aucune excuse. Mais ça faisait tout de même si mal de se prendre la vérité en pleine face aussi violemment.
 
Les mots que j'avais dit à propos de lui la veille me revinrent à l'esprit. Et le pire c'est que je les pensais toujours. Je ne pourrais aimer que lui dans toute mon existence. Je n'étais pas une fille à amour, je n'étais pas faite pour ça, je l'avais compris. Mais avec lui c'était différent, si différent...
 
J'aurais tant aimé avoir des explications, même si l'hypothèse qu'il se soit tout simplement lassé était la plus logique. Lassé d'une fille qui n'en avait ni le caractère ni le style. Une fille comme cette rousse lui allait mieux, personne ne pouvait imaginer un homme comme Castiel avec une fille comme moi, c'était ridicule.
 
Je n'avais plus qu'une seule option. Le regarder de loin, peu importe à quel point j'en souffre, je voulais juste continuer à veiller sur lui. C'est tout. Veiller sur l'homme qui aurait à jamais mon c½ur.
 
Mes larmes avaient eu raison de mes yeux, et je finis par m'endormir de fatigue. Une fois de nouveau à Tokyo, on reprit le taxi jusque chez moi, puis elle rentra chez elle. Le tout dans le silence.
 
Je m'écroulai encore sur mon lit, me demandant si tout était de ma faute. Si j'avais été une fille comme elle, il ne m'aurait peut-être pas fait ça. Si j'étais plus féminine, plus délicate, plus gentille. Plus une fille comme elle, comme cette rousse.
 
Mon téléphone bipa. Je regardai ce qui y était affiché, et mon c½ur faillit louper un battement en voyant le prénom de l'homme que j'aimais s'afficher sur l'appareil. En regardant de plus près, je vis qu'en réalité, le père de Rosalya avait laissé actif le système pour localiser son téléphone. Et il était en train de revenir à Tokyo... Pourquoi ? Pour...moi ?
 
Je secouais la tête négativement, c'était impossible, complètement impossible... Il était avec cette fille maintenant... Et je devais être lucide, il ne penserait plus jamais à moi, le garçon manqué qui l'aimait comme une dingue même une fois trahie.
 
C'était sûrement pathétique, mais je n'y pouvais rien, c'était comme ça. J'étais incapable de contrer mes sentiments maintenant. Je n'aurai plus jamais ses bras, sa chaleur, ses baisers, son odeur, ses « je t'aime ». Ils étaient pour elle. Je désirai plus que n'importe quoi son bonheur, même si cela signifiait le laisser à une autre.
 
L'amour n'était pas un sentiment égoïste, ça je l'avais bien compris. C'était un ensemble de choses, bonnes comme mauvaises, qui peut rendre quelqu'un aussi fou de joie que de tristesse, qui peut faire faire n'importe quoi à n'importe qui, dans le bon comme dans le mauvais sens.
 
Et l'amour demandait toujours des sacrifices. Alors si ma pauvre existence devait en être un, je n'avais pas à hésiter une seule seconde.
 
Je n'avais qu'un regret. Je ne savais pas si j'avais réussi à lui faire comprendre, mais je serais toujours là pour lui. Quoi qu'il puisse arriver, quoi que je doive endurer, je serais là, peu importe ce que je dois subir, peu importe le problème, je serais là. Prête à tout pour lui, tout simplement.
 
J'avais encore un espoir fou, une petite voix qui essayait de me persuader que tout n'était pas perdu. Sous ma couette, je fixais l'écran, ces quelques pixels constituant le prénom de l'homme que j'aimai et qui en même temps avait détruit mon c½ur. Il était maintenant à Tokyo. Mais pourquoi... ?
 
Je finis par m'endormir, c'était trop en une journée, mon corps n'avait pas tenu le choc. Je ne me réveillai même pas lorsque mon réveil sonna, ce qui me fit me lever à midi passé. Je n'allais donc pas être présente en cours, je n'en avais pas le courage.
 
Mon ½il avait été automatiquement attiré par mon téléphone, affichant toujours ce prénom. Savoir où il était en permanence était encore pire, car une horrible envie d'aller le voir me prenait à chaque fois que je posais les yeux sur l'appareil. Mais à quoi bon, il serait encore avec cette fille...
 
Cette fille qui était peut-être mon opposé en apparence, mais j'espérais qu'il soit heureux avec elle, et qu'elle ne le fasse pas souffrir. La fille la plus normale du monde aurait voulu l'oublier, se venger, ou que sais-je. Mais je savais que depuis ma naissance je n'avais jamais été comme les autres. Je ne pourrais jamais oublier tout ce qu'il s'était passé entre nous, c'était tout bonnement impossible, j'en étais incapable. Et encore moins capable de lui faire du mal.
 
Castiel n'était pas le dernier des monstres, il n'était qu'un homme avec des envies qui divergeaient. Et puis il avait bien essayé de me plaquer, mais sans succès. J'étais peut-être idiote de raisonner comme ça, mais je pensais toujours que ce n'était pas de sa faute. Je connaissais son caractère, je connaissais son passé, je connaissais les risques. Je m'étais juste brûlée les ailes, c'est tout.
 
Je n'étais pas folle au point de tout mettre sur mon dos non plus. Il aurait pu réussir à me faire passer clairement le message, mais bon, après plus d'un an, j'imagine bien que c'était difficile.
 
Celle à qui revenait la faute dans la majeure partie était la vie, tout simplement.
 
Quant à ma décision folle de veiller sur lui, je n'allais pas être envahissante non plus. S'il était bien avec cette fille, je m'effacerai simplement de sa vie. C'était le mieux pour tout le monde, j'imagine...
 
Mais les faits étaient là. Il me manquait atrocement et c'était même pire qu'avant. L'imaginer donner de l'amour à une autre fille me faisait mal au c½ur à un point inconcevable. Mais je pensais toujours ce que j'avais dit. Je serais capable de n'importe quoi, pour lui, et seulement lui.
 
Je traînais pendant de longues heures. Puis je pris la décision de sortir. Après mettre douchée froidement et m'être préparée, je mis mon téléphone dans la poche avant droite de mon jean, rabattis la capuche de mon sweat-shirt noir sur mes cheveux et sortis. Je fermais à clé le studio si vide qui me servait d'habitation et commençais ma marche.
 
Je ne savais pas vraiment où j'allais, je savais seulement que je voulais être seule. Rosa avait dû le comprendre puisqu'elle ne me contacta pas.
 
C'est dingue à quel point je n'avais envie de rien sans lui. Je passais devant la boulangerie du coin de la rue, où nous avions l'habitude de prendre des viennoiseries que l'on se partageait toujours. Puis le parc où nous traînions à chaque occasion où le soleil se pointait dans le ciel. Toutes les batailles d'eau que nous avions faites près de cette fontaine de la place dallée de gris.
 
Castiel n'était pas l'homme j'aimais. Il était mon monde entier.
 
J'étais arrivée sans le vouloir devant chez lui. Mes jambes m'y avaient conduit toutes seules. Je regardais pendant un long moment cette porte brune que j'avais passée si souvent. Cet appartement que je connaissais comme ma poche.
Je soupirais. Tous ces souvenirs me faisaient si mal au c½ur que c'en était presque insoutenable.
 
Je détournai le regard, avançais d'un pas, puis entendis un bruit qui me fis presque sursauter tellement j'étais plongée dans mes pensées.
 
Un aboiement plaintif. Démon.
 
Je refis face à la porte, et pris mes clés. Ces clés où figuraient les siennes. J'hésitais, mais Démon réitéra sa plainte. Je devais ouvrir pour lui, au moins. D'une main fébrile, je les passais dans la serrure, et en prenant une grande inspiration, tournais d'un coup sec.
 
J'actionnais la poignée, et à peine la porte fut entrouverte que le beauceron me sauta littéralement dessus, basculant la capuche de mes cheveux neige. Castiel n'était visiblement pas là.
 
Je lui fis une caresse sur sa tête noire, mais il semblait inquiet. Même après plusieurs caresses il ne se calmait pas. Il devait sentir que quelque chose clochait, son maître n'avait après tout pas l'habitude de s'absenter si subitement comme ça. Je savais que Lysandre s'en occupait sur demande de Castiel avant sa disparition, mais même en demandant des explications, il n'avait jamais rien su de plus.
 
« Il y a quelque chose qui t'inquiète, n'est-ce pas mon grand ? »

Le chien ne me donna comme toute réponse qu'un couinement.
 
J'entrai dans l'appartement vide. Castiel n'avait pas mis les pieds ici depuis la dernière fois où j'étais venue. C'est-à-dire la veille de notre soirée à l'hôtel. Je le compris car rien n'avait bougé de place depuis.
 
L'entrée, comme tout le reste de l'appartement, était recouverte de parquet noir. Les murs étaient pour la plupart peints de gris clair, avec quelques touches de rouge et de noir. C'est dingue comme ça pouvait lui ressembler. Sur la gauche se trouvait le salon, plus ou moins rangé. Un canapé en similicuir blanc se trouvait en face d'une télé à écran plat de taille moyenne, qui ne servait qu'à jouer à la PS4 ou à regarder des films.
 
J'eus un sourire nostalgique en repensant à toutes ces heures passées à jouer ou à mater des DVD.
 
Je regardai vers le fond de la pièce, vers la cuisine aménagée à l'électroménager en inox et aux meubles sombres.
 
Cette grande table, je ne comptai plus le nombre de pizzas que nous avions mangé dessus.
 
Un soupire profond me vint. Oui, ensemble. Avant.
 
Je cessais de rêver et donnais quelques croquettes à Démon, qu'il renifla sans même y toucher. Il était bel et bien inquiet, et peut-être même trop pour une simple rupture. Et ça commençait à m'alarmer aussi.
 
Les animaux avaient toujours eu un sixième sens, et ils ne cachaient pas leurs sentiments, contrairement à ces idiots d'humains.
 
Puis, je relevai la tête en reposant le paquet, inspectant la pièce du regard. Toutes ses affaires étaient là, rien ne manquait. Il n'avait strictement rien pris avec lui. Mais pourquoi ? Il serait parti précipité ?
 
Peut-être que la réponse n'était pas aussi simple que ce que j'avais cru...
 
Je passais dans la cuisine, et vis un verre au contenu noir posé sur la table. Je compris rapidement que c'était un verre de Coca, la bouteille étant de plus à côté. Mais un peu plus loin, j'aperçus quelque chose roulé en boule. Je pris alors le quelque chose en question, et vis qu'il s'agissait de papier cartonné noir.
 
Mes mains tremblèrent légèrement lorsque je le défis. C'était... la carte de visite de mon père. Je pouvais comprendre qu'elle avait été effectivement froissée lorsque mon père l'avait donné à Castiel. Puis il l'avait défait, avant de la mettre rageusement en boule.
 
Mais qu'est-ce que ça voulait dire ?! J'avais du mal à lire, des morceaux étaient déchirés. Mais je n'étais pas bête au point de ne pas comprendre le mot « producteur ». Et connaissant Castiel tout prenait sens.
 
Alors il serait parti comme ça sans rien dire pour aller mener une carrière de guitariste avec cette fille ?! Mais alors pourquoi être énervé au point de mettre ce papier dans cet état ?
 
Un bruit me fit sursauter tellement il était soudain, me sortant de mes pensées. Je lâchais le papier et sortis mon téléphone, je crus rêver. Ses accords... Il n'y avait que lui qui avait cette sonnerie. Mes mains tremblèrent, je laissais bien trois sonneries avant de me décider à mettre l'appareil à mon oreille après avoir décroché avec extrême lenteur, ne sachant pas à quoi m'attendre.
 
Mais dès que j'entendis quelque chose, je me figeais, mes pupilles se contractèrent. La seule et unique chose que j'avais entendue était un coup de feu et des voix lointaines. Ce n'était pas volontaire, son téléphone m'avait appelé tout seul. Et l'appel coupa alors aussi subitement.
 
Après être restée sans bougée pendant un moment, un aboiement de Démon me fit réagir. Je regardais alors mon écran et repérais rapidement où il se trouvait.
 
Une fois sa position localisée, je me précipitais dehors, passant devant le miroir de l'entrée, apercevant juste que mes yeux étaient rouges à force d'avoir pleuré. Laissant le chien là, je refermai la porte à la vitesse de l'éclair en suivant mon téléphone, courant aussi vite que je le pouvais.
 
Je savais ce qu'il manquait. Il y avait quelque chose qu'il n'avait pas laissé dans son appartement, car il le laissait toujours à un endroit précis les rares fois où il ne l'avait pas.
 
Quelque chose qui me redonna un espoir fou, propulsant mes jambes à toute allure.
 
Le soleil commençait à descendre dans le ciel, les rues se faisaient petit à petit plus sombres et les passants de plus en plus rares.
 
« -Ça suffit maintenant, foutez-moi la paix ! Hurla une voix que je reconnus immédiatement.
 
A bout de souffle, j'étais arrivée à l'endroit que m'indiquait mon téléphone. Et la scène qui s'offrait à moi était irréaliste.
 
Castiel était bien là, les poings serrés et le visage marqué par la colère. La rousse était derrière lui, se cachant dans son dos, tremblant de peur.
 
Ma tête se tourna vers la personne qui faisait face au rouge. Cette fois, je ne fus pas tétanisée comme la dernière fois.
 
Surtout en voyant ce qu'il tenait. Ce que tenait mon père, un sourire démoniaque collé au visage. Il osait pointer un flingue sur l'homme que j'aimais !
 
Je ne comprenais toujours pas tout, mais j'avais compris l'essentiel. Castiel était en danger, en danger de mort !
 
Sans réfléchir, j'accourus devant les yeux surpris de tous. Faisant dos au rouge, je profitais de l'étonnement pour saisir l'arme à feu.
 
Mais le brun se ressaisit rapidement, et refusa de lâcher prise.
 
-Mais qu'est-ce que tu fous là toi ?! Dégage ! S'énerva l'homme.
 
Sans rien lui répondre, les yeux rivés sur l'arme, je ne lâchai pas non plus de mon côté, déterminée à mettre hors de danger l'homme que j'aimais.
 
Je savais que c'était insensé, risqué au possible, mais mon corps avait agi tout seul. Je ne supportai pas de le voir blessé. Puis j'eus une idée.
 
Avec toute ma force, je réussis à diriger l'arme vers lui, et un coup de feu ne tarda pas à partir. Et un hurlement rauque de douleur s'ensuivit. Il venait de se prendre une balle dans le genou droit, l'immobilisant.
 
Mais avant de tomber au sol, un deuxième coup de feu retenti.
 
I'll always be there [Partie 2]
 
L'adolescent n'avait pas décroché un mot, n'avait pas fait un mouvement en voyant la jeune fille se précipiter sur son ennemi. Il en était incapable, trop de questions se bousculèrent simultanément dans sa tête.
 
Pourquoi était-elle là ? Pourquoi faisait-elle ça alors qu'elle devait être persuadée qu'il l'avait trompé ? Pourquoi le protégeait-elle ?
 
Rien n'avait de sens dans cette scène irréaliste.
 
Mais un bruit le sortit brutalement de ses pensées. Le premier coup de feu l'avait fait sursauter, mais le second le figea.
 
L'homme s'effondra au sol, tandis que la blanche reculait, se tenant le flanc gauche fébrilement. Dans un dernier geste, elle éloigna l'arme d'un coup de pied avant de commencer à s'affaisser dangereusement.
 
Castiel comprit immédiatement et se précipita vers la blanche. Avant qu'elle ne tombe brutalement au sol, il la rattrapa et la tint doucement dans ses bras.
 
Il ne comprit pas tout de suite, ou plutôt il ne voulait pas comprendre. Mais lorsqu'il vit la blessure ensanglantée de la jeune fille, ses yeux s'écarquillèrent d'effroi et il la resserra un peu plus contre lui.
 
-Appelle une ambulance Jess ! Ordonna-t-il en hurlant à la rousse, qui s'empressa de s'exécuter après s'être remis de ses émotions.
 
La jeune fille regarda le rouge tendrement, un léger sourire aux lèvres alors qu'il appuyait sur sa blessure, espérant stopper l'hémorragie.
 
-Tu n'as rien ? Dit-elle faiblement.
-Qu'est-ce que tu racontes ?! C'est toi qui es blessée !

Une vague de culpabilité envahit le rouge. Il se sentait encore plus coupable qu'avant.
Mais elle ne fit que sourire un peu plus, soulagée.
 
-Pourquoi t'es venue ?! Commença-t-il à s'emporter en sentant de plus en plus de sang sur ses mains.
-Parce que...tu étais en danger... Articula-t-elle doucement.
 
Le rouge se figea. Elle avait voulu le protéger au péril de sa propre vie alors qu'elle ne savait rien ! C'était insensé !
 
-Tu ne savais rien, et tu es venue ! Mais pourquoi ?! S'exclama-t-il en tremblant.
 
La fille qu'il aimait plus que tout était en train de se vider de son sang, par sa faute, il ne pouvait pas concevoir sa mort, et surtout pas comme ça.
 
-Tu peux pas mourir, pas comme ça... ! Continua-t-il la gorge serrée.
 
La blanche garda son sourire, bien que ses cheveux habituellement immaculés se tintaient lentement de rouge.
 
-Au contraire... Mourir en protégeant l'homme qu'on aime... est la plus belle des morts... Fit-elle doucement en posant sa main sur la joue du rouge.
 
Il baissa légèrement la tête, ce qui fit apparaître le pendentif qu'elle lui avait offert pour leur un an. Un pendentif argenté en forme de médiator, gravé à son nom.
 
L'adolescent, après avoir été figé par ses mots qu'il ne pensait plus jamais entendre, saisit fermement sa main, ses yeux commençant à s'embuer. Il sentit que son corps était quasiment glacé.
 
-Tu l'as... gardé, remarqua-t-elle en souriant toujours.
-Evidemment... T'as pas le droit de me laisser, déclara le rockeur sans expliquer quoi ce soit de sa conduite.
-Je serais... toujours là, répliqua la blanche, qui devenait de plus en plus livide.
 
Devant son comportement qu'elle ne pouvait pas comprendre sans explications, le jeune homme ferma les yeux de chagrin.
 
-Moi aussi... Je te promets que moi aussi, je ne partirai plus jamais, je serais toujours là, quoi qu'il arrive, promit-il d'une voix inhabituellement douce.
 
Elle bougea légèrement sa main pour caresser sa joue.
 
-Je t'aime, Castiel... déclara-t-elle difficilement, des larmes roulant sur ses joues.
 
Il se figea, et les siennes qui menaçaient de s'écraser depuis un moment lâchèrent.
 
-Je t'aime aussi, Lassia, fit-il avant de l'embrasser avec la plus grande douceur. »
 
La main de la blanche lâcha.
 
Seule la sirène de l'ambulance arrivant sur place résonnait dans les alentours, Castiel serrant sa belle dans ses bras, pleurant en silence.
 
La jeune fille rousse ne savait quant à elle pas quoi faire. Elle s'était rapprochée du rouge, mais il était évident qu'il fallait le laisser tranquille.
 
La minute d'après, les ambulanciers arrivèrent et se chargèrent d'emmener la blanche dans le véhicule, bien que le rouge ne voulait pas la lâcher. Il monta évidemment avec eux, tenant toujours la main glacée de la fille qu'il aimait, qui avait les yeux clos.
 
Les secouristes avaient effectués les premiers gestes de secours, et peu de temps après, bien que le rouge trouva cette durée interminable, ils arrivèrent à l'hôpital.
 
Ils l'emmenèrent à un bloc opératoire en urgence, tandis que Castiel devait attendre à l'extérieur, ce qu'il vécut plus que mal puisqu'il donna un coup dans un des murs immaculés du bâtiment, laissant une trace rouge.
 
Blanc comme ses cheveux, rouge comme le sang qui les avait envahi à cause de cette maudite balle.
 
Une infirmière l'emmena pour qu'il puisse se laver les mains et le visage. On lui prêta aussi des vêtements de rechange. Puisque tout son corps comportait des traces de son sang à elle.
 
Il avait attendu des heures assis la tête dans les mains, ne sachant pas si espérer était une bonne idée ou non. Et tant de questions qui resteraient sans réponses, autant pour lui que pour elle. Il ne voulait pas d'une autre fille, il avait depuis longtemps compris qu'elle était la bonne, il ne se voyait avec aucune autre. Et c'est ce qu'il avait voulu lui faire comprendre ce jour-là.
 
Qu'il se haïssait. Il se haïssait de ne pas avoir mis pour une fois cette putain de fierté qui faisait habituellement son caractère de côté pour lui demander concrètement. Qu'il se haïssait d'avoir été naïf au point d'avoir cru qu'une autre occasion se présenterait.
 
Qu'il s'en voulait d'avoir agi sans lui parler. Il voulait tant tout lui expliquer, que jamais il ne l'aurait trompé, que jamais il ne l'aurait lâchement abandonné comme ça. Mais il n'aurait peut-être plus jamais cette chance.
 
Un claquement de porte le fit sursauter. Il releva la tête et vit un homme en blouse blanche. Mais il était impossible de déchiffrer quoi que ce soit sur son visage.
 
« -Vous êtes le petit ami ?

Qu'il détestait ces façons de parler des médecins. Il acquiesça simplement et se leva.
 
-Je suis désolé mais...

Non pas ça. Il ne voulait pas entendre ces mots ! Il ne pouvait pas admettre qu'elle, elle avait pu mourir !
 
-Lassia ne se réveillera peut-être jamais.

Le rouge, qui avait précédemment baissé la tête et serré les poings de rage, le regarda de nouveau, attendant la suite.
 
-Nous avons pu la sauver de justesse, mais son corps était dans un état tel que nous n'avons pas eu d'autre choix que de la plonger dans le coma. Elle peut à tout moment basculer vers la vie ou la mort.

Castiel se figea de stupeur.
 
-Et l'autre... Commença-t-il sous les yeux surpris du médecin. Et l'autre enflure, dites-moi qu'il va aller en tôle ! Ragea-t-il en l'agressant presque.
 
L'homme recula un peu.
 
-Il me semble que Jess Scott a déjà tout raconté à la police, un procès aura lieu, mais seul vous pouvez décider d'y aller ou non, selon votre état.
-Je ferais n'importe quoi pour faire crouler cette ordure qui a osé lui tirer dessus, déclara-t-il le regard noir de colère. »
 
Les semaines qui suivirent furent partagées entre tribunal et hôpital pour le rouge.
 
Il expliqua tout avec l'aide de la rousse. Comment ils avaient tous deux été contactés par son père, comment il avait menacé leur petit et petite amie respectifs s'ils n'acceptaient pas de le suivre.
 
En effet, l'homme voulait les obliger à former un duo, elle au chant et lui à la guitare électrique, pour se faire de l'argent, les faisant passer pour un couple, car c'était « plus vendeur ». Pour ne pas inquiéter sa petite amie, Castiel avait décidé de le suivre à Kyoto sans rien dire, se jurant de trouver une solution sans qu'elle sache. Il ne voulait pas que son passé la torture de nouveau, il voulait la protéger de cet homme odieux qui lui servait de géniteur.
 
Au vu des circonstances, la balle que la blanche avait réussie à lui infliger au genou avait réussi à le retenir, et une fois soigné, puisque c'était la procédure, la police avait été contactée.
 
Leurs témoignages, en plus de la situation de la blanche étaient amplement suffisants pour qu'il soit condamné et enfermé jusqu'à la fin de sa vie dans son pays d'origine.
 
Car c'était loin d'être son coup d'essai.
 
Après cette histoire réglée, tout le lycée était au courant de l'état de la blanche qui « dormait » paisiblement. Castiel n'allait que rarement en cours, et ses amis allaient voir Lassia régulièrement même si c'était surtout pour le soutenir, puisqu'il passait le plus clair de son temps dans cette chambre blanche.
 
Il s'était juré de tenir cette promesse. Il serait toujours là. Toujours. C'est pourquoi en un an, il eut tout le temps de réfléchir. Bon nombre de disputes avaient éclaté entre lui et ses amis, qui voulaient le faire penser à éventuellement tourner la page.
 
Mais c'était impossible, pas avec elle. Pas avec celle qu'il voulait pour le restant de sa vie.
 
Le lycée lui avait donné son BAC d'office, bien qu'il ne se soit présenté à aucune épreuve.
 
Les rares fois où il n'était pas à l'hôpital, il était chez lui pour s'occuper de Démon, ou chez le fleuriste pour changer les fleurs préférées fanées de la fille qu'il aimait. Des camélias. Le fleuriste lui avait raconté leur signification. Elles symbolisaient l'admiration, la beauté parfaite et l'amour éternel.
 
Il eut un sourire en coin. Elle ne devait probablement pas être au courant, mais ça lui allait parfaitement bien.
 
Pendant un an, à chaque sortie, il angoissait à l'idée que son téléphone ne sonne, pour la simple et bonne raison que s'il n'était pas là si elle se réveillait ou, au contraire, si son c½ur arrêtait de battre, ils lui téléphoneraient. Et dans les deux cas, il ne voudrait pour rien au monde être absent, bien qu'il ne voulait pas penser à la deuxième éventualité.
 
Lorsqu'il était avec elle, il pensait au nombre de choses qu'il n'avait pas pu lui dire, au nombre de choses qu'il n'avait pas pu faire ensemble.
 
Il avait eu le temps d'y penser en une année entière.
 
Il regarda cet anneau doré qu'il n'avait au final jamais pu lui offrir après l'avoir demandé en fiançailles. Si seulement il avait eu les couilles de le faire. Il se trouvait si pathétique. Il s'en voulait tellement pour tant de choses, il se serait frappé s'il l'avait pu, voire pire.
 
S'il n'avait pas cette promesse à respecter.
 
Comme promis, il avait été là. Il ne l'avait quitté que de rares fois nécessaires. Mais avec le temps, il avait pu voir ses cheveux s'allonger et sa peau se blanchir encore plus qu'elle ne l'était déjà. Mais surtout, plus le temps passait, et plus elle devenait squelettique.
 
Si seulement il pouvait faire autre chose que d'être simplement là. Si seulement il pouvait faire quelque chose pour la faire ouvrir les yeux. Il avait bien essayé des choses, comme jouer. Il lui avait joué quelques accords, ceux qu'elle aimait tant écouter sans le déranger lorsqu'il le faisait chez lui. Il avait eu l'autorisation de l'hôpital vu que ça faisait un moment qu'elle était là, et pour être honnête, tout le monde trouvait ça admirable qu'un garçon avec son allure agisse ainsi. Mais rien n'avait marché, bien qu'il continuait de le faire, espérant que quelque part, peut-être, ça lui faisait plaisir.
 
Il n'avait jamais pu lui dire à quel point il l'aimait comme un fou, il ne s'en était rendu compte que tard à vrai dire. Il avait fallu qu'elle se retrouve dans cet état pour qu'il comprenne qu'elle était la femme de sa vie ! Il se maudissait d'avoir été aussi idiot, sans parler de ce qu'il avait vu à Kyoto. La voir pleurer, dévastée, le c½ur brisé, par son unique faute. Sans oublier qu'il avait eu la preuve qu'elle l'aimait suffisamment pour avoir fait tout ce chemin, pour le retrouver lui, qui était parti comme un voleur. Ça le rendait dingue.
 
Qu'est-ce qu'il pourrait bien faire sans elle ? Toutes ses actions, sa vie entière, étaient liées à elle.
 
Tout ce qu'il pouvait faire si, malheureusement, elle se réveillait alors qu'il n'était pas là, était de lui expliquer et de tout lui dire par écrit, par lettre. Chose qui lui prit plus de temps que ce qu'il avait cru.
 
Tournure des phrases pour que ce soit crédible ou encore émotion qui prenait parfois le dessus en l'imaginant simplement lire ses mots, la voir réveillée, lui sourire, le regarder comme elle le faisait si souvent lorsqu'ils étaient tous les deux. Autant dire que bon nombre de feuilles de papier y étaient passées.
 
Bon sang, qu'il l'aimait cette fille, cette fille assez dingue pour le protéger après tout ce bordel.
 
Une fois qu'il eut réussi à écrire cette lettre, il l'avait glissé dans une enveloppe à la couleur de ses yeux qu'il rêvait de voir ouverts, inscrivant son prénom à l'encre noire. Il la déposa sur le petit meuble gris à la droite du lit, près du vase où trônaient ses fleurs. Puis, il déposa l'écrin de velours noir contenant la bague, espérant qu'elle comprenne. Même si une fois réveillée, il lui ferait sa demande comme il le fallait. Il se l'était juré.
 
Après avoir écrit sa lettre, il sortit pour rejoindre Lysandre qui l'attendait pour déjeuner. Son meilleur ami avait insisté, car il savait qu'il ne s'alimentait plus correctement depuis bien longtemps.
 
Mais il lui avait donné une demi-heure, pas une seconde de plus. Il détestait quitter cette chambre longtemps, toujours à cause de cet appel qui pouvait être autant détruire sa vie que la sauver.
 
L'argenté l'avait emmené à un café restaurant non loin de l'hôpital pour le repas. Castiel avait immédiatement posé son téléphone sur la table pour l'avoir sous les yeux, son fond d'écran étant la blanche.
 
Il avait réussi à manger quelque chose, mais la discussion n'était jamais très vivace. Mais alors que son meilleur ami venait de lui demander des nouvelles de la blanche, ne s'imaginant rien d'extraordinaire, le rouge se figea et écarquilla les yeux.
 
Son téléphone sonna. Et c'était bel et bien l'hôpital.
THE END...?

 

 

I'll always be there [Partie 2]
Voilà la seconde partie de ce two shot que j'achève enfin! Ne me détestez pas pour cette fin, pitié XD ! Je vous laisse simplement le choix de la fin, s'est-elle réveillée? A-t-elle lu la lettre? Ou au contraire, a-t-elle sombré dans le sommeil éternel? Je vous laisse cours à votre imagination! Et je vous invite même à rédiger votre propre fin de mon TS, et à me les envoyer pour que je les lise! Ce serait trop bien que vous jouiez le jeu! 
Enfin, merci d'avoir lu, et laissez un ptit kiffe mais surtout un com si vous avez aimé :3 !
Je ne demande que des commentaires constructifs! Késako?

 

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 Répertoire 

 

I'll always be there [Partie 2]

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Ce qu'il faut savoir sur: Amour Sucré 25/09/2015

Ce qu'il faut savoir sur: Amour Sucré

 


Amour sucré a été créé en 2011. Inspiré des dating games japonais, le jeu fait incarner une lycéenne qui doit effectuer diverses missions et séduire le garçon de son choix. C'est un jeu de rôle qui voit l'histoire évoluer suivant les choix du joueur. En septembre 2015, il comptait plus de 6 973 000 inscrits. Amour sucré est adapté en manga -livre-jeu (5 tomes parus en 2015) et fait également l'objet d'objets dérivés divers : art books, agendas, tee-shirts et figurines.                              

 


Ce qu'il faut savoir sur: Amour Sucré

 


Le jeu comporte bien des personnages, et une histoire propre à découvrir tout du long.
Cependant, dans mes écrits sur Amour Sucré, seuls quelques personnages apparaîtrons.

 

Ce qu'il faut savoir sur: Amour Sucré

 

Infos en plus:
- Castiel et Lysandre sont meilleurs amis depuis l'enfance. Ils forment également un duo où Castiel est le guitariste et Lysandre le chanteur.
- Lysandre est un peu l'opposé de Castiel. Calme et réfléchi tandis que le rouge est facilement agressif et impulsif. 
- Rosalya (surnommée "Rosa") est débrouillarde comme personne et est prête à tout pour arranger les problèmes des autres. Mais c'est loin d'être la dernière lorsqu'il s'agit de manigances, heureusement jamais dangereuses. 
- Dans le jeu, le père de Rosalya se nomme Peter et est responsable des ressources humaines dans une grande entreprise. J'ai changé sa profession pour les besoins de l'histoire.

 

Mes écrits sur Amour Sucré:

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